Merci merci !

--Kalya ! Je serais tentée de dire que tu as fais mieux que ta précédente review ! Franchement, merci de t'impliquer autant, ça me touche ... tu peux pas savoir lol ! Contente que ton bac de français se soit bien passé et je te souhaite bonne chance pour cette année, puisque ( logiquement ) c'est le bac. Alors, ta review en elle même : moi aussi j'aime bien Logan, surtout ses répliques, d'où sa présence dans ma fic. Et celle de Kitty. Ok, je ne l'aime pas spécialement mais j'essaye de vraiment toucher à tout, de faire un peu intervenir tout le monde. Alors découvertes en chaîne ? Mdrr, le mystère du tatouage est enfin résolu, et oui Libby est une fille raisonnable ( plus ou moins ... ). Et tu sais que tu m'as fais découvrir un truc ?? Que John et Bobby se battent toujours pour Libby ! J'avais même pas callé ! Je crains ... Contente que mes petites phrases te bottent !! Oui donc l'action ! Et bien oui c'était obligé car je trouve ça impossible de faire que de la romance pure ( même si certains y arrivent à la perfection ! ) et c'est aussi pour ça que je n'aime pas trop le début de ma fic car c'est un peu trop ... répétitif. Libby se balade, PAF, y'a John qui lui tombe sur le haricot et rebelote ! Ca passe mais honnêtement, à un moment j'ai vraiment douté de la qualité de ces passages. Tu n'as pas trouvé que c'était abusé ?? Tu biches la fin ?? Elle est n°1 dans ton box office des fins de mes chapitres ?? Ralala, j'adore !! Et pour répondre à ta question sur les sentiments de Libby, je crois ( ça me fait marrer quand je cause comme ça car on croirait que ce n'est pas moi qui est écrit cette fic ) qu'elle était en train de succomber peu à peu au charme ( hot hot ) de John et que son départ lui ouvre les yeux. Plus ou moins. Donc pas totalement amour mais un peu quand même. Et en tout cas, elle n'est pas prête de l'admettre pour le moment. Voilà. Alors encore une fois merci pour ça et continue de hurler, d'être une grosse groupie hystérique, et d'éprouver que du bonheur car ça me botte lol ! Bisous ! Hé, ho, j'espère que tu n'as pas vraiment déprimée tout la semaine pour le départ de John ... sinon, ça le fait moyen : "Hé, qu'est-ce que tu as ??" demande un de tes potes au bahut, "JOHN EST PARTIIIIIIII" réponds-tu. Moyen. Vraiment. Et incompréhensible hors du contexte. Bref. Re Bisous !

--Goupixa, alors va pour tes petites délires de passage mdrrr ! Si t'en a d'autres comme ça, n'hésite pas lol ! Ben oui, Libby ne peut pas le suivre, tout de même ! Et John est touchant ?? Je trouve aussi ... et terriblement sexy. Breffff, merci et bisous !

--Rubika666, trop triste ?? Trop triste ?? C'est vrai lol ! Moi non plus, je veux pas que John parte ... Mais t'inquiète, notre chouchou reviendra bien vite ( oups, je balance la suite là ). Merci et biz !

--C., hé oui ... suspense ! Tu adores ?? Heureuse d'entendre ( ou plutôt de lire ) ça ! Oui, il n'existe pas beaucoup de fics avec un John hétéro mais ce n'est pas étrange si on considère qu'il ferait un sublime couple avec Bobby. J'adore ce couple et j'ai hésité à écrire sur eux. Et j'hésite encore. Mais pour l'instant, un John hétéro à fond ... c'est tellement plus craquant, n'est-ce pas ? En tout cas, merci pour ta review ! Et ta seconde review ! Mdr celle là ! J'adore ta double personnalité ! Désolée pour ces centaines de poignards dans ton coeur mais ils étaient nécessaires et crois-moi, ils vont bientôt s'enlever. Tant pis si tu es une obsessionnelle, je suis pas très nette non plus dans mon genre pour écrire un truc comme ça ... Bref encore merci et sadique comme je suis, je suis contente de voir que tout ça te perturbe hé hé hé ! Bisous !

--Little-moi, encore une qui adore ! Je suis comblée là ! Pourquoi il est partit ?? Parce que !! Mdr. Oui, Magnéto c'est le méchant méchant mais pas trop méchant si on considère qu'il veut juste la prospérité des mutants dans le monde. Pourquoi un retour ? Pour l'action, pardi ! Lol. Et tant pis s'il fait ... bip ! Merci beaucoup et bisous !

--Theriel, je nous fais quoi ?? On appelle ça un rebondissement lol ! Une péripétie, bref, un peu d'action, et il en fallait ( enfin, d'après moi ... ). Evidemment, c'est beaucoup moins drôle sans lui, c'est pour ça qu'il revient dardar !! Merci et contente que tu es retrouvée Internet ! Bisous !

--Eleanora, c'est à moi d'être désolée car tu te fais engueuler par ton père par ma faute ! C'est vrai, si je n'avais pas pondu cette fic ... tu ne traînerais pas devant l'ordi à des heures pas possibles ! Lol. Mais continue à faire passer tes devoirs avant ma fic, ok ? Surtout, ne fais pas comme moi, qui fait tout le contraire : d'abord la fic, fuck les devoirs ( sauf quand les devoirs urgent vraiment ! ). Alors, merci pour tes compliments "magnifique chapitre", je me sens plus mdrr ! C'est clair que John est vache de tout balancer comme ça mais c'est son caractère, direct. Ne t'inquiète pas, ils se retrouvent et ... spéciales les retrouvailles ! Allez fonce quelques lignes plus bas et ne te presse pas à mettre une review. Ca me fait trop plaisir à chaque fois mais je n'attends pas dessus pour écrire la suite ! Bisous !

--Yudith, je la mets quand la suite ?? Mdrrr, maintenant ! Ca c'est ce qu'on appeler une lectrice pressée !! Faut gaffe, frole pas la crise de nerf !! En tout cas, merci d'y porter autant d'intérêt lol ! Et ouiiii, ils vont se revoir !

Et donc voilà la suite lol :


Lorsque je reviens dans le salon, mes amis se jettent littéralement sur moi. Tous croyaient que j'allais partir pour rejoindre Magnéto. Voilà l'opinion qu'ils ont de moi. Joli. Sauf Cassy, bien sûr, qui a sentit ma panique et non un quelconque intérêt pour le grand méchant. Evidemment, je ne souffle mot de ce qui vient de se passer bien que je le vive très mal. Je me sens mal. On m'a arraché un bras là ou quoi ? Un rapide coup d'oeil à gauche et à droite me permet de constater que non mais l'impression persiste. J'ai mal.

Au cours de la journée, Cassy me prend à part pour me questionner. Je finis donc par lui avouer tout bonnement :

- Il est partit.

Et ça ne semble pas étonner mon amie.

- Crois-moi, c'est bien mieux ainsi, déclare-t-elle en posant affectueusement sa main sur mon épaule. Tu vas te sentir bien mieux maintenant qu'il est loin.

Alors pourquoi est-ce tout le contraire ? Je ne comprends pas. Je ne me comprends pas. Le soir même, les professeurs font leur retour et bien sûr tous les élèves s'empressent de les accueillir dans le hall afin de les mettre au parfum. Bobby intercepte immédiatement Ororo et la mine joyeuse de la jeune femme se rembrunit sur le champ.

Quelques secondes plus tard, un homme en chaise roulante franchit le seuil, en compagnie d'une femme et de Logan, et pose un visage anxieux sur Ororo. L'homme d'âge mur lui saisit alors délicatement la main et la serre un instant pour la réconforter. Les professeurs se retirent très vite dans le bureau de la directrice et Bobby les y accompagne. En passant à notre niveau, l'homme en chaise roulante glisse un regard dans ma direction et ses yeux bleus très clairs me mettent subitement mal à l'aise. Je détourne donc le regard en glissant à l'oreille de Jared :

- C'est Charles Xavier, n'est-ce pas ?

- Oui.

- Mais il n'est pas censé être mort ?

- Si, intervient Ashley.

- Comme Magnéto est censé ne plus avoir de pouvoir, ajoute Cassy dans une moue embêtée.

- Les grands se relèvent, la guerre se profile, le face à face sera terrible.

Nous nous tournons tous vers Timothy qui hausse les épaules en précisant :

- C'était ça ou « A l'impossible, nul n'est tenu ». Alors j'ai voulu être original.

Je lance un dernier regard au professeur qui disparaît au détour d'un couloir. Il ne manquait plus que ça. Pourtant, j'ignore si c'est une bonne nouvelle au non.

¤--¤

Six jours. Six jours ont passé depuis le retour de Charles Xavier. Depuis le retour de Magnéto. Depuis le départ de John. Deux retours pour un départ. Faut-il alors que les deux premiers repartent pour que le dernier revienne ? Je délire. Je le sais. Ces six jours ont installé un vide grandissant en moi et je continue à me sentir comme une estropiée. Mon bras est-il toujours là ? Oui. Mais pas mon coeur.

- Hé Libby, tu ne manges pas ?

Jared me tire de mes rêveries et de ma séance de torture personnelle envers mon élastique.

- Pas faim, répondé-je simplement.

Cassy l'a senti la première et maintenant les autres commencent à le percevoir également. Sans lui, je vais mal. C'est aussi simple que ça. Je ne suis qu'une tarée en manque de son bourreau. Normal. Absolument, totalement normal. Y'a un psy dans cette école ? Jared est désemparé. Ca crève les yeux. Quand il a su que John s'était taillé, il a fait des bonds. Maintenant, il plonge dans la même tourmente que moi. Il m'accompagne dans ma chute et il ne le mérite pas. Ce gars n'a fait que souffrir depuis que je suis entrée dans sa vie. Il s'est accroché à moi et je le tire sans cesse vers le bas.

- Qu'est-ce qui se passe à votre avis ? lance Cassy en glissant un regard vers Ororo et Logan discutant près de la porte de la cafétéria.

J'en ai marre de toutes ces spéculations. Depuis que Xavier est revenu, les interrogations et autres bavardages de seconde zone fussent à 200 km/h. Tout le monde s'interroge sur le pourquoi du comment du qui et du quoi. Et moi je n'en ai strictement rien à foutre. Il a pu être ressuscité par le biais d'une intervention divine que je m'en ficherais comme de l'an 40. Quand à cette pseudo guerre en marche contre Magnéto, laissez moi rire. Ils ont déjà donné. Toujours la même rengaine. Les vieux, c'est tenaces mine de rien. Et ça parvient toujours à foutre la merde. C'est vrai. Si Super Méchant n'avait pas pointé le bout de sa cape, John serait encore parmi nous. Encore présent, à me harceler, à me tourner autour, jusqu'à ce que je craque. Est-ce que j'aimais ça à ce point cela pour que je ressente un tel état de manque ? Ou ... Ce ne sont pas les actes mais l'individu en lui-même. Goût, odeur, démarche. Caractère. Yeux. Voix. Sourire. Non. C'est un tout. C'est John.

Le retour de l'handicapé au pouvoir n'a pas eu de grande incidence sur la manière de diriger le royaume. Les cours se poursuivent comme d'ordinaire et le professeur en anime quelques uns. J'ai déjà eu la chance de l'avoir en cours et honnêtement, ses yeux si profonds commencent à me gaver. Je suis certaine qu'il m'a disséqué sous tous les angles mais étant donné qu'il n'a jamais pris la peine de me parler de vive voix, je ne dois pas être anormalement constituée.

J'ai poursuivis les entraînements sous l'oeil attentif de Logan et j'ai découvert que je meus avec facilité la peine en colère. Il suffit d'en vouloir contre le monde entier, de rendre le monde entier responsable de votre état de souffrance et voilà que vous crachez du poison par tous les trous. J'éjacule. Toujours aussi classe bien qu'à chaque fois que j'expulse, ce mot me frappe de plein fouet et donc l'image de John aussi. Malgré tout, je ne parviens pas à expulser volontairement même si j'arrive de mieux à mieux à me retenir. Ca prend du temps, mais je me maîtrise.

Cette après-midi là, après les cours où je n'avais rien écouté, j'abandonne mes amis au salon et laisse mes pas me guider à travers les couloirs. En fait, soit j'ai une idée derrière la tête, soit mes pieds ont une conscience propre, au choix. En tout cas, je me retrouve bientôt face à la porte de la chambre de John et j'hésite à y pénétrer. Quitte à être tarée autant l'être jusqu'au bout. Alors j'ouvre la porte et entre dans la pièce puis prends soin de refermer derrière moi. John n'a pas eu de camarade de chambre depuis qu'il est revenu d'Alcatraz et à mon avis, une telle décision a du contenter tout le monde.

J'observe rapidement les lieux déjà connus et me pose un instant sur le lit encore défait. Personne n'a du pénétrer ici depuis son départ. C'est comme s'il était partit il y a deux minutes. Un peu perdue dans mes pensées, je laisse ma main courir sur le matelas puis sur l'oreiller du lit une place et contemple la commode à gauche de la porte, face à moi. Commode contre laquelle j'étais coincée lorsqu'il m'a fait cette proposition tout à fait indécente.

Un sourire nostalgique étire mes lèvres tandis que je regarde le bureau à droite de la porte et l'armoire contre le mur de gauche. Je me lève d'un bond et ouvre cette dernière. Au hasard, je saisis un gilet suspendu à un cintre et l'approche de mon nez. Tarée jusqu'au bout, n'est-ce pas ? Je suis accro à son odeur et ce gilet en est plein. Après l'avoir bien sniffé, je l'enfile et remonte la fermeture éclair.

Sans trop savoir quoi chercher, je referme l'armoire et erre par ci par là, en m'attardant sur chaque détail de cette chambre. Elle n'est pas vraiment personnalisée mais le fait est qu'elle émane John. Tout simplement. J'avance vers le bureau et m'affale sur la chaise. En fouillant vite fait, je tombe sur des notes de cours et cela me surprend. Depuis quand il prend des notes en cours ? Son écriture est à la fois fine, penchée et agressive, comme si chaque lettre est crée suite à un grand geste. J'aime.

Je décide donc de creuser davantage et sous une pochette plastifiée, je découvre une feuille de papier remplie. Les deux noms inscrits l'un en dessous de l'autre, en haut à droite dans la marge suffisent à me figer sur place. « Libby Fergesson, John Allerdyce ». Comment il connaît mon nom de famille ?! Ce que je trouve en haut, au milieu de la feuille me sidère davantage. « Connaître, comprendre et apprécier l'autre tel qu'il est ».

Il l'a fait. Il a fait ce devoir. Mais quand ? J'ai beau cherché, aucune date n'est inscrite. Je suis sciée. D'une main tremblante, je pose la feuille à plat sur le bureau et me penche un peu afin de la lire. Peu à peu, des larmes viennent remplir mes yeux jusqu'à saturation. A partir de là, elles trouvent leur chemin sur mes joues et finissent sur le devoir, abîmant quelques lettres au passage. A la fin de la lecture, je me redresse pour fixer un point invisible sur le mur face à moi et me laisse aller. Mes larmes inondent très vite mes joues et je pousse plus loin l'oeuvre de John afin de la préserver. Si seulement ...

D'un coup, comme si j'avais toujours eu cette idée, je me lève précipitamment et quitte la pièce comme une furie. A toute vitesse, je rejoins ma chambre et ôte son gilet que je prends bien soin de ranger dans mon armoire et enfile mon manteau. D'un geste rapide, j'attrape mon sac à bandoulière et fourre tout ce dont je peux avoir besoin, argent et vêtements de rechange. Toujours aussi vite, j'arrache une feuille à mon bloc-notes et gribouille vite fait :

« Sans lui, je ne peux pas, tu l'as senti autant que moi. Alors soit je reviens avec lui, soit je ne reviens pas. Comme quoi, même un connard peut nous toucher »

Je suis tentée de barrer la dernière phrase, la trouvant un peu trop exagérée mais je n'ai pas le temps de faire de la prose. Je rajoute donc :

« Merci pour tout ce que tu as fait. Libby »

Négligemment, je pose la feuille et le stylo sur son lit et quitte ma chambre à toute volée. Deux par deux, je descends les marches menant au hall et emprunte le couloir de gauche pour me rendre au garage. Dans ma tête, ses foutues phrases me reviennent sans cesse.

« Connaître quelqu'un est s'ouvrir à un autre univers. Le comprendre est élargir le nôtre. Mais l'apprécier est une fusion de ces deux univers. En sommes-nous réellement prêt ? »

Je pénètre dans le garage, heureuse de n'y trouver personne et commence à chercher où peuvent bien être rangées les clés des voitures. Je les trouve enfin, bien en sécurité derrière un petit panneau en verre, accroché au mur et fermé par un cadenas. Après avoir fouillé dans mon sac, je déniche un T-shirt, l'enroule autour de mon poing droit et cogne de toutes mes forces la surface de verre. Cette dernière vole en morceau et je choppe une clé au pif, après avoir rangé le T-shirt. J'appuie sur le bouton de l'ouverture électrique et remarque qu'une voiture vient de faire le bip bip habituel.

« Nous passons notre vie à nous forger une carapace dans le seul but de nous préserver. Pourtant, à certains moments, elle se fissure. Volontairement ou inconsciemment ? »

Je m'y précipite donc et découvre qu'il s'agit d'une belle bagnole grise argentée deux places. Ne me demandez pas la marque, je n'y connais rien et je n'ai pas le temps de mater le cul de la chose. J'allai ouvrir la portière lorsqu'une voix me fige sur place :

- Libby ?

D'un mouvement rapide, je fais volte-face pour rencontrer un Jared un peu paumé.

- Qu'est-ce que tu fais là ? questionné-je.

- Je te cherchais. Je voulais vraiment te parler de ... Un élève m'a dit qu'il t'avait vu courir comme une folle ici. Mais ce serait plutôt à moi de poser une telle question, réalise-t-il en croisant ses bras en même temps que ses yeux métalliques me sondent.

Trois possibilités : mentir, éluder ou dire la vérité. Am, stram, gram ...

- Je vais le chercher, avoué-je.

Jared semble se décomposer sur place à tel point que les bras l'en tombe.

- Quoi ?! Tu te rends compte de ce que tu viens de dire ?!

- Tout à fait, assuré-je fermement.

- Tu m'expliques en quoi ce mec mérite une telle chose ?! Et je suis certain qu'il est très bien où il est et qu'il ne voudra jamais revenir. Sauf si tu as décidé d'assouvir tous ses fantasmes et dans ce cas là, c'est certain qu'il va revenir en courant.

Il commence à s'énerver et à vrai dire, moi aussi.

- Je vais le chercher, un point c'est tout.

Jared s'avance subitement vers moi au moment où j'amorce un demi-tour pour ouvrir la portière et me saisit le poignet en demandant :

- Est-ce pour toi ou pour lui ?

- Les deux, répondé-je du tac au tac.

- Mais tu ne sais même pas où il est !

- Je trouverais. Maintenant, lâche-moi.

- Non.

Les yeux métalliques m'envoient des pointes d'acier mais je suis certaine que c'est pour mon bien. Je comprends sa réaction. Mais je ne peux rester dans cette école plus longtemps. Je laisse donc le venin affluer jusqu'à ma main droite et se propager dans celle de Jared. Celui-ci chancelle bien vite en gémissant et une fois qu'il est bien sonné, je rappelle tout à moi.

- Je suis désolée, lâché-je en fixant mon ami à genoux à terre. Mais je dois le faire.

Sur ce, je monte enfin dans la voiture et pose mon sac sur la place du passager.

« Certaines rencontres, celles de ces bonnes rencontres, nous poussent à nous dévoiler tels que nous sommes, mais la réserve demeure. Alors nous blessons l'autre et nous sommes tout simplement incapables de le connaître, de le comprendre et encore moins de l'apprécier. »

Grâce à la clé, je démarre l'engin et m'avance jusqu'à la porte du garage qui s'ouvre automatiquement, sûrement par le biais d'un capteur installé je ne sais où. A l'instant où je franchis les portes, une voix résonne dans ma tête, manquant de me faire manger les plantes bordant l'allée :

« Ne fais pas cela Libby. Tu te jettes dans la gueule du loup. Eric ne t'épargnera pas »

Désolée professeur, dès que j'ai une idée derrière la tête, j'y reste fermement attachée. J'accélère d'un coup et dépasse l'endroit où se trouvait auparavant la grille de l'entrée. Une silhouette à ma droite s'écarte vivement de l a route bien qu'elle ne se trouvait pas en danger. Dans un vrombissement, je laisse l'école loin derrière moi, tout en ignorant si un jour j'y retournerais.

« C'est à nous de nous rendre compte que nous devons réagir avant de perdre l'autre, si enclin à s'ouvrir à nous. Ses efforts, son insistance, sa compassion naissante et son intérêt pour nous par dessus tout, nous touche mais qu'est-ce qui nous retient de le montrer ? »

Peut-être que je fais une erreur, très certainement d'ailleurs, mais c'est ce que je veux au plus profond de moi. Le revoir. L'obliger à me suivre. Ou bien le suivre. Serais-je prête à rester à ses côtés et peu importe le camp dans lequel nous serions ?

« La crainte de se lier et une image à entretenir. La peur des sentiments et de l'opinion des autres. C'est tout ce qui nous retient. Et c'est stupide. Si cet autre nous cherche, pourquoi ne pas le laisser nous trouver ? »

Je m'engouffre à toute vitesse sur la voie rapide et déboîte afin de doubler un conducteur bien trop lent à mon goût. Bien sûr que je sais exactement où je vais, sans quoi cette tentative aurait été perdue d'avance.

« Connaître, comprendre et apprécier sont trois actions qui demandent des efforts. Beaucoup d'efforts à vrai dire et je doute que certaines personnes en ait la capacité, bien que l'envie soit présente. Alors nous faisons du mal à l'autre, et à nous-même, ratant probablement un bonheur à portée de main »

Ici s'achève le devoir de St John Allerdyce. Je retiens de justesse mes larmes et transforme rapidement toute cette douleur en rage. C'est donc les ongles verts solidement ancrés que je maintiens le volant en direction de celui qui me manque plus que tout.

¤--¤

Deux bonnes heures plus tard, je m'arrête enfin devant mon but et gare la voiture du mieux que je peux. Après avoir saisis mon sac, je quitte le véhicule et le ferme avant de me diriger vers le bâtiment. Par pure habitude, je lève les yeux vers l'enseigne. « Ed's Pub ». Qu'est-ce que j'ai pu le chambrer sur ce nom. Il ne pouvait pas trouver plus original ?

Je pousse la porte du bar et pénètre dans l'atmosphère lugubre mais pourtant si familière. D'un pas assuré, je me dirige vers le comptoir et occupe un tabouret du bout, tout en ouvrant un peu mon manteau et en gardant mon sac contre moi. D'un vif coup d'oeil, j'inspecte les alentours et constate que les lieux sont presque vides. Quelques personnes discrètes sont réparties aux tables et hormis un type louche, près de la porte, il n'y a que moi au comptoir.

- Billy !

Je tourne immédiatement la tête et souris en découvrant la mine réjouie d'Ed. Il s'approche de moi et me tend sa main que je serre chaleureusement au dessus du bois miteux. Il reprend alors l'essuyage d'une choppe de bière tout en me questionnant :

- Qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais que tu t'étais rangée dans cette école du parfait petit mutant ?

Ca aurait pu sonner comme une parole négative mais c'est loin de l'être. J'observe un instant le visage bourru et mal rasé du propriétaire quadragénaire mais néanmoins bienveillant avant de répondre :

- Je l'étais. Mais certaines circonstances m'ont forcé à m'éloigner un peu.

- Oh, lâche-t-il simplement en rangeant la choppe. Qu'est-ce que je te sers ?

- Comme d'habitude.

Je lui laisse quelques secondes de répit durant lesquelles il s'empresse de préparer ma vodka-pomme et lorsque Ed revient, il me lance :

- Je présume que tu n'as pas du boire ça souvent dans ton école.

- En effet, approuvé-je en souriant.

Je savoure une gorgée alors que le patron s'appuie sur le comptoir en me contemplant. A peine ai-je reposé le verre qu'il m'interroge avec entrain :

- Alors ? Quelle est la raison de ta visite Billy ?

- Tu as entendu parler du retour de Magnéto ?

- Pour sûr, assure-t-il en maugréant. Quelques uns de ses types, quatre ou cinq, ont débarqué pas plus tard qu'hier pour faire leur show.

- Leur show ? répété-je en jouant avec mon verre.

- Ouais. Ils ont déblatéré sur le fait que rejoindre Magnéto serait la meilleure chose pour eux, s'ils veulent devenir tout puissant et tout un tas d'autres foutaises. Mais y'a quand même eu quelques personnes assez bêtes pour les croire et les suivre.

Après avoir avalé une autre gorgée, je demande :

- Tu n'y crois pas ?

- Je ne suis pas de ce bord là Billy, tu le sais. Je suis un mutant pépère qui tient son petit bar où la plupart des clients sont également des mutants et j'essaie de faire tourner l'affaire aussi honnêtement que possible. Alors ces histoires de pouvoir ne m'intéressent guère.

J'approuve d'un signe de tête en continuant de siroter ma boisson.

- Mais il faut avouer que ceux qui sont venus hier ont bien défendu leur bifteck.

Je lève en sourcil interrogateur en reposant mon verre ce qui amène Ed à développer :

- Comme j'te l'ai déjà dit, y'en avait quatre ou cinq, dont un petit hargneux avec un briquet. C'est lui qui a présenté les choses. Et bien en plus. Il avait ... merde comment ça s'appelle ?

- Du charisme ? tenté-je.

- Ouais, c'est ça !

Afin de cacher l'expression de mon visage, j'avale une plus grosse gorgée et dévie le regard sur l'étagère où reposent toutes les bouteilles d'alcool.

- J'ai cru qu'il allait me rendre dingue avec son briquet. Toujours à l'ouvrir et à le refermer.

- Est-ce que tu sais où ils sont allés ?

Ma question le prend de court et Ed se redresse un peu avant de me répondre :

- Je l'ignore. Mais il y a quelques jours, une de mes connaissances les a rejoins. Il les a très vite quitté quand il s'est rendu compte que leurs idées étaient bien trop révolutionnaire puis il venu me voir pour m'en parler.

- Et ..., l'incité-je à poursuivre.

- Et ce type m'a appris que la base secrète de Magnéto est une vieille usine désinfectée, appartenant anciennement à Ubiright Corporation, au nord de Jinktown. C'est une petite ville paumée à une cinquantaine de kilomètre d'ici.

Je hoche la tête et le remercie dans un sourire. Désireuse d'en finir, je vide le fond de mon verre cul sec et sors de quoi régler Ed. Ce dernier me lance un regard soupçonneux en disant :

- Tu ne comptes pas les rejoindre tout de même ?

- Non, bien sûr que non, déclaré-je en comptant la monnaie.

- Alors pourquoi vouloir savoir où ils se trouvent ?

Je me lève du tabouret et referme mon manteau en fixant le patron du bar.

- J'ai quelqu'un à aller chercher là-bas, confié-je dans un faible sourire.

- Qui ça ?

- Un petit hargneux avec un briquet.

Ed m'adresse un regard dubitatif et je lui présente ma main qu'il me serre avec la même chaleur que précédemment.

- Fais gaffe à toi, Billy.

J'approuve d'un signe de tête alors qu'il rajoute :

- Et repasse vite. Trois semaines sans te voir, c'est presque déprimant.

Je rigole doucement et lui adresse un petit geste de la main avant de quitter l'établissement. Avec la clé, j'ouvre la voiture, m'engouffre dedans et jette mon sac à ma gauche. En fouillant dans la boite à gants, je débusque une carte de l'état et cherche Jinktown. Dès que je l'ai localisé, je démarre en trombe et me rends à destination.

¤--¤

En moins d'une heure, j'arrive enfin à Jinktown et trouve très facilement cette vieille usine. Je stoppe la voiture à plusieurs mètres de là afin de ne pas éveiller les soupçons et contemple la grille d'entrée dans un sale état. Maintenant, le plus dur reste à faire et les choses sérieuses commencent. J'inspire profondément et tente de faire le point sur mes sentiments. Stress intense, fourmis dévorant mon ventre, impatience. Pas de colère, pas de peine. Va falloir changer ça. Peu à peu, je me laisse submerger par la rage et la dirige entièrement vers celui qui m'a ôté mon bourreau et qui l'a déjà brisé une fois.

Je fais claquer mes doigts sur le volant au fur et à mesure que les ongles changent de couleur et une fois que le venin me possède entièrement, je quitte la voiture tout en choppant mon sac. D'un geste habile, je le passe autour de mes épaules et ferme le véhicule grâce au bouton électrique puis je fourre la clé dans ma poche. D'un pas qui se veut déterminé, je m'avance vers la grille de l'usine tout en me demandant comment je vais la jouer. Je tape dans le tas ou je mime la partisane séduite ? Les deux types à l'entrée influencent totalement mon jugement.

- Qu'est-ce que tu veux ? crache l'un des balourds.

- Vous rejoindre.

Bonne blague. Non, je suis agent immobilier et je viens ici dans le but de racheter le bâtiment. Je vous jure. Le deuxième type ouvre violemment la grille et s'approche de moi et lorsqu'il est assez près, je lui frôle le dos de la main. A l'instant où il s'écroule à terre, son pote vient se précipite sur moi et m'administre un formidable coup de poing qui m'éjecte à terre. Mais mon agresseur me suit très rapidement et convulse à mes côtés. Je me redresse avec difficulté et absorbe le poison des deux en même temps. Ils en ont eu assez dans les veines pendant assez longtemps pour rester sonnés au moins une heure.

En chancelant, je me remets en marche vers la grande porte métallique qui marque l'entrée du bâtiment tout en cherchant des yeux une solution un peu plus discrète. Les entrées majestueuses, très peu pour moi. Aucune à l'horizon. Tant pis. Tout en frottant ma mâchoire douloureuse, je m'avance vers la grande porte et la pousse juste assez pour me laisser passer. Cette dernière obéit dans un grincement insupportable. Que quelqu'un me passe un mégaphone pour annoncer mon arrivée.

A peine ai-je mis un orteil dans l'immense pièce qu'une dizaine de mutants me fixent de leurs yeux redoutables. Bien. Je fais quoi maintenant ? Je les salue d'un petit geste de la main en saluant bêtement ou je me la joue Xena en les liquidant tous en poussant des cris suraigus ? Quatre mutants s'avancent alors d'un air menaçant vers moi tandis que je me prépare à lancer des cris suraigus.

- Ne l'approchez pas.

Mon corps est immédiatement prit de frissons. Tout mon être réagit à cette voix, cette intonation et mon coeur explose dans ma poitrine. Emergeant de la foule, John apparaît enfin et ses yeux fiers se posent sur moi. En le contemplant avec insistance, je découvre que l'étincelle sauvage a laissé place à une touche de mélancolie. Mais l'expression de son visage est bien la même. Toujours dédaigneuse et arrogante.

- Elle est vénéneuse, ajoute-t-il dans un sourire en coin qui manque de me faire défaillir.

Si Timothy avait été là, il aurait sûrement proféré un truc du genre « Le pire ennemi est celui que tu connais intimement ». A vrai dire, j'aurais bien aimé qu'il soit présent pour me souffler les phrases à dire parce que là, j'ai beau me creuser la tête, je n'ai pas la moindre idée de quoi dire. J'aurais peut-être du préparer cet entretien. Mais j'étais tellement obnubilée par le fait de le retrouver que je n'ai pas imaginé le moment ou je le retrouverais véritablement.

- Qu'avons-nous là ?

Un autre homme vêtu de noir émerge de la foule et se place aux côtés de John. Il faut être honnête, il en impose. Maintenant, je sais qu'il s'agit de Magnéto et la crainte que je ressens n'en est que plus grande.

- Libby Fergesson, lui apprend John sans me quitter des yeux. Elle était avec moi à l'école.

- Un des petits protégés de Charles a décidé de quitter le nid pour voler de ses propres ailes alors, clame Magnéto en souriant avec satisfaction.

- Je ne suis pas ici pour vous rejoindre, dis-je enfin d'une voix plus chevrotante que je ne l'aurais voulu. Je suis ici pour récupérer John.

Un silence de plomb s'installe dans la place durant lequel John tressaillit et fronce les sourcils tandis que Magnéto pose ses yeux sur le jeune homme d'un air étonné. Cependant, l'homme d'âge mur reporte son attention bientôt sur moi pour lancer :

- Ah l'amour. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour lui, n'est-ce pas ?

- Pas l'amour, rectifié-je. L'obsession.

John me jette un regard abasourdi. Grand malaise dans l'assistance.

- Il existe différente façon de récupérer quelqu'un, annonce Magnéto. Rejoins-nous et cela peut-être l'une d'elles.

- Je n'ai pas déjà dit que je n'étais pas ici pour vous rejoindre ? rétorqué-je d'un ton insolent.

- Très bien. Pyro ?

Magnéto pose ses yeux imposants sur John, attendant très certainement une décision de sa part, mais mon harceleur professionnel est en plein doute. Par pure nervosité, je remue les doigts de ma main droite et envisage une possibilité de défense au cas où ça tournerait mal. Si j'étais capable d'expulser sur commande, je le ferais, me débarrassant ainsi des vilains méchants et sauverais John. Cependant, j'ai bien peur d'en être incapable.

- Je présume qu'il faut plus de temps à Pyro pour trouver une réponse, déclare Magnéto en me regardant à nouveau. En attendant ...

L'homme fait un geste de sa main droite et deux mutants s'avancent vers moi. Je ne le sens pas. Si en fait. Ca pue l'emprisonnement forcé. Au fur et à mesure que les deux hommes s'approchent, j'adopte une position défensive, attendant juste d'être assez proche pour les toucher. Magnéto a du s'en rendre compte car il tend subitement son bras gauche dans ma direction. Mon bassin se comprime alors et je ne peux retenir un cri de douleur. L'intensité de la pression augmente où fur et à mesure que mon souffle s'accélère tandis que je quitte terre. D'un coup, la pression se relâche et je chute de tout mon poids.

- Ces ceintures à clous, quelle idée, lâche Magnéto.

Sous le choc, je fais tout mon possible pour conserver mon poison et c'est d'autant plus facile que la peur m'envahit. Alors je laisse cette peur m'envahir tout entière. Si tout cela continue, je serais enfin en mesure d'expulser. En glissant un regard en direction de John, je découvre qu'il sait exactement ce que j'ai derrière la tête et je suis sciée lorsqu'il déclare en fixant son nouveau maître :

- Il faut la neutraliser avant qu'elle n'évacue son venin.

Magnéto semble prendre la menace au sérieux et m'indique d'un geste désinvolte en ordonnant :

- Alors débarrasse-nous d'elle si ta décision est prise.

Dans un geste lent et mécanique, John sort son Zippo de la poche de son pantalon et s'approche de moi tandis que je peine à me redresser. Je n'ai plus peur. Je suis tout simplement stupéfaite. Stupéfaite qu'il soit capable d'une telle chose. Bien sûr, je pourrais avoir peur et expulser, stoppant de ce fait John, me sauvant la vie par la même occasion mais le fait que je suis figée sur place.

Une pensée folle traverse subitement mon esprit. Si c'est ainsi que je dois mourir, si c'est ici que mon chemin se termine, au moins je pourrais dire, lorsque je passerais de l'autre côté, quel qu'il soit, qu'il faut toujours faire un tant soit peu attention à l'avis des autres. Tous m'avaient dit de m'éloigner de John. Et si ce dernier me tue aujourd'hui, j'irais au royaume des morts en clamant qu'ils avaient tous raison.

Pourtant, dans toute cette cohue de sentiments et de réflexions, je le juge incapable d'un tel acte. Je l'ai touché, je le sais. Je représente quelque chose pour lui. Du moins, je l'espère. Parce que le fait qu'il soit en train d'ouvrir son Zippo et de saisir une flamme dans sa main me dissuade très rapidement.

Je ne cesse de le fixer droit dans les yeux et je n'y découvre aucune once de doute. Que de la résolution. Alors est-ce comme ça que tout cela doit finir ? Exécutée par la propre main de celui que je chercher à tout prix à sauver ? Je crois qu'à cet instant mon regard doit être suppliant et je remarque également que plus aucune goutte de venin ne coule en moi. Il m'a littéralement désarmée.