Note de moi: On revient super vite, eh oui... On a déjà écrit ce chapitre-là, alors inutile de vous faire poireauter plus longtemps.
Donc, comme d'habitude, nous vous remercions tous énormément, merci de nous suivre tout au long de ce périple lol Ca nous touche beaucoup. Nous espérons que vous prenez toujours autant de plaisir à nous lire que nous à vous écrire cette délicieuse torture.
Ce chapitre-là, va être assez soft lol Le lendemain de leur fameuse première fois... Les sentiments vont peu évolués ( pour Harry du moins, Draco va rester Serpentard pendant encore pas mal de temps lol ) mais nous vous réservons encore beaucoup de surprises, notamment pour le prochaine chapitre.
Vous allez en savoir un peu plus sur le passé de Draco... Je n'en dis pas plus!
Merci aux anonymes aux quels nous ne pouvons malheureusement pas répondre...
Bizouxxx! Bonne lecture et à la prochaine! Tcho!
Chapitre dix: Possession
- Draco -
Quand il se réveilla, quelques minutes ou heures plus tard, sa première vision fut un cafard qui passait furtivement sous son bureau. Il était allongé à plat ventre, au milieu de son repaire. Puis son dos se rappela douloureusement à lui, et il tenta de se relever, en vain.
Il serra les dents pour réprimer un gémissement. Potter n'y était pas allé de main morte. Tout son dos n'était qu'une plaie vive et il se demanda comment il allait se soigner.
Il n'y avait qu'une personne qui pouvait l'aider, il le savait parfaitement.
Mais il répugnait à la solliciter. D'habitude il débrouillait seul, et il ne tenait pas à ce qu'elle le voie dans cet état-là.
Il y avait des limites dans l'abjection qu'on peut imposer à une épouse, et elles avaient allègrement été franchies.
La douleur lui permettait cependant de ne pas repenser à la scène. Il décida de fermer son esprit momentanément au passé et essaya à nouveau de se relever.
Il n'avait pas le choix. Personne ne viendrait le retrouver dans son refuge, son accès étant formellement et définitivement interdit à quiconque.
S'il n'allait lui-même solliciter l'aide de son épouse, elle ne se permettrait jamais de venir, fût-il mourant.
Au prix d'un effort intense, il se remit debout, les mâchoires crispées, les poings serrés.
C'était un autre aspect du jeu, se dit-il pour se rassurer. C'était comme une cuite monumentale, ni plus ni moins.
Un prix à payer pour le plaisir pris.
Le prix à payer pour se purifier.
Il atteignit difficilement la porte et appela Astoria d'une voix morne.
Pas de réponse.
Il se demanda quelle heure il pouvait bien être, puis griffonna quelques mots en grimaçant, réveilla son hibou, et l'expédia dans les escaliers avec le message.
Quelques minutes plus tard, elle apparut et poussa un petit cri d'effroi en voyant l'état de ses vêtements. Il soupira et dit en grimaçant :
" Tu as bien pris la bonne potion et le coton ? Bon, alors soigne-moi. Et je ne veux pas entendre une parole.
- Mais…
- Pas un mot, Astoria! "
Elle baissa les yeux et acquiesça.
Il s'assit sur le bord d'une chaise et s'apprêta à souffrir. Il avait deux potions pour ce cas de figure. Une indolore, l'autre non. Qu'il utilisait selon les circonstances, en fonction de la gravité de ses actes et du degré de punition qu'il devait s'infliger. Selon ses propres critères, bien sûr.
Lorsqu'elle retira les lambeaux de vêtements collés à son dos, il la sentit vaciller. Il serra les dents quand le coton toucha la première plaie, en haut de sa nuque.
Il savait qu'elle retenait son souffle et faisait le maximum pour ne pas le faire souffrir.
Alors que la souffrance était purificatrice.
Nécessaire.
Absolument indispensable.
Il se rappela de la manière dont Rogue le soignait après chaque séance avec Voldemort.
Comment il l'attendait, sombre, sourcils froncés, la potion et le coton en main. Et toujours les mêmes paroles :
" Je ne veux pas entendre un mot, Malfoy. "
Comment lui s'asseyait sur le bord de la chaise, tentant de retenir ses larmes. Les gestes de Rogue étaient toujours précis et rapides. Désincarnés.
Une seule fois, la première sans doute, Draco s'était permis un sanglot étouffé et Rogue avait posé sa main sur son épaule, quelques minutes, sans un mot. Il se souvenait qu'une idée bizarre lui avait traversé l'esprit, à ce moment-là, sans doute due à son inexpérience : que s'il ne devait ni parler ni pleurer c'était pour protéger son professeur. Que peut-être ses larmes innocentes auraient pu lui briser le coeur. Il avait vite chassé cette idée, et il s'était habitué.
Après, il n'avait plus jamais pleuré. Jamais.
Rogue l'initiait, semaine après semaine, aux jeux pervers de Voldemort, pour le préparer. Pour l'entraîner, comme on entraîne un jeune soldat à la guerre. Pour l'endurcir.
D'ailleurs c'était la guerre, en dernière année. La guerre contre Potter et les sangs mêlés.
Au début, il s'était presque senti fier d'avoir été remarqué, choisi par Voldemort. C'était un peu ce que lui avait laissé entendre son père avant la première « entrevue ». Quand il était rentré au Manoir, ce soir-là, son père avait détourné le regard devant ses yeux rougis et il avait su qu'il ne devrait espérer aucune aide.
Qu'il n'y aurait pas de salut, pour lui, en dehors de la souffrance.
Alors Rogue l'avait initié, et soigné.
Et il avait pris goût à la souffrance, pour ne pas devenir fou.
Rogue n'avait jamais manifesté le moindre émoi en sa présence, comme s'il appartenait déjà au Seigneur des Ténèbres. Comme s'il n'était déjà plus un être humain mais un jeune corps vigoureux destiné au sacrifice.
Il lui avait tout appris, tous les jeux, tous les sévices, méticuleusement, froidement, comme s'il s'était agi d'un banal cours de potion.
Sauf que là l'objet de l'expérience était encore vivant, et que c'était son propre corps.
Finalement la mort de Rogue puis de Voldemort avait interrompu les séances et il s'était senti seul, perdu.
Peu après il avait commencé à collectionner les papillons et à chasser de petits rongeurs.
La tête lui tournait légèrement. Astoria descendait précautionneusement, le long de son dos, déglutissant difficilement et les bouts de coton rougis s'accumulaient au sol. Il ne prenait plus garde à la douleur, mais une nausée l'envahissait peu à peu, sans qu'il sût vraiment pourquoi.
Il avait déjà vécu pire, non ? Et c'était exactement ce qu'il recherchait, non ?
Alors pourquoi ce malaise ?
Soudain il comprit : parce qu'il s'était laissé aller à la précipitation. Il avait couru rejoindre Potter comme un écervelé et il le payait maintenant.
Leur rencontre brutale n'avait pas été préparée, planifiée, codifiée.
Comment avait-il pu être assez idiot pour le rejoindre sur une impulsion bestiale ?
Il avait bafoué toutes les règles en la matière, dans un moment d'égarement.
Or le protocole ne souffrait pas d'entorse.
Et Potter avait appris vite. Trop vite.
Lorsqu'elle atteignit le rein droit de son mari, Astoria fronça les sourcils : les cicatrices étaient régulières, comme un tatouage. Quand le dernier morceau d'ouate découvrit les initiales gravées dans la chair, elle poussa un petit cri.
Draco ferma les yeux douloureusement.
L'inefficacité et l'incompétence de son épouse exacerbaient sa colère. Il se tourna vers elle, retenant une grimace, et demanda :
" Astoria ?…Qu'est ce que tu as vu ?? Qu'est ce qu'il y a en bas de mon dos ?? "
Elle battit des cils, apeurée.
" Réponds Astoria, ou ça va très mal se passer.
- Il …il y a deux lettres… "
Immédiatement il sut.
Potter n'avait pas menti.
Maintenant, il lui appartenait.
Il l'avait tatoué à vif, comme un animal. Comme quand il avait reçu la marque des ténèbres, il y a longtemps.
Etrangement, ça n'accrut pas sa colère, mais son malaise.
Un vertige inhabituel s'empara de lui. Une sensation inconnue.
Il se leva, titubant, et repoussa la main de sa femme :
" Laisse-moi, Astoria. Va-t-en.
- Tu es sûr ?
- Va-t-en. Tout de suite. "
Elle repartit rapidement, sachant qu'elle ne devrait plus jamais en parler, ni y faire allusion, sous aucune forme.
Grâce à un sort il répara ses vêtements, fit disparaître les cotons et se rassit à son bureau, droit.
Le fait de penser qu'il avait la marque des initiales de Potter dans son dos l'obsédait.
Le reste était anecdotique, en comparaison.
Peu à peu, des flashs du passé s'imposèrent à son esprit, sans qu'il puisse lutter contre eux.
Voldemort murmurant dans son cou.
Voldemort faisant glisser ses ongles dans son dos, longuement, les yeux injectés de sang.
La respiration rauque. La pénétration brutale. Le sperme qui giclait sur lui, tandis que lui essayait de se soulager, désespérément.
Les mêmes gestes, exactement.
Comment Potter avait-il su ? Qui lui avait dit ?
Les coups sourds étaient revenus, aussi. Il se boucha les oreilles, en secouant la tête, mais les coups sourds étaient toujours là, s'amplifiaient, même.
D'où venaient-ils ? Comment s'en débarrasser ??
Il se sentait tendu, oppressé. Angoissé.
Qu'est ce qui lui arrivait ?
Qu'est ce qui s'était passé qui le tourmentait ?
Il avait l'habitude de la souffrance, pourtant. Qu'est ce qui avait dérapé ?
Heureusement, il ne l'avait pas embrassé, ni caressé. Il n'y avait eu ni tendresse ni complicités entre eux. Juste deux malades qui se défoncent dans le noir.
Il tenta de chasser la dernière vision de Potter de son esprit, et secoua la tête.
Pour la première fois depuis longtemps, il était en passe de perdre son sang froid. Il se leva et marcha à grands pas dans son bureau, le ventre noué, la nausée au bord des lèvres.
C'était comme une urgence, un appel. Le besoin de quelque chose. L'envie de fuir.
Il se rendit à la lucarne, l'ouvrit et respira longuement les embruns glacés. Les éléments semblaient déchaînés, participant à son chaos intérieur.
Puis, insensiblement, la morsure du froid lui éclaircit les idées et apaisa l'angoisse logée dans son estomac.
Il se retourna, regarda son hibou et sourit. Oui, il allait lui écrire. Lui cracher son venin, et après il se sentirait mieux. Forcément.
Il prit sa plus belle plume, et commença à écrire, d'une main légèrement tremblante.
Je tiens à te féliciter, Potter.
Tu as très rapidement assimilé mes petites leçons et je dois reconnaître que ta prestation d'hier, si elle manquait de précision et de planification, ne manquait pas de courage, ni d'inventivité.
La fougue de la jeunesse, j'imagine. Mais tu es un bon élève. Très bon même.
A moins que tu n'aies ça dans le sang ??
Tu m'as possédé, Potter, je ne le nierai pas.
Tu as possédé mon corps et mon âme avec une cruauté consommée, et une absence de scrupule qui t'honore.
Tu as sans conteste remporté cette manche, l'état de mon dos en atteste.
Mais je crains bien d'avoir remporté le match, Potter.
Car moi aussi je t'ai possédé.
Ou plutôt je te possède, comme le Mal prend possession des âmes faibles.
Car le Mal est en toi, maintenant. Définitivement.
Tu as basculé du côté des Ténèbres, Harry.
Te rends-tu compte de ce que tu as fait ?
Te rends-tu compte de quel summum d'abjection tu as fait preuve, avec ton couteau ?
Sais-tu que tes agissements sont répréhensibles et passifs de sanctions pénales ? Que je pourrais t'envoyer à Azkaban ou en prison pour de longues années devant n'importe quel tribunal, même moldu ?
Je ne te jette pas la pierre, oh non.
Ces agissements, c'est moi-même qui te les ai soufflés.
Et tu m'as écouté. Et tu t'es soumis. Oui, tu t'es soumis en acceptant de jouer à mon jeu avec mes règles.
Et pas par la contrainte. De ton plein gré.
Et en jouissant.
Si tu avais été un Héros, Potter, un vrai, tu n'aurais pas accepté ça.
Tu aurais lutté pour ces nobles causes que sont l'amour, le respect, la fidélité.
Tout ce pour quoi tu t'es battu dans ta jeunesse.
Tout ce pour quoi sont morts tes parents, Dumbledore, Rogue et tous les idiots qui t'ont suivi aveuglément. Crois-tu que ta mère a donné sa vie pour que tu me lacères le dos avec délice, tout en me violant, alors que j'étais sans défense ? As-tu seulement une idée du niveau de souffrance que tu m'as infligé ?
C'est ça ta vision du monde, Potter ? Tes idéaux ?
Tu t'es bien moqué d'eux.
Ils sont morts pour sauver un pervers.
Car Harry Potter n'est plus qu'un pervers, maintenant. Une loque humaine. Un résidu de la société. Comme moi.
Je t'ai tendu le calice empoisonné et l'as bu jusqu'à la lie. Avec délectation.
Le petit fragment de l'âme de Voldemort est bel et bien toujours en toi, et il grossit de jour en jour, de perversion en perversion, grâce à moi.
Son ultime victoire.
Car il s'est totalement emparé de toi, maintenant.
Sais-tu qu'hier soir tu as accompli tous ses gestes, faisant preuve de la même cruauté, de la même fougue ? Que tu as apposé ta marque sur ma peau comme il avait apposé la sienne ?
Félicitations, Potter, tu es bel et bien le digne successeur de Voldemort.
Draco relut sa lettre, fébrile, et l'accrocha à la patte de Melchior. Il ouvrit le hublot et le regarda s'éloigner, inquiet.
Une douleur lancinante oppressait sa poitrine. Une douleur inconnue, qui ne passait pas.
La prochaine fois, il faudrait qu'il souffle à Harry l'endroit où il voulait que le brun lui enfonce le couteau.
Juste entre la 3ème et la 4ème côte.
Et la douleur s'arrêterait.
- oOo – oOo –
Il tournait en rond, dans son repaire, ses mots repassant en boucle dans sa tête, depuis des heures, encore et encore. Et Potter ne répondait pas.
Il était midi. Astoria l'attendait. Ses enfants l'attendaient.
Mais il recommença à tourner autour de son bureau. 19 pas exactement. Pas un de plus. Toujours cette douleur dans sa poitrine. Toujours cette nausée, ces battements sourds.
Et Potter qui ne répondait pas.
Il s'en moquait, de toute façon, de sa réponse. C'était pure curiosité.
Aucun intérêt, fondamentalement.
Juste un jeu.
236 pas plus tard, il s'assit à son bureau et attrapa un parchemin vierge.
Alors Potter, je t'ai cloué le bec, c'est ça ?
Tu t'es enfin rendu compte que tu n'es plus qu'une vermine, maintenant, et grâce à moi.
Ton silence est ma plus belle victoire, Potter, parce que tu viens de t'apercevoir que tu t'es fait avoir par ton pire ennemi. Rouler comme un bleu.
Tu viens de t'apercevoir que tu n'es plus un héros. Seulement un paumé. A peine un être humain. Parce que quand on a besoin de faire couler le sang pour bander, de le lécher pour jouir, on n'est plus humain, crois-moi.
Quand je pense que tu prétendais me donner des leçons sur la manière de faire l'amour !!
Quelle honte, Potter.
Pense à tes enfants. Pense à Ginny. Et si elle apprenait comment tu prends ton pied, maintenant ?
Remarque, je ne m'inquiète pas, elle le découvrira bien, la prochaine fois que tu devras lui faire l'amour et que tu ne pourras pas t'empêcher de la baiser comme une chienne, elle aussi. Contre un mur et par derrière.
Elle va tomber de haut, ta Rousse, quand elle saura que tu ne rêves que de te faire enfiler par une raclure.
Parce que c'était bien le sens du « Serpentard au fond de moi », n'est ce pas ? Tu en avais envie, et dès le début….
N'aie crainte, Potter, tu auras satisfaction. Bien au-delà de tes espérances.
Quand j'en aurai fini avec toi, Harry, tu ne sauras même plus comment tu as pu jouir avant de connaître ça. Tu me supplieras d'arrêter et tu me supplieras de continuer.
Tu es fichu, Potter.
Alors tu peux bien te cacher, pleurer, regretter, me demander pardon, même, tu ne t'en sortiras pas.
Tu ne m'échapperas pas.
Il attacha la lettre à la patte de Melchior avec un sourire satisfait, et ouvrit le hublot. Ce serait bien le diable qu'il ne réponde pas cette fois.
- oOo – oOo –
Au bout de 5321 pas il enfonçait ses ongles dans ses paumes et ses plaies le brulaient comme jamais. Il savait qu'il était temps de changer les pansements, de remettre de la potion sur son dos meurtri, mais il ne pouvait pas quitter le hublot des yeux.
Encore un tour, et un autre, et la réponse serait là. Elle allait arriver, il en était sûr. Ses plaies pouvaient attendre. Ses enfants pouvaient attendre, sa femme pouvait attendre, et ses oiseaux qu'il n'avait pas nourris depuis deux jours, et les papillons qui attendaient sagement la mort.
Il repartit vers le hublot et scruta le jour qui s'évanouissait dans l'eau.
Ou était ce fichu hibou ? Quand il reviendrait les pattes vides, une fois de plus, il le punirait de l'avoir fait attendre aussi longtemps. De qui se moquait-il ?
Comment osait-il ne pas répondre ?
Draco était à bout. Il avait chaud. Il avait froid. La nausée était si forte qu'il pensa qu'il allait vomir, mais il n'avait rien avalé depuis deux jours.
Quand il sentit que ses jambes allaient le lâcher, il s'assit à son bureau et prit un parchemin.
Je t'avoue, je suis déçu, Potter. Je te croyais plus courageux que ça.
Quand il s'agit de me lacérer alors que j'ai le dos tourné, de me baiser sans vergogne, tu es là. Mais quand il faut rendre des comptes, assumer, il n'y a plus personne.
Tu crois quoi ?
Que tu vas m'oublier ?
Que tu vas oublier le goût de mon sang, le bruit de ma chair qui se déchire sous ton couteau ?
Non. Jamais, Potter.
Parce que le souvenir sera toujours là. Et le désir aussi.
Alors j'attendrai, Potter. C'est ma grande qualité. Et un jour, tu viendras me supplier.
Ce jour-là, je te rirai au nez, Potter.
Parce que tu n'es rien pour moi, qu'un vague passe-temps. Une pute au rabais.
Rien.
Il se retourna en entendant le hibou frapper au hublot. Il se leva d'un bond mais constata avec rage qu'il ne portait pas de réponse. Il résista difficilement à l'envie de le décapiter d'un coup de couteau, en pensant qu'il avait encore besoin de lui.
Puis, épuisé, il glissa à terre et s'endormit d'un sommeil fiévreux.
oOo
- Harry –
" ... Il est malade. Je ne sais pas trop ce qu'il a mais mes connaissances en médicomagie n'y peuvent strictement rien. Ginny l'a trouvé évanoui hier matin, et depuis, il ne se réveille plus. Disait la voix inquiète d'Hermione étouffée par la porte de sa chambre.
- Ce n'est pas possible! On ne tombe pas dans les pommes comme ça ! Répliqua la voix de Ron sur un ton bourru.
- ... Il est bizarre depuis des semaines, nous n'avons plus les même rapports qu'avant... Il... Il reçoit beaucoup de courrier, des fois plusieurs fois par jour. Murmura la voix de Ginny.
- Un hibou noir est arrivé avec une lettre, tout à l'heure. Enchaîna le rouquin.
- Oui! C'est la troisième, aujourd'hui. J'ai l'impression que c'est la même personne... J'ai peur qu'il... Qu'il...
- Ne dis pas n'importe quoi, Ginny! Harry ne te tromperait jamais, il t'aime trop pour ça. " Coupa Hermione sur un ton catégorique.
Harry essayait tant bien que mal d'ouvrir les yeux. Il avait incroyablement chaud, et sentait des gouttes de sueur couler le long de ses tempes. Sa bouche était sèche et son cœur, qui battait régulièrement, le faisait souffrir le martyr.
Lorsqu'enfin, il réussit à ouvrir les paupières, sa chambre dansait devant lui, tout tournait, et il se passa une main tremblante et moite sur le visage, espérant que cela passe un peu. Il finit par se redresser et chercha à tâtons ses lunettes sur la table de chevet à côté de lui. Une fois mises en place, il se versa un grand verre de jus de citrouille et essaya de se souvenir pourquoi il se trouvait dans son lit en plein milieu de la journée, et surtout, pourquoi sa femme l'avait retrouvé évanoui dans le jardin.
Il se souvenait qu'il était allé à Poudlard, puis dans la forêt de Dean.
Il se souvenait des papillons, de toutes ces couleurs qui l'entouraient...
Il se souvenait d'une peau blanche, douce et lisse...
Il se souvenait du sang qu'il avait fait couler...
Il se souvenait de ses propres initiales qu'il avait gravées sur cette peau...
Puis, il se souvint de Draco, et le jus de citrouille qu'il venait d'avaler remonta lentement le long de sa gorge.
Il avait...
Non...
Il n'avait pas pu...
Pas ça... Pas avec lui.
Il avait rêvé. Il était malade, il avait de la fièvre.
Ron avait parlé d'un hibou noir. Ginny avait dit que c'était sa troisième lettre de la journée... Il fallait qu'il sache.
Nerveusement et toujours nauséeux, Harry sortit de sa chambre, vêtu uniquement d'un bas de pyjama et longea le couloir heureusement désert, puis se dirigea en chancelant vers le petit salon qui lui servait de bureau et vit avec une appréhension grandissante qu'effectivement, un hibou noir l'attendait.
Et ce hibou, il savait parfaitement à qui il appartenait.
Celui-ci sembla également le reconnaître car il tendit négligemment sa patte lorsqu'il l'aperçut.
Cependant, Harry ne bougea pas. Il se contenta d'observer l'animal alors que ce dernier le toisait de son regard jaune et froid.
Un hululement aigu, qui fit dresser les cheveux sur la nuque du Survivant, le poussa à s'approcher de l'oiseau qui ouvrait déjà le bec, prêt à le pincer. Arrivé à lui, le hibou saisit violemment l'index de l'ex Gryffondor, lui entaillant profondément le doigt. Sous le coup de la douleur, Harry lui saisit brusquement les ailes et lui arracha son fardeau alors que des étoiles dansaient devant ses yeux.
Etourdi, il se rattrapa de justesse au bureau, serrant entre ses doigts la lettre tant redoutée du blond. Il ferma les yeux, se sentant encore fiévreux et maladif puis se laissa tomber lourdement dans un fauteuil à côté de lui.
Il n'ouvrit pas de suite la missive. L'avidité morbide qu'il ressentait depuis quelques semaines lorsqu'il voyait un hibou sur le rebord de sa fenêtre l'avait quitté au moment même où la maladie était arrivée.
Il ferma les yeux, les éléments tournant encore et toujours autour de lui et essaya de rassembler ses souvenirs.
Il avait bu des verres et des verres d'alcool la veille, tous plus divers les uns que les autres, tout ça, pour se donner du courage. Le courage de gagner face à l'ancien Serpentard.
Il se souvint d'une respiration rauque et saccadée qui n'était pas la sienne et un frisson lui parcourut l'échine alors qu'il passait inconsciemment une main moite sur son bas ventre.
Il se souvint qu'il avait emmené son couteau... Qu'il s'en était servi sur Malfoy... Qu'il avait coupé sa bouche... Qu'il avait goûté son sang... Que ça avait excité ses sens... Qu'il avait eu envie de lui... D'une façon totalement obscène.
Il se souvint que le blond avait hanté toutes ses pensées – mais ça, ça faisait longtemps que cela durait –
Il se souvint qu'il avait été dans son équipe pour attraper les papillons, de ces pintades qui gloussaient à sa moindre parole.
Il se souvint également que Malfoy le considérait comme une proie – à quoi avait-il dû s'attendre ?... –
Il se souvint que son cœur battait étrangement vite lorsque le blond était près de lui...
Et puis, Harry était rentré chez lui, il avait longtemps tourné en rond, furieux contre lui-même de ne pas avoir provoqué un peu plus la colère du blond, furieux de ne pas l'avoir provoqué suffisamment pour qu'il le touche encore une fois. Peu importait la façon, tant qu'il avait un contact physique avec lui.
Et finalement, il lui avait écrit... Il l'avait provoqué, encore et toujours.
Il lui avait dit qu'il avait envie de...
Le baiser comme une chienne.
Lorsqu'il réalisa ce qu'il avait écrit, le Survivant sentit ses joues s'empourprer et quelque part au fond de lui, il maudit l'ancien Serpentard pour ça. Il avait réussi à empoisonner sa vie... Il avait réussi à être l'unique sujet de ses pensées.
Comment avait-il fait ?...
Harry se leva, la lettre du blond toujours dans sa main et en vit deux autres sur son bureau. D'une main tremblante, il les saisit également, et concentra ses pensées sur Draco Malfoy.
Se rendait-il compte de ce qu'il faisait réellement ou était-ce la fièvre qui le faisait encore délirer?
Il n'aurait su le dire. Mais quelques minutes plus tard, il avait transplané.
- oOo – oOo –
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il chancela de nouveau et se rattrapa de justesse à un baldaquin blanc.
Il entendait une respiration pénible, comme le râle des Détraqueurs et le froid qui régnait dans la chambre le fit frissonner lorsqu'il se rendit compte qu'il était torse nu.
Il observa la chambre dans la quelle il se trouvait alors que son cœur résonnait à ses oreilles, et serra encore un peu les lettres qu'il tenait dans ma main humide.
Il connaissait cette pièce, même s'il n'y avait été qu'une seule fois dans toute sa vie. Il la connaissait très bien car c'était là que Malfoy l'avait si délicieusement torturé.
Les papillons qui voletaient dans des bocaux sur un plan de travail un peu plus loin, lui confirmèrent ses soupçons, et Harry entendit la respiration devenir encore plus précipitée. Il se retourna, et vit l'ancien Serpentard, lui aussi torse nu, étendu sur le ventre sous une épaisse couverture de laine, blanc comme la mort.
Les yeux vitreux, Draco l'observait comme s'il croyait voir une hallucination, comme s'il ne le voyait pas vraiment. Pourtant, à en juger par ses mains crispées sur le bord de la couverture, il l'avait bien reconnu...
Sans un mot, Harry s'avança précautionneusement vers lui, essayant de ne pas trop montrer sa faiblesse. Arrivé à côté de lui, il remarqua que Malfoy tentait désespérément de garder contenance et même qu'il étirait ses lèvres dans ce qui semblait être un sourire goguenard, mais qui finalement ressemblait plus à une grimace.
Le Survivant sentit une boule se former dans sa gorge ; qu'avait-il fait ?
Il souleva doucement la couverture alors que la respiration de Draco était erratique.
« Tu viens admirer ton œuvre, Potter ? Souffla l'ancien Serpentard d'une voix cassée.
- Non... Je... »
Harry regardait les trainées de potion bleue tout au long du dos fin et musculeux. Il voyait toutes les blessures béantes qu'il avait infligées au blond alors qu'il était enivré d'une folie qu'il ne connaissait pas.
« Tu vois le sadique que tu es devenu... Grâce à moi...
- ... Ne dis pas de connerie, Malfoy ! Je...
- Ne me touche pas ! » Eructa le blond.
D'un bond, Harry retira le doigt qu'il faisait glisser entre les cicatrices, l'imprégnant de potion.
« Ne crois pas que tu as gagné la guerre, par contre... Même si tu as été un... Merveilleux et pervers assaillant...
- Que veux-tu dire ?! » S'écria Harry d'une voix enrouée.
Draco se suréleva légèrement, grimaçant sous le coup de la douleur et ses yeux s'écarquillèrent un peu, lorsqu'il vit le Survivant si peu vêtu, puis voyagèrent jusqu'à ses mains où se trouvaient ses lettres toujours fermées.
Harry vit les lèvres du blond ne faire plus qu'une mince ligne amère.
« Tu n'as même pas ouvert mes lettres ?... C'est bien ce que je me disais... Tu n'assumes pas ce que tu es encore moins ce que tu fais, Potter. Il est loin le courageux Gryffondor...
- Qu'est-ce que je t'ai fait ?
- Tu m'as mutilé... Comme je t'ai appris à le faire. Et tu m'as violé, Potter... D'une exquise façon... Pour me marquer comme du bétail. »
Sur ces mots, Draco défit complètement la couverture pour dévoiler sa chute de reins et Harry sentit qu'il allait se trouver mal. Sa tête le tournait de plus en plus alors qu'il voyait ses propres initiales gravées dans la chair du blond, et des larmes menaçaient de couler à tout instant.
« Ne me dis pas que tu te rappelles pas de notre charmante première fois...
- ... Non...
- Pourquoi n'as-tu pas ouvert mes lettres ?
- Je... Je te déteste...
- Et tu me l'as merveilleusement prouvé, Potter.
- ... Mais... Ca, non. Je n'aurais pas pu... »
Un long silence pesant s'installa alors qu'Harry avait toujours les yeux fixés sur les cicatrices ouvertes. Il avait le cœur au bord des lèvres, la tête lui tournait de plus en plus et il se demandait pourquoi il était venu au Manoir Malfoy. Et surtout pourquoi il avait envie de pleurer.
« Je n'ai pas besoin d'un lâche auprès de moi, Potter. Et je n'ai surtout pas besoin de toi. Laisse-moi, maintenant. Et ne reviens jamais, sinon, je me verrai dans l'obligation de parler avec ta délicieuse épouse... ».
A présent, les larmes coulaient sur ses joues pâles. Lentes et silencieuses.
« Je t'ai fait l'amour ?
- Tu m'as baisé comme une chienne, Potter. Je ne sais pas si c'est ce que tu appelles faire l'amour… «
Harry recula alors, les yeux toujours fixés sur les cicatrices vives sur le dos pâle et se prépara à transplaner alors qu'une vérité honteuse et douloureuse commençait à s'imposer à lui.
S'il avait fait l'amour à Malfoy, si c'était lui qui avait commandité l'acte, cela ne pouvait dire qu'une seule chose...
Que son cœur commençait à lui échapper.
A suivre...
Bon, alors je tiens à m'expliquer sur une ou deux choses: garder en tête qu'ils sont tous les deux fiévreux et que donc, ils peuvent délirer plus ou moins. Alors est-ce qu'il y a quelque chose de vrai là dedans? Je parle pour la deuxième partie lol harry ne sait pas trop où il en est, il ne sait pas trop ce qu'il a fait, il a des souvenirs, mais ne les accepte pas... je vous expliquerai plus en détails au prochain chapitre.
PS: J'espère que vous avez fait attention aux lettres que j'ai volontairement pas évoquées dans ma partie!
Merci et bizouxxx à tous! A la prochaine!
