Chronologie: 24 décembre - 26 décembre 1981.


Neuvième chapitre : Confessions

« Seul l'amour peut garder quelqu'un vivant »

- Oscar Wilde.


— Joyeux Noël ! lança James en entrant dans le petit salon du Terrier, suivit de près par Lily qui tenait Harry.

Une explosion de joie se fit entendre et quelques secondes plus tard, une ribambelle de petits garçons roux se jetaient en riant sur le jeune homme. James sourit, heureux de constater que les garçons ne l'avaient pas oublier après ces mois sans le voir. Il serra la main des aînés, comme les grands et prit dans ses bras, les jumeaux, qui lui jetaient toujours ce même regard fasciné.

— Bonsoir, dit-il à Molly et Arthur qui se tenaient près de la cheminée et qui regardaient la scène avec tendresse.

James finit par poser les jumeaux et s'approcha du petit Ron, qui grognait avec force dans son parc. Il le prit contre lui et constata qu'il avait encore grandi. Il était même beaucoup plus haut que son fils alors qu'il n'avait que quelques mois d'écart.

— Les autres ne sont pas là ? demanda Lily en posant Harry sur le sol qui s'empressa de rejoindre les enfants Weasley.

James sentit Ron gigotait et il le posa à terre. Sans surprise, le petit garçon rejoignit son petit camarade de jeux.

— Ils ne devraient plus tarder, dit Arthur alors que Molly retournait auprès de ses fourneaux. Alors ce déménagement ? On a pas eu trop l'occasion d'en parler la dernière fois...

— Tout est enfin terminé ! déclara avec joie James.

— Je ne m'étais pas rendue compte qu'on avait entasser autant de choses ces quatre dernières années ! rit Lily.

Ils s'assirent et quelques minutes plus tard, Remus faisait son entrée.

— Pour une fois que je ne suis pas le dernier ! s'amusa-t-il après avoir saluer tout le monde.

— Mais tu n'es pas non plus le premier, lui rétorqua Molly en s'installant près de son mari.

— C'est vrai... concéda-t-il en riant. Mais ça il faudra que tu le dises à Sirius !

Les autres rirent de bon cœur. Tous savaient à quel point la ponctualité n'était pas une qualité du jeune homme.

— Où en es-tu avec ton travail Arthur ? Ça te plait toujours autant ? demanda Lily.

Il y a quatre ans, après avoir rencontrer la jeune femme par l'intermédiaire de Molly, Arthur était entré au service de Régulation des Objets Moldus. Sa passion pour le monde non magique s'était accentuée au contact de Lily, qui aimait bien raconter les détails de son monde au jeune homme.

— Bien sûr ! s'exclama-t-il avec euphorie. C'est vraiment merveilleux ! Je ne pouvais pas rêver mieux !

James sourit. Cela l'amusait toujours autant d'entendre Arthur s'extasier sur le monde moldu. Alors que le jeune homme et Lily se lançaient dans une conversation au sujet des voitures, Sirius et Heïlen firent leur apparition. Comme promis, Molly apostropha Sirius pour son retard et sous le regard amusé de ses meilleurs amis, il se confondit en diverses excuses.

— Ne pouvez-vous pas le laisser tranquille un peu ? les gronda gentiment Heïlen en voyant leur manège.

Sirius suivit Molly dans la cuisine, s'excusant toujours.

— Non ! répondirent James et Remus en cœur.

La jeune femme leva les yeux au ciel mais n'ajouta rien de plus. Elle avait l'habitude à présent.

Molly et Sirius revinrent de la cuisine, portant divers plateaux recouverts de victuailles et la soirée fut joyeuse. Les enfants comblaient le silence de la demeure par leurs cris, leurs rires et leurs babillages, alors que dans le salon, les adultes discutaient entre eux. Les sujets concernant la guerre furent mis de côté et l'ambiance fut agréable.

Comme chaque fois, le repas de Molly fut excellent et il ne resta à la fin, pratiquement plus rien, notamment après le passage des enfants. Minuit sonna et les petits coururent près du sapin, suivis par les adultes, tout aussi excité.

Harry fut gâté, surtout par ses parents qui n'avaient, cette année encore, pas regarder à la dépense. Sirius se montra aussi très généreux, autant avec son filleul qu'avec les petits Weasley. Avec leurs petits moyens, Arthur, Molly et Remus avaient offert des petits présents aux enfants qui leur plurent également.

Ce ne fut que lorsque Ginny se mit à pleurer, que Lily décida qu'il était temps pour eux de rentrer. Harry somnolait déjà dans les bras de son père et les cris des enfants empêchaient la petite dernière des Weasley de trouver le sommeil dont elle avait tant besoin. Après les embrassades habituelles, les Potter quittèrent le Terrier, suivis de près par leurs amis.

En se couchant, Lily réalisa que les moments de bonheur, malgré la guerre, pouvaient exister. Elle en avait eu la preuve en ce soir de Noël.


[...]


Le lendemain, de nouveaux flocons de neige firent leur apparition, plus tenaces que les précédents, au plus grand bonheur de Harry, qui passa sa journée dans la fine poudre blanche, sous le regard attendri de ses parents.

Depuis longtemps, Lily ne s'était pas sentie aussi heureuse. Elle avait son mari, qu'elle aimait comme au premier jour, son petit garçon qui profitait d'un vrai premier Noël et des amis sur qui elle pouvait compter à n'importe quel moment. Le seul point noir à ce beau tableau était la guerre qui se profilait au-delà des limites du terrain. Mais elle avait promit à James de ne pas y penser, surtout aujourd'hui et elle allait se tenir à sa promesse.

Se levant la première, elle s'attela à la tâche de préparer la table pour le petit déjeuner. Comme à l'accoutumée, Sirius, Heïlen et Remus se joindraient à eux pour la journée. La jeune femme réalisa alors que se serait le premier lendemain de réveillon qu'ils passeraient sans Peter. Cette constatation l'attrista un peu, car elle avait le souvenir d'un jeune garçon chétif, timide mais pourtant si généreux qui contrastait avec l'image du Peter homme, souriant de satisfaction lorsqu'il avait réussi à faire venir les Mangemort au manoir des Potter.

Penser à lui fit remonter de mauvais souvenirs à la surface mais Lily ferma les yeux avec force. Elle tiendrait la promesse qu'elle avait faite à son mari, coûte que coûte.

Alors qu'elle terminait de faire cuire des crêpes, Remus fit son apparition par la baie vitrée du salon, aussi matinale que dans son souvenir. Sa présence rassura la jeune femme, qui depuis cette fatidique nuit, ne supportait plus tellement de se retrouver toute seule. Pourtant, elle remarqua à quel point son ami avait les traits tirés. La pleine lune approchait à grands pas mais lui aussi avait du faire le rapprochement avec Peter, ce qui désola Lily. Les garçons vivaient encore plus mal la situation qu'elle.

— Je vois que nous sommes encore les premiers debout ! s'amusa-t-il en s'installant près d'elle.

— Les habitudes ne changent pas, sourit-elle en lui servant une tasse de café. Mais Harry ne va pas tarder à se réveiller, ajouta-t-elle après un coup d'œil à l'horloge.

— Il tient ça de toi.

— La journée appartient à ceux qui se lèvent tôt, répondit-elle avec philosophie.

— Surtout aux petits garçons qui font beaucoup de bêtises... ajouta Remus d'un air malicieux.

Lily prit un air faussement horrifié.

— Ne m'en parle pas ! s'écria-t-elle doucement. Je ne compte plus le nombre de fois où je dois soigner ses blessures !

— Il s'amuse, il profite de la vie, sourit-il.

— Un peu trop si tu veux mon avis, grimaça Lily mais son sourire contredisait ses paroles.

Remus lui sourit et la discussion dériva inévitablement sur la guerre. N'ayant pas pu le faire plutôt, le jeune homme lui fit un rapide compte rendu des réunions auxquelles il avait participé seul depuis l'attaque du manoir. Il vit le visage de Lily s'assombrir lorsqu'il lui rappela l'atroce état de santé des Londubat. Sans être vraiment amis, les Maraudeurs et le couple d'Auror s'étaient côtoyer pendant leurs années à Poudlard et Lily avait même été le témoin d'Alice à son mariage. Il savait que pour la jeune femme c'était un coup dur, d'autant plus que les Londubat avaient été attaqué le même jour qu'eux, cet horrible 31 octobre.

Remus ne comprenait pas la raison de cette double attaque, mais au fond de lui, il sentait qu'il y avait un lien entre elles. Pourquoi s'attaquer aux Potter, qui avaient par trois fois défiés le Seigneur des Ténèbres ainsi que les Londubat, meilleurs Auror de leur génération ? Cela n'avait pas de sens à ses yeux.

Des bruits de pas le sortirent de sa torpeur et en souriant, il vit le petit Harry approchait d'eux, suivit de près par son papa, qui semblait encore à moitié endormi.

— Déjà debout ? s'étonna-t-il, un rictus aux lèvres.

Habituellement, James était le dernier levé, tout comme Sirius.

— Harry m'a réveillé, répondit-il en s'affalant sur une chaise.

Pendant ce temps, Lily avait prit son petit garçon contre elle et lui caressait tendrement sa tignasse brune, ce qui avait pour don de rendormir le petit bonhomme.

— Non non chéri... souffla-t-elle doucement. Ce n'est plus l'heure de dormir mon amour.

Harry grogna en levant la tête mais il ne protesta pas lorsque sa mère le déposa sur sa chaise haute. Au même instant, Sirius et Heïlen firent leur apparition, prenant le même chemin que Remus quelques minutes plutôt et ils saluèrent joyeusement leurs amis. Lily prépara alors le petit déjeuner, secondée par son amie, pendant que les garçons entamaient une longue discussion sur divers sujets typiquement masculins.

— Il faut absolument que nous allions au match qui va opposer les Canons de Chudley aux Harpies de Holyhead, disait Sirius avec véhémence. D'après les magasines, c'est à ce moment-là qu'ils vont choisir les membres de l'équipe d'Angleterre pour la Coupe du Monde.

— C'est tôt ! fit James en fronçant les sourcils. La Coupe n'a lieu que dans deux ans ! Et encore, la date n'a pas été fixée !

— Il faut bien qu'ils s'entraînent ! répliqua Sirius. D'ailleurs, ça aura lieu où ?

— En Espagne, répondit Remus, qui ne montrait cependant pas le même enthousiasme que ses meilleurs amis face à ce sport. Dans le sud je crois, car l'hiver les températures y sont plus chaudes.

— Je croyais que nos amis espagnols n'aimaient pas tellement le Quidditch ? s'étonna James.

— J'ai lu dans un livre que c'est le seul pays qui n'a pas encore reçu la Coupe du Monde, récita Remus ce qui amusa Sirius. L'Inde a été le précédent mais ça ne s'est pas bien passé. Ils misent tout sur celle-ci.

— Mon père dit que si l'Espagne a été choisi, c'est aussi pour son paysage magnifique, ajouta Heïlen.

— On verra bien ! dit Sirius. En tout cas, moi je mise pour les Canons !

— Tu rigoles ! s'exclama James. Depuis le départ de leur attrapeur, ils n'ont pas gagné un seul vrai match ! Alors que les Harpies ne cessent de remonter et font maintenant parties du top 10 des meilleures équipes mondiales !

— James a raison, ajouta Remus. Les Canons ont peu de chances de remporter cette fois.

— Pourtant, répliqua fièrement Sirius, lors de leur précédente rencontre, ils ont battus les Harpies à plate couture !

— Ça ne veut rien dire ! contra James en secouant la tête. Le Club de Flaquemare avait battu les Vagabonds de Wigtown en 1918 et un an plus tard, c'était l'inverse !

— Les statistiques vont dans le même sens que moi pourtant, fit Sirius, qui restait campé sur ses positions.

— Peut être... admit Remus, lèvres pincées. Mais il faut reconnaître que les Harpies ont grandement améliorées leur tactique de défense et d'attaque. Leur jeu devient excellent à chaque match.

— Les Canons gagneront !

Cette réplique fit sourire Lily. Sirius était le plus têtu des trois et voulait, pratiquement tout le temps, avoir raison. Et il n'appréciait pas de perdre et encore moins de s'avouer perdant. Question de fierté, disait-il.

— Vous verrez bien le moment venu, dit-elle en posant l'assiette de crêpes sur la table. En attendant, ce n'est pas le plus important !

Les garçons se sourirent, remettant leur conversation à plus tard. Tous savaient que Lily n'était pas friande de ce sport, encore moins lorsque c'était James qui jouait. Le petit déjeuner fut délicieux et exceptionnellement, Harry se vit servir une immense tartine de confiture. La moitié se retrouva dans son petit estomac et l'autre par terre ou sur sa chaise haute. L'ambiance fut enjouée et Lily oublia les soucis qui ne concernaient pas cette magnifique journée. Elle souriait, sans se forcer, et percevait même, un infime espoir qui se profilait à l'horizon.

La neige qui tombait au dehors et qui recouvrait le jardin était signe que la vie continuait malgré tout et qu'ils avaient une chance de vaincre. Ils gagneraient sur le Seigneur des Ténèbres. Mais au fond, et du plus profond de son cœur, elle espérait que son fils, son tout petit bébé n'était pas l'enfant de la prophétie. Elle se sentait égoïste de penser ça, mais elle aspirait que ce soit Neville. Que se soit lui qui sauve le monde.

Elle s'en voulait de penser une telle chose, mais elle savait, du moins elle imaginait, que Alice aurait prier la même chose, si elle avait eu la force de le faire. Elle était mère, et son devoir était de protéger son fils, au péril de sa vie s'il le fallait. Alors si Harry était véritablement celui qui tuerait le Seigneur des Ténèbres, elle faillirait à sa tâche. C'était son devoir de veiller sur lui. Et de veiller aussi sur son mari. Elle mourait si elle perdait James et la souffrance serait bien pire si elle perdait son bébé.

— Lily ? l'appela Heïlen, en face d'elle. Tout va bien ?

La jeune femme sursauta, et fit un léger sourire à son amie. Elle remarqua en même temps que les garçons n'étaient plus là. Harry non plus. Il ne restait plus qu'elle et son amie dans la cuisine.

— J'étais perdue dans mes pensées, s'excusa-t-elle. Tu disais ?

Heïlen lui jeta un drôle de regard mais ne fit aucun commentaire.

— Les garçons nous attendent pour qu'on aille dehors. James s'occupe de Harry.

— Le temps de ranger un peu ici et je vous rejoins !

Heïlen sembla peser le pour ou le contre de la laissée seule ici, mais elle prit finalement la direction de l'entrée, d'où provenaient les voix de Sirius et Remus. Lily soupira en se levant. Elle n'aimait pas ça ! Se laisser surprendre par ses pensées alors qu'elle se trouvait avec ses amis. Elle savait qu'ils s'inquiétaient pour elle et elle ne voulait pas faire croître leur angoisse. Elle allait bien, du moins, c'était ce qu'elle voulait se faire croire.

D'un coup de baguette, elle fit disparaître les restes de petit déjeuner et rejoignit les autres, en même temps que James descendait les escaliers. Elle lui sourit avec amour et enfila sa cape à Harry. Elle ajouta un bonnet sur sa petite tête ainsi qu'une écharpe autour de son cou, pour ne pas qu'il prenne froid et remercia son mari lorsqu'il l'aida à enfiler sa propre cape.

Une fois tout le monde chaudement vêtu, ils quittèrent la maison et rejoignirent l'immense parc qui servait aussi de jardin aux trois maisons. De l'endroit où ils se tenaient, il était difficile d'apercevoir la maison de Remus et encore plus la clôture qui délimitée le terrain.

Les rires de son fils lui firent chaud au cœur lorsque le petit garçon entama une bataille de boules de neige avec son père et ses oncles. Harry riait aux éclats en laissant de petites poignées de neige sur son parrain, qui faisait semblant de s'écrouler face à l'immense force du petit garçon. James portait main forte à son fils et Remus en faisait de même, bien plus discrètement.

Le soleil brillait haut dans le ciel et l'endroit où ils se trouvaient, était noyé par ses rayons qui caressaient doucement la peau nue du visage de Lily. Elle appréciait ce contact, qui réchauffait un peu son épiderme. L'air était étonnamment doux pour la saison. Mais cet instant de joie n'était pas suffisant pour qu'elle oublie tout le reste. La guerre, la mort, Peter. Où était-il ? Avec qui ? Avait-il dévoilé d'autres informations au Seigneur des Ténèbres sur Harry ? Elle espérait que non. Malgré la promesse faite à James, elle n'arrivait pas, n'avait pas assez de force pour mettre de côté les combats qui faisaient rage, au-delà des limites de protection de la propriété.

Une caresse sur son bras la ramena à la réalité et elle sourit doucement à James qui se tenait face à elle, les sourcils fronçaient. Elle se doutait qu'il avait remarquer qu'elle se comportait bizarrement depuis quelques temps. Elle participait moins aux conversations, semblait moins joyeuse et sursauter au moindre bruit. Mais elle n'avait pas la force de lui dire ce qu'elle ressentait.

Ils n'avaient pas parler de ce qu'il s'était passé, cette fatidique journée. Ils n'avaient pas parler de Peter, ni du danger qu'encourait leur fils et encore moins de leur avenir. Bien sûr, elle se doutait que cette conversation ne tarderait à venir mais elle avait tout fait pour la remettre à plus tard. Mais le plus tard semblait être proche.

— Tu vas bien mon cœur ? souffla-t-il pour qu'elle seule entende.

Elle soupira. Cette question revenait sans cesse lorsque tout allait mal. Non ça n'allait pas !

— Tu veux qu'on en parle ? continua-t-il en caressant sa joue.

Elle ne prononça pas le moindre mot, se contentant simplement de hocher la tête. Il lui prit la main et se retourna à moitié vers les autres qui jouaient gaiement avec Harry.

— On revient ! leur cria-t-il.

Au regard que leur lança Sirius, Lily comprit que le jeune homme se doutait du contenu de la discussion qu'ils allaient avoir. Il hocha gravement la tête et les regarda s'éloigner de quelques mètres.

James les guida vers un rocher assez haut, mais sur lequel il était possible de s'asseoir. Elle s'installa près de lui et posa la tête sur son épaule alors qu'il entourait sa taille d'un bras.

— Parle-moi mon cœur... chuchota-t-il. Dis-moi ce qui ne va pas...

Il fallut une longue minute à Lily pour trouver les mots justes. Puis elle se lança.

— J'ai peur... commença-t-elle d'une voix tremblante. Constamment. Chaque jour, chaque heure, chaque nuit. J'ai peur pour notre fils. Pour toi. J'ai peur qu'on ne soit pas assez fort comme le croit Dumbledore et qu'on ne meure. Que Tu-Sais-Qui prenne le pouvoir et qu'il fasse du mal à Harry. Avant qu'on ne découvre pour... pour Peter, ma peur était différente. J'avais peur mais en même temps j'avais confiance. On avait un espoir de mettre notre fils en sécurité, je nous voyais même dans dix ans, entouraient de nos enfants, sous une véranda, encore amoureux comme au premier jour. Mais depuis cet instant, tout a volé en éclats. Je n'ai plus cet espoir. Je ne vois que la mort, la défaite. J'ai peur que Harry ne soit l'enfant de la prophétie ! J'ai l'impression de ne pas réussir à le protéger alors que c'est mon rôle de mère ! Si tu savais à quel point j'ai peur de te perdre James ! De perdre Harry ! J'y pense tout le temps ! Ça me ronge de l'intérieur ! Je perds goût à tout... Oh James je t'en supplie fais quelque chose...

La fin de sa phrase s'acheva par un sanglot. Des larmes coulaient le long de ses joues depuis qu'elle avait commencer à parler. Ça y était, elle avait enfin dit ce qu'elle avait sur le cœur. Elle s'était confiée à son mari après des semaines de silence, à broyer du noir. À faire croire que tout allait bien alors que c'était faux. Rien n'allait bien. En elle, autour d'elle, près d'elle.

— Mon amour je t'interdis de croire que tu vas me perdre ! Et tu ne perdra pas non plus Harry ! On est fort tous les trois, on s'en sortira. On s'en sort toujours non ?

— Mais cette fois c'est différent... renifla-t-elle. Il s'agit de notre fils ! Notre bébé, James !

— Je sais mon cœur.. souffla-t-il doucement contre sa joue. Mais on y arrivera. On vaincra. On protégera notre fils de la menace qui plane sur lui, je te le promets !

— Je me sens tellement égoïste d'espérer que ce soit Neville l'enfant de la prophétie !

— Non tu ne l'es pas mon cœur... Moi aussi je pense ça. Et c'est normal. C'est ce que tous parents voudraient pour leur enfant. Tu es une mère merveilleuse Lily, c'est normal que tu vois les choses de cette façon.

— Depuis qu'on a découvert que Peter est un Mangemort, j'ai l'impression qu'on ne peut plus faire confiance à personne. Pas même à nous ! Surtout depuis qu'on est au courant de la prophétie. On ne peut même pas en parler aux autres...

— Tu sais... murmura difficilement James en regardant droit devant lui. Depuis que j'ai vu la marque sur son bras, j'ai eu la sensation que mon monde s'écroulait. Que mon univers tout entier partait en fumée, toi et Harry en premiers. Tu sais, j'ai toujours cru à la notion d'amitié. L'amitié éternelle que tu retrouves dans les contes de fée et qui te fais rêver lorsque tu es enfant. Quand j'ai rencontré Sirius et Remus, j'ai compris qu'avec eux, je la vivrais, cette amitié éternelle. Puis après est arrivé Peter et je me suis dis que lui aussi en ferait partie. Je m'accrochais à cette idée. Ils... étaient tout pour moi. Je leur faisais confiance aveuglément. Au point de placer la vie de notre fils entre leurs mains. Mais tout ça a disparu lorsque j'ai compris que Peter nous avait trahis. Toi, moi et les garçons. Plus rien ne sera comme avant !

Lily ne répondit pas, prenant le temps d'analyser ce que venait de lui dire James. Elle savait enfin ce qu'il ressentait par rapport à Peter. Ils venaient de se confier l'un à l'autre, après des jours de mutisme et un poids s'enlevait de son cœur.

— Tu me promets qu'on y arrivera ? souffla-t-elle en plongeant les yeux dans les siens. Qu'on sauvera notre fils et qu'on vaincra ?

— Je te le promets mon amour..

James se pencha vers elle et déposa tout doucement ses lèvres sur les siennes. Ce baiser était une sorte de promesse pour Lily. La promesse qu'ils s'en sortiraient quoi qu'il arrive. Que Harry aurait la vie sauve. Alors elle s'y accrocha de toutes ses forces.

ooooooOOoooooo


Voici le chapitre neuf " Confessions " ! Alors tout d'abord, ce chapitre est différent des autres, car James s'exprime enfin sur la trahison de Peter et Lily dévoile des sentiments qu'elle garde en elle depuis qu'elle connaît la prophétie. Ces révélations vous paraîtront peut être un peu courte, mais pour le moment, je souhaite simplement que les personnages se remettent de cette terrible journée. Ils n'oublieront jamais, mais ils savent que la vie doit continuée quand même...

Les choses deviendront joyeuses, ne vous en faîtes pas ! Les chapitres que je suis entrain d'écrire ( 20 & 21 ) sont beaucoup plus drôles !

J'aimerai beaucoup que vous me donniez vos avis. Je sais que mon histoire plaît, au nombre de favoris, mais je souhaiterai quand même avoir vos ressentis. Je ne cherche pas à augmenter mes reviews, loin de là, mais cependant, il serait intéressant pour moi de savoir si je fonce droit dans un mur ou au contraire, je l'évite avec brio ! C'est à vous de voir, mais je ne peux pas deviner ce que vous pensez de mon histoire...

En espérant vous avoir séduit ! Bonne journée, ou soirée. HB.