Enfin! diront certains. Et... Vous avez bien raison...
Disclaimer : tous les personnages ou presque appartiennent à Hidekaz Himaruya. Certains sont à moi...
Je suis vraiment désolée pour le temps écoulé depuis le chapitre 9... J'ai été occupée :/
Réponses aux reviews anonymes (en retard aussi, désolée T-T)
Chocobonmimi : Merci pour ta review! Elle m'a fait bien rire et très plaisir :3 Je suis ravie que tu apprécies autant cette fic. Louise trouvera-t-elle l'amour? Hum, j'y réfléchis depuis quelques temps. Le problème que j'ai depuis un moment, c'est que je manque de personnages xD Si vous avez des suggestions, vous pouvez toujours m'en faire part! Ludwig aura un rôle à jouer, oui... Moi aussi, j'ai parfois envie de foutre des claques à Roderich. C'est un personnage que j'adore, pourtant, d'habitude... Je ne me pardonnerai jamais d'en avoir fait le bad guy antipathique de l'histoire. Donc mes OC trouvent grâce à tes yeux, au moins un peu... Je suis contente :3 Merci pour tes mots doux *w* Pour le LietPol, il est introduit dans ce chapitre... J'espère que tu aimeras :) Toris aura encore un rôle à jouer dans la suite lointaine, je ne sais pas si on le reverra d'ici là mais j'ai plein de petites anecdotes autour du LietPol que j'aimerais beaucoup exploiter! Niveau doutes tu seras servie aussi dans ce chapitre... Le Spamano va subir pas mal d'épreuves... Et peut-être bien que leurs doutes seront le cadet de leurs soucis à un certain point (mouhahaha) Ne t'excuse pas pour la longueur, j'adoooore ce genre de reviews ! Merci (t'inquiète pas pour le chocolat, j'en mange xD) et j'espère avoir l'occasion de bien avancer pendant les vacances... Bisous~
oli-chan : Merci à toi pour ta review! Oui, en effet, tu dois être un peu parano aussi xD Mais t'inquiète pas, plus on est de fous, plus on rit :3 Ravie que tu apprécies toujours ;) Le côté maniaque de Gil... Hum, je ne sais pas trop d'où il vient. Peut-être parce qu'un des clichés sur l'Allemagne, c'est que tout est propre et que ce sont tous des maniaques (mais j'en sais rien, en fait...) Merci encore ~
Voilà, je vous souhaite une bonne lecture et j'espère avoir votre avis sur ce 10ème (OMG) chapitre!
Chapitre X : In my Imagination
Samedi 19 juillet 2014.
Henri Vermeulen sifflotait au volant de sa voiture –une Porsche 918 Spyder, décapotable, flambant neuve, cadeau de ses chers parents– garée au soleil, ses indispensables Rayban bleu marine sur le nez. Il se trouvait en bas de l'immeuble de sa petite amie, et il était en avance. Alors autant en profiter pour prendre le soleil.
C'était le grand jour. Le jour où Lovino lui offrait un déjeuner dans un restaurant étoilé. Et pas seulement à lui, mais aussi à sa charmante petite amie. Ils se fréquentaient depuis environ un an, et il l'aimait comme un fou. Il n'était pas gêné de le dire. Elle était absolument magnifique, et intelligente, et indomptable, mais très attentionnée. Et bien que discrète et parfois un peu hautaine de prime abord, elle avait un sourire qui ne manquait jamais de le faire fondre. Son air sévère s'adoucissait lorsqu'elle retirait ses lunettes à épaisses montures. Ils travaillaient dans la même banque.
Enfin, il fut l'heure d'aller chercher Alice.
Henri quitta sa voiture et gravit les quelques marches menant à la porte d'entrée. Il pressa le bouton de l'Interphone, et sa belle lui ouvrit aussitôt la porte.
-Bonjour, mademoiselle. dit-il avec un sourire charmeur lorsqu'il la découvrit, resplendissante dans sa robe blanche.
Il l'embrassa tendrement, avant de lui offrir son bras.
-Tu es prête? demanda-t-il.
Elle saisit le soutien offert avec élégance et répondit:
-Prête et absolument impatiente!
oOo
Henri avait choisi une table et une place d'où il avait une vue imprenable sur toute la salle du restaurant –très belle salle, d'ailleurs. Epurée et intimiste. Il aimait bien. La vie de mafieux lui était définitivement agréable.
Une serveuse, jolie et très élégante dans un impeccable tailleur crème –avait-on seulement idée du danger que représentait le service en salle pour cette sublime pièce de tissu?– s'avançait vers leur table pour prendre note de leur choix pour l'apéritif, lorsqu'enfin, Henri les repéra.
Feliks. Et le dénommé Toris, vraisemblablement.
Habillé dans les tons olive, ce dernier était un jeune homme d'environ trente ans, probablement un peu plus jeune. Allez, disons 27. Son visage harmonieux était obscurci par d'inévitables soucis, même si présentement, il souriait, à l'évidence ravi de passer la journée avec son compagnon. Il avait des cheveux bruns mi-longs, noués en catogan. Somme toute, il avait la classe.
Quant à Feliks, fidèle aux descriptions qu'Henri avaient entendues, il paraissait ravi d'être là, rayonnant dans son costume champagne.
Tout à sa contemplation, Henri ne réalisa pas tout de suite que la serveuse lui avait demandé ce qu'il souhaitait boire.
-Oh, heu… Un… Un Amazing Champagne, s'il vous plaît. décida-t-il avec un sourire.
Elle prit note, acquiesça et s'éloigna pour passer derrière le bar et s'atteler à la préparation de leurs boissons. Quant à Henri, tout en écoutant d'une oreille distraite l'admiration d'Alice pour les tableaux exposés, il étudia la position de la table des deux mafieux.
A environ cinq mètres de lui, en diagonale, sur la gauche. Bon. Henri ne pouvait pas entendre ce qu'ils disaient, mais pour les photos, c'était juste bien. Les deux hommes s'étaient installés et bavardaient tranquillement –c'était surtout Feliks qui monopolisait le crachoir– lorsqu'on apporta les cocktails du couple.
Henri, tiré de ses observations, bondit sur l'occasion et dégaina son Iphone.
-Je vais prendre une photo pour Instagram, j'en ai pour une seconde!
Il immortalisa en effets les deux verres irisés de couleurs vives. Ce qui était pratique quand on se faisait passer pour un jeune homme moderne et superficiel, c'était qu'on pouvait agir comme tel sans éveiller le moindre soupçon.
Puis il déclara:
-Tu es magnifique, Alice! Toi aussi, je veux te photographier.
Elle posa en tendant son verre vers l'objectif, et Henri la photographia avant de dévier imperceptiblement pour prendre en photo la table des deux mafieux amoureux.
Il commençait à aimer cette mission.
–Santé! A nous!
oOo
Tout en profitant du repas, le blondinet n'en oubliait pas sa mission. Obtenir le plus d'infos sur la cible. Toris.
Son cerveau de (petit) génie tournait à plein régime. Comment l'approcher sans attirer l'attention de Feliks et sans éveiller les soupçons de qui que ce soit?
Quelques subreptices photos plus tard, il en était toujours à ce point dans ses plans. Sur le coup, il aurait dû mieux élaborer sa stratégie à l'avance au lieu de compter sur le talent. Mais bon, il était excusable –hum : il n'en était qu'à sa première affaire d'espionnage.
L'illumination lui vint lorsque, tout d'un coup, Toris se leva avec un sourire adressé à son compagnon pour –visiblement– gagner les toilettes.
Henri eut un sourire en coin qu'il peina à dissimuler.
Il attendit très exactement deux minutes après le départ du brun, puis déclara:
-Je vais aux toilettes, je reviens. Navré de t'abandonner.
D'un sourire, Alice lui fit comprendre que ce n'était rien. Après tout, elle n'avait pas besoin de lui pour terminer son dessert.
Henri traversa la salle vers les cabinets d'aisance, et dans les toilettes des hommes, il reconnut sa cible qui lui tournait le dos.
Il prit l'urinoir voisin, et fit ce qu'il avait à faire, rapidement de sorte qu'il se retrouve aux lavabos en même temps que Toris.
Le blond fit mine de quitter les lieux le premier, lentement pour que la cible soit juste derrière lui. Mais il fit volte-face au dernier moment, feignant un appel téléphonique. Se faisant, il percuta Toris de plein fouet. Dans l'agitation, il subtilisa de sa main libre son portefeuille dans la poche de son veston, l'ouvrit et le jeta au sol.
-Oh, Monsieur! Je suis navré! Je… Toutes mes excuses!
Toris, remis de sa surprise –et apparemment ignorant de la manœuvre d'Henri– lui offrit un sourire affable.
-Ce n'est rien, Monsieur. Il n'y a pas de quoi s'énerver…
Henri, son téléphone collé à l'oreille, se pencha sur le portefeuille qui offrait à sa vue une carte d'identité lituanienne dont il s'empressa de mémoriser les détails significatifs, et le ramassa pour le rendre à son propriétaire.
-Je suis tellement maladroit! Je suis confus, vraiment!
-Ce n'est rien. Je vous remercie.
Henri dégagea la sortie.
-Bonne journée, Monsieur! dit-il avant d'attaquer une très intéressante conversation téléphonique aux vagues accents factices et schizophrènes.
Le brun quitta la pièce, pas plus choqué que ça, et regagna sa table. Leurs desserts arrivèrent bientôt, ce qui effaça tout souvenir de la mésaventure de la mémoire de Toris.
Henri patienta quelques minutes avant de se risquer au dehors.
Les maigres informations recueillies n'étaient pas grand-chose, mais il n'en apprendrait probablement pas plus aujourd'hui.
oOo
Dimanche 20 juillet 2014.
-Rien à signaler. conclut Lovino alors qu'il terminait sa ronde en face d'Il Diavolo, y rejoignant Willem qui venait de finir la sienne.
-Rien de mon côté non plus. Verdomme, enfin un peu de tranquillité! On va pouvoir aller se coucher tôt.
-Tu plaisantes, papy? ricana Lovino. Il n'est que deux heures du matin, ma nuit est loin d'être terminée…
-Ce que tu fais au bercail avec ton étalon espagnol ne me regarde pas. lança Will avec un sourire en coin.
Lovino répliqua d'un air entendu:
-Inquiète toi plutôt de ce que je ferai avec ton petit frère. Il m'attend chez lui.
Willem fronça les sourcils.
-Pour son rapport. compléta Lovino, ravi de son petit effet.
-Je savais que tu n'étais pas son genre. Mais essaie de ne pas le faire veiller trop tard, hum? Il est en pleine croissance et a besoin de sommeil.
-Pff.
-Je tiens à préciser que c'était une blague.
-Mais tu l'as dit quand même.
Derrière le bar, Louise les attendait, trois shoots prêts devant elle. Ils burent cul sec, et tandis que les deux Vermeulen se resservaient, Lovino les salua pour rejoindre le dernier de la fratrie.
oOo
Bien sûr, l'intellect et la profession d'Henri –sans oublier les pots de vin et autres pactoles qu'il empochait grâce à son métier officieux– lui avaient permis d'acheter –avec à peine un peu d'aide de la part de ses frère et sœur qui ne savaient de toute façon pas quoi faire pour blanchir leur argent– une magnifique propriété.
Hm.
Plutôt une maison de taille moyenne, en réalité, mais elle avait le mérite d'être en plein centre ville et de disposer d'une terrasse et d'un jardin avec accès par derrière sur une autre rue. Ce qui, d'ailleurs, en faisait un point de ralliement de choix quand la situation l'exigeait.
Ce fut cet accès, cette petite grille en métal coincée entre deux maisons, que Lovino emprunta avant de traverser le jardin et de gravir les quelques marches menant à la terrasse.
A l'intérieur, les lumières étaient allumées. La baie vitrée, entrouverte. L'Italien n'eut qu'à la pousser pour s'introduire dans la maison.
L'alternance de murs de pierre et de surfaces peintes en couleurs chaudes, ainsi que les lumières tamisée et la musique des années folles conféraient à l'endroit une atmosphère chaleureuse et intime.
Arrivé dans le salon, Lovino prit à droite et se retrouva dans la cuisine. Henri, tout occupé à se servir un verre de Cognac et à se laisser bercer par la musique, lui tournait le dos et se fit surprendre d'un:
-Je suis rentré, chéri.
Le blond sursauta et porta instinctivement la main à l'arrière de son pantalon tout en se retournant sur son visiteur. Reconnaissant Lovino, il laissa son revolver en place –une petite arme "d'intérieur": petit calibre, mais toujours efficace contre les indésirables nocturnes.
-Oh. fit-il, pas plus surpris que ça au final. "Et Romeo escalada le balcon et retrouva Juliette." Comme c'est romantique, mon chou. Bonsoir, Lovino. Un verre?
-Non merci. Jamais le premier soir.
Henri ricana et l'invita à s'asseoir. Lovino s'exécuta et le plus jeune le rejoignit dans le canapé après avoir récupéré son téléphone sur la table basse.
-C'est sans espoir, Trésor. Je suis pris et tu n'es pas mon genre.
-Ah, ah! Tu n'es pas le mien non plus, rassure-toi! Et de toute façon, je ne voudrais pas de Willem comme beau-frère.
-Comme je te comprends!
Henri savoura une gorgée de sa boisson, et Lovino demanda:
-Alors? Comment ça s'est passé?
-De façon un peu cavalière mais, hé, c'était mon premier essai. Et sinon, le repas était délicieux. J'en remercie le généreux donateur! Alice a adoré.
Il épargna à Lovino la peine de se creuser la tête à la recherche d'une réplique sarcastique en lui mettant sous le nez une photo très nette d'un couple attablé dans un restaurant. L'un des deux hommes –Feliks– souriait amoureusement à son vis-à-vis. Il était brun, aux yeux vers, un catogan et un costume olive. Les mains des deux hommes étaient entrelacées sur la table.
Sur les clichés qu'Henri lui montra ensuite, Lovino constata qu'aucun doute ne pouvait plus planer sur la nature de leur relation.
-T'es plutôt doué pour la photo.
-J'ai une sœur et un grand frère. éluda Henri en haussant les épaules. Qui plus est, mon frère est protecteur et ma sœur a de tous temps trouvé le moyen de sortir avec des mecs peu recommandables.
-Tu… Espionnais Louise pendant ses rendez-vous?
-Pour le compte de Will s'il me promettait assez d'argent de poche. Trafic d'informations. Hé oui, on a commencé la mafia bien plus tôt que tu ne le crois. Niveau corruption, entre nous trois, je crois que le KGB n'a pas fait mieux.
Lovino leva les sourcils, surpris.
-Louise n'en a jamais rien su?
-Oh, si. Après, je l'aidais à foutre en l'air les rencards de Will. D'ailleurs, je pense qu'elle faisait exprès de jeter son dévolu sur les mauvais garçons du coin, parce qu'elle savait que Willem serait fou de colère. Bienvenue chez les Vermeulen.
-Je me demande ce que ça aurait donné si vous aviez été élevés par des mafieux.
-Non, je pense que tu ne veux pas savoir. Bref. Revenons-en à ce monsieur Laurinaitis, veux-tu? Par un subtil procédé dont je ne te révélerai pas les secrets, ou plutôt dont je t'épargnerai les détails inintéressants, j'ai subtilisé sa carte d'identité. 27 ans, Lituanien, né à Vilnius. Et il en a aussi l'accent.
-Magnifique. Je crois qu'on tient notre rumeur.
–Tu as plus qu'une rumeur.
Henri ouvrit le PC portable qui trônait jusqu'alors sur la table basse et pianota un instant avant de montrer à Lovino une page, une "fiche" de Toris Laurinaitis.
–C'est QUOI? fit Lovino, estomaqué. Tu as eu ça où?
-Hum, base de données d'Interpol.
-Je savais que tu étais un génie, mais…? Hacker ça? Eux? Vraiment?
-Ca me fait plaisir que tu me flattes, mais c'était trois fois rien. J'ai, ha, peut-être arnaqué une de leurs agents l'été dernier. Je venais de me faire larguer, j'avais besoin d'un gros truc pour m'occuper et me changer les idées. Le talent réside surtout dans le choix des victimes... J'ai eu accès aux identifiants de cette pauvre femme.
-Wow.
-Ne compte pas sur moi pour me faire plaquer plus souvent.
-Je ne t'en demande pas tant. Mais ça a l'air d'être un sacré stimulant.
-J'espère que tu n'auras jamais à le tester! Bon. Toris n'est pas recherché pour le moment, mais puisqu'il est fiché, c'est qu'il a eu une petite amourette avec Interpol à un moment ou l'autre de sa carrière. On le suspecte de trafic d'êtres humains et d'organisation de migrations de masse depuis les pays de l'est vers l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et la France… Et il semblerait qu'il travaille pour le compte de Braginski, une famille qui commence à s'exporter, mais qui est originaire de Moscou. Apparemment, Toris était sous surveillance pendant un moment. On l'utilisait comme "balise"… Avant qu'Interpol ne perde sa trace. Je pense qu'il fait les voyages avec les migrants, ou au moins il se déplace pour préparer le terrain.
-Ca expliquerait que Feliks et lui se voient irrégulièrement.
-Et le fait que je n'ai pas trouvé d'adresse permanente. Je vais creuser et contacter quelques connaissances, je te fournirai de quoi constituer un dossier correct sur lui.
-Will devrait pouvoir t'aider. Votre truc avec les ordinateurs, là… C'est de famille.
-Mais je suis quand même le meilleur.
Henri vida nonchalamment son verre avec un clin d'œil. Lovino repensa à son dernier entretien avec Diego et profita du moment où il avait le jeune prodige sous la main:
-A propos d'ordinateurs… Si tu as encore besoin de t'amuser, j'ai un boulot à te proposer.
-Je suis toujours partant. Et tout ouïe.
-Je…
C'était compliqué. Il faisait confiance à Henri, mais ne lui avait pas encore réellement parlé du plan. D'un autre côté, le cadet des Vermeulen n'avait pas son pareil pour un travail impeccable et immaculé sur la toile. Or, c'était précisément ce dont Lovino avait besoin présentement.
–J'aurais besoin que tu balances le dossier de quelqu'un sur Internet. Sans qu'on puisse savoir d'où vient l'info, sans qu'on puisse remonter jusqu'à toi ou moi…
-Ca concerne quelqu'un de l'Impero. déduisit Henri.
-Ca veut pas dire que c'est quelqu'un de mon camp. Ecoute, ça peut paraître complètement insensé, mais je t'assure que j'agis pour le bien de l'Impero. Louise et Willem me soutiennent, de même que Diego… Je comprendrais que tu refuses. Mais tu me rendrais un grand service en acceptant. Tu nous rendrais service à tous les quatre. Si tu veux, je te laisse méditer la chose, et…
-Tu ne m'as pas dit quel genre de "dossier" c'est, mais vu le foin que tu en fais, je suppose qu'il s'agit du genre de dossier qui empêche toute idée de carrière dans la mafia.
-…Oui, en gros, c'est l'idée.
-Ecoute. Visiblement, je n'ai pas tous les éléments et je ne fais que deviner la situation. Mais même si tu décidais de foutre en l'air la famille, ça ne serait pas vraiment mon problème. Vous me fournissez quelques infos, je vous rends quelques services, mais je pourrais survivre à mon propre compte. Je me fiche de savoir si ce que je fais nuira à l'Impero. Mais je fais confiance à Louise et Willem, et s'ils te soutiennent, alors moi aussi. On se voit mardi à notre café préféré pour que tu me donnes ce fameux dossier, ok?
-Oui… D'accord. Merci beaucoup, Henri. Je ne sais pas quoi dire. Merci.
-Pour un qui ne savait pas quoi dire, tu t'en sors pas mal. C'est un bon début. sourit le blond. Maintenant, il est temps que tu partes. Juliette a besoin de son sommeil pour être belle.
Lovino évita de penser à toutes ses allusions à Romeo et Juliette. Il n'avait rien contre Shakespeare, mais… Il y avait des circonstances où Romeo aurait effectivement mieux fait de se dépouiller de son nom.
-Bonne nuit. fit Lovino. Je te vois mardi.
-Bonne nuit!
Et après être ressorti, Lovino disparut dans les ténèbres.
oOo
Lundi 21 juillet 2014.
Lovino fut arraché des bras de Morphée par une sonnerie stridente qu'il n'identifia pas. Il n'avait pas de réveil, donc ce n'était pas ça. Son portable était sur vibreur, donc ça ne pouvait pas venir de là non plus. Et la sonnerie d'Antonio, c'était autre chose.
-Oh, merde!
Antonio, justement. Enchanté.
Il sortait du dressing en nouant sa cravate et se précipita sur son attaché-case pour en sortir un téléphone portable modèle rétro. Que Lovino n'avait jamais vu.
-C'est quoi, ça? ronchonna Lovino d'une voix ensommeillée.
Antonio vint embrasser sa tempe.
-Mon téléphone de travail. C'est rien, je rappelle tout de suite. Je ne voulais pas te réveiller. Bonne journée.
-Hm. grogna Lovino pour toute réponse.
Il entendit son compagnon s'éloigner, puis la porte de l'appartement claquer. Alors Lovino se redressa dans le lit.
Qu'est-ce que c'était que cette histoire de téléphone professionnel? Antonio n'en avait jamais parlé, il n'avait jamais sonné.
C'était seulement Lovino le parano ou bien… C'était louche?
Il fit un gros effort pour ne pas y penser. C'était définitivement un problème qui ne se résolvait pas le ventre vide.
oOo
-Francis? Qu'est-ce qui se passe? demanda Antonio lorsqu'il rappela son collègue.
-Hello, Sweetheart! … Pardon, c'est Arthur qui décroche comme ça… Enfin, quand il est bien luné, quoi.
-Que se passe-t-il? répéta Antonio.
-Les nouvelles du matin! annonça fièrement le Français. Il y a eu deux arrestations cette nuit. Tôt ce matin, devrais-je dire. Deux dealers qui se sont aventurés en-dehors de la zone.
–Impero?
-On n'en sait encore rien. Si tu veux passer assister à leurs interrogatoires, tu es le bienvenu.
-J'arrive. Merci, Francis.
oOo
Une fois repu, Lovino avait déjà les idées un peu plus claires.
Bon, il ne savait toujours pas s'il devait mettre ses soupçons sur le compte de la paranoïa ou s'il y avait vraiment des raisons de s'en faire… S'en faire de quoi, exactement? Parce que, soyons sérieux: en quoi consistaient ces fameux "soupçons"?
Il y avait des… choses… A propos d'Antonio qui le dérangeaient. Du genre: qu'il soit arrivé en pleine fin d'année scolaire dans un pays étranger, sans autre raison apparente ou officielle que celle d'enseigner. La plupart des gens attendaient pourtant d'avoir un emploi avant d'entamer un voyage aussi radical.
Ensuite, les horaires. A bien y réfléchir, un prof particulier n'était pas certain d'avoir du travail tous les jours, 8 heures par jour, n'est-ce pas? Il était même plutôt certain d'avoir pas mal de trous dans son horaire, non? Alors pourquoi Antonio quittait-il l'appartement un peu avant 8 heures et revenait-il après 17 heures?
Enfin, le fait que la prétendue profession d'Antonio ne lui permettait pas d'avoir de collègues, alors que Lovino tenait de source sûre qu'il en avait –au moins un: ce cher Gilbert. Alors de deux choses l'une: soit ce Gilbert n'était pas un collègue et Antonio était un menteur, peut-être même qu'il trompait Lovino, soit Gilbert était bel et bien un collègue et Antonio n'était pas vraiment prof particulier –le parano avait vérifié sur le net, il n'existait aucune agence à Rome qui proposait des cours particuliers tels qu'Antonio les avait décrits.
Dans les deux cas, Antonio était un menteur. Pas que Lovino soit tout à fait irréprochable dans le domaine, mais… Ca faisait mal de le découvrir.
De plus, il y avait désormais cette histoire de téléphone professionnel. Le métier d'Antonio nécessitait-il vraiment ce genre de dispositif? Ou était-ce plutôt le genre de boulot pour lequel cette précaution était indispensable?
Lovino avait vraiment besoin de plus d'infos. Mais par-dessus tout, il fallait qu'il se change les idées.
Parce qu'au fond de lui, il espérait qu'il n'était que parano.
oOo
Antonio laissa échapper un soupir –un de plus.
Il se trouvait au sous-sol du building d'Interpol. Un endroit frais, humide, sombre. Lugubre.
Il était adossé à un mur de béton armé rugueux. Sur sa droite, assis derrière une table, les mains menottées en évidence, un jeune homme d'un peu plus d'une vingtaine d'années, grand, maigre, pâle, décharné, fixait ses doigts sans aucune envie apparente de parler. Francis et Antonio le cuisinait à tour de rôles. Depuis deux heures.
Francis passa une main distraite dans ses cheveux tout en toisant le dealer d'un regard professionnel et glacial.
Un agent d'Interpol ouvrit la porte de la salle d'interrogatoire.
-Tu es demandé dehors. dit-il à l'adresse d'Antonio.
-J'arrive.
Dans le couloir, derrière la vitre teintée qui permettait d'observer l'intérieur de la salle, Gilbert se tenait, immobile, bras croisés.
-Salut, Tonio.
-Ca va?
-J'ai connu des interrogatoires plus brillants. Scheisse, qu'est-ce qu'ils attendent pour réintroduire la torture?
-Gil…
-T'inquiète, je plaisante. Avec mauvais goût, mais je plaisante. Tu sais ce qui me fait le plus chier dans tout ça? On est même pas sûrs que ces petites merdes nous intéressent. Ils pourraient très bien être d'une autre famille, et on serait en train de perdre notre temps pour rien.
-Des nouvelles du labo? demanda Antonio.
L'agent se permit d'intervenir.
-Monsieur Vaïnamoïen est en chemin.
-Parfait. grogna Gilbert.
De fait, quelques instants plus tard, un homme arriva dans le couloir. Blond, avec un béret sur la tête, il avait un visage aux traits fins, harmonieux et sympathiques. Portant une longue blouse blanche de travail sur un polo bleu et un pantalon beige, Tino Vaïnamoïen était le chef du laboratoire d'Interpol.
-Bonjour Messieurs! dit-il avec enthousiasme. Je suis passé par la cafétéria, j'ai demandé à ce qu'on vous amène du café.
-La journée est meilleure, tout de suite! Merci Tino. fit Gilbert.
Le blond déplia son ordinateur portable et le présenta aux deux agents. A l'écran, les photos des deux suspects, et leurs empreintes digitales relevées à leur arrivée ce matin. Une case rouge indiquait qu'aucune correspondance n'avait été trouvée dans la base de données.
-Vous avez les noms?
-Celui de gauche s'appelle Marco Cretici. annonça Gilbert.
-L'autre, c'est Cesare Sovrano.
-Bon, c'est déjà un début. Les empreintes n'ont rien donné. Par contre, leur marchandise n'est pas réglementaire.
-On parle de drogue, évidemment que… commença Gilbert.
-Non, bien sûr. Je veux dire que même pour une substance illicite, c'est une vraie merde. Elle est coupée à presque 100%, et pas avec du sucre. C'est très risqué d'en consommer. Je dirais même que vu les produits chimiques qu'elle contient, il y a des chances que ça se solde par un décès.
-Ces mafieux n'ont aucun sens du commerce… commenta l'albinos.
-Non, il doit bien y avoir une raison à tout ça… fit pensivement Antonio. Merci, Tino. On va essayer de tirer ça au clair.
-A votre service. J'aurais aimé être plus utile.
Le scientifique leur adressa un sourire compatissant avant de tourner les talons et de remonter à son étage. En chemin, il croisa l'âme généreuse qui avait eu la bonté d'apporter du café aux interrogateurs.
Antonio amena son café à Francis et avala le sien d'un trait. Il se laissa tomber sur une chaise, en face du prévenu, qui sursauta.
-Cesare. l'interpella l'Espagnol. Sache que nous n'avons pas exactement l'intention de te faire du mal. En fait, nous ne recherchons que ton bien. Réfléchis bien à ce que tu fais. Tu ne nous facilites pas la tâche en te taisant, et crois-moi, ça pourrait se retourner contre toi. Tandis que si tu te montres coopératif, nous pourrons nous montrer cléments.
-J'en ai rien à foutre de votre clémence! Si je parle, je suis mort en sortant d'ici!
-C'est pourquoi notre "clémence" comporte également notre protection et l'opportunité de recommencer une nouvelle vie, ailleurs, voire à l'étranger. Un nouveau nom, une nouvelle identité, aucune chance pour que tes ennemis te retrouvent.
-Je peux pas vous parler…
-Cesare. Est-ce que tu es heureux dans cette vie misérable que tu mènes? Au bas de l'échelle, sans aucune chance de monter en grade puisque tu as eu le malheur de te faire arrêter? Réfléchis deux secondes. Si tu ne parles pas, c'est la prison. Et si tu en sors, penses-tu vraiment que tes employeurs te feront de nouveau confiance? Non. Et tu sais pourquoi? Parce que même si tu ne nous dis rien, eux n'auront aucun moyen d'en être sûrs. Ils préféreront t'éliminer, purement et simplement. Si tu tiens à la vie, sache que si tu nous renseignes, tu seras sauf, et que tu couleras des jours heureux. Bien plus heureux que maintenant. Ca ne te tente pas? Tu veux finir tes jours la tête éclatée sur les pavés? Ou bien tu veux vivre et avoir la possibilité de tourner le dos à cette vie?
Antonio marqua une pause, guettant une réaction de la part de Cesare, dont les mains tremblaient. Il baissa la tête, renifla, et puis murmura:
-Qu'est-ce que vous voulez savoir?
oOo
Que pouvait bien être Antonio?
Flic? Alors son histoire de fraîche arrivée ici ne tenait pas debout: la police romaine ne ferait jamais appel à un flic espagnol.
Interpol? Antonio se serait montré plus prudent et moins négligeant sur les détails, car ce sont justement les détails qui font la qualité d'une couverture. Ou alors, Lovino surestimait tout simplement ces salopards, ce qui était probable.
Membres des services secrets italiens? Romeo avait des contacts là-bas, si Lovino avait été dans leur ligne de mire, il en aurait été averti.
Dernière solution… Antonio n'était qu'un salopard d'arnaqueur menant une double vie pour son plaisir, en quête de bon temps dans les bras d'un…
-Monsieur! Ca fera 34€20.
Lovino quitta ses divagations un moment pour revenir dans le supermarché. Vu l'air bougon de la caissière, ça faisait un moment qu'elle attendait qu'il règle ses achats.
-Mes excuses.
Avec un soupir, il paya et s'en alla avec ses courses.
Même les tâches quotidiennes ne lui changeaient pas les idées. Il avait eu une journée pourrie. Entre ses pensées noires et ses encore plus réjouissantes occupations au Palazzo, il était servi. Et Louise restait injoignable pour le réconforter. Elle avait pris sa journée.
Ce qui avait d'ailleurs rappelé à Lovino la raison de ce jour de congé: son anniversaire.
Comme chaque année, elle s'octroyait une matinée à régler les derniers préparatifs pour sa soirée d'anniversaire, qui aurait lieu chez elle le soir même et à laquelle Lovino était contraint et forcé… Pardon, invité, à assister. Elle passait ensuite l'après-midi dans un spa pour prendre soin d'elle et se préparer à la soirée.
Et merde. Il lui fallait un cadeau.
Voilà qu'à 14 heures tapantes, Lovino arpentait une rue commerçante jonchée d'enseignes de luxe dans l'espoir de trouver de quoi satisfaire sa meilleure amie. Il avait finalement échoué chez Delvaux pour acquérir une très jolie pièce: un petit sac à main très élégant de cuir ambré. Une édition limitée.
En visant les sacs, il était certain de faire plaisir à Louise. Les chaussures et la maroquinerie était deux de ses (innombrables) péchés mignons en matière de mode.
Cette minime emplette en poche, il s'était retrouvé dans son supermarché.
Aucune de ses activités du jour ne lui avait ôté le cas d'Antonio de la tête.
Et pourtant…
Il avait des responsabilités nécessitant toute sa concentration.
Il ne pouvait se permettre d'être distrait par ce genre de choses.
Or, il n'y avait apparemment qu'un seul moyen de s'en débarrasser: il devait passer à l'action.
Il commencerait son enquête dès ce soir.
oOo
Ses collègues partis, Gilbert resta seul dans leur bureau. Il écoutait en boucle les déclarations de Cesare, le dealer qu'ils avaient réussi à faire parler –Marco s'était quant à lui montré exemplaire et par conséquent, muet. Les révélations qu'il avait faites ne présageaient rien de bon pour le monde de la mafia. Rien de calme. Plutôt quelque chose comme le chaos des années 20.
Avec un soupir, Gilbert composa un numéro sur son téléphone portable. L'appelé décrocha après quelques secondes.
-Allô?
-Salut, Roderich. C'est moi.
-Qu'est-ce que…
-On a arrêté deux dealers qui avaient été envoyés pour nuire à ta famille. Tu es au courant?
-…Non, ce n'est pas moi qui gère les affaires de drogues.
-Et tu n'as jamais entendu parler de ce genre d'opération? D'après ce qu'on nous a dit, ce n'était pas la première fois que ça arrivait.
–Si, j'en ai entendu parler lorsque ça s'est produit la première fois. Je pensais que ça ne se reproduirait pas.
–D'après mes sources, ils ont dû contourner de nouvelles mesures de sécurité appliquées à la zone de l'Impero.
Roderich soupira.
-Un de nos membres avait émis ce projet, en effet.
-Tu ne prenais pas la menace au sérieux? s'étonna Gilbert.
-Pas vraiment. J'ai d'autres préoccupations pour le moment.
–Tu devrais faire attention. Je veux dire… Si tu veux garder ta place, tu devrais te montrer moins négligeant.
Belle reprise. Dissimuler un conseil sous le reproche d'un manquement.
De l'autre côté du combiné, Roderich resta silencieux. Il semblait aussi choqué d'avoir perçu de l'inquiétude chez son interlocuteur que Gilbert l'était d'avoir prononcé ces paroles.
-Est-ce que… On se voit ce soir? finit par demander Roderich.
Dans sa voix perçait une note d'espoir, presque inaudible. Espoir anéanti par le ton de Gilbert, plus cinglant qu'il ne l'aurait voulu.
-Non. le rabroua-t-il. Non, répéta-t-il avec moins d'agressivité. J'appelais seulement pour avoir des réponses à des questions que seul un plus élevé dans la hiérarchie est en mesure de me fournir.
-Je t'écoute.
-Quelle est la nature de la relation entre l'Impero et Alessandria?
-C'est cette famille qui a envoyé ces dealers? Bien. Ce sont deux familles qui ne se fréquentent pas beaucoup… Nous ne traitons pas avec eux si l'on peut l'éviter. En revanche, elle soutient Alba, notre rivale séculaire… Et a toujours été en excellents termes avec Carthago, qui nous pose problème présentement.
-Vous ne les portez pas dans votre cœur, quoi.
–C'est réciproque. Notre famille détient l'hégémonie sur la ville depuis quelques décennies, et certains estiment qu'ils sont lésés et que cela doit changer.
-Bien. Merci, Roderich.
Gilbert raccrocha.
Quelque chose ne tournait pas rond en ce moment. D'où lui venait cette putain d'empathie pour Roderich? Pourquoi s'inquiétait-il pour lui?
Ce n'était qu'une crapule doublée d'un bon coup au lit, mais en quoi Gilbert se souciait-il de ce qui pouvait lui arriver?
oOo
Rentré bien avant Antonio, Lovino avait guetté son retour et préparé un plan stupide pour avoir le champ libre quelques minutes en compagnie des affaires de travail de son amant.
Il commençait à prendre goût à jouer la comédie, dirait-on.
A peine avait-il entendu les clefs tourner dans la serrure qu'il sortit de la salle de bains, en caleçon, les cheveux mouillés, et une expression d'urgence sur le visage.
-Lovi, je suis rentré! annonça Antonio.
L'Italien prit son air affolé le plus convaincant:
-Tonio! Je suis super à la bourre, et j'ai complètement oublié d'acheter de quoi te faire à manger ce soir! Tu saurais passer au supermarché t'acheter un truc?
-Je crains que ce ne soit fermé, à cette heure… Mais il y a un traiteur vietnamien à deux rues d'ici que j'ai toujours voulu essayer. sourit Antonio.
-Ah oui? Il ferme à 19 heures, tu vas devoir te grouiller…
Lovino poussa un soupir intérieur de soulagement et embrassa l'Espagnol avant de le renvoyer dehors.
Antonio avait déposé son attaché-case près de la porte d'entrée, et sa veste de costume pendait déjà au portemanteau.
Imprudent?
Lovino enfila sa chemise et son pantalon, puis fouilla les poches de la veste. Rien, à part son téléphone. Celui dont l'Italien avait le numéro. Protégé par un code à quatre chiffres qu'il connaissait. Donc rien à cacher, si ce n'était son propre numéro, celui de Francis et de Gilbert, de ses parents et vraisemblablement d'amis espagnols.
Restait l'attaché-case.
Là, ça devenait louche.
Il était fermé et protégé par un cadenas à code. Du temps de Lovino, les profs n'avaient qu'un vieux cartable de cuir prêt à tomber en ruines, pas une forteresse.
Alors soit il était dépassé par son époque, soit le contenu n'avait rien à voir avec des cours.
Sans le code, il ne le saurait pas. Et ce n'était même pas la peine d'espérer que ce soit la date de naissance d'Antonio. Trop simple.
Lovino acheva de s'habiller tout en prenant la résolution de fouiller l'appartement le lendemain.
Il laissa une petite note à Antonio sur la table de la cuisine puis quitta l'appartement, retrouva sa Maserati avec bonheur, puis fit voile jusqu'à l'appartement de Louise.
oOo
Elle était resplendissante. Le visage reposé, ravie, maquillée plus que de coutume sans que cela ne soit excessif, Louise portait une robe courte d'un rouge orangé sertie de perles, avec des escarpins assortis. Ses cheveux étaient retenus en arrière par une épingle à cheveux travaillée.
Et elle bondit sur Lovino en lui ouvrant la porte.
-Lovi! J'ai cru que tu n'arriverais jamais! Tu es le dernier!
Quelle surprise… Ca n'était pourtant pas du tout dans ses habitudes.
-B… Bon anniversaire. parvint-il à articuler malgré l'étreinte.
-Merci. dit-elle, rayonnante, après l'avoir libéré.
Elle le fit entrer, mais ils restèrent dans le couloir, au calme, et il lui offrit son cadeau à l'abri des regards.
-…Tu… Es irresponsable, Lovino.
-Tu n'aimes pas? s'inquiéta-t-il.
-J'adore! Mais c'est une folie…
-Tu le vaux bien. se justifia-t-il avec un haussement d'épaules.
-On va dire ça. ricana-t-elle. Tu m'excuses deux minutes? Je dois aller mettre ce trésor en lieu sûr. Willem est au bar. Oh, et Elia est venu!
Elle disparut par la porte close menant à sa chambre, tandis que Lovino se dirigea vers le salon. Pour l'occasion, de hautes tables rondes remplaçaient les fauteuils, mais le bar était toujours en place, gardé par Willem qui avait déjà en main un verre d'Amsterdam. Il avait l'air esseulé, mais son visage se fendit d'un sourire lorsqu'il vit Lovino arriver dans sa direction.
-Goede avond. le salua-t-il.
-Salut. répondit Lovino. Comment ça va?
-On fait aller. Et toi?
-Hum… C'est un Amsterdam? demanda Lovino pour changer de sujet en désignant le verre de son ami.
-Oui. Qu'est-ce que je te sers?
-Tant qu'on fait dans le patriotisme, mets-moi un Viva Italia, s'il te plaît.
Le blond s'activa à satisfaire son patron. Au cours de la préparation, il lança.
-Deux dealers d'Alessandria ont été interceptés par la police ce matin.
-Ah oui?
-De source sûre. J'ai… Peut-être donné un coup de main aux flics pour les repérer. Les deux types ont été transférés chez Interpol.
-Hé, on ne parle pas de business à ma soirée d'anniversaire! les interrompit Louise qui arriva derrière eux après avoir échappé à la foule qui s'empressait de lui parler.
-Comment veux-tu qu'on ne parle pas boulot alors que le tiers des invités travaille dans le milieu? s'indigna Willem.
-Personnellement je préfère voir les choses sous un autre angle. répliqua Louise. Deux tiers des personnes invitées ici n'ont rien à voir avec la mafia.
-J'imagine que je fais partie du troisième tiers. fit une voix derrière eux.
Elia apparut, tenant la main à une jeune femme resplendissante quoiqu'apparemment fatiguée. Elle-même portait un tout petit bébé sur son bras libre. Pour une femme ayant accouché récemment, elle avait bonne mine, et était très élégante dans une robe ample dans les tons turquoises.
-Oh… S'il fallait compter sur toi pour m'avertir de ta paternité, c'est raté. grommela Lovino. Félicitations! dit-il à Giorgia. Elle est magnifique. Comment l'avez-vous appelée?
-Flavia. répondit la jeune maman.
La dénommée Flavia avait déjà l'air bien éveillée. Pourtant, d'après Louise, elle n'avait que trois jours. Elle était… Elle était minuscule. Toute fine, toute fragile.
-Je suis contente d'avoir pu passer te souhaiter un bon anniversaire. déclara Giorgia à l'adresse de Louise. Mais je vais devoir rentrer. Mademoiselle est déjà capricieuse…
-…A croire qu'elle a hérité de son oncle Lovino… compléta Elia avec mesquinerie.
-…Et je ne vais pas traîner. Mais Elia va rester un peu plus longtemps. compléta Madame Morosini.
-C'est dommage! fit Louise, véritablement dépitée.
-Ne t'inquiète pas! la rassura son amie. Attends qu'Elia soit assez entraîné pour la garder tout seul, et on recommencera nos sorties de folie.
-Tu sais ce qu'il te reste à faire, Elia!
-C'est un défi, Mademoiselle Vermeulen?
Les rires fusèrent. Au même moment, Henri se fraya un chemin à travers la foule pour venir saluer ses confrères.
-Mes amis, bien le bonsoir! lança-t-il.
-Si j'avais su que je te verrais aujourd'hui, j'aurais pris le dossier… marmonna Lovino. Mais j'avais carrément oublié cette soirée…
-Pas de souci, patron. On se voit demain, comme convenu! Arrête de chercher des excuses, je sais que tu ne peux pas te passer de moi… ricana-t-il. Mais chut, Lou a exigé qu'on ne parle pas de travail.
-J'ai dû enfreindre cette règle seulement une dizaine de fois depuis que je suis arrivé…
-Tu te débrouilles bien! assura Henri. Viens donc un peu par ici… J'ai entendu de jeunes demoiselles parler dans ton dos de ton incroyable charisme, je suis persuadé qu'elles meurent d'envie de faire ta connaissance.
-Je ne suis pas vraiment d'humeur… commença Lovino.
Mais Henri l'entraîna parmi la foule et Lovino fut obligé d'engager la conversation avec deux amies de lycée de Louise qui le dévoraient des yeux. Elles étaient jolies, très élégantes, mais elles ne l'intéressaient pas… Evidemment.
Heureusement, Louise vint bientôt se joindre à la discussion et se pendre au bras de Lovino, un verre de champagne à la main. Ce qui laissa planer le doute sur la nature de leur relation et donc débarrassa l'Italien de toute tentative de flirt un peu trop poussée.
oOo
Il était environ deux heures du matin lorsque Lovino prit congé de sa meilleure amie. Seuls les plus tenaces restaient encore –à savoir le clan mafieux qui avait l'habitude des longues nuits de veille– mais il préféra rentrer chez lui… Il devrait être en pleine forme au matin pour fouiller l'appartement et ne rater aucun élément.
Il gara sa voiture et profita de quelques minutes de marche dans l'air frais et revigorant de la nuit jusqu'à la porte de son immeuble.
Il monta la marche et sortit ses clefs.
Et il sentit un regard lui picoter la nuque.
Ce n'était qu'une vague impression, un mauvais pressentiment, mais… Ca lui paraissait bizarre.
Il regarda sur sa droite, puis sur sa gauche. Rien. La rue était déserte.
Pff… Lovino Vargas… Quand tu auras le temps, dans tes vieux jours, faudra consulter pour cette cazzo de paranoïa.
Il déverrouilla la lourde porte et se glissa à l'intérieur, avant de regagner son antre.
Il ne vit pas, dans l'ombre, protégé par les ténèbres de la nuit, un jeune homme, assis contre le mur sur un balcon de l'immeuble d'en face, qui scrutait la nuit pour apercevoir Lovino passer devant sa fenêtre. Lorsque toutes les lumières de l'appartement furent éteintes, l'observateur bailla, avant de rassembler ses jumelles et son sniper –on n'est jamais trop prudent– dans un sac de sport. Il se releva et ouvrit la porte vitrée derrière lui, s'engouffra dans l'appartement vide et se laissa tomber sur son lit de camp.
C'était parti pour deux heures de sommeil, avant de recommencer à mater.
Pauvre Lovino.
Parfois, la paranoïa cédait le pas à l'instinct qui, lui, avait toutes les raisons d'être…
Voilà voilà... A dans trois mois pour le chapitre 11 x3
Non, je rigole, j'essaierai de bien avancer pendant les vacances...
Traductions
Verdomme : juron néerlandais
Hello, sweetheart : bonjour, chéri (anglais, quelque chose comme ça...)
Scheisse : merde (le légendaire, l'indémodable... Qui nous vient de la langue allemande.)
Goede Avond : bonsoir (néerlandais)
In my Imagination : dans mon imagination (anglais) C'est la version anglaise de la chanson Io é te de Sonohra, et bon, comme Lovi psychote et invente des menaces où il n'y en a pas...
Notes
Je suis définitivement fan de mon Henri :p Il est tellement facile à mettre en scène...! Pour info, Alice c'est Monaco (un couple torride de paradis fiscaux...)
La moitié de ce chapitre est improvisée... Et pleins d'éléments se sont rajoutés en cours d'écriture. J'avais envie de faire avancer le PruAus un petit peu, alors vala.
Dans la scène chez Henri, il y a des allusions à Romeo et Juliette de Shakespeare. Se référer à la scène du balcon, Acte II, Scène ne me refera pas, je suis devenue une fana de William Shakespeare au cours de l'année écoulée...
Tino a été choisi un peu par défaut... J'aurais voulu introduire un personnage inédit, sans lien avec un personnage déjà apparu (parce que oui, bien sûr que le SuFin est présent même si on en parle pas) mais puisqu'Hetalia est un manga avec un nombre limité et très petit de personnages, j'ai pas trouvé x)
Marco Cretici et Cesare Sovrano sont des dealers de la famille Alessandria (Alexandrie d'Egypte) et leurs noms font référence à deux gouverneurs d'Egypte (Marc-Antoine et César lui-même).
La marque Delvaux est une maison belge de maroquinerie, qui sévit depuis 1829... Fournisseur officiel de la famille royale belge, leurs créations et principalement leurs sacs sont symboles de luxe et de prestige... Et hors de prix, évidemment T-T
Cocktails Time
L'Amazing Champagne est un cocktail créé par Iggy Pop et composé de 2cl de sirop de Speculoos, 1cl de lime cordial, 1 cl de triple sec et de champagne. Il se concocte directement dans le verre, sur de la glace.
L'Amsterdam est composé de 3cl de gin dry, 1.5 cl de liqueur d'orange et 1.5 cl de jus d'orange.
Le Viva Italia est composé de 1cl de grenadine, 2cl de pisang, 3cl de vodka et 4cl de jus de pamplemousse.
N'hésitez pas à laisser une review: il fait moche chez moi et un peu de soleil dans mes journées ne me ferait pas de mal!
A bientôt~
