*Pour une meilleure compréhension de ce chapitre il est préférable d'avoir lu l'OS « little girl » qui est disponible sur mon mur !
Bonne lecture, on se retrouve en bas !
/ !\ chapitre non corrigé !
Chapitre 7 : On finit par se brûler.
"The world is on fire and no one can save me but you
It's strange what desire will make foolish people do
I'd never dream that I'd meet somebody like you
I'ld never dream that I'd lose somebody like you"
- "Wicked Game" -Raign
Il était enfin revenu…
Lizzie n'arrivait pas à quitter des yeux l'homme qui lui tournait le dos. Accoudé au bar, tête baissée vers la surface réfléchissante où était sûrement posé son verre, sa silhouette féline vêtue de son éternel costume sombre jurait avec l'ambiance criarde de la boîte de nuit.
Elle l'aurait reconnu entre mille, cet homme qui l'avait tant chamboulée, qui l'avait rejetée comme personne n'avait jamais osé le faire. Malgré le goût âcre qu'avait laissé son refus, cette seule et unique interaction représentait à elle seule un défi sans nom pour cette fille à qui la vie n'avait jamais rien refusé.
Il était différent, elle en était persuadée.
En essayant de mesurer son euphorie face à ce mystère personnifié, elle s'approcha doucement pour se poser sur un des tabourets à ses côtés.
Il ne lui lança même pas un regard.
Insignifiante petite poupée, essayant d'exister sous les lumières noires et les trombinoscopes de ce nightclub de mauvais goût.
Contrariée, mais prête à tout pour attirer l'attention de l'homme en noir, elle tenta d'attirer son attention à travers des gestes anodins qu'elle pensait subtils et séducteurs, sans résultat. En finissant par perdre patience, elle râcla sa gorge sans aucun raffinement.
Un rictus railleur s'étira sur les lèvres du meurtrier.
« Tu perds patience gamine ? » souffla-t-il en avalant les dernières larmes ambrées qui coloraient son verre.
Elle ne répondit pas, bien trop abasourdie pour que le moindre bruit arrive à traverser ses lèvres. Sa voix rocailleuse, teintée d'amusement réchauffait son bas ventre de la plus divine des façons.
Personne ne lui avait jamais fait ressentir ce genre de choses jamais.
« Je ne vois pas de quoi vous parlez » murmura-t-elle en sachant pertinemment qu'élever la voix lui était impossible.
Le sourire du patron redoubla. Il secoua légèrement la tête comme amusé par une blague que lui seul pouvait comprendre avant de se tourner enfin vers elle.
Lizzie recula d'un pas en rencontrant son propre reflet dans les verres fumés de ses lunettes.
Elle semblait différente. Enhardit. Avide de quelque chose qu'on refusé de lui donner.
« Vraiment, tu ne sais pas Princesse ? »
Son cœur loupa un battement.
Il la voyait enfin, Elle et aucune autre.
« Vous me donnez du Princesse maintenant ? Je pensais que je ne vous intéressais pas ! »
Un rire gras répondit à sa pic enhardit.
« Et pourtant tu t'obstines à vouloir attirer mon attention, n'est-ce pas Princesse ? »
Lizzie baissa les yeux en sentant ses joues s'empourprer. Bon sang, mais qui était-il pour provoquer ce genre de réaction ? Qu'avait-il de plus ?
Elle avait chaud, les mains moites et le cœur palpitant à une vitesse hors du commun.
Une pression sous son menton l'obligea à relever le regard et avant même de pouvoir esquisser un geste, un souffle chaud vint lui caresser le creux de l'oreille.
« Les choses sont différentes Ange, J'ai réalisé que tu possèdes quelque chose de rare, quelque chose qui m'intéresse… »
Quelque chose qui m'appartient…
Draw leva les yeux de sa tasse de café en percevant les pas lourds et reconnaissable de Louis pénétrer dans la cuisine.
« Hey… »
Il ne lui répondit pas, se contentant de la frôler pour rejoindre l'évier où étaient empilés quelques verres propres.
Ses mains se refermèrent un peu plus fort sur la porcelaine fine. Qu'avait elle fait ?
Cela faisait plus de deux semaines qu'elle était rentrée à l'appartement, depuis cette fameuse soirée, les mains oppressantes des non-dits semblaient s'être refermés sur eux.
Tout était différent. Louis était différent.
Amaigri, les yeux cernés et le teint olivâtre, Il n'osait plus la regarder dans les yeux, lui adressait à peine la parole et avait perdu son éternel sourire enfantin.
Elle l'avait bousillé, comme tout ce qu'elle avait l'insolence de toucher.
Ce genre de matin n'avait plus rien d'atypique, plus elle essayait de faire s'effriter les barrières qui grandissaient peu à peu entre eux, plus celles-ci s'épaississaient.
Un voile humide vint entraver sa vue, alors que la pointe incessante de douleur qui lui meurtrissait la poitrine lui infligeait un peu plus de dégât.
Il vint s'asseoir en face d'elle attrapant au passage son livre d'éco qui traînait toujours sur l'îlot de la cuisine.
« Louis, je… »
« Pas maintenant, Draw » La coupa-t-il en ouvrant l'ouvrage à la page qu'il avait corné en guise de marque page.
La bile influa dans la gorge de la jeune femme et les larmes franchirent la barrière de ses cils. Elle essuya d'un geste rageur ses joues emplies de larmes et renifla en silence.
Elle n'avait pas le droit de craquer, de souffrir…tout était sa faute.
Sa faute à Elle et à personne d'autre.
Par réflexe, sa main vint s'accrocher au bas de son t-shirt, à l'emplacement de son tatouage.
La douleur dans sa poitrine s'intensifia.
Autant Louis lui parlait peu, Octave, lui, n'avait donné aucun signe de vie depuis cette scène grotesque dans ses appartements.
Il s'était volatilisé.
Impossible de le joindre, elle ne possédait rien de lui. Aucun numéro, aucune adresse.
C'était comme si il n'avait jamais existé, comme si cette parcelle de sa vie existait entre les murs d'un temple du péché et s'arrêtait aux frontières de ce dernier.
Ne craque pas Draw, pas maintenant…
Elle expira un grand coup en espérant libérer sa poitrine de ce poids écrasant, en vain.
« Tu n'es qu'une putain, une salope comme ta mère, Draw, tu ne mérites pas d'être là, tu ne mérites pas d'exister. »
Les paroles de son père résonnèrent dans son crâne aussi nettement que si il venait de le lui cracher à la gueule. Elle n'avait que 7 ans à l'époque et pourtant, son père semblait avoir déjà définit l'avenir de sa fille comme si celui-ci était déjà tracé.
Elle était vouée à faire le mal autour d'elle, à être source de souffrance. A être un fardeau pour les personnes qu'elle aimait. Une monstruosité.
Le tabouret en face d'elle grinça contre le parquet lorsque Louis se leva, ramenant la jeune femme à l'instant présent. Elle bougea imperceptiblement la tête pour qu'une de ses longues mèches brunes viennent dissimuler son visage.
« Draw... » Elle se recroquevilla un peu plus sur sa chaise en entendant le ton morne de celui qui lui avait tant donné. « Je vais sûrement rentrer tard ce soir, Jonathan a besoin de mon aide à la boutique, ne m'attends pas pour dîner. »
Elle acquiesça en silence, la gorge trop nouée par ses souvenirs pour répondre correctement.
Ce n'est que lorsque la porte d'entrée claqua, qu'elle osa esquisser un mouvement. Les jambes flageolantes, elle ramassa le reste de petit-déjeuner à peine entamé sur la table pour tout jeter à la poubelle et faire la vaisselle.
Ce n'est qu'en s'apprêtant à laver la cafetière qu'elle remarqua qu'elle n'avait même pas entamé sa tasse habituelle du matin.
Sûrement froide à présent, elle porta quand même cette dernière à ses lèvres en espérant y trouver un regain d'énergie. L'odeur corsée du café lui donna un haut le cœur, sans pouvoir se retenir elle lâcha la tasse qui se brisa abruptement sur le sol et se retourna pour vomir dans l'évier la maigre collation qu'avait constitué son repas.
Ça non plus, ce n'était pas nouveau. Depuis quelques jours les nausées matinales se faisaient de plus en plus fréquentes, elle ne supportait plus les odeurs fortes et un rien l'écœurait.
Elle se rinça la bouche et s'aspergea le visage pour se redonner un peu de contenance.
Tout cela était bien étrange et elle n'arrivait pas à comprendre la raison de son mal être.
Au-delà de sa monotonie habituelle, elle était encore plus mal-en-point, fatiguée, irritée, malade le matin et pour couronner le tout sa poitrine était particulièrement lourde et sensible ces derniers jours.
Son cœur loupa un battement. Se pourrait-il qu'elle soit…
Draw balaya l'idée saugrenue qui lui traversa l'esprit en passant une main dans ses cheveux.
Non c'était forcément la fatigue, sa relation avec Louis qui battait de l'aile, son aversion pour elle-même et sa frayeur d'avoir perdu pour de bon la seule personne qu'elle n'avait jamais vraiment aimé, qui provoquait ce genre de réaction. Ça ne pouvait pas en être autrement….
Non, ça ne pouvait pas être ça…
Prise de vertige, elle se laissa coulisser doucement contre la paroi du plan de travail, laissant son pyjama s'imbiber du café qu'elle n'avait pas encore épongé. Elle s'écorcha la paume d'une main contre l'un des éclats de la tasse brisée qui jonchait toujours le sol sale, elle ne ressentit même pas la douleur, sa crise de panique lui faisant oublier tout le reste.
Glissant sa tête entre ses genoux, Elle tenta tant bien que mal d'apaiser sa respiration affolée.
S'il vous plaît tout mais pas ça, si il y a la moindre foutue force au-dessus de nous, je vous en conjure tout mais pas ça…
Elle eut beau fermer les yeux avec force, cette fois-là Draw ne put empêcher ses larmes de glisser inlassablement sur ses joues meurtries par le sel des précédentes.
S'il vous plaît tout mais pas ça…
Plus tard dans la journée, elle rejoignit le bar pour prendre son service, comme à son habitude elle s'efforça de se parer de son plus joli sourire, salua sa supérieure poliment et rejoint la salle des employés d'un pas déterminé pour aller revêtir son uniforme.
Rien ne devait transparaître. Tout devait paraître parfait.
« Les gens n'ont pas besoin de savoir Draw, C'est entre papa et toi, tu mérites ce genre de choses, tout est ta faute. »
Elle se posta derrière le comptoir et servit quelques habitués qui passaient leurs après-midi accoudés au bar.
« Alors ma jolie, ta copine Barbie n'est pas là aujourd'hui ? » lui cria Vincent, un poivrot à la main habituellement baladeuse lorsque Lizzie traînait dans le coin, de l'autre côté de la salle.
Draw fronça les sourcils en jetant un coup d'œil furtif à la pendule, ce n'était pas dans les habitudes de Lizzie d'arriver en retard. Elle sortit son portable de la poche arrière de son jean pour lui envoyer un message, mais le rire guilleret de son amie raisonna au même moment que le carillon de la porte d'entrée.
« Désolé j'ai été retenue plus longtemps que prévue !» se justifia Lizzie auprès de Julia, leurs supérieure. Elle balaya la pièce du regard pour finir sa course sur Draw. La regardant de haut en bas, un sourire victorieux étira ses lèvres peintes en rose.
« Tu as vraiment une mine affreuse Drawy, une vrai junky ! » Lui dit-elle en se positionnant devant elle. Draw ne releva pas, c'était dans la personnalité de Lizzie de la charrier, Elle ne pensait pas à mal.
Elle s'approcha un peu plus, et les effluves sucrées de son parfum percutèrent Draw avec force, Elle retint de justesse un haut le cœur en posant la main devant sa bouche.
Lizzie ne remarqua pas son geste de dégoût, bien trop occupée à scruter Draw dans son ensemble.
« Tes cheveux ont vraiment besoin d'une coupe, ça fait combien de temps que tu ne les as pas coupés ? Puis tu devrais penser à faire ton teint ton éternel crayon noir ne cache pas tes cernes on dirait un zombie, tu devrais m'écouter Drawy, si tu faisais comme moi tu ressemblerais peut être à quelque chose, je ne sais vraiment pas ce qu'il te trouvent tous ! »
Ayant de plus en plus de mal à retenir son envie de vomir, Elle s'excusa auprès de Lizzie pour se précipiter au toilette.
Énervée la petite blonde, la suivit jusqu'au toilette.
« Tu pourrais au moins me répondre tu sa…merde ! Qu'est-ce que tu as !? »
Draw tira la chasse d'eau en s'effondrant sur le sol.
« Je sais pas Liz, je sais pas… »
Cette dernière referma la porte derrière elle, et vint s'asseoir sur le lavabo à côté des toilettes.
Tremblante, Draw s'appuya sur le mur en face de sa soit-disant amie.
« J'ai des nausées de plus en plus fréquentes ces derniers temps… » Dit-elle en s'humectant les lèvres.
Lizzie fronça les sourcils en penchant la tête pour scruter plus en détail le visage de la brune.
« J'ai du mal avec les odeurs fortes dernièrement, je suis désolée je ne voulais pas te manquer de respect Liz » renchérit Draw en laissant sa tête reposer contre le carrelage froid.
« Merde Draw, tu es peut être ence… »
« S'il te plaît ne le dis pas ! » La coupa-t-elle avec un geste brusque de la main.
Lizzie s'apprêta à renchérir, lorsque son téléphone bipa. Avec précipitation elle sortit ce dernier de son blouson, avant de pousser un petit couinement euphorique en lisant le message qui s'était affiché sur son écran, l'état de son « amie » oublié depuis longtemps.
« Oh Drawy c'est lui ! Il vient à peine de me quitter et il veut déjà me revoir ! Il est fou de moi, s'en est presque flippant ! »
Draw ne l'écoutait pas, un film moite de transpiration lui recouvrait le visage et les bras, et sa respiration ce faisait de plus en plus erratique, incontrôlable.
Après sa crise de panique le matin même, Draw prit juste le temps d'enfiler une veste avant de courir jusqu'à la pharmacie au coin de sa rue. Fébrile, elle se dirigea en gardant la tête baissée vers le rayon maternité. Sans réfléchir elle attrapa en plusieurs exemplaires différents modèles de tests de grossesse et paya à la caisse sans même un bonjour à la pharmacienne. Elle rentra au pas de course à son appartenant pour s'enfermer à double tour dans la salle de bain. La jeune femme déballa en hâtes plusieurs des bâtonnets et suivi méticuleusement les instructions sur la boîte de chacun.
Les minutes qui suivirent furent les plus longues de sa vie, la tête appuyée contre la cuvette des WC, elle observa chacun des tests prendre la teinte révélatrice.
Elle crut mourir plusieurs fois en observant chacun d'entre eux, les uns après les autres.
Positif, Ils étaient tous positifs…
« Les filles qu'est-ce que vous foutez !? Je ne vous paie pas pour glander aux chiottes ! » cria-Julia en toquant plusieurs fois à la porte.
« On arrive ! » lui répondit Lizzie. Elle lança un regard en biais à la jeune femme toujours recroquevillée sur elle-même.
Un sourire étincelant s'étira sur son visage d'ange. La reine était en train de tomber, et ce n'était certainement pas elle qui allait lui venir en aide. Elle tenait sa vengeance.
Et elle savait pertinemment où appuyer pour précipiter cette chute…
« Tu devrais être aux anges Drawy ! Un bébé de l'homme que tu aimes devrait te combler de bonheur et tu es là à t'apitoyer sur ton sort, c'est triste Draw, vraiment triste ! »
Et sans un autre mot elle quitta la pièce en prenant grand soin de remettre du parfum, l'échantillon de ce dernier se trouvant dans sa veste.
C'était à elle de régner. C'était à elle de prendre sa place…
Draw eut du mal à se ressaisir, perdue entre haine et dégoût elle flottait dans un nuage brumeux de doute et de confusion.
Lorsqu'elle refit surface, Lizzie était déjà partie, son service du jour se limitant aux couverts du midi. Draw replaça son masque d'impassibilité comme elle le pu, pas aussi bien qu'elle l'aurait voulu. Vacillante sur ses jambes, elle enchaîna les erreurs de débutant qu'elle n'avait plus faites depuis des années. A force, Julia fini par la congédier plus tôt que prévu en l'obligeant à se rendre chez le médecin le plus proche.
Penaude, Draw se retrouva sur le trottoir jonchant la rue, le visage emmitouflé dans son écharpe trop grande en ce mois de novembre aussi froid qu'humide.
Perdue, Elle ne fit pas tout de suite attention à la voiture aux vitres teintées garée sur le trottoir parallèle à celui où elle se trouvait.
Une des vitres côté passager s'abaissa à son passage, lorsqu'elle rejoignit l'autre côté de la rue.
« Monte chaton. »
Elle tourna brusquement la tête vers l'intérieur du véhicule.
Il était là. Auprès d'elle.
Le corps félin du patron se pencha pour lui ouvrir la porte.
Sonnée, Elle ne protesta pas et s'engouffra directement dans la voiture.
Le cœur battant à tout rompre, elle garda son regard rivé sur ses genoux.
Elle entendit le meurtrier donner quelques indications au chauffeur avant que la voiture ne démarre.
« Tu es bien silencieuse trésor, tu n'es pas contente de me voir ? »
Un frisson traversa son épine dorsale, quelque chose dans le ton de sa voix était imperceptiblement différent, intriguée, elle tourna légèrement la tête pour tomber sur les incontournables lunettes noires qui avaient hanté la plupart de ses rêves depuis ses 17 ans.
« Où est-ce que tu m'emmène Octave ? »
La mâchoire du patron se contracta.
« Ça c'est une surprise gamine. Tu ne m'as pas l'air très surprise de me voir, tu m'attendais peut être ? »
Un faible sourire ourla les lèvres pulpeuses de la jeune femme.
Bien sûr qu'elle l'attendait, elle avait passé toute son adolescence à l'attendre…et plus encore.
« Tu m'avais dit que tu reviendrais, ainsi je n'ai aucune raison d'être surprise…»
Octave répondit à son sourire par une de ses grimaces prédatrices dont il avait le secret.
« C'est vrai gamine, je t'avais prévenu… »
Ils n'échangèrent plus aucun mot pendant le reste du trajet. Draw somnolait presque lorsqu'ils arrivèrent à bon port, apaisée par cet éternelle odeur de nicotine et de menthe qui le caractérisait tant.
Elle était à la maison.
A cette pensée, la panique refit surface. Par instinct Elle posa une main protectrice sur son ventre…
Putain, comment pourrait-elle…
Le meurtrier vint lui ouvrir la porte et l'aida à s'extraire de l'habitacle, encore somnolente, elle s'affaissa contre son flan à la recherche d'un soutien aussi bien physique que mental.
Elle était si dépendante de lui. Elle ne pouvait pas vivre sans lui, alors comment lui avouer ce qui était en train de germer dans son ventre, ce qu'engendrait la présence de cet…chose à l'intérieur de ses entrailles.
Draw balaya d'un regard l'environnement qui les entouraient. Un parking souterrain.
Mal assurée, elle resserra sa prise sur la manche de son éternel costume noir. Elle ne revenait toujours pas des sentiments contradictoires qu'il provoquait en elle. C'était de lui dont elle avait peur, dont elle devait se méfier, pourtant dans un environnement inconnu ce serait toujours vers lui qu'elle se tournerait.
Sa lumière dans cette opaque et sans fin obscurité.
« Tu n'as rien à craindre Chaton, du moins pas pour l'instant… » Ricana-t-il en la menant vers un local à ascenseur non loin de leur emplacement.
Oh si, j'ai tellement à craindre de toi Octave, encore plus que ce que tu ne penses…
Ils grimpèrent jusqu'au plus haut étage. Le patron la conduisit alors à une porte isolée au fond d'un couloir luxueux ou se mêlaient bois riches et murs couleurs crèmes.
Il se pencha jusqu'à son oreille.
« Ferme les yeux chaton »
Elle obtempéra sans broncher. A quoi bon essayer de le contrarier lorsqu'il était d'aussi excellente humeur ?
Le meurtrier ouvrit la porta et la poussa doucement à l'intérieur, puis la positionna à sa guise, le menton droit très légèrement relevé.
Draw renifla légèrement l'odeur ambiante, bizarrement familière des effluves d'épices exotique, de menthe et de nico…
« Vas-y, tu peux ouvrir les yeux à présent »
Impatiente, elle les ouvrit en hâte et resta coite face à ce qui l'entourait.
Un appartement aménagé de façon très sobre et masculine, presque entièrement constituée de noir, des meubles aux fauteuils en passant par les décorations épurées, leurs faisait face.
« Où…où sommes-nous ? »
« Chez toi, chaton. »
« Pardon ? »
Il la contourna pour lui faire face et commença à la déshabiller lentement.
« J'ai acheté cet appartement pour nous trésor. Il était temps tu ne penses pas ? »
Les yeux écarquillés, Draw regarda l'homme qui déboutonnait un à un les boutons de son manteau. Ou était l'homme qui l'avait enlevée et torturée ? Qui était l'homme qui lui faisait face ? Et que cherchait-il à lui faire comprendre ? Son comportement était en total inadéquation avec ses paroles d'il y a quelques semaines.
Elle ne connaissait pas l'homme qui lui faisait face. Ou du moins elle ne l'avait rencontré qu'à travers des chimères sans queue ni tête desquelles elle s'était toujours réveillée.
Elle le repoussa brutalement faisant quelques pas en arrière pour se retrouver acculée à la porte qu'elle avait passé quelques instants plus tôt.
« Qu'est-ce que tu mijotes putain ? Je ne te reconnais pas ! »
Le meurtrier ne répondit pas tout de suite, préférant retirer sa veste et ses lunettes avant de s'asseoir dans le fauteuil juste derrière lui. Il frotta ses mains vigoureusement sur sa mâchoire mal rasée avant de plonger ses prunelles cobalts dans les siennes.
« Il y a des choses qui ne s'expliquent pas Drawline et tu le sais autant que moi. J'ai réfléchi tout simplement. Cette chose qui nous lie, putain gamine, ça me rend malade. Fou, totalement fou. Je sais que tu comprends ce sentiment, ce besoin incompréhensible d'être auprès de toi. Je lutte, chaton, contre quelque chose qui nous dépasse l'un comme l'autre, qui va au-delà de ce qui a fait de nous ce que nous sommes. Tu me désarçonne Gamine, comme personne n'a jamais réussi à le faire, dès la première fois où j'ai croisé tes immenses yeux verts. Un rire âpre s'échappa d'entre ses lèvres. Dans cette effroyable robe de princesse, et cette frange trop longue qui bouffait la moitié de ton visage d'ange…Putain gamine tu m'as transcendé à la première seconde. Au premier regard. J'ai su irrévocablement que tu serais à moi. »
Draw sentit ses jambes la lâcher, ses genoux percutèrent violemment le sol en marbre. Tremblante elle porta une de ses mains à son visage. Sans savoir pourquoi, elle ne put retenir une seconde de plus les sanglots qui lui bloquaient la gorge depuis le début de son discours.
« Putain…mais de quoi est-ce que tu parles… » Souffla-t-elle difficilement.
« Ne joue pas au plus con avec moi, petit ange, tu sais très bien de quoi je parle »
Un cri déchirant transperça le silence de la pièce alors que Draw s'effondrait sur le sol, suffoquant sans pouvoir s'arrêter.
« Je t'ai cherchée pendant plus de 10 ans ,Draw, je me suis accroché au souvenir de cette petite fille comme on s'accroche à sa vie…Je me suis accroché à ce que j'avais vu dans ses yeux ce fameux soir d'Halloween, cette détresse, ce besoin, qui n'avait d'égal que le sien à cette rencontre fortuite dans ce bar miteux, je ne t'ai pas reconnue sur le moment et pourtant j'ai ressenti cette attraction, cette alchimie qui m'a mené directement jusqu'à toi. C'est incontrôlable chaton, ça me bouffe, ça me ronge tellement que j'en arrive à te haïr…tu me chamboule Amour, tu me détruis… »
Draw se sentit partir sous le coup de l'émotion, elle essaya de se lever mais ses yeux se fermèrent d'eux-mêmes sous les pulsations douloureuses qui martelaient son crâne.
« Octave..je.. » souffla-t-elle.
Elle n'eut jamais la possibilité de finir sa phrase, emportée par les bras de Morphée, dans des méandres bien plus doux.
Draw ouvrit brusquement les yeux. La pièce où elle se trouvait été totalement plongée dans le noir. Désarçonnée, elle essaya de se lever mais un bras lourd pesait contre ses hanches.
Octave…
L'envie de vomir lui vint aussi rapidement que son angoisse était apparue, Elle poussa avec force sur le bras qui la retenait prisonnière, mais celui-ci raffermit sa prise contre sa taille.
« Octave lâche moi putain, c'est urgent ! »
Elle redoubla d'effort et fini par réussir à se dégager à temps pour courir vers la salle de bain qui faisait face au lit où il l'avait installée –une douce lueur s'échappait de l'entrebâillement de la porte.
Elle ferma cette dernière à double tours avant de s'effondrer la tête directement dans la cuvette des toilettes.
« Draw putain ! OUVRE CETTE PORTE GAMINE ! » Hurla-t-il.
Seul un déglutissent lui répondit suivit par un sanglot distinct.
« Putain de merde, chaton qu'est-ce qu'il se passe, ouvre cette putain de porte ! »
Il tambourina avec force contre la cloison, en ayant sûrement dans l'idée de faire sauter les gonds.
« Je ne peux pas Octave, Je ne peux pas » pleura-telle.
« Pourquoi Chaton, dis-moi pourquoi ? » Sa voix n'avait jamais été aussi douce.
Elle se sentait sale, pourrie jusqu'à la moelle, monstrueuse.
« Tu n'es qu'une putain Draw ! Un salope comme ta mère »
Car le pire dans toute cette assourdissante cacophonie de problèmes était la chose la plus évidente et pourtant celle à laquelle on réfléchit le moins…
Elle ne savait pas lequel des deux était le père de l'enfant…
A suivre…
Bon bah voilà… Je tiens directement à m'excuser de la médiocrité de ce chapitre, je ne reconnais pas Draw et ça me fait flipper… mais bon j'avais prévenu, c'est un chapitre transitoire et dieu sait que ce genre de chapitre est très rarement intéressant, j'espère que vous aurez quand même prit un minimum de plaisir à le lire.
Je m'excuse encore une fois du retard…
La bonne nouvelle c'est que l'histoire peu vraiment commencer à partir de ce chapitre et je vais enfin reprendre du plaisir à écrire,
Je vous embrasse et vous remercies encore pour toutes vos reviews c'est ce qui me donne envie d'écrire, donc n'hésitez à laisser une trace de votre passage !
Je vous embrasse,
Dracula-Smile
PS : Pour ceux qui aurait envie de rentrer en contact avec moi pour me poser des questions sur l'histoire vous pouvez mon trouver sur twitter sous le pseudo de : AleksaVladimir
