Je tiens à remercier particulièrement ceux qui m'ont laissé des reviews pour le dernier chapitre

Un merci tout spécial à MissCN (j'aime ta comparaison entre le père de Mia et Severus, mais attend de voir ce que j'ai réservé comme révélation O_o, tu vas capoter!)

Ça faisait longtemps que je cherchais comment amener le cours de Potion, et comme j'ai trouvé la solution aujourd'hui, j'ai pondu un petit chapitre avec plein de rebondissement :P

Bonne lecture!


Elle eut encore des cauchemars, moins pénibles que ceux de la veille toutefois. Elle rêvait qu'elle était envoyé chez les Serpentard, et que c'était Voldemort et Malfoy qui l'accueillaient dans sa maison…

Elle se réveilla en sueur, la respiration toujours saccadée. Elle regarda l'heure. Le professeur McGonagall allait se lever dans cinq minutes pour venir la réveiller. Elle se leva et commença à se préparer. Elle était déjà prête lorsque le professeur de Métamorphose cogna doucement à sa porte, déjà vêtue et prête à aller prendre le petit déjeuner elle aussi.

«Tu en fais une de ces têtes ce matin!» S'exclama-t-elle.

Mia prit le temps de se regarder dans un miroir. Son visage était encore plus pâle qu'à l'habitude, et des cernes avaient commencé à apparaître sous ses yeux. Elle grommela.

«Mia, on devrait au moins en parler au professeur Rogue, il pourrait te faire une potion pour t'aider -

-Merci professeur, la coupa Mia, mais j'ai la situation en main, je vous le dit. J'ai trouvé la solution à mon problème, qui n'en est pas un soi dit en passant.»

Le professeur ne la croyait pas, et son visage la trahissait. Elle respecta néanmoins le désir de Mia de ne pas en parler… pour le moment. Elle se promit d'en glisser un mot au professeur Rogue, à son retour de mission. Elles descendirent en silence pour aller prendre le petit déjeuner dans la Grande Salle, puis quittèrent en direction de la salle de classe de Métamorphose. Le professeur McGonagall était impatiente de tester les compétences de sa protégée pour sa matière.

Mia s'assit au premier rang, juste devant le tableau. Elle sortit de son cartable un rouleau de parchemin et des crayons moldus. Elle avait essayé d'écrire avec les plumes, mais elle n'y arrivait tout simplement pas. Elle renversait de l'encre, tachait son parchemin, et trouvait agaçant d'avoir constamment à tremper sa plume dans son encrier. Bref, les crayons moldus faisaient son bonheur pour prendre des notes. Pendant près d'une heure, le professeur McGonagall expliqua avec des images et explications complexes le procédé de métamorphose. La bouche légèrement entrouverte et les sourcils haussés, Mia écoutait, ahurie.

«Professeur? Demanda-t-elle enfin, Est-ce que je pourrais seulement essayer?

-C'est une procédure complexe, Mia, tu dois savoir comment procéder…

-Je pourrais essayer de métamorphoser quelque chose de facile… un de mes crayons par exemple!

-…Ok, tu peux essayer. Essaie de transformer ton crayon en une aiguille à coudre.»

Mia prit sa baguette et déposa son crayon sur la table devant elle. Les sourcils froncés, preuve de son intense concentration, elle fixa le crayon. Puis elle fit un bref et gracieux mouvement de baguette en direction du bout de bois… qui se transforma en une parfaite aiguille à coudre. Stupéfaite, le professeur McGonagall s'approcha pour examiner l'aiguille.

«Parfaite, elle est parfaite.» Se tournant vers Mia, elle demanda:

«Comment as-tu pu réussir ça? Les élèves de première année n'essaient qu'après un mois de cours, et encore, il n'y a qu'une faible minorité qui réussit!

-Bien, le professeur Flitwick m'a dit hier que la magie n'était qu'une question de volonté. J'ai voulu transformer mon crayon en aiguille, et voilà! Je l'ai fait…»

Le professeur amena une théière, et demanda à son élève de la transformer en rat. Chose dite, chose faite. Puis ce fut au tour d'une chaise de se faire transformer en petit chien, et à un bureau de devenir un porc, avant de retourner à sa forme initiale.

«Je n'ai rien à t'apprendre Mia. Conclut le professeur McGanagall. Tu sais déjà transformer ce que peu de septième année réussissent à transformer…»

Mia demeurait silencieuse, pensive. Elle se demandait comment, depuis tout ce temps, elle avait pu faire pour ne pas se rendre compte qu'un tel pouvoir dormait au fond d'elle?

Le professeur McGonagall lui donna congé, pendant qu'elle irait glisser un mot au Directeur afin de l'informer de la situation. Elle choisit de demeurer dans la classe, et de préparer son cours de Potions, qu'elle aurait après le déjeuner. Elle voulait être parfaite pour cette leçon.

Elle descendit dans la Grande Salle vers midi afin de manger un morceau. Tous les professeurs, à l'exception du Professeur Rogue, étaient présents. Les professeurs McGonagall et Dumbledore discutaient avec bonne humeur, sous l'oreille attentive de leurs confrères et consoeurs. Ils se turent à l'arrivée de la jeune femme, et tous lui adressèrent un sourire radieux.

«Finalement, Miss Bachmann, il appert que vous êtes plutôt douée pour la magie.» lui dit le Directeur, les yeux pétillants. Il voulait suivre de près la progression de la jeune femme. Il n'oubliait pas l'éclat féroce qu'il avait vu dans ses yeux quelques jours auparavant. Il avait toujours peur que quelque chose en elle explose et qu'elle fasse quelque chose de dommageable, pour les autres... ou pour elle… Mais la voir rougir timidement devant un compliment sur sa puissance le rasséréna. Elle n'était pas à la recherche de nouveaux pouvoirs, comme l'avait été Jedusor au même âge…

À la fin du repas, Mia s'approcha discrètement du professeur Dumbledore, et chuchota:

«Professeur, est-ce que je vais avoir ma leçon de Potions aujourd'hui, ou je dois étudier par moi-même?

-Non, le professeur Rogue est revenu cette nuit. Il doit encore se reposer à l'heure qu'il est, lui répondit le vieil homme.

-Je peux la conduire dans les cachots et aller chercher Severus, Albus. Proposa le professeur McGonagall, qui avait évidemment tout entendu.»

Le professeur de Métamorphose conduisit donc Mia dans les cachots, où le professeur Rogue lui prodiguerais ses cours de DCFM et de Potions, et partit chercher le professeur Rogue. Mia s'installa, comme à son habitude, à la table qui était directement devant le tableau. Elle sortit ses livres, et, en attendant son professeur, se plongea dans son livre de potions. Elle était fascinée par cette matière, qui promettait à son sens d'être passionnante, elle qui aimait tant étudier la chimie entre les éléments…

Complètement absorbée par ses lectures, elle n'entendit pas le Maître des Potions entrer par la porte de derrière dans la pièce. Ce dernier s'approcha silencieusement et observa le nouveau cornichon à qui il devrait dispenser son subtil art… Il devait avouer qu'il la trouvait très belle ainsi, ses longs cheveux noirs cachant partiellement son visage penché sur le livre et retombant en vagues sur la table autour de ce dernier, mordillant rêveusement son crayon… son crayon? Il envoya un sortilège de désarmement directement sur le crayon, qui finit sa course à plusieurs mètres de la table où Mia s'était installée.

«Hey! N'avait s'empêcher de crier Mia, à la fois surprise et agacée.

-Règle numéro un, dans mes cours on écrit avec un plume. Règle numéro deux, on demeure vigilant en tous temps! J'aurais pu faire ce que je veux de vous, et vous ne vous seriez rendu compte de rien! Répondit le professeur de la voix brusque et menaçante qu'il employait toujours au début de ses classes.

-Bien, professeur

Elle avait horreur d'être prise en défaut. Elle abhorrait plus particulièrement être pris en défaut par Severus Rogue. Déjà qu'il l'avait vu dans des moments de faiblesses… D'abord quand elle avait eu ces stupides vertiges, et ensuite quand elle avait eu ce stupide, ridicule et dernier à vie juré craché, accès d'anxiété. Oh, et aussi le fait qu'il l'avait attrapé quand elle avait essayé de s'enfuir. Il l'avait piégé (elle détestait sentir qu'elle n'avait pas le contrôle sur son corps. Elle détestait vraiment ça.), sous lui (Quelle horeur! Elle frissonnait encore à cette pensée)! Avec satisfaction, elle pensa à l'expression qui était apparue sur son visage lorsqu'elle l'avait embrassé. Elle sourit à ce souvenir. La voix agacée du Maître des Potions interrompit ses pensées:

«M'avez-vous seulement écouté, Miss Bachmann?

-Euh… Oui, pardon professeur.»

Il grogna.

«Prenez votre troisième volume à la page 306.

-Euh, c'est que je n'ai amené que mon tome un, professeur…»

Le professeur leva les yeux au ciel, dans un signe d'exaspération. Il conjura le bon volume devant Mia, qui le prit et l'ouvrit à la bonne page.

«Potion somnifère, pour des nuits complètes et sans cauchemars, lut-elle. C'est le professeur McGonagall qui vous a parlé, c'est ça? Dit-elle avec colère.

-Je n'ai cure de vos petits problèmes de sommeil, Miss Bachmann. J'ai eu vent de vos talents exceptionnels pour la magie, alors j'ai conclu que nous pouvions passer outre les deux premières années du cursus scolaire, histoire que vous ne vous ennuyiez pas trop lors de mes cours…»

À vrai dire, il n'avait pas du tout prévu faire cette potion, il avait voulu la déstabiliser. Il avait probablement arrêté son choix sur cette potion quand il avait vu ses traits tirés. Il n'avait aucune difficulté à imaginer les cauchemars horribles qu'elle devait faire, lui-même était un fidèle abonné aux hantises nocturnes… Il secoua la tête, et s'assura que la jeune femme ne l'avait pas vu. Il se refusa le droit de s'inquiéter pour elle. Il lui dit d'aller chercher ce dont elle avait besoin pour sa potion dans son armoire à ingrédient, pendant qu'il lui sortait le chaudron nécessaire à la préparation de la potion somnifère.

Il la regarda s'affairer avec sérieux et concentration. Elle lisait ligne par ligne les instructions, les sourcils froncés pour preuve de son intense concentration, puis s'exécutait avec application.

«Regarde-la, pensa Severus, une enfant, un autre morveux.» Il soupira.

«Je suis sur qu'on va en faire une autre fichue Gryffondor, par-dessus le marché…»

«Professeur? Demanda doucement Mia

-Quoi! Aboya-t-il

-Je me demandais simplement, dit-elle doucement, ignorant la brusquerie de son précepteur, je me demandais simplement, si nous remplacions l'essence d'aulne pour de l'essence de cerisier, ne pensez-vous pas que l'effet pourrait être encore meilleur?»

Le Maître des Potions demeura coi, les yeux rivés sur la jeune femme devant lui. Elle, cette jeune néophyte agaçante, arrogante, charmeuse, tellement… tellement Gryffondor dans ses manières, venait de lui proposer une amélioration pour une potion? Son art?

«Professeur?»

Il secoua la tête.

«Essayons.» Lui répondit-il.

Il ne lui avouerait jamais, mais il trouvait l'idée plus qu'intéressante, et se demandait pourquoi lui-même n'y avait jamais pensé. Il mit donc dans le chaudron, plutôt que de l'essence d'aulne, de l'essence de cerisier. Ensemble, ils terminèrent la potion ensemble, chacun de son côté de la table où était posé le chaudron. À plusieurs reprises durant la préparation de la potion, le professeur Rogue risqua un regard en direction de son élève. Elle avait noué ses cheveux sur sa nuque et relevé les manches de sa robe pour ne pas être gênée dans son travail. Ses yeux, brillants d'excitation ne quittaient pas le liquide bouillonnant.

La décoction fut finalement prête après une heure. Le professeur Rogue alla chercher une louche et une fiole, et rempli cette dernière. Il remplit ensuite plusieurs bouteilles qu'il destinait, si la potion faisait effet évidemment, à l'infirmerie. Mia n'avait pas manqué une seconde du processus. Son visage était lumineux. Il ne l'avait jamais vu avec un tel sourire sur les lèvres. Ce n'était pas un de ses sourires forcés qu'elle adressait aux membres du château. C'était un vrai sourire, un sourire de pur bonheur. Sur le moment, il eut envie de s'emparer de ces lèvres et d'y goûter à nouveau… Il se reprit et se morigéna intérieurement.

«C'est une enfant Severus, une enfant… Non, ce n'est pas une enfant, c'est une femme, douée en potion qui plus est…Surveille-toi Severus! Elle est en train de t'avoir comme elle a eu tout le monde. Ne la laisse pas t'avoir! Remonte tes gardes!»

«Professeur, il reste une heure devant nous. Que faisons-nous?

-Le cours est terminé. Vous pouvez disposer.

-…Est-ce que vous pourriez me conduire à la bibliothèque s'il-vous-plaît? J'ignore où elle est, et j'aimerais consulter certains livres…»

Il maugréa, mais accepta. Alors qu'ils remontaient les escaliers qui permettaient de rejoindre la bibliothèque, le Maître des Potions posa à Mia question qui lui brulaient les lèvres:

«Comment avez-vous pensé, Miss Bachmann, à mettre de l'essence de cerisier dans la potion somnifère?

-Et bien, c'est que… quand je faisais des cauchemars, avant, ma mère me faisait toujours du thé aux cerises, et ça m'aidait à bien dormir après… Je me suis dit que son effet non dilué pourrait aussi avoir des effets apaisants.»

«Elle résonne vraiment bien…» ne put s'empêcher de penser le professeur.

Alors qu'ils arrivaient aux portes de leur destination, une dame portant de nombreux châles et foulard, ainsi que des lunettes très épaisses, qui lui donnait l'air d'un insecte.

«Bonjour, Severus, salua la femme d'une voix voilée et qui se voulait mystérieuse.

-Bonjour, Sybille. »

Il se tourna en direction de Mia et lui dit:

«Miss Bachmann, voici le professeur Trelawney, qui enseigne les Arts Divinatoires.» Un léger sourire ironique était apparu une fraction de seconde sur ses lèvres.

Mia s'approcha tout sourire de la femme, une main tendue vers l'avant pour serrer celle du professeur:

«Enchantée de faire votre connaissance, Professeur Tr -

-Arrière, réceptacle à magie noire! Arrière, ne me touche pas de tes mains souillées par le Mal! Arrière! Arrièèèèèèèèèèrrreeeeeee!

-Je…euh…» Elle ne savait pas quoi dire, encore moins quoi faire. Elle lança un regard déconcerté au Maître des Potions, qui était resté immobile, stupéfait de la réaction de l'imprévisible «voyante».

Les cris, qui n'avaient cessés, de la femme hystérique finirent par alerter les autres occupants du château. Bientôt, les professeurs Dumbledore et McGonagall arrivèrent. Dumbledore ordonna alors au professeur Rogue d'emmener Mia dans son bureau, pendant que lui-même et le professeur de Métamorphose tentaient de calmer le professeur Trelawney.

Le Maître des Potions prit la main toujours tendue de la jeune femme abasourdie, et la traîna jusqu'à son bureau. Il l'assit sur une chaise et alla verser deux verres de whisky Pur-Feu. Il en tendit un à Mia, qui semblait frappée par un sortilège de mutisme, et pris une gorgée du sien. Elle l'imita. Son visage, qui était devenu blême au cours du voyage vers le bureau du professeur, reprit quelques couleurs.

«C'était quoi ce délire? Murmura-t-elle finalement.

-Le professeur Trelawney est une personne…particulière. D'ordinaire, d'ailleurs, elle demeure dans sa tour.» Il s'était efforcé d'avoir une voix à la fois rassurante et détachée. Comme ça n'était pas du tout dans ses habitudes d'être rassurant (il préférait plutôt créer l'effet contraire), sa voix parue surtout détachée.

«Pourquoi elle a dit que j'étais un réceptacle à magie noire? Et que mes mains étaient souillées par le Mal?

-Pour être honnête, je l'ignore. Probablement que le professeur Dumbledore pourra t'éclairer à ce sujet tout à l'heure.»

Ils demeurèrent silencieux pendant plusieurs minutes, chacun tentant de savoir le pourquoi de ces sordides accusations. Mia buvait de temps en temps de petites gorgées de whisky. À un moment donné, le professeur Rogue lui dit de sa voix à la fois douce et menaçante:

«Je croyais vous avoir dit de toujours demeurer vigilante, Miss Bachmann. Je vous ai tendu un verre contenant un liquide qui vous était inconnu, et vous l'avez pris sans rien dire et vous l'avez bu.

-Je suis désolée, professeur. Je ferai attention à l'avenir. Je vous le promet.»

Elle avait promit en le fixant dans les yeux. Elle garda le silence quelques secondes, le regard au loin, puis ajouta:

«C'est parce que je vous fais confiance que j'en ai pris».

Elle le regarda. Il la fixait d'un regard étrange.

«Quoi? Demanda-t-elle innocemment.

-Vous faites confiance à n'importe qui, Miss Bachmann.

-Mais, vous n'êtes pas n'importe qui, professeur Rogue. »

Et elle vida son verre d'un trait.


O_o

Vous pouvez pas dire que ça ne mérite pas une review ça! Allez, qu'en dites-vous?