Disclaimers : Comme tout le monde s'en doute, je ne suis pas JK Rowling, donc l'univers d'Harry Potter et tout ce qui s'y rattache ne m'appartient pas. Dommage. Seule Anna et cette histoire sont tirées de mon esprit tordu.

Je tiens également à remercier Paloma-swan d'avoir corrigé ce chapitre, mais aussi mon amie Marion qui m'avait aidée dans ce sens quand Paloma n'était pas disponible. Je ne sais pas ce que je ferais sans vous les filles!

Les passages en italiques (en dehors des dialogues en français) se passent dans l'esprit d'Anna.

Je tiens à remercier Pika-Clo, Nayla-HP, et La Louve pour leurs gentilles reviews, j'espère que la suite vous plaira tout autant !

Sur ce, bonne lecture !


Chapitre 7 : Faire face

Sa Marque des Ténèbres se mit à le brûler.

Il semblerait que l'effroyable journée de Severus Snape n'était pas terminée...

Severus se tenait dans une large salle rectangulaire, agenouillé face à son maître. Aucune réunion n'avait été programmée pour cette soirée, ce qui était de mauvais augure. C'est pourquoi il s'était empressé de répondre avec promptitude à cette convocation, pour ne pas s'attirer plus encore le courroux du Seigneur des Ténèbres. Chose peu évidente lorsque l'on doit quitter discrètement le château, où le transplanage était impossible. La pièce était presque entièrement plongée dans l'obscurité. Seules quelques torches diffusaient une faible lueur, éclairant partiellement le visage des hommes présents dans la pièce. Le jeu d'ombres et de lumières rendaient la scène particulièrement lugubre.

« Sseveruss, enfin tu daignes répondre à mon appel. Te serais-tu égaré en chemin ? Ne me fais plus attendre la prochaine fois. Endoloris. »

Le maître des potions se retrouva cloué au sol par la douleur. Il lui fallut faire preuve de toute la maîtrise qu'il possédait pour ne pas crier. Cependant son supplice fut de courte durée.

« Je vous prie de m'excuser Maître, cela ne se reproduira plus.

- Je l'espère bien Severus, dans ton intérêt. » Susurra le Seigneur des Ténèbres. « Lucius m'a rapporté une information des plus intéressantes aujourd'hui. Il paraîtrait que Poudlard accueille en son sein une nouvelle employée. Pourquoi n'en ai-je pas été informé ?

Je ne l'ai appris moi-même que très récemment. Elle ne représente cependant que peu d'intérêt. Il s'agit juste d'une sorcière française médiocre, empotée et parlant mal anglais. » Affirma rapidement le maître des potions. »

Il n'était pas convaincu de ses affirmations, il sentait clairement qu'il y avait anguille sous roche concernant la jeune femme, mais il se garda bien de faire part de ses doutes au sombre personnage. Aussi agaçante qu'elle puisse être, elle ne méritait pas d'entrer dans le collimateur de son maître. Surtout qu'Albus semblait avoir des plans pour elle, il n'aurait donc pas aimé que Severus se débarrasse ainsi d'elle.

« Y-a-t-il le moindre risque que le vieux fou ne s'en serve pour établir un contact et rallier la société sorcière française à sa cause ?

- Cela me paraît peu probable, Maître. Je n'en ai jamais entendu parler lors des réunions de l'Ordre et depuis son arrivée au collège, elle n'a pas établi de contact plus que nécessaire avec le reste du personnel, notamment les proches du directeur. » Répondit rapidement Severus.

« Bien. Lucius, je te charge de te renseigner plus précisément à son sujet grâce à tes contacts au Ministère. Ah, et j'oubliais... Ne me cache plus jamais d'informations Severus. Pour ton propre bien… Endoloris. »


Froid... Peur... Tristesse... Une tension palpable. Un air chargé de magie... Menaçante. Albus Dumbledore semblait furieux. Que se passait-il ?

« Tout est de votre faute Miss Lambert. Par votre incapacité à vous faire passer pour une sorcière et à fermer votre esprit, vous nous avez tous condamnés ! C'est votre faute si vous avez été démasquée. Et rien ne serait arrivé sans votre manie de vouloir jouer à tout prix les héroïnes. Lord Voldemort a déplacé sciemment ses horcruxes et nous a tendu un piège. Ils sont tous morts par votre faute ! Et Harry aussi !

- Mais...mais...non... je... je vous assure que je pensais... »

Balbutiements. Un goût salé sur les lèvres : celui de ses larmes. Anna pleurait. Sans retenue aucune. Elle n'y parvenait pas. Coupable, coupable, coupable. Lourd fardeau pesant sur son cœur.

« J'aurais dû écouter Severus depuis le début et vous renvoyer dans le monde moldu sans vos souvenirs. Cela aurait été mieux pour tout le monde. Vous n'aviez rien à faire ici. Disparaissez, avant que je ne change d'avis sur votre sort. »

Tressaillements. Pardon, pardon, pardon. Sa faute. Toujours sa faute. Même si le répéter était vain, elle ne pouvait s'en empêcher. Raison. Il avait raison, elle devait partir. Sa place n'avait jamais été ici. Jamais.

Vite, rassembler ses maigres affaires et s'enfuir. Partir loin d'ici pour ne pas faire plus de mal. Mais pour aller où ? Elle n'avait nulle part où se réfugier.

Restait ensuite une dernière épreuve. Terrible. Traverser le Grand Hall et affronter les autres. Une foule qui grandissait de plus en plus sur son sillon. Mais pire, leurs regards. Mépris. Colère. Indignation. Désir de justice. Et de toute part, des chuchotements. Des murmures. Telles des lames affûtées, la blessaient.

Moldue. Usurpatrice. Assassin. Leurs mots semblaient gravés. Douloureux échos à ses propres pensés. Une funèbre litanie.

Puis une course effrénée, entrecoupée de sanglots. Déjà le portail se dessine. Un grincement sinistre. Les grilles du château sont définitivement refermées. Plus jamais elle ne pourra revenir. Dans ce château étrange et magique. Lieu de déconvenues, mais son seul refuge. Car elle était une étrangère. Une étrangère dans ce monde.

Pré-au-lard enfin. Trouver la gare. Regagner Londres pour ensuite rentrer en France. Puis soudain, une étrange vision. Des visages familiers. Comment l'avaient-ils retrouvée?

Une petite femme aux yeux bleus et aux cheveux châtains de la même couleur que les siens. Un homme un peu plus grand aux cheveux bruns bouclés et qui avait ses yeux. Tous deux se tenaient la main. Et une version plus âgée d'une certaine petite fille curieuse et turbulente de ses souvenirs d'enfant. Juste à côté d'eux deux.

Des larmes de nouveau. De soulagement cette fois. Elle avait retrouvé ses parents et sa petite sœur Émilie. Vite, les rejoindre. Les enlacer, enfin. Mais leurs regards l'arrêtèrent.

Anna ne comprenait pas. Inquiétude, colère fugace à cause de son attitude, voilà ce qu'elle attendait. Mais pas la haine, le dégoût. Elle les lisait clairement dans leurs yeux.

Un grondement. Masculin.

« As-tu la moindre idée des soucis que tu nous as causés ? De l'inquiétude que nous pouvions ressentir ? Tu nous as abandonnés ! Tu as préféré jouer les pseudos-sorcières dans ce château de fous plutôt que de rester auprès de ta famille. »

Acquiescement de sa mère. Airs graves de toute part. Anna était interdite. Son regard allait de l'un à l'autre. Incompréhension. Sentiment de rejet. Un cauchemar. C'était un cauchemar.

Un mouvement soudain. L'espoir revint. Sa sœur s'avança.

« Il est temps que tu vives dans le monde réel Anna. Les histoires ne sont que ce qu'elles sont, des histoires. C'était amusant lorsqu'on était petite de vivre par procuration les destins de nos héros préférés, de s'imaginer vivre de grandes aventures. Mais maintenant c'est fini, nous sommes des adultes. Alors il est grand temps que tu mûrisses un peu et que tu sortes la tête de tes livres. Tu es pitoyable... »

Cruelles répliques, qui la martelaient en son cœur. Véridiques, seulement en partie. Elle avait toujours bien fait la distinction entre la fiction, les livres et la réalité. Incrédulité face à des reproches jugés infondés. Une tentative d'évasion. La lecture était juste une tentative d'évasion de son quotidien.

Vaines explications. Elle ignorait comment elle était venue ici. Elle avait tout tenté en vain pour les retrouver. Rien n'avait marché comme prévu. Faibles bégaiements. Justifications laborieuses. Et toujours les reproches pleuvaient.

De nouveau, la voix de son père retentit. Le glas était tombé.

« À partir d'aujourd'hui, tu n'es plus notre fille. Tu ne fais plus partie de notre famille et nous ne nous préoccuperons plus de ce que tu peux devenir. Nous sommes fatigués Anna. Tu n'imagines pas à quel point tu nous as déçus. Adieu.

- Attendez ! Je n'ai jamais rien voulu de tout cela, vous devez me croire ! »

Inutile. Ils partaient déjà, ignorant ses larmes. Faible murmure. Cri du cœur, qui saignait.

« Ne m'abandonnez pas... »

Pas un regard. Aucun retournement de dernière minute. Vide. Elle était vide. Anna s'effondra. Elle était seule.

Puis vint l'errance, sans but dans le village. Et soudain, un bruit.

Derrière elle, des silhouettes encapuchonnées. Se rapprochant, dangereuses. Un éclair de lumière rouge, droit sur elle. La voilà immobilisée, incapable de bouger. Peur, panique. Elle était sans défense. À leur merci. Qui étaient-ils ? Pourquoi s'en prenaient-ils à elle ?

Des ricanements. De plus en plus proches. Brutalement, l'un d'eux saisit son bras et soudain, le décor disparût.

Une large pièce, très sombre. Et sinistre.

Elle retrouva l'usage de ses jambes lorsque son bourreau la projeta au sol.

« Agenouille-toi devant le Maître, sale moldue. »

Des tremblements incontrôlés. Encore. Et s'il s'agissait de Lui? Terrible pensée. Irrépressible.

« Vous me l'avez enfin ramené. Vous m'avez fait attendre. Je ne tolérerais plus aucun retard... Endoloris. »

La voix était terriblement menaçante. Et sifflante. Semblable à celle d'un serpent. Aucun doute possible. Mais elle n'osait relever les yeux. Effrayée. Comment avaient-ils tout découvert ? Elle était perdue.

Hurlements. Ceux de son ravisseur. Recroquevillé au sol, il se tordait de douleur.

Pitié. Voilà ce qu'elle ressentait pour lui. Personne ne méritait ce traitement. Mais en aurait-on pour elle? Incapable, elle serait incapable de supporter un tel sort. C'était une certitude ancrée en elle.

Une petite voix, grandissante, au fond d'elle. Elle l'avait cherché, n'est-ce pas? Tous ses morts. Sa faute. L'opposition au règne des Mangemorts avait été anéantie. Grâce à elle. À cause d'elle.

Puis le silence. Répit trop vite écourté. L'homme-serpent lui agrippa brutalement les cheveux et redressa son visage au niveau du sien. Sans aucune sommation il pénétra dans son esprit.

Un cri. Le sien cette fois. Aucune comparaison possible avec ses précédentes expériences de légimencie. Aucune douceur. La moindre parcelle d'information contenue dans ses souvenirs fut brutalement arrachée. Impossible de résister. Sa pitoyable séance avec le professeur Dumbledore n'avait servi à rien.

Une éternité sembla passer. Puis la salle lugubre de nouveau. Voldemort ricana, l'air dément.

« Le vieux fou n'a plus aucune chance désormais. Après la mort de son Sauveur et la destruction de son précieux Ordre, il est temps de lui asséner le coup de grâce. Très bientôt mes chers Mangemorts, le monde sorcier sombrera sous ma domination et nous pourrons éradiquer cette vermine des sangs de bourbes et remettre les moldus à leur véritable place. En commençant par celle-ci. Endoloris. »

Atroce douleur, omniprésente. Tout son corps la brûlait. Elle se recroquevilla sur le sol, entièrement secouée de spasmes. Un hurlement terrible. D'où venait-il ? Elle comprit enfin. C'était elle. Elle n'arrivait plus à réfléchir. Perdue dans la douleur. Que cela cesse. Qu'on l'achève enfin.

Ses prières ne furent pas exaucées. Longue torture. Et enfin, le sort fatidique.

« Avada Kedavra ! »


Anna ouvrit les yeux. Une brume épaisse, omniprésente. Elle ne distinguait rien. Impossible de se repérer. Où était-elle ? Angoisse. Mais pire, le vide, le silence, autour d'elle. N'y avait-il aucune forme de vie en ce lieu ?

Solitude. Oppression. Vite, elle devait sortir d'ici. Était-elle morte ? Ou était-ce un délire causé par la torture ? L'au-delà avait un goût très amer. Pourtant, elle n'avait jamais cru à une vie après la mort. Mais y avait-il une autre explication possible? Mauvais augure. Ce lieu était de mauvais augure, quelques soient les croyances sur l'au-delà, le paradis, le nirvana, ou même les enfers grecs. Quel serait son sort ?

Une errance éternelle dans le brouillard ? Seule ? Comme une âme en peine ? Était-ce sa punition ? Pour avoir abandonné les siens et pour toutes ces morts dont elle se sentait responsable ?

La folie, toujours plus proche. Mais pire, la lassitude, l'étreignait. Fatiguée de mentir. Des faux-semblants. De lutter seule. De chercher une explication rationnelle.

Elle se mit à courir. Encore, toujours et cria. Un appel à l'aide. Quelqu'un ! N'importe qui ! Se sentir rassurée, au moins un contact avec un autre être humain.

Elle finit par trébucher sur le sol et se recroquevilla sur elle-même. Elle se sentait de nouveau vide. Fin du combat. Ses yeux se fermèrent.

« Anna... Anna... »

Avait-elle rêvé ? Timidement, les paupières s'ouvrirent. Avait-elle bien entendu ? Quelqu'un l'avait appelée ? Elle n'était donc plus seule ? Elle ne pouvait y croire.

« Anna... Anna ... »

Une voix semblant étrangement familière l'appelait. Mais à qui appartenait-elle ? Elle semblait venir de partout et de nulle part à la fois, résonnant dans ce monde vide. Un écho. Nouvel espoir. Le cœur d'Anna revint à la vie. Elle se releva brusquement. Scruta les alentours. Mais seule était visible l'étrange brume.

« Je suis là ! Je suis là ! Où êtes-vous ? » Appela-t-elle d'une voix paniquée à l'idée que la voix s'éloigne.

Esprit confus. Comme cet étrange monde. Idée persistante. Elle devait rejoindre cette voix. Elle ne supporterait pas une minute de plus la solitude.

« Anna... Tu n'as pas le droit d'abandonner... Tu dois te réveiller... »

Abandonner... ? Se... réveiller... ?


Anna se réveilla en sursaut dans ses appartements de Poudlard, les draps entortillés de manière désordonnée autour d'elle. Elle tremblait et son corps entier ruisselait de sueur. Il lui fallut de nombreuses minutes pour se calmer et reprendre ses esprits.

Quel horrible cauchemar ! Chaque détail semblait être gravé dans sa mémoire. Elle n'était pas sûre d'en saisir l'entière signification. Le stress de ces derniers jours en était probablement la cause mais elle ne s'expliquait pas la dernière scène. Elle avait la très étrange sensation que quelque chose lui échappait.

Avait-elle tellement besoin d'être rassurée qu'elle en était réduite à imaginer des voix qui l'encourageraient ? Et à qui pouvaient-elles donc bien appartenir ?

Elle alla rapidement se rafraîchir avant de regarder sa montre à aiguilles. Il était deux heures du matin. La jeune femme râla et se recoucha. Les minutes s'écoulaient mais rien n'y fit. Anna était tout bonnement incapable de se rendormir. À cause d'un stupide cauchemar. Mais bien que le scénario comportait de grosses lacunes et des incohérences, à l'heure actuelle il reflétait les peurs les plus profondes de la jeune femme. (1)

Le sommeil l'ayant définitivement désisté, elle traversa son salon et pesta. Elle avait oublié. Maudis sorciers, maudite magie inexistante et maudit château qui fonctionnait sans électricité. Elle se retrouvait dans l'incapacité de se préparer quoique ce soit à manger et ne pouvait même pas utiliser une bouilloire pour se préparer un thé.

Elle enfila sa robe de sorcière au-dessus de sa chemise de nuit et sortit de ses appartements. Au moins sa nuit blanche ne serait pas totalement inutile, elle allait profiter de l'absence de vie dans les couloirs pour explorer plus en détail le château et trouver la cuisine. Elle avait bien besoin d'une bonne tasse de thé, et pourquoi pas, de se cuisiner un bon gâteau. Cuisiner l'avait toujours détendue et dans son état, un peu de sucreries ne lui feraient pas de mal.

Elle sortit discrètement dans le couloir, n'ayant pas envie d'expliquer à un collègue insomniaque effectuant une ronde la raison de sa présence hors de ses quartiers. Elle avançait prudemment dans la pénombre pour ne pas s'égarer, les couloirs étant faiblement éclairés par les torches dont l'intensité avait été diminuée pour la nuit.

Mais contrairement à ses craintes, elle ne croisa nulle âme qui vive. Les couloirs étaient silencieux, uniquement ponctués de temps à autre par le ronflement de quelques occupants des tableaux animés du château.

Il lui fallut s'y reprendre à plusieurs reprises mais elle finit par parvenir avec soulagement à la peinture représentant la coupe de fruits. Forte de ses connaissances des romans, elle chatouilla la poire, bien que la situation lui parût incongrue. Heureusement que personne ne la voyait tapoter ainsi le tableau, la scène avait quelque chose d'étrange.

À son grand soulagement, la poire gloussa et se transforma en une poignée de porte, révélant l'entrée de la fameuse cuisine.

Il s'agissait d'une immense pièce, avec cinq grandes tables dont la disposition ressemblait à l'identique à celle de le Grande Salle. Contre les murs s'entassaient des montagnes de casseroles et de marmites et on retrouvait au fond de la pièce plusieurs grandes cheminées, éteintes à cette heure.

Les lieux étaient faiblement éclairés, au vu de l'heure tardive, et quasiment désert, à l'exception de quelques elfes occupés à nettoyer les derniers ustensiles.

À peine avait-elle franchi le seuil qu'elle fut assaillie par les étranges Êtres. De petite taille, un mètre tout au plus, ils étaient semblables à l'idée qu'elle s'en faisait. Ils étaient dotés de grandes oreilles pointues, rappelant celles de chauves-souris, un nez difforme et de grands yeux qui leur mangeaient le visage.

Délaissant leurs ouvrages, ils s'étaient agglutinés autour d'Anna et paillaient dans une joyeuse cacophonie. La jeune femme avait du mal à saisir ce qu'ils voulaient.

Elle était clairement mal à l'aise d'être l'objet de tant d'attention, d'autant plus que les elfes semblaient s'adresser à elle avec une déférence qui lui sembla exagérée et imméritée. Bien sûr, elle savait que c'était dans leur nature de se comporter ainsi mais il y avait une différence notable entre le savoir et en être témoin.

Les petites créatures finirent par se taire et à la regarder avec insistance, en l'attente de ses ordres. Reprenant ses esprits, Anna se racla la gorge et essaya de prendre un air assuré.

« Hum... Heu... Vous pouvoir me dire où est la... mince... l'objet pour cuire l'eau pour le thé ? »

Elle retint un soupir. Elle ne connaissait pas le mot anglais pour désigner une bouilloire... Elle était fatiguée de parler anglais toute la journée depuis une semaine et même s'il lui semblait avoir fait des progrès en compréhension, elle éprouvait toujours des difficultés à s'exprimer. Et dans le cas présent, la fatigue et le stress n'aidaient en rien.

Néanmoins, il semblerait qu'ils aient compris sa demande car ils partirent tous avec entrain, à l'exception d'un elfe qui la conduisit jusqu'à la table la plus proche et l'enjoignit à s'asseoir. Avant qu'elle n'ait le temps de protester, elle se retrouva avec une tasse de thé fumante et un plateau contenant un assortiment de pâtisseries absolument gargantuesque.

Anna se sentait un peu gênée, mais apprécia l'attention. Surtout qu'elle adorait les gâteaux, quels qu'ils soient. Elle remercia sincèrement l'elfe et prit la tasse entre ses deux mains. Elle profita quelques instants de la sensation de chaleur qu'elle dégageait entre ses doigts et qui lui procurait un doux réconfort. Elle rapprocha la tasse de son visage et inspira longuement. Du thé au jasmin, son parfum préféré. Elle prit une petite gorgée qu'elle savoura un moment. (2)

Elle avait l'impression en un instant d'être de retour chez elle. Elle pouvait presque voir ses parents et sa sœur s'agiter autour d'elle. Des larmes lui vinrent aux yeux.

« Quelque chose ne va pas Miss ? Le thé est trop chaud ? Les gâteaux ne vous plaisent pas ? Est-ce que Letty peut faire quelque chose pour aider Miss à aller mieux ? »

Anna tourna la tête et fit face à une elfe qui la dévisageait de ses grands yeux inquiets.

« Tout est très bien, Letty. ».

Elle avait du mal à convaincre Letty qu'il n'y avait rien à redire sur son travail, d'autant que d'autres elfes avaient commencé à affluer, et semblaient sur le point de se jeter tête la première sur le mur le plus proche.

Alors, pour éviter que la situation ne dégénère et pour la première fois depuis son arrivée ici, la jeune femme exprima de vive voix son mal-être.

« Je suis triste car ma famille me manquer. Le thé me donner des souvenirs, c'est tout. Il me rappeler la maison. Je suis désolée, vous trouver moi probablement stupide. Je venir d'arriver et j'ai beaucoup le sentiment de pas être à ma place ici. Je n'arrêter pas de me faire remarquer et je ne suis même pas capable de parler bien anglais. Le professeur Rogue dit vrai, je suis pathi...path... pathétique. » Articula-t-elle laborieusement.

- Ce n'est pas la faute de Miss. Letty est désolée de ne pas pouvoir vous aider. Mais Miss peut revenir ici quand elle veut pour prendre un thé et parler de sa famille, nous serons ravis de l'aider. »

Anna fut touchée par ces mots. Même s'il y avait quelque chose de triste dans le fait qu'une elfe de maison se montrait plus compréhensive que ses congénères humains, le fait d'avoir une alliée dans le château lui procura un réconfort certain et lui remonta le moral.

Elle expliqua à Letty qu'elle était française et lui parla sans trop rentrer dans les détails compromettants du déroulement de sa première semaine à Poudlard. Bien que l'exercice fût difficile, pour ne pas dire laborieux. Elle n'avait jamais tenu une aussi longue conversation en anglais et le vocabulaire par moments lui manquait. L'Elfe de nouveau l'écouta poliment et avec attention, sans faire de commentaires désobligeants, ce en quoi la jeune femme lui en était reconnaissante. En revanche, Letty eut plus de mal à accepter d'appeler la jeune femme par son prénom. Elles parvinrent néanmoins à un compromis. Elle était désormais « Miss Anna », ce qui constituait déjà un progrès en soi.

Entre-temps, soulagés de ne pas avoir à se punir, les autres elfes étaient retournés à leurs occupations, leur laissant un peu d'intimité.

Anna but une autre gorgée et choisit un beau chou à la crème. Tout en savourant sa pâtisserie elle réfléchit. Vider son sac lui avait fait le plus grand bien et elle arrivait désormais à réfléchir avec plus de clarté à sa situation.

Elle n'allait pas subir éternellement les évènements il fallait qu'elle arrive à se ressaisir. Elle ne chasserait pas du jour au lendemain la peine qu'elle éprouvait à être ainsi séparée des siens et débarquée dans un monde qui n'était pas le sien. Elle n'arrivait pas totalement désarmée, mais l'esprit embrumé par la fatigue et les événements récents, elle reporta au lendemain la réalisation du bilan de sa situation et la décision de la conduite à tenir.

Le sommeil la fuyant toujours, elle repensa à ce qui l'avait motivé à venir dans un deuxième temps dans la cuisine. Cette vieille habitude l'aiderait à se détendre et à se changer les idées agréablement. Surtout qu'elle se trouvait dans l'endroit rêvé pour cela. Elle prit un air malicieux en anticipant la réaction de sa nouvelle amie.

« Dis-moi Letty... tu peux montrer moi où être objets pour faire la cuisine ? »


(1) Si le téléphone portable d'Anna ne fonctionne pas à Poudlard, il est peu probable que ce soit le cas d'une montre digitale. D'où la petite précision.

(2) On a tous des petits plaisirs, des petits rituels qui nous réconfortent et qui nous rappellent notre enfance. Pour Anna, l'un d'eux est le thé au jasmin. Et oui je suis folle. Je suis allée jusqu'à déterminer son parfum de thé préféré, qui au passage n'a rien à voir avec le mien. Si vous voulez tout savoir j'ai une petite préférence pour le thé aux fruits rouges ou à la vanille. Je ne sais pas pourquoi j'ai choisi le jasmin, je trouvais que ça lui allait bien. Une petite fleur toute mignonne pour notre petite Anna. Ou peut-être parce qu'Hana signifie fleurs en japonais, allez savoir...


Hem, comment dire... J'ai un très très gros retard et je m'en excuse. Je ne reviendrai pas sur les raisons que j'ai déjà évoquées, mais rassurez-vous, vous n'attendrez pas aussi longtemps pour le prochain chapitre.

Sinon je suis très contente de vous retrouver pour ce nouveau chapitre! Il était écrit depuis un moment mais je suis contente de vous le présenter maintenant! Et j'ai bien fait d'avoir attendu les précieux conseils de Paloma avant de publier. Rendons à César ce qui est à César, c'est elle qui m'a suggéré le style de narration destructuré du rêve au lieu de juste mettre des guillemets. Ces derniers auraient tout de suite trahi la nature de l'évènement et cela m'embêtait. Donc ce chapitre a été remanié il y a peu pour avoir sa forme définitive. Et d'ailleurs le site a un peu cassé la mise en page pour ce passage, et je n'arrive pas à le remettre tout à fait à sa position initiale... Désolée.

C'est un chapitre important car pour Anna c'est un tournant. Elle va commencer à agir et ne plus seulement se lamenter sur son sort. Evidemment Severus n'est pas mort, j'en ai encore besoin. J'avais bloqué un moment sur le passage de la convocation car j'avais peur qu'il soit trop caricatural. J'espère qu'il n'en est rien désormais. Et enfin une bonne nouvelle pour Anna, elle s'est faite une nouvelle amie.

Je pense publier un chapitre tous les mois, pour plusieurs raisons : j'entame ma dernière année d'étude, qui promet d'être assez chargée, surtout pour le deuxième semestre (quitte à prendre un peu d'avance au cas où dans d'écriture dans un premier temps) et parce que Paloma a aussi pas mal de choses à faire de son côté.

Pour conclure : une publication plus ralentie, mais je l'espère aussi plus régulière. Et quitte à me répéter : j'irai jusqu'au bout de la publication, quel que soit le temps que ça prendra. Je connais la frustration de lire une histoire qui ne sera au final jamais fini.

Dans le prochain chapitre, on aura un aperçu des efforts d'Anna pour avancer, elle fera la connaissance avec un personnage mythique et plus que jamais, les tensions seront à leurs combles! Ne ratez pas le chapitre 8 intitulé : " La Dame du Lac"