Comme j'ai un peu de temps, je vous publie un chapitre dès aujourd'hui et, si vous êtes sages, un autre vendredi :)
Merci pour vos encouragements, ça me touche vraiment beaucoup!
Disclaimer: L'univers appartient à JKR. Je ne fais que l'emprunter pour m'amuser un peu.
Chapitre 10
Cela faisait une semaine que Severus Rogue était impatient. Il s'était rendu compte le matin même que ce qui faisait que les journées lui semblaient si longues étaitprécisément ce sentiment : l'impatience. Les repas dans la grande salle l'avaient toujours exaspéré, mais là c'était diffèrent. Ils l'exaspéraient toujours, mais en plus ils étaient longs. Le temps semblait s'étirer de plus en plus, comme si les journées duraient 48h au lieu de 24. Et plus les jours avançaient, plus ce sentiment était fort. Que lui arrivait-il ?
Il lui était souvent arrivé de s'ennuyer. A l'époque où il donnait des cours de potions avec les premières années par exemple, lorsque les étudiants ne différenciaient pas une racine d'Aconit d'une tête de coquelicot. Ou encore lorsqu'il allait à certaines réunions de l'ordre et qu'il devait rester diner avec Weasley et compagnie. Mais là, il s'ennuyait profondément tout le temps. Le seul moment animé de sa semaine était lorsqu'il avait vu débouler Potter et son ombre Weasley qui étaient venus lui parler d'un gamin qu'il avait sauvé quelques années plus tôt. Il n'avait pas compris pourquoi ils venaient le voir pour l'interroger sur une histoire vieille de plus de dix ans, mais leur avait répondu, le plus « aimablement » qu'il put. Environ un quart d'heure après le début de leur entretien, il avait vu arriver également McGonagall :
- Vos élèves vous attendent Severus, avait-elle dit d'un ton doux.
Puis elle avait tourné la tête et avait vu les deux garçons.
- Potter ? Weasley ? Que faites-vous ici ?
Ils lui avaient expliqué qu'ils avaient « des choses à dire au professeur Rogue ».
- Est-ce par rapport à Miss Granger ? avait-elle demandé.
Rogue avait blêmit. Pourquoi parlait-elle donc de Granger ? Certes il avait un peu pensé à elle cette semaine mais elle ne pouvait pas le savoir. Il ne savait d'ailleurs même pas pourquoi il y avait pensé. Il vit les deux gamins se regarder d'un air effaré et Potter posa immédiatement la question à Minerva :
- Qu'est-ce qu'Hermione a à voir avec lui ? avait-il demandé d'un air pincé.
- Hé bien vous devez être au courant qu'elle mène une enquête sur Severus pour l'obtention d'un elfe de maison.
- Non, nous ne le savions pas, murmura-t-il.
- Et que ce que cela peut bien vous faire ? avait demandé Rogue d'une voix froide.
- Rien, rien…
Potter avait semblé soucieux, mais ne s'était pas étendu sur la question. Cela l'avait laissé perplexe, mais il n'en montra rien et les deux Aurors étaient rapidement partis après cela. Il avait fini sa journée en se demandant pourquoi, tout à coup, en plus de son ennui, il avait ressenti une certaine appréhension. Quelque chose se préparait, et il ignorait quoi. Et, en plus, cela avait un rapport avec Granger.
Le lendemain, en se levant, il se senti étonnement de bonne humeur. D'aussi bonne humeur qu'il pouvait l'être, ce qui était loin d'être visible de l'extérieur. A dix heures, il avait vu rentrer dans sa classe les 7ème année qui lui avait tous remis leur devoir sur le sortilège du Patronus. Et il avait entendu Walters dire à la fille qui avait failli pleurer la dernière fois :
- J'ai trouvé ça assez simple finalement, avec la nana de l'autre jour qui a fait apparaitre la loutre…
La « nana » ? Rogue avait reniflé d'un air outragé, avait retiré 10 points à Walters pour « bavardage intempestif », puis, pendant que les élèves s'étaient remis à l'entrainement, avait songé que cela faisait une semaine que Granger était venue. Donc, si ce qu'elle avait dit était vrai, elle viendrait le voir ce soir. Etait-ce pour cela qu'il s'était senti si impatient ces derniers jours ? Oui, sans doute parce que si elle acceptait sa demande, un elfe viendrait l'épauler, et qu'il aurait une vie un peu moins misérable. Convaincu par la conclusion à laquelle il était arrivé, il attendit donc le soir avec « joie ». Les points s'envolèrent un peu moins ce jour-là, le repas de midi le vit manger en compagnie de ses collègues sans mots dire, et il ne vociféra presque pas lorsqu'une élève le bouscula sans le faire exprès dans le couloir (il se contenta d'un regard noir). En résumé, c'était une excellente journée. Avant de rentrer chez lui, Minerva vint le voir. Elle lui parla quelques minutes de son emploi du temps pour les deux semaines d'examens qui arriveraient dans un mois, ainsi que des copies qu'ils auraient à corriger. Le voyant ne rien remettre en question, elle lui demanda :
- Que vous arrive-t-il, Severus ? Je ne vous ai vu hurler contre personne aujourd'hui.
- Cela pourrait bien commencer, rassurez-vous, lui avait-il répondu d'un ton mielleux.
- Je suis heureuse de vous voir ainsi, c'est tout. Cela a-t-il un rapport avec les résultats de l'enquête d'Hermione ?
Son air de ne pas y toucher l'avait agacé. Pourquoi parlait-elle de cette petite prétentieuse à longueur de temps ?
- Si elle me donne un elfe, alors oui, cela aura un rapport.
- Oh ! L'elfe, oui évidemment, avait-elle ajouté, tout sourire.
- Evidemment, avait-il murmuré, sans comprendre.
Il avait alors pris congé de la vieille dame qui continuait de sourire et était rentré chez lui.
Arrivé à son domicile, il commença, comme à son habitude, par s'installer dans son fauteuil, lorsqu'il décida d'aller vérifier quelque chose dans sa cuisine.
Parfait, se dit-il tout bas.
Il venait de trouver du thé. D'un coup de baguette, il mit une casserole d'eau à bouillir et fit apparaitre deux tasses ainsi que deux cuillères et du sucre.
« Au moins, elle ne se plaindra pas d'avoir froid cette fois-ci ! »
Puis il regarda l'heure : 19h. Parfait. Elle allait arriver.
Hermione se dépêcha pour rentrer chez elle. Comme les beaux jours commençaient à poindre à l'horizon, elle avait été travailler dans une petite robe, certes toute simple, mais qui n'était pas assez distinguée pour se rendre au domicile d'un usager. Surtout chez Rogue. Elle était donc partit un peu plus tôt, avait pris une bonne douche et avait enfilé un tailleur. Elle n'avait pas choisi le gris cette fois-ci. Ce n'était pas parce que Rogue était austère qu'elle devait l'être aussi. Elle avait donc enfilé un ensemble beige et avait soigneusement coiffé ses longs cheveux. Puis elle allait attraper son sac lorsqu'on frappa à la porte. Quand elle ouvrit, elle eut la surprise de voir Harry.
- Tu ne devrais pas ouvrir la porte comme ça, sans demander qui est là, lui dit-il.
Hermione leva les yeux au ciel. Elle savait que son ami voulait la protéger, mais cela devenait un peu excessif.
- Tu crois que les Détraqueurs frappent avant d'entrer, Harry ?
Son air amusé sembla calmer le jeune homme.
- Où vas-tu dans cette tenue ? Tu es bien… élégante ?
Il sembla étonné.
- Je suis toujours élégante !
Harry leva les sourcils.
- Enfin… non pas toujours. Tu sais à quel point tout ça me parait superficiel. Mais ce soir, je vais voir… hum… Rogue, alors je n'allais pas m'y rendre en pyjama quand même !
- Oui je sais où tu vas. C'est pour ça que je suis là. Je me charge de ta protection ce soir. Je préfère que ce soit moi… je resterai impasse du tisseur avec un collègue, afin de vérifier qu'il ne t'arr… qu'il ne vous arrive rien.
Hermione remarqua que son ami continuait de la détailler des pieds à la tête.
- Il y a un problème, Harry ? demanda-t-elle alors.
- Non rien… je trouve juste que tu fais bien des efforts pour aller chez Rogue.
- Harry, non mais tu plaisantes j'espère ! Qu'est-ce que tu vas imaginer ? Est-ce que tu l'as bien regardé ? Enfin… c'est de Rogue dont on parle là !
Harry la regarda d'un air contrit puis fini par éclater de rire.
- Oui tu as raison, c'est totalement ridicule !
Hermione faillit lui dire que non, ce n'était pas ridicule, juste un peu bizarre d'imaginer ce genre de chose. Ils se ressemblaient beaucoup par certains aspects, c'était vrai, mais de là à imaginer qu'elle veuille le… séduire ? Non, c'était inenvisageable. D'ailleurs, pensa-t-elle tout en saisissant son sac, comment diable une femme pourrai-t-elle séduire cet homme ? Il n'était pas du genre à se retourner sur une jolie fille, et encore moins à l'inviter.
C'est sur ces pensées qu'elle attrapa le bras d'Harry et qu'ils transplanèrent ensemble impasse du Tisseur. Son ami lui dit rapidement au revoir et partit dans la ruelle, probablement rejoindre son collègue pour sa surveillance. Hermione se dirigea vers le vieux portail, respira un bon coup, et alla taper à la porte.
A vendredi! Et n'oubliez pas de me dire ce que vous avez pensé de tout ça!
