Chapitre 9 Sectumsempra
Le lendemain, Draco se rendit dans la Salle sur Demande. Il ignorait comment trouver l'armoire. Dès qu'il pénétra dans la pièce, pourtant, elle était en face de lui. Voldemort avait une fois encore, tout prévu. Le jeune homme s'avança et ouvrit l'armoire. L'intérieur était troué, rongé par les insectes et le temps. Le Serpentard se demandait ce que Voldemort pouvait bien faire d'une telle relique. Ne sachant par où commencer, il fit la première chose qui lui vint à l'esprit.
-Reparo !
Rien ne se passa. Il rejeta le sort, une fois, deux fois, trois fois, dix fois, sans résultat. Il ne connaissait aucun autre sort qui pourrait réparer une armoire. Draco ressortit de la Salle sur Demande et ne fit même pas attention à Peeves qui criait qu'un élève était au septième étage. Il rejoignit la bibliothèque et chercha des livres qui pourraient l'aider. La plupart des livres que Draco lisait expliquaient les propriétés des armoires à disparaître mais aucun d'eux ne donnaient d'explications sur la manière de les réparer. Draco se prit la tête entre les mains, ramenant ses cheveux blonds en arrière. S'il n'arrivait pas à réparer une armoire, comment pouvait-il tuer Dumbledore ? Il savait que Rogue devait le protéger pour cette mission, mais il refusait de demander de l'aide à son parrain. C'était sa mission. Bien qu'il la détestât, Draco se sentait un peu flatté qu'on lui demande à lui. Il savait à qui demander conseil, c'est pourquoi il attendît avec impatience la sortie à Pré-au-Lard. Et il évita Hermione. Il savait que moins il la verrait, moins il aurait des raisons de la tuer, ce dont il se sentait incapable. Le jour de la sortie, dès qu'il fut sûr qu'on ne le suivait pas, il pénétra dans une taverne mal fréquentée. Il savait que Barjow s'y rendait, tous les samedis. Dès qu'il repéra le gérant de la boutique d'apothicaire, il rejoignit la table de l'homme.
-Malfoy ! fit ce dernier. Je peux vous aider ?
-Oui. Comment répare-t-on une armoire à disparaître, monsieur ?
-En quoi cela vous intéresse ?
Draco remonta discrètement sa manche, laissant apparaître la Marque des Ténèbres.
-Si vous ne dites rien, vous aurez à faire à lui. Et vous connaissez Fenrir Greyback ? C'est un ami de ma famille qui n'hésitera pas à vous rendre la monnaie de votre pièce.
-Tout ce que je sais, dit Barjow en se penchant vers le jeune Serpentard, c'est que ça se répare à la méthode moldue.
-Merci.
Draco repartit, sans demander son reste. Harry rejoignit Ron et Hermione en courant.
-Je peux te parler une minute ? fit-il essoufflé, à l'intention d'Hermione.
-Oui.
Harry entraîna son amie un peu plus loin.
-Alors ?
-Malfoy. C'est un Mangemort.
-Je t'ai déjà dit…
-Avant peut-être que non, mais là, je l'ai vu menacer Barjow en lui montrant quelque chose sur son bras.
-Et alors ?
-Tu crois que c'est quoi qui pourrait effrayer Barjow à part la Mar…
-Je vais lui parler.
-Il est parti.
-Je lui parlerai quand même. »
Dès qu'ils furent rentrés de leur excursion, Hermione chercha Draco, mais elle ne le vit nulle part. Les seules fois où elle le voyait, c'était durant leurs cours en commun et ils ne pouvaient pas parler de ça. Un mois passa de cette manière. Ce jour-là, Harry jouait un match contre les Serdaigle. Pourtant personne ne savait où il était, à quelques minutes du début du match.
« Hermione, tu peux aller le chercher, s'il te plait ? demanda Ginny.
Hermione revint dans le château. Elle chercha sur plusieurs étages quand elle entendit du bruit, au niveau des toilettes de Mimi Geignarde.
-Non ! Non ! Arrêtez ! entendit Hermione. Arrêtez ! ARRÊTEZ !
A qui parlait Mimi ? Hermione s'approcha des toilettes.
-Endo…
-SECT…
-Expelliarmus ! hurla Hermione, désarmant Harry.
Draco et lui la fixèrent, tandis qu'elle rattrapait la baguette de son ami.
-Qu'est-ce qui te prend, Hermione ? demanda Harry. Il allait me lancer un Sortilège Impardonnable !
-Il n'aurait pas réussi, il faut vouloir la souffrance de l'autre pour que ça marche. Et celui que tu allais lancer, Harry, est tout aussi impardonnable.
-Qu'est-ce que tu en sais, hein ? demanda Harry, avec un peu trop de haine.
-Je sais qu'il ouvre des entailles sur tout le corps. Ça ne te dit rien ?
Harry la fixa, les yeux ronds.
-Et sur Draco, ça l'aurait tué parce que les cicatrices restent à vie. Toujours prêtes à être à nouveau entaillées. Je ne te cherchai pas pour ça, ton équipe t'attend pour ton match, Harry, ajouta-t-elle. Et s'il te plait, laisse ce livre.
Le jeune homme passa devant Hermione en récupérant sa baguette et en lui jetant un regard noir.
-Mimi, tu peux aller faire un tour ailleurs, s'il te plait ? demanda Hermione.
-J'ai compris, Mimi est inutile.
Le fantôme rentra dans le trou des toilettes en gémissant.
-Merci, dit Draco. Tu m'as encore sauvé la vie.
-Ça devient une habitude, fit Hermione avec un sourire.
Draco s'approcha soudain d'elle. Hermione recula, intimidée. Il l'accula à un mur.
-Qu'est-ce que tu fais ? souffla-t-elle.
Leurs visages étaient très proches. Trop proches pour Draco qui pouvait sentir l'odeur d'Hermione. Trop proches parce qu'il savait ce qu'il allait faire. Il posa sa baguette dans la nuque d'Hermione.
-Draco ? demanda Hermione.
Pourtant elle n'avait plus peur. Elle avait reconnu l'odeur qu'elle avait senti dans la potion d'Amortentia. Elle comprenait enfin. Le jeune homme se laissa tomber en sol dans une plainte incompréhensible.
-Non, non, non, non. Je ne peux pas faire ça, je ne peux pas, je ne peux pas.
Hermione s'assit à son tour sur le carrelage mouillé et posa sa main sur l'épaule de Draco. Celui-ci releva la tête vers elle et lui lança un regard désespéré. Et pourtant il la fixait avec espoir.
-Qu'est-ce qu'il t'arrive ? demanda Hermione avec douceur.
Draco ne répondit pas et dégagea une mèche de cheveux sur la joue d'Hermione. Il n'enleva pas sa main de la joue de la Gryffondor. Il se rapprocha à nouveau et ils se retrouvèrent à nouveau à quelques centimètres l'un de l'autre. Leurs regards se vrillèrent l'un dans l'autre puis Draco effleura les lèvres d'Hermione avec les siennes. Hermione se figea un instant, surprise, puis elle s'adonna au baiser du Serpentard. Lorsqu'ils se séparèrent, Draco ne quitta pas le regard d'Hermione.
-Draco ? Qu'est-ce que… qu'il te prend ?
-C'est évident, non ? Hermione, je…
Cette fois il était décidé à lui dire.
-Je ne peux pas le croire, le coupa-t-elle. Tu me détestais. Les sentiments ne peuvent pas changer à ce point, Draco. Ça n'est pas possible.
Pourtant elle savait que si, maintenant qu'elle comprenait qu'elle l'aimait.
-C'est la vérité, Hermione. Je ne te mens pas.
Il continuait de la fixer, mais il n'y avait plus de masque. Elle le voyait enfin tel qu'il était. Un jeune homme perdu, épris d'elle. Et Draco espérait tellement qu'elle le voie ainsi.
-Je suis désolée. Je ne peux pas te croire.
Elle se releva. En vérité, Hermione avait peur. « Tu ne peux pas te fier à lui. » Les paroles d'Harry tournaient encore dans sa tête. Elle décida de lui dire la vérité.
-Je ne veux pas m'attacher à toi, Draco et que tu me laisses après.
Elle commença à marcher. Draco se releva, lui prit le poignet et la fit pivoter vers lui. Il l'embrassa à nouveau, et comme la première fois, elle ne put s'empêcher de répondre à son baiser. Elle se rendit compte qu'elle le désirait. Qu'elle le désirait vraiment. Quand il put à nouveau parler, Draco lui dit, son regard perdu dans l'océan noir de celui d'Hermione :
-Je ne te laisserai jamais, Hermione. Jamais.
Elle se dégagea de son corps, luttant contre l'envie de s'abandonner à Draco.
-Je suis désolée, Draco. Tu me demandes de t'accorder trop de confiance, là. »
Et elle repartit, le laissant seul dans les toilettes inondées. Il donna un coup dans un lavabo puis se mit à pleurer. A nouveau. Elle ne cesserait jamais de lui provoquer tant d'émotions ? Pourtant c'est ce qu'il aimait le plus chez elle. Cette capacité à le faire sentir… vivant.
-Elle n'a pas dit qu'elle ne t'aimait pas, fit la voix de Mimi.
-Dégage, dit Draco, peu agréable.
-Et je suis sûre que tu ne la laisses pas indifférente.
-Tais-toi, sale fantôme !
-Je…
Draco sortit en trombe des toilettes et s'enferma dans la Salle sur Demande. Hermione, elle était allongée sur son lit, en proie à des hésitations toujours plus grandes. Elle resta ainsi un long moment, quand Ginny la rejoignit.
-Je peux te parler, Hermione ?
Elle suivit la rouquine qui l'entraîna quelque par où personne ne pourrait les entendre.
-Je t'ai vue tout à l'heure avec Draco.
Hermione devint rouge pivoine.
-Ne t'inquiète pas. Je ne te juge pas. Mais je voulais juste te dire que… il ne se fiche pas de toi. J'ai vu comment il te regarde. Je n'ai jamais vu qui que ce soit regarder quelqu'un comme ça, Hermione. Et je pense que le baiser qu'il t'a donné en dit long sur ses sentiments. Tu te trompes en lui disant non.
Hermione ne trouva rien d'autre à répondre que :
-Tu es douée pour lire les sentiments des autres envers les autres, mais pas des autres envers toi.
-Quoi ?
-Si j'étais toi, j'irais discuter avec Harry.
-Là n'est pas la question, dit Ginny en rosissant. Est-ce que tu l'aimes ?
Hermione ne pouvait pas lui mentir. Elle hocha la tête.
-Alors fonce. Il t'aime aussi. »
Et elle repartit.
