DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Rating : M+18

Genre : romance / slash / Yaoi


Cette histoire est dédiée à Brigitte26, en remerciement pour sa fidélité et sa gentillesse.


Un petit avant-goût de Noël au mois d'août...

Bonne lecture !


Once I get you up there,

(une fois que je t'aurai amené là-haut)

Where the air is rarefied

(Là où l'air se fait rare)

We'll just glide

(Nous planerons)

Starry eyed

(Eblouis)

Once I get you up there

(Une fois que je t'aurai amené là-haut)

I'll be holding you so near

(Je te tiendrai si près)

You may hear the angels cheer

(Tu entendras les anges se réjouirent)

Because we're together

(parce que nous sommes ensemble)

(Frank Sinatra – Come Fly With Me)

24 décembre 2001

Une sonnerie stridente sortit Harry et Draco de leur paisible sommeil. Ils s'étaient endormis dans les bras l'un de l'autre, leurs jambes emmêlées et leurs doigts enlacés.

La main de Harry s'abattit brutalement sur l'appareil qui n'avait rien demandé, le faisant taire momentanément.

- Draaaacoooo… pourquoi t'as mis le réveil si tôt ? geignit Harry en remarquant qu'il n'était que six heures du matin.

- Parce que je dois rentrer chez moi, répondit Draco en s'étirant et en grimaçant quand son postérieur lui rappela ce qu'il avait pris la veille au soir.

- Quoi ? dit Harry en se redressant sur un coude, le regard mécontent. Tu ne vas quand même pas me faire le coup du « je baise et j'me casse » ?

Draco soupira. Manifestement, son petit gryffon n'était pas beaucoup plus du matin que lui.

- Harry… j'ai dormi toute la nuit dans tes bras. Ce que je n'ai jamais fait avec personne. Il est six heures du matin, et je suis toujours là. Ce qui n'arrive jamais non plus.

Il étouffa un bâillement grincheux.

- Alors non, ce n'est pas « je baise et j'me casse », continua-t-il. Si je dois rentrer chez moi, c'est simplement pour me doucher et changer de vêtements. Il est hors de question de me rendre à la boutique en puant le sexe et avec des fringues de la veille chiffonnées.

- Hm… je ne vis pas comme un ours… j'ai une douche tu sais…

- Oui, mais tu n'as pas de vêtements à ma taille.

- Je pourrais les agrandir avec un peu de magie…

- Et ma brosse à dents ?

- Il y en a une neuve dans l'armoire de salle de bain.

- Et mon shampoing ?

- Je te prête le mien. Il est extra doux.

Harry sentait que Draco était tout près de se laisser convaincre et il en rajouta.

- Allez, reste, dit-il en caressant d'un doigt léger le duvet sur le ventre du blond. On peut dormir encore une heure au moins… ou faire autre chose si tu n'as plus sommeil, ajouta-t-il doucement en commençant à embrasser le cou puis l'épaule de Draco.

- Harry, il faut vraiment que… Que fais-tu ?

Harry avait subitement disparu sous le drap.

- Potter, tu es plus têtu qu'un…

Les protestations de Draco moururent quand la bouche de Harry lui apprit le véritable sens du mot plaisir.

O°O°O°O°O°O°O

- Tu dois amener tes affaires ici.

- On est ensemble depuis trois semaines et tu me proposes déjà d'emménager ? Pourquoi cet empressement ? ricana Draco.

- Parce que je veux ce traitement tous les matins.

- Tu es un animal en chaleur Potter. Un animal exigeant qui plus est.

- Dit celui qui gémissait comme un perdu il n'y a pas dix minutes… « encore Harry… plus fort Harry… oooh ouiiiii…. », imita ledit Harry avec une voix exagérément haut perchée.

Cette parodie valut à Harry que les deux bras qui le maintenaient soulevé contre le carrelage le lâchèrent et il s'étala comme une bouse dans le bac de douche. Douche où ils étaient depuis près d'une demi-heure.

- Hé ! Mais t'es pas bien !

- Ça t'apprendra à te moquer de moi. Et à n'en vouloir qu'à mon corps.

- T'es qu'une brute Malefoy !

- Alors ? Tu veux toujours que j'amène mes affaires ? dit l'autre avec un sourire goguenard.

Harry soupira en se relevant tant bien que mal.

- Maintenant que tu le dis, je pense que je vais reconsidérer la question…

- C'est tout vu. Je passerai à mon appart ce midi prendre l'essentiel, dit Draco en sortant de la douche en s'emparant de deux serviettes dont une qu'il jeta à Harry. Maintenant, montre-moi ce que tu comptes me faire porter ce matin…

Tout en se séchant rapidement, Harry se demandait s'il avait bien entendu. Draco venait-il vraiment d'accepter d'amener ses affaires ? Puis, en le voyant fureter dans sa penderie, il se ressaisit.

- Je crois ce pantalon noir devrait convenir, dit Draco en examinant le vêtement. Un sort d'allongement et le tour est joué. Même chose pour cette chemise blanche. Quoi que… il faudra peut-être élargir la carrure de deux ou trois centimètres…

- Enfile-les. Je vais chercher ma baguette.

Quelques minutes plus tard, le pantalon était à la bonne taille et la chemise parfaitement ajustée. Draco terminait de la boutonner, le visage soudain morose.

- Quelque chose ne va pas ? demanda Harry. Il y a un problème avec les vêtements ?

- Non. Non, ils sont parfaits, murmura le blond.

- Draco… je vois bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas…

Draco retourna s'asseoir sur le lit, les coudes sur les genoux et la tête entre les mains.

- C'est rien… c'est … de te voir faire de la magie, ça me… enfin… je veux dire…

- Je comprends. Je suis désolé.

- Ça me manque, merde… Je t'ai dit que non mais en vrai, ça me manque à en crever !

Au grand désarroi de Harry qui ne savait que faire pour le consoler, Draco se mit à pleurer.

- Je suis un sorcier ! C'est tout ce que j'ai toujours été ! Et maintenant, je… je ne suis plus rien. Rien du tout… C'est comme si j'étais mort… vraiment.

- Draco, regarde-moi, dit Harry en s'accroupissant devant lui et en lui prenant les mains. Tu es un sorcier et tu en seras toujours un. Mais ta vie ne se résume pas à ça. Tu es devenu bien d'autres choses aussi. Un cuisinier hors pair et un excellent tailleur. Un ami cher pour Rose et un employé modèle pour Monsieur Smith. Un amant sensationnel…

- Ça je l'ai toujours été, renifla Draco.

- Possible mais moi, je ne le sais que depuis hier. Draco… tu es un autre homme. Tu es devenu quelqu'un de meilleur. Enfin… peut-être que tu l'étais déjà mais tu m'as laissé le découvrir, tu m'as laissé entrer dans ta vie. Et c'est la meilleure chose qui aurait pu m'arriver. Tu es beaucoup plus qu'un sorcier. Beaucoup, beaucoup plus.

Draco s'essuya les joues.

- Je suis désolé. Je n'ai pas l'habitude de me donner en spectacle de la sorte… C'est juste que… c'est tellement douloureux parfois. Toute cette magie en moi qui… voudrait sortir et qui ne peut pas…

- Je sais, dit Harry en serrant Draco contre lui. Je sais. On va trouver une solution, je te le promets.

- Une solution ? Laquelle ?

- Ne t'inquiète pas de ça pour le moment. Fais-moi confiance.

Au fond de lui, Harry savait très bien ce qu'il allait faire.

O°O°O°O°O°O°O

- Bon, je n'ai pas tout pris quand même. Juste quelques trucs. Faudrait pas que Rose croie que j'ai déserté l'appartement… Et puis, toi aussi, tu pourrais amener des choses chez moi non ?

- Ouais… je le ferai.

Il était 13h30 et Draco était en train de ranger deux pantalons, trois pulls et quelques chemises dans la penderie de Harry. Ses sous-vêtements avaient déjà trouvé leur place dans le tiroir du haut de la commode.

Harry lui se tenait dans l'embrasure de la porte de salle de bain, semblant fixer quelque chose à l'intérieur.

- Hé Potter ? Qu'est-ce que tu fais ? s'interrogea Draco en regardant par-dessus son épaule, essayant de deviner ce qui pouvait bien fasciner autant Harry.

- Si je te le dis, tu vas te moquer de moi.

- Raison de plus pour me le dire !

- Je regarde nos brosses à dents.

- Nos… brosses… à dents… C'est cela, oui.

- Elles sont dans le même verre… Je… Je trouve ça… beau.

Draco ferma les yeux en se pinçant l'arête du nez.

- D'accord… Je vais faire comme si je n'avais rien entendu. Une personne normale ne peut décemment pas s'extasier devant deux brosses à dents dans un verre.

- Bien sûr que si. Ces brosses à dents, c'est un peu comme si c'était nous… on partage le même verre…

- Pitié, Potter… tu nous fais quoi là ?

- Malefoy, soupira Harry… le romantisme tu connais ?

- Ça, ce n'est pas romantique, c'est niais ! Le mot que je t'ai laissé dans tes bagages, ça, c'était romantique !

- Lâche et égoïste.

- Mais romantique !

Harry leva les yeux au ciel.

- Oui, tu as raison, ça l'était ! Monsieur-je-veux-toujours-avoir-le-dernier-mot !

- J'ai toujours raison. Bon, on y va ? Sinon, je vais être en retard au magasin.

- Tu ne retournes pas au magasin !

- Quoi ?

- Je me suis arrangé avec Monsieur Smith ce matin. Tu es en congé cet après-midi. Et moi aussi ! On a plein de choses à faire !

- Des choses à faire ? Quoi ?

- Je te rappelle que c'est Noël. On doit acheter un sapin pour commencer, puis le décorer. Je me disais qu'on pouvait aussi s'acheter de quoi cuisiner un petit quelque chose pour ce soir…

- Cuisiner ? Tu vas vraiment faire ça ?

- Heu… à vrai dire… je pensais plutôt… que…

- Que quoi ?

- Quec'estoiquiferaitlacuisine…

Draco éclata de rire.

- Tu ne manques pas d'air Potter ! Tu me prends pour ton elfe de maison ou quoi ?

- Je comptais me faire pardonner en t'offrant le dessert…

- Hm… mais encore ?

- De la chantilly, du chocolat… et moi.

Une petite étincelle brilla dans les yeux de Draco. Il s'approcha de Harry et enlaça sa taille de ses bras. D'une voix suave, il murmura :

- Je cuisinerai ce que tu veux. Absolument tout ce que tu veux.

Harry tressaillit. Définitivement, la voix de Draco avait sur lui un effet complètement insensé.

- Alors ? Par quoi commençons-nous ? demanda Draco en s'écartant. Le sapin ?

- Heu… non. J'ai prévu autre chose avant, dit Harry en se ressaisissant. Une surprise. En fait, c'est mon cadeau de Noël pour toi mais tu comprendras vite pourquoi je ne peux pas te l'offrir devant tout le monde. Prends ton bonnet, ton écharpe et tes gants.

- Mais pourquoi ? Il ne fait pas si froid que ça…

- Ne discute pas.

Intrigué mais coopérant, Draco fit ce qu'on lui demandait. Il suivit Harry dans une petite ruelle sombre et peu passante près de Glasshouse Street, ruelle qu'il reconnu immédiatement pour s'y être déjà retrouvé avec Blaise.

- Harry, demanda-t-il, anxieux. Où allons-nous ?

- Draco, tu me fais confiance ?

- Je… je… oui, finit-il par souffler.

- Alors, accroche-toi à moi. Nous allons transplaner.

Il acquiesça et agrippa le bras de Harry avec force. Très vite, il ressentit la désagréable impression d'être écrasé et projeté à toute vitesse dans un tunnel étroit. Quand il reprit ses esprits, il était légèrement nauséeux.

- Où sommes-nous ? demanda-t-il alors qu'en regardant autour de lui, il ne voyait qu'un énorme champ, à perte de vue.

- Dans les Cornouailles. Tinworth pour être précis. J'ai choisi cet endroit parce que c'est un village sorcier et qu'il est particulièrement isolé et suffisamment grand pour ce que je projette de faire.

En disant cela, Harry sortit de sa poche un petit bout de bois d'une dizaine de centimètres qu'il toucha du bout de sa baguette. Aussitôt, l'objet repris sa forme initiale, celle d'un splendide Eclair de Feu.

- Harry… mais que… ?

- Tu vas voler Draco.

Draco resta interdit, comme s'il avait du mal à assimiler ce qu'Harry venait de lui dire.

- Je… je… vais voler.

- Oui. C'est pourquoi je t'ai demandé de prendre ton bonnet, tes gants et ton écharpe. Pour que tu ne prennes pas froid mais aussi, comme ça on ne te reconnaîtra pas si jamais quelqu'un devait venir par ici… encore que, ça ne risque pas d'arriver. Hier, je suis venu poser des sorts de protection et de confusion.

Harry tendit son balai à Draco qui le regardait, toujours abasourdi.

- Harry… je… je ne sais pas quoi dire…

- Ne dis rien. Contente-toi d'enfourcher ce balai et d'en profiter.

- Viens avec moi.

- Quoi ?

- Viens voler avec moi. Dans mon ancienne vie, mon dernier souvenir sur un balai, c'était avec toi. Je veux que mon premier vol de ma nouvelle vie soit avec toi aussi.

Les yeux de Harry brillèrent d'émotion. Sans plus attendre, il s'installa sur le balai, Draco derrière lui.

- Accroche-toi ! dit-il en donnant un coup de pied au sol qui propulsa le balai dans les airs à une vitesse prodigieuse.

- Wahouuuuuuuuuuuuuuu !

Harry alternait les virages, les accélérations, les loopings tandis que Draco se cramponnait à lui de toutes ses forces. Il n'avait pas peur car il savait qu'Harry était plus que doué sur un balai, il l'avait toujours envié pour ça. Envié et secrètement admiré.

Après avoir poussé l'engin à sa vitesse maximale, soit près de 240 km/heure, ils se posèrent dans la prairie quelques instants, le temps pour Draco de se mettre devant. Manœuvrer un Eclair de Feu, c'était quelque chose ! Bien vite, il apprivoisa le balai, appréciant sa souplesse, sa rapidité de réaction et sa tenue dans les airs.

- Ce balai est génial ! cria Draco. Si j'en avais eu un, je t'aurais mis la pâtée Potter !

- Le balai ne fait pas tout Malefoy ! Il faut aussi le talent ! cria Harry en retour.

- Tu insinues quoi ?

- Je n'insinuuuuuuuuuue…. Aaaaaaaah !

Draco venait d'amorcer une descente en piqué, dans une parfaite exécution de la feinte de Wronski. Compte tenu de la vitesse et du fait que le balai supportait non pas une mais deux personnes, il calcula rapidement la distance à laquelle il devrait redresser le manche pour ne pas s'écraser au sol. A deux mètres quatre-vingt du sol, il freina, redressa et reparti comme une flèche vers le ciel.

- Je l'admets ! C'était du grand art ! T'es doué Malefoy !

Et Harry le pensait vraiment. Draco était doué sur un balai. Il avait un vol moins nerveux, que celui de Harry mais rempli de grâce et d'élégance. Et surtout, il avait le compas dans l'œil. Il parvenait à évaluer les distances au centimètre près et en un temps record. Harry s'en était rendu compte lorsqu'il assistait aux matches de Serpentard contre Serdaigle ou Poufsouffle. S'il n'y avait eu son entêtement à concurrencer Harry à tous points de vue, il aurait fait un redoutable poursuiveur.

Draco, lui, était ivre de bonheur. Ivre des sensations vertigineuses que le vol lui procurait, ivre de la chaleur de l'homme qu'il aimait tout contre lui.

Ivre de vivre, tout simplement.

O°O°O°O°O°O°O

En fin d'après-midi, ils étaient de retour à Piccadilly, les bras chargés d'un petit sapin, de décorations et de provisions pour leur repas du soir.

Le sourire de Draco n'avait pas faibli de tout le reste de la journée, surtout depuis qu'Harry lui avait assuré qu'ils retourneraient voler le plus souvent possible.

Mais pour l'heure, Harry était en train d'installer le sapin dans un coin de l'appartement. Vu l'étroitesse des lieux, l'arbre qui faisait pourtant seulement 1 mètre 50 semblait envahir tout l'espace.

Pendant ce temps, Draco rangeait les courses et réfléchissait à la préparation de son menu.

- Tiens, j'ai vu Ethan l'autre jour, dit Harry en disposant la guirlande lumineuse.

Le bruit sourd de quelque chose qui tombe au sol précéda l'explosion de colère de Draco.

- J'avais dit à ce cafard de ne plus t'approcher ! cria-t-il les poings serrés.

- Ne t'énerve pas. On ne s'est pas parlé. Il ne m'a même pas vu. J'étais à Covent Garden, pas loin de la librairie. Je l'ai aperçu sur le trottoir d'en face. Il était encore en chaise roulante, avec Edith, sa sœur.

- Il aurait pu danser sur un pied, j'en ai rien à battre. Qu'est-ce que toi, tu foutais là ? Tu allais le voir ?

- Bien sûr que non ! dit Harry en levant les yeux au ciel. J'étais dans le quartier, c'est tout.

- Dans le quartier ? Il y a des dizaines de quartiers à Londres et tu devais forcément te trouver là ?

- Oui ! Parce que j'aime bien Covent Garden. J'aime m'y promener et le fait qu'Ethan soit à deux pas ne m'empêchera pas d'y aller ! Bon sang, c'est quoi le problème ?!

En disant cela, Harry s'était rapproché et fixait Draco, les poings sur les hanches.

- Le problème c'est que naïf comme tu es, tu pourrais… tu pourrais…

Draco semblait tellement étouffer de rage que les mots ne sortaient pas.

- Je pourrais quoi ? Retomber amoureux de lui ? Tu me prends pour un idiot ou quoi ? Tu crois vraiment que j'ai si peu de fierté ? Qu'après de ce qu'il m'a fait je pourrais retourner avec lui ? C'est vraiment ça que tu penses ?

Le ton avait monté et ils se fixaient maintenant tous les deux avec hostilité. Draco soupira en passant la main dans ses cheveux.

- Non… bien sûr que non… c'est seulement que… je ne supporte pas de savoir que ce type puisse s'approcher de toi, exister encore dans ta vie… ça me rend fou de penser à tout ce que vous avez fait ensemble… à ce…

- Chut, dit Harry plus doucement en posant un doigt sur sa bouche. Ethan, c'est du passé. Et plutôt que de penser à ce que nous avons fait ensemble, pense à ce que nous n'avons pas fait. Je n'ai jamais volé en balai avec lui. Je n'ai jamais passé Noël avec lui. Il ne m'a jamais donné le vertige lorsqu'il m'embrassait. Je n'ai jamais eu l'impression de mourir lorsqu'il me faisait l'amour. Tout ça, c'est avec toi. Et rien qu'avec toi.

Draco regarda Harry, soudain radouci.

- Tu as vraiment le vertige quand…

- Ne me fais pas répéter. Ce n'est pas bon pour ton ego.

En souriant, Draco se penchant vers Harry.

- Pardon d'avoir crié, dit-il en effleurant ses lèvres.

- Tu es pardonné.

Le baiser qui s'en suivit fut long et doux. Et vu la manière dont il s'accrochait à lui, Draco put constater qu'Harry ne mentait pas…

O°O°O°O°O°O°O

- C'était comment Noël chez toi ? demanda Harry.

Ils étaient assis l'un contre l'autre sur le canapé, à regarder les lumières clignotantes du sapin en sirotant le pinot gris que Draco avait choisi pour accompagner son plat, une poêlée de Saint-Jacques aux crevettes et aux poireaux.

- C'était incroyable, dit Draco. Déjà, ça commençait le 21 décembre car mon père voulait qu'on fête le Solstice d'Hiver. Il disait que c'était cette fête-là que les sorciers devaient fêter et non le Noël des moldus. La fête du Solstice a vraiment quelque chose de magique au sens premier du terme. C'est beaucoup moins bling bling que Noël, plus mystique en quelque sorte. Quand j'étais petit, je n'aimais pas ça. Ça me faisait un peu peur car je ne comprenais pas comment on pouvait aimer fêter la nuit la plus longue de l'année. J'ai fini par m'y habituer mais j'ai toujours préféré Noël. Le Manoir était magnifiquement décoré. Il y avait des sapins dans presque toutes les pièces, le plus grand étant dans l'entrée. Mais celui que je préférais, c'était celui du salon, celui que ma mère m'autorisait à décorer avec Dobby, notre elfe de maison.

A la mention de la petite créature, Harry eut un pincement au cœur.

- C'était aussi celui sous lequel je trouvais mes cadeaux le matin, poursuivait Draco sans se rendre compte du trouble de Harry. J'adore le matin de Noël… ces quelques heures de calme avant l'arrivée des invités, avant la foule et le bruit. C'était le seul jour de l'année où j'étais autorisé à descendre et à prendre mon petit-déjeuner en pyjama. C'est idiot mais j'ai toujours trouvé que le chocolat chaud et les brioches ont meilleur goût quand on est en pyjama…

Draco souriait, manifestement perdu dans ses souvenirs.

- Et toi ? demanda-t-il en sortant de ses pensées.

- On va résumer vite fait, dit Harry, car je n'ai pas envie de plomber l'ambiance. Disons qu'avant d'entrer à Poudlard, je ne savais pas ce qu'était un repas de Noël. Mes moldus m'obligeaient à manger avant eux et je devais rester dans mon placard toute la soirée. Le matin, je préparais le petit-déjeuner de tout le monde en regardant mon cousin ouvrir ses cadeaux. Moi, je n'en avais pas. Après mes onze ans, je passais Noël soit à Poudlard, soit chez les Weasley. Ah c'était quelque chose ! Leur petite maison remplie à craquer, la cuisine de Molly qui était délicieuse et qui aurait permis de nourrir tout un régiment et puis les cadeaux. Rien de luxueux ou de précieux, mais ce n'était pas l'important. La valeur des choses n'a jamais eu d'importance pour moi. C'était des cadeaux faits et donnés avec amour. Et ça…

Sa voix se brisa légèrement malgré les efforts qu'il faisait pour adopter un ton léger.

- oh c'est pas vrai… dit-il en s'essuyant les yeux.

Instinctivement, Draco resserra ses bras autour de Harry. En lui-même, il se promit de ne plus jamais insulter les Weasley, en tout cas pas Molly et Arthur. Ron, c'était autre chose. Fallait pas trop lui en demander quand même…

- Je suis désolé, dit Draco en posant un baiser sur la tête de Harry.

- Pourquoi ? C'est moi qui ai abordé le sujet…

- Non… je suis désolé pour tout ce que je t'ai dit à l'époque. Pour avoir cru tout ce temps que tu étais un petit prince pourri gâté.

- Ce rôle-là était déjà pris, dit Harry en riant. Par toi, je crois.

En réponse, il reçut un coup de coussin dans la figure. Harry répliqua et bientôt, ils se trouvèrent couchés l'un sur l'autre à se battre gentiment.

- C'est quoi cette histoire de placard ? demanda soudainement Draco en se redressant.

- Ça, je te le raconterai une autre fois.

- Promis ?

- Promis.

- Je peux avoir mon dessert maintenant ?

- T'es vraiment un gamin pourri gâté, souffla Harry en se levant. Reste là.

Cinq minutes plus tard, il réapparaissait dans l'embrasure de la porte qui menait à la chambre, seulement vêtu d'un boxer rouge vif. Dans ses mains, il avait une bombe de crème chantilly et une bouteille de chocolat liquide.

- A table, dit-il simplement en renversant la bouteille de chocolat, faisant couler lentement une petite quantité du divin nectar sur son torse, avant d'en rattraper une partie avec un doigt qu'il se mit à lécher voluptueusement.

- Oh. Merlin.

O°O°O°O°O°O°O

25 décembre 2001

En ce matin de Noël, le ciel était d'un bleu limpide, dégageant une lumière vive et froide qui s'infiltrait par l'interstice entre les deux tentures.

- Haaaaryyyyyyy… t'as mal fermé les tentuuuuuuures...

N'obtenant aucune réponse, il tâtonna de la main sur la place à côté de lui. Place qui était étrangement vide. Un brin frustré de se réveiller seul, Draco se retourna afin d'échapper à l'agression lumineuse et se blottit plus confortablement sous la couette.

- Haaaaaryyyyyy… t'es oùùùùùùùùùùùù ?

Toujours pas de réponse. Draco soupira. Où ce crétin de Gryffondor pouvait-il bien être ? Et comment avait-il eu le courage de se lever aussi tôt après cette nuit ? Ils avaient dû s'endormir aux alentours de quatre heures du matin… et surtout pourquoi n'avait-il pas fermé correctement ces putains de tentures !

La porte de la chambre s'ouvrit alors sur Harry qui entra sans faire de bruit. Même les yeux fermés, Draco reconnu le bruit d'une fermeture éclair qu'on abaisse et d'un jean qu'on enlève. S'il était déjà habillé, pourquoi se déshabillait-il ? Il ne croyait quand même pas que…

- Ne compte pas sur moi Potter, maugréa Draco en sentant la couette se soulever dans son dos et le matelas s'affaisser quand Harry s'y allongea. Je suis crevé. Et en plus, tu as mal fermé les tentures. Démerde-toi avec ta main droite.

- Pas possible. Elle est gelée, dit Harry.

Et pour confirmer ses propos, il entoura la taille de Draco de ses mains, frotta ses pieds contre les siens et enfouit son nez dans son cou. Chacun de ces appendices étant glacés, le blond glapit en se débattant comme un diable.

- BORDEL ! DEGAGE DE LA ! TU ES GELE !

- Et toi tu es tout chaud comme il faut, rigola Harry en s'agrippant à son amant avec force.

Finalement Draco se calma et se retourna pour faire face à Harry.

- D'où viens-tu pour être gelé de la sorte ?

- Je suis sorti faire une course.

- Une course ? Le matin de Noël ?

- Oui ! Rien que pour toi ! Allez lève-toi !

Harry montra l'exemple en sortant le premier du lit. Il enfila un bas de pyjama et se rendit à la cuisine.

Draco émergea à son tour, encore tout fripé de sommeil, en se frottant les yeux comme un petit enfant.

- Joyeux Noël Draco !

Harry avait dressé la table du petit-déjeuner. Dessus, un plateau chargé de jus d'orange, de brioches encore tièdes et d'un grand pichet de chocolat chaud. A cet instant, le visage de Draco valait tout l'or du monde pour Harry.

Ils déjeunèrent avec appétit, en pyjama tous les deux. Et Harry dut bien admettre que les brioches avaient bien meilleur goût…

Un peu plus tard, alors qu'Harry débarrassait la table, Draco sortit un grand paquet de derrière une armoire. Comment avait-il pu ramener cette boîte sans qu'Harry ne le remarque était un mystère.

- Ça ne vaut pas le cadeau que tu m'as fait hier mais… voilà… enfin je … je l'ai fait moi-même… J'espère que ça te plaira. C'est fait et donné avec amour, dit-il en reprenant les termes qu'Harry avait employé la veille.

Harry n'avait jamais vu Draco comme ça. Lui d'ordinaire si sûr de lui, semblait terrifié à l'idée de lui donner son cadeau. Il s'essuya rapidement les mains au torchon avant de s'emparer de la boîte et de l'amener au salon. Elle était très bien emballée mais Harry ne put s'empêcher de l'ouvrir à la hâte, pressé qu'il était de découvrir son contenu.

Il souleva le couvercle et resta béat d'admiration. A l'intérieur, religieusement plié, se trouvait un costume gris anthracite. Harry souleva la veste du bout des doigts. Le tissu était merveilleusement souple et doux au toucher.

- C'est… c'est magnifique. Je n'ai jamais possédé quelque chose d'aussi beau… C'est tellement doux.

- C'est de la laine d'alpaga.

- Tu… tu l'as vraiment fait toi-même ?

- Oui… même si Monsieur Smith m'a aidé pour certains assemblages délicats.

- C'est incroyable, souffla Harry en posant la veste pour prendre le pantalon.

- Il faudrait que tu l'essayes car je devrai peut-être faire des retouches.

Harry ne se le fit pas dire deux fois et ôta promptement son bas de pyjama. Il enfila le pantalon sous l'œil inquisiteur de Draco qui lui tournait autour.

- Mm… en fait, il n'y a rien à reprendre. Fais quelques mouvements. Marche, baisse-toi, assied-toi… Tu ne ressens aucune gêne ?

- Absolument aucune ! Il est parfait !

- Bien. Essaye la veste maintenant.

Tout comme le pantalon, celle-ci lui allait à merveille.

- Comment as-tu su pour les mesures ? demanda Harry.

- On peut dire que j'ai l'œil.

- C'est stupéfiant. Je peux le porter pour aller chez Rose et toi ce midi ?

- Rien ne me ferait plus plaisir. Tu pourras y ajouter ceci, dit encore Draco en lui tendant un deuxième paquet, plus petit. C'est de la part de Rose et de Monsieur Smith.

Le paquet contenait une chemise en soie blanche et une cravate bourgogne.

Harry posa le tout sur le sofa et entoura le cou de Draco de ses bras.

- Ton cadeau est magnifique. Et savoir que tu l'as fait toi-même le rend encore plus beau à mes yeux. Merci… mille fois merci.

- Je suis heureux que ça te fasse plaisir.

En souriant, Harry s'écarta de Draco et alla vers l'armoire du salon. Il ouvrit un tiroir et en sortit quelque chose que le blond ne parvint pas à voir.

- Draco… Il y a encore quelque chose que je voudrais te donner. Ce n'est pas un cadeau car c'est quelque chose qui t'appartient et que j'aurais dû te rendre il y a longtemps déjà. Je n'en ai pas eu l'occasion car au moment où je voulais le faire, j'ai appris… ton décès. J'aurais pu la donner à Blaise mais égoïstement, j'ai voulu la garder pour moi. Pour garder une trace de toi. J'ai même continué à m'en servir… Mais maintenant tu es là. Et c'est à toi qu'elle appartient. Alors, voilà…

Draco était perplexe. Il ne comprenait rien à ce qu'Harry racontait jusqu'à ce que celui-ci lui tende une boîte longue et étroite.

- Oh Merlin, souffla Draco. Ce n'est… c'est… Merlin… c'est impossible…

- Si Draco. C'est elle.

Les mains tremblantes, Draco souleva le couvercle et écarta une étoffe de velours vert qui recouvrait une baguette. Aubépine. Crin de Licorne.

- J'ai… je pensais que jamais plus je ne posséderais de baguette… Je… Je ne savais pas que tu l'avais gardée… Oh Merlin…

Il avança les doigts lentement, comme s'il avait peur de la toucher. Lorsque ceux-ci effleurèrent le bois lisse, il ressentit immédiatement son flux magique le parcourir de part en part. La sensation fut tellement saisissante qu'il en eut le souffle coupé. Puis, il prit l'artefact en main et une douce chaleur, aussi apaisante que stimulante, se répandit en lui.

- Vas-y, lui dit Harry. Lance un sort.

- Mais… le Ministère ne risque pas de détecter l'usage de ma magie ?

- Non… comme tu es censé être mort, ta magie n'est plus surveillée. Et à supposer qu'il le fasse, le Ministère ne pourra détecter qu'un acte magique, sans pouvoir déterminer qui l'a posé. Or, j'ai déjà fait un peu de magie ici. Personne ne parviendra à faire la différence entre ta magie et la mienne.

Rassuré, Draco pointa sa baguette vers un des coussins du canapé.

- Wingardium Leviosa !

Lentement, le coussin s'éleva dans les airs. Il avisa ensuite un verre sur la table.

- Aguamenti !

Une eau pure et fraîche s'écoula de la baguette dans le verre.

A partir de là, tous les sorts possibles (et autorisés) y passèrent : sortilège d'attraction, d'amplification, de réduction, d'extinction, d'extension, d'expulsion. Draco allait d'un bout à l'autre de l'appartement, testant sa magie sur tout et n'importe quoi. Il ressemblait à un gamin dans une fête foraine.

Il finit par se poster devant Harry et lui prit le visage à deux mains.

- Te dire que je t'aime n'est pas suffisant. Il n'y a pas de mots assez forts pour te dire ce que je ressens mais un jour, je les trouverais. En attendant…

Il se pencha pour l'embrasser de la plus douce des façons.

O°O°O°O°O°O°O

A midi sonnant, Harry et Draco entraient dans l'appartement de Paddington. Monsieur Smith était déjà là, bavardant tranquillement avec Rose au salon.

- Harry ! Draco ! Vous arrivez j… wahou, souffla-t-elle. Vous êtes… magnifiques…

Harry rougit sous le compliment tandis que Rose le serrait dans ses bras en lui souhaitant un joyeux Noël.

Pourtant, elle n'exagérait pas. Harry portait le costume que Draco venait de lui offrir, avec la chemise blanche et la cravate rouge qui faisait admirablement ressortir ses yeux. Draco lui était sublime dans un autre costume de sa création, noir, légèrement plus cintré que celui de Harry, sur une chemise et une cravate noires également.

- Joyeux Noël Rose, dit Draco à son tour, en l'embrassant sur la joue et lui donnant un énorme bouquet de fleurs.

- Joyeux Noël Draco ! Elles sont splendides, dit-elle en humant les fleurs et en disparaissant dans la cuisine pour trouver un vase.

Les deux hommes se tournèrent vers Monsieur Smith qu'ils saluèrent chaleureusement.

- Vous avez fait de l'excellent travail, Draco, dit-il en examinant la tenue de Harry. Vraiment parfait. Vous aimez ? demanda-t-il à Harry.

- Je l'adore !

- Tu parles du costume ou de Draco ? demanda Rose en revenant dans le salon et déposant les fleurs au centre de la table.

- Du costume évidemment. Il est plus doux et moins râleur surtout !

Le commentaire lui valut une bourrade bien sentie dans les côtes.

- Harry ? Veux-tu venir m'aider en cuisine, s'il te plaît ? demanda Rose.

- Laisse… je viens, répondit Draco à sa place. Harry est nul en cuisine.

- Hé !

- Harry fera très bien l'affaire, insista Rose en le prenant par le bras.

Arrivés dans la cuisine, Rose fixa Harry avec acuité.

- Alors, tu sais.

- Hm… oui… je… Blaise me l'a dit…

- Mon petit frère est une vraie pipelette par moment.

Harry ne put s'empêcher de sourire à l'idée que Blaise, 1 mètre 90 au bas mot, puisse être le « petit » frère de quelqu'un.

- Ecoute, j'ai promis à Blaise de ne rien dire à personne sur tes… pouvoirs.

- Oh, de mieux en mieux ! Il aurait pu se contenter de te dire que j'étais une sorcière… mais non, il a fallu qu'il entre dans les détails !

- Rose, je n'ai qu'une parole ! Je peux même faire un serment inviolable si tu le souhaites !

- Non, soupira-t-elle. Non… J'ai confiance en toi. Vraiment. Sinon, je ne t'aurais pas laissé approcher Draco.

- Tu t'es attachée à lui, on dirait…

- Enormément. C'est quelqu'un de bien. De très triste. De profondément blessé aussi. Mais tu le rends heureux, ça se voit.

- Et il me rend heureux aussi. Plus que quiconque avant lui.

- J'ai bien failli te faire la tête au carré quand tu es parti en Ecosse, tu le sais ça ?

- Oui… j'ai cru comprendre que tu étais… contrariée.

- Pfff… souffla-t-elle en secouant la tête. Enfin, soit… tout est rentré dans l'ordre maintenant.

Puis relevant la tête, elle fronça les sourcils.

- Tu sais que je ne suis pour rien dans les sentiments que Draco et toi vous…

- Oui, je le sais. Heureusement… sinon c'est moi qui t'aurais fait la tête au carré !

- Tu aurais osé t'en prendre à une femme ?

- Comme si tu étais sans défense…

Rose rigola en levant les yeux au ciel.

- Et pour Blaise ? demanda Harry.

- Il va…

- Rosie ? cria Draco depuis le salon. Pourquoi y a-t-il cinq couverts ? On attend encore quelqu'un ?

Au moment où il disait cela, la sonnette de l'entrée retentit.

- J'y vais, dit Rose. Occupe-toi de Draco.

Ils sortirent tous les deux de la cuisine et Rose alla ouvrir. Harry était tout sourire.

- Pourquoi tu souris comme ça Harry ? demanda Draco d'un air suspicieux.

- Bonjour Draco.

Cette voix. Une voix grave et posée qu'il connaissait par cœur. Draco se retourna pour faire face au métis. Il était incapable de dire le moindre mot.

- Joyeux Noël, ajouta Blaise.

Harry regarda Draco, persuadé que son mutisme était dû à l'émotion qu'il ressentait. Rien n'était plus éloigné de la vérité.

- Joyeux Noël ? Tu crois pouvoir te pointer ici et effacer tous ces mois de silence en me disant « Bonjour Draco. Joyeux Noël » ?

L'ambiance dans la pièce avoisinait le zéro absolu. Blaise affichait une mine affligée, Draco le tuait du regard, Rose pinçait les lèvres de mécontentement, Harry ne savait pas quoi faire et Monsieur Smith était embarrassé par un tel étalage émotionnel.

- Draco, commença Harry qui ne comprenait pas son attitude.

- La ferme Potter. Je suppose que c'est à toi que revient cette brillante initiative ? siffla-t-il, mauvais.

- Ça suffit Draco ! cria Rose. Harry n'est pas le seul en cause. C'était mon idée également !

- Ton idée ? Mais que…

- Blaise est mon frère.

On aurait pu entendre la mâchoire de Draco se fracasser sur le sol.

- Je pense que le moment est propice pour un petit brandy, mon cher Harry, dit Monsieur Smith en attirant l'intéressé vers le buffet où étaient disposées les bouteilles d'alcool. C'est aussi le moment de parler de la météo. Ou bien de la famille royale.

- Heu… oui, dit Harry en jetant des coups d'œil inquiets sur le groupe de trois personnes qui se faisaient face en silence.

- Laissez-les mon cher. Que serait une fête de Noël sans un petit drame familial ? Je trouve cela très… shakespearien.

- Il y a souvent des morts dans les drames shakespeariens, maugréa Harry.

- Oh, j'ai bon espoir qu'ils nous préservent d'une scène de ce genre… ce serait fâcheux. Et fort indélicat pour la maîtresse de maison. Rose semble s'être surpassée en cuisine.

Un claquement de porte retentit, faisant se retourner Harry et Monsieur Smith.

- Draco ! s'inquiéta immédiatement Harry, voyant que le blond avait disparu.

- Laisse… il est dans sa chambre. Je vais aller lui parler, dit Blaise.

Il se rendit immédiatement vers la pièce au bout du couloir et entra sans même prendre la peine de frapper.

Draco était assis sur son lit, dos à la porte.

- Je suis désolé, dit Blaise.

- Un an et demi. Pendant un an et demi, je n'ai pas eu de tes nouvelles. Pas de hibou, pas de coup de téléphone, pas de visite. Rien. Comme si je n'existais plus. Comme si j'étais vraiment mort… je t'ai détesté Blaise. A un point dont tu n'as pas idée. Parce que c'était plus facile de te haïr que d'être triste. Et maintenant, j'apprends que pendant tout ce temps, ta sœur veillait sur moi, qu'elle te rapportait mes moindres faits et gestes ! On est amis depuis qu'on est enfants et… putain, je ne savais même pas que tu avais une sœur !

- A ma décharge, il y a seulement trois ans que je le sais. C'est ma demi-sœur en fait. Je pense que je dois en avoir d'autres aux quatre coins du monde, ainsi que des demi-frères. De quoi concurrencer les Weasley très certainement… Mais jusqu'à présent, c'est la seule que j'ai rencontrée.

Comme Draco restait silencieux, Blaise poursuivit.

- Tu as le droit de m'en vouloir. A ta place, je pense même que je t'aurais déjà cassé la gueule mais n'en veux pas à Rose. Elle a fait ce que je lui ai demandé, c'est tout. Et… elle n'a pas dû se forcer. Elle tient vraiment à toi.

- Je sais, murmura Draco. Je sais. Je tiens à elle aussi… et je ne lui en veux pas. Mais toi… Merde, Blaise… tu étais mon meilleur ami. J'étais seul, j'étais perdu. Et mon ami me manquait…

- Je te demande pardon. Encore une fois, j'ai sans doute commis une erreur mais à l'époque, il m'est apparu que pour ta sécurité, mieux valait ne plus avoir de contacts avec toi. Mais je ne pouvais pas me résoudre à t'abandonner. C'est pourquoi j'ai demandé à Rose de te trouver et de t'aider. Draco, crois-moi. Si c'était à refaire, je ne referais pas la même erreur.

- C'est Harry qui est venu te trouver n'est-ce-pas ?

- Oui. C'est un type bien.

- Comment est-il parvenu à te convaincre ?

- Il m'a dit que ni lui ni Rose ne pourraient me remplacer.

Draco étouffa un sanglot et se leva brusquement. Un instant plus tard, il se tenait dans les bras larges de Blaise, le serrant de toutes ses forces. Ils n'avaient pas besoin de mots.

Après quelques minutes, ils se séparèrent et Blaise remit de l'ordre dans sa tenue.

- Allez viens. Retournons au salon avant que Potter ne se demande ce que nous pouvons bien faire ! Déjà que je vais devoir lui rendre des comptes quand il verra que tu as pleuré…

- Pour ça, il est plutôt protecteur !

- Il t'aime tu sais.

- Bien sûr que je le sais.

- Draco… je ne sais pas si tu te rends compte de ce que ça veut dire… Il sera capable de tout pour toi. Même de te ramener à la vie s'il le faut. Il affrontera le Ministère, le Magenmagot, le…

- Je sais. Mais ce n'est pas pour ça que je suis avec lui. Je ne l'utiliserai pas… je ne serai pas comme tous ces rapaces, ces hypocrites qui se sont servis de lui depuis qu'il est enfant. Je l'aime trop pour ça. Je l'aime pour ce qu'il est. Par pour ce qu'il représente.

- Tu as changé Draco.

- Peut-être. Ou peut-être que j'ai toujours été comme ça et qu'Harry fait juste ressortir le meilleur en moi.

Dans le couloir, adossé contre le mur à côté de la porte entrebâillée, Harry avait du mal à retenir ses larmes. Draco avait trouvé les mots. Les mots parfaits.

O°O°O°O°O°O°O

Quand Draco et Blaise revinrent au salon, Harry était en train de discuter avec Monsieur Smith, comme si de rien n'était et Rose amenait des plateaux d'amuse-bouche. Personne ne fit plus allusion à l'incident.

Entre deux verres de champagne, ils échangèrent les cadeaux restants.

Draco et Harry offrirent à Monsieur Smith un livre sur le thé, son histoire et ses traditions et à Rose un flacon de parfum de chez Penhaligon's. Blaise était venu avec des grands vins français. Un Grevrey-Chambertin pour Harry et Draco et un Puligny-Montrachet pour Monsieur Smith. A sa sœur, il offrit un fin bracelet en argent orné d'une améthyste.

Ne sachant rien de sa venue, Draco promit à Blaise de lui trouver un cadeau un peu plus tard. Ce à quoi le métis répondit que son plus cadeau avait été de revoir son ami.

Juste avant de passer à table, Monsieur Smith sortit de sa poche une enveloppe.

- Tenez Draco. C'est pour vous. Le prix de vente de deux de vos créations.

- Quoi ? Vous… vous voulez dire que quelqu'un a acheté mes costumes ?

- Tout-à-fait ! Hier après-midi, deux jeunes gentlemen se sont présentés. Ils cherchaient quelque chose de distingué pour la soirée de nouvel an. Vu leur âge, je leur ai présenté vos costumes. Ils ont été subjugués. Je pense pouvoir dire sans me tromper que du travail vous attend Draco ! Ces jeunes gens vont parler de vous à leurs amis !

- Tu as tes propres créations sur Jermyn Street ? s'exclama Blaise. Il faut absolument que tu me montres ce que tu fais !

- Et bien, regarde Harry et moi, dit Draco.

- Comment ? C'est toi qui as… Mais c'est magnifique ! dit-il en appréciant les tenues d'un œil averti.

Blaise était un dingue de mode. Il alternait le style sorcier et moldu en fonction des circonstances et sa garde-robe était pleine à craquer.

- Demain, je suis à la boutique à la première heure !

- Et vous serez le bienvenu, confirma Monsieur Smith en souriant. Je suis très fier de vous Draco, ajouta-t-il en tournant vers le blond. Comme j'aurais pu l'être de mon propre fils si la vie m'en avait donné un.

- Merci Monsieur Smith. Merci pour tout, répondit Draco, ému par les propos de son patron.

- Je crois qu'il est temps que vous m'appeliez William.

En s'installant à table, Draco croisa le regard de Harry. Tous les deux se dirent qu'ils ne pouvaient pas être plus heureux qu'en ce moment.

A suivre...