Après avoir eu la joie de recevoir un commentaire par chapitre de shinobu24, je reprends la publication de cette fic, qui trainait parce que sans com, ben je déprimais un brin. Merci shino :) !
Chapitre 10
Tommy se mordilla la lèvre, l'immense battant de bois devant lui à la fois familier et oppressant.
La porte d'entrée du manoir Merlyn. Il ne l'avait plus traversée depuis bientôt un mois, depuis cet horrible jour où son père l'avait chassé, lui brisant une fois de plus le cœur. Et le voilà qui s'apprêtait à la pousser pour aller s'entrainer avec ce dernier.
À quel point leur famille était-elle tordue ?
Il avait manqué se défiler. Si cela n'avait été pour Laurel, il n'était pas certain qu'il serait présent en cet instant : sa petite-amie avait insisté lourdement, lui rappelant qu'il avait promis et que se rétracter sous un prétexte bidon – ou pire, simplement ne pas venir – détruirait le peu de progrès qui avait pu être accompli.
Elle avait raison, comme toujours, mais cela n'empêchait pas Tommy d'avoir peur. Peur de ce qui allait se passer, peur d'une autre dispute, peur d'être humilié, peur de ne pas être à la hauteur.
Tout au fond de lui, Tommy demeurait ce petit garçon qui voulait rendre fier son père.
Le désormais jeune homme poussa un long soupir résigné, avant d'enfoncer la clé dans la serrure. Un minuscule objet de métal, porteur de tant de sentiments contradictoires. L'immense hall d'entrée était vide, mais il pouvait discerner le son de d'ustensiles dans la cuisine plus loin. Ces derniers moururent en même temps qu'il avançait sur le carrelage, ses pas lents alors qu'il tentait de ne pas s'enfuir.
-Monsieur Tommy!
Roberta venait d'apparaitre, ses cheveux noirs rassemblés en un chignon sévère créant un contraste saisissant avec le blanc de son tablier. Tommy sentit un sourire attendri étirer ses lèvres : il avait toujours adoré leur cuisinière.
-Vous êtes de retour! s'exclama la petite femme en venant le serrer dans ses bras.
-Juste pour le début de soirée, Roberta, répondit-il gentiment, ne voulant pas lui donner de faux espoirs.
-Laissez-moi vous regarder ! Vous nous avez manqué ! Un mois !
Roberta ou l'exclamation incarnée. Un puits de chaleur dans une maison glacée. La cuisinière recula d'un pas pour mieux le dévisager d'un œil critique. Tommy se laissa faire, manquant de rouler des yeux devant son expression outrageusement maternelle.
-Vous n'avez pas perdu tant de poids que je le craignais, commenta-t-elle, apparemment satisfaite. Qui que ce soit, on a pris soin de vous.
Tommy sentit son sourire s'agrandir à la pensée de Laurel, avant qu'il ne commente, taquin :
-Tu es bien prompte à assumer que je ne peux pas cuisiner seul !
Roberta lui décocha un regard pointu. Il grimaça, avant de lever les mains :
-J'ai appris, j'ai appris ! Pas aussi bien que toi, mais assez pour survivre !
-Flatteur, rit-elle, avant d'ajouter, son expression sérieuse : Monsieur Merlyn est dans sa salle d'entrainement.
La bonne humeur disparut aussi vite qu'elle était apparue, les épaules de Tommy s'affaissant alors qu'il regardait en direction de la pièce. Roberta posa une main gentille sur son bras.
-Tout ira bien, Tommy.
Celui-ci ne répondit pas, son sac de sport se balançant sur son épaule en même temps qu'il remontait les couloirs. Il ne lui fallut pas longtemps pour discerner le son d'un punching-ball se faisant martyriser, la respiration profonde de son père se mêlant au bruit des coups. Il ralentit, l'appréhension se mêlant à l'intérêt et tordant ses entrailles. Enfin, la porte apparut, le battant légèrement entrouvert laissant s'échapper le son d'un entrainement intensif.
Davantage curieux qu'il ne voulait bien le reconnaître, le jeune homme glissa un œil le long de la fente : ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il découvrait la scène se déroulant devant lui. Son père avait abandonné le punching-ball pour le remplacer par un long bâton de bois, l'arme tournant avec une souplesse et rapidité terrifiantes entre ses mains et autour de son dos nu. Tommy pouvait à peine le distinguer tellement les mouvements étaient rapides, l'instrument et Malcom ne formant plus qu'un pour créer une danse hypnotique. Celui-ci avait fermé les yeux, agissant davantage par réflexe que réelle pensée alors qu'il se déplaçait sur le tatami, les gestes clairement connus par cœur.
Son fils déglutit, impressionné et quelque peu mortifié devant la force et puissance qui émanait de son père. Jamais il n'avait vu une chose pareille : le spectacle qui se déroulait devant lui était presque irréel, la courbe des muscles épais se tordant pour mieux ressortir à chaque mouvement.
Malcom était l'incarnation de la beauté brute.
Tommy sentit soudainement un pic de jalousie le frapper. De nouveau, ses yeux se posèrent sur le dos et les bras du plus âgé, ne pouvant que relever à quel point la musculature de son père était parfaitement équilibrée.
Il lui fallut quelques instants pour remarquer les lignes blanches sur ses épaules.
Malcom se retourna au son d'un sac qui s'écrase sur le sol : il avait noté une présence depuis plusieurs minutes, mais n'en avait pas fait cas, concentré sur son travail. Si la personne voulait parler, elle le ferait.
Tommy le fixait, blême.
-Jésus, papa !
En trois foulées, le jeune homme avait remonté la distance les séparant : ses mains se posèrent sur ses bras, les saisissant avec force alors qu'il le fixait, paniqué.
-Qu'est-ce que.. Comment ..
La peur et le chagrin faisaient trembler sa voix : Malcom n'eut pas besoin de demander ce qui le secouait autant; il se morigéna pour ne pas avoir pensé à ses cicatrices. Bien sûr que Tommy allait criser en les découvrant.
-Tout va bien, Tommy, murmura-t-il en posant ses mains sur les siennes.
Le jeune homme secoua brutalement la tête.
-Non, tout ne va pas bien ! Tes cicatrices ! Comment ..
Il semblait à deux doigts des larmes. Son père saisit ses mains, les serrant le plus gentiment possible, le geste bien étrange après tant d'années de ressentiment entre eux.
-Assied-toi, ordonna-t-il calmement, sa voix ne laissant place à aucune discussion.
Tommy obéit sans un mot, ses tremblements augmentant de seconde en seconde. Malcom récupéra son sac avant de venir s'asseoir en face de lui, son expression beaucoup trop calme pour le bien mental de son fils.
-Tu es venu, nota-t-il avec un minuscule sourire, sa satisfaction se mêlant à un soulagement évident.
Tommy haussa les épaules.
-J'avais promis.
-Tu aurais pu changer d'avis.
Tommy fronça les sourcils, son esprit s'éloignant un instant de l'horreur de sa découverte pour mieux écouter les mots de son père.
-Tu ne pensais pas que je viendrais, comprit-il.
Malcom haussa les épaules, la sueur luisante sur sa peau.
-J'espérais, reconnut-il, la ligne de sa bouche se faisant fine.
Le jeune homme se mordilla la lèvre, le dévisageant, à la recherche de la moindre ombre, la moindre trace indiquant un mensonge de sa part. Malcom semblait sincère, mais là encore, il avait été frappé dans le dos trop de fois pour réussir à y croire complètement.
Tu es insupportable, parfois, tu sais ? Tu n'as aucune raison de douter de lui cette fois ! Christ, Merlyn, si tu ne commences pas à lui faire confiance maintenant, tu n'y arriveras jamais !
Le visage de Laurel venait de se matérialiser devant lui, sa petite-amie le fixant avec irritation. Il déglutit, avant que son regard ne se pose de nouveau sur le dos de son père.
-Papa.. Ton dos..
Malcom secoua la tête.
-Ce n'est rien, Tommy.
-Rien ?! Tu as vu son état ? Son fils avait hurlé, clairement hors de lui. Ce n'est pas.. rien ! C'est horrible ! Comment .. Qui..
Cette fois, les larmes avaient commencé à tomber. Le PDG demeura silencieux un certain temps, se demandant ce qu'il pouvait révéler au jeune homme, ce qu'il était prêt à entendre.
Damnit, ce n'était pas ainsi que ce moment devait se dérouler.
-Je t'ai.. parlé de Nanda Parbat. Le regard de Tommy se fit plus intense. Je t'ai.. dit qu'ils avaient des méthodes de guérison différentes. En dehors des chantiers battus. Son fils hocha la tête. C'est en partie leur méthode, expliqua-t-il, avant de contenir un juron devant le regard horrifié du jeune homme.
-Te battre ? Maltraiter les gens ?
Si tu savais, pensa sombrement l'Archer noir. Mais il ne pouvait pas lui dire, bien sûr : jamais il ne pourrait raconter à son fils en quoi consistait réellement l'entrainement de Nanda Parbat.
-L'entrainement physique, répondit-il donc à la place. Toi et Laurel pensiez que l'on nous apprend à contenir notre rage, la faire taire, mais ce n'est pas ainsi que cela fonctionne.
-Je ne comprends pas, souffla Tommy, clairement perdu.
-La plupart des personnes qui viennent dans cet endroit .. sont brisées. Les méthodes traditionnelles de guérison ne fonctionnent pas sur eux : ils ont besoin d'exprimer leur chagrin autrement.
-Quoi, en frappant un punching-ball ?
L'ombre d'un sourire apparut sur les lèvres de Malcom.
-Si tu veux. C'est l'idée, oui, mais poussé bien plus fort, évidemment.
-C'est là que.. que tu as appris à faire ça ? Le bâton, traduisit Tommy.
-Entre autre, oui, répliqua son père, amusé devant la timidité soudaine de son fils. Avec beaucoup de méditation, également.
Celui-ci se mordilla les lèvres.
-Je dois dire.. ils ont réussi leur coup. Tu n'étais pas aussi musclé avant, lâcha-t-il, avant de virer cramoisi lorsque son père esquissa un sourire hautain. Non, vraiment, je me fais honte ! Tu réalises à quel point c'est insultant de te voir comme ça ? Fort et viril et musclé et je me sens maigre comme un pou, grommela-t-il.
-Je crois me souvenir que tu as rejeté toutes mes propositions d'entrainement pendant des années, commenta l'intéressé, son expression se faisant moqueuse alors qu'à l'intérieur, une onde de fierté toute paternelle le secouait.
Tommy l'admirait. Son fils ne l'avait plus regardé ainsi depuis ses huit ans.
L'intéressé se renfrogna un instant, avant de secouer la tête, incapable de contenir son sourire.
-Peut-être bien que je vais les accepter. Entre toi et Oliver, je fais tâche. Par contre, tu peux toujours courir pour me faire méditer !
Malcom eut un léger rire ; celui-ci augmenta devant l'expression faussement outrée du plus jeune. Celle-ci se transforma vite, néanmoins, la douleur réapparaissant alors qu'il murmurait :
-C'est.. c'est là-bas que.. ton dos..
Malcom soupira, et se décida pour une demie-vérité.
-En partie. Je te l'ai dit, je voulais m'endurcir.
Tommy secoua précipitamment la tête.
-C'est horrible ! Papa, ton dos.. Tu pouvais le faire sans finir avec des cicatrices! s'exclama-t-il, incapable de contenir ses larmes plus longtemps. Quel genre d'entrainement est-ce ? Un qui te marque de partout et te transforme en robot ! Ce n'est pas.. Sa voix se brisa. Ce n'est pas ce que maman aurait voulu.
Le silence brusque qui tomba aurait pu être coupé au couteau. La simple mention de Rebecca suffisait toujours à réveiller la tension latente qui existait entre eux. Père et fils se fixaient, deux océans de bleu se dévisageant et se défiant mutuellement de parler.
Le cœur de Malcom s'était brutalement refroidi, le visage souriant de son épouse se superposant à celui de son cadavre. Au prix d'un immense effort, il parvint à garder sa voix basse quand il répondit :
-Elle n'est plus là, Tommy.
-Parle-m'en donc ! C'est pour cela que tu te tortures ? Ce n'est pas ce qu'elle aurait voulu !
-Tu ne peux pas le savoir, grogna son père entre ses dents serrées, l'ombre de son masque menaçant de retomber.
-Bien sûr que si ! Tommy secoua la tête, son cœur au bord des lèvres. Elle était toujours douce, et généreuse, elle détestait la violence ! Elle détesterait voir ce que tu t'es fait, hoqueta-t-il. Ton dos...
Clairement, son fils allait faire des cauchemars à ce sujet pendant longtemps. Malcom sentit sa culpabilité augmenter : il n'avait pas voulu que Tommy voit ses marques. Elles faisaient partie du passé, de son temps à Nanda Parbat, alors qu'il servait Ra's. Elles n'étaient pas sensées être aperçues.
Il avait traumatisé son fils.
-Tu as raison, souffla-t-il en posant sa main sur son épaule. Elle les détesterait. C'est pour cela .. Je ne voulais pas que tu les vois, fils, reconnut-il tristement. Elles font partie de mon passé, des moments les plus noirs de ma vie. Je les accepte, car elles font partie de moi, mais tu n'as pas à les subir. Je suis désolé.
Un sanglot secoua Tommy, qui baissa la tête. Il ne savait pas ce qu'il devait penser. À quel point son père avait-il perdu l'esprit autrefois pour se laisser infliger cela? Encore une fois, il réalisa à quel point il ne le connaissait réellement pas.
-Tu les caches.. parce que tu as honte.. comme tu as honte de moi..
Il n'avait pas voulu dire cela. Les mots étaient sortis seuls. Malcom se figea, sa main sur son épaule se raidissant. Le regard de Tommy était tempétueux lorsqu'il releva la tête.
-C'est ce que tu fais quand tu n'aimes pas quelque chose.. Tu le rejettes et tu l'enterres.. Tu le renies.. et après tu t'excuses.
-Tommy.
-Tu m'as chassé! hurla son fils en le repoussant. Tu m'as chassé et maintenant tu m'invites à faire du sport avec toi !
Quelque chose semblait s'être brisé en lui à la découverte des cicatrices : un barrage était tombé, laissant se déverser tout le chagrin et la rancœur qu'il ressentait toujours à son égard.
-Pourquoi? Pourquoi tu fais cela ? Me donner de faux espoirs ? Me faire croire qu'il y a une chance ? Pourquoi tu me tortures ainsi? cria-t-il en se relevant précipitamment, Malcom suivant immédiatement le mouvement.
-Je suis désolé, murmura ce dernier en essayant de le toucher, mais Tommy recula davantage.
-Tu dis cela ! Tu dis cela mais tu me mens ! Tu me manipules ! Tu me chasses et tu m'abandonnes ! Je te hais ! Tu n'étais pas là ! J'avais besoin de toi ! Tu m'as laissé seul pour aller te faire martyriser ! Je savais que tu étais malade mais pas à ce point ! Ne me touche pas! hurla-t-il lorsque Malcom attrapa avec précaution son poignet, seulement pour être rejeté.
-Tommy, calme-toi.
-Ne me dis pas ce que j'ai à faire ! Tu l'as fait toute ma vie ! Tommy fais ci, Tommy fais ça, travaille à l'école, ai de bonnes notes, tais-toi, sois parfait, sois un bon petit héritier que je puisse exhiber au conseil d'administration, tu me fais honte, Tommy, je suis déçu, pourquoi fais-tu cela Tommy, tout ce que je fais pour toi, ah, tout ce que tu fais !
Malcom sentit une pointe de peur apparaître dans son ventre : son fils était prêt de l'hystérie, ses yeux exorbités alors qu'il le fixait.
-Tu me parles de drogue, tu as beau jeu! Tu n'as jamais compris que tout ce que je faisais, toutes mes conneries, c'était pour avoir ton attention ! C'était le seul moyen que tu me regardes! Que j'existe! Rien ne compte en dehors de ton boulot ! Ton magnifique empire, ah! Tellement parfait et riche et propre qu'il n'y a pas de place pour un petit dispensaire ! Elle te fait honte ! Tu veux l'effacer !
Le corps de Malcom était froid alors que chaque mot venait percer sa peau avec plus d'efficacité que n'importe quelle lame de torture.
Rebecca, pardonne-moi. C'était donc ce que son fils pensait depuis des années.
Pourquoi n'avait-il pas réussi à l'écouter ?
Pour une énième fois, Malcom regretta de ne pas avoir été à la place de son épouse il y a vingt ans : il n'avait aucun doute que si c'était elle qui avait survécu, jamais elle n'aurait brisé leur enfant ainsi.
Tommy était dans un état de rage et chagrin qui frôlait la folie : ses risques de se blesser augmentaient de seconde en seconde, et avec elle l'inquiétude folle de Malcom. Il fallait qu'il agisse, qu'il fasse quelque chose pour calmer son garçon, mais les mots lui manquaient. En désespoir de cause, il se rabattit donc sur une autre solution, se morigénant d'avance car devinant combien Tommy ne l'apprécierait pas.
Vif comme l'éclair, Malcom saisit le poignet du jeune homme, le retournant pour le bloquer derrière son dos. Tommy hurla et se débattit, se braquant comme un fou furieux, mais son autre poignet se retrouva coincé à son tour, la prise implacable ne lui laissant aucune possibilité de se libérer – et surtout se blesser.
-Lâche-moi ! Bâtard ! Lâche-moi !
À la rage s'ajoutait à présent la panique, une panique tout aussi aveugle et dangereuse. Tommy se débattait en vain, ses mouvements de plus en plus saccadés alors qu'il tentait de l'atteindre avec ses pieds, mais Malcom était bien trop agile pour cela.
-Je suis désolé, murmura-t-il très doucement.
-Lâche-moi ! Laisse-moi ! Laisse-moi !
-Tu vas te blesser.
-Qu'est-ce que cela peut te faire ? siffla Tommy en tentant de tourner ses poignets pour se libérer, et au diable la douleur.
Avant qu'il n'ait pu réagir, son père attrapa ses poignets dans une seule main, utilisant l'autre pour saisir son épaule et le pousser en avant.
-Cela me fait mal, répliqua simplement ce dernier.
-Hypocrite !
La litanie d'insultes et attaques continua ainsi plusieurs minutes, Tommy continuant de se débattre avec violence en vain. Son fils était persévérant, il devait lui reconnaître cela : mais ce constat disparaissait derrière le chagrin qui tordait le corps de Malcom devant la fureur qui secouait le jeune homme.
Lentement, cependant, l'épuisement se fit le plus fort, chaque parcelle du corps de Tommy brisée par son combat vain. Ses mouvements se firent moins violents, le désespoir remplacé par la fatigue. Cela sembla être le signal pour son cerveau, puisque quasiment au même moment, les mots commencèrent à se bloquer dans sa gorge, remplacés par des sanglots silencieux.
Il ne réagit pas lorsque Malcom le relâcha, l'emmenant lentement vers le sol sur lequel il le posa avec précaution. Tommy s'y laissa tomber, se roulant en boule sur lui-même dans une vaine tentative de dissimuler ses pleurs. Son père s'assit à ses cotés, posant une main sur son épaule : un geste bien vain, mais le seul mouvement de réconfort qu'il savait faire en cet instant.
Il n'osait même pas envisager la réaction de Tommy s'il le prenait dans ses bras. Armageddon ne le résumerait pas.
Malcom Merlyn, PDG de Merlyn Industry, Archer noir et membre craint de la Ligue des assassins, opta donc pour la seule option qui lui restait.
S'asseoir et attendre.
Je ne peux même pas commencer à décrire combien écrire ce chapitre a été dur. Je ne pensais pas que cela partirait ainsi à l'époque, mais je dois dire que.. ouais, y a un niveau, là. Je crois que certains points personnels sont ressortis, ce qui m'a un peu aidé pour décrire la crise de Tommy. Pour ceux qui se demandent, oui, une crise d'hystérie ressemble exactement à cela, et non, vaut mieux pas vous toucher à ce stade.
Mais c'était aussi nécessaire,parce que même si Tommy a beaucoup insulté son père jusqu'à maintenant, c'était toujours en partie contrôlé. Ici, il se retrouve dans la situation qu'a vécu son père 20 ans avant.
