Tout d'abord désolée pour mon retard ! Pour me faire pardonner...ou pas, ce chapitre est plus long (beaucoup plus long) que les autres... Je souhaite qu'il vous plaira tout autant que les précédents.

Comme toujours merci pour les review, ça motive vous n'avez pas idée ! J'ai un rêve fou.. atteindre 100 review après ce chapitre qui porte un titre qui me tient à cœur, qui parle d'un sujet qui me tient à cœur.

Merci aux lecteurs silencieux ;) aux follows et aux Favs.

Merci à mes bétas (distributeurs de force et d'amour mwah) !


La sauveuse ferma les yeux derrière lesquels défilèrent des tas d'images qu'elle n'avait jamais vu. Malgré la douleur qu'elle ressentait son esprit se concentra uniquement sur ces visions. Celles-ci ne l'empêchèrent pas de tenir fermement Elizabeth, toujours dans ses bras.

Elle ne vit rien de ce qui se passait autour d'elles. Ni l'inquiétude de Regina plus loin. Ni celle d'Henry qui cherchait à les rejoindre bloqué par les gens autour de lui.

XXXXX

En arrivant chez Snow et David, William se stoppa net sur le pas de la porte en remarquant la présence de sa sœur.

-Sara, fuis c'est un piège, s'exclama-t-il en tenant la porte mais il était trop tard l'adolescente était déjà là.

-William, s'offusqua Blanche Neige choquée par le comportement de son fils.

-Oui je sais, je vais dans ma chambre, râla-t-il en s'éloignant.

Sa nièce s'apprêtait à s'en aller elle aussi mais elle fût retenu par sa maman blonde qui la supplia de l'écouter. Après le fiasco de chez Granny il fallait vraiment qu'elle lui parle.

-S'il te plait, laisse-moi t'expliquer.

Sa grand-mère insista elle aussi, fermant la porte l'empêchant de quitter l'appartement.

-Ecoute la, c'est ta mère, dit-elle doucement faisant soupirer la plus jeune.

-Très bien, tu as 10 minutes.

Elle marcha jusqu'à la grand table où elle s'assit sans grande joie. Emma s'installa en bout de table juste à côté d'elle.

-Tu sais que maman et moi avons des problèmes depuis longtemps et si nous avons pris cette décision ce n'est pas parce qu'on ne t'aime pas.

-Je sais tout ça, mais vous êtes le grand amour, une icône presqu'aussi importante que grand-mère et grand père, vous ne pouvez pas divorcer.

Mary-Margareth lutta pour dire quelque chose et ne pas interférer dans la discussion entre mère et fille. Néanmoins elle savait très bien qu'entre la blonde et la brune tout pouvait partir très vite et qu'elles avaient très souvent besoin d'un conciliateur.

-Elle marque un point, si je peux me permettre, dit-elle en s'asseyant à son tour, le véritable amour ne divorce pas.

Au vu du regard noir de sa fille elle se releva et partit plus loin sans un mot de plus.

-Elle a raison, dit la plus petite le regard triste qui fendit le cœur de la blonde comme toujours sensible aux sentiments de son enfant.

Elle se rapprocha de sa fille et lui prit les mains cherchant à capter son regard.

-J'aimerai toujours maman, plus que personne ne pourra jamais l'imaginer, plus qu'elle ne le saura jamais, expliqua-t-elle calmement, mais notre vie, la vie n'est pas un conte de fée, il y a des hauts, des bas et les gens qui s'aiment ne finissent pas toujours ensemble.

L'adolescente baissa la tête sachant bien qu'elle avait raison. Toutefois elle n'arrivait pas l'accepter. Elle se retint de pleurer en serrant les dents.

-C'est ma faute, si je n' étais pas là, vous n'auriez pas si peur et vous ne disputeriez pas si souvent.

-Bien sûr que non, on te voulait plus que tout, tu es notre petit bonheur, la rassura la plus âgée, et puis tu sais sans toi, Maléfique aurait trouvé un autre moyen de nous pourrir la vie.

Tous ses mots ne réconfortèrent pas ni même ne soulagèrent la brune. Comme depuis toujours elle avait besoin de preuve. Elle avait assisté a tellement de disputes dont elle savait être la cause.

-J'ai vraiment pas assuré, je suis égale à moi-même, mais nos problèmes de couple ne regardent que nous, insista la Sauveuse, et ça nous empêchera pas d'être toujours présentes pour toi, ça ne viendra pas entacher nos rôles de mères.

-Très bien, souffla l'ado avant de se lever et de vouloir partir.

Elle ouvrit la porte sous le regard médusé de la Shérif qui comprit qu'elle lui en voulait toujours et que rien n'était réglé.

-Sara je, tenta-t-elle.

-Ouais, ça va t'inquiète

L'adolescente quitta l'appartement sans un mot de plus complètement déçue et anéantie par le fait de ne rien pouvoir faire pour empêcher leur divorce. Elles qui étaient son modèle de l'amour parfait.

XXXXX

La maison de la Mairesse était plongée dans le noir depuis plusieurs heures et tout le monde dormait profondément. Regina était allongée sur le côté faisant face à Emma couchée sur le dos. La brune avait sa main posée sur la blonde, qui avait posé la sienne sur celle de sa femme. Tout était calme, sans bruit, jusqu'à ce que des cris se fassent entendre dans la chambre d'à côté.

La shérif se réveilla en sursaut essayant de comprendre où elle se trouvait. Elle retira délicatement la main de son épouse et se leva. Dans le couloir elle alluma la lumière avant de pousser la porte d'où provenaient les cris.

Dans la pièce elle se pencha sur le berceau de sa fille qui s'était déjà un peu calmée.

-Hey, pourquoi est-ce que tu cries comme ça, tu vas réveiller tout le monde.

Elle la prit dans ses bras pour la bercer et fit quelques pas. Comme toujours en voyant la blonde Sara était d'un calme surprenant. Elle se contentait de la regarder les yeux grands ouverts sans broncher. La sauveuse s'installa dans le fauteuil à bascule de la pièce. Elle était épuisée mais il était hors de question qu'elle dorme alors que le nourrisson non. Cette dernière avait l'air apaisé par le son de la voix de la blonde.

-Tu es la plus belle chose qui pouvait nous arriver, fit la Sauveuse en lui caressant délicatement ses petites mains, la plus belle chose que je n'ai jamais vue au monde.

Comme le bébé ne râlait toujours pas elle continua de parler sans même sans s'en rendre compte.

-Tu sais Henry était aussi très beau et je ne dis pas ça parce que c'est ton frère, elle rit en la ramenant encore un peu plus près d'elle, mais toi t'es un vrai petit canon, la perfection. Le parfait mélange entre maman et moi et tu sais j'espère vraiment que tu prendras plus d'elle que de moi. Je voudrais tellement que tu sois heureuse et que tu ais tout ce que tu mérites.

Elle embrassa son front.

-Je serais toujours là pour toi.

XXXXX

Dans la chambre de la petite fille Emma se baissa une énième fois pour ramasser encore un autre jouet. D'une oreille elle surveillait toujours les bruits provenant de la salle de bain.

-Savon, Savon, Savon, chanta avec joie la petite fille debout sur un marchepied devant l'évier, frotte, frotte, frotte !

-Ma chérie, n'inonde pas toute la salle de bain, ferme l'eau quand tu savonnes tes mains, s'exclama la blonde de l'autre pièce.

Presque immédiatement le silence, on n'entendit plus l'eau couler, Sara était une petite fille obéissante. La sauveuse sourit et laissa tomber tout ce qu'elle avait dans les bras dans le coffre à jouet. Elle ramassa le pull de la fillette qu'elle plia rapidement avant de le poser sur le meuble et de fermer la porte de l'armoire. Elle reboucha les feutres restés ouverts.

-Je ne t'entends plus, héla-t-elle

-De l'eau, de l'eau, de l'eau, il faut tout enlever, de l'eau, de l'eau, de l'eau, Reprit l'enfant en ouvrant l'eau à nouveau.

Rassurée, sa mère continua le ménage de la chambre en chantonnant elle aussi la comptine jusqu'à ce que Sara débarque les mains en l'air.

-Mains toutes propres, mains toutes propres, mains toutes propres, s'égosilla-t-elle.

La jeune maman se pencha et examina scrupuleusement sa fille.

-Tu as voulu prendre un bain, lui demanda-t-elle en lui tirant sur son haut de pyjama mouillé.

La plus petite aurait préféré que sa maman ne le remarque pas, elle qui voulait tellement être grande. La shérif regarda tout de même ses mains et la félicita, ce qui lui redonna le sourire.

-Bon allez, au lit, il est tard.

Emma la souleva et en jouant à la faire voler dans toute la pièce, elle l'emmena dans son lit.

-Mais maman n'est même pas encore rentrée, râla la plus jeune en se mettant à genoux sur le matelas.

-Je sais, mais il est vraiment très tard, expliqua Emma, elle viendra t'embrasser en rentrant.

-Dans ce cas je vais l'attendre avec toi, elle se leva à présent et se colla contre sa mère en levant les yeux vers elle, s'il te plait.

La plus vieille soupira et lutta intérieurement pour ne pas craquer. Elle serra la petite contre elle avant de s'assoir sur le lit.

-Désolée ma chérie, mais non, maman sera très fatiguée et puis toi tu as besoin de dormir.

-Mais, tenta l'enfant.

-Je sais, contra la blonde en l'aidant à se coucher et en lui donnant son doudou, mais je serais juste à côté.

Elle était consciente que le moment du couché était dur pour Sara, qu'elle avait une peur bleue de se retrouver seule dans le noir.

-Je te promets qu'au moindre bruit, j'arrive tout de suite et puis adjoint Nono veille sur toi.

Elle lui caressa la joue et la sensation de bien-être lui fit fermer les yeux. La Sauveuse se pencha et lui embrassa le front avant de murmurer un petit « Je t'aime ».

Elle éteignit la lumière et avant qu'elle ne puisse franchir le seuil de la porte sa fille lui répondit.

-Moi, encore plus.

Cela fit sourire sa mère s'exclamant « Moi, Beaucoup plus » avant de tirer la porte sans la fermer.

XXXXX

Sara était assise sagement sur le grand canapé du salon regardant droit devant elle. Emma l'observait à la dérobée dans l'encadrement de la porte.

-Tu es sûre qu'elle est prête pour ça, demanda-t-elle.

-Emma, soupira Regina pas loin derrière elle, nous n'avons pas le choix, nous devons travailler. On ne peut pas toujours l'emmener avec nous et puis elle a besoin de grandir de son côté.

La blonde ne se retourna pas, elle-même plus stressée que sa fille.

-Quand même une nounou magique, c'est, c'est peut-être un peu trop, grommela-t-elle.

-Oui mais c'est la meilleure, contra la Mairesse en se rapprochant de sa femme, elle sera en sécurité avec elle.

Elle aussi jeta un œil à son bébé, toujours aussi calme ses mains le long du corps et ses pieds se balançant dans le vide.

-Arrête de stresser, elle va finir par le sentir, dit-elle doucement en posant sa main sur son bras, tout va bien se passer.

La sonnette fit sursauter la blonde et sourire la brune qui alla ouvrir. Sur le pas de la porte se trouvait une femme brune, très jolie, vêtue sobrement, les cheveux attachés. En voyant la Reine, elle sourit chaleureusement et s'avança gracieusement quand la maîtresse de maison l'invita à entrer. La sauveuse la salua à son tour et toutes les trois se rendirent dans le petit salon où Sara les attendaient.

-Sara ma chérie, voici Mary, annonça sa maman brune.

Sans joie, la fillette se laissa glisser du canapé et tendit sa main.

-Bonjour.

La jeune femme serra délicatement sa main en lui souriant.

-Bonjour, Sara, je suis ravie d'enfin pouvoir te rencontrer.

L'enfant se recula rapidement pour se remettre à sa place sans le moindre mot, ni même un regard à ses mamans.

-J'ai quelque chose pour toi, continua la nounou, voyons voir.

Elle ouvrit son sac et fouilla à l'intérieur. Elle en sortit des tas de choses pour le moins étranges et de tailles disproportionnées. Sara la regarda faire les yeux grands ouverts complètement choquée par cette femme. Elle ne fut pas très bavarde durant le reste de la rencontre. Poliment elle lui dit au revoir avant de se retirer dans sa chambre.

Regina ferma la porte partagée par la réaction de sa fille. Emma revint de la cuisine déterminée à lui faire comprendre que ce n'était vraiment pas une bonne idée.

-Tu as vu ça tête, je te l'avais dit, elle est terrifiée on ne peut pas la laisser avec elle.

-Tu as sans doute raison, accorda la brune d'une petite voix.

-J'ai raison, bien sure que j'ai, non attend, tu peux répéter ça ?

Le sourire de la blonde fit craquer son épouse qui lui donna un coup dans l'épaule pour la faire taire.

-On va pas avoir le choix Emma, tout le monde est occupé durant la journée, ce n'est plus un bébé qui passe son temps à dormir, il faut s'occuper d'elle maintenant, jouer avec elle et Mary fera ça parfaitement bien.

La sauveuse ne répondit pas sachant bien qu'elle avait raison.

-Elle va pas arrêter de nous aimer pour ça, conclut la plus petite.

Elles ne virent pas que Sara était en haut des escaliers et les écoutait sa petite tête entre les barreaux. Elle semblait inquiète et déçue en même temps.

-Quant à toi, je refuse de te retrouver avec la nounou sur le canapé.

-Oh mais avec moi aucun risque, tu sais bien que j'aime les femmes autoritaires avec du pouvoir et sombre, Reine, garce, tout ça, rappela la blonde en retournant dans la cuisine.

La Reine en question la suivit un sourire carnassier plaqué sur son visage.

XXXXX

Emma était à son bureau au poste, où elle travaillait depuis environ une heure. Elle se leva en attrapant sa tasse alors que sur un bureau à côté Sara se levait à son tour en lâchant son crayon de couleur. Elle prit son gobelet Roi Lion et celui en plastique de Nono sagement assis sur la chaise près d'elle. La blonde se servit un café alors que sa fille remplissait son verre et celui de sa peluche, d'eau.

Elle regarda sa mère boire une gorgée et fit de même. Elle se tenait exactement comme la Shérif une main sur la hanche et l'observait.

-Encore une heure et on pourra aller déjeuner, annonça la plus grande.

L'autre acquiesça en jetant un œil à son doudou qui portait fièrement son étoile d'adjoint.

-Il meurt de faim ce glouton, confia l'enfant.

-Alors au boulot, nous avons encore beaucoup de travail, dit sérieusement sa mère en retournant à sa place.

La fillette fit de même en remettant sa boisson à Nono et sans même observer sa maman elle soupira comme elle. La blonde reprit son stylo tout comme Sara son crayon de couleur fière de travailler avec sa maman et son meilleur ami.

XXXXX

Sara venait d'avoir 14 ans et elle avait toujours ses beaux cheveux longs et ondulés. Elle était une très bonne élève sage et sociable.

Ce jour-là à la fin des cours et comme tous les jours elle sortit accompagnée par une petite foule d'amis qui riaient à ses blagues. Elle ne vit pas Emma absorbée par sa mini notoriété pourtant cette dernière était juste devant le portail appuyée contre sa voiture.

-Hey l'intello, l'interpella-t-elle en se redressant.

Au son de sa voix la brune se retourna immédiatement et abandonna ses amis pour rejoindre sa mère.

-Je croyais que tu ne pouvais pas venir aujourd'hui, rappela la plus jeune en s'approchant.

-Oui mais j'ai fait mon possible pour me libérer, sourit-elle fièrement en croisant les bras.

-Génial !

La pré-adolescente remonta son sac sur son épaule en tenant fermement le livre de son histoire qui ne la quittait jamais. Elle était en quelque sorte persuadée que si on l'attaquait elle trouverait le moyen de se libérer à l'intérieur. La ressemblance avec son frère était frappante.

Une fois en voiture, alors qu'elle s'attachait, la brune eut une idée en entendant le bruit du moteur.

-Dis, tu m'apprendras à conduire bientôt ?

-Oui, bien sûr, accepta sans mal la Sauveuse.

-Mais pas comme Henry hein !

-Non pas comme Henry, il conduit comme un grand père, jamais aucun risque, se moqua sa mère qui regarda sa montre, qu'est-ce que ce tu en dis de commencer maintenant ?

-Sérieux ?

-Bah j'ai rien à faire, alors si...

La plus jeune laissa éclater sa joie en criant et gesticulant ce qui effraya quelque peu la blonde.

-Mais pas un mot à maman, elle me tuera si elle apprend que je t'ai laissé conduire ma voiture.

La jeune fille rit en imaginant, sans problème, l'état d'hystérie dans lequel entrerait sa maman brune. Emma démarra et roula jusqu'à un endroit plus reculé pour éviter tout accident.

Une fois au volant la plus jeune fût remplie d'une immense fierté elle était carrément dingue de cette voiture et la Shérif le savait. Un peu plus jeune elle lui avait promis que ce serait elle qui lui apprendrait la conduite et Sara n'espérait qu'une chose que cela se fasse sur la voiture jaune.

-Tu relâches doucement la pédale d'embrayage, expliqua la plus grande.

L'autre s'exécuta et le véhicule commença à bouger lentement.

-Ouai, parfait, la félicita celle qui jouait le rôle de copilote.

L'adolescente se redressa touchée dans son amour propre, elle aimait entendre que sa maman blonde était fière d'elle.

-Voilà continue tout droit, jusqu'au bout du chemin, puis braque, oui maintenant.

La voiture tourna à une petite vitesse cependant rien ne pouvait entacher l'euphorie que ressentait la brune.

XXXXX

A la fin de la première journée avec sa nounou, Mary Poppins, la fillette attendait ses mamans assise sur les escaliers s'imaginant que ce qu'elle allait leur dire suffirait à les faire changer d'avis.

-Je la déteste, annonça-t-elle sans leur laisser le temps de retirer leur veste.

Les adultes soupirèrent et demandèrent à leur fille de venir au salon.

-C'est le premier jour, laisse-lui le temps de te séduire.

-Non, refusa catégoriquement la petite, elle fait de la magie tout le temps et partout, je déteste ça, elle chante, elle est bizarre avec moi, elle, je déteste ça.

Elles savaient bien que depuis l'attaque de Maléfique Sara avait du mal avec tout ce qui était magique et qui n'était pas ses mères.

-Crier ne t'apportera rien jeune fille, la reprit la brune, Mary est une personne gentille, elle ne te veut pas de mal, alors tu as plutôt intérêt de l'être toi aussi.

La mairesse semblait sans appel et la sauveuse savait bien qu'elle n'avait aucun intérêt à se mêler de la discussion en cet instant.

-Mais elle me fait peur, pleura la petite.

La shérif s'installa près d'elle et lui caressa les cheveux pour la réconforter.

XXXXX

Après être rentrée de la forêt enchantée suite à la bataille pour rendre son Royaume au Roi Alexandre, sa fille Eleanor vint vivre à Storybrooke.

-Alors princesse, tu vas rester dans le monde des humains, l'interrogea Sara en s'installant à côté d'elle sur le banc du parc.

La jeune fille était du genre solitaire surtout dans ce monde encore inconnu pour elle. La brune l'avait repérée alors qu'elle était installée à la table du pique-nique familiale.

-Le monde des humains ?

-Oui enfin, je me comprends, à Storybrooke, précisa la plus grande.

La blonde ferma son livre voulant se montrer plus accessible à cette inconnue qui avait surement sauvez sa vie il y a quelques semaines de ça.

-Heu oui, mon père m'a autorisé à étudier chez vous, jusqu'à mon seizième anniversaire.

-Parfait, tu vas voir les châteaux tout ça c'est top mais la vie ici, c'est carrément mieux.

Son altesse l'étudia scrupuleusement, se répétant certaines de ses expressions. Elle désirait s'adapter le plus rapidement possible à leur façon de vivre.

Elles discutèrent un long moment et quand Sara se releva elle jeta un coup d'œil à ses mamans et grand parents plus loin. Leurs regards se détournèrent tous en même temps prit sur le fait. L'adolescente fronça les sourcils mais les oublia quand Eleanor lui demanda si elles pouvaient se retrouver au lycée.

Elle la rassura quant à la grandeur de l'établissement et sur ses autres peur alors que la blonde lui demandait dans un ultime sourire de l'appeler Ellie. La plus âgée lui fit tout de même une révérence en lui prenant la main. A ce contact, l'héritière au trône sembla un peu gênée et baissa les yeux. La brune le remarqua et la lâcha immédiatement et la salua de manière moins traditionnelle.

XXXXX

Toute la petite famille déjeunait dans la cuisine, un peu plus tard que d'habitude, Henry etEmma étant en vacances. En silence chacun d'eux émergaient à leur rythme. Sara buvait tranquillement son biberon les yeux grands ouverts, elle observait le monde sans chouiner.

-Emma tu peux m'attraper le saladier sur l'étagère du haut, demanda Regina en essuyant la table, je vais en avoir besoin.

La blonde sourit se sentant un peu utile, elle acquiesça et n'eut pas besoin de se mettre sur la pointe des pieds pour l'attraper.

-maaa maaaa, gazouilla le bébé toujours dans sa chaise haute.

-Nann, râla la blonde, maman, pas Emma.

-Maaaa maaa, répondit-t-elle tout naturellement en jouant avec son biberon.

-Génial, il manquait plus qu'elle, on est a deux doigts du Miss Swan.

Sara commençait à donner des surnoms à tout et à tout le monde et Emma y avait échappé jusque-là. Regina avait le droit à un presque maman selon l'humeur et Henry un joli « hiiii hiiii ». La sauveuse voulait éviter ça, et puis se faire appeler Emma par ses enfants ne l'enchantait pas.

-Il faut toujours que tu abuses, comptes pas sur moi pour t'appeler maman, même devant notre fille.

D'un coup du haut de sa chaise haute cette dernière s'excita et brailla « Ma-ma-ma » pour tout le quartier. Elle souhaitait attirer l'attention de sa maman blonde qui l'ignora royalement.

-Ça lui passera, bientôt elle te saoulera à t'appeler toutes les deux minutes et tu prieras pour qu'elle oublie ton statut.

La shérif partit bouder au salon, alors que son épouse soupirait devant le côté puéril de sa femme. Une demi-heure plus tard, Sara déboula dans le salon comme une fusée directement vers ses jouets.

-Tu peux la surveiller, j'aimerai prendre un long bain, demanda la brune qui suivait leur fille.

Devant l'air de chien battu de sa femme la Sauveuse accepta non sans soupirer.

-Merci

Elle lui fit un bisou suggestif pour la remercier et avant que cette dernière ne puisse ouvrir les yeux elle avait disparu.

Emma jeta un œil à sa fille qui à son tour l'ignora mais inconsciemment. Elle zappa, lasse, elle s'ennuyait, Henry l'avait laissé tomber pour sortir avec ses amis. Affalée sur le canapé les pieds sur la table basse, elle changea une fois de plus de chaîne. Elle tomba sur la centième rediffusion du dessin animé préféré de sa fille. Elle se redressa attendant la réaction de celle-ci. Elle ne se fit pas attendre, elle se retourna directement en reconnaissant la voix de son Héros. Elle bloqua devant le téléviseur durant de longues minutes sans bouger.

Son attitude amusait la blonde qui ne la quittait pas du regard. Encore plus quand la petite passa devant la télé et grimpa avec du mal sur le canapé. Une fois stabilisée elle se dirigea vers sa maman à quatre pattes.

-ma-ma, essaya-t-elle souhaitant qu'elle la prenne dans ses bras, ma-ma-ma, mo-moman.

-Ah bah tiens subitement je t'intéresse, rit l'adulte en l'aidant à monter sur elle.

Elle se cala, dos contre la plus grande, la tête sur sa poitrine, hypnotisée par le dessin animé. Elle se dandina et gazouilla sur le rythme de la musique.

-Nono, articula-t-elle en pointant la télé en voyant le lionceau qui chantait.

La mairesse redescendit complètement apaisée et ses cheveux encore un peu mouillés.

-Encore Le Roi Lion, tu en as de la chance, ironisa la brune.

-Nono, chuuuut, râla la petite accrochée à la Sauveuse.

-Je crois que tu déranges, se moqua à son tour l'autre femme en lui faisant signe de s'en aller voulant profiter encore un peu de ce moment de tendresse.

XXXXX

Dans le parc éclairé par les lampadaires de la route, Eleanor se balançait doucement regardant de temps à autre autour d'elle ayant peur de se faire surprendre. Perdue dans ses pensées elle bondit presque en entendant du bruit derrière elle.

-Désolée, plaida l'adolescente qui venait de la surprendre, je ne voulais pas te faire peur.

Ellie lui sourit et se rassit sur la balançoire sans la quitter des yeux.

-Je ne peux pas rester longtemps, si Sacha se réveille et qu'elle s'aperçoit de mon absence, j'ai peur qu'elle ne veuille rentrer au royaume.

-J'arrive pas à croire que tu as une nourrice presque aussi jeune que toi, ricana l'autre.

La blonde rit aussi au commentaire de Sara debout devant elle les mains dans les poches.

-C'est parce que le Roi pense qu'une jeune nounou comprendra mieux mes états d'âme.

La plus grande s'était avancée en écoutant son amie et avoua que la raison invoquée par Alexandre semblait tenir la route.

-Et toi, La Reine ne vas pas te chercher partout, s'inquiéta la princesse.

-T'en fais pas pour ça, elles ne se rendront même pas compte que je suis sortie.

La jeune femme toujours assise attrapa la veste en cuir de la brune et la força à se baisser. Avant qu'elle n'ait le temps de dire quoique ce soit Ellie rapprocha son visage de celui de son amie.

-J'avais vraiment envie de te voir, murmura-t-elle.

Elles s'embrassèrent un court instant. Elles ne se reculèrent pas totalement puisque la jeune princesse l'embrassa encore en passant ses bras au tour de son cou. Toujours sur la balançoire elle se grandit au maximum pour se tenir au plus près d'elle.

-Tu veux qu'on aille ailleurs, demanda la brune, j'ai la voiture de ma mère.

Elle précisa ce détail en souriant et son amie comprit sur le champ où elle voulait en venir.

-La voiture, en regardant plus loin elle vit la voiture jaune d'Emma, mais dans votre monde tu es trop jeune pour conduire.

-Relax, ma mère m'a appris à conduire il y a très longtemps et puis c'est la shérif on ne risque rien.

Eleanor se leva quand même très inquiète mais ne lâcha pas la plus grande.

-Qu'est-ce que tu veux faire, alors ?

-On va aller dans un endroit à l'abri des regards et on

-Vous n'allez aller nulle part, s'exclama une voix derrière elles qui les fit se séparer.

Emma et Regina étaient plantées là abasourdies par le comportement de leur fille mais aussi par ses propos.

XXXXX

La petite fillette escalada l'un des tabourets de la cuisine et s'y installa l'air très sérieuse. Regina et Emma en face d'elle s'arrêtèrent de discuter pour l'écouter.

-Comment on fait les bébés, demanda la plus jeune.

-Okay, je m'en vais, fit Henry en embarquant son bol avec lui.

Aucun son ne put franchir les lèvres de ses deux mamans. Elles se regardèrent, espérant l'une comme l'autre que ce soit l'autre qui parle.

-Pourquoi est-ce que tu nous demandes ça ma chérie, essaya la brune.

-A l'école les copains de tonton William, ils ont dit que pour faire les bébés il fallait une maman et un papa. Ils se sont tous moqués de moi quand je leur ai dit que c'était pas vrai.

Une fois de plus un silence quoiqu'un peu moins gêné.

-Et bien, oui ils ont raison, lâcha finalement la Reine.

-Mais moi j'ai pas de papa, dit-elle sûre d'elle.

Les deux adultes surent que c'était le moment d'expliquer certaines chose à leur filles même si celle-ci était un peu jeune pour tout comprendre. Avec des mots simples, elles lui expliquèrent comme elle fut conçue.

XXXXX

Toutes les nuits Sara pleurait en pensant au lendemain et à l'arrivée de Mary. Emma était celle qui la consolait le plus souhaitant lui montrer qu'elles l'aimaient. Elle lui lu plusieurs fois le roman qui racontait l'histoire de sa nounou pour qu'elle comprenne quelle femme gentille elle était. Cependant la fillette en avait toujours peur et essayait de convaincre celle-ci de ne plus la laisser seule avec elle.

-Elle me regarde toujours bizarrement, souleva-t-elle, puis maintenant elle ne chante plus, elle fait que de m'observer tout le temps.

La sauveuse se disputait souvent avec son épouse qui s'agaçait du comportement de la blonde. Selon elle Emma couvait beaucoup trop Sara.

-Non, non, C'est une enfant, c'est normal qu'elle ait peur, entendit la fillette de sa chambre qu'elle n'osait pas quitter, mais tu ne dois pas toujours faire ce qu'elle te demande.

-Bon sang Regina, elle est terrifiée ça fait des jours qu'elle ne dort pas.

-Nous sommes les adultes c'est à elle de s'adapter pas à nous, je sais qu'elle est malheureuse et cela me fend le cœur mais il n'y a pas d'autre solution.

La blonde demanda quand même à Mary d'utiliser le moins possible la magie devant sa fille.

La petite comprit vite que c'était à elle de se cacher pour éviter sa nounou. Elle monta se réfugier dans sa chambre dès sa maman fut partie. Elle poussa sa petite commode contre sa porte et s'installa sur son lit en tenant Nono dans ses bras. Elle resta un moment comme ça et ne vit pas une seule fois celle qui hantait ses nuit comme ses jours.

Tout d'un coup, alors qu'elle allait s'endormir, la poignée de la porte commença à bouger et à faire du bruit. La fillette entendit ensuite la porte de la chambre de son frère à côté et son regard se porta sur la petite porte qui menait à cette pièce. Le plus rapidement possible elle se leva et tira son coffre à jouer devant celle-là, pensant être à l'abri. Le parquet de la maison craqua.

Sara regarda autour d'elle ne sachant plus quoi faire. Elle ouvrit la fenêtre qu'elle essaya d'escalader mais voyant le vide et la chute qui l'attendait elle rebroussa chemin. Sur sa table de chevet elle aperçut la bougie qu'Henry allumait lors de ses cauchemars. Elle fit apparaitre une boîte d'allumettes espérant que l'objet ferait aussi disparaitre ses peurs. Dans l'excitation du moment et les coups sur sa porte le cierge tomba, propageant la flamme sur le tapis. La petite ne sachant pas quoi faire resta plantée là. Heureusement Emma défonça la porte juste à temps pour le feu n'aille pas trop loin.

-Sara, cria-t-elle en éteignant les flammes, tu ne m'entendais pas t'appeler ?

XXXXX

Alors qu'Emma était devant la télé, la petite hésitait à l'interrompre dans son seul après-midi de congés de la semaine. Elle prit son courage à deux mains et se planta devant la blonde presque endormie.

-Est-ce que tu m'aimes comme tu aimes Nyny ?

La sauveuse la fit monter sur ses genoux pour lui parler et lui faire comprendre certaines choses.

-Je vous aime tous les deux d'un amour inconditionnel, commença-t-elle avant d'être coupée par sa fille.

-Mais moi je ne suis pas, j'ai pas été

Elle baissa la tête avant d'oser montrer le ventre de plus âgée.

-Là, peut être que tu ne m'aimes pas tout pareil.

-Je vais te confier un secret, dit-elle l'autre en la tenant fermement, parce que tu n'as pas été là, je pense t'aimer encore plus.

La fillette se laissa tomber des genoux de sa mère en soupirant.

-Je ne comprends pas, t'es pas ma maman, ici, elle montra ses bras pour parler du sang qu'il y avait à l'intérieur, on n'est pas pareil.

La shérif baissa la tête encaissant les paroles de sa fille et la façon dont elle les disait. Sa respiration fut plus pénible.

-Je suis ta maman, je, on t'a, on t'a expliqué, qu'une partie de moi, une toute petite partie à,

La blonde souffla n'arrivant pas à retrouver les mots que Regina avait utilisée pour expliquer qui elle était.

-Peu importe le sang qui coule dans mes veines ou dans les tiennes, tenta-t-elle encore sachant pertinemment que c'était biologiquement son sang qui coulait dans celles de la fillette, le plus important c'est ce qu'on ressent ici.

Elle montra à sa fille son cœur en posant sa main à l'endroit où il se trouvait.

Les jours passèrent et Sara avait l'air de croire tout ce que lui racontait la blonde. Puis un soir en quittant l'école, elle était étrangement silencieuse. Regina qui l'avait récupérée essayait tant bien que mal de la faire parler pour comprendre ce qui n'allait pas. Cependant, elle ne répondit qu'à peine à ses interrogations.

A la maison, elle se dirigea directement vers Emma assise sur le canapé les jambes étendues sur la table basse. Elle grimpa et s'installa auprès d'elle. Regina la regarda faire sachant pertinemment qu'il se passait quelque chose. Son regard croisa celui de son épouse qui elle aussi l'avait remarqué.

-Je peux te parler, demanda la petite voix de la fillette, rien que nous.

Sans dire quoi que ce soit Regina fila dans la cuisine. Ces derniers temps sa fille demandait beaucoup d'attention de la part d'Emma.

-A l'école, j'ai entendu Mady et Charlotte parler d'une chose qu'elles ont fait, tu sais elles se connaissent depuis qu'elles sont tout bébés.

La shérif fronça les sourcils cherchant à comprendre où la petite voulait en venir.

-Du coup, elles agissent comme des sœurs, continua la brune, elles se séparent jamais, elles sont voisines c'est comme-ci elles vivent ensemble et

-Où est ce que tu veux en venir, qu'est-ce qu'elles ont fait?

Sara se réinstalla un peu plus droite contre le canapé.

-Elles ont fait un pacte du sang, un petit trou ici et ici, explique-t-elle en lui montrant le bout de chacun de ses index avant de les coller ensemble, puis elles les ont mélangés pour n'en faire plus qu'un, elles sont devenues des sœurs de sang.

Elle se tourna vers sa maman pour savoir si elle l'avait suivi jusque-là.

-Si toi et moi on fait pareil, je deviendrais ta fille de sang et tu seras ma vraie maman.

Elle avait dit ça très vite de peur qu'Emma ait le temps de réfléchir au point de dire non.

Elle lui prit la main qu'elle caressa tendrement cherchant les bons monts pour ne pas blesser son enfant.

-Sara, je t'ai déjà expliqué, même si tu étais dans le ventre de maman, tu as

La plus jeune retira brusquement sa main

-Tu ne veux pas, tu ne veux pas être ma vraie maman, tu m'aimes pas comme Nyny.

-Si, bien sûr que si, tenta la blonde en s'approchant d'elle, tu ne te souviens pas ce que je t'ai dit, peu importe le sang, ce n'est pas ça que j'aime, c'est toi ma chérie, tu es ma fille autant qu'Henry est mon fils, je t'aime plus que ma propre vie.

Les larmes de Sara avaient commencé à couler et ce qu'Emma essayait de faire ne fonctionna pas du tout.

-S'il faut qu'on le fasse pour que mes mots aient plus d'impact dans ton cœur alors on va le faire, parce que, que tu puisses penser une seule seconde que je ne t'aime pas, me brise le cœur.

Elle avait dit ses mots en se penchant un peu plus vers la fillette ne savant plus quoi dire ou faire.

Regina avait voulu organiser une cérémonie très officielle pour faire plaisir à leur fille mais celle-ci avait refusé. Elle voulait quelque chose de plus intime, en réalité elle voulait que ce moment ne soit que pour elle et Emma. Seulement elle avait peur que sa maman brune le prenne mal ou qu'elle pense qu'elle l'aimait moins.

Un soir alors que la brune était allongée dans le lit de la fillette, Sara dans ses bras sur le point de s'endormir. La mairesse lui demanda si elle était contente que la date approche. C'est ce moment-là que choisit sa fille pour confier ses craintes. Elle fût soulager que sa maman la comprenne. Cette dernière lui expliqua tout de même une chose, qu'étant une personne importante politiquement parlant elle pourrait être une sorte de témoin de leur pacte. La reine était vraiment fière de sa fille et voulait tellement être présente lors de ce moment. Sara fit mine d'y réfléchir mais s'endormit avant même de donner sa réponse.

Le jour J, Regina n'était pas là, elle avait fini par comprendre que ce que voulait la plus jeune ne nécessitait pas de témoin. Elle voulait une preuve sincère que sa maman blonde l'aimait et la voyait comme sa fille. Elle désirait par-dessus tout avoir le même sang qu'elle et la présence de la brune gênerait ce moment intime.

Assise en face de sa maman, la petite fixait l'aiguille qu'elle tenait dans sa petite main. Elle n'assumait absolument pas la peur d'avoir mal au moment où ce petit truc traverserait sa peau. Ce qui la motiva ce furent les yeux de la blonde qu'elle croisa en levant les yeux. Elle souffla un bon coup et se piqua doucement en fermant un œil craignant le pire. Emma fit pareil et apporta la pointe de son index, en sang, contre celui de sa fille.

Elle réalisa que ce moment signifiait beaucoup pour elle aussi. Un sentiment étrange l'envahit, comme le jour où elle l'avait prise pour la première fois dans ses bras.

-Ma maman pour toujours, dit calmement la petite.

-Ma fille pour toujours, ajouta Emma sincèrement touchée et bouleversée par son enfant, je ne t'abandonnerai jamais.

Avant même qu'elle ne puisse dire quelque chose d'autre Sara s'était jetée dans ses bras, la serrant de toute ses forces.

XXXXX

-Tu es punie, s'exclama la Reine à l'adolescente.

-S'il t'était arrivé quelque chose, dit la blonde, on ne savait même pas où tu étais, si Maléfique t'avait enlevée comment on aurait pu le savoir.

-Tu es punie, dit encore une fois la brune.

Emma s'arrêta et la regarda.

-Je vais m'en charger chérie, calme toi.

La brune la dévisagea, elle n'en revenait toujours pas que sa fille ait fait le mur pour aller fricoter dans une voiture.

-Tu n'as pas intérêt à te laisser faire, elle mérite d'être.

-Punie, se moqua l'adolescente.

Regina quitta la pièce se retenant d'exposer alors que Sara elle ne retenait pas ses rires.

-Fugue, vol de voiture, conduite avant d'avoir atteint l'âge autorisé, je continue ou est-ce que tu préfères rire bêtement encore un moment, l'interrogea sa maman blonde.

Sara se tut attendant la sentence, Emma avait l'air remontée.

-On reparlera d'Eleanor et du risque que tu lui as fait courir en plein milieu de la nuit demain, commença la plus âgée, interdiction de sortir, de regarder la télé, d'aller sur l'ordinateur ou de toucher ton téléphone.

-Combien de temps, s'inquiéta l'ado résignée.

-Aussi longtemps qu'il me faudra pour oublier l'image de ma fille et de sa petite amie faisant des galipettes dans ma voiture.

-Mais on avait encore eu le temps de rien faire, essaya la brune.

-Bonne nuit Sara, dit calmement sa mère en se dirigeant vers la cuisine pour retrouver son ex-femme.

Leur fille entendit leur dispute et leurs cris. Regina reprochait à la Shérif d'avoir appris à sa fille à conduire.

-Elle a quinze ans, qu'est-ce que tu veux, qu'on la retrouve je ne sais où ?

-Relax, elle a fait ce que tous les adolescents font, elle voulait juste un peu s'amuser.

Sara restait en bas des marches les écoutant se rejeter la faute de ses bêtises.

-Ne me demande pas de me calmer quand tu fais n'importes quoi avec notre fille, soit tu lui laisses tout passer soit tu es trop dure, tu n'es pas sa meilleure amie, tu es sa mère, tu m'entends tu es sa mère.

L'adolescente se décida à monter quand elle entendit une dernière fois la reine crier, plus fort cette fois.

-Rentre chez toi, je veux plus te voir ici.

-Quoi, demanda la blonde surprise.

-Non, ne me touche pas, Suivi d'un long silence et puis : « pas ce soir, j'en peux plus, va-t'en ! »

La plus jeune vit sa mère passer en trombe et claquer la porte.

XXXXX

-Tu as menti, cria Sara en pleurs dans l'entrée du Manoir.

-Non, je t'ai dit que tu pourrais venir avec moi quand il y aurait aucun risque mais là ça pourrait être dangereux.

-Tu mens encore, hurla la petite fille à nouveau avant de monter les escaliers à toute vitesse.

-Sara, essaya la blonde.

Regina l'attrapa par le bras et l'empêcha de monter.

-Elle va se calmer, file, ils ont besoin de toi.

Elle écouta sa femme et partit rejoindre son père le cœur lourd. Sara était vraiment difficile ses derniers temps. Elle réclamait sans cesse l'attention de la blonde, se braquant si cette dernière la contredisait et cherchant constamment une preuve de son amour.

En rentrant, elle déposa une boite trouée dans l'entrée où elle vit sa fille, dans le petit salon. Elle était assise au piano et jouait plusieurs notes en boucle sans grande envie.

La sauveuse retira sa veste, prit la boîte avec elle et s'accroupit devant la plus jeune.

-Hey, tu t'améliores, t'es une sorte de petit Mozart, rigola la blonde pour prendre la température.

Seulement elle se détourna d'elle, fit exprès de l'ignorer et appuya exprès sur toutes les touches du piano pour la contredire.

-Je t'aime Sara, dit sincèrement sa maman blonde.

-Non c'est pas vrai, soupira déçue la petite fille qui quitta le piano pour aller s'affaler sur le canapé.

-Si c'est vrai, il pleuvait, c'était dangereux et tu le sais, gronda sa maman, arrête de bouder et écoute moi.

La brune croisa les bras refusant de l'écouter ni même de la croire.

-Très bien soupira la blonde agacée, comme tu veux, j'avais besoin de toi pour régler un problème mais si tu veux jouer la petite fille pourrie gâtée

Elle se baissa pour récupérer le carton et se dirigea vers la porte.

-Qu'est-ce que c'est, demanda la fillette en se levant.

-Ca, rien, ca ne t'intéresse pas.

-si, attend, supplia la petite, reviens.

Ravie que sa tactique fonctionne la Sauveuse ne se fit pas prier pour s'assoir, elle aussi sur le canapé, et pour ouvrir le carton. Instantanément une petite tête pleine de poils noirs sortie sa tête.

-Tu voulais m'acheter avec un chat ?

Emma regarda sa femme qui venait arriver et les observait en silence. Elle ne semblait pas contrariée par la présence de l'animal.

-Non bien sûr que non, je sais bien que tu es plus maline que ça, indiqua la blonde, ses frères et sœurs l'ont abandonné, la pauvre elle était trop petite pour s'enfuir avant que la pluie n'atteigne sa cachette.

Elle le caressa doucement l'air triste pour elle.

-J'ai voulu l'apporter au refuge mais il était déjà fermé, alors on va la garder ici cette nuit.

Sara ne l'écoutait que d'une oreille s'étant rapprochée de l'animal et le câlina à son tour.

-On peut la garder ici pour toujours, proposa-t-elle, elle est orpheline, si tu la ramènes là-bas il n'y aura peut-être jamais personne qui voudra l'adopter.

Elle toucha la corde sensible d'Emma, elle qui souhaitait que sa fille s'en occupe juste pour la nuit. Elle refusa néanmoins de prendre la décision laissant Regina accepter sans émettre aucune objection. Sachant bien que ce n'était pas le moment de faire la liste complète des consignes qu'elle allait devoir suivre.

-Bon et alors comment tu veux l'appeler, demanda sa maman blonde, pourquoi pas Nala.

-Nonnnnn, rétorqua la petite, Nala c'est une maman, elle c'est un bébé.

Le visage de l'enfant s'illumina.

-Kiara, dit-elle ravie d'appeler son chat comme la fille du Roi Lion.

Emma sourit quelque peu interloquée par la logique de sa fille qu'elle regarda quitter le salon en parlant à sa nouvelle amie. Elle croisa le regard de Regina encore dans l'encadrement de la porte.

-Ca ne marchera pas toujours, la mit en garde la Mairesse.

-Je sais, soupira la blonde se laissant aller contre le canapé.

XXXXX

Après l'épisode siège de la chambre et maison qui a failli prendre feu, Sara fut tenue de rester dans le salon durant l'absence de ses mamans. Elle y dessinait la plupart du temps comme aujourd'hui. Accompagnée de son fidèle Nono, sagement assis sur la petite table comme s'il observait son art, elle se sentait un peu plus en sécurité. Elle faisait face à la porte de sorte de pouvoir voir le danger s'il arrivait. Il ne fallut pas longtemps pour que Mary se joigne à elle. En chantant, d'une voix des plus gracieuses, elle traversa la pièce l'ignorant d'abord puis elle s'installa à ses côté.

-Tiens, tu ne joues pas dans ta chambre aujourd'hui ?

La fillette ne la regarda pas mais jeta un œil à sa peluche avant de faire non de la tête.

-Je suis punie, je dois rester ici et regarder la télé, murmura-t-elle.

-Une petite fille si gentille que toi, punie, non je n'y crois pas.

La plus jeune la dévisagea étonnée, sa nounou n'était donc pas au courant pour ses bêtises.

-J'ai joué avec des allumettes, expliqua-t-elle en omettant pourquoi elle l'avait fait.

-Parce que tu avais peur, tous les enfants ont peur et font des bêtises.

-Je n'ai pas peur.

Mentir était son seul moyen de défense, elle pensait que se montrer forte ferait d'elle quelqu'un de fort. La jeune femme n'insista pas puisque de toute manière la fillette ne souhaitait plus lui répondre à présent.

Elle s'en alla dans la cuisine la laissant à son dessin. Sara n'y prêta pas attention jusqu'à ce qu'elle entende des bruits étranges venant de la pièce d'à côté. Tout comme sa maman blonde elle était très douée pour espionner sans se faire remarquer. Cependant ce qu'elle vit la fit sursauter puis reculer. Paniquée, elle courut dans l'entrée, attrapa le combiné du téléphone et s'enferma dans un des placards de l'entrée.

-Sara, je t'ai déjà dit de m'appeler sur cette ligne que si

-Maman, c'est Mary elle est maléfique, s'exclama la petite en lui coupant la parole, elle fait des potions dans la cuisine, viens me chercher s'il te plait, j'ai peur maman.

La petite brune avait parlé très vite et Regina n'était pas sûre d'avoir tout compris.

-Sara, soupira la Mairesse en posant son stylo, tu as une imagination beaucoup trop

-Mais je l'ai vu, gémit-elle, dans la cuisine à l'instant, je ne mens pas, tu vas venir, hein, tu viens ou je peux venir avec la magie.

Une nouvelle fois l'enfant avait tout déballé sans faire de pause et en articulant à peine.

-Pas de magie, refusa la Reine, tu ne la maitrises pas, dieu sait où tu pourrais atterrir, écoute, je ne peux pas rentrer maintenant, alors tu vas être une grande fille et attendre bien sagement ce soir.

-Mais maman

-J'ai dit non, la voix de Regina était froide et sans appel, à ce soir ma chérie.

Elle raccrocha sans laisser le temps à la petite de rétorquer quoique ce soit. Celle-ci essaya d'avoir Emma qui ne décrocha même pas son portable. Effrayée mais aussi peinée de ne pas avoir le soutien de ses mamans, la fillette resta un long moment enfermée dans la minuscule pièce. Elle pleura et une fois complètement épuisée elle retourna au salon où elle trouva Mary assise tenant son doudou dans ses mains.

-Je me demandais où tu étais passée, dit la plus âgée.

Sara récupéra son doudou qu'elle lui tendit, elle la regarda dans les yeux un peu irrités par ses pleurs.

-Pourquoi ce gros chagrin ?

Devant le silence de la brune, la nounou se leva et proposa d'appeler une de ses mamans.

-Non, répondit doucement la plus jeune, elles se moquent de ce que je ressens, je dois être une grande fille maintenant.

Elle sécha elle-même ses dernières larmes avant de prendre un crayon et coloria comme si rien ne s'était passé. Elle ne vit pas le sourire diabolique qui se dessina sur le visage de sa nounou.

XXXXX

Sara s'assit sur son lit alors qu'Emma se mettait à genoux devant elle. Elle lui défit les lacets de ses chaussures alors que la fillette l'observait discrètement.

-Est-ce que je suis jolie, demanda l'enfant après un long moment de silence.

La sauveuse releva la tête surprise par cette question, elle regarda autour d'elle.

-Est-ce que c'est maman qui t'a demandé de dire ça ?

La plus jeune fit non de la tête.

-Si je réponds que oui, elle ne va pas subitement me tomber dessus ?

A nouveau Sara répondit que non en rigolant. De temps en temps Regina râlait gentiment, disant être jalouse du lien qu'il y avait entre le Shérif et leur fille. Evidement cela restait un jeu innocent.

-Alors oui tu es jolie ma chérie, la plus jolie fille que j'ai jamais vu.

La petite sourit ravie de recevoir de tel compliment de sa maman, même s'ils avaient été demandé au départ. La blonde lui câlina tendrement la joue en riant à son tour.

-Tu ressembles tellement à maman, les mêmes yeux, le même sourire.

Sans qu'Emma comprenne pourquoi Sara baissa les yeux l'air déçue. Elle se mit a renifler. Quand la plus grande s'en aperçut elle se baissa un peu plus pour voir son visage et vit qu'elle s'était mise à pleurer.

-Bah qu'est ce qui se passe, lui demanda-t-elle mais la plus jeune ne répondit pas.

Elle la força à la regarder puis mit ses longs cheveux bruns derrière ses oreilles avant d'essuyer tendrement ses larmes.

-On ne pleure pas sans raisons, lui dit-elle, j'ai dit quelque chose de mal ?

Comme plus tôt elle fit signe que non.

-J'ai pas envie d'en parler, murmura-t-elle la voix un peu cassée.

-Très bien, répondit sa mère quand même un peu perplexe.

Elle l'aida à se lever et alla prend un de ses pyjamas dans l'armoire. La fillette voulut enlever sa robe mais n'arrivant pas à atteindre la fermeture à l'arrière elle soupira bruyamment.

-Attend, dit la blonde en s'agenouillant devant elle à nouveau.

Elle souleva sa longue chevelure ondulée et tira sur le zip. Une fois fait elle relâcha doucement les cheveux de sa fille qu'elle recoiffa.

-Qu'est-ce qu'ils ont poussé, dit-elle surprise en souriant, va bientôt falloir les couper un peu.

-Non, cria l'enfant en repoussant sa main, c'est la seule chose comme toi.

Ses yeux étaient à nouveau au bord des larmes qu'elle n'arriva pas à retenir bien longtemps.

-Oh Sara, ma chérie, non ne pleure pas.

Ne sachant pas quoi dire d'autre elle s'approcha à nouveau de sa fille qui se jeta dans ses bras.

XXXXX

Emma entra dans la chambre réveillant en sursaut son épouse. L'air complètement paniquée elle grimpa sur le lit portant la petite fille groggy.

-Regina, réveille-toi, Sara est bouillante, dit-elle complètement paniquée.

-Qu'est-ce que tu racontes, marmonna la mairesse en se réveillant.

Elle posa sa main sur le front de la fillette qui gémit faiblement.

-Elle doit avoir attrapé froid, grimaça-t-elle, il faut juste surveiller, si.

-Tu es sûre, s'inquiéta la blonde.

-Oui, va la garder près de nous et si ça ne va pas on l'emmènera à l'hôpital demain matin.

Plus tard dans la nuit, l'enfant pleurnicha ce qui réveilla sa maman brune dans les bras de laquelle elle avait fini par se rendormir.

-Ca va pas mon bébé, demanda-t-elle sans attendre une réelle réponse elle toucha à nouveau son front qui était toujours aussi chaud.

-Emma, dit-elle une première fois avant de la secouer légèrement, Emma, on doit aller à l'hôpital.

Il n'en fallut pas plus pour que la blonde se lève et file préparer les affaires de sa fille. Elle s'interdit de paniquer faisant le plus vite possible.

Elles partirent sans même prévenir Henry, essayant de ne pas imaginer le pire pour leur enfant. En réalité il ne s'agissait que d'une mauvaise grippe qui la mit Ko un long moment.

XXXXX

Emma aidait Sara à faire ses devoirs. Cette année, la plus jeune, était en plein apprentissage de la lecture et des sons. Même si elle montrait de réelles capacités pour les cours, l'heure des devoirs était toujours un peu difficile, la fillette ayant toujours du mal à se concentrer sur une chose à la fois.

Quand Regina rentra, elles étaient toujours à la table de la salle de la salle à manger.

-Bonsoir mon ange, dit-elle spontanément après avoir posé sa veste.

-Bonsoir, répondit la blonde en souriant.

-Ce n'est pas à toi que je m'adressais, fit la Reine le plus sérieusement possible en embrassant sa fille.

A la tête de sa femme elle ne put retenir de rire en ouvrant un de ses boutons de son blazer qu'elle retira avec énormément d'élégance.

-Ça fonctionne toujours, même après tout ce temps, se moqua-t-elle.

La plus grande soupira en se levant de sa chaise pour partir dans la cuisine souhaitant faire croire qu'elle avait de la peine.

-Je plaisantais, râla la Mairesse.

-C'était pas très très drôle maman, fit la petite sans lever les yeux de son cahier et en continuant d'écrire.

Sa mère partit également ignorant la réflexion de sa fille et se lova dans le dos de la Sauveuse.

-Arrête de bouder, je préfère quand tu me résistes, rigola-t-elle.

-Je préfère quand tu ne rentres pas si tard.

De là où était Sara, elle avait vu sur tout la scène et elle sourit, elle adorait quand ses mamans se chamaillaient sachant bien qu'elles s'aimaient plus que tout.

-Emma, c'est la période qui veut ça, je

-Tu étais encore avec lui, questionna la blonde connaissant déjà la réponse.

La brune défit son étreinte et se servit un verre de vin pour éviter de dire des choses qui pourraient envenimer la situation.

-Je n'arrive pas à croire que tu sois encore jalouse de lui, pitié, il est garde forestier, je mérite bien mieux que ça, dit-elle d'un air hautain.

-Tu as passé ses 15 derniers jours avec lui pour la sauvegarde de la forêt quelle noble cause et la petite femme aimante que je suis ne peut même rien dire.

-Emma, répéta la plus petite en s'approchant à nouveau pour lui faire face, arrête, c'est idiot, tu sais bien que tu ne risques rien.

Elle l'embrassa, une fois puis une autre avant de se reculer un peu et de se mordre la lèvre de manière très sexy.

Dans la salle à manger, la fillette sut que c'était le moment idéal, qu'elle n'aurait pas d'autre chance. Sans bouger de sa place et d'un signe de la main elle fit tourner les pages de son manuel scolaire. Elle recopia rapidement les réponses de l'exercice qui lui manquaient avant de tout remettre à ta place à l'aide de la magie et d'attendre patiemment que ses mamans reviennent.

-Il a ce stupide tatouage d'âme sœur, j'y peux rien, avoua une nouvelle fois la Sauveuse en tenant son épouse par la taille, tu veux que je parle plus de ce que je ressens, bah je le fais, je le déteste.

La Reine fût parcourut d'un frisson, ravie de ressentir autant l'amour de sa femme en cet instant puis son visage s'adoucit devant ses craintes.

-Tu as une chose plus importante qu'un simple tatouage.

-Laquelle ? demanda-t-elle intriguée en la serrant plus fort.

-Et bien déjà tu as ça, elle entrelaça leurs doigts montrant leurs alliances, je suis ta femme, pas la sienne.

Elle dirigea ensuite la main de la plus grande vers sa poitrine et la posa sur son cœur en la dévorant des yeux. Emma n'attendit pas une autre explication elle l'embrassa à son tour. Qui d'autre qu'elle avait le pouvoir de toucher au cœur de l'ancienne méchante Reine ? Qui d'autre qu'elle et ses enfants avait le droit d'être dans le cœur de Regina ?

Avant de rejoindre leur fille, la mairesse ne pût s'empêcher de rajouter une chose.

-Une seule personne fait l'amour à la Reine dans la forêt.

Elle quitta la pièce avec un énorme sourire suivie d'Emma tout aussi ravise de se remémorer ce souvenir.

XXXXX

Dans une gigantesque prairie déserte de la forêt enchantée, Sara et Emma s'entrainaient à l'épée. Emma était comme toujours affublée d'un de ses nombreux jeans et débardeur. La brune, jeune adolescente, arborait le même style vestimentaire. La ressemblance avec la blonde allant jusqu'à la même queue de cheval désordonnée.

Cela faisait plus d'une heure qu'elles se battaient essayant d'améliorer la technique de la plus jeune.

-Sara concentre toi, s'exclama la blonde.

-Je suis concentrée !

-Non tu ne l'es pas, t'es ailleurs, tu fais n'importe quoi, rétorqua sa mère en se remettant en place, ce n'est pas un jeu Sara.

-Ouai je sais, je sais.

-J'ai pas l'impression, cet entraînement là est presque aussi important que celui de la magie. Si elle tu gères, les armes.

La sauveuse se stoppa et leva son épée et asséna un coup à sa file.

-C'est loin d'être le cas, cria-t-elle, un jour tu auras besoin de tes facultés physiques, je ne pourrais pas toujours être là pour te sauver.

L'adolescente réussit heureusement à contrer ses coups avant de se replacer.

-Arrête de jouer à la sauveuse, râla la plus petite.

-Je n'ai pas le choix c'est comme ça que tout le monde me voit.

-Tu n'as qu'à être ce que tu veux être, personne devrait choisir pour toi, contra sa fille en évitant encore un coup d'épée.

La blonde sourit, le caractère de sa fille l'étonnant toujours, elle lui accorda une pause de courte durée.

-Allez l'intello, on reprend, je veux que tu maitrises ce mouvement.

L'adolescente soupira discrètement avant de lever son arme pour se défendre. Emma commença à lui asséner plusieurs coups sans grande force histoire de la laisser se mettre dedans. Ensuite un coup à droite qu'elle contra sans problème. Elle enchaîna directement et Sara réussi à gérer, seulement comme toujours au même moment sa mère compliqua le mouvement. La brune trébucha sans tomber et réussi tà bloquer la blonde avec sa magie.

La main levée en direction de la plus grande, le visage crispé par la peur, la plus jeune fut obligée de reconnaître son échec. Elle se leva et se recula libérant sa génitrice d'un signe du poignet. Dans sa lancée la Shérif faillit tomber mais se rattrapa de justesse. En se redressant elle n'eut pas un regard pour sa fille, elle retourna à son cheval, où elle rangea son épée dans son fourreau. L'adulte avait compris ce qui venait de se passer et elle préféra arrêter là pour le moment.

-Non attend, demanda timidement son enfant, laisse-moi encore une chance, je vais y arriver.

-Je ne pense pas, tout ceci est un jeu pour toi, tu n'es pas faite pour les armes, il vaut mieux laisse tomber.

-Maman, essaya encore la plus jeune.

-J'ai dit non, s'énerva la blonde, tu n'écoutes pas, on ne reviendra pas ici tant que tu n'en n'auras pas envie et que tu seras prête à faire ce que je te dis.

Elle monta à cheval et attrapa les rênes, et se mit déjà en route.

-Allez, on rentre, dit-elle d'un ton froid.

Sara la suivit sans oser répondre quoique ce soit. Son cheval resta à l'arrière et dans sa tête elle jura plusieurs fois. Elle savait bien qu'elle utilisait la magie bien trop facilement.

Le début du trajet se passa sans un mot mais à mi-parcours Emma aperçut un convoi inhabituel se dirigeant vers elles. Il s'agissait de soldats aux armures et aux armoiries inconnues qui fonçaient à toute vitesse sans vouloir les éviter.

-Sara reste derrière moi, dit-elle à la brune ce qui fit lever la tête de la concernée.

Elle n'eut pas l'occasion de demander une explication que le son du galop et la vision de la troupe arrivant répondit à sa question.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, mère et fille se retrouvèrent encerclées et tenues en joue.

-Descendez de vos montures, ordonna celui qui semblait être leur commandant.

Certains soldats étaient déjà descendus de leur chevaux et les obligèrent à le faire. Tant qu'elle put Emma tenta de se mettre devant sa fille.

-La Sauveuse et sa jeune progéniture seules sans défense au milieu de nulle part, on peut dire que je suis en veine aujourd'hui.

L'homme parlait de manière réjouie puis se laissa glisser de son destrier extrêmement fier de sa prise. Il contourna la Shérif et s'approcha de la plus jeune qui ne broncha malgré l'intrusion dans son espace.

-Les chevaliers vont adorer prendre soin de toi, reprit-il et son regard la dégoûta.

Un coup d'œil vers sa mère et elle comprit qu'elle ne devait surtout pas lui répondre.

-Que voulez-vous, questionna la blonde, désirant détourner son attention de sa fille.

-Cela pourrait être dangereux de voyager seules en ces temps de guerre, sans notre chère Evil Queen, il sourit odieusement à la plus jeune avant de faire face à la shérif, enfin, je doute qu'elle vous soit d'une grande aide, j'ai entendu dire que maintenant elle a perdu toutes forces et son meilleur côté, si diabolique. Quel gâchis, la vie de famille, sans doute.

Il devint de plus en plus dur pour l'ado de se retenir alors que le self contrôle de sa mère la bluffait.

-Vous devez-vous sentir vraiment mal d'avoir changé, en un agneau sans défense l'une des personnes les plus puissantes du monde.

Au lieu de lui répondre elle se concentra sur la plus jeune. La concernée avait toujours tendance à s'emporter quand on touchait à sa maman brune, elle partait au quart de tour encore plus depuis le divorce.

-Elle est loin d'être un agneau, soupira la sauveuse, elle est du genre insupportable, d'après vous pourquoi je me suis barrée de la maison ?

Sara se tendit en l'entendant parler comme ça, elle ne comprit pas à quel jeu elle jouait.

-Le pire, c'est qu'elle m'a mis dans les pattes une fille incapable, elle ne sait même pas tenir une épée correctement.

L'homme lui-même fut surpris par les propos de la plus grande et fronça les sourcils.

-Il n'y a rien, qu'elle ne fasse correctement.

Elle insista sur ses derniers propos en regardant à nouveau la brune. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre et savoir ce qu'elle avait a faire.

Elle leva la main d'un coup faisant voler le commandant un peu plus loin. Immédiatement Emma se tourna, attrapa son épée attachée à son cheval et repoussa les gardes qui se précipitèrent vers elle. L'adolescente en écarta elle aussi, grâce à la magie, ne pensant pas une seule seconde à s'armer. Elle ne pensait qu'à une chose empêcher ces idiots d'approcher sa mère.

Leur chef c'était quant à lui relevé et sortit une boite dans laquelle se trouvait une petite pierre rouge étincelante. Quand il l'ouvrit sa lumière se propagea dans toute la prairie.

Sara et Emma s'étaient retrouvées l'une à côté de l'autre et au moment où la plus jeune levait la main plus rien ne se passa. Sa magie avait totalement disparu, elle réessaya, mais toujours rien. Elle paniqua mais la blonde lui remit son épée espérant pouvoir atteindre celle de sa fille rapidement. Mère et fille réussirent à se défendre, la jeune femme arriva à contrer leurs attaques. Malheureusement elle ne parvint pas à retenir le commandant qui la fit tomber à terre avant d'assener un coup de lame dans le ventre de la Shérif.

-Maman, hurla la brune en voyant sa mère s'écrouler sous ses yeux.

Une fois debout, elle repoussa de toutes ses forces l'homme qui venait de blesser peut-être mortellement la blonde. Elle voulut utiliser la magie, seulement elle n'avait que son arme et savait son combat perdu d'avance. Elle le frappa de toutes ses forces pour l'assommer.

Elle réussit à atteindre sa mère couverte de sang mais consciente. Elle l'aida à monter sur un des chevaux avant d'y grimper, juste derrière et de partir au galop. Sans un regard aux chevaliers un peu sonnés et à ceux encore inconscient. L'adolescente eut beaucoup de mal à tenir les rênes ainsi qu'a compresser fermement la blessure d'Emma. Elle ne les aurait lâchés pour rien au monde. Elle sentit sa main être inondée de son sang et le corps lourd de la sauveuse glisser de plus en plus.

A la vue du château elle se mit à crier, même si elle était trop loin, elle savait que Leroy la verrait, il devait la voir. Elle aperçut rapidement les portes s'ouvrirent et elle fonça d'autant plus vite. Elle traversa la cours du château à toute vitesse, où David, Snow suivit de Regina arrivèrent en courant.

-On a été attaqué, dit-elle à bout de souffle comme si elle avait elle-même couru jusque-là, j'ai rien pu faire.

Son grand père attrapa Emma et la porta jusqu'au centre de la cour suivi de près par l'adolescente refusant de l'abandonner. Couverte de son sang elle se planta derrière Regina agenouillée devant son ex-femme. La mairesse l'examina scrupuleusement avant d'appuyer à nouveau sur la plaie, vraiment pas jolie à voir. Elle avait l'air paniquée, d'autant plus quand elle croisa le regard la blonde somnolente, cela l'effraya.

-Il faut la monter dans la chambre, dit cette dernière.

David la souleva à nouveau et monta les quelques marches.

-Il faut que tu la soignes maman, s'il te plait, soigne là, supplia la plus jeune en pleurant à chaudes larmes.

-Snow, occupe-toi d'elle, exigea la brune sans un regard pour sa fille.

-Maman, guéris là, s'exclama l'adolescente retenue par les bras de sa grand-mère.

XXXXX

Sara descendit dans la cuisine, heureuse d'avoir réussi à s'habiller toute seule avec ses nouveaux vêtements. Henry avait commencé à déjeuner sans elle mais elle n'y prêta pas attention, souriante elle se présenta devant Emma.

-Wow, s'exclama-t-elle en se penchant vers elle, tu n'étais pas si grande en te couchant hier soir, on dirait une vraie jeune fille.

Autant que cela fût possible le sourire de cette dernière s'agrandit et elle s'installa à table. Elle hésita un instant ne sachant pas si colorier était pour les bébés ou pas mais elle ne résista pas longtemps.

La sauveuse quant à elle avait remarqué l'absence de son doudou et paria avec elle-même de l'heure où il allait réapparaitre.

-Qu'est-ce que tu veux manger ?

La brune ne perdit pas de temps pour lui répondre en criant presque.

-Des Oeufmlette !

-Sara, c'est omelette.

La concernée releva la tête et fit signe que oui de la tête alors que la blonde sortait une poêle pour la préparer.

-Mais je veux des œufs aussi, conclut la petite.

Henry et sa mère partagèrent un regard avant qu'Emma ne tente de lui expliquer.

-Ma puce, une omelette c'est des œufs qu'on bat très fort avant de les faire cuire.

Elle ne comprit pas et à nouveau elle hocha la tête mais la blonde ne fût pas convaincue qu'elle ait vraiment capté ce qu'elle lui avait dit. Elle se retourna et sa fille répondit « Je veux les deux ».

-C'est pas gagné, se moqua son grand frère et la fillette, en le remarquant, lui balança son crayon.

XXXXX

Regina rentra de la Mairie très tard et monta directement dans sa chambre où elle trouva sa femme allongé encore toute habillée en train de bouquiner. Elle retira ses talons qu'elle laissa tomber près de la grande commode et rejoignit Emma près du lit qui s'était assise. Sans parler elle s'installa sur ses genoux et enfouit son visage dans le cou de l'autre femme.

-Dure journée, demanda la shérif connaissant déjà la réponse.

Elle cajola le dos de la Mairesse qui se laissa complètement aller avant de l'embrasser recherchant un moyen de se ressourcer. Elle posa ensuite son front contre celui de son épouse et sans ouvrir les yeux murmura « Je t'aime ». La blonde soupira et l'embrassa à son tour.

-Tu me manques tellement, dit la Reine ensuite consciente de trop travailler ses derniers temps, j'ai besoin de toi, il faut qu'on, il me faut des vacances.

Elle éclata de rire réalisant l'absurdité de ses propos mais la sauveuse l'attira contre elle sachant bien qu'elle avait vraiment besoin de se détendre.

-Je t'aime, lui chuchota-t-elle au creux de son oreille, et vous aussi vous me manquez madame le maire.

-Non, non pas de madame le maire pitié, juste Regina, juste moi ce soir, supplia la chef de la ville.

-Je t'aime, répéta sa femme et à ses mots elle la serra plus fort en soupirant.

Elles profitèrent du calme de leur chambre, alors que les mains de la plus grande se baladèrent sagement sur le corps de la brune et sur la jupe un peu trop courte de celle-ci.

-Regina on est pas seule, dit-elle quand elle ouvrit les yeux, il y a une espionne juste derrière toi.

Plantée derrière la mairesse, Sara la tête un peu endormie, serrait Nono dans ses bras.

-Maman aussi a fait un cauchemar, demanda-t-elle d'une petite voix en arrêtant de sucer son pouce.

Les deux mamans échangèrent un regard mal à l'aise sachant bien ce qui allait se passer malgré la fatigue de Regina. Cela faisait des jours qu'elles ne s'étaient pas retrouvées. Les trouvant dans les bras l'une de l'autre, la conclusion fut vite tirée pour la fillette qui ne prêta pas attention au fait que ses mamans soient encore habillées.

-Viens par-là ma chérie, lui fit signe la plus petite.

L'enfant ne se fit pas prier, elle grimpa sur le lit aux côté de la blonde et tendit sa peluche à sa maman brune.

-Quand je fais des cauchemars Nono est toujours là pour me réconforter et me faire rire.

-Merci, accepta sa maman en la prenant également sur ses genoux sans être descendu de ceux d'Emma.

Un câlin s'improvisa entre elles.

-Je peux dormir avec vous ce soir, Nono a toujours peur dans la noir, il m'empêche de dormir.

La petite mettait toujours ses peurs sur le dos de cette pauvre peluche. Regina attendit l'accord de la blonde qui accepta d'un simple signe de la tête. Toute la petite famille se coucha dans le grand lit du couple. Sara trouva rapidement sa place entre ses deux mamans et tant bien que mal elle trouva le moyen de toucher les deux pour se réconforter et s'endormit très rapidement.

La sauveuse se cala sur le côté tout comme la Mairesse qui lui sourit tendrement avant de l'embrasser en prenant garde de ne pas réveiller la petite.

XXXXX

Emma alla ouvrir la porte et laissa entrer Eleanor un peu gênée depuis la dernière fois.

-Bonjour, dit-elle timidement.

Au son de la voix, Sara, affalée sur le canapé se redressa d'un bon.

-Ellie, qu'est-ce que

Trop surprise elle n'arriva pas à finir sa phrase et la Sauveuse lui expliqua alors que c'était elle qui lui avait demandé de venir.

-Mais je suis punie, je n'ai pas le droit de

-Je vous laisse une heure, annonça la blonde en se dirigeant vers la cuisine, oh et vous restez au salon.

Pour les deux adolescentes l'heure passa trop vite et même s'il le fallait elles eurent beaucoup de mal à se quitter. Sur le pas de la porte, elles trainèrent au lieu de se dire au revoir. Si bien que la jeune princesse s'appuya contre l'une des colonnes en béton qui se trouvait sur le porche. Elle rit avec plaisir à la centième blague de l'autre adolescente.

-Il faut que j'y aille, si on veut se revoir, il ne faut pas abuser de la gentillesse de tes mamans, dit-elle.

-Oui, c'est vrai, répondit Sara en s'approchant d'elle et envahissant son espace.

Aucune d'elles n'avaient aperçu Emma à l'une des petites fenêtres du couloir.

-Arrête un peu de l'espionner, si elle te voit, je ne prendrais pas ta défense, râla Regina en passant derrière elle, vient plutôt m'aider en cuisine.

La mairesse s'en alla sans même attendre la moindre réponse sachant bien que son ex-femme n'avait pas l'intention de bouger. Comme si sa fille pouvait l'entendre elle lui donna des conseils.

-Oui voilà, murmura la blonde, coince là et ne bouge plus, il faut que ce soit elle qui fasse le dernier pas.

Dehors, les deux plus jeunes se souriaient bêtement, ni l'une, ni l'autre n'arrivait à bouger pour partir. Ellie se redressa un peu et s'approcha lentement de la brune un peu plus grande qu'elle. Elle voulut lui souhaiter une bonne soirée mais Sara était plus proche d'elle qu'elle ne le pensait. Sans réfléchir elle s'avança un peu plus et posa ses lèvres sur les siennes. Ce fut un baiser très timide mais aussi très doux. L'autre jeune femme ne bougea pas laissant la princesse venir à elle. Vite, le baiser devint plus marqué, plus intense, la blonde passa même ses bras autour de cou de sa petite amie. De ce fait elle la rapprocha un peu plus, se collant entièrement à elle. L'autre adolescente choisit ce moment pour enfin poser ses mains sur elle.

-Ca c'est ma fille, se réjouit la blonde dans le couloir.

-Emma, soupira l'autre femme à l'autre bout de la maison.

Quand elles se séparèrent, Eleanor sourit en voyant que sa petite amie gardait ses yeux fermés et qu'elle passait sa langue sur ses lèvres.

-A lundi, souffla-t-elle en se décalant.

Elle s'éloigna et à l'intérieur de la maison la Shérif n'avait toujours pas quitté son poste d'observation.

-Si elle se retourne, commença la blonde.

-Si elle se retourne, elle m'aime, finit la brune à l'extérieur.

L'adolescente attendit et perdit presque espoir quand juste avant de franchir le portail Ellie se retourna à moitié et lui sourit timidement.

Emma retourna en quatrième vitesse dans la cuisine extrême fière. Elle se planta derrière la Mairesse voulant tout lui raconter.

-Je ne veux rien savoir, annonça celle-ci, c'est son jardin secret, elle m'en parlera, quand et si elle le veut.

-Mais je n'allais rien te dire, mentit la Sauveuse en regardant au tour d'elle.

La plus petite leva les yeux au ciel et coupa le feu en dessous de la casserole avant de faire face à son ex épouse.

-Prétentieuse, lâcha-t-elle en croisant les bras, tu es fière de toi, parce que notre fille a pris ton côté beau parleur.

-Moi, mais pas du tout, tu sais bien que pour moi les gestes comptent plus que les mots.

-Voyez-vous ça, se moqua la reine, et quel genre de gestes ?

La shérif fit un pas vers la brune tout en gardant une distance respectable. Elle lui prit la main, qu'elle caressa doucement avec son pouce. Son ancienne épouse la regarda faire perplexe et la blonde s'avança un peu plus.

-Des choses simples, comme, être plus présente, commença-t-elle en faisant un autre pas entrant dans son espace personnel, tous les jours, quand tu as besoin de moi, tout faire pour me faire pardonner et te prouver que j'ai vraiment très envie de rentrer à la maison.

Elle dit ces derniers mots en se collant à celle qui fût sa femme. La brune frissonna en sentant le souffle de la blonde dans son cou puis ses mains sur ses hanches. Emma la regarda ensuite pour lui montrer à quel point elle était sincère.

-Tu as vraiment des talents de grande oratrice, s'amusa la mairesse tentant de ne pas être troublée.

-Peut-être mais je suis sincère, contra calmement l'autre femme.

Dans ses yeux on pouvait lire toute la sincérité qui en découlait. Gênée, elle baissa finalement la tête et Regina l'en empêcha en posant sa main sur sa joue. Elle la caressa doucement en la regardant avant de s'approcher lentement et de l'embrasser. La sauveuse fût surprise mais l'embrassa en retour. Leurs lèvres l'une contre l'autre, elles savourèrent le moment même s'il fût court.

La main de la Mairesse était descendue jusque dans le cou de la plus grande l'obligeant à rester près d'elle. Elle l'embrassa à nouveau faisant glisser sa main vers sa nuque rendant plus intense son geste. Cette fois, leurs langues se rencontrèrent et Emma remonta ses caresses sur les flancs du corps de la brune laissant trainer ses pouces.

Regina se recula et pris le plat comme si de rien était et s'apprêta à quitter la pièce.

-Si elle se retourne, elle m'aime encore, murmura la blonde pour elle-même.

La brune passa la porte mais était encore dans sa ligne de mire quand elle se retourna et sourit à la plus grande.

-Tu viens, demanda-t-elle avant de disparaître totalement.

Une joie intense envahit la femme restée dans la cuisine qui n'entendit pas sa fille arriver.

-Ça c'est ma mère, s'exclama-t-elle en se moquant ouvertement de sa maman.

-Tu m'as entendu, réalisa celle-ci craignant la réaction de Sara.

- La discrétion, ce n'est pas de famille !

Un léger blanc s'installa entre les deux femmes pendant lequel aucune d'elle n'osa parler.

-Donc, Ellie ?

-Ouai, confirma la plus jeune comprenant ce que sa mère lui demandait.

-Bien joué !

-J'ai eu un bon prof, 16 ans de cours intensifs, expliqua la petite brune.

Elles se sourirent fière d'elles puis à nouveau le silence, vite rompu par la Reine les attendant dans la salle à manger.

-Bon les Casanova, le repas va refroidir, les appela-t-elles déjà assise à sa place au bout de la table.

XXXXX

Regina entra dans sa chambre interpellée par le jeu très sonore d'Emma et de Sara. La sauveuse était en effet sur leur lit avec leur fille de presque un an.

-Tu sais faire grrrrraaaawwww, demanda la blonde en riant.

Pour toute réponse l'enfant se dandina à quatre pattes en équilibre sur le matelas.

-Raaaaawwwrrrrrrr, essaya encore la plus vieille dans la même position qu'elle.

-mmmmmmmmmmm, babilla la fillette.

-Rawwwwrrrrr comme le lion Nono ma puce.

Elle prit la peluche de la petite et imita encore une fois l'animal.

Sara s'avança jusqu'à sa mère réclamant son jouet que la sauveuse lui laissa évidement.

La mairesse ne put s'empêcher de rire appuyée contre l'encadrement de la porte, d'où, elle les observait.

-Je me demande laquelle de vous deux est l'enfant, rigola-t-elle.

-Les enfants ne dorment pas dans le lit de la reine, rétorqua la blonde sans même la regarder.

-Il serait temps que tu regagnes ta chambre alors, se moqua la brune.

Mais Emma ne lui prêtait déjà plus attention et attrapa, doucement, son bébé.

-Raaawwrrr, Sara, Raaawwwrrr

-mmmm mmmm mmm, gazouilla le bébé

La shérif rit en la soulevant et en imitant une fois de plus le rugissement du lion. Elle fit semblant de lui dévorer le ventre ce qui produit le plus beau son qu'elle n'avait jamais entendu auparavant. La petite éclata de rire à en lâcher sa peluche. La blonde stoppa et donc sa fille aussi. Elle recommença et Sara en fit tout autant sans plus pouvoir s'arrêter.

Complètement gaga de tout ce que le bambin pouvait faire, la Sauveuse devint accroc à cette nouvelle chose. Elle lui embrassa ensuite les joues toutes rosies d'avoir rit et la câlina autant que possible.

XXXXX

Emma buvait son café dans la cuisine vérifiant l'heure. Elle attendait Regina pour partir. Sara entra et se servit un jus de fruit en s'appuyant sur le plan de travail en face de sa mère.

-Tu as encore dormi ici, demanda-t-elle l'air de rien.

La blonde acquiesça consciente que mentir à la plus jeune servirait à rien. Elle passait de plus en plus de nuits au manoir, il était évident qu'entre Regina et elle c'était reparti pour un tour.

-Cool, répondit l'adolescente comme si elle se sentait concernée par les énièmes retrouvailles de ses mamans.

La sauveuse se leva et posa sa tasse dans l'évier et s'adossa à son tour aux côté de la plus jeune.

-Qu'est-ce que tu veux me demander et que tu ne fais pas, l'interrogea-t-elle.

-Rien du tout, mentit sa fille.

-Rien, allez, tu mens mieux que ça d'habitude.

La brune soupira, ce qui aurait pu donner l'impression que sa mère l'agaçait mais au contraire elle essayait de se donner du courage. La plus grande rit en croisant les bras.

-Est-ce que je peux aller au cinéma avec Ellie?

Elle s'était attendue à quelque chose dans ce goût là, elle savait qu'elle allait devoir répondre non et elle savait qu'elle allait devoir affronter la tornade Mills.

-Sara, tu es punie, dit-elle doucement, la semaine dernière c'était une exception pour bonne conduite et je

-Elle s'en va après demain, indiqua l'adolescente l'air triste, si je ne sors pas aujourd'hui je ne la verrait sans doute plus avant des mois.

Cela fendit le cœur de la blonde, son enfant était réellement amoureuse et elle aurait voulu la laisser sortir. Cependant elle était aussi une adolescente qui faisait que ce qui lui plaisait, qui désobéissait et qui passait son temps à se mettre en danger. Si fillette elle avait peur de tout, aujourd'hui elle se prenait pour un être invincible. Elle se devait, alors, d'être stricte avec elle, pour son propre bien.

-Je suis désolée ma chérie, mais tu ne sortiras pas aujourd'hui.

Elles commencèrent à se chamailler dans toute la maison et en particulier dans le salon pour que tout le monde puisse en profiter. Leurs cris firent descendre Regina un peu plus vite. Elle assista à la scène, muette mais inquiète.

-J'irais quand même, défia la plus jeune

-Parfait, à toi de t'arranger avec ta conscience, s'exclama sa maman blonde en quittant la maison avec son ex-femme.

La plus jeune se laissa tomber, en soupirant, sur le canapé aux côté de son frère.

-Je vais t'y emmener, il est hors de question que toi aussi tu passes à côté de ton grand amour, dit le jeune homme.

-Quoi mais maman, hésita Sara.

Henry se leva et lui tendit la main pour l'aider à se lever.

-Je m'occuperai de maman, j'aurais les bons mots et si elle doit s'en prendre à quelqu'un, ça sera à moi.

Avant même la fin de sa phrase elle lui sauta dessus pour le remercier puis elle monta dans sa chambre à toute vitesse.

Plus tard, dans la voiture, devant le cinéma, la plus jeune se jeta dans les bras de son grand frère en l'embrassant plusieurs fois sur la joue.

-Tu vas être en retard, dit-il amusé, file !

Elle ouvrit la portière et jeta à dernier coup d'œil vers lui.

-Je t'aime Nyny.

-Moi aussi petite sœur.

Il sourit puis elle aussi, elle l'embrassa une dernière fois et sortit de la voiture.

Henry attendait de pouvoir s'insérer dans la circulation plutôt dense à cette heure de la journée. L'adolescente n'y prêta pas attention trop occupée à sourire bêtement à la princesse Eleanor.

Elle s'approcha pour la prendre dans ses bras et celle-ci posa gentiment son bras sur le sien pour l'en empêcher.

-Ton frère est encore là, dit-elle un peu gênée.

II était arrêté au feu rouge un peu plus loin et quand elle vit le feu passer au vert elle s'approcha à nouveau d'Ellie.

-Voilà il est parti maintenant, viens par ici.

Elle rit en se collant à l'autre adolescente quand elle entendit un énorme vacarme de tôle froissée qui fit sursauter toute la foule.

C'était comme si le temps s'était arrêté, comme si tout prenait plus de temps, elle se tourna vers le coin de la rue. La voiture de son modèle était défoncée et enfoncée dans un des bâtiments de l'autre côté de la route.

-Henry, bafouilla-t-elle.

Terrifiée elle se mit à courir en direction de l'accident, évitant tous les passants. Elle contourna la voiture qui était en cause et arriva à la portière passager de celle de son ainé.

-Henry, s'exclama la plus jeune en panique, Henry répond moi.

Elle le chercha dans tout le véhicule, ne le voyant pas elle essaya d'ouvrir la porte mais des adultes l'en empêchèrent, la faisant se reculer.

Elle fût rejointe par Ellie qui la retint de toutes ses forces pour l'empêcher de s'approcher une fois de plus.

-C'est Henry, gémit-elle, c'est Henry.

Son regard ne se détacha pas de l'auto complètement détruite et tout se brouilla dans sa tête.

Les voix autour, les cris, les images et le déroulement des évènements. Des gens crièrent des choses incompréhensibles. Ils parlèrent de mort, d'alcool, de vitesse et elle comprit qu'il s'agissait de l'autre conducteur. Puis son frère fût sorti, retenu par deux hommes. Le sang, le sang était la seule chose sur laquelle l'esprit de la brune bloqua.

XXXXX

L'adolescente ouvrit difficilement les yeux. Allongée dans l'ancien lit d'Henry et complètement emmitouflée dans une des vestes préférés du jeune homme. Elle aperçut son reflet dans l'un des nombreux cadres encore présent dans la chambre. Son teint était blanc et ses yeux rouges d'avoir trop pleuré.

Il n'y avait pas un bruit dans cette immense maison. Elle pensait être seule mais en arrivant en bas des escaliers elle vit sa mère blonde devant la fenêtre du salon.

-Où est maman ?

La sauveuse se retourna et elle avait, elle aussi, mauvaise mine. Elle croisa les bras comme pour se réchauffer. Elle portait toujours la robe noire qu'elle avait mis ce matin et la couleur de celle-ci faisait encore plus ressortir la fatigue qui se lisait sur son visage.

-Elle est toujours dans son caveau, répondit-elle la bouche sèche de ne pas avoir parlé depuis des heures.

La plus jeune rejoignit sa mère devant la fenêtre, où, elles restèrent un moment silencieuses.

-Je sais que tu me détestes, fit la brune les larmes aux yeux.

-Quoi, s'exclama l'autre étant sûre d'avoir mal entendu.

-J'ai tué Henry, pleurnicha-t-elle, c'est ma faute.

Emma la prit dans ses bras pour la réconforter. Elle la serra le plus fort possible.

-Non ma chérie, non, jamais je ne pourrais t'en vouloir ou te détester, je t'aime.

Elle posa sa main sur la tête de la plus petite pour intensifier l'étreinte. Celle-ci se calma profitant du moment seul avec sa mère à se faire câliner souhaitant tout oublier.

-C'est ma faute, soupira la plus âgée.

-Comment cela peut être ta faute, demanda la plus jeune ne comprenant pas comment sa maman pouvait se sentir coupable.

-C'est moi qui aurait du t'emmener au cinéma, si je n'avais pas joué les mères autoritaires, il n'aurait pas été sur cette route et..

-Tu ne pouvais pas savoir, contra l'ado, c'était qu'un stupide accident.

Elles échangèrent un regard, toutes les deux étaient tellement tristes et refusaient que l'une ou l'autre pense devoir porter le chapeau.

-C'est touchant, admira une voix dans leur dos qui les fit bondir et se séparer.

La Sauveuse se mit instinctivement devant sa fille pour la protéger.

-Non pas maintenant, angoissa la blonde sachant pertinemment que seule elle ne pourrait jamais gagner contre Maléfique.

-Je suis venue pour vous présenter mes condoléances, expliqua la sorcière dans un grand sourire.

-Allez-vous en, hurla Sara.

-Oh mais non je viens seulement d'arriver.

L'adolescente essaya d'avança, de lever la main mais l'autre femme la contra d'une main et de l'autre envoya Emma voler violement contre le mur derrière elle.

-Voilà une bonne chose de faite, se réjouit-elle.

D'un autre coup de poignet elle fit disparaître la fille de Regina et toujours en souriant elle disparut à son tour.

-Regina, gémit la Shérif en tentant de se lever, espérant pouvoir aider sa fille.

XXXXX

Quand la magie quitta le corps d'Emma elle rouvrit les yeux et ils se posèrent instinctivement sur l'adolescente inconsciente toujours dans ses bras. La sauveuse sentit quelqu'un dans son dos, c'était David qui s'était précipité en voyant que sa fille allait elle aussi tomber.

-C'est bon, je la tiens, dit-elle en resserrant son étreinte autour d'Elizabeth, il faut l'emmener à l'hôpital.


Merci de m'avoir lu, j'espère que vous avez apprécié !

Juste un dernier mot pour vous avertir, je ne sais pas si je pourrais publier en temps et en heure la semaine prochaine, ou si je risque de prendre une semaine de plus comme cette fois. Je ferais au mieux.

Non non je ne vais pas vous suppliez de reviewer cela dit, je pourrais atteindre les 100 reviews là, bah quoi c'est presque deux chapitres :p je rigole.

A bientôt pour le chapitre 11 ! ;)