Chapitre 9. Vision.

POINT DE VUE BELLA.

Charlie allait bientôt rentrer. J'avais quitté Edward depuis douze minutes seulement et je me languissais déjà, surtout qu'étant vendredi, j'allais passer deux jours entiers sans le voir… Poussant un soupir, je me dirigeai vers le four pour retirer le gratin dauphinois dont la cuisson venait de finir.

Charlie est arrivé alors que je dressais la table. Je vis tout de suite qu'il était tendu… Avait-il entendu parler du retour des Cullen ? Edward m'avait dit que son père travaillait à l'hôpital, son retour n'avait pas dû passer inaperçu…

Une fois attablés, je prononçais la phrase que je m'étais répétée depuis près de quatorze minutes :

-Papa, j'ai vu Edward Cullen, aujourd'hui… A peine avais-je fini ma phrase qu'il s'était raidi. Il a posé ses couverts sur les bords de son assiette avant de soupirer.

-Alors, il te l'a dit… Tu dois savoir que je ne voulais que te voir heureuse… Je ne pensais pas qu'il reviendrait… Et je savais qu'il te manquerait… J'ai donc demandé à notre entourage de ne pas te parler de lui. Je savais que tu finirais par te souvenir, mais je ne voulais pas te voir souffrir, surtout quand j'ai vu qu'il ne donnait aucune nouvelle… Je… Je suis désolé, Bella, je pensais que ce serait mieux ainsi, pas un seul instant je n'ai pensé qu'il reviendrait…

-Il a donné de ses nouvelles.

-Quoi ?

-Edward. Il dit qu'il avait appelé presque tous les jours les deux premières semaines…

-Euh… Bella, chérie… Je te promets que je n'ai reçu aucun appel ni message de sa part …

-Il n'a pas dû laisser de message… C'est tout…

-Non, Bella, écoute-moi, j'ai vérifié tous les soirs les appels, les messages… Rien, pas même un numéro masqué, ou inconnu…

-C'est impossible, il a du se tromper, alors…

-Eh bien, c'est possible… Mais je voyais bien que lui-même n'y croyait pas. A vrai dire, je ne savais pas si j'y croyais… Je n'aurais qu'à lui demander le lundi suivant… Je me levai, débarrassais la table, et allais me doucher. Une fois vêtue de mon pyjama, je me brossais les dents avant de souhaiter une bonne nuit à Charlie et me glisser dans mes draps, un livre à la main. J'avais décidé de relire les livres sur mes étagères. J'avais déjà dévoré les six premiers tomes de « Bobby Pendragon » et avais entamé le septième. Après seulement quelques minutes, mes paupières se firent lourdes, et une irrésistible envie de dormir s'empara de moi. Je reposai mon livre, éteignis la lumière, et m'endormais en un temps record. J'eus cependant un sommeil très agité, l'atmosphère était devenue lourde. Je réalisai que j'étais dans la forêt, Edward à mes côtés. Mais il était différent. Il était chatoyant, il brillait de mille feux, comme parsemé de diamants. Il se tourna vers moi, et m'adressa un sourire éblouissant…Avant de changer du tout au tout. Son expression changea, il devint menaçant, il se releva en dévoilant des dents acérées comme des lames avant de s'enfuir. Je tentais pitoyablement de le retenir, mais il ne fit qu'accélérer. Je me mis à marcher, puis à courir entre les arbres, l'appelant désespérément. Je commençais à paniquer, pleurant misérablement, criant, puis hurlant.

Avant d'ouvrir brusquement les yeux, le souffle court. Oh mon… Non ! C'était impossible ! J'avais perdu l'esprit… Car, il était impossible qu'Edward se trouve dans le rocking-chair, près de la fenêtre… N'est-ce pas ? Je décidai d'en avoir le cœur net :

-Edward ? Il releva brusquement la tête, avant de me voir. L'air horrifié, il bondit, ouvrit la fenêtre, et sauta. Je voulus le retenir, mais, une fois arrivée à la fenêtre, il n'y avait plus aucune trace du mirage. La fenêtre était même fermée… J'avais du rêver… Encore groggy, je retournais me coucher.

Le week-end passa avec une lenteur incroyable ; je passais chaque minute du samedi et du dimanche à penser à Edward. Avait-il vraiment été dans ma chambre ? Avait-il menti en disant m'avoir appelée ?

Le lundi, je me préparais en toute hâte et sortis en avance, espérant qu'il serait là. Mais il n'y avait aucune voiture argentée devant la maison. Seulement ma camionnette rouge… Avec un soupir, j'ouvris la portière et m'engouffrais dans l'habitacle, avant de pousser le chauffage à fond. Puis, après dix minutes à patienter comme une imbécile, je démarrais la voiture…

Je passais la journée à le chercher, sans succès. Sa voiture n'était pas sur le parking, il n'était pas non plus dans la cour le matin, ni à la cafétéria. Après les cours, je cherchais de nouveau sur le parking, avant de voir quatre adolescents –deux filles et deux garçons- sublimes. La première, minuscule, avait des allures d'elfe espiègle, la peau d'une pâleur incroyable, des cheveux courts et noir de jais…et des yeux ocre ! Alice ! Le nom m'était venu instantanément. J'étais certaine que c'était Alice, la sœur d'Edward. L'adolescent blond qui se tenait à côté d'elle devait être…Jack, peut-être ? Non, j'étais à peu près sûre que ce n'était pas ça… Bon… Je décidais de passer au suivant, un géant brun, la peau également pâle, et les mêmes yeux topaze que les autres, bien que plus massif. A cet instant, il a tourné la tête vers moi et m'a adressé un immense sourire, dévoilant des dents d'une blancheur éblouissante. Emmett… Comme pour Debussy et Alice, le nom était venu tout seul, sans que je m'y attende… Je lui retournais son sourire sans même y penser, avant d'examiner la blonde qui les accompagnait. Je ne trouvais aucun mot assez fort pour décrire sa beauté… C'était la plus belle femme qu'il m'ait été donné de voir. Je me rappelais, avec plus de difficulté, qu'elle s'appelait Rosalie. Ne manquait plus que… Jasper ! Cette fois, j'étais sûre…

Mais toujours aucune trace d'Edward… Peut-être était-il malade ? Avec un nouveau soupir, je montais dans ma Chevrolet et rentrais à la maison. Une fois chez moi, je montai directement dans ma chambre. Je venais de me souvenir de quelque chose… Le soir du retour d'Edward, j'avais trouvé plusieurs objets dans le placard, mais comme il était arrivé à ce moment-là, je les avais oubliés… Notamment un CD… dont je m'emparais pour le mettre dans le lecteur. Aussitôt, une douce mélodie s'en éleva, d'une beauté saisissante. Le mot « berceuse » me traversa alors l'esprit. Je regardais le boîtier, vierge de toute inscription. J'étais à présent certaine qu'il avait un rapport avec Edward. Je lui demanderais le lendemain… si il était là…

POINT DE VUE EDWARD.

Une fois de plus, j'avais tout gâché. Une fois de plus, je m'étais enfui. Une fois de plus, je m'étais conduit en lâche. Je n'avais pas osé affronter Bella et ses inévitables questions. Je n'étais pas allé au lycée, alors que mes frères et sœurs y étaient retournés. Entendre leurs pensées avait été pire que tout. Alice et Esmée me plaignaient, je leur faisais pitié. Jasper se sentait coupable d'éprouver du soulagement face mon malheur : il n'était plus le centre de l'attention, il n'était plus celui qu'on plaignait. Rosalie était carrément dégoûtée de mon comportement. Elle me l'avait fait comprendre devant tout le monde, comme si ses pensées méprisantes ne suffisaient pas… Evidemment, tout le monde, depuis Carlisle à Alice, en passant par Emmett, m'avait défendu, ne faisant qu'ajouter à ma haine envers moi-même. Mais Rosalie ne s'était pas arrêtée là… Ses remarques mesquines, ses pensées haineuses, ses regards dégoûtés me suivaient partout, c'est pourquoi c'était un soulagement de me retrouver seul. Mais cette maison me donnait l'impression d'une cage.

Quelques secondes plus tard, je me trouvais dehors, en train de courir. D'un bond, je sautais la rivière qui se trouvait à quelques mètres de la maison. Je n'avais aucun but, je ressentais seulement le besoin de m'échapper, de me sentir libre. A cet instant, j'entendis des pensées vaguement familières.

Il faut que je la trouve. Dès que je finis de chasser, je la trouve, et je la livre à Victoria. Mais je dois faire attention aux Cullen, je ne veux pas finir comme James… Irina m'attend…

Un grondement sourd s'éleva de ma poitrine. Laurent. Il était revenu. Victoria l'avait envoyé. Laurent avait dû m'entendre, car il se tourna dans ma direction.

-Oh ! Bonjour, Edward. Alors, comment vas-tu ? demanda-t-il d'un ton faussement jovial. Et…Bella ? C'est ça ? Comment va-t-elle ? Alors qu'il disait cela, il s'appliquait à penser à autre chose. Mais il était trop tard, et il le savait : il était en position de défense. Sans signe avant coureur, j'attaquai.

P.S : Muhahahahaha suspensssssssssss… J'espère que ça vous a plu… Comme toujours, merci pour vos review, que j'ai adoré. J'attends vos avis (positifs comme négatifs) et questions… Merci beaucoup, et à bientôt !!! Bisouxx !