Salut à tous ceux qui me suivent,
Voici la suite de cette histoire, j'espère qu'elle vous plaira. Bonne lecture !
DbZ0
PS : Réponse au RAR en bas
Contamination
[…]Une meute fonctionne en synergie avec l'alpha qui la dirige. Un lien d'une qualité particulière unit effectivement les lycanthropes selon une hiérarchie innée, qui s'impose à tous à travers les énergies ancestrales gouvernant leurs essences. Il y a une sorte de pacte vital entrainant une subordination naturelle, entre chacun des membres du clan et celui qui est suffisamment fort pour assumer le pouvoir des dominants. C'est d'autant plus vrai entre un loup-garou mordu et l'alpha qui l'a transformé.
La structure sociale de lycanthropes, par Éliane Deaton 1925 […]
Habillé en civil, Noah était assis au volant de sa voiture de flic, les nerfs à vif. Cela faisait une demi-heure qu'il était garé dans la forêt, à une cinquantaine de mètres de l'endroit dans lequel on avait amené son fils. La colère grondait dans ses veines et rien ne parvenait à apaiser ce qu'il éprouvait. Comment s'était-il laissé convaincre d'autoriser tout ça ? Il avait accepté qu'on emmène son adolescent dans les ruines de cette ancienne maison de maître. Il avait approuvé l'idée que son gamin soit donné en pâture à un monstre qui allait profiter de son corps et le transformer en une ténébreuse créature. Il avait consenti à tout ça et il ne cessait de se torturer avec ces idées depuis des heures.
En deux jours, il avait à peine dormi et le peu de fois où il l'avait fait, les songes qui l'avaient hanté ressemblaient aux pires hontes de sa vie. Pourquoi vivait-il ça ? Pourquoi d'insupportables désirs s'attardaient-ils dans ses pensées pour venir le torturer de perversion ? Cet étrange monsieur Deaton avait semblé comprendre quand il s'était incrusté chez lui avec Scott pour lui raconter l'invraisemblable. Il lui avait dit que Stiles avait inconsciemment usé d'une magie ancestrale et qu'il était le premier à en avoir fait les frais. Il lui avait assuré que le désir qu'il éprouvait n'était pas révélateur de ses attirances naturelles. Selon l'homme à la peau d'ébène, Stiles était un être très particulier, capable d'entrer en contact avec les énergies de l'envers ou un truc de frappadingue New Age.
Le shérif avait eu envie de casser la gueule de ce vétérinaire qui palabrait sur des choses qu'il ne subissait pas lui-même. Qu'est-ce qu'il savait du fait d'être un père soudainement envahi par le désir de posséder son fils ? Ce docteur de pacotille enrobait ça dans un discours précis, fait de connaissances qu'il était soi-disant seul à détenir. Il avait sorti un livre rapiécé qu'il avait présenté comme une bible pour les émissaires de l'absurde. Et c'était censé le convaincre ? Il avait fallu que Scott parle pour que Noah Stilinsky baisse les armes et tente de donner le début d'un crédit à toute cette foutue caricature d'histoire.
Si les propos du fils de Mélissa avaient gardé cette teneur paradoxale pour le shérif, ses attitudes authentiques et la sincérité de ses mots était parvenue à plonger l'homme dans le doute. Scott McCall n'était pas un menteur, il n'aurait jamais pu jouer si bien la comédie ou même inventer tout ça. Il avait vu des choses, il en était apparemment une victime aussi et il était déterminé à tout faire pour sauver son frère. L'invraisemblance d'un monde ne faisait pas le poids contre l'idée d'avoir une chance que tout rentre dans l'ordre, que Stiles redevienne son bébé et non plus cette créature servile, quémandant outrageusement à n'importe quel possesseur d'une bite d'apaiser le brasier de ses désirs.
Cette image faisait du mal à Noah. Elle s'imposait à lui constamment. Il revoyait son fils nu et suant se rouler dans ses draps, s'avilir sous l'empire d'une inextinguible soif de sexe. Il revivait la pression de ses cuisses sur ses hanches, le besoin d'entrer en contact avec sa virilité tendue d'impensable. C'était infernal, comme s'il était harcelé en permanence par une abominable envie qui l'ensevelissait dans l'humiliation la plus destructrice qui soit. Il refusait cela avec une haine renouvelée de lui-même, cette exécrable pulsion qui le brisait intérieurement.
En définitive, il s'était progressivement fait à l'idée que ce qui arrivait à Stiles soit l'expression d'un obscur envoûtement auquel il ne comprenait rien. Éprouver ce tiraillement n'était pas naturel, cela revêtait des formes que Noah Stilinski ne pouvait saisir ou même accueillir le sens. C'est en suivant ce sentiment que l'idée de l'existence d'une dimension magique lui était apparue de plus en plus admissible. Et dépité, il avait cédé, il avait permis qu'on fasse s'évader son fils de l'hôpital, qu'on l'offre à un loup-garou sorti de nulle part, à un dégénéré qui allait le baiser des jours durant.
Quand il y repensait, Noah avait envie de tout casser. Il était bousillé par ce dilemme, écrabouillé par cette impression d'aberration qui le laissait croire à des histoires de fantômes et de vampires, pour s'excuser d'être un enfoiré qui avait souhaité dépuceler son gamin. Et pourtant, demeurait cette question : si c'était lui le problème, pourquoi tous les hommes qui étaient entrés dans l'espace vital de Stiles l'avaient désiré aussi ? Il voulait tous les éliminer, les détruire, empêcher leurs salles pattes de toucher son unique fils. Mais était-ce pour les bonnes raisons ?
Alors qu'il ruminait dans son automobile, le shérif tirait sur ses cheveux pour se faire mal, imprimer en lui cette douleur qui lui donnait la sensation d'être toujours dans la réalité. Il avait envie de hurler, mais seul un grondement sourd sortait de sa gorge. Depuis hier après-midi, Derek Hale sautait son gosse dans cette baraque délabrée qu'il observait de loin. Noah avait de plus en plus de mal avec cette situation. L'idée qu'un type louche fasse toute sorte de choses indécentes à son gamin le submergeait d'animosité. Quand il imaginait ce qui se passait entre les murs de cette ruine, il devenait fou de rage et une sauvage envie de meurtre s'imposait à lui.
Il ne résista plus et sortit de son véhicule. Avec hargne, il claqua la portière, comme si elle était responsable de son état. Il fut immédiatement saisi par la fraicheur matinale, mais cela n'apaisa en rien la colère aveugle qu'il ressentait. Il observa le décor forestier qui laissait deviner les signes de l'automne naissant, mais son esprit demeurait obstinément rivé vers les vestiges carbonisés dans lesquels son enfant était cloîtré depuis un peu moins d'une journée.
Noah regarda le ciel et inspira profondément dans une tentative de reprise de contrôle sur cette colère qui envahissait son être. Cependant, la vue de cette voute bleue traversée par des nuages cotonneux se délitant dans les vents ne lui permit pas de recouvrer son calme. Il fit quelques pas autour de sa voiture de fonction et ses yeux se portèrent de nouveau en direction des décombres qui avaient jadis été la demeure de la famille Hale. L'amertume s'imprégna immédiatement dans ses chairs et il se décida à se rapprocher de l'endroit. Il posa machinalement sa main droite sur la crosse du flingue fixé à sa ceinture.
Au début, ses pas furent lents, mais plus il approchait de l'épave calcinée, plus cette frénésie qui stimulait son ressentiment s'activait à contaminer la moindre parcelle de sa faculté de jugement. Il oublia jusqu'aux raisons pour lesquelles il avait accepté cette situation, et seule l'idée qu'on abusait du corps de son fils dans un endroit glauque et insalubre guidait ses intentions. Lorsqu'il fut à quelques mètres de la porte de la maison délabrée, le shérif ferma les yeux et passa ses mains sur son visage avant de se saisir de son arme pour tirer en l'air. Un son détonnant se fit entendre et quelques volatiles effrayés s'envolèrent subitement.
― Hale ! hurla-t-il avec autorité. Sors de cette baraque pourrie et viens faire face au père du gamin que tu baises depuis des heures !
Une haine nouvelle imprégnait les traits fatigués de l'homme de loi, un sentiment qu'il n'avait jamais éprouvé avec autant d'intensité. Il tapota du pied et attendit quelques secondes avant de crier de nouveau.
― Magne ton cul et sort, sinon je rentre et je te plombe !
Sa menace était soutenue par une hargne peu commune quand on connaissait l'homme. Il était rare que Noah perde son sang-froid et même dans ces cas-là, il demeurait suffisamment pondéré et réfléchi pour éviter les excès en tout genre. Pourtant, dans l'état actuel des choses, il se révélait incapable de contrarier ces ressentis qui le poussaient à réagir de telle sorte, qu'il ne se ressemblât plus.
La porte s'ouvrit sur un gars d'une vingtaine d'années, qui passa le seuil, un sérieux inébranlable plaqué sur son visage. Il portait seulement un pantalon noir et marchait pieds nus. Noah le détailla gravement et ne put s'empêcher d'estimer qu'il était plutôt viril et athlétique.
― Shérif, dit-il alors qu'il traversait nonchalamment le perron.
― Tu vas avancer lentement et quand tu seras près de moi, tu te retourneras tranquillement pour que je puisse te passer les menottes. Est-ce que c'est suffisamment clair pour toi ? demanda agressivement le chef de la police de Beacon Hills.
― Je ne sais pas ce que vous faites, monsieur Stilinski, mais il m'avait semblé que vous aviez donné votre consentement pour tout ça. En tout cas, c'est ce que Scott et Melissa McCall ont prétendu, répondit flegmatiquement le ténébreux jeune homme qui ne paraissait pas du tout impressionné par la tournure que prenaient les événements.
Stiles fit timidement son apparition derrière son amant et son père lui jeta un regard troublé. Il portait seulement un maillot de corps, bien trop large pour lui. Le vêtement était suffisamment long pour recouvrir ses parties intimes du jeune. Il paraissait avoir retrouvé toute sa tête et il émanait de lui une sorte de maturité nouvelle. Quand son adolescent lui sourit craintivement, le cœur du shérif battit à tout rompre. La vue de son fils le chamboulait totalement et il ne savait pas vraiment ce qu'il ressentait. Était-ce du soulagement, de la sollicitude, ou une sorte de honteuse excitation qui prenait chaleureusement vie dans ses entrailles ?
― Papa, Derek ne viendra pas avec toi au poste et je ne vais pas rentrer à la maison aujourd'hui, intervint posément l'adolescent. Range ton arme s'il te plait. Laisse-nous finir ce que nous avons commencé. Ce n'est pas de Derek dont tu devrais me protéger, mais de tous les hommes qui vont bientôt venir pour essayer de m'avoir. Ils me cherchent peut-être déjà.
Le quinquagénaire se contraria immédiatement des propos que tenait son gamin. Il secoua la tête et pris une longue inspiration qui n'eut pas du tout l'effet escompté.
― Stiles, c'est n'importe quoi tout ça. Je ne peux pas laisser cette situation continuer. Comment veux-tu que je sois d'accord avec le fait que ce mec douteux te tringle ? Comment ! cria-t-il.
Il se rapprocha rageusement et à grands pas du perron. Pourtant, il se recula instinctivement au son du menaçant grondement qui sortit de la gorge du fils Hale. Lorsqu'il tourna vivement la tête pour le regarder, la peur le saisit. Les yeux du mec qui avait dépucelé son gamin étaient devenus rouge phosphorescent. Noah se hérissa dans de désagréables frissons et resserra sa prise sur son flingue pour viser la créature qui se révélait à lui.
― Papa, arrête ! Je t'en prie, ne fais pas en sorte que toute cette situation dégénère, s'interposa désespérément Stiles qui se plaça devant son compagnon pour le préserver. Derek est mon destin que tu le veuilles ou non, et tu vas devenir un loup-garou, comme lui.
― Jamais, ragea Noah dont tout le faciès se plia dans l'exaspération.
― Vous n'êtes pas là pour protéger votre fils, vous êtes là pour le revendiquer. Vous êtes soumis à ses phéromones comme tous les mâles qui ont assisté à ses chaleurs.
La voix de Derek devint profonde alors que les mots sortaient de sa bouche. Le lycanthrope luttait visiblement contre lui-même pour ne pas agresser le paternel de son compagnon. Il passa une main autour de la taille de Stiles pour coller son corps contre le sien et le shérif put voir les immondes griffes qui ornaient ses doigts.
― T'insinues que je veux grimper mon propre gosse, espèce de monstre répugnant ! Retire tes sales pattes de lui ou je te fais un troisième œil sanglant au milieu du front.
La main armée du policier trembla et son visage d'habitude agréable s'enlaidit d'écœurement tandis que son timbre s'éraillait d'agressivité. Stiles se révulsa immédiatement et Derek se détacha de lui pour se replacer en première ligne. Le plus jeune commença à montrer des signes de panique.
― Arrêtez ! hurla-t-il, alors que les deux hommes redirigeaient leurs attentions sur lui. Derek, rentre s'il te plait, ne reste pas là. Il faut que je parle avec mon père.
Le lycanthrope refusa en hochant négativement de la tête.
― Il voudra t'enlever contre ta volonté Stiles. Il n'est pas ici pour te protéger, mais en tant que prétendant résigné à te voler à moi. Si je ne le mords pas, il essaiera de me tuer, que tu le raisonnes ou pas.
Le shérif observa la manière dont le jeune homme tentait de convertir son fils à ses croyances débiles et cela l'enragea davantage. Il perdait peu à peu la boule, car tout ce que disait Derek était la vérité, mais Noah ne pouvait pas l'encaisser et il se rassurait de la légitimité de ses intentions derrière son bon droit de parent. Il passa sa main libre sur son visage et cogna le bord du canon de son flingue sur son front avant de crier de nouveau.
― Tais-toi Hale ! Stiles ne l'écoute pas, tu le connais seulement depuis un jour. Je suis ton père je… je ne veux que ton bien. Fais-moi confiance, dit-il, un désespoir nouveau dans son regard gris.
Stiles resta derrière son compagnon et montra une défiance vis-à-vis de son pater qui le blessa immédiatement. Pourquoi son adolescent choisissait-il le camp d'un inconnu, une affreuse créature dont il ignorait tout ? Quand le plus jeune prit la parole, Noah savait qu'il avait perdu et cela ne fit qu'amplifier la croissance de la boule de colère qui rongeait ses tripes.
― Alors dans ce cas, range ton arme Papa, accepte la morsure et laisse-moi avec Derek. Il est le bien qui m'apaise et nous devons finir de nous unir. Tout ce que t'a dit Scott est la vérité.
― Je ne vois pas pourquoi on continue de discuter, je suis ton tuteur légal, alors tu vas faire ce que je te dis un point c'est tout. Si dans deux minutes t'es pas dans la voiture, prêt à rentrer à la maison, je massacre le type qui abuse de toi, dit-il de façon tranchante, les mâchoires serrées, le corps raidi par toute la virulence qu'il éprouvait.
― Tu veux que ça recommence, que je ne sache plus qui je suis ! Que je me roule par terre comme une salope dégénérée, c'est ça ! vociféra Stiles, qui frissonna sous les courants d'air qui balayaient son corps à demi vêtu.
― Je m'occuperai de toi, répondit le shérif, déterminé.
L'adolescent se révulsa de nouveau et le dégoût dont il fit preuve transforma la fureur de Noah en blessure d'amour propre. Ses bras s'échouèrent le long de ses flancs. Dépité, il lâcha son flingue qui tomba à ses pieds. Il parut reprendre progressivement conscience de ces actes. Qu'était-il en train de faire ? Pourquoi ? Quand avait-il oublié de réfléchir ? Derek descendit lentement et resta à quelques pas du quinquagénaire qui fit semblant de ne pas le voir se rapprocher.
― Tu ne pourras pas m'apaiser, c'est seulement de cet être que tu veux éliminer que j'ai besoin pour calmer ce qui m'arrive. Il est mon destin. Si tu lui fais du mal, tu m'en feras aussi. Tu comprends ?
Les mots de Stiles ressemblaient à l'expression d'une consternation à laquelle aucun d'eux ne s'était préparé. Le jeune se laissa tomber sur ses genoux dénudés et sa position s'apparenta subitement à celle des gens qui supplient les divinités de leur venir en aide. Il jeta un regard implorant à son père qui déglutit son malaise.
― Papa, autorise Derek te mordre. C'est la seule manière d'être libéré du cauchemar que tu traverses. Depuis quand tu veux tuer des gens au lieu de les sauver ? Tu sais que ce n'est pas normal, tu le sais. Je t'en supplie, si je compte vraiment pour toi, accepte.
Les mots de Stiles se plantèrent dans la poitrine du shérif. Il doutait de tout, il était complètement perdu. Il regarda Derek de travers et redirigea son attention sur son fils. L'adolescent ne se remit pas debout et des larmes silencieuses coulaient sur ses joues. Il paraissait désespéré et cela contamina Noah qui se retint de venir vers lui pour l'embrasser. Il n'avait aucune idée du comportement qu'il devait adopter et ses yeux d'un gris métallique n'exprimaient qu'un douloureux égarement.
― Monsieur Stilinsky, je vais prendre ma forme de loup et j'appliquerais ma morsure là où vous voudrez. Ça ne sera pas long. Est-ce que vous êtes d'accord ? demanda le fils Hale qui se rapprocha imperceptiblement du quinquagénaire.
Le shérif se résigna et acquiesça sans pour autant détourner son regard de son fiston qui observait la scène avec appréhension. Quand il le vit contempler Derek, il fut curieux et c'est à ce moment qu'il constata toute la véracité que pouvaient revêtir les histoires qu'on lui avait racontées la veille. L'homme que Stiles avait réclamé dans sa fièvre était en train de se métamorphoser en une sorte d'hybride improbable. Ses iris devinrent rouges, ses oreilles s'allongèrent jusqu'à prendre une allure pointue et velue, ses canines grandirent tandis que de longs poils poussaient à une vitesse hallucinante sur ses joues, ses épaules, ses avant-bras.
Il y avait quelque chose de fascinant à être témoin d'une telle bizarrerie. Dérouté, Noah se retourna vers son fils qui admirait le spectacle avec une sorte de dévotion étrange dans le regard. Il n'était pas craintif se montrait totalement subjugué par la différence de son compagnon. Une pointe de jalousie traversa le cœur du shérif, qui baissa la tête et tendit sa main vers la créature. Son instinct lui criait de fuir, de ne pas rester dans l'environnement de cette créature anormale si ce n'était pour la détruire. Pourtant, il se fit violence, ferma les yeux en attendant la blessure qui allait le contaminer, le transformer en autre chose qu'un simple être humain.
― Fais vite, je suis à deux doigts de ramasser mon flingue pour te trouer le cuir, grommela l'homme.
Il sentit la main rude de Derek se saisir de sa paume. C'était une sensation étrange, comme si les phalanges des doigts qui l'enserraient étaient devenues des coussinets. Il crispa ses paupières quand un souffle humide et chaud s'échoua sur sa peau pour la faire se hérisser d'un dégoût viscéral. Puis il se tendit sous l'effet d'une pointe de douleur pénétrante, qui partit droit à son cœur pour le contraindre à battre dans un effroi nouveau. Son sang fuyait désormais tièdement de ses chairs souillées, et sa main fut lâchée.
― Vous devriez mettre une bande même si demain il n'y paraîtra plus rien.
La voix du lycanthrope aux échos de grondement animal redevint humaine quand Derek conclut sa recommandation. Le shérif ouvrit les yeux et examina la morsure qu'il venait de subir. Il eut immédiatement envie de l'oublier et releva la tête vers son fils qui demeurait à genoux sur le perron, ses iris rivés dans les siens. Un vent frais balaya les environs et Noah ignora la désagréable sensation qui parcourut son corps de frissons incongrus. Seul comptait le dilemme qui lui torturait l'âme, il ne parvenait plus à déchiffrer les attitudes de Stiles.
― Vous allez être malade. Dans moins d'une heure, vous serez pris d'une forte fièvre. Allez voir le Docteur Deaton, je vais appeler Scott pour qu'il vous y accompagne, intervint Derek qui s'était détourné pour essuyer sa bouche brillante du sang de son futur bêta.
Il y avait comme de la honte dans le ton qu'il employa. Étrangement, cela rassura Noah, lui fit éprouver un inexplicable respect envers celui qui lui avait infligé sa morsure. Derek n'avait pas agi de gaité de cœur, il n'avait pris aucun plaisir malsain à l'infecter, il ne souhaitait pas ce qu'il avait dû faire. Il y avait un humain conscient et scrupuleux derrière le monstre qu'il pouvait devenir. Quand le shérif lui accorda son attention, Derek semblait pourtant ailleurs, alerté par quelque menace invisible à l'horizon. Il était tendu et humait l'air comme s'il y comprenait un danger que ni Stiles ni son père ne pouvait percevoir.
― Stiles, rentre. Monsieur Stilinski, vous feriez mieux de ramasser votre arme, nous allons en avoir besoin, ordonna le loup-garou sans même les regarder.
― Qu'y a-t-il, qu'est-ce qui se passe ? exigea le shérif avant de voir son gamin se relever pour observer dubitativement dans la même direction que son compagnon.
― Peter, mon oncle, il vient à notre rencontre, je le sens sur notre territoire. Il est très dangereux. C'est lui qui a tué ma sœur, qui a mutilé son corps pour lui voler le pouvoir que je possède désormais. Il veut récupérer ce que j'ai loyalement gagné, gronda agressivement Derek qui reprit sa forme de loup-garou.
Noah acquiesça gravement et s'accroupit pour saisir son flingue. Ils allaient faire face à un criminel d'une nature monstrueuse et seul son désir de mettre son fils à l'abri du danger endigua l'angoisse qui poignait à présent dans ses tripes. Sans se retourner vers lui, il réitéra à Stiles l'ordre de l'alpha et se prépara sérieusement à la confrontation qui s'annonçait. Il se mit en position pour tirer, orientant son flingue là où le regard scrutateur de Derek s'arrêtait.
RAR :
Didinou : Merci !
Sinhji Inu : Oui, effectivement, ça va être un beau bordel ! Enfin, j'espère que je vais réussir à résoudre tout ça de façon cohérente. J'espère que je ne t'ai pas fait faire de bourde dans ton montage de meuble ^^. Prend soin de toi et peut-être à la prochaine. Merci pour tes mots, Biz !
Invoges : Oh c'est trop gentil ! Je te remercie pour ta review, ça m'a fait super plaisir. Oui, moi aussi je les adore ces deux là, ils me font trop craquer quand j'imagine leur relation. Bien à toi et Kiss !
Julie-Deolivera : Merci beaucoup ma tite Julie ! Oh ton compliment me va droit au cœur, ça fait tout chaud à l'intérieur. C'est un cadeau tout doux pour le moral. J'espère que tu continueras d'aimer. Bonne continuation ma belle, et à bientôt ! Bisous.
Mikawaii-chan : Oui, je les ai imaginer très fusionnel. Et oui, tu as tout compris et tu en as eu la preuve dans ce nouveau chapitre qui je l'espère, te plaira. Prend soin de toi et merci pour ton retour et tes vœux, c'est touchant. Bises de la nouvelle année !
