J'avais dit vendredi. Et on est samedi. Alors, désolée...
Mais, je suis rentrée hier et Colloc' m'a dit "J'ai changé d'opérateur Internet. Donc, on a plus Opérateur-Nul mais on est passé à Opérateur-Normalement-Mieux. Donc, on a ni téléphone, ni internet, ni télé ce soir... Ça revient dans la matinée de demain !".
Résumé des épisodes précédents : Cooper est allé chez les Hummel et a secoué les puces de Kurt. Charlie a été prendre un verre dans un bar avec ses amis et Blaine se produisait sur scène.
En arrivant chez ses parents, Cooper s'en voulait. Il avait voulu parler calmement à Kurt et il avait lamentablement échoué. Et lorsqu'il avait raconté ce qu'il avait fait à ses parents, Kate l'avait obligé à téléphoner et à s'excuser. Auprès de Burt. Et de Kurt.
Cooper avait composé le numéro du domicile des Hummel, un peu réticent. Il avait mis presque deux heures à se décider. Mais finalement, la première tonalité retentit dans le combiné.
- Allô ?, dit une voix que Cooper ne reconnut pas.
- Bonjour, c'est Cooper. Cooper Anderson, le frère de Blaine.
- Oui, je me souviens de toi. C'est Finn. Tu vas bien ?
- Oui, très bien et toi ?
- Bien, bien.
Cooper entendit des cris de l'autre côté de la ligne.
- Cooper, je peux te faire patienter deux secondes.
Cooper entendit le combiné se poser et Finn parler. Il l'entendit parler de biscuits et de dinos et de Maman et Mamie. Sans vraiment comprendre le lien entre tous les mots.
- Cooper, tu es toujours là ?
- Oui, dit-il en souriant. Est-ce que ton père est là ?
- Mon père ? Burt, tu veux dire ?
- Ouep.
- Non. Il est parti et m'a demandé de passer à la maison pour surveiller Kurt et Grant.
- Okay… Est-ce que tu peux lui laisser un message ?
- Bien sûr.
- Dis-lui que je suis désolé d'avoir crié et que je lui demande de m'excuser. Et dis la même chose à Kurt. Que je suis désolé.
- Tu veux lui parler à Kurt ?
- Je…
- Attends deux secondes, Coop', ça crie dans la cuisine.
Après quatre minutes d'attente, Cooper pensa qu'on l'avait oublié et raccrocha.
Carole avait négocié de travailler tous les matins, à ses horaires favoris. De cinq heures à midi. Comme ça, Burt pouvait faire ce qu'il voulait de ses après-midi. Ce qui signifiait qu'il allait donner un coup de main au garage, même s'il l'avait revendu trois ans plus tôt pour prendre sa retraite. En arrivant à la maison, elle surprit ses trois petits-enfants et Finn en plein éclats de rire. Lorsqu'ils la virent, Finn l'embrassa chaleureusement et ce fut la bagarre pour savoir qui aurait le droit le premier à son câlin de Mamie Carole.
Après les échanges de câlins, Carole sortit du congélateur le repas qu'elle avait cuisiné la veille et le mit à réchauffer tandis que Finn aidé d'Alice, sa fille, mettait le couvert. Le four sonna moins d'une minute après que Burt ait ouvert la porte.
- Au fait, Burt, commença Finn alors que le plat principal venait d'arriver sur la table, Cooper a téléphoné et il m'a dit de te dire qu'il était désolé. Et il s'excuse auprès de toi aussi, Kurt.
- Bien, dit Burt.
- Pourquoi il s'excuse ?, demanda Carole.
- J'en sais rien, moi, dit Finn en levant ses mains.
- Il est venu à la maison ce matin, commença Burt, et il s'est énervé.
- Cooper est à Lima ?, questionna Carole. On pourrait inviter les Anderson à dîner, ce soir. Comme ça, Grant pourrait les voir.
Les trois hommes de la famille la regardèrent interloqués.
- Je sais que la situation pourrait être un peu… tendue. Mais, Victor et Kate sont aussi nos amis. Et ce sont les grands-parents de ton fils, Kurt. Tu seras bien obligé de les revoir un jour ou l'autre. Autant que ce soit ce soir et ici.
- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, Carole, dit Kurt.
- Mon Chéri, je suis désolée, mais en ce moment tu n'es pas sûr de grand-chose. Et je pense qu'il faut que quelqu'un t'aide à prendre des décisions. Alors, ce soir, nous invitons Kate, Victor et Cooper à dîner. Si tu souhaites ne pas dîner avec nous, c'est ton choix. Je ne t'y obligerai pas. Finn, tu resteras dîner aussi ?
- Ouep, confirma-t-il, la bouche pleine.
- Kurt ?
- Si Cooper me hurle dessus comme ce matin, je monte dans ma chambre et je n'en sors pas de la soirée.
- Très bien.
- Maman, je … je te jure. Je le sens pas. La soirée va finir bizarrement, j'en suis sûre. Je n'aurais jamais dû venir.
- Cooper, tu vas faire ton plus joli sourire et tu vas passer une délicieuse soirée, répondit Kate en appuyant sur la sonnette.
Lorsque Carole avait ouvert la porte, elle avait accueilli chaleureusement la famille Anderson. Immédiatement, les habitudes avaient pris le dessus et tous avaient oublié, ou presque, que leurs fils, leurs liens, avaient rompu.
Kate et Carole avaient rapidement retrouvé leurs habituels verbiages tandis que Victor et Burt jouaient avec Grant, George et Alice dans la cabane que Burt et Finn avaient construite. Et Cooper s'était retrouvé seul avec Kurt.
Ils s'étaient assis chacun d'un côté de la table. Et un silence inconfortable s'était installé. Cooper ne grattait nerveusement la nuque et Kurt regardait par la fenêtre.
- Il… il a grandi, Grant, dit timidement Cooper.
- Oui. J'ai l'impression qu'il prend un centimètre par jour, parfois.
- S'il continue, dans trois ans il est plus grand que Blaine.
Kurt pouffa.
- Désolé, coupa Cooper. Désolé, j'ai oublié. Ça me parait tellement, mais tellement étrange… Tu sais, Kurt, je suis désolé de… de m'être emporté ce matin. J'avais pourtant décidé de venir te parler calmement et de manière tout à fait raisonnable. Mais… mais je n'ai pas réussi.
- C'est bon Cooper, ne t'inquiète pas.
- Laisse-moi terminer, Kurt, dit Cooper avec une voix douce. Ce que je t'ai dit ce matin, je le pense. Je pense que tu as fait trop de mal à mon frère et par ricochets à mes parents. Et je t'en veux pour ça. Mais, en même temps, Blaine ne peut pas imaginer vivre sans toi, et je crois que je serais prêt à tout pour que tu le reprennes dans un geste démesurément romantique et cliché. Un geste hyper « Kurt et Blaine » du début. Un truc bien cliché comme le demander en mariage en chanson et que vous finissiez tous les deux en larmes, dans les bras l'un de l'autre. Parce que Blaine souffre. J'ai pas vraiment l'impression que tu sois hyper en forme, non plus. Voilà, c'est ce que je voulais te dire ce matin.
- Merci Cooper, dit Kurt avec un faible sourire.
- De rien. On est toujours copains ?
- Toujours. Et, Coop', tu penses que Blaine aimerait vraiment un truc bien cliché si un jour, on parlait mariage ?
- Kurt, vous… vous n'avez jamais parlé mariage ?, demanda Cooper interloqué. Pas que ce soit mes affaires, mais Blaine me parlait tellement souvent de t'épouser ou de « quand on se mariera Kurt et moi », que j'ai cru que c'était sur les rails.
Kurt aurait aimé continuer cette conversation avec Cooper, mais Rachel arriva en trombe dans la salle à manger et commença à raconter sa journée à Kurt. Cooper profita d'un moment où Rachel s'emportait pour s'évader et rejoignit son père et Burt. A peine avait-il mis un pied dans le jardin que Grant se logea dans ses bras et commença à lui raconter tout ce qu'il avait loupé depuis la dernière fois qu'oncle et neveu s'étaient vus en vrai.
Après le fameux gâteau au chocolat de Kate Anderson, Grant s'était endormi dans les bras de Cooper. Alice était allongée sur la balancelle et dormait probablement, tandis que George jouait avec des voitures.
Alors qu'ils discutaient de projet de travaux chez Kate et Victor, les téléphones portables de Cooper, Finn, Rachel et Kurt, posés sur la table, sonnèrent en même temps. Carole regarda les écrans allumés et dit :
- Un email de Charlie Anderson. Pour tous les quatre.
- De Charlie ?, répéta Burt tandis que Cooper avait dit pris son téléphone et lisait le message.
- C'est un email qu'elle a envoyé à Kurt, commença Cooper. Mais, elle nous a mis en copie. Et par nous, je veux dire, Blaine Anderson, Kate Anderson, Victor Anderson, Cooper Anderson, Burt Hummel, Finn Hudson, Rachel Hudson-Berry, Octave Langevin, Nicolas Langevin, lut-il.
- Papa, est-ce que tu peux utiliser ton ordinateur ?, demanda Kurt.
Charlie avait mis une vidéo en pièce jointe et il souhaitait la voir en grand. En plus grand que sur son téléphone.
- Bien sûr, dit Burt. Tu connais le mot de passe.
Kurt entra dans la maison. Personne n'osait parler à l'extérieur.
Arrivé devant l'ordinateur de son père, Kurt tapa rapidement le mot de passe, se connecta à sa boîte email et cliqua sur l'email de Charlie. Et il lança la vidéo.
La scène se passait dans un bar. Kurt entendait une voix féminine expliquer quelque chose tout en filmant un garçon, qui devait avoir l'âge de Charlie. Puis, quelqu'un dit quelque chose que Kurt comprit comme « le père de Charlie » et la caméra se tourna vers une petite scène sur laquelle Blaine était debout, une guitare en bandoulière.
Ils écoutaient tous attentivement les paroles. Et le dernier refrain résonna.
Tell them all I know now
Shout it from the roof tops
Write it on the sky line
All we had is gone now
Tell them I was happy
And my heart is broken
All my scars are open
Tell them what I hoped would be
Impossible, impossible
Impossible, impossible
Lorsque la vidéo s'arrêta, Kurt referma délicatement l'ordinateur. Il ne pouvait pas retourner dans le jardin. Parce que Charlie avait envoyé ce message à tout le monde. Tout le monde savait ce qu'il avait fait.
Lorsque Kurt était entré dans la maison, Cooper avait regardé ses parents. Il les suppliait du regard.
- Lis-le cet email. Si Charlie te l'a envoyé, c'est pour que tu le lises, dit Victor.
Cooper se précipita sur son téléphone, rapidement suivi par Rachel et Finn. Ils lurent chacun le message. Puis, ils passèrent leurs téléphones à Burt, Carole, et Kate et Victor.
Cher Kurt,
Tu trouveras en pièce jointe quelque chose qui vient de me briser le cœur. C'est Papa. Il a composé une nouvelle chanson. Et cette fois, ce n'est pas une chanson pour l'anniversaire de Grand-Maman ou pour fêter la naissance de Grant. C'est une chanson parce que tu lui as bousillé le cœur. Ça fait trois jours qu'il ne me parle plus. Qu'il ne parle plus à personne en fait. Parce que tu l'as cassé, détruit. Tu te rends compte ?
Tu dis que tu l'as quitté pour qu'il se rapproche de moi, mais en fait, depuis que tu l'as quitté, papa m'a quittée. J'ai l'impression de revoir mon Papa de quand Maman était à l'hôpital. Il manque de couleurs. Je me demande comment tu as pu lui faire ça. Tu sais, j'ai dû effacer. J'avais écrit "comment tu as pu nous faire ça". Je me souviens du tout début de votre histoire. Quand Papa ne voulait pas s'engager parce qu'il avait peur que tu le quittes et que ça me fasse du mal. Que je ne supporte pas. Et il t'a aussi dit que tu ne pourrais plus le quitter sans explications, parce que moi, la Charlie de 8 ans, j'avais toujours besoin d'explications.
Kurt, Papou, j'ai toujours besoin d'explications. Explique-moi pourquoi tu ne nous aimes plus. Explique-moi ce que je peux faire pour que tout aille mieux. Pour que tu aimes à nouveau Papa. Et pour que tu m'aimes à nouveau. J'ai cru que tout était pardonné à l'aéroport et que tu excusais mon comportement débile des derniers mois. Mais, je me suis trompée parce que dans ta lettre tu ne parles pas de moi. Tu ne parles pas de ce que je vais devenir sans toi. Comme si...
Tu sais, Kurt, quand Maman est morte je ne pensais pas que je pourrais repleurer un jour. J'avais l'impression que j'avais pleuré toutes mes larmes. Et pour toute ma vie. Mais là, je pleure. Et j'ai mal aux joues tellement je pleure. Je me sens mal. Parce que ces cinq dernières années je t'ai considéré comme mon père. Enfin, pas comme mon père mais comme je ne sais pas, comme la deuxième personne la plus importe de ma vie. Tu n'es pas mon père. Tu n'es pas ma mère. Mais tu es ... Tu es Kurt, P´pa, Papou. Tu es comme mon père, ma mère, mon ami. Et je pensais que si j'étais vraiment sage, un jour, je pourrais être comme ta fille.
Et voilà que dan ta lettre tu ne parles pas de moi. J'ai eu si mal. J'ai si mal, Kurt. J'ai l'impression que tu ne me prends que parce que tu as pris mon père. Et ça me fait tellement de mal. Parce que je pensais vraiment qu'on avait notre propre truc.
Tu te souviens comment on avait l'habitude de toujours tomber malade en même temps ? Tu sais, si l'un de nous était malade, on savait que l'autre tomberait malade le lendemain. Depuis qu'on se connait, ça a toujours fonctionné. Et c'est carrément étonnant. Et c'est ce que j'aime entre nous, Kurt. C'est que depuis que je t'ai rencontré, c'est évident.
Tu m'as tellement aidé quand je suis arrivée dans ta classe, quand je pensais que je ne me remettrais jamais de la mort de Maman, quand je pensais que Papa avait gâché ma vie en venant à Lima. Et toi, tu lisais ce que j'écrivais dans mon cahier et tu répondais à toutes mes questions de gamine.
Et je ne sais plus quand, ni pourquoi mais j'ai arrêté de te donner mon cahier, ou tu as oublié de le lire et de répondre à mes questions. Et, on a commencé à s'éloigner. Et, j'ai commencé à me dire que tu avais arrêté de m'aimer, parce que tu pouvais aimer Grant mille fois plus, et j'ai commencé à ne plus être la vraie Charlie avec toi. Je suis désolée.
Ce n'est plus le moment de faire des trucs nuls, Kurt. Je suis désolée pour tous les soucis que j'ai causés. Que je t'ai causés, à toi, que j'ai causés dans ta relation avec Papa.
Alors, s'il te plait, je t'en supplie, Kurt, mon Papou, s'il te plait, ne le quitte pas. Ne nous quitte pas.
Je t'aime Kurt,
Charlie.
PS : Désolée d'avoir mis tout le monde en copie, mais, si jamais Kurt ne veut pas ouvrir mon message, au moins quelqu'un pourra lui en parler et lui montrer la vidéo. Merci. Je vous aime tous. Surtout toi mon Papa. Je t'aime à la folie après l'été et l'automne et l'hiver et le printemps et jusqu'à la lune.
- J'ai tellement merdé, dit Kurt en s'asseyant à côté de son père. J'ai tellement, mais tellement, tellement, merdé.
Relecture : Mara
Prochain chapitre : samedi prochain :)
