- Sont-ils réveillés? demanda la voix d'un homme.
Ce fut la première chose dont Harry eut conscience. La suivante fut une sensation de brûlure sur toute la longueur de son dos. Pourquoi avait-il si mal, tout à coup? Tout lui revint alors en séquences. L'article de journal, la lettre que sa mère avait réussi à lui faire parvenir, Godric's Hollow, la tombe de ses parents, la mystérieuse pierre avec son inscription mystérieuse, Ginny qui défonçait la porte principale de l'église et, finalement, le sort qui l'avait heurté dans le dos, le Sectumsempra. Les Mangemorts connaissaient ce sort, mais peut-être avait-il aussi été prononcé par quelqu'un d'autre.
- Non, déplora une autre voix, celle s'une femme cette fois.
Mais où avait-il bien pu atterrir? Certainement pas chez un des partisans de Voldemort, ils l'auraient probablement laissé mourir au bout de son sang, dehors, dans le froid. Ces gens ne pouvaient pas non plus être ceux qui leur avaient lancé le sort, ils l'auraient laissé là eux aussi. Il ouvrit lentement les yeux. Ils mirent un temps à s'adapter à la luminosité ambiante.
Il était couché sur un lit de camp, sur le ventre, dans ce qui semblait être un salon. Dans un coin, dos à lui, l'homme et la femme qu'il avait entendu parler plus tôt étaient assis sur des chaises et regardaient par la fenêtre. Il neigeait à plein ciel, à présent.
- Je me demande qui a bien pu leur faire ça, se demanda la femme à voix haute. Si..
Un gémissement la coupa, mais il ne venait pas de Harry. Le son sourd d'une chute le suivit immédiatement. Il venait d'une autre pièce, hors de celle où il était présentement. L'homme et la femme se précipitèrent hors de la pièce, et leurs pas furent entendus pendant quelques secondes.
- Je vous prierais de baisser cette baguette, jeune fille, ordonna l'homme. Vous pourriez blesser quelqu'un.
Ginny. Il se leva péniblement. Son dos le faisait énormément souffrir, ainsi que sa tête. Les voix des deux adultes, maintenant en train de s'évertuer à convaincre Ginny de laisser tomber sa baguette, ce qui, bien entendu, était une autre cause perdue. Il se laissa guider par les voix jusque dans une autre pièce, un peu plus loin.
Ginny était debout au milieu et menaçait les deux adultes de sa baguette. Ces deux derniers tentaient sans succès de la calmer à grands renforts de paroles et de gestes.
- Baisse ta baguette, Ginny, dit-il calmement.
Elle se tourna rapidement vers lui.
- Harry!
Ce n'est qu'à ce moment qu'il s'aperçut qu'elle avait un bandage autour de la tête, qui ressemblait vaguement au turban du Professeur Quirrel, qu'elle n'avait pas connu. Une tâche rouge jurait avec le blanc du bandage. Juste comme il s'apprêtait à lui demander ce qui lui était arrivé, la femme lui adressa la parole.
- Tu es réveillé? demanda-t-elle, n'attendant pas vraiment de réponse. Enfin!
Comment ça, enfin? Il eût la soudaine impression d'avoir manqué quelque chose.
- Tu as dormi pendant dix-sept heures d'affilée, précisa l'homme. Tu est chanceux que nous t'ayons trouvé!
- Qui êtes vous? questionna Harry.
- C'est vrai, nous ne sommes pas présentés, s'exclama la femme. Je suis Emma Evans, et voici mon mari, Stanley Evans. Nous sommes médecins à Godric's Hollow.
Ils n'avaient pas l'air de leur vouloir du mal, ils les avaient même soignées, à en juger par les bandages qu'arborait Ginny. La femme, de petite taille et légèrement… enrobée, avait de longs cheveux blonds qu'elle avait attaché en queue de cheval. L'homme semblait familier à Harry, sans qu'il puisse se rappeler d'où il tenait cette impression.
- Merci, dit Harry.
- Ce n'est rien. Et toi, ajouta-t-elle en regardant sévèrement Ginny, je t'avais prévenue de ne pas t'agiter, où tu pourrais ouvrir ta blessure, encore une fois.
- Ce n'était pas ma faute, la première fois, se défendit Ginny, et tu sais très bien que j'avais une bonne raison de m'agiter de la sorte.
- Pas d'excuse, marmonna Emma. Laisse-moi voir.
La femme enleva le pansement d'une Ginny vaincue avant de sortir de la chambre à la suite de son mari en quête de nouveaux bandages.
- Peut-tu m'expliquer pourquoi j'ai l'impression d'avoir manqué quelque chose?
Avant qu'elle ne puisse répondre, la femme refit son entrée, tenant dans ses bras ce qui ressemblait à une trousse de premiers soins.
- Mon fils vous à trouvé alors qu'il se rendait chez son ami, alors il nous a aussitôt alertés. Vous le connaissez, je pense.
Si Harry le connaissait, il ne s'en rappelait pas.
- Il est dans la même année que moi, Harry, et c'est le gardien de Poufsouffle.
- Mark Evans (1)! se rappela soudainement Harry.
Emma hocha la tête.
- Il n'est pas retourné à l'école cette année, nous trouvions cela trop dangereux. Et nous avons eu raison, au vu de ce qui c'est passé sur le train…
Elle s'affaira à désinfecter la plaie ouverte sur le côté de la tête de Ginny. Cette dernière grimaça. Les Evans étaient des sorciers, ou, du moins, ils avaient conscience du monde sorcier qui les entouraient. C'était relativement une bonne nouvelle.
- Le Sectumsempra est supposé être un sort noir qui ne peut pas être soigné. En théorie, j'aurais dû mourir au bout de mon sang. Comment ce fait-il que je sois encore en vie malgré cela, et comment les Evans ont réussi cela?
Ginny commença à se tortiller sur sa chaise.
- À ce propos, marmonna-t-elle. Ce n'est pas Emma qui t'as soigné. C'est moi. Et Mark, en quelque sorte, ajouta-t-elle après réflexion.
- Quoi?
Depuis combien de temps savait-elle comment soigner les blessures magiques? Mais, pour soigner une blessure causé par un sort noir, il aurait fallu qu'elle utilise la magie, ce qu'elle n'était pas autorisée à faire.
- J'ai été obligée d'utiliser la magie.
- Il faut partir d'ici, s'énerva Harry. Le Ministère doit être au courant.
Il se dirigea rapidement d'un pas vif en direction de la porte. Il eu à peine conscience que Mrs Evans ne se trouvait plus avec eux.
- Harry! l'interpella Ginny.
Il s'arrêta et se tourna vers elle.
- Ginny, il ne faut pas se faire prendre, si le Ministère débarque, nous sommes fichus!
- Je le sais bien, mais il ne viendras pas! Écoute, je en comprends pas pourquoi, mais on dirais que je n'ai plus la trace sur moi. Laisse-moi t'expliquer.
Il leva un sourcil d'incompréhension. Elle s'assis sur le sol et l'invita à en faire de même, ce qu'il fit.
- Je ne sais pas par où commencer…
- Commence par le début, suggéra Harry.
- Je me suis réveillée ici peu de temps après qu'ils nous aient retrouvés. C'est un peu confus, mais je me rappelle que Mr et Mrs Evans n'arrivaient pas à refermer la plaie sur ton dos.
Machinalement, il porta la main derrière lui pour rencontrer l'épais bandage qui y avait été placé, mais qui n'empêchait toutefois pas la douleur de se faire sentir dans son dos.
- Après, continua Ginny, Mark s'est mis à parler du livre du prince de Sang-Mêlé. Il disait qu'il connaissait la formule pour arrêter l'effet du sort, mais qu'il ne pouvait pas la mettre en pratique car sa baguette avait été brisée au cours de l'été. Alors j'ai appliqué le contre sort.
Il sentit une rage envers elle qu'il ne se savait pas capable d'éprouver l'envahir. Elle connaissait les risques qu'il y avait pour elle à utiliser la magie et pourtant, elle s'en était quand même servie.
- Ne te fâche pas contre moi, dit Ginny en voyant son teint passer à un rouge qui pouvait rivaliser avec les bannières de Gryffondor. Tu aurais fais quoi, à ma place? Tu m'aurais regarder me vider de mon sang, sachant pertinemment que tu connaissait la formule qui me permettrait d'échapper à mon sort?
- Non, concéda-t-il.
- Et sache que le Ministère ne m'a rien envoyer, il n'y a eu qu'un seul hibou qui venait de là, et il était pour Mark.
- D'ailleurs, où il est, lui? demanda Harry, une pointe de jalousie injustifiée perçant à travers sa voix.
Ginny fut prise par surprise.
- Mark? Il est dans sa chambre, pourquoi?
- Pour rien, répondit-il.
Un sourire malicieux éclaira le visage fatigué de Ginny.
- Harry James Potter, serait-tu jaloux?
- Pas du tout, s'indigna Harry.
Ginny secoua la tête. Elle ne le croyait pas.
- Ginny, nous sommes supposés êtres morts. Comment ce fait-il qu'ils n'aient pas paniqués en nous voyants?
- Ils n'ont pas eu de lien avec le monde magique depuis les funérailles de Dumbledore, répliqua Ginny. Ils n'ont jamais entendu parler de notre.. assassinat.
- Mais qu'est-ce qui me prouve que je peux avoir confiance en eux?
Ginny ne trouva rien à lui répondre, cette fois.
- De toute façon, si ils avaient un quelconque lien avec les Mangemorts, tu ne crois pas qu'ils les auraient déjà avertis? Ils auraient eu largement le temps, pendant tout le temps où nous avons étés inconscients, tu ne crois pas?
Harry dut admettre que son résonnement était assez logique.
- On devrais partir, maintient Harry. Si on reste plus longtemps, on pourrait être découverts.
- Oh que non, jeune homme, tu ne vas nulle part!
Mrs Evans était revenue dans la pièce sans qu'il sans rende compte.
- En tout cas, pas tant que ta blessure au dos ne sera pas guérie. Tu a une sacrée chance de t'en être sorti, tu le sais?
Harry regarda furtivement Ginny, qui adopta la fameuse teinte "rouge Weasley".
- J'ai appris cela, en effet. Mais il faut absolument que nous…
- Pas de mais! le coupa Mrs Evans. Si tu t'agites, tu risque de rouvrir la plaie. Laisse-moi la voir.
- Voir quoi?
- Ta blessure!
Il tenta de relever son chandail, mais ne réussi qu'à laisser échapper une plainte assourdie. Aussitôt, Ginny se pencha vers lui.
- Laisse-moi faire, chuchota-t-elle à son oreille.
Il hocha la tête. Les mains de la jeune fille se glissèrent délicatement entre sa peau et l'étoffe. Sans s'en rendre compte, son visage avait pris une oculeur rouge inhabituelle que Mrs Evans eu la délicatesse de ne pas souligner. Il les sentit remonter le long de son dos, évitant volontairement la plaie, entraînant le chandail dans leur parcours. D'autres mains s'affairaient à enlever des bandages qui couvraient la blessure.
- Elle à l'air en meilleur état que ce à quoi je m'y attendais, dit Mrs Evans en parlant de la blessure. Tu guéris vite.
Il sourit vaguement. Une chance pour lui. Elle remplaça les anciens bandages par des nouveaux.
- Tu devrais être parfaitement remis d'ici peu, lui dit-elle doucement.
Il savait que, d'ici là, il serait déjà repartit. Mrs Evans s'apprêtait à passer la porte quand elle s'arrêta. Ils entendirent une voix, timide, s'adresser à elle.
- Est-ce qu'elle s'est réveillée? demanda la voix qu'Harry identifia comme appartenant au dénommé Mark Evans.
La jalousie qu'Harry avait ressentit plus tôt revint à la charge. Pourquoi s'intéressait-il tant à elle? Il se rendit compte qu'il commençait à agir irrationnellement, comme Ron. Il jugeait sans connaître.
- Oui, et son ami aussi, le rassura-t-elle. Tu peux aller les voir, si tu veux.
Le bruit des pas de Mrs Evans se firent de plus en plus inaudible, mais Mark n'avait de toute évidence pas bougé d'un pouce. Soudain, ils l'entendirent bouger et ils l'aperçurent entrer dans la pièce.
Maintenant qu'il le voyait, Harry reconnaissait Mark Evans. Il avait les cheveux blonds, était relativement petit et chétif pour ses seize ans, et avait les yeux bleus. Son regard se posa sur Harry. Il referma brusquement la porte avant de se retourner vers eux, assis au sol.
- Expliquez-moi.
Harry haussa un sourcil.
- Expliquer quoi? demanda Ginny.
- Pourquoi vous êtes dans notre chambre d'ami alors que vous êtes supposés êtres tout deux morts depuis presque cinq mois?
Harry se tourna vers Ginny.
- Aucune connexion avec le monde extérieur, c'est ça que tu as dit?
Elle lui tira la langue d'une mainière enfantine en réponse. Mais Harry était déjà aux prises avec son dilemme. D'un côté, il pouvait tout dire à Mark et courir le risque (aussi infime soit-il) qu'il ne soit pas de leur côté, de l'autre, il pouvait décider de se taire. Ginny, même si elle désapprouverait, se rangerait de son côté, il en était sûr. Il reporta son attention sur Ginny.
- Nous sommes désolés Mark, mais tant que nous ne pouvons être sûrs que tu ne révèlera rien, nous ne pouvons rien te dire, dit-elle, comme si elle avait lu dans ses pensées.
Le visage de mark Evans était à présent peint d'une expression de colère (ou était-ce de la frustration?). Son teint tournait de plus en plus vers le pourpre.
- Vous ne me faites pas confiance, déclara-t-il amèrement.
- Crois-moi, déplora Harry, si tu vivais de la même manière que nous ces derniers mois, tu ne ferais même pas confiance à ta propre mère.
L'expression de Ginny s'illumina soudain.
- Il y aurait un peut-être un moyen, avança-t-elle.
- Quoi? s'écria Mark.
- Le Serment Inviolable.
Harry en avait entendu parler à de nombreuses occasions au cours de l'année précédente, et d'après ce qu'il avait entendu, celui qui jurait quelque chose sous ce serment ne pouvait le trahir, sinon il mourrait. Cela pourrait définitivement être un bon moyen de s'assurer de l'allégeance de Mark Evans.
- Je suis prêt à le faire, répondit aussitôt Mark.
Il était définitivement trop curieux. Pendant un instant, Harry se demanda pourquoi il devrais lui révéler ce qu'il savait, mais se rendit compte que si il ne le faisait pas, il pourrait aller raconter qu'il était vivant à tout ceux qu'il croiserait, ce qui n'était certainement pas une meilleure solution. La meilleure solution était le Serment Inviolable.
- C'est bon. Mais sais-tu seulement comment le faire?
- J'ai regardé Fred et George essayer d'en faire faire un à Ron, plus jeune, et je m'en rappelle comme si c'était hier, ça devrais suffire.
- Mais dans quoi me suis-je encore embarqué? gémit Harry.
Ginny soupira.
- Je serai votre Enchaîneur. Prends sa main droite, commanda Ginny.
Harry fit comme elle lui avait dit; il agrippa la main droite de Mark. Ginny sortit sa baguette et la posa sur leur mains jointes. Ginny lui fit un signe de tête : c'était à lui d'entrer en jeu. Les mots vinrent à lui comme si il les avaient toujours su, comme si une partie de son cerveau jusque là inutilisée s'était soudain mise à fonctionner
- Mark Evans, commença Harry, t'engages-tu à garder pour toi tout ce que nous allons te dire?
- Oui, répondit ce dernier.
Un mince flamme étincelante jaillit de sa baguette et s'enroula d'elle-même autour de leur mains toujours unies. La flamme était chaude, sans toutefois être d'une intensité insupportable.
- T'engages-tu à ne jamais parler à personne du fait que tu nous a trouvés malgré le fait que nous sommes supposés êtres morts et enterrés?
- Oui, répéta Mark.
Une deuxième flamme fusa de la baguette de Ginny et alla s'enrouler autour de la première, donnant l'impression qu'elle formaient toutes deux une fine chaîne de feu.
- Et si, pour une quelconque raison, tu te trouvait à être exposé à la torture…( la main de Mark Evans eu un sursaut dans la sienne, mais resta sagement à sa place), t'engages-tu à garder le silence?
Harry vit passer un éclair de doute à travers ses yeux océan, qui disparut aussi vite qu'il était venu. Il garda le silence pendant un moment.
- Oui, dit-il d'une voix qui ressemblait plus à un murmure.
Une troisième et dernière flamme s'échapper de la baguette de Ginny pour venir solidifier le lien qui unissait déjà les mains de Harry et Mark. Aussitôt, toute la pièce fut illuminée d'une aveuglante lumière blanche. Harry sentit Mark essayer de soustraire sa main droite à l'emprise des flammes, sans succès. Une bourrasque de vent s'était à présent lever et était assez puissante pour les faire tout les trois vaciller. Quand la lumière s'éteignit enfin, Harry put détacher sa main de celle de Mark, qui avait l'air franchement sonné.
- Je pense que c'est bon, maintenant, marmonna Ginny.
- Oui, parvint à dire Harry.
Sans s'en rendre compte, ils étaient tous tombés au sol.
- En fait, nous n'avons jamais été morts, commença Harry.
Il aperçut brièvement l'air confus étampé sur le visage de Ginny, mais n'y prêta pas attention. Malgré le Serment qu'ils venaient d'accomplir, Harry n'était toujours pas convaincu qu'il devait tout lui dire. C'est pourquoi il allait lui dire seulement ce qui était nécessaire pour que sa curiosité en apparence insatiable soit satisfaite. Il n'était pas obligé de lui parler de la prophétie qui avait été faite à leur sujet.
- Nous avons fait semblant d'être morts.
- Mais pourquoi? s'étonna Mark.
Harry ne savait pas trop comment inventer quelque chose d'à la fois véridique et légèrement différent de sa version originale. Il se voyait mal arriver et lui dire que si ils se cachaient, c'était en partie pour chercher et détruire des fragments de l'âme du plus grand mage noir de tout les temps.
- Pour avoir un effet de surprise sur Voldemort, répondit-il, ce qui n'était pas tout à fait faux.
Il comptaient effectivement sur l'effet de surprise, mais cela n'était pas leur premier plan. Mark hocha la tête.
- Je comprends et je suis désolé de vous avoir poussés à me révéler tout cela, j'aurais du comprendre que vous vouliez garder ces informations pour vous.
Il se dirigea vers la porte, mais s'immobilisa devant, la poignée dans les mains.
- Je suis désolé.
- Mais pourquoi, s'étonna Ginny.
- Pour ne pas avoir été capable de lancer le sort.
Harry fit aussitôt le lien. Mark se sentait mal d'avoir été incapable de réagir quand personne n'arrivait à refermer sa blessure, même si il n'avait pas de baguette à ce moment.
- Je ne t'en veux pas, assura Harry. Si tu n'avais pas été là, je serais mort au bout de mon sang. Je te dois ma vie.
Mark rougit jusqu'à la pointe des oreilles. Harry pouvait dire que ce qu'il lui avait dit le mettait mal à l'aise. Mark ouvrit la porte.
- Mark? As-tu encore le livre du Prince de Sang-Mêlé?
- Comment connais-tu ce livre?
- C'est une longue histoire. Est-ce que tu l'as?
Il hocha la tête de haut en bas.
- Peut-tu me l'amener?
- Oui.
Il sortir et ses pas purent être entendus même si il était au deuxième étage. Il était maintenant seul avec Ginny.
- Pourquoi lui as-tu mentit? demanda Ginny, mi frustrée, mi surprise.
- Je ne lui ai pas mentit, contra Harry. J'ai simplement…modifier la vérité.
Juste comme elle s'apprêtait à répliquer, Mark fit irruption dans la chambre, le vieux livre à la reliure abîmée à la main. Il le lui tendit.
- Garde-le, dit-il précipitamment, il m'a déjà causé assez de soucis.
- Où l'as-tu trouvé? demanda Harry.
- Dans la salle sur demande.
Des bruits de pas vinrent dans leur direction : Harry s'empressa de cacher le manuel de préparation de potions derrière son dos. Mr Evans passa la tête par l'ouverture.
- Mark viens m'aider à mettre la table.
Ils sortirent tout deux de la pièce, laissant à nouveau les deux adolescents seuls.
Ginny soupira bruyamment, ses yeux fixant le mur devant elle.
- Qu'est-ce qu'il y a? demanda curieusement Harry.
- Leur manque de méfiance sera leur faiblesse, récita Ginny. On ne s'est pas méfié, et cela t'as presque coûté la vie.
Harry reconnut les mots exacts de la prophétie, qui semblait effectivement être exacte jusque dans le moindre de ses versets.
- Harry?
- Oui, Ginny?
- Crois-tu aux prophéties?
- Oui, souffla-t-il, se demandant bien ce qui pouvait ce passer dans la tête de la jeune fille.
Elle fixa le mur comme si quelque chose d'intéressant s'y était soudain manifesté. Mais, bien entendu, il n'y avait rien.
- Alors je suppose que tu devras t'habituer à l'idée que je vais mourir.
- Non!
Il avait crié ces derniers mots. Il ferait tout pour que cette partie de la prophétie ne se réalise pas, et ce, même au prix de sa propre vie. Des mots résonnaient en boucle dans sa tête. Une erreur de jeunesse, pour l'héritière de Gryffondor, sera fatale…
- Tu ne vas pas mourir, l'assura Harry.
- Je ne penses pas avoir le choix, de toute façon. Si je dois mourir pour que tu puisse vaincre, alors je ferais comme la prophétie l'a prédit.
- Cette partie de la prophétie ne se réalisera jamais! Je te le promets.
- Ne fait pas de promesses que tu ne pourras pas tenir.
À ce moment, Mrs Evans entra dans la pièce.
- Le repas est prêt, annonça-t-elle.
Elle disparut dans le couloir.
- Que ce soit bien clair entre nous, dit Harry, nous ne resterons pas plus longtemps que nécessaire. Après, nous effacerons leur mémoire, d'accord? Et on retourne au cinetière pour essayer de trouver comme défaire cette foutue porte.
Sans lui laisser le temps de répondre, il suivit le chemin que Mrs Evans avait emprunté il y a quelques secondes à peine. Il arriva dans une cuisine, petite certes, mais chaleureuse. Les trois Evans étaient déjà assis à table. Mrs Evans leur indiqua gentiment leur place. Mr Evans, quant à lui, les regardait fixement. Soudain, regarda fixement Harry, enfin, plus fixement que précédement. Ce dernier se tortilla sur sa chaise. Il n'avait jamais vraiment apprécié d'être l'objet de l'attention des gens. Autour d'eux, Mrs Evans et Mark avaient entammés leur repas avec entrain et Ginny l'observait discrètement.
Les yeux de l'homme s'agrandirent soudain et il se leva de sa chaise, ses yeux verts l'examinant de la tête aux pieds.
- Ce n'est pas vrai, c'est vraiment toi, Harry?
À ce moment là, seulement là, Harry le reconnut. Il était passé des centaines de fois devant la photo du mariage de la tante Pétunia, où il était présent. Cette dernière n'avait jamais voulu lui dire qui s'était. Il se maudit de ne pas l'avoir reconnut plus tôt. Bien sûr, il avait quelques kilos en plus et des cheveux gris, mais il ressemblaient encore à celui qu'il était il y a 20 ans.
Stanley Evans était son oncle, le frère aîné de sa mère, Lily Evans.
