10
La Nuit de Glace
Bella longeait les salles d'études. Le rayon de sa torche révéla des stalactites en haut des fenêtres. Elles n'étaient pas dehors mais dedans. Bella s'arrêta et se tourna vers les portes. La glace envahissait les serrures, toutes les fentes entre les joints, les poignées. L'escalier du grenier était blanc. Interloquée, Bella tapa le pied sur la première marche. La glace craqua sous le choc. Elle monta prudemment pour ne pas déraper. Edward avait oubliés de lui donner la clé du grenier. Elle frappa à la porte, remarqua les colonnes de glace qui l'encadraient. Pas de réponse. Elle essaya de pousser mais c'était bien fermé. Peut-être était-elle partie un peu trop tôt. Elle devait attendre… et puis Rosalie arrivera dans peu de temps…
Les garçons n'étaient pas en retard mais ils avaient du faire face à un problème inattendu : Mike.
Si vous sortez sans moi je vous dénonce !
On l'assomme ? proposa Emmet.
Z'avez pas intérêt, hein ! dit Mike en reculant.
On ne peut pas t'emmener, répondit Jasper. Un point c'est tout.
Mike s'assit sur le lit, l'ai buté. Edward haussa les épaules. L'important était qu'il ne les suive pas. Aussi, lorsqu'ils quittèrent leur dortoir, ils se mirent en embuscades dans les toilettes pour voir ce que ferait Jules.
Ils avaient raison, Jules était à leur recherche.
C'est chiant ça, murmura Emmet. Il faut qu'on le sème…
Ecoute je connais mieux la baraque que vous. Je vais le semer mais vous vous devez aller ouvrir à Bella et Rose. Elles ne doivent pas rester seule plus longtemps…
Edward donna la clé à Emmet et sortit des toilettes…
Emmet je vais rejoindre Alice j'ai un mauvais pressentiment…
Mais Edward a dit que…
Je sais ce qu'il a dit … mais j'ai aucune confiance en la petite Morgane… prend soin de ma sœur surtout…
Jasper le quitta. Emmet se dirigea vers l'escalier. Edward avait choisi de descendre. Impossible de savoir où étais Mike, on pouvait supposer qu'il avait suivi Edward . Emmet glissa et se rattrapa à la rampe gelée.
Le givre recouvrait désormais tous les sols du bâtiment. Emmet souffla dans ses mains pour les réchauffer. Il lui vint comme une gifle, ils étaient entrain de faire exactement ce qu'il ne fallait pas. Ils étaient tous séparés.
Il pressa le pas . Rejoindre Rose et Bella, vite, vite … Il se rassura en pensant que Edward était avec Mike, Jasper avec Alice et Rose avec Bella … sur c'est trois points il fessait fausse route.
Edward avait bel et bien perdu Mike dans les salles de cours. Il s'apprêtait à remonter quand il percuta quelque chose … Rosalie ?
Alice jouait au Scrabble. Par un curieux hasard, seuls les mots qui lui venaient à l'esprit étaient : fantômes, linceul, mort, noir, sang… Elle contempla la grille du jeu d'un air critique. Elle préféra ranger. Pourquoi Morgane était-elle si longue ? Alice se redressa, attrapa sa béquille et tenta de se lever. Il était arrivé quelque chose à la gamine , c'était sûr. Il fallait qu'elle y aille. Elle fit trois pas avec difficulté.
Alors, le vent cogna dans les fenêtres, l'ouvrit en grand et s'engouffra en tourbillons dans le dortoir. Alice se retrouva par terre, recouverte de gouttes glacées en une seconde. Le mot linceul lui revient en mémoire. Un linceul de glace. Le vent tournait autour d'elle, ravageant la pièce, jetant les livres dans tous les sens, soulevant les lits avec fracas. Alice reçut les lettres du Scrabble dans la figure. Sa main en saisit une par réflexe. Elle regarda : k, dix points ! Elle renonça à se relever et se traîna vers la fenêtre. Il fallait la fermer à tout prix. Elle glissa le haut de sa béquille derrière un pied de lit et se hissa. Le vent la renvoya contre le mur opposé. Elle lâcha la canne, la vit s'élever dans les airs presque lentement avant de retomber violemment à cinq centimètres de sa tête. Elle l'empoigna à nouveau, s'adossa au mur. Elle avait compris. Ce n'était pas le vent à qui elle avait affaire. On essayait de la tuer.
Au secours !
Alice se traina vers la porte dos au mur. D'ailleurs, elle était plaquée, écrasée contre la paroi. Une espèce de givre envahissaient désormais la pièce. Et si Alice avait eu un miroir, elle n'aurait vu d'elle que deux yeux effarés dans un visage masqué de blanc. Le métal de la béquille collait à sa peau. Il était en train de geler.
Elle poussa un hurlement de douleur en arrachant la béquille à l'aide de ses genoux serrés. Le sang coula de ses paumes.
Il était temps qu'elle s'en sépare ! Elle enleva le foulard autour de sa gorge et, avec les dents, le déchira, en fit deux bandes pour recouvrir ses mains ensanglantées. Elle avait atteint la porte. Ses membres devenaient insensibles. Elle cracha la neige qui s'infiltrait dans sa bouche. Elle saisit la clenche, réussit à la tourner. Mais le vent rabattit le battant à peine entrouvert. Alice fit face à la fenêtre.
Elle remarqua que les carreaux étaient tous en miettes. Il aurait fallu qu'elle puisse fermer les volets. Elle se pencha brusquement pour éviter une lampe qui voltigeait.
Inexplicablement, une bougie était restée allumée. Cette lueur était encore plus sinistre que l'obscurité. Cela voulait dire : « Rien de ceci n'est naturel et tu vas crever sans savoir pourquoi. » Alice pensa qu'elle allait mourir de froid. Mais à cet instant, les débris de verre se soulevèrent du sol, dansèrent en rond dans les bourrasques et s'immobilisèrent. Un grand triangle acéré pointa dans sa direction. Alice plongea en avant, s'empara d'un oreiller. Le morceau de verre fusa à travers la pièce.
Elle l'entendit presque siffler…il s'enfonça dans les plumes. Alice, aveuglée par la neige, voyait mal mais suffisamment pour comprendre ce qui l'attendait. Les autres fragments de verre jaillirent de tous côtés, la transperçant en de multiples endroits. Elle ne sentit presque rien. Sa chair était trop gelée pour être sensible. Elle se protégea surtout le visage. Elle s'agrippa de nouveau à la poignée de la porte. Il fallait qu'elle sorte de là, c'était sa seule chance. Résolument, elle se tourna le dos aux morceaux de verre, s'arc-bouta cotre le mur de sa jambe valide et tira de toutes ses forces. La porte se décolla, se referma.
Alice hurla, libérant toute son énergie. La porte s'ouvrit. Alice se jeta à plat ventre dans le couloir mais n'eut pas le temps de s'extraire complétement. La porte s'abattit sur ses mollets. Les os craquèrent. Alice s'effondra sur le sol givré, incapable de bouger. Quelque chose lui saisit les chevilles.
Non ! non ! cria-t-elle. Au secours ! ils veulent me reprendre ! à l'aide !
Elle ne pouvait se retenir à rien. Ses ongles griffèrent le parquet mais, inexorablement, elle repartait en arrière.
Ses genoux repassèrent de l'autre côté, bientôt les cuisses…
Et là, devant elle, une forme surgit du noir. Elle voulut hurler à nouveau, ne le put elle-même pas des bras lui saisirent la taille et…
Jasper !
Jasper tira sur son gilet de toutes ses forces. Il dérapait sur la glace mais tenait bon. Alice reprit courage. Elle lutta pour libérer sa jambe gauche, parvint à prendre appui sur le chambranle. La jambe droite passa enfin et la porte se referma d'un claquement sec. Jasper entoura Alice de ses bras, l'embrassant et la rassurant. Après quelque minute Alice put lui dire.
Tu en as mis du temps…
Je suis désolé Pixie, lui répondit-il en l'enserrant encore plus dans ses bras. Il faut rejoindre les autres maintenant… je vais te porter.
Les dortoirs étaient silencieux, enveloppés dans la froidure. Plus un corps ne bougeait dans les lits gelés. A peine entendait-on un souffle, un soupir des bouches décolorées. Tous les habitants semblaient prisonniers de cette lente mort blanche.
Bella s'était endormie dans l'étroit escalier du grenier. Cela avait été plus forte qu'elle. Mais elle rêvait.
De l'autre côté de la porte, Emmet l'appelait elle et Rosalie. Mais elle n'était plus consciente. Déjà, la glace grimpait le long de son corps.
Emmet avait eu beaucoup de mal à entrer dans le grenier. Leur porte ne s'était jamais ouverte correctement et là, c'était la glace qui la coinçait. Après de pénibles efforts, Emmet se glissa dans l'entrebâillement. Il poussa le battant. La serrure s'engagea et aussitôt se mit à givrer.
Emmet ne parvint pas à déverrouiller la porte des filles.
En plus personne ne répondait… avaient-elles renoncées ?
Perplexe, Emmet s'assit sur un bureau et résolut d'attendre ses amis. Alors seulement il remarqua l'hôte du grenier.
Il n'osa faire un mouvement. La bête l'impressionnait, d'abord par sa taille imposante et ensuite par sa totale immobilité. Mais les yeux noirs perçants étaient brillants et humides et il n'y avait aucun doute : le monstre était bien vivant.
Emmet était piégé et il le savait. Ce qu'il ignorait, en revanche, c'était que le froid ne le menaçait pas. Pourtant s'il avait eu à choisir, il aurait préféré sombrer dans le sommeil plutôt que de faire face à cette horreur à plumes. Il lui vint à l'idée de parler.
Salut l'oiseau, dit-il doucement..
Puis il pensa qu'il valait mieux être très poli au cas où la bestiole comprenait quelque chose.
Monseigneur l'Oiseau, heu, Corbeau. Enfin je crois… mais je ne savais pas que les corbeaux pouvaient être aussi … aussi gros. Grands. Majestueux. Vous êtes très beau, très … noir. Le noir vous va très bien remarquez !
Son discours n'allait pas tarder à devenir incohérent s'il continuait comme ça. Cependant, le corbeau commençait à manifester un certain intérêt. Il se mit sur une patte puis l'autre et fit « croooooooooaaaaaa » d'une manière fort civile.
Emmet supposa que c'était une invitation à poursuivre…
Je me demande comment vous êtes entré. Je ne vous le reproche pas ! vous êtes le bienvenu, c'est évident… je m'appelle Emmet …Emmet McCarthy….
Croaaa ?
Non, McCarthy
Finalement, cet animal n'avait pas l'air méchant, ni même hostile, mais quand il décida brusquement de s'approcher d'Emmet. L'oiseau se dandinait en marchant sur les bureaux. De loin ou à la télé, Emmet aurait trouvé ça tout à fait comique. Le corbeau pencha la tête sur le côté et posa une de ses pattes sur la cuisse de Clément. Les griffes se renfermèrent dans sa chair. Emmet se mordit la lèvre pour ne pas crier, ni se débattre. Le sang mouilla son jean.
-Croooooooooooaaaaaaaa ! Lança la bête, moqueuse.
« Qu'est-ce que je fais ? Je ne vais pas me battre avec cette saleté, elle me crèverait les yeux en moins de deux. »
Tu me fais mal, là vieux… gémit Emmet.
Aussitôt, le corbeau desserra son étreinte. Emmet respira de soulagement. Le répit fut de courte durée car l'oiseau monta carrément sur lui et s'installa confortablement (pour le piaf !) sur les cuisses d'Emmet.
Heureusement, il ne s'approcha pas avec ses griffes, cette fois. Interloqué et inquiet au début, Emmet finit par trouver assez agréable cette chaleur contre son corps transi.
Si bien que, sans y penser vraiment, il entreprit de caresser les plumes de son étrange compagnon. Et le « crrrrrrrrooooaaa » de béatitude qui s'ensuivit le rassura définitivement. Le corbeau appréciait. Restait à savoir comment s'en débarrasser quand les crampes deviendraient insupportables. Pour passer le temps, et puisque Edward, Jasper, Rosalie et les autres n'arrivèrent pas, Emmet entreprit de raconter au corbeau les récents événements.
La couche de verglas qui recouvrait tout l'intérieur du bâtiment diffusait une lumière pâle qui n'avantageait pas les personnes. Même Rosalie qui avait aussi bonne mine qu'un cadavre remarqua Edward.
Qu'est-ce que tu fiche ici demanda-t-il. Où est Bella ?
Je l'ai laissé monter seule. Je devais accompagner Morgane à la cafétéria et remonter rapidement mais…
Mais quoi demanda Edward …
Regarde par toi-même.
Edward écarquilla les yeux, ne pouvant croire à la réalité de ce qu'il y avait, là, dans le couloir.
C'était un bonhomme de neige. Presque comme ceux qu'il faisait quand il était enfant. Mais il n'avait ni pipe, ni nez en carotte, ni de chapeau, ni d'écharpe. Il ne tenait pas de balai mais une fourche. Et son sourire était fait de dents de glace. Le bonhomme ouvrit en grand la bouche et exhala une haleine de givre qui les atteignit en plein visage. Bien qu'aveuglés Edward et Rosalie eurent le réflexe de courir vers l'escalier. A l'étage supérieur, il y avait M. Cullen. Ils devaient chercher de l'aide. Ils avaient été fous de penser qu'ils pouvaient se mesurer aux Ombres. Rosalie essuya le givre de ses joues se retourna. Le bonhomme de neige ne les poursuivaient pas, il dansait !
Rosalie poussa un cri d'horreur. Car le bonhomme des neiges ne dansait pas seul. Contre son ventre glacé, il serrait un corps inanimé. Rosalie était assez près pour voir la tête de Mike secoué dans tous les sens, les bras qui gigotaient, coincés dans les mains de glace de la sculpture, les jambes qui ne touchaient jamais le sol. Mike n'était plus qu'un pantin désarticulé.
Assez ! Arrêtez ! Non !
Rosalie vite monte du coter d'Emmet !
Mais, on ne peut pas le laisser…
MONTE ! je m'en occupe !
Rosalie s'exécuta, Edward se précipita au secours de Mike. Il ne pouvait pas laisser faire ça, même s'il était probable que Mike fût déjà mort. Le bonhomme de neige continuait sa valse infernale, tournoyant si vite que les jambes de sa victime s'envolaient. Et puis, brusquement, le bonhomme lâcha Mike qui s'écrasa contre un mur. Il expira à nouveau, et, cette fois, le brouillard était agrémenté de pointe de glace. Edward se protégea le visage et les morceaux de glace mordirent dans son avant-bras. Le bonhomme de neige avait récupéré sa fourche et visait le jeune homme. Toujours aussi souriant, il se jeta sur Edward. Promptement, Edward se réfugia dans les escaliers où il était plus difficile pour le bonhomme de manœuvrer. Mais Edward avait oublié le verglas qui recouvrait les marches. Dans sa hâte, il dérapa, se rattrapa de justesse à la rampe et, sans savoir comment se retrouva de l'autre côté, suspendu dans le vide.
Ses mains glissèrent sur la rampe gelée. Frénétiquement, Edward essayait de ramener son pied à hauteur des marches.
Le bonhomme des neiges s'approcha, lentement, ricanant. Il toussa quelques débris de glace et s'immobilisa au-dessus de Gall.
Et voila ^^ chapitre 10 livré...
j'ai l'intention de rajouter un petit chapitre pour faire duré de suspens ... si il y en a vraiment un ...
quoi que je peux tres bien me débarrasser de certain personnage ... d'ailleur Edward n'est pas en tres bonne posture :-) donc ... je vais voir si son avenir est possible ^^
taper 1 pour sa survie
taper 2 pour sa mort
taper 3 pour ... avoir la visite du corbeau d'Emmet ^^
à bientôt et merci de me suivre ^^
