Bonjour.
Oui j'ai été longue. Pire que d'habitude je sais ! Mais les dernieres semanies et même les derniers mois, n'ont pas forcement été simple tous les jours pour moi, alors excuser mon retard. J'espère que ca ne vous empêchera pas de me lire. Sachez tout de même que ce chapitre fait 19 pages au lieu des 10 habituelles. Hum. Tout va bien x).
Merci à Levanah ma super Bêta qui est trop forte et qui m'apprend à parler parfois U.U
Merci à Cha Darcy pour avoir luu mon chapitre et aussi apprit que y'avait des messageries google qui existaient.
Et je voudrais faire un merci tout spécial à Dairy's Scribenpenne qui m'a toujours soutenu et qui me pousse sans vraiment le savoir. Elle m'inspire et me donne envie de toujours m'améliorer. A son contact j'ai appris beaucoup de choses. Je t'aime Fabiola. J'espère que ce chapitre te plaira parce qu'il est pour toi. (L)
Maintenant place aux réponses des Reviews Anonymes :
VIRGINIE
Salut ! je suis heureuse que mon histoire te plaise =P. Le Blaise/Ginny revient bientôt pas d'inquiètude ! Bonne Lecture !
Riya
Salut. Tout d'abord, je te comprends. Moi aussi j'ai déjà fait la gaffe sauf que moi j'ai été moins courageuse et j'ai fais style c'était la fin de la review... Et oui, parfois je suis une vraie Serpentarde =P. Mais si peu qu'on y voit pas ! xD. 9 chapitres d'un coup, tu en as du courage ! Moi j'ai pas le même x). En tout cas je suis ravie que mon Histoire te plaise. Je crois que ce qu'il m'a le plus touché c'est quand tu dis que "Tu nous apprends le bonheur, tu nous apprends la souffrance à travers tes textes." Lorsque tu dis ca, je me dis que j'ai gagné mon pari, apprendre et faire passer des messages aux gens... J'aime les gens differents. Il faut de tout pour faire un monde et c'est ce que je voulais faire ici. Assemblé des gens differents mais qui pourtant ont pleins de points communs. J'ai jamais vu le film "Eternal Sunshine". Je devrais peut-être le faire, un jour x). Merci pour tout en tout cas et Bonne Lecture !
MwMw
Toujours fidèle au poste mon amie =P. Tu voulais de l'action ? Et bah tu vas en avoir ! Aujourd'hui et bah ils vont s'y mettre ! x). Et oui Dean est mort. Ca me fait de la peine aussi U.U[Je me fais de la peine toute seule, ne cherchons pas... XD]. Mais il le fallait. Tu verras ce que sa mort engendre =P. Bonne Lecture !
Un immense merci encore à toutes les personnes qui prennent le temps de mettre une review et également à tous ceux qui me mettent en Alert où autre. Ca me touche vraiment ! Merci du fond du coeur.
Bonne Lecture.
Le clou du spectacle.
Chanson à écouter : Soap&Skin. Mr. Gaunt Pt 1000
"Qu'est-ce qu'elle t'a fait la vie ? Qu'est-ce qu'on t'a fait ? Aime-la, cette vie qui nous abîme. Ouvre les yeux ! Il suffit d'un peu de soleil sur la mer, d'une brume matinale sur les calanques, d'une sonate de Bach et je recommence à dire merci. Je voudrais t'apprendre ce regard. Aucun de tes discours ne tient face à tant de beauté. Oublie-toi un peu ! Cesse de chercher des clés dans les livres quand elles sont dans la vie." Pourquoi pas le silence.
OoO
Tout le Grande Salle était en deuil. Les drapeaux représentant les couleurs des maisons étaient devenus noir. Les tables avaient disparus et des chaises étaient positionnés les une derrière les autres comme dans un mariage ou à un enterrement.
Harry était assis à la première place dans un costume moldu noir. Il semblait porter toute la misère du monde sur ses épaules. Hermione était à ses côtés, elle lui tenait la main. Elle se forçait à rester droite. C'était difficile mais elle y arrivait. Elle en avait l'habitude. Elle portait une robe noire, très simple. Ginny était courbée, des rides d'expressions apparaissant près de ses yeux. Sûrement à force de pleurer. On entendait des reniflements, on pouvait voir des larmes couler. On pouvait deviner leur désespoir à travers leurs yeux hagards. Luna avait d'ailleurs, un regard rouge, ce qui contrastait énormément avec sa robe d'un blanc immaculé. Elle jurait au milieu de ce noir mais ne semblait pas s'en apercevoir. Quand Théo s'était étonné de sa tenue, elle lui avait expliqué que dans de nombreuses cultures, on s'habillait en blanc pour les enterrements car la mort était vu comme une renaissance qu'on devait fêter. Il lui avait sourit et l'avait embrassée avec tendresse. Dans ce baiser, il voulut lui prendre sa douleur, mais ne put que lui donner un petit sourire timide.
Tout le monde était arrivé. Dans les sièges réservés à la famille, il n'y avait personne. On avait tenu à laisser les sièges vides pour les fantômes de la famille du défunt. Ou alors pour simplement se rappeler tout ce qu'il avait perdu durant sa courte existence.
Severus Rogue s'assit à sa place et leva la main pour demander à tous de se taire. Le silence se fit et Harry Potter s'avança vers l'estrade. Il posa un papier devant lui. Un papier plié en plusieurs morceaux qu'il avait déplié en tremblant. Il leva la tête rapidement et sa voix était rauque :
"Dean Thomas est mort. Il s'est suicidé. Il a laissé une lettre qui nous est adressée à tous."
Harry amena sa main à sa gorge et se racla la gorge. Il fixa le parchemin face à lui.
"Je n'ai jamais été très doué pour parler. Je n'aurais jamais cru faire ça. Je n'ai jamais lu de lettre de suicide, je n'ai donc pas d'exemple. Je suppose qu'elles doivent toutes dire en gros que la vie est merdique, profondément blessante et qu'elle nous écorche jusqu'à ce qu'on pousse notre dernier soupir. Comment pourrais-je leur donner tort ? Ils ont raison. Mais dans un sens, ils ont tort aussi. La vie, ce n'est pas que ça.
J'ai envie de mourir depuis qu'il a arrêté de respirer. Je me suis agenouillé à ses côtés, il m'a regardé avec ses grands yeux noirs et m'a sourit de son sourire d'une blancheur éclatante. Et il est mort comme ça, dans mes bras. Ce salaud. Mon salaud. Mon Seamus. L'homme que j'aime.
J'ai mis très longtemps à me l'avouer. Je suis homosexuel. J'aime Seamus qui est un homme. Mais je m'en suis rendu compte quand il est parti. C'est pourquoi je vous parle aujourd'hui. Je vais le rejoindre. J'en ai besoin. C'est fou et stupide. J'ai toujours été un imbécile, je ne m'en cache pas. Lui aussi n'était pas très malin, toujours à tout faire exploser ! En mourant aussi il a fait exploser quelque chose. Mon coeur.
Je me sens trop vieux. Je sais que beaucoup sont dans le même cas mais vous, vous avez encore une chance d'être mieux dans les bras de la personne que vous aimez. Moi pas. Moi il est parti tout seul, sans m'attendre, sans attendre qu'on soit heureux, sans attendre que je l'aime pleinement et que je le laisse m'aimer. J'ai raté le bonheur.
Alors c'est pour ca que je voudrais que Harry lise cette lettre devant tout le monde. Vivez maintenant, l'instant présent. Soyez vous-même. Aimez aussi. Ne passez pas à côté de l'amour. Je ne vous dirais pas comme tous les autres personnes qui se suicident que la vie est laide. Je vous dirais que la vie n'est ni belle ni laide, qu'elle est comme on l'a faite. Si j'en suis là aujourd'hui, c'est ma faute. Je n'en veux à personne et même pas au Mangemort qui l'a tué. Peut-être est-ce cela le pire. Je n'en veux qu'à moi et je ne peux plus vivre avec cette culpabilité. Je vais tenter ma chance ailleurs. Peut-être vais-je le rejoindre, peut-être pas. Je ne vais pas vous dire que je reviendrai vous voir parce que je ne sais pas. Personne ne sait. Ça rend les choses plus intéressantes, non ? C'est comme ca que je vois la chose : une nouvelle expérience. Un voyage lointain.
Je vais me tuer. Ce sera rapide et sans douleur ou presque. Ne me pleurez pas trop longtemps. Riez. Moi j'aurais aimé pouvoir rire encore, mais il a emporté mon rire avec le sien.
J'aurais aimé trouvé une citation, la phrase d'un grand homme pour illustrer mes propos, mais je ne pense qu'aucun n'a su dire la vérité sur ce que je ressens maintenant. Si Seamus avait vécut j'aurais pu supporter la fin de la guerre et recommencer à vivre. S'il n'y avait pas eu la guerre, j'aurais pu supporter la mort de Seamus et recommencer à vivre. Mais je ne peux pas affronter les deux à la fois. Je ne suis qu'un être humain à bout de souffle. Mais vous, vous en avez encore du souffle. Ne vous inquiétez pas. Il est là, en vous. Cherchez-le. Moi, ce serait Seamus qui l'aurait trouvé, évidement mais Seamus n'est plus là pour fouiller en moi. Plus personne n'est là.
Je vais être heureux. Fêtez-le s'il vous plaît. Je vous promets que, où que je sois, moi aussi je le fêterais. Je rirais comme cela fait trop longtemps que je ne l'ai pas fait et je ferais exploser une pastèque. Seamus sera avec moi, j'espère. Je penserai à vous, si je ne vous ai pas oublié, cela me fera un peu de peine mais je saurais que vous riez et alors toute tristesse partira de mon cœur. Alors riez. Riez pour que je sois heureux.
Dean Thomas, votre défunt ami.
PS : Si vous l'ignorez, mes fleurs préférés sont les coquelicots."
Un silence lourd était présent dans la Grande Salle. Harry avait certes déjà lu la lettre mais il avait la voix enrouée. Sa gorge était serrée par l'émotion. Il n'osait pas lever les yeux pour affronter tous leurs regards larmoyants alors que lui ne devrait pas pleurer parce qu'il était le Survivant et que si le Survivant s'effondrait, tout s'effondrait. Pourtant, il venait de perdre un ami cher, un jeune homme qui lui avait sauvé la vie à plusieurs reprises et qu'il avait également sauvé. Une jeune homme qui aurait dû n'être qu'un simple adolescent. Le visage du Gryffondor s'affaissa un peu plus, ses sourcils s'approchèrent alors qu'il serrait les dents. Il inspira à fond et releva la tête.
Il vit Ginny dans les bras d'Hermione. La première pleurait alors qu'Hermione restait droite, fière, la mine dure et les yeux criants de douleur. Il aperçut Ron avec des larmes sur les joues. Colin tremblait de tout son corps. Luna se cachait entre les bras de Théodore qui lui murmurait de douces paroles. Padma semblait ressentir plus que jamais l'absence de sa soeur, Parvati, qui était si amie avec Dean. Les Serpentards eux-même avaient des mines sombres. Aucun ne prononçait un mot. Pansy laissa échapper un sanglot. Tout le monde regardait Harry comme s'il était le messie, comme s'il pouvait enlever toute leur douleur d'un seul mot. Comme s'il pouvait leur faire oublier que leur vie était bousillée.
"Il y a de cela deux ans, j'avais peur. J'avais mal. Comme tout le monde ici. Comme Dean Thomas. J'ai eu si peur que j'ai tenté de me tuer. C'est une Serpentarde qui m'a sauvé. Elle m'a engueulé, m'a traité d'idiot et d'égoïste, m'a dit que j'étais "le dernier des connards pour oser m'enfuir alors que tout le monde avait besoin de moi". Elle avait raison. Alors aujourd'hui, je voudrais te dire, Dean, que tu es le dernier des salopards pour t'être enfui alors que nous avions tant besoin de toi.
Bien que la religion chrétienne soit contre le suicide et l'homosexualité, je sais que Dean a sa place au Paradis. Il l'a plus que méritée. Il a été pour tous, un ami, un camarade, une aide, une troisième main, un farceur, quelqu'un sur qui on pouvait compter. Avec Seamus, combien de fois m'ont-ils remonté le moral alors que je me réveillais en pleine nuit après un cauchemar ? Ils se réveillaient eux aussi et ils improvisaient une petite fête entre mecs. Seamus, Dean, Neville, Ron et moi. Il ne reste plus que Ron et moi et ce constat m'afflige à un point que vous ne pouvez pas imaginer.
Je voudrais qu'on n'oublie jamais l'homme qu'a été Dean Thomas. Malheureusement je sais pertinemment que beaucoup l'oublieront, mais pas moi. Moi je me souviendrais toujours de lui. On peut pas oublier un héros. Nous sommes tous là aujourd'hui pour lui rendre un dernier hommage. Les enterrements ont toujours été quelque chose de particulièrement douloureux pour tous.
Chez les moldus, on a l'habitude de dire un petit texte pour apaiser la douleur des proches et comme Dean était à moitié moldu, je me suis dit que je pourrais vous en lire un. C'est un Cantique de David, qui est un extrait d'un livre qui parle de la croyance un seul Dieu. Ce passage parle du Paradis dans lequel nous emmène ce Dieu après la mort.
L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles.
Il restaure mon âme,
Il me conduit dans les sentiers de la justice,
A cause de son nom.
Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi:
Ta houlette et ton bâton me rassurent.
Tu dresses devant moi une table,
En face de mes adversaires;
Tu oins d'huile ma tête,
Et ma coupe déborde.
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront
Tous les jours de ma vie,
Et j'habiterai dans la maison de l'Éternel
Jusqu'à la fin de mes jours.
Le silence était à son comble. Pansy Parkinson s'appuya un peu plus contre Drago qui serrait les lèvres. Son visage était redevenu dur. Blaise Zabini ne pouvait s'empêcher de lancer quelques regards vers Ginny qui fixait le cercueil l'air hagard, des larmes sur ses joues. La mort planait sur tous les esprits. Même ceux qui ne connaissaient pas Dean se sentait concernés. Ils ne pouvaient s'empêcher de repenser à un parent, à un ami, mort durant l'année écoulée.
On comptait les absents. On comptait les morts. On en profitait pour les pleurer encore. On pleurait. Pleurer. On avait tellement fait ça ces derniers temps, mais ce n'était jamais assez. La Guerre. On pensait que lorsqu'elle s'arrêtait, s'en serait fini du malheur, mais non. Ce n'était jamais fini. Tout le monde en était douloureusement conscient.
Harry avait envie de pleurer. Terriblement. Mais il ne le devait pas. Il devait reprendre la parole d'une voix claire et posée. D'une voix qui n'était pas la sienne et qui ne l'avait jamais été. Il ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Que pouvait-il dire ? Qu'y avait-il à dire ? Les regards insistants de la foule semblèrent peser mille kilos sur ses faibles épaules. Il aurait tellement aimé être loin de tout cela. Ce n'était pas sa place.
Il ferma les yeux. Qu'aurait fait son père à sa place ? Aurait-il sorti une vanne sur Dean ou alors fait un triste et sombre discours ? Il se souvient d'une phrase que lui avait dit Rémus alors qu'il cherchait à penser comme son père, encore une fois. "L'important ce n'est pas ce qu'il aurait fait, mais ce que toi, tu feras." Il avait trouvé cette phrase vraiment stupide. Mais maintenant il comprenait.
Il releva la tête et personne ne fit attention à une jeune femme aux cheveux pourtant multicolores qui retint son souffle.
-Je me souviendrais toujours de la fois où Dean avait testé une des expériences Weasley. Il en était ressorti avec un bec de poulet et une crête pendant une semaine et même Pomfresh n'avait rien pu y faire ! Il ne voulait plus sortir du Dortoir. Chaque fois que nous y rentrions on gloussait en imitant la volaille alors qu'il se mettait à rougir furieusement. C'était tellement drôle ! Nous devions avoir 13 ans, nous étions déjà très mature, vous ne trouvez pas ?
Des rires se firent entendre, légers comme des plumes de phœnix.
-Et puis, je me rappelle de la fois où Dean et Seamus se sont disputés. Je ne me souviens plus pourquoi. C'était tellement con comme dispute, ça n'en valait pas la peine. Mais les disputes, ça n'en vaut jamais la peine, n'est-ce pas ? On ne se rend pas compte de tout ce bonheur gâché, de tout ce qu'on rate à faire la fine bouche, à grogner, à se plaindre... On ne sait pas ce qu'on rate à ne plus parler aux gens qu'on n'aime.
C'était ce que j'avais dit à Dean. Je me souviendrais de son sourire à cet instant et de la façon dont il a posé sa main sur mon épaule en disant "Merci Harry". Ça peut vous paraître con mais j'ai eu l'impression qu'il comprenait quelque chose. J'aurais aimé qu'il comprenne plus.
Dean Thomas était un homme bien. Ça je l'ai déjà dit. Mais il avait beaucoup perdu. Ces chaises vides au premier rang, ce sont les chaises normalement réservées à sa mère, à son père, à sa petite sœur qui aurait eu 8 ans, à sa tante ainsi qu'à son cousin dont il m'avait tant parlé qui devrait avoir 3 ans. Il le devrait mais il ne les aura jamais. Dean non plus ne vieillira plus. Il restera éternellement un adolescent pour certains, alors que pour d'autres il restera un éternel homme jeune, quelqu'un qui était devenu silencieux mais souriant. Il riait tellement, tout le temps, avant.
Je ne sais plus quoi vous dire. J'aurais bien fait des notes mais Dean se moquait toujours des gens qui préparaient des discours à l'avance. Il disait que c'était totalement stupide. Il avait raison. Il avait souvent raison d'ailleurs. Peut-être trop souvent mais quand il s'est tué, il a eu tort.
Nous étions tous là, pour l'aider, prêts à l'écouter. Apparemment, ça ne lui a pas suffit. Pourtant, nous aurions pu le sauver. Il ne nous a pas laissé le faire. Je le regrette profondément. Je crois que je ne parle pas qu'en mon nom en disant que nous nous en voudrons éternellement. Perdre une personne qui nous est cher est toujours une épreuve difficile. On se sent toujours coupable. Il y a des tonnes de questions qui gravitent dans notre esprit. "Ai-je fait tout ce que j'ai pu ? Où est-ce que je me suis trompé ? Si seulement j'avais fait ceci au lieu de cela ?". Ce sont des questions qui n'auront jamais de réponse. La réponse est morte. Pleurons-la mais ne nous attardons pas trop sur elle.
Dean s'était senti énormément coupable d'être obligé de donner la mort. Ce n'était pas dans sa nature. Comme nous tous. Pourtant il a été un des premiers à être entrer dans l'Ordre du Phénix lorsque la Guerre a commencé. Il savait tout ce que ça impliquait mais il n'a pas reculé, il n'aurait jamais reculé. Il se battait pour ce qu'il croyait juste, toujours. C'était sa force.
Il n'avait plus le courage de continuer l'aventure qu'est la vie. Qui pourrait l'en blâmer ? Certainement pas moi. Alors je vous en prie, ne lui en voulez pas trop. Nous n'avons aucun droit de juger Dean Thomas sur ses actions, nous pouvons juste lui dire au revoir à notre façon et l'honorer en se souvenant de lui comme un homme bon qui n'a pas eu de chance dans la vie.
Voilà. J'ai dit tout ce que j'avais à dire. Il est temps pour moi de laisser la parole à notre directeur. Je vous remercie pour votre attention."
Il descendit de scène, sentant tous les regards sur lui, puis très doucement sortit de la pièce. Hermione amorça un mouvement pour le retenir mais il l'en dissuada d'un simple regard. Elle se rassit doucement, avec une tristesse palpable. Il referma les grandes portes avec délicatesse. Son cœur se mit à battre furieusement et il porta sa main à sa poitrine qui le faisait souffrir. Il ne pouvait pas rester sans bouger. Il se mit à courir vers la sortie, se sentant enfermé dans ce vieux château qu'il trouva plus sinistre que jamais. Des larmes coulant encore.
Le silence était pesant dans la Grande Salle. Personne n'osait dire un seul mot. Severus Rogue se leva calmement puis prit la place du Survivant. La plupart des personnes présentes étaient perdues. Elles ne comprenaient pas l'attitude de leur héros. Fuyait-il ? Pourquoi ? Eux aussi devaient-ils partir ? Ronald voyait bien les questions que ses camarades se posaient. Ça le dégoûtait. Ne pouvaient-ils pas pensé par eux-même ? N'avaient-ils pas un cerveau ? Lui, il savait que Harry s'était enfui parce qu'il ne supportait pas les enterrements, parce qu'on le forçait à faire un discours à chacun. Pourtant, il détestait faire des discours. Autant que son pseudo-titre de Survivant. Il se rappellerait toujours de ce jour, où on leur remit à tous une médaille. A la fin, il avait rit, énormément rit. Ron lui avait demandé pourquoi il riait et il lui avait répondu "Ils m'appellent le Survivant !" Le roux n'avait pas compris alors son meilleur ami lui expliqua "Ils pensent que je suis le seul à avoir survécut comme s'ils étaient aveugles et qu'ils ne vous voyaient pas alors que vous êtes juste devant leur nez ! Je trouve ca piteusement cocasse." Le déclic s'était fait. Il avait honte. Il était dégoûté. Tout comme lui.
Il soupira puis regarda les portes qu'ils avaient si souvent passées ensemble avec un air nostalgique. Hermione posa sa main sur la sienne et il ne put s'empêcher de frissonner et d'enlever brusquement sa main. La voyant se raidir, il lui fit un petit sourire d'excuse et reprit ses petits doigts dans les siens, les serrant pour lui montrer qu'il était là. Elle lui sourit et il sentit son cœur chavirer. Pourtant il savait que ce n'était pas le genre de sourire qu'il voulait. Mais ce n'était pas grave, il s'en contenterait. C'était ce qu'il se répétait... Ce fut le raclement de gorge de leur directeur qui l'obligea à sortir de ses pensées. Ce dernier avait une expression triste et légèrement découragé. Tout le monde s'en étonna mais personne n'osa dire un mot. Il prit alors la parole mais sa voix était plus rauque que d'habitude et résonna d'une façon étrange entre les murs de la salle.
-Je ne vous parlerais pas comme mon prédécesseur de lumière et d'obscurité ou bien d'espoir. Je sais pertinemment que vous n'êtes plus aussi naïfs que cela. Je vous dirais juste que la mort est une renaissance. Dean Thomas est heureux là où il est. Point. Merci de votre attention.
OoO
Le cercueil disparut. Il était maintenant en terre. Tout ceux qui le voulurent purent aller se recueillir sur sa tombe. Elle fut extrêmement fleurie. Harry était juste au dessus sur son balai. Il pleurait toujours, encore plus. Il ne pouvait s'empêcher de renifler de dégoût en voyant toute cette végétation sur la pierre tombale. Il savait pertinemment que dans un an, plus personne ne s'arrêtera devant. Ou si peu.
Comment pouvait-on être aussi hypocrite ? Lui allait toujours mettre des fleurs sur la tombe de ses parents, tous les premiers dimanches du mois. C'était une sorte de tradition qu'il ne voulait perdre sous aucun prétexte. Même lorsque la Guerre était au point le plus critique, il continuait à y aller, trouvant le recueillement et la paix d'esprit juste à cet endroit. Il pouvait ainsi se libérer et parler, enfin, à ses parents. Mais maintenant, ils n'étaient plus les seuls morts à qui il parlait ni à qui il fleurissait les tombes. Il allait sur celles de Dumbledore, de Sirius, de Cédric, de Neville, de Seamus, de Fred et de Georges, d'Arthur, Charlie et même Percy. Tous ces gens perdus par sa faute... Et bien plus encore.
Il se mordait les lèvres. Il souffrait mais ce n'était rien. Il avait l'habitude. Une fois, il s'était fait capturer et torturer par Voldemort durant quarante-huit heures d'affilées avant de réussir à s'échapper par miracle. L'orgueil de son ennemi, qui avait voulu le faire souffrir avant de le tuer, l'avait puni. Après cela, aucune douleur ne peut nous mettre à terre. Il en faisait toujours des cauchemars et en gardait des cicatrices bien cachées. Aujourd'hui, il portait bien son surnom de balafré. Comme beaucoup de combattants.
Il pouvait voir ses amis, effondrés. Il pouvait presque sentir leur tristesse. Pourtant il ne voulait pas descendre. Il était bien là, dans les airs. Le ciel c,'était sa vie. Alors il y restait. Il savait que les autres comprendraient. Et tant pis s'ils ne comprenaient pas.
Lorsque les premières personnes partirent il s'éloigna rapidement, sachant que la cadette de la famille Weasley allait bientôt tomber et ne pouvait supporter ce spectacle. Il regarda droit devant lui, survolant la forêt interdite. S'il avait pris la peine de baisser son regard, il aurait vu la fille de ses rêves, N, le fixant alors qu'il s'éloignait, le regard pleins d'inquiétude.
OoO
Hermione rentra dans son dortoir. Elle fila dans la salle de bain et se changea. Elle jeta sa robe noire et la remplaça par un vieux jean trop large et un tee shirt blanc lui aussi trop grand. Elle se regarda longuement dans le miroir. Elle prit un gant et essuya le noir sous ses yeux. Elle enleva son fond de teint. Elle enleva tout ce qui la maquillait. Elle effleura le miroir, ne se reconnaissant pas. Elle était vieille. Vieille et froide. Elle se dégoûtait. Depuis quand n'avait-elle pas fait une folie ? Depuis quand était-elle mature et posée ? Depuis quand n'avait-elle pas suivi son instinct ? Elle aurait aimé que ces questions ne ressortent pas en cet instant. Qu'elles ne sortent jamais d'ailleurs. Elle soupira. Elle sortit de la salle de bain, plus sombre que d'habitude. Elle aperçut sa meilleure amie, assisse sur son lit, l'air vague. Elle tiqua et eut envie de s'énerver. Pourtant, elle se força à respirer calmement et s'approcha doucement :
-Ginny...
-Va t'en Hermione.
-Ginny, ne reste pas seule dans ta douleur.
-Va t'en je t'ai dit ! Pars ! hurla la rousse.
La brune sentit la moutarde lui monter au nez et se mit à crier à son tour :
-Puisque tu le prends comme ça, je me tire ! Vas y, déprime ! Laisse-toi crever même je m'en contre fous ! Tu m'entends Ginny ? Je m'en tape ! Tu n'es rien d'autre qu'une sale égoïste qui qui se croit la seule à être malheureuse ! Tu crois que parce que tu as perdu Blaise, tu as le droit de ne pas faire attention aux autres ! Je sais que tu me prends pour une personne insensible et dure mais sache que moi aussi j'ai des sentiments et que moi aussi je souffre même si je ne pleure pas toutes les nuits ! Je me cache moi, je ne veux pas faire de mal aux autres ! Je vais voir Harry parce que c'est la seule personne qui m'écoute pour de vrai ! Parce que tu es tellement enfermée dans ta douleur que je n'ose pas te déranger. Alors je supporte et je fais de mon mieux pour t'aider en m'oubliant. Mais c'est fini ça Ginny ! Débrouille-toi, j'en ai ma claque de te regarder rater ta vie ! Tu es une grande fille ! Tu étais une femme forte ! Alors redeviens-le avant que ca ne soit trop tard.
Les paroles de Granger rajoutèrent à sa rage et elle fit tomber tout ce qu'il y avait sur son bureau. L'encrier chuta lourdement et laissa une grande trace bleu sombre sur le parquet clair. Des feuilles d'une blancheur éclatante se posèrent dessus avec délicatesse. Elle fixa cela pour ne plus voir le regard plein de tristesse, de colère et de déception d'Hermione. Elle n'en voulait pas. Elle ne voulait rien. Finalement elle entendit les pas lourds de son amie descendre et la porte claquer brutalement.
Alors elle hurla. De rage parce qu'elle en avait marre d'avoir mal. Parce que Dean l'avait abandonnée comme tous les autres. Tout le monde l'abandonnait. Son père. Ses frères. Blaise. Elle arracha les rideaux de son lit à baldaquin, ouvrit son oreiller, balança les draps après les avoir déchirés. Elle s'écroula dans son lit, son cri étouffé par son matelas. Un morceau de parchemin tomba gracieusement devant ses yeux. Quand elle le prit entre ses mains, elle trembla. Lorsqu'elle l'ouvrit elle reconnut l'écriture brouillonne de Dean. Elle voulut d'abord la jeter mais ne put s'y résoudre. Elle essuya donc ses larmes et commença à lire :
"Ginny,
Je te dois des excuses. Je n'aurais pas dû t'utiliser pour tenter d'oublier Seamus mais je savais que tu aimais Blaise. Tu ne pouvais pas m'aimer, cela rendait les choses moins compliquées.
Pardonne-moi de ne pas avoir eu le courage de t'expliquer les choses, ni de te parler. Il y a des choses que j'aurai dû te dire en tant qu'ami. J'aurai dû t'engueuler. Je ne comprends pas pourquoi les autres ne l'ont pas fait. Peut-être par respect pour toi. Personnellement, si je vais te disputer dans quelques lignes c'est pour toi et aussi parce que personne ne m'a disputé moi non plus.
Tu fais ce que j'ai fais autrefois avec Seamus. Tu l'aimes. Il t'aime. Et vous vous gâchez tout ca. Va le voir. Parle lui. Laissez lui le temps d'apprendre à t'aimer. Deux mois c'est rien. Ça mettra peut-être des années mais tu le dois, Ginny. Au moins pour toi. Pour vous, parce que l'amour c'est ça. C'est de la patience et du courage. Je l'ai compris bien trop tard. Quand il est mort... Ne le laisse pas partir. Si tu le laisses partir, tu souffriras encore plus. Tu souffres déjà trop, Ginny. Tu crois que tu arrives à le cacher aux autres mais tu ne vois pas tes yeux. Tes beaux yeux qui hurlent. C'est triste un aussi beau regard qui pleure continuellement. Tu es été tellement plus belle que tu riais à ses côtés.
N'oublie pas Ginny : "Le destin n'existe pas. C'est l'excuse que ce donne ceux qui ne veulent pas être responsable de leur vie.". Arrête de te chercher des excuses. Sois courageuse, telle la lionne que tu as toujours été. Tu t'es perdue, Ginny. Vraiment perdue entre les pages de ta vie. Arrête de pleurer la nuit, arrête de rêver ce qu'aurait pu être ta vie, arrête ! Vis ! Vis ta vie avec celui que tu aimes plus que tout au monde ! J'aurais tellement pouvoir en faire de même. Si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour moi. C'est une supplique.
Il faut aimer la vie... Tu sais même aux derniers instants, je sais que je vais hésiter. La vie n'est pas si moche. Regarde la pluie, regarde le soleil, regarde la neige, écoute le vent... C'est beau non ? Faut vivre. Je sais que je n'ai pas le droit de te dire ca. Je n'ai pas le droit de te demander tout ça mais Ginny, tu es quelqu'un de trop bien pour vivre dans la souffrance toute ta vie.
Je pars. On se reverra peut-être. Qui sait ? Le principal c'est qu'on se soit croisé et qu'on ai pu s'apporter un peu de joie. On a des souvenirs en commun. Ne les oublie pas. Moi, je ferais tout pour m'en souvenir.
Dean.
PS : Pardon d'être parti l'autre fois."
Doucement elle replia le papier. Elle essuya les larmes qui coulaient sur ses joues. Elle se leva pour ouvrir la fenêtre. Un rouge gorge entra dans la pièce en même temps que le vent froid d'octobre. Elle s'approcha de l'oiseau qui ne s'éloigna pas. Elle se mit à le caresser tout doucement. L'oiseau émit un petit son très doux. Elle le regarda avec une tendresse et un calme nouveau.
-Je ne sais pas si c'est Dean qui t'envoie mais ce n'est rien. On va faire tout comme. Ils ont raisons tu sais. Je suis devenue une loque. Je suis devenue une pleurnicheuse. Pourtant je mettais promis de ne pas finir comme ma mère. Je l'ai trop vu pleurer. Toujours, elle a pleuré des gens. Il faut parfois laisser les morts où ils sont. Et il faut aller de l'avant. Aimer, aussi. C'est le plus important, je m'en souviens maintenant. Tu sais quand j'ai attendu ces mots venant de Lui et qu'il n'a pas pu les dire... J'ai cru que le monde s'effondrait. Parce que pendant deux mois, il était le seul à exister, tu comprends ? Et puis après je me suis rattachée à ce que j'ai pu. A ma famille surtout. Mais ils sont partis pour nombre d'entre eux. Alors je me suis sentie seule. Je me suis enfermée dans ma bulle et je suis restée dans mon malheur. Dean a essayé de m'en déloger. Il a un peu réussi mais maintenant il n'est plus là. Alors je dois me débrouiller toute seule. Je dois parler à Hermione. Pour de vrai. Il faut que je l'écoute. Elle a besoin de moi. Et moi je sais très bien ce dont j'ai besoin. Je sais que je vais devoir me battre mais avant... Ça ne me dérangeait pas de me battre. Je dois... Retrouver cette fougue qui me caractérisait. Tu crois que j'en suis capable petit oiseau ?
L'animal poussa un petit cri aigu et elle lui gratta le sommet du crâne en murmurant une chanson, qu'Hermione l'avait fait écouté jadis.
Love is a bird, she needs to fly ~ L'amour est un oiseau, il a besoin de voler
Let all the hurt inside of you die ~ Laisse toute la douleur mourir à l'intérieur de toi
You're frozen ~ Tu es glacé
When your heart's not open ~ Quand ton cœur n'est pas ouvert
Elle allait ouvrir son cœur. Elle allait laisser toute la tristesse mourir derrière elle. Elle allait sourire et être heureuse. Et tout ça commencerait demain. Elle prit l'oiseau dans ses bras et lui embrassa le haut de la tête. Elle rouvrit la fenêtre et libéra le rouge-gorge. Elle lui lança un baiser du bout des doigts tout comme elle l'avait fait autrefois pour Blaise.
OoO
Harry volait. Il était au dessus du terrain de Quidditch et effectuait des périlleuses figures. Il faisait nuit noir. Pas de lune. Pourquoi y aurait-il eu de la lumière en une aussi sombre journée ? Cela aurait été déplacé. Et la nature n'aime pas ce qui est déplacé. Il ne voyait que peu. Il avait enlevé ses lunettes. C'était plus grisant ainsi. Il avait presque l'impression d'être aveugle. Il espérait qu'ainsi, sa douleur s'apaiserait. Mais ce n'était pas ça qui le faisait sentir mieux. C'était l'adrénaline. Il en était drogué, il le savait. C'était pour ca qu'il était le meilleur des attrapeurs. Voler jusqu'à ras du sol, se laisser tomber puis se relever au dernier moment, se mettre à l'envers sur son balai, regarder le monde à l'envers, se mettre debout sur son éclair de feu et savoir qu'on peut tomber avec un simple coup de vent, faire un tourbillon et tout lâcher quand c'est le plus dangereux. Jamais rien ne pourrait remplacer ça. Cette sensation de chute, comme si enfin il avait le droit de tout abandonner, sentir son cœur battre trop vite, voir la mort approcher et puis lui filer entre les doigts au dernier moment, l'entendre rugir et aller si vite qu'on en pleure.
Il avait toujours aimé ce qui lui donnait l'impression qu'il allait mourir. Même enfant, il allait régulièrement à la piscine municipal -qui était non payante pour les moins de 10 ans-, il faisait durant des heures de longueurs en crawl. Il adorait ça. Il y avait toujours un moment où il avait l'impression de manquer d'oxygène, il se sentait étouffer, il avait l'impression qu'il allait se noyer. Il adorait ça. C'était peut être parce qu'il avait regardé la mort dans les yeux lorsqu'il avait un an seulement, qu'aujourd'hui il ne pouvait plus se passer d'elle. Il voulait la défier mais quelque chose l'en empêchait souvent sur Terre ou dans l'Eau. Mais dans le Ciel, personne ne pouvait lui dire quoique ce soit. Il était libre. Enfin. Comme Buck l'était. Mais il n'était pas un hypogriffe. Il était Harry Potter et il paraissait qu'il avait le devoir de vivre.
Le devoir de vivre... Dean aussi aurait du l'avoir. Il fit une nouvelle figure périlleuse et il fut à deux doigts de tomber de son balai ce qui l'aurait assurément tué. Il se replaça correctement dans les airs alors qu'il entendait deux mains en train d'applaudir. Il descendit vers les gradins mais ne vit rien. Soudain une baguette s'alluma à sa droite et il effectua un bond, la baguette sortie, près à l'attaque.
-Alors comme ça le Survivant est suicidaire ?
C'était N. Il reconnut sa voix moqueuse. Pourtant lorsqu'il regarda son visage, il aperçut un éclair de tendresse dans ses yeux. Ou de pitié, il n'arrivait pas à le savoir. Il descendit de son balai pour s'asseoir à ses côtés. Il ne lui demanda pas pourquoi elle était là. Il ne voulait pas savoir. Elle était là. Il en était heureux. Point.
Finalement, il sortit une cigarette de sa poche et la mit à la bouche. Il lui en proposa une mais elle refuse d'un mouvement de tête. Il en inspira une longue bouffée. Elle le regarda et se détesta de le trouver si beau. C'était un homme. Elle l'avait traité de gamin mais pourtant, lorsqu'elle le voyait dans sa pose nonchalante, accoudé au rang de derrière, il respirait la virilité. Maudit Bad Boy qui croyait tout pouvoir avoir. Elle s'énerva toute seule et voulut se lever mais il lui attrapa le bras comme la dernière fois. Il murmura tout doucement :
-Reste...
Il la déstabilisait. Profondément. Sa voix était presque suppliante et... Mais pourquoi était-elle venue ici ? Elle n'aurait pas dû. Elle l'avait vu du haut de sa chambre, une ombre exerçant des pirouettes dans les airs. Elle avait eu peur oui. Peur qu'un autre suicide arrive à Poudlard alors elle était venue. Si elle se doutait que c'était Harry Potter ? Elle ne préférait pas répondre à cette question.
Elle se rassit doucement et récupéra son bras d'un mouvement brusque qui fit mal au jeune homme, il lui sourit néanmoins pour la remercier. Après un long silence il décida de prendre la parole :
-Il n'y a pas d'étoiles ce soir.
-Qui était cette Serpentarde qui t'a dit que tu étais le "dernier des connards pour oser s'enfuir alors que tout le monde avait besoin de toi" ? demanda-t-elle sans préambule.
-Pansy Parkinson. C'est elle qui m'a sauvé, expliqua-t-il, nullement étonné de sa question.
Il aspira un peu plus sur sa clope et fit une fontaine avec. Il n'avait pas le droit de paraître si triste, ni aussi beau, si dit-elle. Non, pas le droit.
-J'étais si mal... Et puis il y avait le vide si tentant. Jouer avec la mort, j'ai toujours trouvé ca amusant. C'est peut-être le contre coup du choc que m'a imposé Voldemort. Il a bien dû réussir à atteindre quelques uns de mes neurones, petit ! rit-il.
Elle ne put s'empêcher de pouffer.
-Potter...
-Mon prénom c'est Harry, la coupa-t-il. Je déteste qu'on m'appelle Potter.
-Pourquoi ?
Il respira la fumée à plein nez et se replongea dans ses souvenirs.
-C'est ce que j'ai dit à Hagrid quand il est venu me chercher pour me dire que j'étais un sorcier. On vivait dans un phare au beau milieu de l'Océan, chuchota-t-il dans son monde. Je m'étais dessiné un gâteau dans la poussière. Je dormais par terre, mais j'avais un sac de couchage. Il était minuit. J'ai souhaité... Qu'on me sauve. Et il est arrivé. Un demi-géant a fracassé la porte ! Je peux te dire que mon oncle était terrorisé ! Si tu avais vu sa tête quand Hagrid a plié son fusil ! J'ai cru qu'il allait pisser dans son pyjama !
Elle rit et il la suivit quelques instants, incapable de résister à ce son.
-Et puis, il m'a expliqué que j'étais le fils de deux grand sorcier. James Potter et Lily Evans. Et je lui ai dis qu'il avait tort, que je n'étais rien. Que j'étais "Harry. Juste Harry". C'est comme ca qu'il m'a appelé la dernière fois que je l'ai vu. Juste Harry avec un sourire d'une tendresse inouïe... Jamais je n'oublierais ce qu'il a fait pour moi. Il est mort pour moi. Tout comme Seamus. Dans un sens, c'est ma faute si Dean est mort. Ne nous voilons pas la face. Mais ce n'est pas grave. J'ai appris à vivre avec. On apprend à vivre avec tout n'est-ce pas ?
Elle hocha silencieusement la tête, troublée par ce garçon, cet homme qui semblait tellement différent de celui qu'elle croyait. Ouvrait-il son cœur ou faisait-il semblant ? Les larmes qu'elle avait vu plus tôt était vraies. Le fait qu'il risque sa vie comme il l'avait fait dans les airs, c'était vrai aussi. Tout ça, c'était vrai. Et Harry Potter était un homme vrai. Elle en était persuadée maintenant.
-Il ne faut pas t'en vouloir... Il paraîtrait que tu nous as sauvé la vie à tous, sourit-elle avec malice.
Il ne dit rien et tourna la tête sur le côté. Elle sembla hésiter avant de prononcer ces mots :
-Tout le monde dit que tu es un héros...
Finalement il explosa et se leva en hurlant :
-Je ne suis pas un héros ! Je n'ai jamais rien eu d'un héros. Juste un surnom. Le Survivant. C'est censé faire classe. Il me fait vomir ce surnom. Ils me font tous vomir avec leurs regards implorants, leurs fausses larmes, leur dévotion, leur hypocrisie ! Je suis certain que dans le fond ils m'en veulent tous ! "Oh il aurait dû essayer de tuer Voldemort avant... Il nous a abandonné quelques temps. Il s'est enfui, ce lâche... Il n'aurait pas dû mourir selon la prophétie ?" Ah si tu avais vu la tête du Ministre quand il m'a vu vivant sur mon lit d'hôpital, lui qui avait déjà fait mon discours ! Tout le monde me prend pour un héros, pour un être surhumain, pour un con prétentieux aussi. Ça m'insupporte tu comprends ? Je ne suis pas ainsi je ne serais jamais ainsi ! Je ne peux pas ! Je voudrais qu'ils aient raison, je voudrais être mort avec Voldemort !
-Tu es triste..., dit-elle avec une douceur presque maternelle.
-Je suis réaliste. Je suis blessé. Je suis tout ce que tu veux. Je suis un acteur, mauvais en plus. Mais personne n'y fait attention. Pourquoi ils y feraient attention ? Ils ne veulent pas le voir. Alors pourquoi ils ne fermeraient pas les yeux, tu peux me dire ? Ils s'en foutent bien de moi maintenant qu'ils peuvent vivre sans avoir peur d'être tué par un marteau comme LordVoldmort !
-Arrête...
-Arrêtez quoi ? De parler ? De dire la vérité ? Mais toi tu l'as dit la vérité ! Tu as dit que je n'étais qu'un gosse totalement stupide !
-Je voulais te demander d'arrêter de crier Potter. Tu me fais mal à la tête, déclara-t-elle plus dure.
Il s'apaisa d'un coup. Il se rassit calmement et se prit la tête entre ses mains. Elle posa naturellement sa main sur son épaule. Ils restèrent un long moment ainsi jusqu'à ce qu'il relève la tête :
-Excuse-moi.
-Ce n'est rien.
Un nouveau silence s'installa, moins long cette fois.
-Tu es étrange.
-Pourquoi tu dis ca ? demanda-t-il un peu désorienté par cette remarque, certes légitime mais inattendue de sa part.
-Quand tu me parles j'ai parfois l'impression d'avoir un enfant devant moi, et d'autre fois j'ai l'impression de voir un homme blasé.
-Je n'ai pas eu d'enfance ni de parents. Ça aide.
-Moi non plus, avoua-t-elle faiblement.
Il se tourna vers elle, surpris, mais elle avait le regard cloué sur l'herbe fraîche du terrain. Il fit comme elle et vit que la rosée s'était déjà déposée sur le gazon. La Nature ne s'arrêtait jamais, même dans les heures les plus sombres.
-J'aurais aimé connaître mon père, lâcha-t-il finalement.
-Moi j'aurais aimé ne pas connaître le mien, répondit-elle en grimaçant.
-Pourquoi ?
-Tous les papas sont des cons.
-Les papas sont des incompris. Mais ils tentent toujours de faire le meilleur pour leur enfant.
-Pas mon papa. Mon papa il m'aime pas. Il me déteste.
-Pourquoi ?
-Parce que j'ai tué maman.
-Une fille comme toi est incapable de tuer quelqu'un.
-A l'heure d'aujourd'hui, nous sommes tous capable de tuer quelqu'un.
Il ne trouva rien à répondre à cela. Elle avait raison. Tuer pour lui n'était plus un problème.
-Tu étais là pendant la Dernière Bataille ? interrogea-t-il doucement.
-Oui. J'étais là du début jusqu'à la fin. Je t'ai vu te battre.
-Tout le monde s'est battu, murmura-t-il en baissant la tête.
-Tu avais les yeux rouges, Potter. Rouge comme lui.
Il ferma les yeux une expression douloureuse.
-Tu t'es acharné sur lui. Quand il a perdu sa baguette, tu l'as fait souffrir. Tu avais ses yeux. Les yeux de l'horreur. Et nous, on te regardait faire, sans que personne n'ose bouger. Il hurlait tellement fort que certains se bouchaient les oreilles. Il parlait Fourchelangue, tu te souviens ?
-Oui... Il me suppliait d'arrêter, de le tuer, de tuer tous les mangemorts, de les torturer eux, mais d'arrêter de lui faire mal. Mais je ne l'ai pas fait. J'ai continué en riant.
-Ton rire n'en était pas un, Potter. C'était presque comme un hurlement... Comme son cri.
Il fit une longue pause puis chuchota tout bas.
-Il n'y a pas que lui qui souffrait. Nous étions lié. Je lui faisais mal, mais moi aussi je sentais une douleur, moindre certes mais elle était là. Je voulais souffrir pour me laver de mes pêchés. C'est stupide mais...
-L'auto-destruction... Tu es fou Harry. Tu es capable du pire comme du meilleur. Tu le sais ça ?
-Oui. J'en ai conscience.
-Alors comment peux-tu rester au milieu de tous les autres ?
-Parce qu'il le faut. Je... Je suis quelqu'un de bien.
-Tu en es vraiment sûr ?
Une lueur de doute traversa les yeux verts du Survivant.
-Il faut que tu en sois convaincu Harry. Si tu es sûr d'être quelqu'un de bien alors tu le sauras.
-Est-ce pour cela que tu me détestes ? Parce que je te fais peur ?
Elle éclata de rire.
-Tu ne me fais pas peur. Plus rien ne me fait peur.
-Même pas la souffrance ?
-J'ai déjà souffert mille morts. Parce que la souffrance te fait peur à toi ?
-Non. J'ai peur... De décevoir mon père. De ne pas être à la hauteur.
-Tout le monde a peur de pas être à la hauteur. Tes parents seraient fiers de toi.
-Mon père peut-être mais ma mère... Je ne suis pas quelqu'un de très intelligent.
-Ça tu peux le dire, rit-elle alors qu'il rougissait. Non sérieusement, ta mère n'était pas qu'une femme intelligente ! Elle était beaucoup plus que cela. Elle était courageuse, forte et déterminée. Tu lui ressembles beaucoup plus que tu ne le penses, j'en suis certaine.
-Elle était très douée en potion alors que moi... Je suis plus que nul !
-As-tu déjà essayé de vraiment te concentrer ne serait-ce que dans un cours de potion ? soupira-t-elle connaissant d'avance la réponse. Si tu essayais peut-être serais-tu surpris.
Il sembla hésiter.
-Peut-être...
Elle posa sa tête sur son épaule et il tourna la tête, souriant à la vue de ses cheveux si colorés. Pourtant alors qu'il se sentait bien, des larmes vinrent brûler ses yeux. Il tenta de les retenir mais il n'y arriva pas. Elle sentit quelque chose mouiller ses cheveux et elle releva la tête pour le voir pleurer. Elle posa sa main sur sa joue.
-Pourquoi tu pleures ?
-Parce que je pensais à Dean... Il a jamais eu la chance d'être... Je veux dire avec Seamus vraiment et... Moi je suis avec toi et... Je...
-Chut, dit-elle en posant ses doigts sur ses lèvres. Arrête. Je comprends mais ne dis rien. Ne gâche pas ce moment. Pleure pas. Il est heureux maintenant avec Seamus. Et il veut que ses amis soient heureux. Alors pleure pas, Harry. Sois heureux. Sois quelqu'un de bien. Sois celui que tu veux être et non celui que tu devrais être et tout ira bien.
-Tu me le promets ? demanda-t-il la voix tremblante.
-Je te le promets.
Il la prit dans ses bras et plongea sa tête dans son cou alors qu'elle lui caressait le dos tendrement. Il était bien. Est-ce cela le bonheur ? Dean ressentait-il cette émotion qui nous traversait tout entier alors qu'on serrait une personne spéciale ? Serrait-il Seamus de cette façon ? Il ne savait pas vraiment, il l'espérait de tout son cœur, oui. Mais pour l'instant la seule pensée qui perçait réellement dans son cœur était qu'il était dingue de N Gwendolina.
OoO
Drago rentra épuisé dans sa salle commune. Il se dépêcha d'enlever sa robe de sorcier. Il se retourna alors qu'il commençait à déboutonner sa chemise noire.
-Tu pourrais attendre d'être dans ta chambre pour te déshabiller que ca m'arrangerait, Malfoy.
-Granger ? demanda-t-il surpris.
-Tu attendais quelqu'un peut-être ?
Il posa son regard sur elle, un sourire au bord des lèvres. Il s'avança vers elle et ne put s'empêcher de songer qu'elle était beaucoup plus belle avec son vieux jean troué et son tee-shirt trop large et blanc que cette robe noire qu'elle portait auparavant. Cette tenue lui allait étrangement mieux. Elle avait quelque chose de fragile ainsi assise, ses genoux repliés sous elle, un livre serré contre son cœur, les cheveux hirsutes et cette légère rougeur sous ses joues ainsi que sur son petit nez retroussé. Mais le pire était ses grands yeux marrons tristes qui le regardaient s'approcher comme si elle ne le voyait pas, comme si elle s'en fichait. Se foutre de tout. Ce n'était pas digne d'Hermione Granger.
Il s'effondra sur le canapé à ses côtés, ne prenant pas la peine de reboutonner les quelques boutons qu'il avait ouvert. Il retira ses chaussures et posa ses pieds sur la table basse, dans une attitude nullement aristocratiquement mais plutôt néandertalienne qui fit hausser un sourcil à Hermione. Elle tiqua pour un autre détail.
-Des chaussettes blanches ?
-Je n'avais plus que ca, mentit-il.
Il n'avouerait jamais qu'il croyait en ce que disait Luna. Et il n'avouerait jamais non plus qu'il portait le sous-vêtement assorti.
-Tu attends Harry ? questionna-t-il.
-Pas réellement. Je n'étais juste plus la bienvenue dans mon dortoir, murmura-t-elle.
Il n'insista pas en voyant l'air triste qu'elle ne parvint pas à retenir passer sur son visage. Elle fixait le feu de cheminée avec une sorte de désespoir, comme si elle pouvait elle aussi se consumer comme ses flammes, comme si elle pouvait retrouver dans ce feu, cette flamme qui brûlait dans son cœur lorsqu'elle était encore innocente. Tout se mélangeait dans sa tête. Elle voyait défiler les visages, les noms, tout. Tout ce qui lui avait fait mal dans sa vie. Le Serpentard passa dans sa tête et elle ferma brusquement les yeux.
-Malfoy... appela-t-elle dans un souffle alors qu'il se tourna vers elle. Pourquoi tu m'as fait mal ?
Il réfléchit un instant et se prit d'admiration pour le foyer brûlant.
-Je ne t'ai pas fait mal, j'ai apaisé ma douleur. Je... J'étais malheureux.
-Le grand Lord Drago Malfoy avoue qu'il était malheureux ? Vas-tu me couper la langue pour que je ne le répète pas ou simplement me tuer ? fit-elle cynique.
Ses yeux gris étaient tristes sur elle.
-Non. J'ai juste grandi et compris beaucoup de choses depuis cette époque.
Le regard de la Gryffondor s'adoucit.
-Excuse-moi. Je suis cruelle quand je suis malheureuse.
-Comme moi, chuchota-t-il doucement près d'elle.
Elle se retourna et plongea dans ses yeux gris. Elle lui offrit un sourire maladroit et retourna aux flammes qui dansaient d'ailleurs dans ses propres yeux. Elle sentit quelque chose monter en elle. Elle eut l'impression que sa cage thoracique se refermaient brutalement contre ses poumons. Elle suffoquait sans le montrer. Elle tenta de reprendre sa respiration. Il ne se rendait pas compte. C'est normal. Personne ne s'en rendait jamais compte. Elle avait appris à faire semblant. Alors pourquoi en voulait-elle tant à Ginny de n'avoir jamais rien vu ? Les larmes montaient toutes seules et restaient bloqué dans ses grands yeux.
-J'ai pas pleuré tu sais.
Il tourna la tête vers elle en entendant sa voix trembler autant.
-J'ai pas pleuré. Ni quand Harry a fait son discours, ni quand ils ont mis le cercueil dans la terre, ni quand Ginny a faillit tomber dans le trou, ni quand Ronald m'a serré la main avec ses yeux pleins d'amour non réciproque, ni quand Harry s'est enfui, ni quand j'ai eu envie de hurler que c'était injuste, ni quand j'ai cru que mon cœur allait exploser sous la pression, ni quand j'ai revu tous mes souvenirs que j'avais avec... Lui. Même quand je ne pouvais plus me mentir. Quand j'ai du admettre que mon ami était... mort. J'ai été forte. J'ai pas pleuré. Je te jure j'ai pas pleuré Malfoy...
Elle rejeta la tête en arrière et l'appuya contre le canapé. Elle inspira profondément et ses mains vinrent cacher son visage un instant pour retomber sans force.
-J'ai pas pleuré. Je dois pas pleurer, répétait-elle en chuchotant. J'ai promis je pleurerais pas... Je dois être forte. Forte pas pleurer...
Elle commença à se balancer alors qu'elle s'enserrait dans ses bras. Drago la regardait totalement paniqué. Il ne savait que faire. Elle commença à sangloter. Elle tenta de se retenir mais c'était plus fort qu'elle. Elle lâcha son livre qui s'écroula sur le sol en un bruit sourd et douloureux. Elle mit les mains devant sa bouche et se pencha en avant en haletant. Quelqu'un lui arrachait un morceau de son cœur et le Serpentard assistait impuissant à ça. Il posa une main sur son épaule après une hésitation.
-Pleure pas tant Granger, la vie est belle parfois tu sais... dit-il maladroitement.
Elle déglutit péniblement en fermant les yeux. Elle sortit un mouchoir et se moucha silencieusement. Il la regarda tenir serrer son petit bout de papier de sa main pour mieux retenir de nouveaux sanglots. Elle se redressa et il se recula lorsqu'elle planta ses yeux dans les siens.
-C'est faux Malfoy. La vie est laide. Laide, tu m'entends ? Pourrie, monstrueuse et je vaux pas mieux qu'elle. C'est tout. Y'a rien d'autre à dire. Je vois même pas pourquoi je pleure, tout le monde est au courant. Tout le monde sait...
-Qu'est-ce que tout le monde sait ?
-Tu crois que je suis quelqu'un de bien n'est-ce pas Malfoy ? Tu crois, que si j'ai tué ce fut toujours par obligation ? Que jamais, même dans mes rêves les plus fous je n'aurais pu prendre plaisir à faire souffrir quelqu'un ?
-Granger...
Il voulait qu'elle se taise. Qu'elle ne lui raconte pas ça. Pour lui, elle était pure et il voulait qu'elle le reste. Mais elle ne semblait pas vouloir lui laisser cela.
-Il allait nous tuer. Il allait nous violer puis nous tuer. Je le voyais dans ses yeux de vipères. De la façon dont il regardait les grands yeux innocents de Luna. Des yeux qui devaient rester innocents, qui ne l'étaient déjà plus assez. A la manière dont il fixait les cheveux roux de Ginny et les formes de Pansy. Et aussi son regard sur moi. Son regard lubrique et malsain... J'étais terrifiée. Il nous avait volé nos baguettes. Je ne voulais pas qu'il nous fasse du mal.
Un sanglot s'échappa de sa bouche.
-Alors, pendant que Pansy le distrayait en lui hurlant tous les jurons qu'elle connaissait, je lui ai enlevé sa baguette des mains grâce à un coup de pieds bien placé et je lui ai sauté dessus. Et tu sais quoi ? Il avait une cicatrice dans la nuque, comme le meurtrier de mes parents. Je suis restée immobile, incapable du moindre mouvement et il a commencé à m'étrangler. Pansy a récupéré sa baguette et lui a jeté un Petrificus. Et... Elles voulaient le ramener à l'Ordre mais j'ai pas voulu... Je... Je devais lui parler. J'ai dis que j'allais l'interroger sur Voldemort et... On l'a attaché solidement à une chaise avant de le libérer du sortilège. Et... Il... Il m'a rit au nez quand j'ai commencé à lui poser des questions. Il... Il m'a dit qu'il avait expliqué à mes parents que c'était ma faute qu'il les avait tué que... Que tout avait toujours été de ma faute. Il m'a affirmé que mon père avait souhaité ma mort... Je l'ai imaginé les yeux pleins de haine. Je... Il avait raison c'était ma faute. J'aurais dû être là pour les protéger ou... J'aurais dû ne jamais exister, s'écria-t-elle en éclatant en larmes. J'aurais pas dû naître sorcière. Parfois je regrette tellement si tu savais... J'aurais tant aimé être une petite fille normale... Mes parents seraient toujours en vie...
Sa bouche était déformée par le douleur. Les larmes coulaient toutes seules et lui ravageaient le visage. Drago tentait de garder une respiration calme. S'il avait su...
-Alors, reprit-elle avec difficulté. Je suis devenue un monstre. Je l'ai torturé. Longtemps... Il criait si fort, si tu savais. Il me suppliait d'arrêter mais je le faisais pas... Je continuais. Je souriais cruellement... Tu te souviens de Hitler ? Il avait un homme à son service. (Klaus) Barbie. C'était un monstre, lui aussi. Il torturait les gens pendant des heures et des heures... Mon grand-père était passé entre ses mains. Il m'a tout raconté. Absolument tout. Alors je... Je l'ai imité. Il souffrait tellement si tu savais... Et moi j'étais bien. Vraiment bien. Et à la fin, quand il est mort, quand... Je l'ai tué de sang froid parce que j'en avais assez, je me suis retournée et je les ai vu Malfoy... J'ai vu les yeux de Luna qui n'avaient plus rien d'innocents. A cause de moi. A cause de moi, Malfoy, rien que moi... Tout est de ma faute, je suis un monstre, je t'en supplie tue-moi... Je dois mourir ! Je veux mourir, il faut que je meurs... Je dois mourir parce que j'ai pris plaisir à tuer. Je mérite pas le droit de respirer. J'ai tué tellement plus qu'un homme... J'ai tué les dernières illusions de Luna, j'ai assasinné la flamme d'espoir dans les yeux de Ginny, j'ai achevé une partie de Pansy. Et surtout, j'ai perdu mon humanité... Je me suis tuée toute seule.
Elle ne s'arrêta plus de pleurer. Elle laissait couler des litres et des litres d'eau salée. Et il la regardait. Il tremblait. De peur et d'autre chose qu'il n'arrivait pas à déterminer. Il ne pouvait pas imaginer qu'elle ai pu faire ca.
Torturer quelqu'un était pour lui, la pire chose qu'on pouvait faire. Il devrait la haïr et une part de lui, le fait. Pourtant quand il la voit prostrée ainsi sur le canapé se mordant les lèvres au sang et sanglotant, il ne peut pas lui en vouloir. Ce n'était qu'une enfant. Elle a agit sans réfléchir aux conséquences, sous le coup de l'impulsivité. Est-ce que cela l'excusait ? Non. Pas entièrement. Mais cet homme, ce mangemort ne méritait-il pas finalement la mort ? Si, il l'a mérité. Et s'il avait touché à un seul cheveux de Pansy ou de Luna, il l'aurait tué lui-même.
-Je suis si sale... Je... Me suis tuée. Je mérite de mourir...
Il se retourna vivement vers elle. Il ne supportait pas que ces mots sortant de la bouche d'Hermione. Alors il s'approcha d'elle sans savoir comment apaiser sa douleur. Soudain une idée folle traversa son esprit.
Il posa doucement sa main sur son épaule et une autre sous sa tête. Elle le regarda le visage ravagé. Était-elle belle, les yeux rouges et exorbités, les lèvres déformées par la douleur, son teint trop pâle et son nez trop rouge ? Non pas réellement. Mais il s'en fichait. Il voulait juste qu'elle soit heureuse. Alors tout doucement, il embrassa ses lèvres meurtries. Elle laissa échapper un gémissement aigu et douloureux avant de se reculer rapidement.
Elle le regarda surprise. Son cœur battait à tout rompre. Elle voulait mourir. Elle voulait oublier son existence. Mais elle n'avait pas le droit d'arrêter de respirer. Mais n'y avait-il pas plusieurs façon de mourir ? Avec hésitation elle se rapprocha de Drago et effleura sa bouche avec délicatesse. Le jeune homme accentua le contact et caressa ses bras nus avec légèreté. Il avait peur de lui faire mal. Il n'en crut pas ses yeux lorsque la jeune Gryffondor s'allongea d'elle-même sur le canapé. Sa respiration était courte. Il était troublé. Troublé par la candeur de son visage qui ne l'était pourtant plus depuis longtemps, troublé par ses yeux criants de douleur, troublé par ce sentiment qui montait en lui, d'un endroit qu'il ne connaissait pas, troublé par sa simplicité et par ses cheveux fous. Troublé également par cette hésitation qui lui était tellement étrangère à ce moment donné...
-Tue-moi, Malfoy, murmura-t-elle en fermant les yeux, ne voulant pas sentir son regard qu'elle pensait rempli de pitié.
Étrangement, il comprit cet ordre et c'est avec une délicatesse qu'il ne se connaissait pas qu'il embrassa une épaule que laissait dénudée le tee-shirt trop grand de la jeune femme. Rapidement ce dernier disparut. Ses gestes étaient précis et doux. Ses mains touchaient ses flancs alors que sa bouche séchait ses larmes et rendait ses joues rouges. Elle tremblait encore de son chagrin. Elle se sentait terriblement fragile entre ses bras. Elle ne bougeait pas. Elle n'en avait pas le courage. Elle avait trop peur qu'il l'abandonne.
Il ne savait ce qu'il faisait. Sa peau était douce mais froide. Terriblement froide. Alors comme il le pouvait, il la réchauffait en la caressant toujours plus doucement. Elle avait arrêté de pleurer et c'était le principal. Elle gardait les yeux fermés et il la sentait frémir sous ses doigts. Il avait peur. De quoi ? Il ne savait pas. Ses doigts n'osaient pas se poser sur le fermoir de son soutien-gorge. Alors il enleva sa chemise.
Elle sentit sa peau contre la sienne. Il avait chaud. Ou alors elle avait trop froid, elle ne savait plus bien. Il paraissait si fort... Ses mains bougèrent toutes seules et allèrent se poser sur ses larges épaules pour s'accrocher comme si sa vie en dépendaient. Elle avait l'impression d'être au bord du gouffre, et qu'il n'y avait que cet homme pour la retenir, pour qu'elle se sente un peu vivante et pure. Des mots qui n'avaient plus réellement de signification pour elle.
Elle poussa un soupir et il ouvrit son soutien gorge. Il arrêta de respirer. Pourquoi tant d'émotion ? Pourquoi tant de pudeur ? Il voulait la réconforter, lui redonner envie de vivre, la sauver à sa façon. Mais il n'avait pas prévu que lui aussi se sentirait vivant. Il posa avec délicatesse sa main sur la courbe de son sein comme s'il avait peur qu'elle se brise. Il la sentait trembler. Elle était crispée et apeurée comme un animal pris en faute. Il eut un doute.
-Tu l'as déjà fait ? demanda-t-il avec douceur.
-Oui, chuchota la voix brisée.
-Alors pourquoi trembles-tu autant ?
-Parce que j'ai peur de te salir, articula-t-elle alors que de nouvelles larmes montaient dans le marron de ses yeux.
Il s'immobilisa un instant, sous le choc. Il l'embrassa alors avec passion.
-J'ai tué mon père, avoua-t-il alors sans préambule.
Elle le regarda et dû y lire quelque chose qui sembla lui plaire puisqu'elle lui prit la main et reposa à l'endroit où elle avait pris place auparavant. Et c'est alors que tout s'accéléra. Le désespoir s'empara d'eux. Drago laissa aller ses instincts et entreprit de découvrir la poitrine dorée d'Hermione avec tout le savoir-faire qu'il avait. Elle pressait sa tête contre elle en soupirant. La passion les gagnait doucement et les mains du jeune homme descendirent le jean de la Gryffondor qui l'aida en soulevant son bassin. Ce dernier rencontra celui du Serpentard avec un regard pleins de malice. Il décida qu'il était bon de se venger et utilisa sa langue de vipère au plus grand bonheur d'Hermione.
Tourbillon de sensations. Il ne pouvait plus s'arrêter. Il n'avait pas envie de s'arrêter. Pourquoi se serait-il arrêté ? La raison ? Il s'en foutait. L'avait-elle rendu heureux, cette raison ? Et elle, cette femme dans ses bras, cette femme brisée qui avait été la voix de la raison si longtemps, l'avait-elle sauvée ? Il était en colère. Il enrageait intérieurement. Il en voulait à la terre entière pour toute la douleur qu'il ressentait dans chacun des gestes de son amante. Il la serra plus fort alors qu'elle se mit à haleter lorsqu'il passa la barrage de sa culotte avec sa main.
Elle devenait folle. La douleur était toujours là mais elle se cachait pour laisser la place au plaisir. Elle devrait avoir peur de l'après mais elle ne voulait pas, elle n'avait pas peur dans ses bras et ce pour une étrange raison qui lui échappait. Ses doigts entrèrent en elle et elle l'embrassa pour étouffer un cri. Cela faisait si longtemps qu'elle ne s'était pas autorisé ce genre de plaisir. Cela faisait si longtemps qu'elle ne s'était pas autorisée de vivre, de faire une folie. Merlin, comme ça lui avait manqué...
-Arrête...
Il lui lança un regard perplexe et elle enleva les quelques cheveux blonds qui étaient devant ses yeux gris. C'était un geste très maternel et presque intime qui bouleversa Drago.
-Viens en moi.
Le jeune homme sentit son cœur se gonfler d'orgueil devant cet ordre mais aussi devant la détermination qui brillait dans ses yeux noisettes. Alors il enleva ses doigts et remarqua avec surprise que son pantalon et son boxer avaient disparut. Elle avait un sourire en coin qui le fit chavirer. Alors il avait réussi ? Il lui avait redonné le sourire ?
Il entra en elle avec toute la délicatesse du début de leur rapport, comme si elle était encore vierge, comme si elle était encore pure et elle fut touchée par cette attention. Elle tremblait encore mais cette fois ce n'était pas de la peur ou de la douleur. C'était beau. Ou bon comme vous voulez.
Ils s'aimèrent. C'est étrange de dire ca, de ces deux-là. Nous les voyons se regarder du coin de l'œil depuis le début et pourtant, rien n'a jamais été concret. Nous les avons toujours vu si différents mais pourtant là, nus, emboîtés l'un dans l'autre, le sont-ils vraiment ? Leurs souffles ne sont-ils pas tous deux essoufflés ? Leurs mains ne se serrent-elles pas l'une dans l'autre ? Leurs bouches ne sont-elles pas liées ? Leurs jambes ne sont-elles pas emmêlées ? Leur plaisir n'est-il pas le même ? Et leurs cœurs, eux, ne se comprennent-ils pas dans cet instant de félicité ? La magie du moment monte. Doucement. Tendrement. Mais qu'en sera-t-il du retour à la normale ?
Ils eurent leur orgasme ensemble. Ils avaient fait l'amour ensemble. Ils s'étaient aimés ensemble. Ensemble. Drago n'avait jamais vraiment compris la signification de ce mot avant de jouir à l'intérieur d'Hermione. Ensemble. Hermione ne croyait plus à ce mot jusqu'à sentir Drago sur elle. Ensemble. Qui aurait cru qu'ils pouvaient l'être ?
Il pesait de tout son poids sur elle. Il haletait. Il se releva en s'appuyant de chaque côté de son amante, les bras tremblants. Elle ouvrit enfin les yeux. Elle était belle finalement, se dit-il en voulant se pencher pour l'embrasser. Elle le repoussa. Il ne comprit pas quand il la vit se dérober à lui rapidement. Elle se rhabilla avec précipitation et il la regarda faire comme si ce n'était pas la réalité. Elle se retourna vers lui, et elle crut voir les yeux de Luna, pleins d'innocence et de tendresse. Elle secoua la tête et sortit.
Il s'assit décontenancé. Elle était partie comme ça. Il n'en revenait pas. Il ne comprenait pas. Pourtant il aurait dû comprendre. Il n'y avait jamais de après avec lui. En quoi le fait qu'elle s'appelle Hermione Granger aurait changé quoique ce soit ? Il avait voulu l'aider et il avait réussi. C'était fini.
Il regarda la moquette, en pleine introspection et il aperçut le livre qu'elle avait fait tombé plus tôt.
"On empêche pas un petit cœur d'aimer."
Tout était-il vraiment fini ?
To be continued.
Alors... Est-ce que c'est trop rapide à votre goût ?
En espérant que vous avez aimé !
Anciennement LittleBeattle et maintenant Lula's Lullaby.
