Bon, après quelques problèmes d'envoi de fichier entre ma bêta-correctrice et moi, voilà le chapitre, avec une journée d'avance. Je pense avoir trouvé le bon rythme même si je galère à continuer mon chapitre avec ma tendinite au poignet mais le prochain chapitre devra être à l'heure.
Encore un défi réalisé que je vais vous mettre en fin de chapitre pour ne pas vous gâcher le suspense.
Bonne lecture.
Chapitre 10 : Le choc du rapprochement
Il se penche vers moi et rapproche son visage du mien. Cependant, au dernier moment, alors que j'ai déjà clos mes yeux dans l'attente du baiser, ses lèvres se dirigent vers mon oreille et il me murmure :
- Je ne pensais pas que des gens s'envoyant en l'air à côté de toi te faisaient autant d'effet, Harry.
Ces quelques mots susurrés d'une voix sensuelle me font écarquiller les yeux. Putain, je suis ridicule, je viens de me ridiculiser face à Drago. Ma main est encore sur ma verge, tendue par les bruits excitants qui parviennent encore à mes oreilles. Mon autre main est, quant à elle, toujours posée sur mon téton. Mes mains s'arrêtent et je reste figé tandis qu'il se recule. Mon sexe se rétracte et je m'empresse de le ranger. Je sens le rouge me monter aux joues comme une pucelle. Je suis pathétique.
- Eh Harry, arrête de te la jouer vierge effarouchée, je m'en fous que tu te branles mais n'oublie pas qu'ici, il n'y a pas de sort d'insonorisation et donc que l'on entend, aussi, tes gémissements.
J'avais réussi à ne plus rougir, je repique un fard direct. Je n'arrive même plus à relever la tête pour le regarder, mon regard le fuit. Mais c'est sans compter que monsieur n'est pas d'accord. Il me saisit le menton d'autorité et me force à plonger mes yeux verts dans son océan bleu-gris.
- Tu sais que tu es magnifique quand tu te laisses aller. D'ailleurs tu me laisses dans une position assez inconfortable, me dit-il en orientant mon regard vers son entrejambes. Tu es trop sexy pour ne pas vivre de passion enflammée. Allez, viens, j'ai VRAIMENT besoin de prendre l'air.
Je me rhabille, règle mes achats et je sors à ses côtés. Il pousse un soupir de soulagement en arrivant au grand air.
- Ne me refais plus jamais quelque chose comme ça en public, tu veux ma mort ?
Je reste muet.
- Je rêve ou tu n'en as même pas conscience.
Il soupire de nouveau mais cette fois-ci de dépit.
- Harry, tu te souviens de ce qu'il s'est passé la première fois que tu es arrivé dans la boîte gay ?
- Oui, tout le monde s'est retourné. C'est normal, il me connaisse, je suis le « Survivant ».
Drago me regarde d'un air totalement ahuri.
- Tu crois vraiment que tout le monde s'est arrêté pour regarder le « Survivant » ? Tu es bien naïf. Non, tout le monde s'est arrêté pour te regarder toi parce que les mecs te trouvent sexy. Putain Potter, même moi je te trouve sexy.
- Toi ? Tu ME trouves sexy.
- J'ai des yeux, Harry, et je sais regarder et déceler le potentiel chez les hommes. C'est pour ça que je voulais te faire faire du shopping, pour mettre en avant ton potentiel et te rendre irrésistible aux yeux de tous.
- J'en connais un à qui ça ne plairait absolument pas.
- J'apprécie juste les belles choses, ça ne veut pas dire que je vais te mettre dans mon lit.
- Euh, Drago, c'est déjà fait ça, le taquinai-je.
Nous partons dans un fou-rire incontrôlable qui perdure jusqu'à notre arrivée devant le glacier.
En rentrant, Drago découvre un hibou qu'il semble connaître.
- Eh merde, Théo veut passer, soupire-t-il après avoir lu la missive.
- Et ?
- Théo est devenu plus... expansif depuis sa sortie de Poudlard. En gros, il est devenu très... enfin son humour est devenu très... spécial.
- T'inquiète, je te rappelle que j'ai longtemps fréquenté les jumeaux Weasley, le « spécial » je connais.
- Je peux donc l'inviter à passer ce soir ?
- Tu es chez toi, Drago. Si tu veux inviter un ami ou que je te laisse un moment, il n'y a aucun souci.
- Ça pourrait être intéressant que tu le rencontres. Après tout, c'est l'un de mes amis proches et si l'on continue de se voir en dehors du boulot, autant que tu y sois préparé.
- Tu me fais peur, là.
- Tu DOIS avoir peur, me réplique-t-il en me fixant d'un drôle d'air.
- Arrête ! Je dois m'attendre à quoi alors.
- Ah non, je ne te dirais rien. Je préfèrerais te garder la surprise. Tu devrais mettre l'une de tes nouvelles tenues.
- Pour me faire reluquer par vous deux, non merci.
- Pour t'habituer à porter tes nouveaux vêtements te mettant très en valeur.
- Pervers !
- Je suis juste un amoureux des belles choses.
- Je suis une belle chose ? Rien d'autre qu'une chose ?
- Ben oui, tu es une belle plante, Potter, autant t'y habituer, les hommes vont te traiter comme une chose, ils vont en vouloir à ton petit cul musclé.
- Hum, arrête, tu m'excites, riai-je.
- Moi, je trouve ça excitant.
- Bon, Drago, on va se calmer, réponds à Théo, invite-le ce soir, je vais aller me changer pour « m'habituer ».
- J'arrive pour t'aider.
- Tu crois que j'ai besoin de ton aide pour m'habiller ? Je pense savoir le faire depuis tout petit.
- Potter, tu ne sais pas associer les couleurs. Et puis autant que je me rince l'œil, vu que je suis privé de mon flirt pour la semaine.
- Drago, grognai-je sur un ton d'avertissement.
- J'ai rien dit mais je te suis, mets-toi à l'aise...
- Je serai dans ma chambre dans ce cas.
Après une séance d'essayage qui aurait paru plus que douteuse pour des yeux extérieurs, heureusement que Kameron n'est pas arrivé, nous nous sommes installés dans le petit salon devant un thé bien chaud pour attendre l'ami de Drago, le fameux Théo.
Vers 19 heures, un elfe de maison ouvre la porte tandis que nous discutons de nos souvenirs de collège, légèrement vautrés l'un contre l'autre dans le canapé, pris d'un nouveau fou-rire incontrôlable, au souvenir du professeur Maugrey transformant Drago en fouine.
- Maître, votre invité est arrivé.
- Je te remercie, Pixy. Tu peux le faire entrer.
Nous tentons de reprendre contenance mais j'abandonne bien vite.
- Salut Drago, annonce d'entrée Théo.
Il s'arrête quelques instants, hausse les épaules et ajoute.
- Salut Harry.
Nous le saluons à notre tour et il vient s'asseoir sur le fauteuil en face de nous. Il nous dévisage sans gêne et semble se concentrer sur nos torses. Je regarde celui de Drago et je me mets à rougir. Drago est totalement débraillé, sa chemise est ouverte de quelques boutons, clairement froissée et elle ressort légèrement de son pantalon. Me contemplant à mon tour, je constate que mon apparence n'est guère mieux. Mon tee-shirt est mal mis et découvre un bout de mon torse et mon pantalon, légèrement descendu, découvre une partie de mon boxer.
- Euh, Drago, chuchotai-je pour attirer son attention.
- Quoi ?
- On dirait que tu viens de t'envoyer en l'air, Dray, voilà le problème. Visiblement je suis arrivé un peu trop tôt, annonce Théo, un sourire aux lèvres.
- Qu'est-ce que... commence ledit blond avant d'observer ma tenue.
- Nous ne nous sommes pas envoyé en l'air, m'offusquai-je. Pourquoi tout le monde croit que l'on ne cherche que ça ?
- Peut-être parce que vous êtes deux jeunes hommes sexys et dans la pleine force de l'âge et qu'accessoirement, vous êtes tous les deux du même bord.
- Comment sais-tu cela ?
- Harry, mon très cher Harry, j'ai des oreilles et je fréquente les bons milieux, me susurre mielleusement le jeune homme.
- Théo et son arrogance légendaire...
- Digne d'un serpentard, n'est-ce pas, Drago ?
- Totalement d'accord, répondai-je, coupant l'herbe sous le pied du blond qui me remercie d'un regard noir.
- Passons à autre chose, veux-tu ? Comment vas-tu ?
- Très bien, merci. Aussi bien que toi, semble-t-il. Où sont ta femme et ton fils ?
- Partis se reposer, comme d'habitude.
- Et tu t'offres un extra avec Potter pendant ce temps ? l'interroge Théo.
- Quel extra ? Vous vous êtes tous passés le mot, ma parole ! C'est un jeu entre vous tous, c'est à celui qui nous fera craquer ? Je vais encore une fois me répéter, désolé Harry, nous ne sommes pas ensemble, je suis toujours avec Kameron et Harry... eh bien Harry est toujours marié.
- Bien, bien, ne t'excite pas autant Dray. Et donc Harry, comment va ta femme ?
Un grand silence vient accueillir la question.
- Ok, ok, sujet sensible. Bon alors parlons de moi. Je suis sorti hier soir et j'ai croisé un mec trop bandant, je l'ai donc ramené chez moi et je lui ai fait une de ces fêtes, le pauvre ne pourra plus s'asseoir avant quelques jours. Et le pire, me direz-vous ? Il en demandait encore...
- Théo, s'il te plaît, tes histoires de cul, on en a rien à ...
- Ohla, Dray, depuis quand parles-tu comme ça ?
- Depuis que je connais Potter, j'évitais juste de t'en faire profiter.
- Et donc, là, en sa présence, j'y ai droit.
- Ben oui, que veux-tu ? Je ne peux pas m'en empêcher.
- Hum, intéressant.
- Et toi, Théo, que deviens-tu ? demandai-je, pour changer de sujet.
- Quoi ? Tu n'as même pas entendu parler de moi, je suis vexé ! Je suis devenu auteur, un auteur à succès d'ailleurs. Mes livres sont dans le top 10 des ventes à chaque sortie.
- Désolé, je l'ignorais, je n'ai pas vraiment le temps de fréquenter les librairies. Tu écris quel genre de livres ?
- De la littérature érotique, principalement.
Je manque m'étouffer et Drago finit par me taper dans le dos.
- Quelle pudeur ! me réplique-t-il. Sache que cela fonctionne très bien comme littérature, les femmes en sont très friandes, je suis un dieu pour elles.
- Un dieu, rien que ça ? ironise Drago.
- Elles attendent chaque nouveau roman avec ferveur, il faut voir le courrier que je reçois. J'ai même eu droit à une petite culotte portée durant la lecture de mon dernier livre, elle était trempée et ça m'a do...
- La ferme, Théo, hurle le blond. On ne vient rien savoir de tout ça.
- Harry m'a posé une question, j'y réponds.
- Je doute qu'il t'ait posé cette question pour connaître tous les détails pervers de ta vie tout comme il n'en a rien à faire de tes lectrices nymphomanes.
- Dans ce cas, il ne veut pas savoir que sa femme est l'une de mes lectrices fidèles.
- QUOI ? m'exclamai-je avec force. Je pense que j'ai besoin d'un verre. Drago, tu peux...
Théo nous fixa avec une lueur indéfinissable dans le regard, tellement intense que mon corps est saisi d'un frisson.
- Tu as froid, me demande aussitôt le blond en passant sa main sur mon bras.
- Comme c'est mignon, ne peut s'empêcher de commenter notre invité.
Cette soirée a été la plus étrange de ma vie. Comme si j'avais atterri dans la quatrième dimension, ne comprenant rien à ce qu'il se passait autour de moi. Après deux verres, nous sommes allés manger. Théo s'est brutalement tu et a commencé à prendre des notes, beaucoup de notes, à la manière d'un reporter. Quand j'ai voulu en savoir plus, il m'a dit que ce n'était rien, qu'il avait des idées pour un prochain roman et que s'il ne les notait pas, il allait les oublier. Il voulait que l'on fasse comme s'il n'était pas là. Et c'est finalement ce qui est arrivé.
Il nous suivait, je le sentais près de nous mais, après le repas, quand nous avons repris nos places dans le canapé, l'un à côté de l'autre, je l'ai totalement oublié. De ce fait, nous avons repris notre précédente activité, celle que nous avions avant son arrivée. Nos corps se sont rapprochés et nous éclatons de rire toutes les cinq minutes. L'alcool emplissait nos verres à un rythme qui promettait une bonne gueule de bois le lendemain. Et c'est dans cet état que je m'éveillai le jour suivant, en n'ayant aucune idée de comment s'était terminée la soirée. Le black-out total. Heureusement pour moi ou malheureusement, je ne sais pas encore, je sens la présence de Drago à mes côtés. Enfin, j'espère que c'est lui plutôt que Théo, à choisir, ça ne fait pas photo.
Je tente de bouger un peu mais l'afflux de lumière et le mouvement me donnent envie de vomir. Il manquait plus que ça, j'ai clairement dû abuser de la boisson hier soir. Le corps à mes côtés se resserre contre moi en me sentant bouger. Hum, c'est apaisant et revigorant. Si je n'avais pas cette envie d'aller aux toilettes, ce serait parfait. Un léger grognement me force à rouvrir les yeux. La vue de cheveux blonds me réconforte.
- Va vraiment falloir qu'on arrête de boire autant, grogne l'homme à mes côtés.
- Bien d'accord, répondai-je.
- Pixy ! appelle-t-il.
L'elfe apparaît quelques secondes plus tard.
- Deux potions anti-gueule de bois, s'il te plaît.
- Comment suis-je arrivé ici ?
- Je doute que la réponse te plaise.
- Ne me dis pas que...
- Et si, c'est Théo qui nous a traînés jusqu'ici. On risque d'en entendre parler longtemps.
- Ne me dis pas que c'est lui qui nous a...
Je me redresse d'un bond, bousculant sans ménagement le pauvre Drago.
- Drago, grognai-je, POURQUOI SUIS-JE NU ?
- Quoi ?
Il se relève aussi et constate le même fait. Devant ce corps dénudé, je détourne chastement les yeux en rougissant.
- Harry, tu es un mec toi aussi, pourquoi rougis-tu ? Je sais que je suis mieux foutu que beaucoup de mecs mais quand même. Tu as fait du Quidditch...
- Désolé, m'excusai-je.
- Comment comptes-tu coucher avec Liam, si tu ne peux même pas regarder son corps ?
- J'y ai pas encore vraiment réfléchi.
- Eh bien, commence à y penser, je vais l'inviter à venir manger avec toi ce soir.
- QUOI ?
- Harry, on est mardi. Si tu veux avoir le temps de découvrir si tu veux devenir gay ou pas, il faut t'y risquer. Non, mieux, je vais organiser un dîner à quatre. Kameron comprendra peut-être qu'il ne se passera rien entre nous deux s'il te voit en train d'en séduire un autre. Oh et puis, il faut que je finisse de t'apprendre à faire la potion, tu pourrais en avoir besoin…
Mes joues se teintent de rouge avant même que je ne puisse me contrôler.
- Harry, Liam a l'air d'être un jeune homme qui pourrait être une bonne première expérience pour toi. Certes, je n'aurais pas commencé par te tailler une pipe en plein milieu d'une boîte mais bon, chacun est différent et cela prouve au moins une chose, il déborde de désir pour toi.
- Ou alors, il rêve juste d'être le premier mec à s'envoyer le Sauveur.
- Et alors, il en faudra bien un. Si tu ne te sens pas prêt à passer le cap avec lui, tu le raccompagnes à la porte. Si tu as envie de passer la nuit avec lui, tu le ramènes dans ta chambre, c'est pas plus compliqué.
- Tu me laisserais me taper un mec chez toi, sous ton toit alors que je suis ton invité ? m'étonnai-je.
- C'est pour la bonne cause, Potter… Et puis comme ça, je culpabiliserai pas si Kameron veut jouer.
- Profiteur !
- Indécis !
Un coup sur la porte nous interrompt et une voix retentit.
- Loin de moi l'idée de vous déranger dans vos échanges pré-coïtaux mais je voulais juste vous signaler que j'allais prendre mon petit-déjeuner et que j'apprécierais d'avoir de la compagnie.
Nous restons tous deux silencieux quelques instants avant que Drago ne prenne la parole.
- On arrive.
- Prenez votre temps, je peux attendre.
- Théo, dégage, grogne le blond.
- A tout de suite, renchérit-il.
- Putain, ce mec commence à me…
- Qu'est-ce qu'il fait encore là ? Pourquoi n'est-il pas rentré chez lui ?
- Aucune idée, il a dû dormir ici.
- Fais chier, pourquoi il ne nous laisse pas tranquille. Il m'a déjà pris la tête toute la soirée hier soir à prendre sans arrêt des notes.
- Euh… je ne veux pas t'affoler mais quand Théo prend des notes comme ça, c'est qu'il a une idée en tête et… je crois qu'elle nous concerne.
- Nous ?
- Oui, toi et moi. Je pense que son esprit pervers a dû lui faire croire qu'il se passait quelque chose entre nous.
- Et donc on ferait partie de son prochain livre ?
- Quelle naïveté, Potter ! C'en est navrant quand même. On va être les personnages principaux de sa prochaine histoire.
- Je vais le tuer.
- Harry ! Non, ce n'est pas une bonne idée. Mais on pourrait amener de l'eau à son moulin pour le retourner contre lui. Ça ou on demande une compensation financière pour abus de confiance.
- Ça tiendrait ?
- J'en sais rien mais cela pourrait être très amusant.
Je n'ai finalement pas tué Nott. Ce n'est pourtant pas l'envie qui m'en manquait mais Drago et moi avons opté pour une vengeance à retardement. Du coup, mon complice et moi avons décidé de jouer son jeu et d'accentuer encore plus la machination. Ainsi nous sommes arrivés une demi-heure en retard, les cheveux et la tenue en désordre. Drago a ensuite étalé de la confiture sur mes tartines avant de me nourrir de sa main. Théo nous a fixés comme un demeuré pendant près d'une minute, bavant presque, avant de se reprendre et de repasser en mode invisible. Il grattait et grattait des mots, des phrases sur son petit carnet, inlassablement.
Quand il prit enfin congé, c'était déjà le début d'après-midi. Drago en a profité pour envoyer ses lettres, une pour Liam, la seconde pour Kameron. Les deux ont répondu assez vite, positivement.
Tout mon corps tremble, je n'arrive pas à me calmer. Drago m'a donné des conseils quant à ma tenue et a fini lui aussi de se préparer. Il donne des instructions à Pixy pour le dîner dans la cuisine. Quand il m'aperçoit, je lis dans son regard une certaine pitié.
- Potter, arrête de stresser.
- J'y arrive pas.
- Harry, regarde-moi, me susurre-t-il en me prenant par le menton.
Nos regards plongent l'un dans l'autre et une vague d'apaisement m'envahit.
- Harry, arrête de te mettre la pression. Pense juste à la bonne soirée que tu vas passer.
- Mais…
- Pas de mais, Harry. Je vais te servir un verre, assieds-toi et détends-toi.
Dix minutes et deux verres de Whisky Pur Feu plus tard et voyant que mes tremblements ne se sont pas calmés, Drago me demande de m'asseoir plus sur le côté, se place derrière moi et soulève mon tee-shirt, me laissant torse nu. Ma peur s'intensifie… et s'apaise dès que ses mains froides touchent ma peau brûlante. Ses mains puissantes se baladent sur le haut de mon dos, entre mes omoplates, pour y assener un massage dur mais relaxant. Je commence enfin à relâcher la pression. Ces attouchements durent quelques minutes et il les conclut par de légères caresses aériennes me donnant de multiples décharges de tendresse, achevant ma relaxation.
- Reste assis encore quelques minutes, le temps de reprendre tes esprits, me dit d'une voix sensuelle le maître de maison. Je vais voir si tout est prêt.
Je me contente d'hocher la tête et le regarde partir, le regard trouble.
Il me faut attendre plus d'un quart d'heure avant de revoir Drago. Sa tenue a changé, je lui en fais la remarque.
- Oui, je… je… j'ai préféré celle-ci. Moins sexy mais plus confortable pour rester un certain temps assis.
- Pourquoi ne pas m'avoir prévu de tenue similaire ?
- Parce que toi, tu dois séduire. Moi j'ai déjà Kameron dans mon lit, je n'ai plus autant d'efforts à faire. J'ai juste à assurer au lit.
- Donc il n'y a d'enjeu que pour moi ?
- Tu as tout compris. Dois-je te servir un nouveau verre ?
- Il me semble que je devrais peut-être rester sobre. Ce serait bête que je ne me souvienne pas de ma première fois.
- Crois-moi, ce ne sera pas ton meilleur coup mais cela s'améliorera par la suite.
- Si je te suis bien, il faut juste que je franchisse cette étape comme si ce n'était qu'un mauvais cap à passer.
- Exactement.
- Alors allons-y.
Nos invités ont sonné en même temps. Ils s'étaient retrouvés tous les deux sur l'aire de transplanage et avaient fait le chemin ensemble.
Drago nous a placé par couple, du même côté. Je lui fais face. Nos échanges à quatre sont cordiaux, pas spécialement développés. A dire vrai, je m'ennuie un peu. Ça ne vaut pas les discussions passionnées que j'échange avec le blond. Au plat de résistance, Liam prend enfin son courage à deux mains et saisit ma main posée sur ma jambe. Il ne la quitte que quelques secondes quand nous devons couper notre nourriture mais la replace aussitôt. Je ne sais pas si ce simple geste fait de nous un couple plutôt qu'un flirt. Je ne sais pas trop quoi en penser, je ne sais pas vraiment comment cela marche entre hommes.
Au dessert, tout s'accélère. L'alcool n'est pas étranger à l'affaire, il a coulé à flots en devenant de plus en plus forts. Drago et Kameron ne se contiennent plus et s'embrassent dès que l'envie s'en fait sentir. Je pense qu'ils cherchent à fusionner. Liam, devant ce spectacle, de presque-débauche si l'on regarde où se trouve la main de Kameron, tente sa chance. Il est moins dévergondé ici qu'en pleine lumière. Il me saisit par la nuque et approche ses lèvres des miennes. J'avoue que la lumière m'a refroidi. Je le trouve toujours aussi mignon et attirant mais, en pleine lumière, je me prends à douter. Est-ce que j'aime Liam ? Est-ce que je pourrais l'aimer un jour ? Est-ce que j'aime toujours ma femme ? Mais mes doutes s'évanouissent quand ses lèvres se posent sur les miennes.
J'oublie tout… la pièce dans laquelle je me trouve, les personnes en face de moi, le fait que je me trouve dans une salle à manger de plusieurs siècles. J'aurais pu me trouver devant la reine d'Angleterre que je ne ferais pas la différence. Seules ses lèvres comptent… et ses mains… et son corps… et sa chaleur. Après quelques baisers enflammés ayant embrasé ma virilité, je quitte ses lèvres si accueillantes, le saisis par la main, marmonne quelques mots inintelligibles qui, de toute façon, ne sont pas écoutés et m'éclipse avec Liam.
Nous entrons tant bien que mal dans ma chambre attitrée et y découvre des bougies. Merci Drago, pensai-je. Je sors ma baguette, prononce un sort d'insonorisation et un sort pour allumer les bougies. L'ambiance est calme et romantique. Liam semble apprécier. Il me tire à sa suite jusqu'à ce que nous atteignions le lit. Il se laisse tomber dessus, m'entraînant dans sa chute. Les baisers se font de plus en plus passionnés tandis que nous nous déshabillons l'un l'autre. Nos tee-shirts finissent rapidement à terre, ainsi que nos chaussures et nos chaussettes. Je suis un peu plus fébrile quand je lui ôte son pantalon.
La remarque de Drago de ce matin me revient en tête. Non, je n'ai pas peur de voir le corps excité d'un homme, j'en suis capable, j'en suis capable. Je me le répète sans cesse comme une litanie tandis que je lui enlève son pantalon. Le seul rempart qui me protège encore est son boxer, déformé par sa… virilité tendue. Ne pas avoir peur, ne pas avoir peur. Lui ne semble pas en faire cas puisqu'il m'ôte le mien directement et commence à loucher sur ma verge gorgée. Mes mains se placent sur ses hanches. Je me décide à l'embrasser pour ne pas avoir à affronter si tôt son engin.
Mes mains descendent vers le haut de son sous-vêtement pour le lui enlever. Je m'écarte légèrement de lui le temps de prendre une profonde inspiration et je me rue, d'un côté sur ses lèvres, de l'autre sur son boxer. Cependant, je n'avais pas pensé à une chose. Pour lui retirer ledit vêtement, il fallait que je me penche… toujours plus bas jusqu'à me retrouver face à face avec son sexe, pointant vers ma personne, suintant de désir. Mes yeux clos n'anticipent pas le choc. Ma joue se prend de plein fouet l'obstacle, me faisant pousser un petit cri aigü.
Le nouveau défi d'EliH (elle a changé 3 fois d'avis) : faire de Théo un auteur de livres gay et il devra s'inspirer d'Harry et Drago pour son prochain roman en prenant des notes tout le temps.
