Coucou ! Voici un chapitre assez long pour tenir tout le week end! lol. J'espère sincèrement qu'il vous plaira!
Merci pour vos reviews! (et merci à emmaD pour avoir confirmer que je n'avais pas fait d'erreur avec mon titre en latin! Je suis soulagée!! lol)
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 10 : L'Eden de Snape
Snape n'était pas quelqu'un d'impulsif. Il réfléchissait toujours avant de prendre une décision. Mais pas ce matin là !
Dès le réveil, cette envie spontanée s'imposa à son esprit.
Y aller !
Comme un leitmotiv, cette idée tournait dans sa tête.
Il voulait y aller.
Et il voulait y aller avec elle.
Dieu sait pourquoi il trouvait sa présence indispensable à ce séjour. Il fallait absolument qu'elle vienne avec lui. Point final. Et Snape n'avait pas envie de s'interroger sur les raisons de l'omniprésence de cette femme dans ses pensées.
Il ne voulait pas réfléchir. Il voulait juste partager ce petit secret, ce petit coin de Paradis avec elle. C'était tout. Après tout, Karmelis y était déjà allé alors pourquoi pas son esclave ?
Il refoula toutes ces pensées qui lui soufflèrent perfidemment à l'oreille des choses qu'il ne voulait pas voir. Non, non, non. Que sa conscience lui fiche la paix pour une fois ! Il ne voulait rien de Granger à part sa présence, c'est tout ! Non, il n'était pas attiré par elle. Absolument pas. Ni physiquement ni mentalement. Non. Elle ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout. Elle avait peut être de beaux yeux mais c'est tout ! Rien d'autre.
Et il y a sa bouche aussi… lui chuchota sa conscience. Cette bouche que tu avais envie de lécher quand tu l'as revue au marché des esclaves pour la première fois… puis que tu a failli embrasser l'autre jour... tu t'en souviens ?
Et ce grain de beauté qu'elle a dans le cou. Cette petite tâche délicate que tu te surprends souvent à avoir envie de goûter depuis l'incident dans la bibliothèque…
Oh ! Et le jour où elle se suça le doigt ! Dis moi, c'est cela que tu appelles ne pas avoir envie de quelqu'un… parce qu'il me semble que ton anatomie est en parfait désaccord avec ta définition du désir…
- Aaaargh ! Suffit ! cria Snape en tapant du poing sur son bureau.
Décidé à arrêter de penser, il prit sa cape la plus épaisse et se précipita dans les écuries où dormaient ses sombrals. Il sortit Hadès et lui monta sur le dos avant que l'animal ne donne de puissants coups d'ailes et de sabots pour décoller du sol. Le manoir s'éloigna au fur et à mesure qu'ils prenaient de l'altitude. Comme il se sentait libre quand il volait !
Il n'avait jamais aimer les balais. C'était trop commun, trop… trop Potter…
Non, voler sur un sombral, ça c'était la classe !
Potter, père et fils, pouvaient aller se rhabiller avec leur bouts de bois insignifiants!
Hadès entama une descente en piquée et Snape ne put résister à l'envie de laisser son torse partir en arrière et d'écarter les bras. Il avait l'impression d'être libre. Le vent et le froid lui fouettaient le visage et engourdissaient ses membres mais il n'en avait que faire. Il n'était qu'un homme dans les airs. Et cela n'avait pas de prix. Il n'était plus Snape le mangemort, Snape le traître, Snape le maître de potions, Snape l'aigri qui n'avait aimé qu'une unique femme, Snape qui avait laissé un fantôme s'accaparer son cœur… non, là, maintenant, il n'était rien de tout cela. Il était libre de sa conscience, de lui-même…
Hermione passait la serpillère dans le hall d'entrée lorsque Karmelis arriva vers elle, un sourire aux lèvres.
- Miss Granger, le maître m'a dit de vous avertir que vous partiez quelques jours.
L'esclave en lâcha sa serpillère.
- Partir ? Où cela ? Toute seule ? Rassurez moi, pas chez Malefoy ? Et combien de jours on…
- Miss, l'interrompit Karmelis en levant la main pour qu'elle se taise.
- Pardon, allez y je vous écoute.
- Merci, vous partez cet après midi pour une maison secondaire du maître. Il n'y aura que vous et lui rassurez vous. Vous vous occuperez du ménage, des lessives et de la cuisine comme lorsque vous êtes ici.
- Vous ne venez pas avec nous ?
- Le maître estime que ma présence ne sera pas nécessaire. C'est une toute petite propriété vous savez. Il n'a pas besoin de deux domestiques. Et je pense qu'il préfère vous garder à l'œil au cas où.
- On y restera combien de temps ?
- Eh bien, il m'a dit que vous fêteriez Noël là bas, je pense donc que vous devriez y rester environ dix jours car il doit revenir ici pour le Nouvel An.
- D'accord.
- Je vous souhaite un Joyeux Noël Miss Granger.
- A vous aussi Karmelis. Vous n'allez pas vous ennuyer ici toute seule ?
- Oh non ! Je vais enfin avoir la paix ! Ne le dites surtout pas mais le maître est toujours à me couver, comme si j'étais en sucre. Il a même installé dans ma chambre un tableau représentant un elfe qu'il a chargé de le prévenir si j'ai un mal quelconque ! Vous vous rendez compte ?
- Merlin, mais quel monstre ! s'exclama ironiquement Hermione. Vous avez de la chance. J'ai connu un elfe qui était vraiment maltraité par ses maîtres et qui en était malheureux.
- Je sais bien que je suis chanceuse mais un maître ne devrait pas considérer ses elfes de façon si … si humaine. Nous ne sommes rien que des elfes. Nous ne sommes rien du tout…
- Que je vous reprenne encore à dire que vous n'êtes rien du tout Karmelis et je vous libérerai, intervint la voix grave et menaçante de Snape.
- Oui maître. Pardonnez moi.
Puis d'un signe de la main, Snape lui fit comprendre qu'il ne lui en voulait pas et l'elfe put retourner à ses tâches ménagères tandis qu'Hermione jetait un bref coup d'oeil sur son ancien professeur. Il avait l'air réoxygéné. Comme s'il venait de prendre un bon bol d'air frais pendant une randonnée en montagne. Hermione se mordit la lèvre pour ne pas sourire en imaginant Snape avec un short, un T-shirt, un sac à dos et une casquette sur la tête.
Elle monta dans sa chambre pour faire ses valises. Sortir du manoir allait lui faire du bien. Changer d'atmosphère. Même si cette demeure était relativement grande ainsi que le jardin, elle avait fini par en faire le tour au bout de ces quelques mois à vivre ici.
Elle n'avait pas beaucoup d'affaires personnelles, juste des vêtements. Aussi elle ne mit qu'à peine un quart d'heure pour se préparer. Ce fut Karmelis qui s'occupa des bagages de son maître car il était parti faire une course.
A deux heures de l'après midi, il revint. Hermione l'attendait déjà dans le hall d'entrée. Après avoir dit au revoir à l'elfe, ils sortirent dans le jardin et Snape tendit la main à son esclave. Elle la prit et ce tout premier contact entre eux fut électrisant. Ils ressentirent tous les deux des frissons le long de la colonne vertebrale et mirent cela sur le froid qui les entourait.
L'un comme l'autre, ils refoulaient tant bien que mal les petits persiflements dérangeants de leur consciences…
Un « pop » et ils disparurent de l'allée…
… pour réapparaître au beau milieu d'une forêt enneigée.
- Il y a un peu de marche à faire, l'avertit Snape en commençant à avancer dans la neige, j'ai posé un rayon très large d'anti transplanage et de détections de présence.
- Je vois, lui dit Hermione en le suivant du mieux qu'elle le pouvait. Il marchait vite et elle était ralentie par toute cette neige. Pourquoi ne vivez vous pas ici constamment ?
- Cette propriété est mon secret. Personne n'est au courant de son existence. Je l'utilise comme retraite en cas de problème ou lorsque j'ai besoin de prendre du repos et de réfléchir.
- Pourquoi me montrez vous cette demeure alors ?
Snape s'arrêta et sembla peser le pour et le contre de sa réponse.
- Je pense que partager ce secret avec vous permettra de vous montrer que je vous fais confiance.
- Vous me faites confiance ? demanda Hermione interloquée
- Vous êtes quelqu'un d'honnête et d'intelligent. Je pense que oui, je peux vous faire confiance, du moins autant que je puisse faire confiance à quelqu'un et surtout à quelqu'un d'un camp ennemi.
- Et moi, puis je avoir confiance en vous ?
Snape soupira et son regard se perdit dans le vague.
- C'est une chose que je ne vous conseille pas, murmura t'il, les gens qui m'ont fait confiance ont tous été déçus. En ce qui concerne votre sécurité, je puis vous assurer que je suis digne de confiance, mais après… je ne sais pas.
- Je veux vous faire confiance, avoua t'elle, sincèrement maître je…
- Je vous en prie, l'interrompit-il agacé, cessez de m'appeler « maître » lorsque nous sommes que tous les deux. En privé, vous pouvez m'appeler « monsieur ».
- Merci.
- Oh non ! C'est surtout pour moi, répliqua t'il en recommençant à marcher, j'ai l'impression d'être un salaud fini en entendant un autre être humain m'appeler ainsi. Au début je vous obligeais à m'appeler ainsi pour vous énerver mais en réalité je ne supporte pas vous entendre dire ce mot. Je suis absolument contre l'esclavage. Cela ne devrait pas exister, ce n'est pas moral.
- Pourquoi m'avoir achetée alors ?
- Vous auriez préféré devenir l'esclave d'un des deux autres acheteurs potentiels ?
- Non, avoua Hermione en prenant conscience qu'il venait d'esquiver sa question en en posant une autre. Mais elle n'insista pas et le suivit du mieux qu'elle put.
La forêt avait l'air profonde et dangereuse. Lorsqu'Hermione vit une ombre se déplacer furtivement entre les arbres, elle courut se rapprocher de Snape.
- C'est une forêt très ancienne, lui expliqua Snape lorsqu'il vit son visage apeuré, elle n'est pas beaucoup plus vieille que la forêt interdite de Poudlard. Je vous déconseille de vous promener ici toute seule la nuit.
- Cette forêt vous appartient ?
- Non, dit il en souriant, la nature n'appartient à personne. Ma propriété englobe cette forêt mais elle n'est pas à moi. Tant que je ne la dérange pas la, elle n'est pas hostile envers moi.
- La forêt est … elle est vivante ?
- Disons qu'elle est habitée par un esprit, comme toutes les forêts. Cet esprit se nourrit de magie, alors plus elle est peuplée par des créatures magiques plus elle est vivante et puissante. La forêt interdite de Poudlard est particulièrement puissante. Elle parvient même à réfléchir par elle-même.
- Je pensais que ce n'était que des légendes païennes.
- Oui, c'est aussi ce que pensent les moldus. Que les esprits ne sont qu'issus du merveilleux païen et primitif. Si ils savaient la vérité ils seraient peut être plus respectueux vis-à-vis de la nature…
- Ou beaucoup moins. Connaissant la mentalité scientifique moldue je suis sûre que beaucoup la détruiraient dans le seul but de l'étudier.
- Peut être… ah ! Nous arrivons !
Hermione et Snape parvinrent en effet à une clairière assez vaste, totalement encerclée par la forêt. Au milieu se trouvait une petite maison en terre plein.
On dirait la maison des sept nains ! pensa la jeune femme avec un sourire aux lèvres
Le cadre était vraiment magnifique. Le toit de la maison ainsi que l'herbe de la clairière étaient recouverts de neige. A une trentaine de mètres de la bâtisse, se trouvait un petit lac gelé. Tout cela ne ressemblait pas à Snape, c'était trop … comment dire… romantique. En même temps, c'était éloigné de tout et en cela on pouvait reconnaître le solitaire maître des potions.
- Depuis quand avez-vous cette maison ? demanda t'elle tandis qu'ils traversaient la clairière.
- Depuis toujours, répondit il, c'est un héritage de mon grand père maternel, un sorcier. C'est le secret des hommes de la famille.
- Comment cela ?
- Eh bien, répondit Snape gêné, c'était un peu la garçonnière des Prince.
- C'est-à-dire ? questionna t'elle bien qu'elle commença à comprendre.
- C'est là qu'ils amenaient leurs maîtresses… mais je vous rassure tout de suite, j'ai brisé cette coutume stupide il y a déjà longtemps.
- Je suis rassurée, lui dit elle en riant.
Ils arrivèrent devant la porte d'entrée et Snape leva les sorts de protection après avoir vérifié que personne n'avait essayé de pénétrer les lieux. Puis il ouvrit la porte et la laissa passer en première.
Les seuls mots qui vinrent à l'esprit d'Hermione furent :
Petit mais chaleureux !
Le salon était en effet assez étroit si on le comparait à celui du manoir mais il avait été élégamment décoré. Il y avait une immense cheminée autour de laquelle étaient disposés plusieurs fauteuils en cuir couleur chocolat. La pièce était composée de couleurs naturelles comme le marron et le vert forêt. Il y avait beaucoup de plantes vertes ensorcelées pour ne pas mourir. Et comble du bonheur, sur tout un pan de mur se trouvait une bibliothèque. Snape sourit lorsqu'il vit ce qu'elle regardait avec cette expression d'extase sur le visage.
- Elle n'est certes pas aussi impressionnante que celle du manoir mais elle comporte beaucoup d'excellents ouvrages.
- C'est parfait ! déclara t'elle avec enthousiasme.
Il partit installer ses affaires dans sa propre chambre, la laissant découvrir la maison en toute liberté. Il y avait une petite cuisine toute mignonne, une seule salle de bain mais qui était très confortable, deux chambres, celle de Snape qu'elle ne visita évidemment pas, et la sienne qu'elle adora aussitôt.
C'était une grande pièce au style très épuré. Il y avait très peu de meubles. Uniquement une armoire en bois sombre, une coiffeuse et un lit immense en forme de rond sur une estrade en plein milieu de la chambre. Un lit comme elle n'en avait jamais rêvé. Elle ne put s'empêcher de s'allonger dessus pour le tester.
- Mmmmh parfait …
Une voix amusée provenant du seuil de la porte la fit se redresser brusquement :
- Miss Granger, je ne voudrais pas vous contrarier mais je ne crois pas que ce soit l'heure de se mettre au lit.
- Désolée monsieur, dit elle avec un sourire gêné, c'est juste que je n'avais jamais vu de lit comme celui-ci.
- Oui, c'est un peu fantaisiste à mon goût. Mon grand père avait une maîtresse qui avait des envies de luxe incontrôlables. Je peux vous le transformer en un lit plus traditionnel si vous préférez.
- Oh non ! Surtout pas ! s'écria Hermione en s'agrippant fermement aux draps. Maintenant qu'elle avait trouvé le lit de ses rêves, elle ne laisserait personne le lui prendre.
- Les femmes… soupira Snape en roulant des yeux.
Puis il disparut avec un dernier sourire ironique tandis qu'Hermione se laissait tomber à nouveau sur le lit. Parfait !
Ils passèrent les trois jours avant Noël à agir exactement de la même façon :
Ils se levaient tôt, se disputaient pour la salle de bain, Hermione préparait les repas tandis que Snape essayait de lui faire la conversation. En général il lui parlait de livres qu'ils avaient lus la veille au soir, devant la cheminée. Puis ils mangeaient en silence et partaient se reposer chacun de leur côté. L'après midi, Snape venait chercher Hermione pour une promenade dehors, ce qu'elle acceptait à chaque fois et ils rentraient fatigués et affamés. La jeune femme leur servait le dîner et ils passaient la soirée à lire ensemble.
Une vraie vie de couple ! Cette pensée les traversa tous les deux à des moments différents mais ils firent tout pour l'oublier aussitôt.
La veille de Noël fut un jour comme les précédents, sauf qu'Hermione fut prise d'une subite et invraisemblable envie tandis que Snape et elle marchaient dans la neige. Elle fit mine d'avoir du mal à marcher et ralentit tandis que son maître avançait toujours de son pas souple et rapide. Il ne s'arrêta que lorsqu'il sentit un projectile lui atterrir dans le dos.
- Miss Granger, grogna t'il sans même se retourner. Puis je savoir quel âge vous avez pour vous adonner à de telles puérilités ?
- Vous avez peur de vous faire massacrer, n'est ce pas ? fit elle amusée
- Tué par boules de neige, répliqua t'il, ce serait une fin terrible, en effet.
- Battez vous alors, lui dit elle en lui lançant une autre boule en plein dans ses cheveux noirs.
- Je ne suis pas un gamin Granger, beugla t'il en se retournant. Même quand j'en étais un je ne pratiquais pas ce genre de jeu stupide ! Et ce n'est certainement pas une espèce de chipie qui va me…
Mais il fut interrompu par une autre boule qui s'écrasa en plein sur son visage. Hermione était écroulée de rire mais lorsqu'elle vit le regard qu'il lui lançait elle s'arrêta aussitôt.
- Vous allez me le payer ! menaça t'il en se baissant pour récolter de la neige dans sa main.
Ni une, ni deux, la jeune femme courut se mettre à l'abri derrière un arbre.
Snape fit plusieurs boules qu'il aligna devant lui puis il leur lança un sort et aussitôt elles se levèrent dans les airs et se dirigèrent vers l'arbre où Hermione se cachait.
Elle les vit arriver vers elle et bondit hors de sa cachette pour courir se cacher derrière un buisson enneigé. Mais les projectiles étaient ensorcelés pour la poursuivre aussi ils volèrent jusqu'au buisson à grande vitesse. Avec un cri de stupeur Hermione se mit à courir et slaloma entre les arbres tandis qu'elle entendait les boules la suivre et se rapprocher. Puis, alors qu'elle jetait un coup d'œil derrière elle, elle percuta un arbre et tomba à la renverse. Elle allait insulter la maudite cause de sa chute lorsqu'en levant le regard elle s'aperçut qu'elle n'avait pas cogné un arbre mais Snape. Avec un sourire victorieux il renversa sur elle une grosse masse de neige qu'il avait fait léviter en l'air, au moment même où ses boules ensorcelées s'abattait sur elle.
Hermione, recouverte de neige, lança un regard faussement en colère à Snape en l'insultant de « tricheur ».
- Mauvaise perdante! répliqua t'il avec un sourire ironique.
Il l'aida à se relever et ils décidèrent de rentrer avant d'attraper froid.
Hermione leur prépara un repas à la française ce soir là. Elle y mit plusieurs heures et regretta sincèrement de ne plus avoir sa baguette lorsqu'elle vit le tas de vaisselle qui l'attendait dans l'évier après avoir fini de cuisiner.
Comme tout était quasiment prêt et qu'elle ne voulait faire la sauce au beurre blanc qu'au dernier moment, elle décida d'aller prendre sa douche.
Elle longea le couloir en se tenant un peu au mur. Elle était épuisée. Elle ouvrit la porte de sa chambre et son regard fut aussitôt attiré par un élément intrus.
Sur les draps blancs de son lit se trouvait une robe. Une robe verte foncée.
Hermione eut un sourire amusé. Il n'y avait que lui pour tenter à la fois de la vexer et de lui faire plaisir. Elle attrapa la robe aux couleurs serpentardes et l'emmena dans la salle de bain. Après un bon bain aux huiles essentielles, (quel bonheur de vivre avec quelqu'un qui confectionnait ses propres huiles) Hermione coiffa ses cheveux en une longue natte et enfila la robe offerte par Snape. La robe prit aussitôt la forme de son corps pour l'épouser parfaitement. Hermione retourna dans sa chambre, jeta un bref coup d'œil au miroir de sa coiffeuse puis elle se dirigea vers … elle fit volte face et se reposta devant le miroir. Mais qui était cette fille ?
Hermione eut un petit rire surpris lorsqu'elle prit conscience que cette femme aux courbes tendres, au visage ovale et aux traits fins et féminins, parée d'une superbe robe verte mi-longue et sans bretelles, n'était autre qu'elle-même.
Elle se demanda brièvement si Snape allait la trouver jolie, puis elle chassa cette idée aussi vite qu'elle était venue. Elle n'en avait rien à faire que Snape la trouve jolie ou pas. Franchement rien à faire.
Hermione souffla un bon coup, angoissée et ne sachant pas pourquoi puis elle sortit dans le couloir. Elle entendait Snape qui faisait les cents pas dans le salon et se demanda ce qui pouvait tracasser son maître.
En fait, le sujet de tracas de Snape était cette fameuse robe. Avait il bien fait de lui acheter une si jolie robe ? Comment allait elle prendre ce cadeau ? Comment allait il réagir si elle ne portait pas la robe ? Serait il vexé ou indifférent ? Vexé assurément ! Un cadeau cela ne se refuse pas ! Mais peut être qu'elle allait considérer la couleur de la robe comme un affront. Dans le magasin, il avait revu mentalement ses grands yeux marrons et ses cheveux bruns et il s'était dit que le vert serait une couleur qui irait parfaitement avec le naturel qu'elle dégageait. Sauf qu'il ne s'était rappelé qu'ensuite que cette couleur était détestée par les Gryffondors. Est-ce que cette maladresse allait briser tous ses efforts pour avoir une relation plus ou moins amicale avec elle ?
Alors qu'il se prenait la tête dans les mains par désespoir, Hermione entra dans le salon.
Elle en resta bouche bée. Snape était élégant et habillé en moldu. Il avait vraisemblablement fait des efforts pour ce soir alors qu'elle ne l'avait jamais vu prendre soin de son apparence pendant toute sa scolarité. Il s'était même lavé et attaché les cheveux avec un lacet en cuir noir. Elle trouva que cette coiffure et la chemise verte foncée qu'il portait, lui allaient bien. Il semblait avoir perdu quelques années. Peut être qu'il aurait pu être un bel homme en fin de compte s'il avait commencé à prendre soin de lui beaucoup plus tôt. Enfin il restait toujours son nez crochu mais Hermione l'aimait bien. Elle aimait les hommes avec de grand nez. Elle les trouvait charismatique.
Une fois qu'elle fut remise du choc, Hermione toussota pour manifester sa présence.
Il releva la tête et fut désemparé par ce sourire tendre qu'elle lui offrit. Elle n'était de toute évidence pas en colère. Elle portait même sa robe verte et avait fait elle aussi quelques efforts esthétiques pour cette veille de Noël.
Elle a fait ça pour toi… lui souffla la petite voix folle de l'espoir.
Ils se sourirent, gênés puis Snape leur servit du vin. Il sentait qu'il y aurait besoin de plusieurs verres avant qu'ils se sentent à l'aise l'un avec l'autre. L'ambiance était trop étrange… bon sang, cela ressemblait à un premier rendez vous amoureux !
C'est ton esclave, c'est ton esclave, c'est ton esclave… répétait en boucle son esprit tandis que ses yeux dévorait la jolie brunette du regard.
Il ne comprenait plus rien à la situation. Pourquoi faisait il tout pour qu'elle passe une bonne soirée, pour qu'elle aime sa compagnie ?… pourquoi lui faisait il des compliments sur le repas qu'elle avait préparé ?… pourquoi est ce qu'il ne put détacher ses yeux de ses lèvres rouges ?… et merlin pourquoi avait il une incompréhensible envie d'écourter le repas et de lui faire l'amour sur cette fichue table ?
Merlin, j'ai envie d'elle.
Cette prise de conscience le submergea. Il n'avait pas voulu voir, pas voulu comprendre. Pendant quatre mois il avait repoussé cette évidence mais le fait était qu'il la désirait. Pire encore, il n'aimait pas que son physique… mais l'idée de tomber amoureux d'elle était encore inconcevable pour le cerveau de Snape qui n'acceptait que maintenant son attirance pour son esclave.
Pour oublier ce qu'il venait de réaliser, il sortit un digestif très très très fort. Leur repas était terminé et Hermione n'avait pas remarqué que son interlocuteur ne l'écoutait plus depuis un bon quart d'heure, perdue qu'elle était dans un monologue sur les vertus de la salive des scroutts à pétards dans les potions anti-insomnie.
Snape s'arrêta au cinquième verre de digestif. Hermione parlait toujours, l'alcool lui déliant la langue. Si cela la faisait jacasser, cela poussait plutôt Snape à agir spontanément.
C'est pourquoi, il se leva brutalement et l'interrompit alors qu'elle lui racontait comment elle avait crâmé la queue de son chat à quatre ans. Elle le regarda, surprise, lorsqu'il lui tendit la main.
- Accordez moi cette danse ! ordonna t'il
Constatant qu'il était un petit peu saoul, elle ne voulut pas le contrarier et lui donna sa main en se levant de sa chaise. Il fit un mouvement de baguette et une musique retentit dans la pièce. Un tango.
- Je… je ne sais pas danser sur cela ! lui avoua Hermione, rouge de gêne.
- Suivez mon corps dans ce cas, lui dit Snape en attrapant brusquement sa taille et en la collant contre lui.
Il retint un soupir de contentement. Il comprit à ce moment à quel point et depuis combien de temps son propre corps réclamait le contact avec le sien. Trop longtemps. Beaucoup trop longtemps. Il savait que demain il regretterait cette soirée, ce contact mais là tout de suite, il ne voyait que ces yeux surpris, cette bouche sensuelle, ces joues rouges, ces longs cils féminins, ce corps chaud contre le sien et cette robe verte qui lui allait à merveille. Elle était belle. Et il ne voyait qu'elle.
Puis, suivant le rythme de la musique et ses notions de tango, qu'il avait apprises à Poudlard lorsque les cours de savoir vivre étaient de rigueur, il fit un pas en arrière. Elle suivit son mouvement avec un peu de lenteur. Elle faisait tout son possible pour ne pas lui marcher sur les pieds et cette proximité entre leur corps la mettait mal à l'aise, la troublait.
Puis, au bout de quelques pas de danse, elle comprit le système et put prévoir les mouvements de son partenaire qui ondulait avec grâce et savoir faire. Il ne la lâchait pas du regard et elle avait du mal à le regarder. Il était vraiment perturbant ce soir.
Puis le tango toucha à sa fin et Hermione se rendit compte que la main de Snape avait glisser subtilement tout au long de la musique. Mais le tissus de sa robe était glissant, cela devait être la raison pour laquelle la main baladeuse se trouvait juste au dessus de la courbe de ses fesses…
Snape, mû par une envie inexplicable, profita des dernières notes pour renverser sa partenaire en arrière et poser furtivement sa bouche au dessus de sa poitrine. Elle ne sentit même pas ce baiser volé, trop étonnée de se retrouver soudainement la tête en bas. Puis elle éclata de rire. Snape devait être beacoup plus qu'un peu ivre pour agir comme cela.
Hermione tenta de faire la conversation après cette danse mais Snape était emmuré dans des introspections auxquelles elle n'avait pas accès. Elle déclara qu'elle allait se coucher et le remercia pour la soirée et la robe. Il hocha la tête. Il ne l'avait même pas écoutée !
Oh, ne lui en veux pas, après tout il a beaucoup bu. Son cerveau doit être en veille.
Hermione fit glisser sa robe le long de son corps, puis elle se faufila entre les draps soyeux de son lit. Elle avait adoré cette soirée jusqu'à ce que Snape décroche complètement de la réalité. En y réfléchissant un peu, Hermione se souvint qu'il avait commencé à paraître ailleurs bien avant d'entamer la bouteille de digestif.
Qu'est ce qui peut bien le travailler à ce point ?
C'est sur cette question, qui était destinée à rester sans réponse que la jolie brunette s'endormit dans son confortable lit rond.
Elle dormait profondément et depuis longtemps lorsqu'il pénétra dans sa chambre, s'assit au bord de son lit et la regarda avec tendresse et tristesse.
Comment pourrais tu vouloir de moi ?
Sur la douloureuse évidence qu'elle ne pourrait jamais éprouver la même chose que lui, il soupira et déposa un baiser sur le grain de beauté de son cou qui le tentait tellement. Elle gémit un peu en fronçant les sourcils, agacée d'être dérangée dans son sommeil. Il ne resta pas plus longtemps, de peur qu'elle ne se réveille et il sortit de la pièce à pas de loup.
Hermione commença sérieusement à s'inquiéter le lendemain lorsqu'elle vit que son maître avait l'air tout aussi paumé que la veille alors qu'il n'avait rien bu de la journée. Il ne l'entendait pas, restait à fixer le sol pendant de longues minutes, puis il se mettait brusquement à faire les cents pas dans le salon et desfois même il la fixait intensément pendant de longs moments. Il lui faisait un peu peur. Il avait l'air fou.
Hermione lui demanda plusieurs fois s'il allait bien, s'il était malade mais dès qu'elle posait cette question il la brûlait du regard. Ce qui était dérangeant dans ce regard, c'est que l'émotion intense qu'il dégageait était tout sauf de la haine. Cela la mettait de plus en plus mal à l'aise. Au point qu'elle proposa à Snape de rentrer au manoir. Il réfléchit quelques instants puis soupira.
- Oui, ce serait mieux… pour tous les deux.
Là-dessus, elle monta préparer ses affaires, à la fois soulagée de prendre un peu de distance avec ce Snape devenu si étrange, et mélancolique à l'idée de quitter cette tendre intimité qu'ils avaient instauré dans cette maison. Ils avaient partagé la même salle de bain, que diable ! Leur brosses à dents avaient cohabité autour d'un même lavabo. Ce n'était pas rien !!
Karmelis fut surprise de les voir revenir si tôt, mais ne fit aucune remarque. Elle suivit le proverbe sorcier qui veut qu'un bon elfe de maison est un elfe qui sait se faire oublier. Aussi elle se contenta de défaire les valises de son maître tandis que celui-ci s'enferma dans son laboratoire.
Il n'en sortit que pour dormir et aller aux toilettes. Karmelis avait reçu pour ordre de lui apporter ses repas directement dans son labo.
Hermione pensa qu'elle était indifférente à l'attitude de Snape mais en réalité leurs soirées à jouer aux échecs ou au piano, ou à lire au coin du feu, tous ces moments d'intimité lui manquaient. Depuis qu'elle avait été capturée, il était devenu une constante dans sa vie. Certes négative au début mais aujourd'hui… aujourd'hui ce n'était plus pareil. Non, ils avaient changé. Ou du moins ils s'étaient acceptés. Et ils s'étaient reconnus et appréciés. Si il n'avait pas été un ennemi, elle l'aurait aisément qualifié d'ami.
Là, elle ne comprenait pas ce qui arrivait à son maître.
Elle était perdue.
Et cela l'agaçait. Elle n'aimait pas ne pas savoir. Ne pas maîtriser un sujet, un problème.
Merlin, cet homme était une vraie énigme !
Alors, pour tenter de penser un peu moins à cet homme qui la préoccupait, elle se replongea jour et nuit dans la confection d'un antidote au Sleeping Beauty. Ses travaux étaient en plus facilités par l'absence de Snape dans les parages…
