Bonsoir tout le monde !
Je suis contente de vous retrouver pour ce nouveau chapitre, et j'espère que c'est réciproque.
Je n'ai rien à ajouter, je suis malade comme un chien donc mon cerveau s'est débranché.
Bonne lecture.

X

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Qu'est-ce que j'avais espéré ?
Qu'elle jetterait un regard sur moi, me verrait danser avec Jane et se rendrait compte qu'elle était amoureuse de moi depuis le début, puis me sauterait dessus ?
Aurais-je trouvé le bonheur qu'elle n'aurait même pas été heureuse pour moi.
Depuis cent ans j'avais vu le monde, ses horreurs, son véritable visage, et je nourrissais encore des rêves d'ado attardé.
J'étais lamentable…

J'avais laissé partir Jane, qui avec un plaisir indicible s'était faite inviter par Aro, et j'avais refusé à de très nombreuses vampires le plaisir d'être leur partenaire comme elles le disaient si bien.

Pour me changer les idées, je décidai de me mettre à la recherche de connaissances.
Je me dirigeaivers Tanya et son clan qui m'accueillirent avec plaisir, et un peu de commisération pendant que Bella dansait avec Carlisle.

- Elle a tapé dans l'œil d'Aro, me fit remarquer Irina d'un ton acide.
- Merci Irina, je n'avais pas remarqué !

Kate sermonna sa sœur, lui disant que de toute évidence je cherchais leur compagnie pour penser à autre chose, et celle-ci se contenta d'hausser les épaules de façon fataliste. Elle s'éloigna pour aller parler avec un vampire aux long cheveux noir du nom de Laurent, et qui de toute évidence lui plaisait beaucoup.

Je m'écartaiégalement en vue d'aller prendre un peu l'air, habitude d'humain qui néanmoins me feraitun peu de bien.
Je gagnaiun balcon en alcôve dont la vue était une place circulaire à l'intérieur de la forteresse.
Au milieu de cette place, à l'écart de la foule, dansaient Alice et Japser.
Ma volubile petite sœur d'adoption aimait être dans la foule, mais par égard pour son mari, qui lui le détestait prodigieusement, elle l'avait entrainé ici, pour qu'il n'y ai que son regard posé sur lui.
J'avais l'impression d'être impudique en les regardant, presque pervers, c'était si romantique que je voulais détourner mon regard. Mais en même temps, mes yeux avaient du mal à se détacher d'eux, de cet amour si fort et palpable qui les liait.

Je n'avais jamais compris la nature exacte de leur relation avant de connaître Bella.
Je me moquais d'eux, parce qu'après tout moi je n'avais besoin de personne, j'étais fort bien tout seul, alors pourquoi ce besoin de se fusionner l'un à l'autre ? Il en allait de même pour Rosalie et Emmet.
Mais au fond, je les enviais, j'étais terriblement jaloux de constater que même mentalement, ils n'avaient pas les mots pour décrire ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre.
Jaloux du plaisir physique auquel ils s'abandonnaient, tellement fort, tellement puissant que Rose et Emmet nous avait fuit pour le vivre sans nous incommoder.
Jaloux, mais je n'avais personne avec qui envisager la même chose.

Maintenant, les choses étaient devenues différentes depuis que mes yeux avaient croiséceux de Bella.
Je me torturais l'esprit.
Aurais-je un jour le droit à cela avec elle ?
Serions-nous aussi beaux qu'eux, aurais-je le droit à ce bonheur ?
Je jetaiun rapide regard vers Bella qui riait à gorge déployait avec Kate.

Non.
Bien sûr que non.
Elle était trop bien pour moi, éternelle par ma faute, elle avait le droit de m'en vouloir.

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0oO

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Je fus tiré de mes sombres pensées par une présence derrière moi.
Demetri.

- Je suis éreinté… dit-il pour tout préambule de façon dramatique.
- Ereinté vraiment ?
- Oui, soupira-t-il, je viens quand même de faire le tour du monde…

Je sourisdans l'obscurité.
Demetri adorait se faire mousser. Vivre dans l'ombre des grands lui laissaitparfois un goût amer, et il avait besoin de temps en temps d'être dans la lumière. Je lui accordai quelques minutes de gloire.

- Le tour du monde, vraiment, pour quelle raison ?
- C'est moi qui suis allé traquer une grande partie des immortels du globe, tu sais bien que c'est à moi qu'on fait appel pour ce genre de mission.
- Ton talent est inégalable, lui concédais-je de bonne grâce.

C'était vrai.
Demetri était redoutable, mais rien d'étonnant puisqu'il avait été un humain redoutable.
Tellement redoutable qu'il avait inspiré un roman publié il y a plus de 20 ans et qui avait connu un succès grandissant.
Le roman s'appelait Le parfum et parlait d'un épouvantable tueur nommé Jean-Baptiste Grenouille, homme dépourvu d'odeur mais fasciné par toutes les autres, surtout celle des jolies femmes au point de les tuer par surprise afin de faire des expériences olfactives.
Très peu de personnes savaient qu'en réalité l'histoire était vraie, elle avait bien eu lieu au XVIII siècle, mais il s'agissait de Demetri.
C'était devenu un conte populaire et l'histoire une fois écrite avait été remaniée pour lui donner un côté dramatique. Les noms avaient été inventés ou changés.

Mais Demetri était toujours là.
C'était Marcus qui l'avait trouvé, capturé, transformé.
Un très bon choix puisque Demetri était depuis le meilleur traqueur immortel qui soit.
Mais il était également totalement dépourvu de scrupule.
Et aussi de finesse, comme j'en avais la preuve immédiate.

- Non.

Ma voix avait claqué, forte et autoritaire mais teintée d'un amusement non dissimulé.

- Non quoi ? me questionna mon homologue.

Dépourvu de scrupule, manquant de finesse, et stupide aussi. Tant de place dans son cerveau, si peu occupée. Désolant…
Je soupirai:

- Non, Demetri, Maggie n'envisage même pas que ce soit possible.

Celui-ci se renfrogna en reluquant l'immortelle irlandaised'un regard sans équivoque.

Je le laissaià ses divagations douteuses en clamant :

- Je ne suis pas Cupidon !

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0oO

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Maggie était une vampire très jeune, à peine une vingtaine d'années, mais le couple d'irlandais auquel elle s'était alliée la considérait avec un grand respect.
Elle était en effet capable de déceler le mensonge dans les paroles et dans les actes de n'importe qui.
Petite, rousse et potelée, elle n'était appariée à personne et faisait saliver quelques mâles de la soirée. Aimable, avenante, c'était la première fois que je la rencontrais, et si je n'avais pas connu Bella avant, peut-être aurais-je été tentée.
J'avais entamé la conversation avec elle en lui annonçant qu'elle avait brisée de nombreux cœurs morts ce soir, et elle avait rit en secouant sa crinière :

- Ils fantasment sur le cliché de la rousse incendiaire, ce que je ne suis pas, pour ça, il vaudrait mieux pour eux qu'ils bavent sur Victoria, je sais qu'elle et son compagnon James aiment la… compagnie.

Elle fit la moue, et même si je n'avais pas entendu ses pensées à l'encontre de ces pratiques sexuelles, j'aurai compris.
C'est vrai que Victoria, une nomade que j'avais déjà rencontré à l'occasion de son passage dans la région de Washington, était vêtue de manière… sommaire. Une jupe en cuir microscopique, un débardeur guère plus grand qu'un soutient gorge, pieds nus aussi comme Bella.
Son compagnon, James, un traqueur doué mais pas autant que Demetri parlait avec animation avec un groupe d'hommes et de femmes.
Je me concentraisur leur conversation et écarquillait les yeux devant ce qu'ils organisaient.

- Charmant n'est-ce pas ? ironisa Maggie.

Ils se concertaient ni plus ni moins pour une orgie en bonne et due forme.
Je n'eus pas le temps de revenir de ma surprise car je perçussoudain une silhouette proche de la mienne, dans mon dos, et une voix suave et parfumée :

- Ca ne te tente pas Edward ?
- Non merci Heidi, sans façon.

Son petit rire résonna sur ma nuque.

- Non, c'est vrai, ta seule tentation s'appelle Isabella Swan.

Je grognai, mais pas vraiment férocement.
Je connaissais Heidi, et elle avait un pouvoir redoutable.
Remarquablement belle, c'était son rôle d'aller chercher des proies humaines.
Un vampire commun était naturellement attirant, mais ce pouvoir d'attraction était doublé chez elle.
Heureusement, elle était aussi intelligente que belle, et face à mon obsession pour Bella, elle savait bien qu'elle n'avait aucune chance. Elle n'insista pas et haussa les épaules :

- Tant pis…

De sa démarche dansante, elle rejoignit le groupe de dépravés.

- Tu ne regrettes pas ? demanda sérieusement Maggie.
- On ne regrette pas ce qu'on ne connait pas, répondis-je plutôt sèchement.

Elle ne poursuivit pas, assez refroidiepar le ton péremptoire que j'avais employé, et préféra regarder Aro s'approcher à pas calculé de James. Il posa sa main sur son épaule et un sourire immense étira ses lèvres tandis que ses yeux presque laiteux s'illuminaient.

- Ha, je suis trop vieux pour ça, cela dit excusez-moi de déranger votre petite organisation les amis, mais nous pensons qu'il est temps de… faire honneur au buffet.

Sept paires d'yeux couleur rubis incandescent se tournèrent vers le maître des lieux.
Heidi se rengorgea :

- J'ai fait une magnifique prise, une de mes plus belles afin de vous satisfaire Maître.

Aro lui caressa le menton d'un geste paternel, appréciateur.

- Cela a l'air fameux, en effet. Demetri va rassembler tout ce beau monde, enfin, hormis les végétariens…

Tous les regards de la pièce se tournèrent vers notre clan, celui de Tanya, et deux autres petits groupes disparates.

Caïus ricana :

- Nous avons prévu quelque chose pour vous.
- Oui, reprit Aro de sa voix onctueuse, nous savons recevoir quand même !

Un très grand vampire blond appartenant à un clan végétarien qui m'était inconnu leva la main dans un signe d'excuse poli mais dédaigneux :

- Ce sera sans moi Aro, je te respecte, mais là, tu es insultant envers mon clan, et envers les autres qui suivent un régime alimentaire différent du tien.

Il avait un accent français prononcé, et beaucoup de charisme, il me faisait penser à Carlisle, en un peu moins formel.

Aro haussa les épaules, fataliste. Une meilleure idée lui fit oublier l'affront, et tout mon corps se tendit quand je perçu la proposition qu'il allait faire à…

- Bella, ma chère Bella…

Celle-ci se tourna vers lui avec un grand sourire, et en battant ridiculement des cils.

- Te joindrais-tu à nous pour notre festin ?

Bella cligna des yeux et ses poings se serrèrent convulsivement.
Pas besoin de lire dans ses pensées, elle en mourrait d'envie.
En un dixième de seconde, j'étais près de ma famille, de mon père, que Bella interrogeait du regard.

Je pouvais deviner exactement ce à quoi elle pensait, le combat intérieur qu'elle menait.
C'était exactement le même que j'avais vécu quand je l'avais connu humaine.
Son regard passait de Carlisle à Rose, puis d'Alice à Esmée et à Japser. Pas une fois ses yeux se posèrent sur moi.
Je comprenais qu'elle se fiche de mon avis, attendu que le fait qu'elle soit là, d'être ce qu'elle était, était la conséquence directe de ma propre faiblesse face au sang humain.

Mais j'avais été seul face à elle.
J'ignorais si les choses auraient été différentes si mes frères et sœurs avaient été là le jour de ma rencontre avec Bella, aurais-je résisté à son odeur, avec ma famille pour me soutenir ?

Probablement pas, mais ça valait le coup d'essayer pour elle.
Je refusais qu'elle se souille avec du sang humain, je voulais qu'elle reste pure, je ne voulais pas qu'elle connaisse le même remord que moi.

Je regardai Carlisle qui me comprit immédiatement.

- Bella, choisi en ton âme et conscience seulement, ne reviens pas me voir après si tu les suis.

J'avais rarement entendu mon père utiliser des termes aussi durs, lui qui était la compassion incarné. Mais je percevais clairement ses pensées.
Comme il l'avait expliqué à Rosalie quand nous avions choisi de transformer Bella en immortelle, il pouvait pardonner un ou plusieurs écarts de conduites quand ceux-ci n'étaient pas voulu de façon claire et irrévocable.
Si Bella choisissait de rejoindre les autres, ce serait un choix conscient, voulu, totalement contraire au style de vie que nous défendions. Ce serait renier notre clan, et cela, il ne pouvait l'accepter. Il comprenait, certes, car elle était encore jeune, malgré sa maîtrise d'elle-même, mais ne pouvait l'accepter sans se renier lui-même, ses valeurs, sa famille.
De plus, il avait comprisl'importance que cela revêtait pour moi, et il désirait à tout prix éviter de me blesser plus que je ne l'étais déjà.

Enfin, tout comme moi, il voyait clair dans le jeu d'Aro. Celui-ci pensait qu'une fois que Bella aurait gouté au sang humain, elle se grefferait aux Volturi, il la voulait, et il était prêt à beaucoup de chose pour ça.

Mais tout cela, Bella n'en avait pas conscience, cela dit, elle attachait énormément d'importance à l'avis de Carlisle et de Rosalie, qui secouait frénétiquement la tête en la suppliant.

Un attroupement s'était formé autour de nous, une masse de curieux qui voulait constater le seuil de résistance de cette étrange nouvelle-née avec une telle force d'esprit.

Je soupiraide soulagement. Je ne pouvais lire en elle, mais j'avais appris à déchiffrer les traits de Bella pour contourner ce problème, et à ce moment là, à sa façon particulière de tenir ses épaules et les légers plis apparaissant sur les coins de ses lèvres, je compris qu'elle se rangeait à nos côtés… pour le moment.
Elle choisitl'autodérision pour lui répondre et ne pas trop perdre la face :

- C'est très tentant Aro, mais comme tu le sais, je ne mange pas de ce pain là !

Un grand vampire, aux cheveux couleur sable retenu en catogan par un cordon de cuir, éclata de rire. Je le sondai. Garrett. Nomade révolutionnaire.

- Ha Aro, je ne regrette pour rien au monde de m'être fait persuader par Demetri de venir ici. Te voir repoussé autant de fois en si peu de temps est pour moi un véritable enchantement, cela arrive si peu !

Celui-ci ne se retourna pas, et peut-être valait-il mieux pour l'imprudent Garrett que leurs regards ne se croisent pas pour le moment.
Il était extrêmement vexé par ce refus, autant qu'il était fasciné par Bella.
Mais afin de se donner une consistance, il préféra écarterles bras en signe de capitulation.

- Tant pis pour toi mon enfant, tu rates quelque chose, nous en reparlerons…

Je réprimai de justesse un frisson qui menaçait de me parcourir le corps. J'avais triomphé trop vite.
Aro n'avait pas renoncé.
Il avait bien d'autres cartes dans la poche, et beaucoup de temps pour les abattre.

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Voili voilou pour la fin de ce chapitre.
J'espère qu'il vous a plu, comme d'habitude, j'attends vos commentaires de plus en plus nombreux, bon ou mauvais, ça corrige mes fautes et me galvanise, me donne des idées…

Au passage, comme toujours, merci à Shiriliz ma bêta pour sa correction!

EverLyo