Ah oui après le sexe... bah ... le réveille ! Après tout, Belle est en couple avec Gaston... et Gold n'est pas le genre d'homme à vouloir partager la femme qu'il aime. Euh attendez, j'ai dis le mot : aimer... Oh oh il est dans la merde Julian Gold ! Je trouve que c'est un de mes meilleurs chapitres... La complexité des personnages est à son apogée ici... Du désir, des fuites... de la peur...

Oui, surement que pour Emma et Regina ça va sembler mieux aller que pour Belle et Gold... Car Gold n'est pas capable de gérer normalement ses émotions... Tout comme Belle...

Pour Emma, c'est de la peur... et Regina... bah elle est peut-être celle qu'on voit le moins dans ce chapitre... mais elle a tout un discours :p

Je veux personnellement remercier les guest à qui je ne peux répondre en privé... je vous aimes.

Bonne lecture


Dans le silence du matin, les rayons du soleil venaient caresser le visage endormi d'Isabelle French. Elle étira son corps, remplie d'une sensation de bien-être. L'odeur étrangère des draps la réveilla drastiquement, et c'est le cœur battant qu'elle s'assit dans le lit. Elle clignait des yeux tandis que ses souvenirs se recomposaient. Elle chercha Julian dans le lit, mais sa place était froide. Belle se passa la main sur le visage avant de regarder l'heure sur le réveil-matin de la table de chevet de Gold. 6H35 ! Gaston finissait à 7h et elle avait promis de venir le cueillir à la sortie de l'institut. Il voulait lui parler de quelque chose, lui avait-il dit la veille.

Belle se leva du lit rapidement, cherchant les vêtements que Julian avait si suavement retirés la nuit dernière pour lui faire l'amour de façon si intense. Son corps se souvenait de chaque pression de ses lèvres, de ses dents ou de sa langue sur sa peau. Elle en eut du mal à s'habiller tellement son corps était encore excité de ces sensations délicieusement irrésistible. Une fois le combat gagné, elle se mit à la recherche de ses souliers, avant de se rappeler qu'elle les avait retirés devant le divan, quand elle s'était assise avec Henry sur ses genoux. Quand elle sortit de la chambre de Julian, elle entendit de légers ronflements provenant du salon. Belle figea. Julian était affalé sur le divan, Henry contre lui, et dormait, la tête penchée vers l'arrière, appuyée contre le dossier du divan.

Le visage détendu par le sommeil, elle sentit le pincement du désir entre ses jambes, son regard perdu sur le visage qu'elle trouvait de plus en plus magnifique. Se sentant sûrement observé, aiguillé par son instinct de détective, Julian ouvrit les yeux devant une Belle contemplatrice.

- Je... mes souliers sont à tes pieds...

Entendant une voix inhabituelle, Henry se réveilla aussi et adressa un magnifique sourire aux deux adultes. Julian chercha du regard lesdits souliers et posa ensuite les yeux sur Belle, qui n'avait plus prononcé un mot. Se sentant mal à l'aise, elle fit le tour du divan pour se pencher et prendre ses souliers. Gold se leva. Il ne portait qu'un jeans. Ses cheveux courts étaient mêlés, un cadeau des doigts de Belle durant leur ébats sexuels de la nuit. Henry dans ses bras, il ne quitta pas la psy du regard, ne sachant plus s'il regrettait ou non la nuit passée. Il déposa son fils par terre et se dirigea vers la cuisine pour faire du café. Il se dit que ce pourrait être un bon moyen de briser le malaise du lendemain matin. Après avoir mis ses souliers, elle le regarda, ne sachant plus comment se comporter. Jamais elle n'avait été mal à l'aise après le sexe, mais jamais avant elle n'avait été infidèle. Et jamais, elle n'avait fait l'amour avec un patient. Avant Gold. Il y avait un avant et un après lui dans sa vie.

Se sentant à nouveau observé, Julian s'appuya contre le comptoir et plongea son regard dans celui de Belle, qui comme chaque fois, se sentit fondre devant l'intensité de Gold. Elle regarda l'heure et la panique la prit aux tripes.

- Je... je dois y aller.

- Je préparais… Tu ne veux pas un café avant ?

- Non, euh… Gaston va m'attendre. Je dois aller le chercher au travail avant… avant d'aller au poste.

- Ah oui... OK... Je comprends… répliqua Julian d'un ton qui oscillait entre la tristesse et le détachement.

Belle sentit que quelque chose dans leur complicité s'était brisé. D'avoir fait l'amour avec lui, mais de se sauver à toutes jambes le lendemain matin pour aller chercher son copain, ferait plus de dégâts qu'elle n'avait même pas pensé à imaginer. La pureté et la luminosité des doux moments entre eux venaient d'être gâchées par la réalité qui était venue les frapper de plein fouet. Le froid qui glaçait de l'appartement provenait de Julian Gold qui faisait maintenant dos à Belle, préparant le petit déjeuner d'Henry. Le petit devait sentir l'atmosphère très lourde, car il s'approcha de son père pour venir entourer sa jambe de ses petits bras. Julian se pencha pour le déposer sur le comptoir à côté de lui, ne prenant pas la peine de dire au revoir à Belle.

- On se voit tantôt, Julian...

- Ummm..

Belle ferma les yeux et même si elle ne regrettait pas la merveilleuse nuit passée dans ses bras, elle s'en voulait d'avoir cédé à la tentation sans mettre les choses au clair. Mais qu'aurait-elle vraiment mis au clair? Ce n'était même pas clair dans sa tête. Elle était venue chez Gold prétextant de savoir comment il allait après la journée horrible qu'ils avaient passée, alors que ce qu'elle désirait vraiment était ce qui s'était passé dans la réalité. Que pouvait-elle lui dire? J'ai choisi cette nuit car mon copain n'était pas à la maison et je pouvais découcher sans trop de problèmes? Que voulait-elle pour la suite? Elle ne le savait pas. L'impulsivité l'avait menée dans le lit de Gold et l'incertitude l'expulsait maintenant en dehors de son appartement. Belle se faisait croire que tout aurait été différent s'ils avaient parlé avant de faire l'amour. Mais c'était une mascarade indigne de la psy qu'elle était. Julian Gold était un homme d'une rare intensité et rien ne le changerait. Néanmoins, Belle aurait préféré le quitter sur dans de meilleures dispositions.

- Julian... commença Belle.

- Putain de merde, tu t'en vas ou non ?

Le ton tranchant de Gold fit sursauter Henry, qui éclata en sanglots et tendit ses mains vers son père. Ce dernier le prit dans ses bras pour le serrer contre sa poitrine, les yeux fermés et la mâchoire serrée. Belle sentit son cœur se contracter jusqu'à en évacuer tout le sang qui s'était transformé en larmes qui lui coulaient maintenant des yeux. Elle se dirigea rapidement vers la sortie, la peur au ventre. Quand elle ouvrit la porte, elle évita de justesse Emma, qui entrait au même moment.

- Oh! Salut Belle, tu...

- Je n'ai pas le temps... On se parle plus tard.

Elle passa en tornade à côté d'Emma pour ne pas que cette dernière remarque ses larmes rouge sang de son cœur brisé qui coulaient le long des joues. La blonde resta figée quelques secondes. Elle fixait Belle, qui s'était dépêchée d'entrer dans une petite voiture verte. Ayant fui l'appartement de Regina pour ne pas vivre un matin sous haute voltige, elle se posait quand même la question : que faisait la psy chez eux si tôt, et pourquoi être partie si rapidement ? Se pourrait-il que Julian et Belle aient eu aussi franchi la limite ? Curieuse de la réponse, elle entra chez elle.

- Mon bébé fait encore dodo ?

- Mamaaaaaan.

Après quelques secondes, elle entendit les petits pieds d'Henry courir vers elle. Quand il se jeta dans ses bras, elle cacha son nez dans les cheveux soyeux de son fils avant d'aller dans la cuisine rejoindre Julian. Compte tenu de la catastrophe dans ses cheveux et de ses yeux hantés, elle n'eut pas besoin de lui demander ce que faisait Belle ici. Il lui fit une grimace avant de lui tendre une tasse de café.

- Je croyais que c'était moi que tu appelais « mon bébé » maintenant...

- Je crois plus que tu es celui de la psy...

Gold leva les yeux au ciel avant de grogner et d'aller s'asseoir sur le divan du salon, prenant entre ses doigts une vieille croustille abandonnée sur la table la veille. Toujours avec son fils dans les bras, Emma s'approcha de Julian, ne le quittant pas du regard. Quand elle le sentait comme ça, les émotions en ébullition, elle savait qu'elle devait essayer de trouver les bons mots pour ne pas contribuer à l'explosion. Elle prit place à ses côtés, caressant les cheveux d'Henry, avant d'opter pour la stratégie de l'humour.

– Tu as fait peur à Belle ce matin, accoutré comme ça?

Il se tourna vers Emma, avant de souffler sa frustration.

– Elle n'a pas du accepter le nombre d'orgasmes qu'elle a eu hier soir et elle était probablement pressée d'aller vérifier avec son copain le plus qu'il lui en avait donné en une nuit!
– Pardon ? Tu as couché avec Isabelle French, notre psychologue ?
– Arrête, tu as bien baisé notre capitaine...

Emma déposa son fils par terre. Elle allait avoir besoin de ses deux mains et de tout son esprit pour bien comprendre. Julian leva les yeux au ciel, mais s'accota quand même contre le divan avec l'envie de hurler le mal qui s'était installé en lui ce matin. Il réussissait de moins en moins à se convaincre que la psy ne lui entrait pas dans la peau. La voir en consultation, une heure par jour, passait facilement. Mais durant les trois derniers jours, c'était devenu douloureux de pouvoir sentir son odeur, voir son magnifique visage et pouvoir la frôler, sans pouvoir la toucher, l'observer sans gêne, se glisser dans son cou pour mieux s'imprégner de son odeur. Il lui avait été impossible se contenir hier soir quand elle est arrivée devant lui, souriante et excité. Il s'était perdu en elle avec un plaisir qui frôlait la folie. Le réveil et le départ de Belle avaient tout changé. Julian le savait pourtant, qu'elle était en couple avec cette armoire à glace, de jeune et bel infirmier qui devait avoir tout ce qu'il voulait. Belle n'avait jamais mentionné si elle avait quitté son copain avant de courir chez lui pour lui faire l'amour à la folie. Elle devait même le regretter. Son empressement de quitter l'appartement pour aller rejoindre Gaston le démontrait clairement. Comment pouvait-il le lui reprocher de toute manière? Il avait 50 ans. Il était vieux, brisé et ses muscles devaient paraître atrophiés en comparaison avec ceux de Gaston. Mais s'il prenait le temps de rationaliser un peu, ce qu'il faisait rarement, il aurait pu se dire qu'il n'avait aucune preuve que Belle regrettait d'avoir faire l'amour avec lui. Au contraire, elle l'avait même serré très fort lui chuchotant des mots rassurants.

Mais, un des problèmes de Julian Gold était justement qu'il n'avait aucune confiance en lui, surtout quand il était question de sentiments. Ça avait fait l'objet de nombreuses discordes entre Milah et lui. Il s'était éloigné d'elle par peur qu'elle ne se lasse de lui. Il avait peu à peu déserté le lit conjugal, se consacrant exclusivement à Neal. Et quand sa femme lui avait été infidèle, il n'avait eu qu'à se convaincre qu'il avait toujours eu raison et que personne ne pouvait l'aimer. Encore maintenant, il préférait se voiler la face avec ses sentiments pour Belle. Juste avant qu'Henry ne se réveille, il avait été réveillé par la bouche de Belle sur son membre. Jamais il n'avait été réveillé par une femme lui faisant une fellation. Ça s'était poursuivi pour une deuxième ronde sexuelle complète. N'arrivant pas à se rendormir, il s'était ensuite levé et avait choisi d'utiliser le temps qu'il avait à paniquer sur ce qui venait de se passer. Il avait pris Henry contre lui et avait fini par s'assoupir, au bout de ses forces.

Julian préférait se dire que c'était Belle qui fuyait, dégoûtée d'avoir fait l'amour deux fois de façon consentante et délibérée avec lui. Il gardait en mémoire seulement le moment où elle avait quitté l'appartement quelques instants plus tôt pour rejoindre Gaston. Emma croisa les bras, le regardant toujours avec un mélange de fierté et de réprimande.

- Comment as-tu osé faire l'amour avec la psy qui doit nous évaluer ? Elle va devoir nous transférer à un autre psy... Merde, Jul'. Je commençais à la trouver super moi cette femme.

- Je... je n'ai pas pensé à ça.

- Bah non, tu as pensé avec ton pénis. Merde, merde... Je ne veux pas recommencer le processus autre une autre psy...

Emma le connaissait suffisamment pour savoir que ce n'était pas avec son l'organe du plaisir qu'il avait pensé la nuit dernière, mais avec son cœur et son âme. C'était encore plus dangereux que s'il avait voulu se la faire une seule fois. Mais la blonde ne voulait pas entrer dans une conversation douloureuse avec Julian.

- Tu n'es pas mieux... Que fais-tu si Regina te transfère de poste, car tu as pensé avec ta langue et non ta tête ?

- Ma langue... Tu crois vraiment que c'est la seule chose que j'utilise pour faire l'amour ? Et Regina ne ferait pas ça… Elle devrait justifier mon transfert… et bah, elle ne se commettra pas.

- Pareil pour Belle... Tu pourras toujours avoir TA psy.

- Ce n'est pas pareil, Julian, et tu le sais.

- En quoi ?

Elle détestait quand il avait raison et il avait souvent raison, le salaud. La panique s'emparait d'Emma quant à l'avenir de son partenaire. Elle n'avait pas envie de le voir sombrer, car il était tombé amoureux d'Isabelle French. La détective avait préféré se fermer les yeux devant les regards brûlants de Belle envers Gold, se concentrant sur son attirance pour la capitaine. Voyant que sa meilleure amie avait envie d'entrer dans des dévoilements trop intimes de son cœur, Julian préférant changer de sujet, et questionner Emma sur la nuit qu'elle avait passée à l'extérieur. Il jeta un regard sur Henry, qui jouait par terre, entre ses deux parents.

- Et toi... Regina Mills? lança-t-il d'un ton adouci.

- Quoi, Regina Mills ?

- Dis-moi tout...

- Tout, comme dans tout ? s'enquérit Emma, sachant qu'elle serait bien capable de tout lui raconter.

Gold secoua la tête en cachant son premier sourire du matin. Il déposa sa main sur l'épaule d'Emma, qui vient se coller dans ses bras.

- Non juste... Juste ton réveil.

- Ah, tu veux savoir si j'ai fui comme Belle?

- Umm… Alors ?

- Non... murmura-t-elle. J'ai fait pire. Je suis partie avant le réveil de Regina.

Julian déposa son menton contre la tête d'Emma, se disant leurs actions à tous les deux étaient pathétiques. Ils ne désiraient pas aller travailler aujourd'hui pour ne pas devoir croiser les deux femmes qui séquestraient leurs têtes. Confortablement installés dans les bras l'un de l'autre, ils sursautèrent à la sonnerie du téléphone de Gold. Emma grogna en se penchant vers la table basse pour regarder qui appelait. Elle eut un sourire en coin en remarquant que c'était Belle. Elle montra le téléphone à Julian qui ferma les yeux en secouant la tête, qui d'un geste de la main lui signifia de laisser la messagerie. Mais Emma Swan n'optérant pas à la demande de Julian, elle répondit.

- Portable du grognon Gold…

Julian ouvrit brutalement les yeux et la regarda, semi-horrifié, semi-colérique, alors que la blonde lui répondit d'un clin d'œil.

- Euh... Emma ? C'est... c'est Belle... Julian est près de toi ?

- Il est dans la douche...

- Ah oui, d'accord... Dis...

- Ça va, toi ? Tu es partie rapidement ce matin.

- Euh... oui... j'étais en retard... Je devais aller chercher mon... euh, Gaston au travail.

Gold fit signe à Emma de raccrocher, et devant son regard sombre elle préféra accéder à sa demande.

- C'est bien ça... Tu veux que je fasse un message à Julian ?

- Dis-lui juste... euh... Dis-lui juste que j'ai appelé, s'il te plaît.

- Tu veux qu'il te rappelle après sa douche, répliqua Emma, malgré le regard de plus en plus en colère de Gold.

- Non non non... Je vais le voir au poste.

- Parfait, à plus, Belle.

Une fois raccrochée Gold lui retira brutalement le portable de ses mains. Du coin de ses yeux elle le vit regarder le téléphone avant de le mettre dans la poche de son jeans, silencieux. Quand Emma se leva pour se préparer pour aller travailler, Julian la retient par la main.

- Elle voulait quoi ?

- Te parler... Sûrement te demander quand vous pouviez recommencer.

- Très drôle, dit-il les dents serrées.

Elle retira son chandail pour le lancer sur le divan. Elle ne se souciait pas d'être en soutien-gorge devant Julian. Elle se pencha vers lui et prit son visage mal rasé entre ses mains.

- Julian Leonard Gold! Pourquoi une jeune femme de 33 ans pourrait ne pas vouloir faire l'amour avec toi de nouveau? Tu aimais bien te vanter que tu savais t'y prendre au lit... Peut-être que Belle en veut plus…

- Ou peut-être qu'elle veut tout simplement me dire qu'elle a dans son lit un homme de son âge et qu'une vieille peau de 50 ans ne peut pas rivaliser…

- Tu veux rivaliser avec Gaston ?

D'un mouvement du menton, les mains d'Emma quittèrent ses joues et Julian se releva à son tour, sans répondre. Il se dirigea vers sa chambre pour s'habiller, tandis qu'Emma prit rapidement un chandail, le sentit pur s'assurer qu'il sentait bon et l'enfila. Elle prépara Henry et l'amena chez Ruby pour la journée.

Dans la voiture, le silence était absolu. Aucun des deux partenaires n'avait envie d'élaborer davantage. Ils étaient bien trop occupés à élaborer des scénarios catastrophes dans leur tête chacun de leur côté. Ils s'attendaient à ce que l'ambiance soit étrange au poste. Emma avait opté pour une attitude décontractée et amnésique : faire comme si rien ne s'était passé. Quant à Julian, c'était autre chose. Son désordre affectif lui rendant cette option impossible. Pour lui, il s'agissait d'un nouveau rejet, une erreur que Belle devait énormément regretter. Ne sachant pas comment gérer sa détresse, il avait appris à produire cette froideur digne de l'Antarctique. Il redoutait les regards de culpabilité de la psy.

Puisqu'ils arrivaient plus tard que d'habitude, tout le poste regarda Emma et Gold avec surprise quand ils arrivèrent enfin. Belle s'y trouvait déjà, en pleine discussion avec un homme que ni Emma ni Gold avait déjà vu. Ce n'était que le nouveau psy, Archibald Hooper pour les agents impliqués dans le meurtre de Coctard, mais Julian ne le percevait pas ainsi. Le démon dans sa tête lui hurlait que Belle allait transférer son suivi à cet homme qui d'ailleurs, ne semblait pas vouloir être au poste de police. Emma jeta furtivement un coup d'œil vers le bureau de la capitaine qui, elle aussi, était dans une discussion animée. Milah Gold ne semblait pas s'être calmée depuis la veille et ça se percevait dans ses réponses à la capitaine.

Les partenaires se dirigèrent vers leurs bureaux, quand Belle releva finalement la tête et osa un sourire tremblant vers Emma et Julian. Seule Emma lui renvoya son sourire. Elle marmonna quelque chose d'inaudible à son collègue, et se dirigea vers eux.

- Attention, la psy approche... avertit Emma à voix basse.

- Bonjour vous deux.

- Salut Belle...

Le regard bleu de Belle était rivé sur Julian, qui gardait sa tête obstinément baissée, se forçant avec violence pour ne pas la regarder. Il devait garder son cœur froid et en sécurité. Un seul regard de cette déesse et il était foutu. Mais Belle insistait pour ce contact visuel. Elle en avait besoin comme une plante avait besoin d'eau et de soleil pour grandir. Belle voulait s'accrocher au souvenir à leur nuit d'amour, la chérir et vérifier qu'elle ne l'avait pas rêvé comme elle avait rêvé à lui toutes les nuits depuis leur première rencontre. Elle pencha un peu la tête, se trouvant faible. Julian leva enfin ses yeux pour pénétrer son âme à travers son regard. Tout son intérieur se tordit de désir devant le sourire de Belle, mais leurs échanges furent coupés par une Milah qui sortit en furie du bureau de Regina.

- JULIAN ! Je dois te parler! Tout de suite! ordonna Milah.

Presque soulagé de cette interruption, il se leva rapidement et se dirigea vers Milah, qui lui prit le bras sans douceur pour l'amener vers les toilettes. Emma s'approcha de Belle pour y déposer le bras sur son épaule.

- Il est tellement sollicité de toute part...

- Pardon ? demanda Belle, surprise.

- Je taquine... Ne te laisse pas impressionner par son attitude.

Décrochant son regard des anciens époux la psy se tourna vers Emma.

- Tu es une super psy, mais tu caches très mal tes sentiments...

- Je ne vois pas de...

- Je sais pour Julian et toi.

Belle jeta un regard paniqué derrière elle pour vérifier que personne n'avait entendu avant de ramener son attention sur Emma. Son regard ne montrait aucune critique ou et aucun reproche ne filtrait. La psy savait parfaitement qu'Emma Swan ne serait pas une alliée, mais elle sentait qu'elle ne devait pas se positionner entre Julian et elle. Elle sentit aussi une mise en garde : ne fais aucun mal à Julian Gold, sinon tu auras affaire à moi.

- Je n'ai pas l'intention de lui faire de mal, Emma.

- Non ? Alors tu as prévu quitter ton copain pour Julian ? demanda la blonde.

- Je... non... Il... Je ne sais pas…

- Tu as l'habitude de tromper ton copain ?

- Non !

- Tu as pensé au mal que ça pourrait faire à Julian ?

Belle secoua la tête, sachant qu'elle n'avait officiellement aucun compte à rendre à Emma Swan, que sa vie privée était très privée, mais quand on entrait dans la vie de Julian Gold, on devait accepter qu'Emma en faisait partie et qu'elle intervenait comme si tout la regardait.

- Il me fait perdre tous mes moyens... Mais... je ne sais pas Emma. Julian est imprévisible, incontrôlable... Gaston est stable, facile. Hier, c'était la plus magnifique nuit de ma vie, jamais aucun homme n'avait réussi à me faire ressentir toutes les émotions que Julian m'a procurées. C'était... comme une évidence. Pourtant le matin... il était agressif et brutal dans ses paroles. Gaston est prévisible, heureux... Je n'ai pas toujours à me demander à quoi il pense... Avec Julian c'est...

- C'est excitant? Nouveau? Addictif ?

- Oui...

- Fais-lui attention, Isabelle... Il a tendance à…

- Détective Swan, dans mon bureau, coupa Regina depuis l'entrée de son bureau.

Emma sursauta violemment au son de voix de sa capitaine. Si Gold avait pu éviter la confrontation avec Belle, Emma n'aurait pas cette chance. Quand elle fit face à Regina, cette dernière arborait un visage indéchiffrable. Il était impossible pour la détective de juger de son humeur. Abandonnant Belle, elle entra dans le bureau. Regina ferma la porte derrière elle. D'un signe de main, elle invita Emma à s'asseoir, avant de s'asseoir à son tour.

Plus nerveuse qu'elle voulait se l'avouer, Emma jouait avec la fermeture éclair de son manteau de cuir. Elle ouvrit finalement bouche pour parler.

- Je veux...

- C'est moi qui parle, la coupa Regina.

Après s'être assurée que personne n'était près de son bureau, elle se penche légèrement vers Emma, le visage toujours impassible.

- Je t'ai déçue à ce point hier pour que tu partes comme une voleuse ce matin ?

- Tu sais très bien que non... Voyons… Pourquoi tu crois ça ?

- Car je me suis réveillée seule... Je me suis endormie dans tes bras, et je me suis réveillée seule dans mon appartement, sans même un petit mot pour m'aviser de ton départ. Remarque que c'était clair…

- Je... Non… Tu ne… Henry était à la maison et je devais…

- Il était avec son père.

Emma se passa la main sur le front se disant qu'elle n'avait pas envie de s'inventer toute sorte de scénarios comme Julian. Belle était partie rapidement, mais elle n'avait pas caché à Gold qu'elle allait rejoindre son copain. Emma devait le même respect à Regina, et ce même si sa réponse montrerait un côté moins étincelant d'elle. Elle opta pour la vérité et avoua ses sentiments à Regina.

- J'ai eu peur.

- Peur ? De quoi ? De moi ? demanda Regina, surprise devant autant d'honnêteté et de candeur.

À vrai dire, quand elle s'était réveillée ce matin, Regina n'avait pas du tout le même regard impassible qu'en ce moment. Elle était passée par toute une gamme d'émotion, de la tristesse à l'anxiété, et de la déception à la colère.

- Oui... de nous… De ce qui s'était passé.

Regina se recula sur sa chaise. Elle savait parfaitement qu'Emma Swan était complexe, mais elle ne s'attendait pas à ce genre de discussion aussi tôt dans leur relation. Regina croyait même que la fuite d'Emma reflétait justement son envie de tout oublier et son absence d'implication dans leur relation maintenant qu'elle avait gagné son pari et qu'elle avait réussi à mettre la capitaine dans son lit. Regina s'était sentie utilisée ce matin, naïve d'avoir espéré davantage, mais maintenant, elle voyait un nouveau côté d'Emma.

-, Mais tu n'as pas tout fait pour remporter ton pari et qu'on passe une nuit ensemble?

- Oui, et je ne le regrette pas. C'est ce qui s'est passé ensuite qui m'a fait peur…

- Ce qui s'est passé ensuite? On s'est endormies…

- Justement… J'avais envie de dormir contre toi… J'avais envie de rester…

- Alors tu es partie?

- Non… Euh… oui, mais juste rendu au matin… Je suis trop compliquée pour toi…

- Je décide ce qui est compliqué ou non pour moi, Emma… Et je peux comprendre… si tu m'expliques… Je ne serais pas tombée à tes genoux pour te supplier d'être plus simple sinon je te tournerais le dos...

- Je sais...

- Vraiment ? Tu avais peur de quoi ? Que je te regard différemment? Que je te déclare mon amour en hurlant à la lune devant tout le monde au poste? Ici, je suis capitaine, je suis ta supérieure. Ce qui s'est passé hier est d'ordre personnel...

- Peut-être que c'est moi qui a peur de ma propre envie de hurler à la lune que je tombe amoureuse de toi... Je ne suis pas prête… Ce que je ressens pour toi me terrifie, Regina…

Regina ne sut trop quoi répondre. Elle avait une envie folle de la prendre dans ses bras, lui dire que c'était trop tôt pour elle aussi, mais que la détective blonde était déjà entrée de plein fouet dans son cœur. Regina voulait la rassurer, lui dire qu'elle aussi tombait amoureuse, mais Killian Jones entra sans frapper dans son bureau, le regard paniqué.

- Nous étions mieux quand les Gold se détestaient... Milah et Julian sont partis au palais de justice. Si Jérémy n'est pas remis en liberté... je crois... qu'ils prévoient l'enlever.

- Quoi ?

- Je crois que...

- J'avais compris, Jones... Tu es certain de ça ? coupa Regina.

- Milah m'a parlé de son plan ce matin... Elle ne voulait pas que le jeune soit protégé. Elle le voulait dans la rue pour que l'organisation pour lequel il travaille pense qu'il a collaboré avec les flics... et qu'il se fasse tuer. Comme j'ai refusé de la suivre, elle m'a dit que Julian serait plus compréhensif. Et comme... comme ils viennent de partir ensemble, je suppose que c'est ce qu'ils prévoient faire.

La capitaine se leva rapidement, renversant sa chaise, ordonna à Emma d'aller au palais de justice pour arrêter les deux parents meurtris. Elle se rendit à l'entrée de son bureau.

- BELLE! Tu pars avec Emma et tu nous ramènes les Gold.


Alors... ? Bien ou non ?

Un petit spoiler du prochain chapitre ? Je dois avouer que dans une de mes fics (Avoir du crocodile dans son code génétique ) je suis tombée dans le piège de Milah la salope ! Elle n'est pas un personnage sympathique, par le fait qu'elle abandonne Bae par haine de son mari... Je n'ai jamais cru Milah quand elle lui dit qu'elle ne l'a jamais aimée... Car quand il lui annonce qu'il part à la guerre : ELLE NE VEUT PAS ! Mais elle reste une personne superficielle et le paraître est plus important que tout... Bref. Dans le prochain chapitre il a une discussion Belle/Milah qui me fait grand plaisir...

Milah déteste son ex mari à la hauteur qu'elle l'a aimé : la la folie !

Voilà...