Chapitre 10 : Faire face à la vérité !

- Qu'est-ce que tu veux ?

- La vérité, répondis-je simplement.

Après de longues minutes de silence, il reprit la parole.

- Je savais que tu étais en vie. Le gargot avait coulé, de nombreux corps non identifiés avaient été repêchés mais j'étais sûr que tu n'en faisais pas partie. La vérité c'est que ton père a refusé d'envoyer une équipe à ta recherche. Il disait qu'un agent du MOSSAD ne capitulait jamais, qu'il s'en sortait toujours…

J'écoutais Tony avec attention. Il répétait exactement ce que j'avais dit à tous les agents que j'avais entrainés durant plusieurs semaines. Je n'avais jamais cru à ses conneries. On ne s'en sort pas toujours ! La preuve…

- Lorsqu'on lui a dit que le bateau sur lequel tu avais embarqué avait coulé, il nous a simplement répondu que dans ce cas là, tu l'avais déçu. Et puis un de tes coéquipiers est revenu en Israël et a dit à ton père que tu souhaitais continuer cette mission seule. Là, il nous a dit que finalement tu n'étais pas si lâche que ça.

J'avalai ma salive avec difficulté. L'envie d'étrangler mon père se faisait de plus en plus pressante. La naïveté d'avoir cru en lui finirait par me perdre…

- Les jours, puis les semaines se sont écoulées. Ton père a définitivement décrété ta perte, pas moi… Je voulais être sur que tu mourrais dignement et en sachant la vérité. Tu serais morte digne parce que tu n'as pas capitulé mais…

- Je n'aurais pas su la vérité, dis-je dans un chuchotis. J'ai vraiment envie de te croire mais ce serait avouer que je me suis faite avoir. Que j'ai cru en lui alors qu'il se fichait de moi, qu'il se servait de moi. Ce serait avouer mes faiblesses, mes craintes… Ce serait avouer qu'en fin de compte, tu avais raison !

- Ce serait si dur à avouer ?

- Oui, répondis-je simplement. Dans mon monde, j'ai toujours été de celles qui se battaient, qui ne se laissaient pas faire. Je n'ai jamais connu l'échec, je n'ai jamais eu besoin de qui que ce soit pour vivre et là, te dire que je te crois ce serait avouer que j'ai besoin de toi.

J'avais besoin de lui, j'avais besoin de sa présence à mes cotés pour reprendre gout à la vie. Le gouffre au fond de moi-même ne me laisserait certainement pas vivre encore longtemps s'il ne se refermait pas rapidement.

- J'ai voulu te tuer et toi…

- J'ai fais ce que je pensais juste et je ne le regrette pas. Mais ça ne change rien au fait que ce ne sera plus jamais comme avant entre nous.

- J'en suis consciente.

- Qu'est-ce que tu attends de moi, Ziva ?

- Si seulement je le savais, répondis-je lasse.

Je restais assise sur le fauteuil, le regard dans le vide. J'attendais un mot de sa part, un geste… Quelque chose qui ferait que la situation se débloquerait mais apparemment, Tony n'était pas prêt pour ça. L'issue de cette mission m'avait fait comprendre que j'avais tout perdu.

Après plusieurs minutes sans un souffle je décidai de prendre congé. Cette conversation m'avait ouvert les yeux. Désormais j'étais seule uniquement parce que j'avais fait en sorte de l'être. Je l'avais tué et j'avais perdu le seul qui était capable de me faire sourire de nouveau.

Je le méritais…

Et voila, après la grande révélation de sa fausse couche c'est partit pour la fameuse scène « confidences sur canapé », cependant beaucoup de questions restent à élucider ! Prochain chapitre très bientôt. A vous les reviews !