Traduction : Funnyway

Placée dans ce recueil, malgré qu'elle ne fasse pas un lien direct avec les autres os, pour une bonne raison. Voici la version revisitée de la scène du restaurant avec Nora, House et Wilson. Qui lit du Hilson fut sans doute déçu par la demande en mariage non-aboutie, voilà qui sera réparé.


Auteur original : Alternatealto

Titre original : Getting a yes

Rating : K+

Genre : Humour et Romance

Résumé : Et si un certain moment fâcheux dans un certain restaurant s'était déroulé un petit peu différemment ?


Obtenir un oui


« Oui. » répondit House.

Wilson, un genou à terre, se figea. Tenant toujours la boite contenant la bague, il balbutia :

« Qu-quoi ?!

— J'ai dit, oui. » répéta House.

A la table à côté, La dame âgée jubila et posa son menton entre ses mains. Nora se détourna, couvrant toujours sa bouche, les yeux pétillants.

« Mais-mais je pensais… »

L'expression triomphale de Wilson s'évanouit peu à peu, remplacée par celle d'une consternation choquée.

« Je sais. Tu pensais que je ne capitulerai jamais. Mais honnêtement — » House balaya la salle du regard pour trouver le soutien de ses complices de diner. « Qui peut résister à ça ? Regardez-le ! »

Il y eut un murmure d'approbation appréciatrice, particulièrement de la part des femmes de la salle. House sourit au regard de Wilson, savourant le désarroi de sa victime éberluée, puis il tendit la main et saisit habilement la boite des doigts paralysés de Wilson.

« Oohh… » roucoula House, en sortant la bague. « Tu es revenu chercher celle que j'avais admiré chez le bijoutier l'autre soir ! »

Il la glissa à l'annulaire de sa main gauche. Il parvint à conserver la même expression alors que la bague glissait parfaitement à son doigt et il résista à l'envie d'adorer cette vision.

« Masculine, mais romantique. Je… je ne sais pas quoi dire. Tu me connais si bien ! » Il porta la main avec la bague à son cœur et pencha la tête. « Qui pourrait dire non à quelque chose comme ça ? Viens par ici, mon coeur ! »

House se leva, attrapa Wilson par les épaules et le souleva du sol pour le serrer dans ses bras, puis il réalisa que la bouche de l'autre homme était toujours ouverte de surprise.

Ohh, parfait.

Une demie seconde plus tard, il embrassait Wilson avec tout ce qu'il avait et le restaurant tout entier explosa en un tonnerre d'applaudissements.

Je vais payer pour ça plus tard, se dit House.

Puis les bras de Wilson l'étreignirent un peu plus, le baiser évolua et– wahou, qu'est-ce qu'il se passe ? – mais cela ne dura qu'un instant ensuite Wilson s'éloigna de sa bouche.

« Je vais te tuer. » souffla doucement Wilson, couvert par les applaudissements tout autour d'eux.

« Moi aussi, je t'aime, chéri. » répondit House suffisamment fort pour que la salle l'entende. Gardant un bras autour de la taille de Wilson, il se tourna vers Nora. « Tu avais raison. Je n'aurai jamais dû douter, même un instant. Merci ! » lui clama House, transpirant la sincérité totale.

Elle lui sourit et il remarqua qu'elle avait les yeux larmoyants. Apparemment il était un bien meilleur acteur qu'il ne l'avait réalisé. Par-dessus l'épaule de Wilson, il vit que le propriétaire du restaurant avançait vers leur table, suivi des serveurs avec des bouteilles de champagne et des plateaux de flutes en verre.

« C'est la maison qui offre ! » annonça le restaurateur solennellement. « Félicitations ! »

Les verres de champagne furent servis à chaque table et la salle entière se leva pour un toast.

« Greg et James, tout le monde ! Souhaitons le meilleur à l'heureux couple ! »

Wilson, un sourire figé sur le visage, leva son verre puis se pencha comme s'il allait embrasser son nouveau fiancé avant de finalement trinquer avec lui.

« Je le pense. » murmura-t-il « Tu es carrément foutu, House. »

En réponse, l'interpellé fit simplement du baiser une réalité, souriant ironiquement aux flashs d'une demi-douzaine d'appareils autour d'eux. Puis il leva son propre verre et le but d'une traite, défiant du regard les yeux enflammés de Wilson.


^/\^


« Retire-là !

— Nan.

— House ! » Wilson était en mode vrai Wilson, arpentant la pièce principale de l'appartement, cheveux au vent, mains s'agitant à hauteur des épaules. « Je ne peux pas croire – non, attends, bien sûr que je peux croire ce que tu m'as fait. Mais tu savais parfaitement bien que c'était —

— le moment que j'ai attendu durant des années. »

Wilson s'enflammait toujours.

« Une blague ! Une blague, House ! Une revanche pour le —attends, quoi ? »

Il s'arrêta brusquement dos à House, les mains toujours suspendues en l'air tandis qu'il prenait conscience des mots de l'autre homme.

« Tu m'as entendu.

— Non. » trancha Wilson, se tournant pour lui faire face. « O-oh, non... » Il eut un rire amer. « Non, House ! Tu ne vas pas faire ça.

— Faire quoi ? » demanda innocemment l'autre homme.

« Faire… quelque que soit… ce que tu penses que tu fais en ce moment-même, en prétendant soudainement avoir des sentiments gay pour moi !

— Qu'est-ce qui te fait penser que je prétends ?

— Je suis… je ne vais même pas honorer ça d'une réponse ! Rends-moi juste la bague, d'accord ?

— Je te l'ai déjà dit, c'est non.

— J'ai besoin de la rapporter !

— Bien dommage ! Cette bague, » annonça House « reste où elle est. »

Il mit ses mains contre son torse, la droite couvrant la gauche de manière protectrice. Et s'il battait des cils en regardant Wilson, c'était seulement parce qu'il ne pouvait y résister.

« House, ça suffit ! Tu fais seulement ça pour… pour m'humilier. Bon, bien, tu as réussi ! J'ai été embarrassé devant un restaurant entier et devant nos voisins du dessus, que je ne pourrais probablement plus jamais regarder en face et

— Juste une minute, Monsieur Romantique. C'est toi qui es venu briser la tranquillité de mon rencard, c'est toi qui as déclaré que tu m'aimais, toi qui as mis un genou à terre devant une salle pleine de gens et qui m'as demandé de t'épouser. Personne ne t'a forcé à faire tout ça ! Encore moins moi, alors tu peux arrêter avec tes accusations tout de suite.

— Tu sais parfaitement bien que je n'ai jamais réfléchi à —

Exactement. »

Wilson le foudroya du regard, puis il agita les mains en l'air une dernière fois avant de se retourner et de se diriger vers sa tanière, murmurant quelque chose dans sa barbe qui ressemblait à un flot de malédictions juives.

House l'observa partir d'un air songeur.


^/\^


Le répit ne dura pas, bien sûr.

Wilson repartit à l'assaut dès le matin, avant même que House ait eu sa première tasse de café.

Ce qui était non seulement injuste, mais une erreur stratégique importante, puisqu'un House sans caféine était encore moins susceptible d'être coopératif qu'un House qui était (bien qu'à contrecœur) réveillé.

« Tu ne portes pas ça pour travailler. »

House baissa le regard vers sa tenue, puis il cligna des yeux, encore somnolent.

« Qui es-tu, ma mère ? Je porte ce que je mets d'habitude pour travailler. Si j'étais réveillé—» Il bailla à gorge déployée et se dirigea vers la cafetière en boitant. « Je me demanderai aussi probablement pourquoi tu t'en préoccupes. Mais je ne le suis pas donc je ne me pose pas la question. »

Il tâtonna à la recherche d'une tasse dans le placard puis versa le café chaud dedans, renversant une partie par-dessus bord alors qu'il touillait le sucre.

« House, j'ai besoin que tu me rendes cette bague.

— Oh, ça ? Je pensais que nous avions déjà eu cette conversation. »

House poussa un autre bâillement profond. Il prit une gorgée de café et fit la grimace.

« C'était celle de mon grand-père. » poursuivit Wilson, impassible.

« Et maintenant c'est à moi. » House ajouta plus de sucre.

Wilson mettait toujours trop de café, ou peut-être pas assez d'eau.

House n'était jamais suffisamment réveillé pour être sûr de ce qui n'allait pas, c'était juste si fort qu'il lui fallait toujours plus de sucre qu'il ne l'aurait cru pour l'adoucir. Maintenant qu'il y pensait, c'était aussi vrai pour le café de Wilson que pour les matins. Et de plus–

« Attends. La nuit dernière tu as dit que tu devais rapporter la bague et maintenant tu dis que c'était celle de ton grand-père. Alors quoi ? Est-ce que tu la sors juste pour les occasions spéciales ou un truc du genre ?

— J'ai besoin de la rapporter » expliqua Wilson avec une pointe d'agacement dans le ton excessivement patient de sa voix. « au coffre, auquel elle appartient.

— Appartenait. » le corrigea House, buvant une nouvelle gorgée de café.

Trop sucré, mais un petit peu plus buvable.

« Appartient. » répéta Wilson. « Allez, House. Tu t'es bien amusé, maintenant j'ai besoin que tu me la rendes.

— Et, comme je me rappelle te l'avoir dit auparavant, non.

— House… !

— Tu me l'as offerte. Volontairement ! Devant des témoins, en gage d'une proposition de mariage. Tu as partagé le toast après que j'ai accepté. Je dirais qu'elle est à moi maintenant. »

Son regard soutint celui de Wilson par-dessus le bord de sa tasse. Les épaules de Wilson s'affalèrent.

« J'aurai dû dire à tout le monde au restaurant que c'était une blague.

– C'en était une ?

– Qu-quoi ? Oui ! Bien sûr que c'était… je t'ai dit–

– Alors pourquoi est-ce que tu ne l'as pas dit à tout le monde au restaurant ? » s'enquit House.

Mentalement, il s'octroya plusieurs points bonus pour arriver à conserver un visage impassible si tôt dans la matinée.

« Parce que ça aurait mis Nora mal à l'aise ! » argua Wilson. « Elle– elle pensait qu'elle était en train de diner avec un homme gay ! Comment se serait-elle sentie en découvrant qu'en réalité, elle avait rencard avec un abruti qui voulait seulement arriver dans son lit ?

– Comment aurait-elle pu le savoir, à moins que tu n'annonces ça devant tout le monde ? » demanda House avec logique, prenant une longue gorgée de café.

Wilson cligna des yeux, son expression soudainement hésitante.

« Bien sûr si tu l'avais fait. » continua House. « alors les chances étaient grandes qu'elle pense diner avec un gay dont le partenaire faisait une blague cruelle à ses dépens. Ce qui aurait été le piège parfait– pour moi. »

Wilson leva les mains doucement et ouvrit la bouche mais House enfonça le clou.

« J'aurai pu revenir à notre immeuble avec elle et la supplier de rester chez elle pour la nuit, plutôt que de faire face à l'homme qui m'avait si cruellement humilié en public. Ça aurait fait progresser mon plan de façon exponentielle ! » Il s'arrêta une seconde. « Mais tu savais que tu ne pouvais pas faire ça. Admettre que la demande était seulement une blague aurait fait de toi le vrai crétin, pas moi. Tu savais que ça donnerait ce résultat. Tu le savais, forcément. »

House finit sa tasse de café et la posa sur le comptoir, sans quitter un seul instant des yeux l'autre homme.

« Je–

– Tu, » le coupa House « t'es délibérément mis dans une situation dont tu ne pouvais pas t'extraire. Pourquoi ?

– Je…

Sais-tu seulement pourquoi ? »

Les mains de Wilson se crispèrent le long de son corps. Il regardait fixement au-delà de House maintenant, avec l'expression d'un homme qui avait ajouté deux et deux et qui, contre toute attente, avait obtenu six.

House avança d'un pas vers Wilson, puis d'un autre.

« Peut-être que tu le sais. Peut-être que tu as seulement peur de l'admettre.

– House… » ce fut un demi-murmure, maintenant Wilson ne regardait nulle part ailleurs qu'en sa direction.

« Alors je te propose un marché. » avança House. « Je te rends la bague, » Les yeux de l'autre homme étaient plantés dans les siens, de surprise. « après que tu m'aies laissé t'embrasser une fois de plus. »

Wilson prit une grande inspiration et recula d'un demi-pas. Sa bouche se crispa, ses yeux se posèrent sur le visage de House, vers la cuisine, puis revinrent à House.

« Je… euh… » commença Wilson mais sa voix mourut et il se mordit la lèvre inférieure.

« Tu as survécu la première fois. » fit remarquer House.

Il lui montra la main qui portait la bague. L'expression de Wilson se fit pleine de détermination.

« Je- Okay. Un baiser et tu me rends la bague.

– Exact.

– Attends ! Comment est-ce que je sais que tu ne vas pas… continuer avec d'autres chantages après ça ?

– Est-ce que j'ai l'air d'être un donneur de baisers en série ? » ironisa House avec un ton indigné.

Wilson leva les yeux au ciel mais il ne demanda pas d'autre preuve des bonnes intentions de House. Il tint bon alors que House s'approchait de lui pour le toucher.

Si c'est la seule chance que j'ai, pensa House, alors je vais la saisir à fond.

Il prit Wilson dans ses bras. Puis il fit de son mieux pour recréer le baiser qu'il lui avait donné au restaurant la nuit dernière. Son attention entièrement focalisée sur ce moment, espérant le même type de réponse qu'il avait brièvement senti l'autre soir.

Quelques secondes passèrent, quelques autres de plus…

Puis Wilson le serra contre lui et, sans difficulté, lui vola le contrôle du baiser. Le cœur de House se mit à cogner irrégulièrement alors qu'il tentait de reprendre le pouvoir.

A cet instant, cela devint rapidement quelque chose entre le baiser et la compétition – que Wilson, ce bâtard, gagna finalement avec un mouvement totalement déloyal : caresser doucement des doigts la peau sensible de la nuque de House.

C'était une manœuvre que Stacy avait toujours utilisé pour le faire chavirer. Et l'effet était même pire venant de Wilson…

House parvint difficilement à rester debout et il rompit le baiser avec un gémissement. Wilson attendit que House retrouve son équilibre, puis il desserra son étreinte et s'éloigna d'un pas, sa main glissant à l'arrière de sa propre nuque alors qu'il fixait silencieusement le sol. House prit une profonde inspiration puis retira la bague de son doigt.

« Un baiser, une bague comme promis. » déclara-t-il, tenant celle-ci devant Wilson et espérant que le tremblement dans sa voix était passé inaperçu.

A ce moment-là, Wilson releva la tête et dans ses yeux, l'éclat de satisfaction fut incontestable.

« Garde-là. » lui annonça Wilson en douceur, avec ce petit air diabolique accroché aux lèvres alors que House se figeait sous la surprise.

La vérité frappa House avec la même force que n'importe quelle autre épiphanie. Après quelques secondes, il ferma la bouche en secouant la tête pour dissimuler son admiration.

« Ohh toi, garce manipulatrice ! » s'exclama-t-il et le sourire de Wilson s'élargit. « Tu le pensais tout du long ! Tu me proposais sincèrement de t'épouser, mais tu savais que je dirais "non" à moins que tu n'en fasses une blague. Alors tu t'es délibérément piégé pour me faire croire que j'avais l'avantage sur toi. Tu– » Il s'interrompit, tellement admiratif de la ruse de Wilson qu'il en fut à court de mots un instant. Wilson lui souriait ouvertement, profitant de ce rare moment de triomphe absolu. « A aucun moment, je ne l'ai vu venir. » admit finalement House, secouant à nouveau la tête.

Il tenait toujours la bague. Wilson se rapprocha, la saisit et la fit glisser à nouveau au doigt de House.

« Tu as dit oui. » lui rappela-t-il quand House lui jeta un regard incertain.

« Qu'en est-il de Nora ? » questionna House, juste pour placer quelque chose qui lui éviterait de trop en dire.

« Elle était dans le coup depuis le début. » lui révéla Wilson. « Comment crois-tu que j'ai su où vous alliez diner ? »

Il n'avait même pas pensé à se poser la question !

« Je dois perdre mon don... » se plaignit House. « Soit ça, soit j'ai été privé d'oxygène par ton baiser.

– Maintenant que tu le mentionnes… » murmura Wilson, s'approchant tout près.

Bon, je peux m'habituer à manquer d'oxygène, décida House quelques minutes plus tard.


^/\^ FIN ^/\^


Funnyway : maintenant je peux le dire sans spoiler : je l'ai choisi surtout parce que House est désarçonné par Wilson, malgré toutes ses tentatives pour avoir le pouvoir absolu. Ahah j'adore !