Bonjour bonjour !
Encore une fois, ce thème a plus ou moins été rendu non-canon par KHUx, j'en suis désolée, mais je l'aimais bien et ça m'embêtait de le supprimer à cause de ça, donc voilà, même si c'est plus très canon, je vous le laisse.
Bonne lecture !
« Garçon ! Qu'est-ce que tu as encore fait ? »
« Mais c'est pas moi, madame ! C'est Henry et Mattéo ! »
« Et en plus, tu me mens ! »
« Non je vous jure, c'est eux ! »
« Guillaume et Léa disent qu'ils ont passé l'après-midi avec Henry et Mattéo ! Je suis censée croire qu'ils mentent tous les quatre et que tu es le seul à dire la vérité ? »
« Mais c'est pas moi qui ait cassé les assiettes... » murmura le petit garçon d'un ton triste.
« Tu devrais avoir honte d'être un tel menteur ! Personne ne voudra jamais t'adopter si tu continues comme ça ! Maintenant, va nettoyer tout ce bazar, puis tu vas directement dans ta chambre, pas de repas pour toi ce soir. »
« Oui, madame. » se résigna-t-il.
La directrice de l'orphelinat lui donna un balai et un ramasse-poussière, puis avec un dernier regard réprobateur, tourna les talons. Il soupira. De toute façon, les adultes ne le croyaient jamais ; ils préféraient penser que Mattéo et Henry, avec leurs visages d'anges, étaient innocents et purs. Lui, il était trop triste, trop silencieux, trop bizarre pour qu'il soit normal. Les enfants se moquaient sans arrêt de lui, le personnel l'ignorait et la responsable de l'orphelinat le détestait, même s'il n'avait jamais compris pourquoi. Et une nouvelle fois, c'était lui qui se faisait punir pour les autres, sans qu'il n'ait pu se défendre. Il avait tout essayé, mais après quelques années, il avait renoncé, et avait accepté qu'il passerait le reste de sa vie ici seul.
Avec un soupir, Ventus, âgé de 8 ans et demi, attrapa le balai, avala son amertume, et commença sa punition.
« Ven-tus est un bébé, Ven-tus est un bébé, Ven-tus est un bébé ! »
Les autres enfants rirent méchamment, se balançant la peluche les uns aux autres, tout en poussant le petit blond dès qu'il passait près d'eux. Ce dernier courait après son nounours sur des jambes tremblantes, couvert de boue et des bleus qu'il s'était fait à force de tomber. Mais les autres s'amusaient comme des petits fous, en le voyant tourner en rond comme un animal affolé, et ils continuèrent, scandant des moqueries et des mots blessants.
Finalement, épuisé et humilié, le petit garçon sentit ses jambes lâcher sous lui, et il tomba à genoux. Les rires redoublèrent, et incapable de se retenir plus longtemps, Ventus commença à pleurer. Pourquoi est-ce qu'ils étaient tous aussi méchants avec lui ? Il n'avait rien fait, il était juste en train de lire un livre dans sa chambre quand ils étaient arrivés et avaient pris Sophia, son doudou, la grenouille toute douce avec qui il s'endormait chaque soir, sa confidente et seule amie. Il ne comprenait pas pourquoi tout le monde le détestait il avait essayé d'être gentil, de sourire, de donner ses desserts à ceux qui le voulaient, de rendre service, mais à chaque fois, il n'avait droit qu'à des coups et des remarques blessantes.
«Ven-tus est un bébé, Ven-tu est un bé- »
« Qu'est-ce que vous faîtes ? »
Aussitôt, toutes les têtes se tournèrent vers Mademoiselle Leïla. C'est une des nouvelles surveillantes, et probablement la pire ; elle détestait les enfants, n'ayant accepté le travail que pour avoir un salaire, et n'hésitait pas à s'en prendre à eux à la moindre occasion. Un des enfants jeta discrètement le nounours devant Ventus.
« C'est rien, c'est Ventus, il s'est fait mal en tombant, et maintenant il pleure. »
« C'est pas vrai ! Encore ? Bon sang, quel sale gosse, tu ne sais pas tenir sur tes jambes ou quoi ? »
Le garçon sentit ses sanglots redoubler, incapable de se calmer, et la femme l'attrapa violemment par le bras.
« Et en plus, tu es dégoûtant ! Et après, on s'étonne que tes parents t'aient laissé ici, moi aussi je t'aurai abandonné si tu avais été mon enfant ! Personne ne veut d'un tel pleurnicheur ! »
Il fut traîné dans la salle de bain et lancé violemment dans la baignoire après avoir été déshabillé à l'aide de grands gestes brusques. Ses bleus et griffures lui faisaient mal, et il pleurait toujours un peu, mais se laissait faire. Leïla lui jeta un regard dégoûté et alluma l'eau, ne prenant pas la peine de vérifier que la température n'était ni trop basse ni trop élevée, et l'aspergea avec le jet bouillant avant de le nettoyer sommairement. A la fin, toutes ses blessures le lançaient, et sa peau était rouge sous le coup des brûlures de l'eau, mais la femme sembla satisfaite car elle lui tendit une serviette puis le poussa hors de la pièce.
Le petit blond se dirigea à toute vitesse vers sa chambre, remerciant le ciel de ne croiser personne en chemin. Il enfila rapidement son pyjama et se glissa dans son lit. Il n'avait pas Sophia avec lui, la peluche étant trop sale pour qu'il ait pu la ramener avec lui (il la récupérerait quand elle serait passée à la machine à laver, se promit-il), aussi se contenta-t-il de serrer son oreiller contre lui, en espérant que ça suffirait. Il ne comprenait pas pourquoi tout le monde le détestait. Était-ce la même raison qui avait poussé ses parents à l'abandonner ? Si seulement quelqu'un pouvait lui dire ce qui n'allait pas chez lui, il pourrait essayer de s'arranger, pas vrai ? Et peut-être même que quelqu'un viendrait l'adopter, lui, et il pourrait avoir une nouvelle famille qui l'aimerait !
C'est avec le cœur rempli d'espoir que Ventus, du haut de ses 3 ans, s'endormit.
Le garçon haussa un sourcil, intrigué et un peu dédaigneux. Est-ce que ce vieil homme allait vraiment adopter l'un d'entre eux ? A cet âge, on était plus proche de la mort que de la vie ; peu importe qui il comptait emmener avec lui, cet enfant allait vite redevenir orphelin. Enfin, ce n'était pas son problème. Ça faisait longtemps que Ventus avait compris que personne ne voudrait jamais de lui ; à chaque fois qu'un couple lui adressait la parole, intrigué par sa solitude puis charmé par son doux sourire, la directrice arrivait et racontait une montagne de mensonges à son égard, expliquant qu'il était un enfant à problèmes, pas très vif d'esprit ni utile. Il avait tenté de protester, au départ, mais entre une adulte bienveillante et un enfant étrange, il n'était pas dur de choisir qui croire. Maintenant, il ne disait plus rien quand le manège recommençait.
Aussi, quand le vieil homme vient s'asseoir à côté de lui quelques minutes après avoir été présenté aux enfants de l'orphelinat, il ignora sa présence, préférant rester concentré sur le sol, traçant des formes dans la poussière avec le bout de ses chaussures. Bien assez tôt, il partirait, de toute façon.
« Quel est ton nom ? »
Il ne lui adressa même pas un regard.
« Ventus. »
« Qu'est-ce que tu penses des fourmis, Ventus ? »
Le blond lui jeta un regard étrange. Qu'est-ce qu'il racontait ? Il vit alors, au sol entre les chaussures de l'homme, des fourmis se suivre les unes les autres, chacune transportant de la nourriture sur son dos.
« Ce sont des fourmis. Pourquoi je devrais m'intéresser à elles ? »
En réalité, le garçon aimait bien les fourmis, et les insectes en général. Mais il n'avait pas envie de se lancer dans un étrange débat avec le vieil homme, et une réponse aussi désagréable avait tendance à repousser les gens.
« Je vois. »
Ce qu'il pouvait voir, Ventus n'en avait pas la moindre idée, mais avant que la conversation ne puisse aller plus loin, il vit la directrice arriver à grands pas, un faux sourire amical plaqué au visage. Et voilà, c'était reparti pour un tour, soupira-t-il intérieurement.
« Ah, Monsieur Xehanort, je vous cherchais ! »
Xehanort, hein ? C'était un nom étrange, pour un homme étrange. Il supposa qu'il lui allait plutôt bien, du coup. Il noya le blabla de la femme par habitude. C'était moins douloureux s'il n'entendait pas les choses qu'elle racontait à son propos. Cependant, au bout de quelques minutes, il sentit une main gantée se poser sur son épaule, et il sursauta. Relevant les yeux, il tomba sur ceux dorés de l'homme.
« Je ne suis pas d'accord. Ventus m'a l'air d'être un garçon très intéressant. Si tu n'y vois pas d'inconvénient, mon garçon, j'aimerai beaucoup que tu viennes avec moi. »
Le blond le fixa, éberlué. Est-ce que c'était une blague cruelle ? Mais un regard au visage choqué de la directrice lui confirma que non. Après quelques secondes de flottement, il finit par hocher la tête, et un sourire étira ses lèvres.
« Très bien. Je vais aller m'occuper des papiers, dans ce cas, pendant que tu vas chercher tes affaires. »
L'enfant se leva rapidement et fila à toutes jambes dans sa chambre. Certes, ce n'était pas exactement ce qu'il s'était imaginé quand il avait fantasmé à propos de ceux qui viendraient l'adopter, mais c'était mieux que rien ! Et puis, l'homme n'avait pas l'air méchant, même si un peu bizarre. Ça ne pouvait pas être pire que l'orphelinat, de toute façon, relativisa-t-il. Il rassembla ses maigres possessions, puis partit rejoindre Xehanort (devait-il l'appeler papa ?), un sourire guilleret aux lèvres.
A 11 ans, presque 12, Ventus échappait finalement à son enfer personnel.
Vanitas se réveilla en sursaut. Il s'assit et posa ses pieds sur le sol carrelé, profitant de la sensation de fraîcheur sur sa peau sensible pour s'ancrer dans la réalité. Il fronça les sourcils et serra les draps de son lit entre ses doigts, furieux. Il détestait ce genre de rêves. Il détestait se souvenir de leur vie, de sa vie d'avant, celle avant Xehanort, celle avant leur séparation, celle d'avant qu'il soit lui, celle de quand il était encore Ventus. La colère monta dans sa gorge, laissant un goût amer dans sa bouche. Il haïssait la personne qu'il avait été, autrefois. Il avait été si faible, à laisser les autres le tourmenter sans réagir, à se faire écraser sans broncher.
Un rire amer lui échappa. Le pire souvenir restait toutefois celui du jour de son adoption. Comment avait-il pu croire que quelque chose dans sa vie allait bien se passer ? L'orphelinat lui avait toujours porté la poisse, ça n'allait pas changer le jour de son départ. Il ignorait comment Xehanort avait fait pour le retrouver dans cet endroit pourri, mais il maudissait les circonstances qui l'avait poussé à y faire un tour. A bien y réfléchir, il aurait préféré rester là-bas ; il serait resté ce sale gamin naïf et débile, mais au moins, il n'aurait jamais été séparé en deux, il n'aurait jamais eu à subir l'entraînement de son Maître, sa rigueur et ses punitions, le vide qui suivait la création des Nescients, la douleur qu'il ressentait dès que l'un d'entre eux périssait.
Au moins, maintenant, il était fort. Bientôt, il le serait assez pour retrouver sa moitié et se joindre à elle. Dans peu de temps, il pourrait enfin redevenir entier. Avec un grognement irrité, il finit par se lever, et ôta son pyjama puis laissa les Ténèbres faire son œuvre, et recouvrir son corps avec son habituelle combinaison. Une fois son visage camouflé derrière son casque, il sortit de sa chambre, silencieux. Braig, au bout du couloir, le vit en passant et lui adressa un grand sourire narquois. Il s'était remis bien trop facilement de sa blessure, trouvait le brun.
« Salut, gamin ! »
Il ne lui répondit pas, agacé, et continua son chemin. Plus que quelques pas et il l'aurait dépassé, et il n'aurait plus à voir sa sale tête de la journée.
« Ben alors, t'as mal dormi ? Quelqu'un a fait un cauchemar ? T'inquiète pas petit, le vilain monstre sous le lit, c'est une connerie. »
Sans un mot, Vanitas parvint à son niveau, et lui donna un brutal coup de coude dans le ventre. L'autre se plia en deux, grognant sous le coup de la douleur, et il sourit méchamment en s'échappant du bâtiment. Il n'était plus faible.
