Chapitre 10 : Légères confidences

Shackelbot s'avança vers Drago et lui serra la main tout en plaçant une main sur son épaule. Il lui exprima ses regrets pour cette malencontreuse histoire.

-Malencontreuse ? répéta Drago. C'est amusant que vous employiez ce terme. Comme si je m'étais fait arrêté par le plus grand des hasards..

-Ce qui est le cas.

-Je me suis fait arrêté chez un de mes amis..

-De vos amis ?

Le regard de Kingsley se durcit et Drago sut qu'il devait rattraper le coup.

-Amis au sens large et entre guillemet. Connaissance serait le terme le plus approprié.

-Et vous avez de bon rapport avec cette connaissance, je présume pour avoir été invité chez lui.

-Absolument pas. Son épouse est une connaissance de la famille de ma femme. Voilà tout. D'ailleurs je serais plus que ravi de savoir de quoi il en retourne pour Berry.

Kingsley regarda Granger quelques secondes et elle acquiesça avant de demander à Drago très sérieusement :

-La Résistance Mangemort ? Ça te rappelle quelque chose ?

-À qui ça ne rappelle pas quelque chose Granger ? se moqua-t-il. Continue.

-Il se trouve que ton "ami" Berry finance cette organisation, répondit-elle en fronçant des sourcils.

-Finance ?

Drago sentit ses yeux s'ouvrir grand. Il n'avait pas pu empêcher la stupéfaction de s'afficher sur son visage. Elle n'avait pas utilisé la forme présent de ce verbe au hasard. C'était Granger et elle savait toujours ce qu'il disait.

-Comment ça finance ? sifla-t-il en prenant appui sur le dossier du canapé. Je croyais que la Résistance Mangemort avait été écrasée il y a une quinzaine d'année.

-C'est ce que tout le monde croyait. Jusqu'à ce que certains faits remontent à nos oreilles.

-Et pourquoi parles-tu d'organisation ? C'était un groupuscule jadis. Pas une organisation. On a l'impression que tu parles d'un Cartel Mexicain.

-C'est à peu près le cas, M. Malefoy, intervint le Ministre. Profitant de ces années de paix, certains ont recommencé leurs activités dans les quatre coins du globe. Ce n'est que récemment que nous en avons eu vent. Nous avons surveillé attentivement certains des protagonistes les plus actifs..

-Les plus actifs ? J'ai du mal à imaginer Peter Berry en cerveau d'une organisation criminelle.

-Pas un cerveau. Un mécène.

Drago baissa les yeux et fixa un point sur le parquet. Ce n'était guère étonnant que Berry soutienne une action visant à montrer la suprématie des sorciers. Kingsley continuait à parler mais il n'écoutait plus vraiment. Il releva la tête quand Granger prit la parole.

-Seulement, qui est le cerveau de tout cela ? Telle est la question, d'où l'arrestation de Berry pour remonter le fil.

-Pourquoi ce n'est pas le service des Aurors qui s'en occupent ?

-Parce qu'il n'y a pas de mages noirs. Du moins, ce n'est pas avéré qu'il y ait d'anciens Mangemorts dans cette organisation puisqu'ils ont été envoyé en prison.

Il regarda le Ministre droit dans les yeux.

-Pensez-bien que si vous aviez été considéré comme un Mangemort et un danger pour le monde libre vous seriez enfermé à l'heure actuelle. Pareillement pour votre père.

Drago baissa les yeux et joua avec son alliance. Il évitait soigneusement de regarder les deux autres personnes dans la pièce.

-Tu as eu la réponse à ta question. C'est à la brigade de police magique de s'en occuper à partir du moment où les Mangemorts sont en prison, voilà pourquoi il n'y a pas d'Aurors.

-Vous devriez peut-être les mettre sur l'affaire alors, marmonna-t-il.

-Pourquoi ça ? Tu aurais une information sur le sujet ?

-Je n'ai pas de contacts avec des Mangemorts si c'est ça ta question Granger, répondit-il d'un ton cassant. Et vous savez quoi ? C'est pas mon problème. Tout ce que je peux vous dire c'est que je ne savais pas que cet abruti de Berry essayerait de faire renaître un groupuscule qui, à la base, n'avait pas de raison d'être.

Drago se passa une main dans le cou puis il fit craquer ses doigts.

-C'est une idée stupide, continua-t-il, et aucune personne sensée n'aimerait revenir à l'époque de l'apogée du Seigneur des Ténèbres. Mais je ne me fais pas de souci bizarrement. Ça m'étonnerait que Potter laisse arriver une telle chose. Alors bonne chance à vous pour arrêter ces malades une bonne fois pour toute. J'aurais adoré rester papoter plus longtemps mais mon épouse va faire un scandale si je ne retourne pas auprès d'elle.

Il se leva, suivi de Shackelbot et de Granger qui s'était appuyée sur son bureau. Il serra la main du Ministre qui avait froncé les sourcils et Drago se retourna vers Granger. Il lui tendit la main. Il ne savait pas si elle allait la saisir ou si il allait rester comme un imbécile. De toute évidence, elle se posait la même question, mais elle finit par la saisir. Il n'avait jamais serré la main de Granger. Elle avait une poigne solide, douce et chaude. C'était appréciable. Il essaya de ne pas la garder en main plus de temps que nécessaire. Il se dirigea vers la porte mais au tout dernier moment, il se retourna.

-Pour répondre à la question de votre très chère camarade Nutty, je connais assez peu cette fouine de Berry, je l'ai toujours trouvé insipide, alors je ne sais rien du tout sur une éventuelle participation à la Résistance Mangemort. Par contre tout ce que je sais, c'est que vous ne trouverez rien sur lui qui puisse l'incriminer. Vous n'aurez aucune preuve. Et je suis persuadé que tout ce que vous avez, vous l'avez eu par la surveillance.

-Et comment… ?

-Comment je sais que vous ne trouverez rien à son domicile, ni dans une de ses résidences secondaires ?

Drago éclata d'un rire moqueur et il vit de l'exaspération dans le regard de Granger.

-Pour une simple et bonne raison. C'est un homme d'affaire. Et aucun homme d'affaire ne garde les choses vraiment importantes chez lui. Personne avec un minimum de bon sens ne garde de gros dossiers chez lui. Personne.

-Alors où sont-ils ?

-À ton avis Granger ? Je ne vais pas faire le boulot à ta place alors que tu es payé pour. Réfléchis quelques minutes, quelques heures, tu trouveras la solution par toi-même.

-Tu sais que je pourrais te convoquer demain matin à la première heure pour savoir ce que toi tu me caches.

-Tu ne le feras pas. Tu auras suffisamment de problème comme ça avec la presse… Il y avait un journaliste chez les Berry et comme il m'a envoyé un flash dans les yeux, mon arrestation fera la une de la Gazette. Pas de bol Granger ! Maintenant excusez-moi, je dois écrire à mon fils pour ne pas qu'il s'inquiète.

Il ouvrit la porte et allait partir quand il répliqua :

-Je ne ferais pas d'esclandre, alors tu m'en dois une Granger. Je te le rappellerais un de ses jours.

Il ferma la porte et transplana jusqu'à chez lui.

-Astoria ? appela-t-il.

Il lui semblait entendre du bruit dans le salon. Il ne fut guère surpris de trouver ses parents, Daphné et son mari. Astoria semblait calme mais il pouvait voir de l'inquiétude sur ses traits. Il posa un baiser sur ses lèvres et glissa sa main sur sa hanche pour la garder près de lui après qu'elle se soit jetée dans ses bras.

-Merci d'avoir gardé un œil sur Astoria, dit-il à sa mère qui le prit aussi dans ses bras.

-Mon Dieu que s'est-il passé ? Et pourquoi as-tu été arrêté arbitrairement ?

-Tu peux être sûr Drago que cela ne passera pas inaperçu et impuni. J'ai envoyé un hibou à tous mes contacts dans tous les journaux de ce pays, s'écria Daphné. J'espère que cette folle de Nutty va finir sur le pilori !

Drago s'assit sur le sofa et demanda à un elfe de lui apporter un verre de scotch. Il l'avala d'une traite tout en s'asseyant.

-Je suis tombé sur une ancienne camarade de Poudlard qui a estimé que le passé chargé de mon père suffisait à ce que je sois traité comme un criminel. Voilà ce qu'il s'est passé.

Il hocha la tête et regarda son père comme pour lui faire comprendre que tout était arrivé par sa faute à lui.

-Heureusement, le Ministre est arrivé et a mis fin à ce calvaire. Fin de l'histoire. Merci Astoria chérie d'avoir prévenu Shackelbot et Granger.

-Je lui ai envoyé une beuglante en même temps. Comment aurait-elle pu manquer le message ?

-Une beuglante ? sourit-il en repensant à la réaction de Granger dans la salle d'interrogatoire.

-Absolument. Il fallait qu'elle percute vite. Ils t'ont fait du mal mon chéri ?

Il hésita à leur dire la vérité mais il savait que ses propos seraient répétés à tous les journalistes de Londres et si il voulait garder un avantage sur Granger, il devait garder ses cartes auprès de lui.

-Non. Par contre je suis las.

-Et pourquoi Berry a t'il été arrêté en plein milieu de sa sauterie ?

-Il a trempé dans des affaires criminelles si j'ai bien compris.

Astoria le regarda droit dans les yeux et hocha la tête. Elle savait qu'il ne voulait pas en parler devant sa sœur. Drago jeta un coup d'œil à son beau-frère par alliance. Lui aussi avait compris.

-Merci encore Enguerran. Tu m'as été d'un grand secours. Je n'aurais pas pu partir de chez les Berry sans ton intervention, sourit Astoria en se tournant vers son beau-frère.

-Tout le plaisir était pour moi. Il est temps que nous vous laissions. Tu dois avoir envie de te reposer Drago.

Enguerran se leva, tendit la main vers Drago qui avait suivi le mouvement de son beau frère et il lui serra la main.

-Nous devrions nous voir un de ses jours Drago. Nous avons à parler. Passe chez nous quand tu auras une minute.

-Je le ferais.

-Monsieur, Madame. J'aurais préféré vous revoir dans d'autres circonstances. Espérons que la prochaine fois que nous nous rencontrerons sera de meilleure augure.

Drago observa la tête de son père quand le mari de Daphné lui serra la main et posa ses lèvres sur la main de sa mère. Lucius esquissa un sourire et répondit par une politesse. Une fois le couple parti, les parents de Drago ne tardèrent pas. Avant qu'il ne franchisse le pas de la porte, Drago retint son père par la manche et lui susurra à l'oreille.

-Je ne sais pas ce que tu veux à Goyle mais si j'ai la moindre influence sur toi, laisse-moi te donner ce conseil. Oublie-le ou tu auras des problèmes dont tu ne pourras pas de dépêtrer avec une bourse remplie de gallions. Laisse tomber. Il n'en vaut pas la peine.

Son père le regarda d'un œil froid comme les neiges éternelles.

-J'ai toujours su me débrouiller seul pour me sortir des ennuis et je n'ai jamais eu besoin de l'aide de ma femme, moi.

Drago pâlit et lâcha son père comme si son contact l'avait brûlé. Lucius changea de visage et sourit affectueusement à Astoria.

-Chère enfant, tu es un amour de rester avec Drago après cela. Beaucoup de femmes en aurait profité pour demander le divorce mais toi.. tu t'es battue bec et ongles comme une vrai Malefoy. Nous avons de la chance de t'avoir dans la famille.

Il avait pris sa belle-fille dans ses bras et regardait Drago comme pour lui dire que lui était tout sauf un vrai Malefoy. Drago baissa les yeux.

-Vous êtes trop aimable Lucius. Et merci d'être venu à mon appel. Rentrez-bien. Bon, Drago. Tu peux me dire la vérité maintenant que nous sommes seuls.

-Berry finance la Résistance Mangemort.

-Quuuoi ? glapit-elle

-Tu as bien entendu, le groupuscule s'est reformé mais apparemment les rouages sont de plus en plus complexes. Je ne veux pas que tu ébruites ça Astoria. Ne le dis à personne. Pas même à tes elfes ou ta famille. Je ne t'ai pas caché mon passé et ce qui m'est arrivé. Nous devons nous taire, sinon notre famille sera constamment exposée et Scorpius en danger.

-Je.. je comprends. Je trouve cela quand même aberrant. Oh mon Dieu ! Scorpius.

Elle porta une main à sa bouche, les yeux arrondis.

-Nous devons lui écrire une lettre immédiatement, pour qu'il comprenne. Sinon il va lire les journaux et..

-Oui. Je vais le faire de ce pas. Tu as l'air bouleversée. Monte te préparer pour le coucher. Je te rejoins tout de suite.

Il passa par son bureau et il saisit une plume et un parchemin. Il devait écrire à son fils mais il ne savait pas comment. Il se rendit dans sa chambre et après avoir retiré ses chaussures, il s'installa sur une fauteuil et fixa les flammes dans l'âtre. Il repensa à la bouche de Granger et à ce "moment" qu'ils avaient partagé. Il avait eu l'occasion d'embrasser l'objet de certains de ses fantasmes et il avait laissé passer sa chance. Il avait ressenti une telle attraction vers elle… Il ne comprenait pas comment il pouvait être attiré par cette fille qu'il avait toujours trouvé insignifiante à Poudlard. Elle n'était pas un canon de beauté quand ils étaient adolescents. Loin de là. Il s'était toujours demandé ce que le joueur Viktor Krum avait pu lui trouver quand ils étaient en 4è année. Elle ressemblait alors à un épouvantail à qui on aurait donné vie. Et quand ils étaient en première année… elle avait des dents de castor. Comment avait-elle pu changer autant ? Peut-être avait-elle toujours été comme ça.. peut-être qu'une femme fatale sommeillait en elle depuis toutes ces années et qu'il ne l'avait jamais remarqué jusqu'à ce jour. Cela lui fit un choc. Il avait eu beau forcer Tanya à prendre son apparence deux fois, il ne l'avait jamais vu comme il l'avait vu ce jour là. Ses yeux et la luminosité sur son visage… Drago ferma les yeux pour revivre cet instant. Quand il les rouvrit, il se rendit compte que sa femme l'observait. Il écrivit une lettre pour son fils qu'il confia à un elfe pour que celui-ci le dépose sur sa table de nuit. Ce sera la première chose que son fils verrait le lendemain et c'était une bonne chose. Quand il se mit au lit, Astoria l'embrassa sur les lèvres tout en descendant sa main vers son pubis…

Ça ne lui était jamais arrivé et Drago était mort de honte. Astoria le regarda se repousser sur le côté et elle lui embrassa l'épaule.

-Il ne faut pas t'en vouloir mon amour. Tu as été très secoué tout à l'heure et tu dois être fatigué.

-Arrête.

-Ça peut arriver à tout le monde d'avoir une pan..

-Non. Pas à moi. Ce genre de..chose ne m'arrive pas à moi ! Je ne suis pas comme tout le monde.

Il se redressa et s'assit sur le lit. Astoria le suivit en ramenant les draps sur sa poitrine nue et posa sa main sur lui.

-Vraiment Drago, ce n'est pas grave. Ne te mets pas dans un état pareil.

-Ferme la Astoria, je ne veux plus t'entendre.

-Tu n'as pas à me parler aussi grossièrement Drago Malefoy.

Il se leva du lit agacé.

-Attends tu es fâché contre moi parce que tu es inca…

-Tu ne t'imagines pas deux secondes comment je peux me sentir Astoria. Ce que ça me fait de ne pas.. Ça ne m'était jamais arrivé en 21 ans de vie sexuelle active. C'est blessant pour un homme de se retrouver dans un tel état et toi tu en rajoutes une couche encore et encore. Je vais dormir dans une autre chambre.

-Drago, le supplia-t-elle.

-Et non Astoria. Ce n'est pas une ruse pour que tu viennes dormir avec moi. Je te vois demain matin au petit déjeuner.

Il ne se rendit pas dans une autre chambre. Il saisit une cape et sortit prendre l'air. Il ne voulait pas y penser, il voulait se vider la tête. Il appela un elfe et lui demanda son balai. Il s'envola haut dans le ciel, il ne s'arrêta que lorsque l'air se raréfia et qu'il devint glacial. Il resta longtemps sur son balai, immobile à faire le vide dans son esprit. Du moins, il essaya parce qu'à chaque fois, il voyait le visage de Hermione Granger, illuminé par les flammes et cela le perturbait énormément. Il redescendit et s'emmitoufla dans les draps de la chambre bleue. Il avait froid, tellement froid et l'image de Hermione Granger ne suffisait pas à le réchauffer.


Voilà les Potterholics ! C'est un chapitre court dédié à feu-follet du 45 pour son grand retour ^^ !
Qu'avez-vous pensé de cette fin de journée très éprouvante pour les nerfs de notre Drago ?
N'oubliez pas de lâcher une review !
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