Coucou à tous ceux qui lisent encore !
Voici le dixième chapitre de ce qui était à la base un OS de trois mille mots. J'ai dépassé la multiplication par dix XD. Bon, je ne vais pas vous faire maronner plus longtemps ! Voilà la suite.
Réponse à Julie : tes encouragements sont un carburant, merci pour tes mots et l'engouement que cette histoire suscite en toi ! J'espère que tu pendras plaisir à lire cette continuation. Bisous
La stratégie du nœud coulant
Il s'était passé moins d'un mois, mais ces instants d'insouciances partagés avec Derek au cœur de l'été lui semblaient lointains désormais. Il y avait eu le départ de Beacon Hills, le retour dans l'appartement, l'inscription à l'université, la préparation de la rentrée et le coup de téléphone de Peter Bohen, l'avocat du groupe Hale qui servait leurs intérêts. C'était cet appel précisément, qui était responsable de leur attente dans le couloir menant au bureau du juge. Aux côtés de Stiles, le dernier héritier de la famille Hale paraissait tendu comme un piquet, mais son compagnon savait que sa présence l'apaisait. Tous deux étaient endimanchés, et leurs visages fermés exprimaient que ce qu'ils s'apprêtaient à faire n'était pas une partie de plaisir.
L'aîné semblait figé, son faciès marmoréen ne laissait rien filtrer d'autre qu'un patient tourment. Il s'était rasé pour l'occasion et portait un costard qui mettait sa carrure d'athlète en valeur. De son côté, l'adolescent avait opté pour une chemise blanche et un jeans noir, adoptant un look assez basique, mais non moins sérieux. Toute son attitude transpirait la détermination dont il était pourvu, il paraissait prêt à tout affronter. L'adolescent repensa avec plaisir au moment où il avait été voir Derek pour lui annoncer qu'ils y étaient, que l'instant de vérité était arrivé, ils allaient pouvoir tout officialiser. Son loup s'était emballé à la nouvelle et ils avaient fait l'amour sur le tapis du salon, un instant d'une magnifique douceur. Il se dit que le stress qu'éprouvait désormais son loup le rendait vraiment très mignon et lorsque qu'il tourna son regard vers lui, il eut envie de l'embrasser.
Les songeries de Stiles furent rapidement interrompues. Des pas claquèrent sur le sol carrelé du couloir, attirant l'attention des deux amants qui, dans un geste synchrone, tournèrent la tête en direction du son. Un pimpant quadragénaire faisait son entrée et se dirigeait vers eux. Son allure fière allait de pair avec un physique avantageux, et munit de son attaché-case, il ressemblait à un homme d'affaire qui avait le vent en poupe, à qui tout réussissait. Derek l'observa intensément, scrutant ses yeux bleus qui révélaient son intelligence. Il fronça les sourcils quand il le vit de plus près, constatant dans son sourire, cette pointe de perversité déguisée en intérêt. Il étudia sa démarche et son attitude dans laquelle triomphait son assurance et sa réussite sociale. Ce gars entretenait son corps et n'avait peur de rien, c'était en tout cas ce qu'il laissait transparaitre. Etait-ce parce qu'il semblait aimé les défis que Stiles l'avait choisi ?
― Excusez-moi pour le retard, embouteillages, s'expliqua l'homme, dont la voix mélodieuse avait la rondeur et les effets d'un instrument de persuasion.
― Ce n'est rien, le juge n'est pas encore arrivé non plus, intervint Stiles qui serra la main à son employé. Qu'il était plaisant de le voir emprunter le rôle d'un homme de pouvoir. Pour l'aîné, c'était à la fois déconcertant et excitant que son compagnon soit capable de devenir cet être sans âge.
― Bonjour Derek, Peter…, dit l'homme qui fut surpris par la poigne du jeune héritier du groupe pour lequel il bossait. Il encaissa la force qui pressait sa paume avec un sourire calculateur.
― Maître Bohen, je sais qui vous êtes, intervint Derek, sérieux et hermétique à tous les charmes dont pourrait faire preuve l'avocat. Leur avenir était en jeu, il était hors de question de passer à côté de la victoire en nourrissant un surplus de confiance qui pourrait les rendre aveugles aux détails.
― Bien, ça facilitera nos échanges, droit au but, j'aime ça, répondit Peter qui se retourna vers Stiles. Vous m'aviez prévenu, me voilà mis au pas, dit-il avec humour.
― Pourquoi croyez-vous que je l'aime ? Il est le seul à pouvoir me tempérer, répondit l'adolescent qui n'en avait soudainement plus que le physique. Son sourire malicieux fit perdre pied au quadragénaire qui reprit une attitude moins décontractée pour s'adresser à lui.
― J'ai ici toutes les pièces à conviction que vous m'avez demandé monsieur, commença l'avocat qui montrait sa valisette. J'ai bien évidemment réalisée une copie du dossier. Les formulaires sont pré remplis, il ne manque plus que la signature du juge et le tampon de l'état, ajouta-il pour démontrer son professionnalisme. Concernant notre ligne stratégique…
― Je pense que le juge va vouloir s'entretenir en privé avec nous, le coupa Stiles, satisfait. Nous y sommes préparés, conclu-t-il sur un ton qui signifiait : « Laissez-moi gérer la stratégie, j'ai fait appel à vos services parce que je n'avais pas la possibilité de faire autrement pour faire valoir mes droits ». Peter se raidit, mais il ne se vexa pas, bien au contraire. Spectateur, Derek aurait juré qu'une pointe d'admiration avait traversé l'éclat des gris iris de l'homme et quand un sourire enjôleur marqua ses traits, il eut envie de l'étrangler.
― Si tous mes clients étaient comme-vous, je ne serais qu'un gratte papier, dit-il avec une révérence qui n'était pas dépourvue d'ironie. Bien, si tout est clair entre nous, je vais aller avec la secrétaire préparer les formalités de l'entretien. Soyez sage monsieur, monsieur Hale, ajouta-t-il à l'intention de Derek avant de se diriger d'un pas sûr vers le bureau en face, où une femme d'une cinquantaine d'années tapait des rapports.
― Je le déteste, murmura l'aîné entre ses dents tout en profitant de l'éloignement de l'avocat pour desserrer le nœud de sa cravate. Stiles lui attrapa le bras et vint à se coller à côté de lui pour caler son dos contre le mur.
― Je le trouve sympa, répondit-il platement. Derek se tourna vers lui et son regard orageux devint trouble.
― Je suis certain que c'est un malade du sexe, regarde le draguer tout ce qui bouge. Il a dû prendre de la cocaïne durant ses études, et il compense l'absence en baisant à couille rabattue, pour retrouver la sensation de toute puissance qui le rendait si sûr de lui à l'époque. Ce mec t'a envisagé dans son pieu, murmura l'aîné, une colère froide dans la tension qui gouvernait sa posture alerte.
― On s'en fout. Il est compétent et il suit mes instructions à la lettre. Je ne l'ai pas choisi parce qu'il me plaisait, mais parce qu'il est suffisamment avisé pour reconnaître qu'en dépit de mon âge, il vaut mieux être de mon côté que contre moi. En plus, toutes les affaires qu'il a plaidées se sont soldées par des pourparlers avantageux pour notre famille. Ce type gagne pratiquement tous les procès qu'il défend, expliqua Stiles, ne retenant pas une risette qui dérida légèrement son compagnon. Fais-moi confiance Drek, ça fait des mois que je suis en contact avec lui et il a été un véritable soldat administratif, conclut-il en se saisissant de la main de son petit-ami pour entrelacer leurs doigts.
Ils n'attendirent plus très longtemps avant que le juge n'arrive. C'est ainsi qu'il se retrouvèrent tous dans le bureau cossu du haut magistrat, à l'observer s'installer dans son siège. Gérard Argent était un vieil homme, mais son comportement laissait deviner que son esprit n'était pas aussi gâteux que pouvait le laisser croire les ravages du temps sur sa stature. Son regard perçant se posa tour à tour sur les deux jeunes gens assis en face de lui, et il fixa Peter comme s'il n'appréciait pas la suffisance naturelle dont il faisait preuve à leurs côtés.
― Bien, commençons tout de suite si vous le voulez bien. Votre requête monsieur Stilinsky, comporte un certain nombre de surprises pour moi, la première étant que je ne suis pas un spécialiste de ce type de référé, dit-il d'une voix rêche qui laissait entendre un caractère dominateur. Il tourna quelques pages du dossier que sa secrétaire avait placé sur son bureau.
― Il n'est nul besoin d'avoir à faire à un juge spécialisé pour traiter ce type d'affaires, votre Honneur, intervint Peter dont l'assurance ne vacilla pas malgré le regard sévère qu'il récolta. Mon client vous a choisi, et si j'ai tenté de l'en dissuader, ses arguments m'ont convaincu que nous pouvions tout aussi bien faire appel à votre expertise, finit-il de dire alors que Derek se fermait totalement pour n'afficher qu'un sérieux déconcertant. Stiles observa intensément le juge, se demandant s'il n'avait pas fait une erreur.
― Cela va de soi puisque nous sommes ici aujourd'hui, rétorqua le vieil homme tout en se s'enfonçant dans son confortable siège. J'ignore si votre avocat vous a conseillé de joindre toutes ces pièces à votre dossier, mais j'avoue qu'il m'a été laborieux de saisir la raison d'une telle démarche. Vous y avez adjoint des articles de journaux concernant la mort de vos parents respectifs, des rapports de santé, des évaluations psychologiques, vos résultats scolaires à tous deux… c'était proprement inutile, laissa-t-il en suspens alors qu'il fronçait ses sourcils. Et que dire de votre rédaction de dix pages, ajouta-t-il comme si énumérer tout cela le fatiguait déjà.
― Je souhaitais que vous compreniez tout ce qui fait de notre cas, un cas particulier, pour vous aider à prendre une décision objective, répliqua Stiles qui ne se démonta pas devant le scepticisme du juge.
― Mon client a tenu à se faire porteur de la démarche dans la mesure où cela aurait pu être mal perçu, si c'était monsieur Hale qui était intervenu en sa faveur. Il souhaite que tout soupçon d'abus de faiblesse soit écarté à l'endroit de son tuteur légal, intervint Peter qui souriait subtilement.
― J'ai bien tout saisi et même si cela m'a profondément ennuyé, j'ai pris connaissance de l'intégralité du dossier, répliqua Gérard Argent, visiblement agacé qu'on puisse douter de sa réactivité intellectuelle. Le problème demeure dans le fait que la requête comporte un vice de forme crucial, dit-il en se penchant pour regarder Stiles et scruter son regard inébranlable. Je ne peux pas entériner l'autorisation de votre tuteur légal pour que vous vous marriez, étant donné que c'est avec lui que vous souhaitez le faire. C'est regrettable, mais c'est là un cas d'échec et pat légal, argumenta-t-il, s'attendant manifestement à surprendre le couple et l'avocat. Il n'en fut rien et Peter sortit un dossier de son attaché-case qu'il tendit à Stiles et se leva pour poser une feuille sur le bureau du juge.
― Voici une copie de l'article de loi concernant l'autorisation de mariage pour un mineur. Rien n'y préfigure que le juge n'a pas la marge de manœuvre nécessaire à la provocation d'un précédant juridique contextuel, en faveur du demandeur, plaida l'avocat qui se faisait une joie certaine de contrarier le vieil homme. Vous n'êtes pas contraint d'avoir l'autorisation du tuteur légal pour prendre une décision et c'est en âme et conscience que vous avez la possibilité d'endosser la décision, en usant de votre droit à l'intime conviction. Monsieur Stilinsky vous a visiblement estimez assez avisé pour tenir ce rôle, conclut-il avant de se retourner vers son jeune client. Je vais vous laissez vous entretenir en privé avec notre Honneur, ajouta-t-il d'une voix comploteuse avant de s'éclipser.
Alors qu'il réétudiait l'article, Gérard Argent se troubla quelques instants avant de devenir subitement pensif, alors que la jambe de Derek s'agitait à côté de celle de Stiles. Si l'héritier n'avait pas dit un mot depuis le début des pourparlers, il n'en demeurait pas moins sur les dents et sa mâchoire ne cessait de se crisper. Stiles posa une main confiante sur sa cuisse et lui destina un regard affectueux qui signifiait que tout allait bien se passer. Le magistrat revint vers le dossier pour chercher une page, en évaluer le contenu et regarder les deux jeunes gens qui restaient silencieux devant lui.
― Le mariage est une institution sérieuse, et s'il est désormais étendu aux couples gays, il n'en demeure pas moins un engagement durable, exposa l'homme qui passa une main cafouilleuse dans ses cheveux blanc neige. Votre fougue toute juvénile vous laisse peut-être croire que c'est pour vous la solution la plus adaptée étant donnée votre situation, mais j'ose espérer que ce n'est pas juste un moyen dont vous vous servez pour pouvoir forniquer sans être inquiété des conséquences, énonça-t-il, démontrant toute l'austérité de son caractère. Il accusait clairement Derek du regard et le jeune homme ne sourcilla pas.
― Vous dites avoir pris connaissance du dossier, votre Honneur. Si tel est le cas, comment en arrivez-vous à cette conclusion ? demanda Stiles qui était entré sur un mode offensif où toute ses réflexions allaient devenir de aiguilles destinées à affaiblir les points vitaux de l'ennemi qui se dévoilait devant lui. Nous ne sommes pas des écervelés dépourvus de la moindre once de lucidité et mon futur époux est un homme respectable, croyez-moi, assura-t-il avec tout l'aplomb dont il était capable à chaque fois qu'on attaquait son compagnon. Les yeux du juge s'écarquillèrent momentanément avant de reprendre toute leur sévérité.
― Peut-être que votre tuteur peut exprimer seul, son point de vue sur votre relation, répliqua le juge qui sembla s'amuser d'avoir devant lui, quelqu'un d'audacieux au point d'agir comme s'il avait déjà obtenu gain de cause. L'aîné du couple intervint immédiatement.
― Je l'aime et je souhaite que notre histoire soit possible, dit-il avec conviction. J'étais prêt à attendre le temps nécessaire, mais mon protégé est un être obstiné, qui sait obtenir ce qu'il souhaite. Nous en avons longuement parlé et nous sommes tombés d'accord. Quand vous aurez rendu votre décision et que nous obtiendrons le droit de nous marier, ce ne sera pas une excuse mais une concrétisation. Nous ne nous sommes pas rencontrés hier dans un bar gay. Nous vivons ensemble depuis six ans et nous nous connaissons depuis toujours, expliqua Derek dont les mains suaient désagréablement. Eclairé de fierté, Stiles caressa la joue glabre de son compagnon avant de rediriger son attention sur le vieux juge qui les jaugeait.
― Votre assurance à tout deux a quelque chose de très émouvant, mais ce type de procédure n'est jamais aussi simple qu'on le croit, reprit le vieil homme. La plupart du temps, elle concerne des couples hétérosexuels dont les épousailles sont programmées depuis longtemps, par des vieilles familles qui souhaitent sceller des alliances profitables à leurs deux camps. Votre cas est au-delà de ces raisons, finit-il par dire en croisant ses bras sur sa poitrine pour observer les réactions du couple.
― Nous y voilà. Nos familles sont riches, c'est donc notre homosexualité le problème, soupira le plus jeune avant de se ressaisir pour foudroyer le haut magistrat de ses iris ambrés. Vous dites à demi-mots que cette possibilité légale que je réclame est un mécanisme juridique officieux. Vous avancez qu'il permet aux riches d'entretenir des traditions archaïques en assortissant des jeunes gens qui ne s'aiment pas, mais dont l'appariement est un prétexte stratégique pour maintenir un statut social élevé. Et c'est vous qui parlez du sérieux de l'institution que représente le mariage quand vous démontrez là toute l'imposture de la politique conservatrice, argumenta-t-il avec un calme maîtrisé. Le vieil homme ne retint pas le rire sincère que lui inspira la diatribe structurée de l'adolescent, tandis que Derek fronçait dangereusement les sourcils.
― Le score de votre QI inscrit sur cette page ne vous rend pas du tout justice. Je comprends que vous ayez démarré un cursus à l'université cette année. Il n'y a pas à dire, il y a toujours un monde entre une échelle de valeur et la démonstration vivante d'un esprit brillant. Monsieur Stilinski, vous êtes impressionnant, lui confia le juge qui cherchait à le déstabiliser en le complimentant. Le jeune ne mordit pas à l'hameçon et demeura imperturbable. Le vieil homme l'évalua un instant et repris la parole :
― Je me suis posé de nombreuses questions alors que j'étudiais votre cas, continua Gérard Argent qui tenta une nouvelle approche. Parmi toutes les interrogations, demeurait ce pourquoi, pourquoi être venu vers moi ? Et puis, j'ai compris. J'imagine que le dossier que vous a remis votre avocat me concerne. Vous ne m'avez pas sélectionné par hasard, vous avez récolté des informations à mon sujet, n'est-ce pas ? demanda-t-il, se montrant aussi décontracté qu'on pouvait l'être dans sa position. Il jouait carte sur table.
― Je n'ai pas fait que me renseigner à la sauvette sur vous, répondit Stiles avec une distanciation intellectuelle réfrigérante. Disons que j'ai mené une enquête approfondie et résolu certaines zones d'ombres sur l'avancement de votre carrière, en remontant le fil des indices négligés, dit-il en se levant, pour déposer sur le bureau du juge, l'accumulation de preuves dont il avait la garde.
― Ce dossier comporte toutes les démonstrations de vos malversations, allant des pots de vins aux trafics d'influence, et ce n'est qu'une copie. Ça n'a pas été simple mais les pièces du puzzle ont finies par s'imbriquer d'elles-mêmes, dit-il sans ambages devant l'adulte qui palissait à vue d'œil alors qu'il écoutait et feuilletait en même temps. J'aime mon tuteur monsieur le juge, je suis prêt à tout pour l'épouser, pour le protéger d'une accusation de détournement de mineur et porter son nom, devenir sa famille aux yeux de la nation. En définitive, ma requête est simple, c'est juste de l'amour et je vous demande de nous octroyer le droit de le concrétiser, légalement, dit Stiles, se rendant plus que convainquant. Gérard Argent parut s'ébranler, il n'avait manifestement pas un seul instant envisagé que tout cela emprunterait un tournant si sérieusement désavantageux à son encontre.
― Pourquoi la pression et non la corruption, vous en aviez les moyens, vous les avez d'ailleurs déployés pour me piéger ? interrogea le vieil homme, soupirant son malaise face à eux, une ride soucieuse entre les sourcils.
― Vous corrompre nous aurait rendus tout aussi malhonnête que vous et vous aurez donné une arme de poids contre nous. Je ne voulais pas que mon droit à chérir mon compagnon soit fondé sur des dessous-de-table, il me fallait donc des leviers plus solides pour vous persuader d'agir dans notre sens. Ainsi, vous n'obtiendrez aucun moyen d'influence sur nous et le groupe Hale en autorisant nos noces. Rachetez-vous simplement de votre passif de haut magistrat sans scrupules et faites une bonne action en autorisant l'amour de deux garçons qui sont fous l'un de l'autre. Agissez pour notre bien et je détruis les preuves que contient cette archive. Cherchez nous des poux et je fais en sorte que vous fassiez une chute sociale spectaculaire, de Juge à bagnard, menaça le jeune dont l'aura était subitement devenue écrasante. Derek était subjugué par son bébé renard alors que le vieux juge avait perdu toute superbe.
― Vous êtes redoutable monsieur Stilinsky, dit-il, vaincu. Dommage que vous ayez choisi de suivre les traces de votre tuteur en entrant dans un cursus ethnologique, vous auriez fait des merveilles dans le milieu de la finance, répliqua le haut magistrat, un sourire dépité sur ses lèvres ridés. Un gamin vient de me mettre sur la potence pour menacer mon avenir de pendaison, et ça marche, souffla-t-il pour lui-même avant de reprendre. J'espère que vous savez dans quoi vous vous embarquez jeune homme, ne le décevez jamais, dit-il à l'intention de Derek qui lui destina un sourire condescendant pour toute réponse. Bon, je crois que nous pouvons sceller notre accord avec une signature, ajouta-t-il à contrecœur en se saisissant de son combiné téléphonique. Contrarié et retourné, il fit le code pour appeler sa secrétaire tandis que Stiles et Derek s'observaient. Tous les possibles s'ouvraient à eux, le rêve devenait réalité, Enfin.
― Victoria, faites entrer Maître Bohen, et apportez-moi les documents officiels, commanda-t-il nerveusement avant de raccrocher et se servir un verre de whisky.
