Salut à toutes !
J'espère que vos vacances se passent bien pour celles qui en ont !
Me revoici avec du retard (comme d'habitude) et en plus, mes prévisions n'ont pas été tenues... Je pensais vraiment réussir à écrire tout le match Shutoku vs Toho dans ce seul chapitre... mais j'ai vu trop large et au final, ce fichu match n'a TOUJOURS pas commencé ! XD
Ca en devient ridicule et pathétique à ce stade ahaha !
J'espère que vous aimerez quand même et je vous PROMETS que dans le chapitre suivant le match sera plié ! (allez, on y croit, parce qu'à ce niveau là, c'est même plus du teasing ça tire beaucoup trop en longueur !)
Pour celles qui n'ont pas trop aimé le groupe de filles du chapite précédent, je vous assure qu'elles vont se rattraper ! Elles ne sont pas méchantes, juste fières d'avoir battu "à la loyale" l'équipe des garçons. Le sport masculin a malheureusement beaucoup plus d'adeptes que le sport féminins et ce n'est pas justifié... Je le constate encore aujourd'hui, à l'occasion des jeux olympiques où les athlètes féminines n'attirent pas les foules et en plus, doivent faire face à des commentaires misogynes... Ce serait bien que les femmes sportives obtiennent enfin les égards qui leurs sont dus !
Comme d'habitude, je ne suis pas satisfaite de ce que j'ai écrit... mais passons !
Mais j'arrête le blabla et je vous laisse avec ce nouveau chapitre que j'ai été obligée de "raccourcir", car il aurait été vraiment trop indigeste si j'y avais inclus le fameux match. (40 pages ahemmmm)
Au programme, un invité indésirable, l'hôpital, le mythe de l'Androgyne (aka Aomine le boss en histoire !) et les prémices du match !
Enjoy !
Le (mal ?)heureux rouge n'eut pas le temps de faire trois pas dans l'appartement que déjà, il se retrouva plaqué au mur de l'entrée. Son genou heurta un petit meuble qui se trouvait là et un poids humide s'écrasa sur son torse pour l'immobiliser.
Il jura.
L'appartement était plongé dans le noir et l'éclairage public parvenait tout juste à se frayer un chemin à travers la baie vitrée qui donnait sur le balcon.
Putain, Aomine…!
Il ne perdait pas une seule seconde celui-là !
A peine Kagami avait-il ouvert la porte que la panthère l'avait attaqué lâchement, le prenant par surprise pendant qu'il cherchait l'interrupteur. Mais franchement, Aomine avait un besoin plus urgent à assouvir que celui d'allumer la lumière !
Merde… il était en manque. En manque de son tigre ! Il avait envie de sentir sa chaleur, ses muscles, la douceur de sa peau et son parfum mentholé. Se soudant à l'autre lycéen, Aomine investit agressivement la bouche de Kagami avec sa langue. Il sentit une paire de main s'agripper à ses épaules de manière ferme et des doigts s'enfoncèrent dans le tissus de son sweat, avant de se recourber pour atteindre la chair. C'était douloureux, mais Aomine s'en moquait bien. Il était comme le pitbull pendu à sa proie, les crocs plantées profondément dans sa gorge pour l'achever.
Kagami était à lui et rien qu'à lui. Cette fois, pas de Kuroko, pas d'Himuro et surtout, le plus important, pas de Midorima pour venir les interrompre ! Kagami n'avait plus nulle part où aller se cacher et le rouge ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même puisqu'il avait eu la naïveté d'inviter le Diable sous son propre toit.
Les deux langues luttèrent comme des lances enflammées par le désir et la peur, mais l'armée d'Aomine fut la plus forte et elle marcha sur le territoire de Kagami, sans la moindre pitié. Et à cet instant, Kagami réalisa qu'Aomine allait finir par causer sa perte un jour. Que ce soit de façon intentionnelle ou non, il y avait constamment cette aura de danger qui entourait Aomine et l'instinct de Kagami qui hurlait de s'enfuir le plus loin possible ou de se battre en dernier recours jusqu'à ce que l'un d'eux soit vaincu pour de bon.
Mais il n'y arrivait pas.
Il n'avait pas ce déclic salvateur.
Au contraire, il embrassait cette menace parce qu'elle était excitante. C'était comme appuyer sa jugulaire contre la lame d'un rasoir aiguisée pour voir quelle quantité de sang allait couler sous l'effet de la pression... Non, c'était même plus fort que cela... comme s'il marchait au dessus d'un ravin en se tenant en équilibre sur un fragile fil de pêche. Il savait que ce n'était pas sain.
Mais merde... qu'est-ce que son cœur s'emballait dès que la panthère s'incrustait dans son espace vital ! C'était une sensation tenace, pénétrante, intoxicante même...
Aomine commença alors à se frotter à lui impudiquement, de manière très obscène. C'était une vraie torture. Aussi délicieuse que révoltante.
Aomine était très mauvais pour sa santé physique et son intégrité morale.
… Mais il était également le meilleur des remèdes. Un concentré d'émotions brutes, une bombe d'hormones dégoulinantes qui ne demandait qu'à exploser et Kagami était conscient qu'il devait réfléchir VITE, afin de se sortir de cette situation périlleuse ! Sauf qu'il n'y arrivait pas ! Et pour cause, tout son sang semblait se concentrer dans le sud de son corps, privant son cerveau d'oxygène ! Si Aomine venait à sentir la réaction physique causée par cet important afflux sanguin, Kagami savait que la panthère allait interpréter cela comme étant une marque de réceptivité… Il devenait donc URGENT que Kagami se dégage de l'étreinte fatale du fauve qui avait entrepris de le mettre à mort. Pourtant, aucun soubresaut d'adrénaline ne vint à sa rescousse. Plus les secondes s'écoulaient et plus son bas ventre réagissait aux caresses efficacement distillées par Aomine…
Kagami était conscient qu'il devait réfléchir VITE, afin de s'extirper de ce piège fatal ! Sauf qu'il n'y arrivait pas ! Et pour cause, tout son sang semblait affluer vers le sud de son corps, au lieu d'alimenter son cerveau en oxygène ! Si Aomine venait à sentir la réaction physique causée par cette stimulation sanguine, Kagami savait que la panthère allait interpréter cela comme étant une preuve manifeste de réceptivité… Il devenait donc URGENT que Kagami se dégage de l'étreinte fatale du fauve qui avait entrepris de le mettre à mort. Hélas, il n'y eut aucun soubresaut d'adrénaline salvateur…
Pire encore, plus les secondes s'écoulaient et plus son bas ventre réagissait aux caresses efficacement distillées par Aomine. Kagami se sentait anesthésié par ce baiser asphyxiant, comme si Aomine vampirisait complètement ses forces et sa volonté. Ce ne fut que lorsqu'Aomine lâcha finalement ses lèvres pour respirer que Kagami en profita pour s'exprimer.
« Je croyais qu'on devait parler... »
« Ah hmm... ouais, c'est vrai. J'ai quelque chose à te dire. »
Mais Aomine ne se décolla pas de lui pour autant. La forte odeur musquée du brun tourmentait les narines du tigre, continuant à lui faire perdre un peu plus la tête.
« Tu connais le mythe de l'Androgyne, Kagami ? »
Il ne laissa même pas le loisir au tigre de répondre et il éclata de rire. Non, bien-sûr que non, question stupide. Il était tout bonnement IMPENSABLE que le tigre au Q.I. de moule connaisse cette légende.
« Vois-tu, les Grecs de l'Antiquité pensaient qu'au commencement, il y avait trois espèces et non deux comme aujourd'hui : la femelle, le mâle et, outre ces deux-là, une troisième du nom « d'Androgyne » composée des deux autres, mâle et femelle réunis. Ayant provoqué la colère des dieux, ils furent punis par Zeus, le Roi des dieux, qui les sépara chacun en deux moitiés. Ainsi chaque moitié recherche inlassablement l'autre. Ce mythe explique donc le phénomène amoureux et la quête de « l'âme sœur ».
Kagami cligna des yeux, perdu et haletant. Où Aomine voulait-il en venir ? Pourquoi lui racontait-il cela ? Quel était le rapport avec eux ? Devinant aisément sa confusion, le brun brossa son nez contre la nuque de Kagami et il murmura sensuellement :
« C'est toi ma moitié, Kagami... Je l'ai compris lorsque tu m'as vaincu. »
Et comme pour achever le rouge, une main avide venait se loger au creux de ses reins, entraînant son abandon total. Mais tout à coup, Aomine sursauta brusquement et grâce à cette précieuse seconde de relâchement, sa proie le repoussa en appuyant fermement deux mains son torse.
« Putain ! Un truc m'a frôlé la cheville ! » Fulmina Aomine, peu ravi de s'être fait interrompre dans sa déclaration.
Balayant le sol du regard, il ne localisa malheureusement pas la source de sa frayeur passagère. En effet, l'appartement de Kagami était toujours plongé dans la pénombre et il était difficile de distinguer les formes et de les identifier précisément. Et quand la lumière fut, Aomine comprit que son tigre s'était définitivement fait la malle, tirant profit de son inattention pour appuyer sur l'interrupteur.
Oui, l'américain l'avait échappé belle ! Kagami soupira de soulagement.
« Eh Kagami, tu m'écoutes ? Je viens de te dire qu'un truc m'a touché ! Et c'était super bizarre ! »
« Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? »
« Je te jure que c'est vrai, alors aide-moi à retrouver ce qui a fait ça ! » Poursuivit le brun en scannant la pièce avec insistance.
« Pourquoi c'est si important ? » Questionna Kagami.
Il se laissa tomber dans son sofa, se mettant ainsi hors de portée de l'autre fauve qui était toujours occupé à fouiller l'entrée.
« Parce que je tiens à savoir à cause de quoi je vais devoir faire ceinture ce soir ! On était bien parti là et... »
« Oi ! Tu te fais vraiment des films là ! On n'allait pas… ! » S'étouffa à moitié Kagami.
« Bah pourquoi m'avoir invité à prendre une douche chez toi, si c'était pas pour baiser, hein ? »
«Y avait aucun sens caché ! Une douche, c'est une douche ! Point ! » Cracha le rouge, hors de lui.
« Ah ouais... ça voulait rien dire d'autre, t'es sûr ? »
« Absolument ! »
Constatant avec une joie non dissimulée que Kagami venait de rougir si fort que son visage risquait de ne plus jamais recouvrer sa couleur naturelle, il s'approcha félinement du canapé.
« Tu sais… t'as pas besoin d'un prétexte à la con pour me mettre dans ton lit… »
« N'importe quoi, faut te faire soigner ! »
Le tigre se tendit lorsqu'il sentit le souffle chaud de la panthère venir chatouiller son oreille. De sa voix la plus profonde et rauque, Aomine lui répondit :
« La prochaine fois… trouve une excuse un peu plus crédible que celle-là… parce que l'histoire de la douche, c'est comme le coup de la panne : c'est ringard et dépassé ! »
« VA TE FAIRE FOUTRE ! » Hurla Kagami en se levant d'un bond pour se faire plus impressionnant.
Aomine ricana légèrement.
« Sois pas si pressé Taiga… » Souffla Aomine.
Il le regarda droit dans les yeux pour montrer à son hôte qu'il ne lui faisait absolument pas peur. Kagami frissonna en entendant son prénom glisser des lèvres sensuelles de l'autre as.
« On a toute la nuit devant nous… »
Se préparant psychologiquement à se recevoir un coup de coussin en pleine poire, Aomine fut presque déçu que cela n'arrive pas. Kagami le gratifia simplement d'un soupir blasé qui reflétait parfaitement son état d'esprit.
« Va prendre ta douche… et me fais pas chier. »
« Ouais, ouais, ok… Dis, tu viendras me frotter le dos ? » Insista t-il en passant ses mains sur le haut du torse de Kagami, qui se tenait toujours face à lui.
Kagami qui, malgré lui, plagia l'expression si chère au cœur de Midorima.
« Crève ! »
« Bon, j'ai la dalle, fais-moi à bouffer ! » Changea de sujet Aomine en se curant le nez.
« Pardon ?! »
« J'ai dit fais-moi à bouffer. Comme ça, pendant que tu cuisines, j'irai me laver. »
« Et puis quoi encore ?! Tu veux pas une pipe, aussi pendant qu'on y est ?! »
« Oh bonne idée, tiens ! J'aurai jamais cru que tu possédais un tel sens de l'hospitalité ! » Sourit Aomine, très fier de sa répartie. « Toi au moins, on peut dire que tu sais recevoir... »
Cette fois, le coussin tant attendu finit par voler dans sa direction et Aomine l'évita de justesse ! Amusé, le joueur de Toho battit en retraite dans la salle de bain. Comment la trouva t-il ? Mystère ! L'instinct, sans doute ! Pourtant, Aomine n'était pas réputé pour être très porté sur l'hygiène, mais l'amour donne des ailes, paraît-il.
En parlant d'amour… Aomine se sentait incroyablement heureux de sa petite altercation avec Kagami. Ca lui avait manqué de ne pas pouvoir le provoquer ainsi ! Et pour cause, depuis qu'il avait pris conscience de ses sentiments pour le dunker, Aomine avait mis de l'eau dans son vin. Leurs disputes et autres prises de bec parfois musclées étaient devenues beaucoup plus rares, allant même jusqu'à disparaître progressivement. Et au fond de lui, Aomine déplorait ce changement dans leur relation. Il était donc satisfait de lui (en même temps, Aomine avait une insupportable tendance à l'auto-satisfaction et à l'indulgence, quant il s'agissait de lui-même) et de sa capacité retrouvée à savoir foutre en rogne le tigre rouge sur commande. C'était grisant d'être le seul à le tenir sous son joug sur lui et à pouvoir le faire sortir de ses gonds, à n'importe quel moment.
« Au fait, je veux cinq Teriyaki Burgers ! Et j'te préviens, si c'est pas bon ou que tu me fais autre chose, j'en mangerai pas ! Et ça a intérêt à être bon ! » Ordonna t-il en se déshabillant mollement.
« GO FUCK YOURSELF ! » Rugit une voix dans la cuisine.
« Désolé de te décevoir, mais j'crois pas être assez souple pour ça… »
Wow. Décidément, depuis qu'il fréquentait assidument Kagami, Aomine était devenu incollable en matière de jurons anglophones ! Il s'impressionnait lui-même et il se serait peut-être carrément jeté des fleurs, s'il en avait eu sous la main. Ouep. Un bouquet entier, même ! Nul doute que ces précieux rudiments du langage lui seraient d'une grande utilité pour sa future carrière de joueur de NBA.
Une fois son effeuillage terminé, il ne prit même pas la peine de ramasser ses vêtements, les laissant joncher négligemment le sol carrelé. Il préféra examiner la pièce dans laquelle il se trouvait. Elle était relativement grande et ergonomique, semblant avoir été créée pour accueillir une famille entière. Aomine remarqua immédiatement les nombreux rangements dont elle disposait. Pour ne rien gâcher, tout était propre comme un sous neuf et parfaitement ordonné. Pas mal. Pas mal du tout. Et cerise sur le Mac Do, le brun avait carrément le choix du roi : une douche ET une baignoire trônaient fièrement à côté des toilettes.
Dément !
Il s'approcha du tube, assez grand pour pouvoir contenir deux adultes (en se serrant un peu l'un sur l'autre, par exemple). Cela lui rappelait de bons souvenirs : quand il était petit, il adorait aller squatter chez Momoi pour profiter de sa baignoire. Lui, n'avait pas la chance d'en posséder une dans le petit appartement familial.
C'était trop tentant !
Il ouvrit donc le robinet d'eau chaude et installa le bouchon dans le siphon.
Il voulait prendre un bain, maintenant.
Ses pauvres muscles endoloris par l'effort le félicitaient mentalement pour cette idée géniale.
« Taigaaaa ! J'peux utiliser ta baignoire ? »
« Non ! Tu vas en foutre partout et utiliser toute l'eau chaude ! » Interdit le tigre.
Baaah tant pis ! De toute façon, il s'attendait à cette réponse alors il décida de se passer de la permission du maître des lieux. Kagami n'était vraiment pas marrant comme gars ! Il devrait apprendre à se détendre, comme lui ! Il se glissa donc lentement dans le bain bouillonnant, gémissant au fur et à mesure de son immersion. Il se délassa quelques secondes, barbotant un peu et son regard fut tout naturellement attiré par le rebord du bain. Il se demandait si Kagami avait des jouets aquatiques. Si lui avait la chance de posséder une baignoire aussi grande, nul doute qu'il aurait un petit sous marin à réaction ou un bateau pour s'amuser avec.
Et il ne fut pas déçu de son initiative !
En effet, un petit objet rose à la forme caractéristique attira immédiatement son attention : UN CANARD UN PLASTIQUE TROP MIGNON ! L'animal le fixait de ses yeux vides et de son sourire qui sonnait comme une invitation à laquelle Aomine ne se priva pas de répondre. Il attrapa le caneton dans sa main et commença à l'examiner avec précautions. Et un sourire carnassier se dessina sur son visage lorsque son « innocente » petite trouvaille se mit à vibrer joyeusement.
Kagami... petit cochon... tu caches bien ton jeu...
Il s'éclaircit la voix avant de fanfaronner :
« Oi Taigaaa ! Je viens de mettre la main sur un truc beaucoup plus intéressant qu'un magazine de cul... Alors comme ça, on aime les vibromasseurs ? T'es pas branché lecture, alors tu passes direct à la pratique ! »
« J'vois pas de quoi tu parles Assholemine... tu délires... »
« A la place, tu préfèrerais pas une vraie qu... »
« JE T'INTERDIS DE FINIR TA PHRASE ! » Le coupa sèchement le tigre, au comble de la colère.
« Raaah c'est bon ! Je voulais juste rendre service, moi... »
« Evidemment. J'avais oublié que t'étais très généreux comme mec. Et puis d'abord, je peux savoir d'où te vient cette idée à la con ? »
« Y avait un canard dans ta baignoire. » Expliqua Aomine en laissant flotter le jouet.
« Quoi ?! Je t'avais dit de pas prendre de bain ! Tu fais chier, sérieux ! En plus, ce truc là n'est même pas à moi ! C'est à Alex ! »
Alex hein ? C'était la jolie blonde qui avait entraîné Kagami, non ? Aomine ne l'avait jamais rencontrée personnellement. Mais d'après Kise, c'était un avion de chasse ! Le genre qui dispose même du pilote automatique, si vous voyez ce que je veux dire ! Voilà qui était intéressant, mais Kagami semblait toujours aussi à côté de la plaque. C'était désespérant ! Et frustrant... A croire que le roux n'était pas constitué comme les autres mecs et qu'il n'avait jamais aucune pulsion à assouvir... Mais heureusement, Aomine n'était pas homme à abandonner à la moindre difficulté. Il avait un plan !
« Viens te laver avec moi et je te montrerai comment on s'en sert. »
Kagami n'allait pas pouvoir résister en le voyant nu ! C'était dans la poche !
« J'peux pas je cuisine ! »
« Allez... stp... sois sympa ! Je te laisserai même me frotter le dos si t'es sage ! En plus, ça fera des économies d'eau si on se lave ensemble. »
Argument imparable ! Il se sentait très fier de lui sur ce coup.
« Va chier ! »
« Ok, ok... t'es vraiment pas marrant ! Mais bon, je laisse la porte ouverte au cas où tu changerais d'avis. »
Il roula des yeux et fixa le plafond un moment, perdu dans ses pensées. Pour la première fois de sa vie, il ressentait de la pression... à cause du match fatidique qui approchait à grands pas et il avait le sentiment que cet affrontement pourrait sceller son destin. Aomine ne savait pas si Kagami réalisait la portée de ce qu'il avait accompli, lorsqu'il l'avait vaincu pendant la Winter Cup. Il avait réussi l'impossible, du moins, ce qu'Aomine définissait comme étant impossible. Car Kagami l'avait défié et l'avait obligé à repousser ses propres limites. Aomine avait alors commencé à retrouver des sensations qu'il pensait avoir perdu pour toujours. Et tout à coup, c'était comme s'il pouvait respirer à nouveau, sourire à nouveau et ressentir à nouveau. Une véritable renaissance. Il était retombé amoureux du basketball et cette fois, il avait quelqu'un avec qui partager sa passion. Quelqu'un qui était au même niveau que lui. Quelqu'un qui le comprenait. Quelqu'un qui l'encourageait à se dépasser.
Pourtant, il était difficile de croire que tout avait commencé par une défaite.
Oui, il avait perdu...
Lui.
L'as invincible de la phénoménale Génération des Miracles !
Cette soudaine défaite impossible à anticiper l'avait submergé, inconnue et terrifiante au début, mais elle s'était finalement avérée être la plus belle et la plus douce des émotions, car elle avait été l'élément déclencheur de sa guérison. A tel point qu'il n'était pas parvenu à dormir pendant les jours qui avaient suivi sa défaite, le temps pour son cerveau d'encaisser le choc. Mais petit à petit, il avait digéré cette information et les sensations étaient revenues. Son corps avait été contrait à devoir se réhabituer à éprouver quelque chose.
En revanche, malgré ce laborieux processus de réadaptation, il n'avait pas pleuré. Jamais, pas une seule fois, pouvant même se targuer d'être l'unique membre de la Génération des Miracles à ne pas avoir charrié son lot de larmes, après que Seirin les ait terrassés à tour de rôle. Et c'était tout simplement parce que pour Aomine, cette défaite ne sonnait pas comme le réveil tonitruant qui l'aurait arraché à un doux rêve de gloire, mais plutôt parce que c'était ce qui l'avait sauvé du terrible cauchemar qui le dévorait et rongeait son âme depuis plusieurs années.
Il s'était senti libéré, délivré du poids qui plombait son cœur. La petite étincelle de vie était de retour et tel le phénix, il avait ressuscité de ses cendres. A présent, Aomine parvenait presque à rejouer comme avant sa dépression, sans se laisser affecter par tous ces faibles qui croisaient sa route sur le parquet de basket. Bien-sûr, il était conscient qu'il devrait encore affronter des dizaines d'adversaires qui ne seraient pas à la hauteur dans un futur proche, mais au moins maintenant, il savait qu'il n'était plus condamné exclusivement à cela. Tout n'était pas rose bien entendu, et il était très loin de se sentir pousser des ailes, mais au moins, il cela commençait à prendre forme. Il était sur la bonne voie. Son esprit était vraiment plus léger, plus apaisé, comme si on avait drainé toute sa rage.
Et ça, c'était une excellente nouvelle. Le reste viendrait avec le temps et la patience.
Pour être tout à fait honnête, cela faisait des années qu'il n'avait pas été aussi heureux avec un ballon de basket entre les mains. Et pour cause, il s'était enfin réconcilié avec lui-même et plus important encore, il s'était réconcilié avec les autres.
Grâce à Kagami...
Mais demain Midorima risquait de détruire ce précaire et fragile équilibre en lui volant Kagami.
Et Aomine était déterminé à ne pas le/se laisser faire...
Midorima rentra de son dernier jour de cours de la semaine, vers 18h. La petite Shina était sagement allongée dans le canapé. Leur voisine, une adorable petite mamie un peu voûtée, l'avait gardée pendant la journée et la petite fille à couettes regardait à présent la télévision, répondant aux questions pointues de ses quizz favoris.
Une fois leur repas du soir commandé chez le traiteur chinois habituel, le shooter alla prendre la température de Shina et il vérifia qu'elle avait bien pris ses médicaments. La petite semblait aller mieux, même si ce n'était pas flagrant avec sa tête toujours bien enflée, mais au moins, la fièvre semblait être tombée. Rassuré et mis en appétit par la perspective du délicieux repas qui allait leur être livré, Midorima se décida à aller nourrir également ses précieux et insolites compagnons…
Il commença donc par aller servir de la laitue fraîche à Tama et la tortue géante accourut à la vitesse d'un escargot sous tranxène en l'apercevant. Puis, il monta dans sa chambre et il se dirigea vers le vivarium qui se trouvait près de son lit. La première chose qui le frappa fut que son couvercle avait été déplacé. Pris d'un énorme doute, il examina le contenant.
Vide.
Allons, il ne devait pas céder à la panique… il y avait forcément une explication rationnelle à l'absence de l'occupante du vivarium. C'était peut-être Shina qui l'avait prise avec elle pour jouer avant qu'il ne rentre. Cela arrivait souvent. Il se précipita donc dans le couloir pour en avoir le cœur net et il cria du haut des escaliers :
« Shinaaaaa, c'est toi qui as sorti Hebi-Hime ? Je t'ai déjà dit cent fois de la remettre dans son vivarium ensuite et de bien refermer surtout pour ne pas qu'elle puisse s'enfuir ! »
« Mais Nii-san, je te jure que ce n'est pas moi qui ai touché à Hebi-chan ! »
« Elle n'est pas avec toi ? »
« Non, désolée, mais je ne l'ai pas vue ! Elle se cache peut-être sous son tas de bois ? »
« J'ai bien peur que non. Je viens de vérifier dans son vivarium et elle n'y est plus… et le couvercle a été déplacé, alors je pensais que c'était parce que tu l'avais descendue avec toi. Il faut que je la retrouve vite, c'est l'heure de son dîner ! Sinon, elle va être grognon, tu la connais… »
Ok, LA, il pouvait commencer à paniquer ! Il retourna rapidement dans sa chambre et il parcourut minutieusement la pièce, explorant chaque recoin, fouillant chaque tiroir et inspectant chaque pli suspect dans sa couette.
Mais rien !
Hebi-Hime restait introuvable !
Midorima fixa le vivarium d'un air absent, essayant de se calmer et de récapituler les événements.
Bon, donc, ce n'était pas Shina qui avait sorti Hebi. Et lui, se souvenait parfaitement bien l'avoir remise dans son vivarium hier, un peu avant l'arrivée de Kagami. Donc, logiquement, elle devrait toujours s'y trouver ! Sauf qu'en arrivant dans sa chambre pour la nourrir, il avait remarqué que le couvercle était déplacé. Hebi avait donc parfaitement pu se faufiler à travers la mince ouverture pour se faire la malle. Peut-être avait-il mal refermé le vivarium ou peut-être la demoiselle était-elle carrément parvenue à pousser le couvercle avec sa tête pour pouvoir sortir. Mais quoi qu'il en soit, il serait toujours temps de confirmer l'une de ces deux hypothèses quand il aurait retrouvé la fuyarde. Dans son malheur cependant, il avait quand même eu la chance de trouver sa chambre fermée en arrivant, ce qui était bon signe. Hebi n'avait donc pas pu aller bien loin. Elle était forcément encore ici et…
… une minute… ?
Qu'est-ce que c'était que ça ?
Midorima ramassa un crayon qui lui paraissait familier, au pied du meuble sur lequel était posé le vivarium. C'était celui qu'il avait donné à Kuroko au collège, pas de doute. Le crayon magique qui permet de répondre aux QCM ! Mais que faisait-il là ? Il était mâchouillé par endroits et un ballon de basket remplaçait la gomme au bout de la tige de bois. Il fronça des sourcils, comprenant soudainement d'où provenait ce crayon. En effet, c'était là que Kagami avait posé son sac de cours la vielle. Le crayon avait du en tomber et...
OH NON !
CATASTROPHE !
Il sortit immédiatement son téléphone portable de sa poche et il composa nerveusement le numéro de Kagami.
Allez décroche... décroche, bon sang !
Mais pas de réponse, comme par hasard ! Alors le vert dévala les escaliers quatre à quatre et il enfila son manteau à la hâte.
« Shina, si tu entends sonner n'ouvre qu'au livreur, d'accord ? »
« Mais grand-frère, où tu vas ? »
« J'ai une course à faire, je reviens vite. Tu veux que je demande à Takao de venir te garder ? »
« Oui, s'il te plaît. »
La gamine semblait un peu inquiète mais son frère vint lui déposer un baiser sur le front pour la rassurer.
« J'espère ne pas en avoir pour trop longtemps. »
Il fit rapidement ses lacets et il fonça dehors, envoyant par la même occasion un SMS à son (seul?) meilleur ami.
Pourvu qu'il n'arrive pas trop tard... !
Aomine avait fermé les yeux. Il se sentait tellement bien qu'il aurait pu se laisser aller à une petite sieste. C'était tout bonnement parfait. Lui, se délassait dans le bain et Kagami, en épouse modèle, lui préparait un délicieux dîner. Il pourrait très vite prendre goût à ce genre de vie, aux côtés de son tigre...
Tout à coup, il sentit quelque chose caresser son bras et se diriger vers son épaule.
C'était sans doute la main de Kagami qui s'était enfin décidé à le rejoindre.
« Je savais que tu pourrais pas résister... »
Aomine sourit en sentant ce qu'il pensait être une main dériver au sud, glissant amoureusement le long de son torse.
« Hmmm... Kagami... continue... »
Il ne put réprimer un frisson de désir et d'excitation lorsque qu'il sentit une pression sur sa cuisse. Kagami était du genre direct et ça lui plaisait bien... c'était rare que le tigre prenne ce genre d'initiatives silencieuses, mais Aomine n'allait pas s'en plaindre, bien au contraire. Il feula pour encourager le propriétaire des lieux à continuer son exploration corporelle.
Mais alors qu'il s'approchait du point le plus sensible d'Aomine, ce dernier sentit une douleur électrisante au niveau de son aine et il sursauta. Ouvrant les yeux, il constata horrifié que l'eau était en train de se teindre de rouge...
Du sang...
SON sang !
Et ce n'était pas la main de Kagami qui en était responsable !
MAIS UN ENORME SERPENT BLANC ?!
Putain, mais qu'est-ce qu'un tel monstre foutait dans la baignoire avec lui ? Et surtout, comment avait-il pu le confondre avec Kagami ?!
Il s'en mordait les doigts à présent et le serpent, lui, avait mordu tout autre chose...
« Kagaaaaaaaami ! » Hurla le brun en bondissant de la baignoire avec deux belles marques de crochets profondément ancrées dans sa peau tendre.
Sortant en trombes de la salle de bain, il tituba dans le couloir, tout en gardant une minuscule serviette pressée contre son entrejambe meurtrie. Il tremblait et sa main droite était maculée de fluide rouge. Le tigre alla à sa rencontre et il cligna des yeux, un peu étonné de l'avoir entendu pousser un cri.
« Aomine ? Que s'est-il passé ? »
« Putain... une saloperie de serpent vient de me mordre... au niveau de... »
« Un serpent ? Ben voyons... »
« C'est pas des conneries, j'te jure ! »
La serviette blanc prenait une belle couleur rubis, prouvant le sérieux de la blessure du brun. Kagami ouvrit de grand yeux incrédules et il se rendit sur les lieux du crime pour vérifier les dires d'Aomine. Evidemment, aucune trace du principal suspect, le coupable s'étant déjà fait la malle, mais l'eau de la baignoire suffisait à corroborer les allusions du power forward.
Soucieux de préserver l'intégrité physique de son canapé, Kagami fila chercher une couverture sombre et il invita Aomine à s'asseoir dessus pour protéger le cuir du sofa.
« Putain Kagami... je vais crever... ça y est... c'est la fin... » Siffla Aomine en serrant le dents, presque à l'agonie.
« Dis pas de bêtises ! Où le serpent t'a mordu ? » Demanda le roux en s'agenouillant près de son invité.
Et il n'y avait qu'à baisser les yeux en direction de la serviette qui ne cachait déjà pas grand chose pour comprendre quelle zone avait été touchée... Kagami eut un mouvement de recul en comprenant, mais Aomine lui attrapa fermement le poignet pour l'empêcher de filer.
« Faut que tu regardes mec... »
« Quoi ?! Pourquoi moi ?! J'suis pas médecin, j'te signale ! » Protesta vivement Kagami.
« Dis-moi si c'est moche à voir... et profond... stp... » Supplia t-il faiblement.
« On ferait mieux d'aller aux urgences ! Je vais t'aider à marcher ! » Proposa l'Américain, paniqué.
« C'est beaucoup trop loin et tu le sais... »
Erf Aomine avait raison... Kagami se voyait mal le soutenir dans le rue, pendant que le ganguro claudiquerait tout nu jusqu'aux urgences... et tout à coup Kagami réalisa que si c'était bien un serpent qui planté ses crocs dans la chair bronzée alors... il se pourrait que...
Oh putain...
Manquait plus que ça tiens !
Comme s'il n'avait pas déjà assez d'emmerdes comme ça !
« Il... il était comment ce serpent ? »
« Comment ça, il était comment ? Bah c'était un serpent quoi ! Il était blanc avec des yeux rouges et il avait vraiment une sale gueule, mais désolé, j'ai pas pensé à lui demander sa carte d'identité, ni son carnet de vaccination ! » S'impatienta Aomine qui souffrait le martyr.
« Ca se trouve... il était empoisonné... »
« QUOI ?! » Hurla de plus belle le blessé en s'agitant sur le canapé.
« Tu devrais éviter de gesticuler comme ça, le poison va se répandre encore plus vite dans ton corps... »
« Comment tu sais ça, toi d'abord ? J'croyais que t'étais pas docteur ? »
« C'est vrai mais... j'ai entendu Bear Grylls dire ça une fois... »
« Bière Grills c'est quoi ça ? »
« Bear Grylls... mais si ! Tu le connais forcément ! C'est l'aventurier de l'émission Man vs Wild ! Un genre de Chuck Norris de la survie ! »
« Putain mais c'est pas vrai... qu'est-ce que foutait un serpent dans ta salle de bain ? »
« J'aimerai bien le savoir, figure-toi ! »
« Tout ça, c'est de ta faute ! Alors en guise de compensation, tu vas foutre ta tête sous cette saleté de serviette tout de suite et tu vas regarder l'étendue des dégâts ! »
« Hors de question ! »
« Kagami ! J'te jure que si j'crève sur ton sofa, je viendrai te hanter, c'est clair ? Alors maintenant, tu vas prendre une grande inspiration et tu vas me dire comment ça se présente ! »
A voir Aomine en train de beugler dans cette position, cuisses écartées sur la couverture à présent souillée par du sang, donnait l'impression à Kagami d'être en train d'assister à un accouchement forcé, avec lui dans le rôle de l'obstétricien. Mais comme Aomine semblait dépérir, pâlissant à vue d'oeil, Kagami prit son courage à deux mains et il tira délicatement sur la serviette pour constater avec horreur que le brun ne mentait pas.
Ce n'était pas du cinéma.
Ne s'attardant pas sur les attributs masculins d'Aomine, malgré leur proximité avec la blessure, Kagami remarqua deux plaies à l'intérieur de la cuisse gauche d'Aomine. Elles étaient fraîches, charriant encore du sang. Le visage déformé par la douleur, Aomine ferma les yeux et Kagami détourna furtivement le regard.
« Alors ? C'est grave ? »
« Comment j'peux le savoir, j'suis pas... »
« Ouais, c'est bon j'avais compris les deux premières fois ! Mais tu crois que j'vais m'en tirer ? »
« J'en sais rien... »
« Et Daiki Junior, il va s'en sortir, hein, dis ? »
Daiki Junior... ?
Le tigre piqua un fard ! C'était un cauchemar là ! Il allait forcément se réveiller ! Comme si ça ne pouvait pas être pire, voici qu'Aomine lui demandait de vérifier son... son... !
NON MAIS CA VA PAS LA TETE ?!
C'était du Aomine tout craché de demander un truc pareil !
« T'as qu'à regarder toi-même ! » Vociféra Kagami, pas du tout amusé par la situation dont profitait d'ailleurs un peu trop Aomine.
« Kagami... tu devrais VRAIMENT virer ta main de ma cuisse là... »
« Pourquoi ? Je te fais mal ? » S'inquiéta le rouge.
« Non... c'est même tout le contraire... je crois que Junior est en train de se réveiller... et c'est vraiment pas le moment d'avoir une érection... »
« MAIS T'ES VRAIMENT UN PERVERS ! Tu veux mourir ou quoi ! » S'égosilla Kagami en retirant sa main à la hâte.
« J'y peux rien, tu me fais trop d'effet ! Te voir si proche, dans cette position... ça me donne des idées... »
« Rien ne t'arrête on dirait ! »
Kagami lui jeta à nouveau un oreiller en pleine tête, outragé par le manque de sérieux de la panthère. Cette dernières avait des pensées impures au péril de sa vie ! Passant une main sur son visage, Kagami essaye de réfléchir et se rappeler des enseignements de Maître Bear. Bon alors qu'avait-il dit concernant les piqûres et le poison ?
La première chose à faire... c'était de garder le membre touché le plus bas possible pour que le sang remonte plus lentement jusqu'au cœur, ce qui éviterait que le poison ne se diffuse trop vite. Ensuite, il fallait s'assurer que le blessé reste calme pour la même raison. Ainsi, les battements cardiaques resteraient stables et la propagation serait plus lente, même si elle était inévitable.
Et enfin, la consigne la plus importante peut-être...
!
Merde... merde... merde...
Kagami se mit à trembler en se retournant pour fixer l'entrecuisse du brun, qui se tenait toujours les jambes écartées. Il respirait fort à cause de la douleur et sa poitrine se soulevait à un rythme soutenu.
Il n'y avait pas de temps à perdre ! Ou bien il serait trop tard... la vie d'Aomine était en jeu et aussi humiliante soit la solution, Kagami n'avait pas le choix !
Oh my God...
Il allait devoir...
Sucer... pour extraire le venin...
Déglutissant avec peine suite à cette conclusion, Kagami reprit courageusement sa place entre les cuisses du ganguro qu'il maintint bien ouvertes.
« Qu'est-ce que tu fous encore ? » S'étonna Aomine.
« Laferme ! Si tu dis un seul mot, je te jure que je te laisse mourir, t'as compris ? »
« Mais... »
PAS. UN. MOT ! » Répéta t-il en écrasant son index sur les lèvres d'Aomine pour le faire taire.
Incroyable !
Kagami allait vraiment lui faire une gâterie ? Aomine regrettait beaucoup moins de s'être fait mordre à présent ! Peut-être même qu'il épargnerait ce crotale de malheur quand il remettrait la main dessus tout à l'heure !
Le tigre souffla pour se calmer et il ferma les yeux comme il penchait la tête vers les deux marques de crocs, s'apprêtant à aspirer le sang et le poison qui s'y trouvaient, quand soudainement...
La sonnette de la porte retentit joyeusement dans l'appartement.
« Ouvre pas... on s'en tape, ils repasseront... Fais plutôt ce que t'as à faire. » Ordonna Aomine.
Le brun avait raison. Qu'est-ce qui pouvait être plus important que sauver la vie d'Aomine en cet instant ? Quant à Aomine... il n'allait pas laisser passer cette occasion rêvée de profiter de la naïveté de Kagami ! C'était du pain béni pour lui et la douleur n'était qu'un maigre tribu à payer ! Alors que le rouge posait ses lèvres pleines sur le muscle de sa cuisse, Aomine l'interrompit. Il était à deux doigts de sortir son portable pour filmer la scène... enfin... s'il n'avait pas été nu et à la merci du tigre...
« Oh Kagami... »
« Ouais ? »
« C'est la première fois de ma vie que je vais dire ça mais... n'avale surtout pas, ok ? Ca pourrait te tuer, alors crache, t'as compris ? »
« Ca va, c'est bon, je sais ce que je fais... »
« Et t'étouffe pas non plus hein... »
« Je te rassure, j'ai déjà eu des trucs plus gros en bouche aho ! »
Aomine laissa échapper un petit rire sarcastique.
« Ca, ça m'étonnerait. » Sourit-il, sûr de lui.
Ce qui lui valut un adorable doigt d'honneur de la part de Kagami. Aomine ne put s'empêcher de glisser une main dans les cheveux du tigre, pendant que l'autre s'accrochait à l'accoudoir du sofa, le serrant fortement. Bien-sûr, Kagami repoussa violemment cette main baladeuse dont il goûtait fort peu l'intrusion ! Non mais pour QUI Aomine le prenait-il ? Il prenait bien ses aises tout à coup ! Bon, ce n'était pas un scoop, mais cette nonchalance digne d'un gigolo au rabais était agaçante ! Il y a deux minutes, il était à l'article de la mort et à présent, il semblait revigoré par la perspective d'une gâterie qui n'existait que dans son imagination débridée !
Mais tandis qu'il allait poser ses lèvres sur l'intérieur d'une cuisse tendre, quelque chose ou plutôt quelqu'un cogna contre la baie vitrée du balcon. Kagami sursauta et il se redressa pour aller voir, malgré les protestations énergiques du brun. Et quelle ne fut pas la surprise du tigre en découvrant Shintaro Midorima ! Il avait du grimper là comme Aomine lors de leur session de révision et c'était sans doute même lui qui était venu sonner à sa porte auparavant. Kagami s'empressa donc de lui ouvrir sans hésiter. Le vert paraissait paniqué.
« Kagami ! Quand on t'appelle, il faut répondre ! »
« Désolé, mais j'avais une urgence sur le feu ! »
« Comment cela ? »
« Putain Kagamiiii, reviens, je me sens partir ! C'est le poison j'en suis sûr ! » Cria Aomine à l'autre bout de la pièce.
« Aomine a été mordu par un serpent empoisonné ! Il va mourir si je ne le suce pas ! »
La mâchoire de Midorima, pourtant bien accrochée, manqua de tomber par terre. Aomine était bel et bien là, en tenue d'Adam, jambes écartées, sur le canapé du rouge ! Heureusement, le sang froid légendaire de Midorima fit qu'il ne se laissa pas impressionner. Il s'approcha du brun avec Kagami, bien décidé à tirer cette étrange affaire au clair. Et il avait déjà sa petite idée du pourquoi du comment. D'où sa venue.
« Le serpent qui l'a mordu n'était-il pas albinos par hasard ? »
« Nan mais t'as cru qu'on était serpentologues ? On connaît pas le nom de sa race ! » S'impatienta Kagami.
« …..On dit « herpétologue » pour parler des spécialistes des serpents pour commencer et ensuite, on ne dit pas non plus « serpent empoisonné », mais « serpent venimeux ». Corrigea l'intransigeant shooter.
Il s'approcha d'Aomine et le fixa de ses beaux yeux verts.
« Aomine, comment était ce serpent, tu as bien du le voir non ? Etait-il albinos ? Blanc avec des yeux rouges ? »
« Ouais... comment tu l'sais ? »
« Mon hypothèse était donc correcte. Où se trouve t-il ? Vous ne lui avez pas fait de mal j'espère ? »
« Pas encore... mais dès que je me sentirai mieux, je m'en fais une cravate ! » Assura Aomine, très en colère.
« Tout va bien Kagami. Je connais ce serpent, c'est le mien. »
« Quoi ? » S'étonna l'américain.
« Oui. Il a du grimper dans ton sac par erreur quand tu es venu chez moi, hier. »
« Bah merde alors... j'ai rien senti pourtant. Dire que je l'ai trimballé dans tout le lycée... »
« Hebi-Hime dort la plupart du temps, elle n'a du se réveiller qu'en arrivant à ton appartement et sortir en quête d'une proie, poussée par la faim. »
« Hmm... je comprends mieux pourquoi Nigou m'a aboyé dessus ce matin. »
« Il a du sentir Hebi dans tes affaires. »
« Je savais pas que tu aimais les serpents. »
« Je les trouve passionnants. »
Les deux rivaux échangèrent un regard doux et cela ne fit qu'intensifier la rage d'Aomine.
« Heyyyy ! J'suis là, j'vous signale ! Alors arrêtez de m'ignorer ! Et même que je suis en train de mourir ! » Les interrompit Aomine, tel un enfant de quatre ans réclamant l'attention de ses parents au supermarché.
« Pour un mec à l'agonie, j'te trouve bien bruyant ! » Le critiqua Kagami.
« Ne vous en inquiétez pas, Hebi n'est pas venimeuse. »
« Oh c'est une fille ? »
« Mais on s'en tape, putain ! Elle m'a mordu cette saleté ! » Poursuivit Aomine, qui avait replié les jambes dès que Midorima s'était approché.
« Ah c'est vrai, les filles n'intéressent Aomine que lorsqu'elles font un bonnet D... » Se remémora Midorima.
« Il est bête, que veux-tu... Allez viens, je vais t'aider à la retrouver ! Elle doit toujours être dans la salle de bain ! »
« Merci Kagami. »
« Pas de quoi. »
« OI ! JE SUIS TOUJOURS EN TRAIN DE ME VIDER DE MON SANG JE VOUS SIGNALE ! Ce qui serait normal si j'étais une nana et qu'on était le 28 du mois ! Mais j'ai un scoop pour vous : j'en suis pas une ! »
Exaspéré par les quasi-roucoulements de ces deux-là, Aomine était bien décidé à se faire entendre ! Midorima remonta ses lunettes sur son nez quant il posa le regard sur la serviette devenue rouge sang. Cela lui suffit à comprendre la gravité de la blessure.
« On ferait mieux de le conduire aux urgences. »
« Mais... et ton serpent ? »
« Ca va, elle n'ira pas bien loin cette fois. On la cherchera en revenant. » Fit le binoclard, sûr de lui.
Kagami acquiesça et il aida Aomine à se mettre debout, avant de le confier à Midorima pour aller chercher un pantalon dans sa chambre.
« Aaaahh... putain fais gaffe... ça fait un mal de chien ! » Souffla t-il entre sa mâchoire toujours serrée.
« Il faudrait que tu enfiles un pantalon, sinon on ne te laissera jamais entrer à l'hôpital. Et d'ailleurs, comment est-ce arrivé ? »
« Je prenais tranquillement mon bain et... »
Le cœur de Midorima se compressa dans sa poitrine. Aomine en était donc déjà à CE stade avec Kagami ?
« … elle s'est jetée sur moi comme la misère sur le monde ! »
« Je commence à croire que tu avais raison au collège quand tu disais que les filles étaient folles de ton corps. Elle a du prendre ton pénis pour un asticot. »
« Un asticot ! Ah ! La blague ! Plutôt un anaconda ! » Sourit malicieusement le brun.
« Hebi-hime n'aurait jamais attaqué un serpent plus gros qu'elle. »
« C'est quoi comme serpent au fait ? » Demanda Kagami en se baissant pour aider Aomine à enfiler un pantalon propre.
« Un python birman albinos. Il n'est pas rare que les serpents s'attaquent entre eux et Hebi était affamée. »
« Oh. J'ai hâte de la voir en tous cas. Elle doit être très jolie ! » S'enthousiasma leur hôte.
« Je ne savais pas que tu aimais les serpents, Kagami. »
« Moi non plus je ne le savais pas, mais en fait je suis curieux de voir l'horrible bête qui a attaqué Aomine dans la baignoire ! » Se moqua t-il.
« C'est pas drôle connard ! »
« Je suis sûr qu'elle était pas si grosse, ni méchante que ça. »
« C'est pas toi qui va pisser du sang à chaque fois que tu iras aux chiottes maintenant ! »
« N'exagère pas, Aomine. »
« En attendant.. ça fait la troisième fois que tu me blesses... et juste avant notre match, comme c'est étrange ! »
Les pupilles brillantes de la panthère semblèrent parcourues d'éclairs de rage et Midorima frissonna. Il était très rare de voir Aomine dans cet état, mais lorsque cela arrivait, il valait mieux ne pas se mettre en travers de sa route. Attentionné, Kagami prêta également un t-shirt au blessé de guerre et il posa sa parka sur les épaules d'Aomine pour ne pas qu'il attrape froid.
Et c'est ainsi que le trio prit la direction de l'hôpital le plus proche...
Ce fut encore le beau médecin urgentiste quarantenaire qui les reçut.
Maeda ou un truc du genre de son petit nom...
Sa première réaction en apercevant un Aomine claudiquant vers lui en se tenant l'entrejambe, tout en étant soutenu par les deux énergumènes rouge et verte, fut d'éclater d'un rire bien sonore et méprisant.
Allons bon ! Que s'était-il encore passé cette fois ?
Il avait hâte de le découvrir !
Non, non, il n'en pouvait plus d'attendre, mourant d'envie de le savoir, même !
Et il ne fut pas déçu.
Oh que non !
Cela dépassait – et de loin – toutes ses espérances en la matière !
Il faut dire que les trois crétins s'étaient surpassés cette fois !
Car il ne s'agissait pas moins que d'un serpent ! Oui, un serpent était la cause de leur venue ici ! Et même si le binoclard lui assura que le crotale en question était « encore un bébé », Maeda en doutait fortement ! Il n'osait même pas imaginer les blessures qu'aurait pu engendrer un tel animal de taille adulte...
Kagami et Midorima laissèrent Aomine aux « bons » soins du docteur et ils allèrent attendre dans le couloir, pas tellement anxieux, mais avec une pointe d'inquiétude qui leur serrait le torse quand même.
Par chance, aucun organe interne et surtout, externe, n'avait été touché. Le serpent s'était contenté de planter ses crochets aiguisés dans le muscle interne de la cuisse, ne causant que des dégâts très superficiels, mais la mauvaise nouvelle, c'était que le beau médecin du recoudre Aomine. Ce dernier s'en tira avec quelques points de suture et hélas, avec une interdiction de jouer le prochain match, sous peine de les faire sauter !
En apprenant la nouvelle irrévocable, Aomine se leva d'un bond pour aller coller son poing dans la gueule de la tsundere. Non seulement Midorima était le propriétaire de la bestiole qui avait défiguré (si l'on peut dire!) son entrejambe, mais en plus, à cause de lui, pas de match et pas de gâterie de la part de Kagami !
Il sortit comme une tornade de la salle de consultations et il attrapa Midorima par le col (bien repassé) de sa chemise, le clouant au mur.
« Je vais te buter ! »
« Oi ! Aomine ! Lâche-le ! » Intervint Kagami.
« T'es mort ! Tu m'entends ? T'es mort, demain ! »
Il finit par laisser Midorima et il se dirigea seul vers la sortie de l'hôpital, malgré les protestations de Kagami. Quand Aomine était furieux ainsi, il était préférable de laisser les choses se tasser, tant lui parler s'avérait infructueux. Encore un peu choqué par l'assaut soudain d'Aomine le vert réajusta sa chemise et ses lunettes.
« Quel con parfois... » Soupira Kagami.
« Il a des raisons de m'en vouloir. » Le défendit pourtant le principal concerné.
« Ah ouais ? Lesquelles ? C'est pas comme si c'était TOI qui l'avait mordu ! Et s'il est trop bête pour comprendre que t'es pas responsable, tant pis pour lui !»
Alors Kagami était de son côté ? Midorima aurait du s'en réjouir, mais il se sentait trop coupable pour cela. Néanmoins, il accepta d'accompagner Kagami à son appartement pour récupérer Hebi. Et comme Midorima l'avait fort justement supposé, l'intrépide demoiselle n'avait pas quitté la salle de bain, sans doute pour se refaire une petite beauté ou pour profiter de la baignoire encore remplie d'eau.
« Hebi adore l'humidité. » Précisa Midorima en récupérant sa protégée.
« Par contre, elle a pas l'air d'aimer Aomine. »
« C'est étrange. D'ordinaire, elle n'est pas agressive. »
Et comme pour le prouver, Midorima laissa la princesse reptile s'enrouler docilement autour de son bras. Elle ne le serra pas trop, juste assez pour bien s'accrocher.
« Elle est originale. » Approuva Kagami en se penchant de manière bienveillante pour mieux l'admirer.
« Il faut que je rentre... Shina est seule avec Takao depuis trois heures... »
« Hmm... ouais. Ne la fais pas attendre et passe-lui le bonjour de ma part. De toute façon, toi et moi on se voit au match demain. Je viendrai avec Kuroko. »
Le rouge aida Midorima à installer la belle endormie dans son sac. C'était étrange au toucher, un peu comme certains sacs à main d'Alex. Le cuir était rugueux, mais pas aussi froid que Kagami ne le pensait. En fait, le rouge comprenait l'amour de Midorima pour les reptiles : sous un extérieur dur et peu avenant, se cachaient en fait des êtres fragiles et agréables. Le vert ne s'éternisa pas sur place et il quitta rapidement les lieux, laissant Kagami avec sa solitude retrouvée. Mais pas pour longtemps, puisque son téléphone vibra.
De : Ahomine
Reçu à : 21h32
Désolé d'être parti si vite tout à l'heure... J'ai eu 5 points de suture et normalement, je suis forfait pour demain, mais j'ai décidé de rien dire au coach et de jouer quand même.. J'ai trop envie de défoncer 4 yeux !
Du Aomine dans toute sa splendeur ! Sa fierté le perdrait dans doute un jour et Kagami secoua la tête. Il était bien mal placé pour parler, ayant joué par le passé avec une jambe blessée, mais il sera problématique que les plaies d'Aomine s'ouvrent en plein match...
De : Tiger
Reçu à : 21h34
J'ai pas envie que tu joues demain... tu risques de te blesser davantage... sois un peu raisonnable pour une fois !
De : Ahomine
Reçu à : 21h34
Oh ? Serais-tu inquiet pour moi par hasard ? C'est trop mignon !
De : Tiger
Reçu à : 21h35
N'importe quoi ! T'enflamme pas, je disais ça parce que si tu te fais encore plus mal, ce sera plus marrant de te défoncer en un contre un après, parce que ce sera trop facile !
De : Ahomine
Reçu à : 21h36
Bah voyons... combien de fois tu m'as battu déjà ? Et sinon, tu viendras m'encourager ?
De : Tiger
Reçu à : 21h38
J'ai déjà promis à Midorima.
De : Ahomine
Reçu à : 21h38
Evidemment... pfff...
De : Tiger
Reçu à : 21h39
Mais je suppose que je pourrai t'encourager à la place de Midorima, puisque Shutoku aura déjà Kuroko de son côté. Il va sûrement soutenir Takao.
De : Ahomine
Reçu à : 21h40
Parfait ! Jte dis à demain alors ! Le match est à 15h, sois pas en retard !
De : Tiger
Reçu à : 21h40
Ouais ouais... dis, tu le pensais tout à l'heure ton truc des âmes sœurs ?
De : Ahomine
Reçu à : 21h41
Bien-sûr... et je te l'aurai prouvé si seulement ce foutu serpent ne m'avait pas attaqué !
De : Tiger
Reçu à : 21h40
Je vois. Dors bien.
Kagami s'allongea dans son futon et il posa son téléphone sur sa table de chevet. Il ne pouvait nier qu'il ressentait quelque chose pour Aomine. Un sentiment qui allait au delà de la rivalité amicale. Le brun l'attirait grâce à son physique de panthère souple et sensuelle. La personnalité féroce d'Aomine n'était pas en reste, mais Kagami n'était sans doute pas assez mature pour admettre que les provocations perpétuelles et autres brimades d'Aomine avaient également contribué à le séduire. Et puis, il avait sa fierté ! En parlant de fierté, celle d'Aomine avait du être bien écornée ce soir. Kagami comprenait aisément que le ganguro désire se venger de Midorima, sans pour autant cautionner son attitude.
Et cela lui laissait craindre le pire pour le match à venir entre eux...
La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre.
Il ne fallut pas longtemps pour que toute l'équipe de Shutoku soit au courant.
Takao jubilait dans les vestiaires, pronostiquant une victoire aisée pour l'équipe des oranges. En effet, privée de son meilleur joueur Toho ne faisait pas le poids face à eux ! Midorima restait cependant étrangement silencieux, comme si cette nouvelle, pourtant excellente, ne l'atteignait guère. Ou plutôt, ne le surprenait guère.
Son visage était celui qu'il arborait lorsque quelque chose l'affectait. Pour tous les autres, cela ressemblait aux traits ordinaires de Shintaro Midorima, mais son partenaire attitré avait appris à lire entre les lignes depuis bien longtemps.
Il était certain que Midorima se reprochait quelque chose, mais quoi ? Ce n'était pas inhabituel de le voir si concentré, laçant ses chaussures avec précision, pourtant, cette attitude tracassait Takao.
Aomine s'était décidé à parler de sa blessure au coach. Il faut dire que Momoi en avait été informée par Kuroko, lui-même informé par Kagami. La jeune fille n'avait pas hésité à brandir toutes sortes de menaces et autres chantages à l'encontre son meilleur ami pour que celui-ci cède et révèle finalement son infirmité partielle à leur entraîneur. Pour autant, satisfait de l'honnêteté de son poulain, Harasawa avait décrété qu'Aomine jouerait une partie du match.
Conscient de l'avantage qu'une telle donnée leur conférait, il avait gardé ce précieux renseignement secret. Ainsi, les joueurs de Shutoku penseraient leur victoire toute acquise et au moment où ils baisseraient leur garde, Harasawa ferait entrer Aomine sur le parquet. C'était une stratégie infaillible, à condition que les garçons en noir ne se fassent pas trop mener au score quand Aomine les rejoindrait.
C'est pourquoi l'homme mûr avait donc librement laissé circuler la rumeur de l'éviction totale de son champion.
Kagami avait pris place dans les gradins avec Kuroko et il espérait que le ganguro ne lui en voudrait pas trop d'avoir vendu la mèche. C'était uniquement la sécurité d'Aomine qui avait motivé sa décision. Mais pas le temps de s'appesantir sur ces considérations, que déjà... une voix familière résonna derrière eux.
« Kurokocchi ! » Cria son plus grand fan en se pendant à son cou.
Le malheureux fantôme manqua de renverser sa boisson et d'étouffer sous cette étreinte cauchemardesque. Bien vite cependant, l'attention du mannequin fut détournée par un groupe de filles qui alla s'installer non loin d'eux.
« Ohhh ! Tu as vu ça Kagamicchi ? La blonde est plus grande que moi ! » S'excita Kise en s'appuyant sur l'épaule de Kagami pour mieux voir (lâchant Kuroko par la même occasion, qui put enfin respirer).
« Ouais, sûrement. » Répondit-il d'un air absent, le regard plongé sur Aomine, assis en contrebas.
« Ce qu'elles sont belles ! »
« Sûrement des basketteuses. » Intervint Kuroko en sirotant son milkshake du jour offert par Aomine.
« Comment tu l'sais ? »
« Elles portent les survêtements de Toho. »
« Ohhh maintenant que tu le dis... en effet, ce sont bien les mêmes que ceux des garçons. Je me demande si Kaijo a une équipe féminine de basket aussi. » Songea Kise, rêveur.
« Non, ce n'est pas le cas. »
« Ah bon ? Tu sais vraiment tout Kurokocchi ! Tu es si intelligent ! »
« Tu vois pas qu'il a répondu ça au pif ? » Fit remarquer Kagami, sortant de sa contemplation.
« Gnaaaaaa trop méchant ! » Se lamenta Kise, avant de voir que des jolies brunes gloussaient en lui adressant des oeillades de biches. « Excusez-moi gentlemen, mais je vais aller discuter basketball avec ces charmantes demoiselles et en profiter pour rafler quelques numéros de téléphone au passage... »
Et sur ces bonnes paroles, affichant un sourire de prédateur, il se leva pour rejoindre ses nouvelles proies. Kagami soupira, un peu largué. Kise n'était pas sensé préférer Kuroko ou Aomine ? Même pour un idiot comme lui, c'était flagrant...
Que faisaient ces filles par ici ? Kagami ne savait pas que les deux équipes de basket du lycée étaient proches... Mais ce n'était qu'un détail, après tout.
« T'es pas jaloux ? » S'adressa t-il alors à son ami.
« Non. Takao est beaucoup plus mignon qu'elles quand il porte une jupe. »
FACEPALM.
Penser à ne plus jamais poser de question au passeur de Seirin.
« Ok... c'est bon, je ne veux rien savoir. Rien du tout. »
« Dommage. » Répondit platement Kuroko.
Kagami tourna la tête pour se concentrer sur ce qui se passait sur le court. Ce fut d'abord au tour de l'équipe de Toho d'entrer et comme c'était à prévoir, Aomine n'était pas présent. Il resta assis sur le banc. Quand ce fut au tour de Shutoku de pénétrer sur la surface cirée, Takao salua énergiquement et joyeusement le public, comme à son habitude. Ce type était vraiment un bisounours monté sur ressors et il s'autorisa même à envoyer un baiser en direction de sa princesse Raiponce, assise dans sa tour. Kuroko répondit en faisant un mouvement de bouche des plus explicites avec sa paille.
Nul besoin d'être devin pour savoir que si le faucon gagnait ce match, Kuroko le récompenserait grassement...
Réprimant un frisson de dégoût, Kagami reporta son attention sur Midorima. Le shooter n'avait vraiment pas l'air dans son assiette... son teint était pâle et ses épaules étaient voûtées par le poids de la culpabilité. Certes, ce n'était pas le vert qui avait directement croqué l'entrecuisse d'Aomine, mais le résultat était le même et Aomine se retrouvait privé de match, alors qu'il l'attendait depuis des semaines...
Non, rectification, ILS l'attendaient depuis des semaines, tous les deux.
Ce n'était pas tous les jours que deux ex-membres de la glorieuse Génération des Miracles s'affrontaient et c'était la promesse d'un spectacle haut en couleur, non seulement pour eux-même, mais aussi pour le public. Alors Midorima était déçu et c'était bien normal.
A moins qu'il n'y ait autre chose...
Un fait qui concernait Kagami...
Ce match devait être l'occasion de mesurer leur niveau et progrès respectifs, mais également de se départager dans le cœur du tigre, même si leur intérêt amoureux commun en ignorait tout...
« Takao, as-tu pensé à l'objet chanceux du jour ? » Interrogea Midorima en trottinant vers son compagnon.
« Bien-sûr, qu'est-ce que tu crois ! C'était du chocolat, pas vrai ? »
Le binoclard acquiesça.
Et le brun fouilla la poche de son short pour en sortir ce que Midorima pensait être un carré de chocolat. Bon, ça risquait de fondre avec la chaleur qui régnait dans le gymnase, mais tant pis. Tant que cela lui octroyait la victoire, Midorima s'en moquait bien. Il avait déjà eu des objets beaucoup plus incongrus et encombrants à devoir porter.
Mais lorsque Takao lui offrit l'item porte-bonheur, Midorima s'étonna de sa texture un peu poisseuse. Il ouvrit alors la main pour l'examiner et son visage s'empourpra suite à ce geste malheureux.
C'était bien au chocolat.
Pas de doute, d'après la forte odeur facilement identifiable qui s'en dégageait.
Mais il ne s'agissait en aucun cas d'une tablette de nourriture et ce n'était certainement pas comestible, au sens premier du terme !
La main de Midorima se crispa et il se dépêcha d'enfouir honteusement l'objet du délit dans sa poche, parce qu'il avait beau avoir l'habitude des requêtes insolites d'Oha Asa, cette fois, Takao avait fait très fort en matière d'interprétation ! Le shooter aurait d'ailleurs bien quelques explications à exiger de la part de son équipier, mais cela pouvait au moins attendre le premier quart temps. Peut-être même se laisserait-il aller à molester Takao dans les vestiaires pour le punir de son outrecuidance...
Voyons le bon côté des choses : au moins, cet objet là ne risquait pas de fondre, à défaut d'être « convenable »...
Il espérait juste que personne n'avait vu de quoi il s'agissait, sinon il pouvait dire adieu à sa réputation de... de quoi au fait ? Il ne le savait pas réellement, mais ce qui était certain, c'est que ce fétiche était INCOMPATIBLE avec son image actuelle d'étudiant bien sous tous rapports !
Takao lui adressa un clin d'oeil complice et moqueur et Midorima serra rageusement les dents.
Ok, ce n'était donc pas une « erreur » de la part du faucon, mais bel et bien un geste prémédité.
Dans ce cas, cela changeait tout et le sort de Takao à la fin du match serait fort peu enviable.
Midorima se le jura sur son honneur de basketteur.
Il avait soudainement hâte de faire quelques trois points avec la tête de son bourreau...
Et voilà, c'est fini pour aujourd'hui !
La suite devrait arriver la semaine prochaine. *consulte sa boule de cristal*
...je l'espère hein !
Et ensuite, plus de match pendant un bon moment je pense et notre trio amoureux sera ENFIN formé !
A propos, quel est l'objet porte-bonheur "au chocolat" que Takao a pu donner à Midorima ? Quelques idées ? Faites m'en part en reviews !
Bonne semaine et merci de votre fidélité.
