Part 10
"Cordélia-"
"Non," elle l'interrompit avant qu'il ne puisse commencer la phrase.
Mâchoires serrées, Angel resserra sa poigne sur le volant alors qu'il prenait un autre tournant plus vite qu'il n'aurait dû.
"Ralenti," cassa Cordélia tandis que ses cheveux volaient sauvagement autour de son visage.
"C'est ma voiture, je roulerais aussi vite que ça me plait," maugréa-t-il et il appuya davantage sur l'accélérateur.
"Très bien, si tu veux enrouler le prolongement de ton pénis chéri autour d'un lampadaire, ne te gêne pas."
Le vampire grogna tandis que ses nerfs étaient tendus au point de casser, il osa un regard d'avertissement à la jeune femme alors qu'il levait le pied sur la pédale.
Cordélia lui fit un doigt d'honneur avec un sourire mielleux.
"Oh ça c'est très mature."
"Tu es la dernière personne à pouvoir parler de maturité," se moqua-t-elle.
"Ca veut dire quoi ça?"
"Ca veut dire qu'on dirait qu'un ouragan a dévasté le sous-sol. Ne passe pas ta mauvaise humeur sur l'Hôtel, on ne peut pas se le permettre."
"C'est mon-"
"C'est mon Hôtel, je ferais ce que je veux avec," imita-t-elle avec un fausset aigu, "tu sais, parfois, tu peux être un véritable imbécile."
"Etre un imbécile est mieux qu'être une-"
"Si tu me traites de garce, je te battrais à mort avec ton propre bras."
"Je suis déjà mort."
"Tu vois? Imbécile!"
L'atmosphère était tout sauf commode, la colère mutuelle étouffant l'air entre eux. Les lumières des néons froids s'unissaient alors qu'ils passaient devant les carrefours et les magasins fétiches, une autre nuit passée dans le mauvais coin de la ville ne faisait rien pour améliorer l'humeur du vampire, ni de la visionnaire.
"Je pourrais être bien au chaud, à regarder George Clooney et Brad Pitt tout beaux et sexy, mais oh non, je dois aller me battre pour le fichu bien de l'humanité," marmonna Cordélia de façon irritée, "J'aurais tellement dû accepter l'offre de Gunn."
Elle souleva un sourcil devant le grognement brusque qui résonna bruyamment dans la poitrine du vampire.
"Gunn," elle répéta le nom de l'homme noir juste pour voir la réaction d'Angel.
A nouveau, un autre grognement qui fit presque vibrer la voiture.
"Ok, c'est quoi ton fichu problème?" exigea Cordélia, elle n'avait pas prévu de soulever la colère soudaine d'Angel par rapport à leur ami, mais elle devait se concentrer sur quelque chose qui n'était pas le mélange déroutant de terreur et d'excitation que la courtoisie des Puissances éveillait en elle.
"Je n'ai pas de problème," aboya-t-il, les dents serrées.
"Le sous-sol tend à prouver le contraire."
"Je n'ai pas envie d'en parler."
"Comme c'est étonnant."
Le restant du voyage fut enduré en silence jusqu'à ce que la voiture s'arrête dans la rue en face du club. Cordélia sentit son estomac menacer de chasser la salade au poulet qu'elle avait mangée pour dîner, avec une profonde respiration, elle ferma les yeux mais ça n'eut pour conséquence que la vision passe à l'arrière de ses paupières et elle ne voulait vraiment plus la voir ni la ressentir.
Surtout les parties avec moins de sang et davantage d'un Angel tendre.
Rouvrant rapidement les yeux, Cordélia vit que le vampire en question la regardait avec inquiétude.
"Je vais bien," cassa-t-elle parce qu'elle n'allait vraiment pas bien et qu'elle savait qu'il pouvait le voir. Angel grogna quelque chose sur des fichues femmes têtues qu'elle n'entendit pas vraiment et puis claqua la portière derrière lui après être sorti du véhicule. Cordélia grimaça avec le bruit perçant qui agita la douleur dans son cerveau, mais claqua sa portière tout aussi fort parce qu'elle savait à quel point ça le mettait en rogne.
Angel lui lança un regard noir alors qu'il balançait son épée contre son épaule.
Cordélia fit tourner la petite hache dans sa main, les sourcils soulevés en attendant la réprimande inévitable sur le mal contre sa précieuse Plymouth. Elle fût un peu déçue quand à la place, il dit-
"Quand on sera arrivés, reste derrière moi."
"Peu importe," Cordélia roula les yeux, ayant pleinement l'intention d'ignorer son ordre tandis qu'elle tournait les talons pour traverser la route.
"Fais simplement ce que je te dis, pour une fois," grogna Angel alors qu'il la suivait, sa veste noire tournoyant autour de ses jambes dans la brise du soir.
"Batman wannabe," marmonna-t-elle entre ses dents, assez fort pour que le vampire l'entende.
"Je ne suis pas...." il s'interrompit lorsque l'odeur cuivrée du sang lui picota les narines, ses yeux oscillant vers le jaune, son front se ridant, ses crocs s'allongeant, Angel savait à quoi ressemblerait la scène devant eux avant même de la voir.
"Cordy, attends," il lui agrippa le bras pour l'arrêter soudainement.
"Tu veux arrêter avec les mains agrippeuses," elle se dégagea de sa poigne et se dirigea d'un pas décidé vers la ruelle, son entêtement l'empêchant d'entendre l'inquiétude sincère dans la voix du vampire.
"Oh...." Cordélia haleta avec horreur à la vue du carnage devant elle.
La nuque tordue à un angle anormal, les intestins se répandant sur le pavé sale, les yeux fixés et vides, et une mare rouge sombre formant un halo autour du corps sans vie.
Amy s'était teint les cheveux, pensa stupidement la Visionnaire en fixant la crinière blonde qui était tâchée de sang et de saleté.
***
Les draps rouge foncé étaient toujours défaits lorsque Cordélia s'installa sur le bord du lit d'Angel, le couinement des ressorts du matelas ponctuant le silence de la chambre faiblement éclairée comme une toux gênante. Cordélia ôta ses chaussures avec une grimace, trop d'heures passées avec des hauts talons provoquèrent une crampe inconfortable dans ses pieds lorsqu'elle les posa sur la moquette pelucheuse.
"Tiens," le vampire lui tendit un verre de d'eau et deux aspirines, même s'ils savaient tous les deux que n'aiderait pas beaucoup. Cordélia avala les pilules et l'eau, puis rendit le verre à Angel qui le déposa sur la table de nuit entre un livre bien usé et un réveil qui annonçait une heure de la nuit avancée.
"Ca va?" demanda le vampire en s'accroupissant devant elle, il savait que c'était une question stupide mais il ne savait pas quoi dire d'autre.
"Il n'y avait pas autant de sang dans ma vision," dit la visionnaire au lieu de lui dire qu'elle allait bien comme elle l'avait prévu tandis qu'elle passait ses mains, mains qui pour une raison ou pour une autre ne voulaient pas arrêter de trembler, pour lisser les petits plis sur son pantalon comme si c'était la tâche la plus importante au monde. Angel observa l'action rythmique jusqu'à qu'il ne puisse plus le supporter et il engloutit ses petites mains dans les siennes.
Cordélia ne savait pas pourquoi elle était tellement choquée, ce n'était pas comme si c'était le premier cadavre qu'elle voyait. Elle avait grandi à Sunnydale où une fille ne pouvait pas passer une semaine sans trébucher sur un corps ou un occasionnel membre sectionné. Même durant son temps à L.A, la jeune femme avait vu des choses bien pires que cela, la plupart sur le grand écran privé de son esprit. Mais voir Amy ensanglantée et brisée l'avait tellement bouleversée que ce fût la deuxième nuit d'affilée que Cordélia avait été malade dans cette même ruelle.
La police avait été appelée, Cordélia ne savait pas quand ou par qui, elle ne se souvenait même pas si elle leur avait parlé ou non, mais elle savait qu'ils étaient venus grâce à la petite carte rectangulaire rangée dans son sac avec le nom du Détective Stevens imprimé en noir. Angel avait essayé de l'éloigner de la scène quand il avait entendu les sirènes de police tout près, il avait su qu'ils seraient instantanément suspectés et pas juste à cause des armes qu'ils tenaient, mais Cordélia avait refusé.
Amy ne devrait pas être seule, avait-elle dit.
Angel n'avait pas discuté.
L'odeur de la mort et de la peur avait été écrasante pour le vampire, Angel avait pris plaisir à cet arôme pendant cent ans mais, alors qu'ils se tenaient sous la lueur artificielle d'un lampadaire, leur jeune cliente morte à leurs pieds, il n'avait rien ressenti du décile vicieux d'autrefois. Juste de la culpabilité et de la colère et le besoin écrasant d'éloigner Cordélia le plus loin possible du carnage.
Derrière le parfum de la destruction Angel avait capté une autre odeur.
Non humaine.
Daniel.
Son premier instinct avait été de le traquer mais Cordélia était devenue très pâle et les sirènes se rapprochaient de plus en plus, donc à la place, il s'était précipité dans la voiture pour y cacher leurs armes et puis avait enroulé un bras autour des épaules de Cordélia en attendant que la police arrive. Quand elle avait enterré son visage contre son torse, Angel avait réalisé qu'il était la seule chose à la maintenir debout.
Deux heures, un million de questions et une ordonnance sévère de ne pas quitter la ville plus tard, ils étaient enfin rentrés à l'Hypérion. Cordélia n'avait pas parlé durant le voyage de retour à l'Hôtel et ça commençait à inquiéter Angel, ça lui donnait envie d'entendre ses railleries amères et ses marmonnements irritables.
"C'est ma faute si elle est morte," elle lâcha la pensée qui était au premier rang de son esprit depuis qu'ils étaient arrivés pour découvrir qu'il était trop tard.
"Non-"
"Si!" Cordélia sauta du lit et commença à faire les cent pas, "si je t'avais laissé partir au lieu de faire l'idiote et de commencer une dispute, tu serais arrivé à temps et Amy ne serait pas morte. C'est ma faute!" ses yeux noisettes brillaient de larmes. La culpabilité qu'Angel y vit fut comme un couteau s'enfonçant dans son ventre.
"Cordy, elle était déjà morte quand tu as eu ta vision," Angel stoppa ses mouvements frénétiques avec une main sur son épaule.
"Comment tu le sais?"
"Vampire, tu te souviens? J'ai un flair pour ce genre de chose." Lui dit-il gentiment, laissant les détails de côté parce qu'il était sûr que s'il informait Cordélia que le corps sentait comme s'il avait été là toute la journée, elle ne le supporterait pas.
"Oh," ç'aurait dû être un soulagement mais ce n'était pas le cas, pas vraiment. Une personne qu'ils essayaient de protéger était toujours morte, une femme qu'elle avait bien aimée était toujours étendue, sans vie, sur le métal froid d'une table de morgue, le monstre qui avait fait ça était toujours en liberté.
"Ne remets pas la responsabilité sur toi, Cordy."
"C'est un peu dur de ne pas le faire," soupira-t-elle, se rasseyant lourdement sur le lit.
"Cor-"
"Pourquoi je ne pouvais pas dire que c'était Amy?" demanda-t-elle, n'attendant pas une réponse, ce qui était bien car Angel n'en avait pas, "J'aurais dû savoir que c'était Amy. On n'a pas pris ce type assez au sérieux, on ne sait même pas quel genre de démon c'est Angel, comment peut-on ne pas savoir quel genre de démon c'est?"
Parce qu'on était tous trop absorbés par nos vies personnelles, pensa Angel.
"On va le découvrir et on va l'attraper, il ne s'en sortira pas comme ça," dit-il à la place.
"Promis?" demanda Cordélia, se fichant d'avoir l'air faible parce qu'elle se sentait faible, elle se sentait faible et stupide et elle n'avait qu'une envie, qu'Angel arrange tout, peu importe ce qu'il avait à faire. Le vampire s'assit sur le lit à côté d'elle et enroula un bras autour de ses épaules, ne reculant plus devant le contact parce que c'était Cordélia et c'était tout ce qui importait.
"Promis," jura-t-il et il pressa un baiser sur le sommet de sa tête.
"Pourquoi les puissances ne m'ont pas envoyé une vision plus tôt?" elle exprima la question qui tournait dans l'esprit d'Angel depuis qu'il avait réalisé qu'Amy était morte depuis des heures, pas des minutes.
"Je ne sais pas," dit-il honnêtement, souhaitant avoir une meilleure réponse pour elle.
"Je crois que je n'ai jamais vu autant de sang auparavant, ce qui est bizarre parce que je vois du sang tout le temps, mais jamais autant en une fois."
"Shh shh," il essaya de la calmer.
"Je veux dire, c'est juste du sang, pas vrai? Ce n'est pas différent du truc rouge dans le frigo," elle pencha la tête pour le regarder, les yeux écarquillés avec confusion, "alors pourquoi je ne peux pas m'empêcher de le voir?"
Angel fronça les sourcils et mis ses cheveux derrière ses oreilles, ses pouces traçant un chemin délicat le long de ses pommettes. Quand les larmes menacèrent enfin de tomber, Cordélia ferma fermement les yeux et enterra son visage contre l'épaule réconfortante d'Angel. Pleurer ne rendrait pas Amy non morte, ça ne trouverait pas le salaud maléfique qui l'avait violée et tuée, elle doutait que ça le ferait même se sentir mieux, donc elle ravala la brûlure de tristesse qui piquait l'arrière de sa gorge et se concentra sur la façon dont Angel lui frottait le bras. Cordélia inhala une longue respiration calmante et repoussa la vue du sang et de la chair brisée à l'arrière de son esprit avec le reste des horreurs qu'elle avait été forcée de voir depuis cette horrible nuit où ils avaient perdu Doyle.
Ne pas y penser, s'en occuper une autre fois, l'écrire sur un post-it et prier pour que ça ne me rende pas folle, pensa distraitement Cordélia.
"Tu sens bon," murmura la jeune femme avant même de réaliser qu'elle l'avait pensé.
Peut-être qu'elle était déjà folle.
"Nouvelle poudre à lessiver," dit Angel alors que ses yeux se fermaient et il posa son menton sur le sommet de sa tête.
"C'est agréable," Cordélia inhala le doux arôme jusqu'à ce qu'elle ne connaisse que ça.
Peut-être que la démence n'était pas si mal.
Les minutes lentes passèrent sans un mot, c'était tellement différent du silence tendu qui avait enserré la majorité de leur journée ensemble. Cordélia n'arrivait même pas à se souvenir pourquoi elle avait été tellement fâchée contre Angel, ça ne semblait plus importer, ce n'était pas important comparé à ce qu'elle avait vu cette nuit.
"On devrait commencer les recherches," Cordélia brisa à contrecoeur le silence aisé et l'étreinte réconfortante. Le mouvement lui fit tourner la tête et elle pressa automatiquement ses doigts contre ses temps pour essayer de réprimer la douleur à laquelle elle avait à peine pensé cette nuit, même si elle était toujours sur les bords de sa conscience.
"Ca peut attendre demain matin," lui dit Angel d'une voix qui, espérait-il, ne provoquerait pas de dispute.
Pour une fois, ça fonctionna.
"Parfois, je souhaiterais simplement qu'on m'aspire ces fichues visions de la tête pour de bon," elle soupira et se passa les mains sur le visage, elle ne vit pas la culpabilité qui traversa les traits du vampire.
"Tu devrais essayer de dormir un peu."
"Non, si je ferme les yeux je n'arrêterais pas de voir..." elle s'interrompit, "Je ne crois pas que dormir va m'aider," Cordélia fit un sourire pincé qui n'atteignit pas ses yeux.
"Peut-être que tu devrais manger quelque chose," dit Angel, se souvenant du bruit misérable de sa meilleure amie recrachant tout ce qu'elle avait mangé aujourd'hui sur le trottoir, "Je pourrais te faire une omelette? Ou peut-être des pâtes, des pâtes ça serait peut-être mieux-"
"Je n'ai pas faim Angel, vraiment."
"Tu es sûre? Parce que ça ne me dérange pas de faire la cuisine si tu as faim."
"Tu sais, parfois, tu peux être très gentil," Cordélia emmêla ses doigts avec les siens alors qu'elle répétait sa déclaration antérieure, cette fois sans l'insulte venimeuse.
"Ce n'est pas ta faute, Cordy," répéta-t-il.
"Que tu sois gentil?"
"Ce que ce monstre a fait à Amy," clarifia Angel.
"Elle avait tellement peur Angel, j'ai senti... elle savait ce qu'il allait faire... qu'elle ne pouvait rien faire pour l'en empêcher. Je l'ai senti, je l'ai vu...." Cordélia secoua la tête pour essayer de chasser à la fois la vision et la réalité de son esprit maltraité, "sérieusement, si jamais je rencontre ces fichues puissances supérieures, je leur botterais les fesses jusqu'à pas d'heure."
Angel observa le changement presque physique descendre sur sa meilleure amie alors qu'elle refusait d'être brisée par les horreurs de la nuit. Cordélia Chase n'était pas le genre de femme à laisser le monde la mettre à genoux, même si elle trébuchait et tombait, elle trouvait toujours un moyen de se relever.
Elle lissa ses cheveux, redressa le dos, essuya les traces invisibles de larmes qui n'étaient pas tombées et ressembla très fort à la jeune fille insouciante qu'il avait rencontrée à Sunnydale plusieurs années plus tôt.
Le vampire savait que c'était juste un masque pour couvrir les bords effilochés de souffrance qui demeuraient dans son âme, et se demandait quel serait le prix le jour où elle ne pourrait plus faire semblant. Lorsqu'un vent mauvais de trop la ferait tomber et qu'elle n'aurait plus l'énergie d'être ce qu'elle pensait qu'ils s'attendaient à ce qu'elle soit.
"Donc, je suppose qu'on ferait mieux de coucher ensemble alors."
Le ton sérieux de Cordélia lui fit lever brusquement la tête avec surprise.
"Excuse-moi?" Angel avait l'impression d'avoir manquer toute une conversation.
"Sexe de vision, tu te souviens? Pour se débarrasser du marteau géant dans ma tête, comme ça je pourrais penser sans avoir envie de vomir? Ca semble familier?" Cordélia lui tapota un doigt contre la tempe alors qu'elle cachait un sourire qui menaçait de craquer sur les bords.
"Ouais," acquiesça-t-il avec un froncement de sourcils, "je pensais juste...."
"Quoi?"
"Hé bien, tu es un peu secouée, peut-être qu'on devrait attendre-"
"Je vais bien, Angel. Vraiment," elle lui souriait comme s'il était ridicule. Cordélia commença à déboutonner sa blouse comme pour lui prouver qu'elle allait bien.
C'aurait été assez convainquant, si ce n'était pour le fait que ses mains tremblaient.
"Cordy, attends," Angel lui immobilisa les mains.
Le sourire plastique hésita.
"On doit le faire," la voix de Cordélia était ferme mais ses yeux noisettes montraient l'agitation d'émotions que la journée et la soirée avaient éveillée en elle.
"Je sais," dit-il doucement, "mais pas comme ça," Angel prit son visage en main comme si elle était faite de la porcelaine la plus délicate et, à cet instant, Cordélia eut l'impression que c'était le cas, qu'elle allait se briser en mille morceaux avec la plus douce des brises. Un halètement se coinça dans sa gorge lorsque les mains du vampire frôlèrent sa poitrine alors qu'il lui déboutonnait sa blouse, ses doigts se déplaçant lentement comme s'il craignait qu'un mauvais mouvement puisse déchirer le tissu ou casser un bouton fragile.
"Ca va?" demanda Angel quand le dernier bouton fut détaché.
Cordélia acquiesça silencieusement.
Angel eut l'envie de faire courir ses doigts le long de la bande de chair ambrée qui s'était dévoilée à sa vue, de tracer un chemin de sa clavicule, le long de la vallée entre ses seins jusqu'à son nombril, donc c'est ce qu'il fit exactement avant que son cerveau ne puisse lui dire qu'il n'aurait pas dû.
Cordélia frissonna au contact.
"Tu as froid?" Angel leva ses yeux vers les siens.
Cordélia se mordit la lèvre et secoua la tête, guidant ses mains vers sa blouse en même temps. Ses yeux ne quittèrent pas les siens alors qu'il faisait lentement glisser le tissu sur ses épaules.
Même si Angel avait déjà vu Cordélia nue, et inversement, ils ne s'étaient jamais déshabillés l'un devant l'autre, n'avaient jamais donner libre cours au rituel intime de se découvrir devant les yeux de l'autre, comme des amants.
Ca excitait Cordélia autant que ça la terrifiait.
Angel fit traîner ses doigts le long du chemin de sa clavicule, momentanément hypnotisé par le battement de sang sous la peau jusqu'à ce qu'il atteigne la bride de son soutien-gorge blanc en coton, il hésita une seconde avant de pousser la bride sur le côté et de presser un chemin chaste de baisers de la fine ligne de chair qu'elle avait cachée jusqu'à la courbe bien trop tentante de son cou.
Cordélia laissa ses yeux se fermer tandis que ses lèvres se déplaçaient sur sa peau, laissant la culpabilité et la peur se retirer sous son toucher doux comme une plume, même si son corps était toujours tendu parce que c'était Angel et qu'ils ne faisaient pas ce genre de chose.
"Angel," murmura-t-elle, passant ses doigts dans ses cheveux, tirant doucement sur les pointes en gel pour attirer son attention. Le vampire se raidit et s'éloigna, inquiet d'avoir dépasser les bornes.
"Je suis désolé-"
Cordélia pressa un doigt contre ses lèvres pour stopper son excuse, un sourire nerveux et une secousse de la tête lui dirent qu'il n'avait rien fait de mal. Quand des doigts agiles longèrent le bord de son pull et puis passèrent en dessous, Angel parvint à peine à étouffer le grognement qui était monté dans sa gorge. Passant ses mains dans ses cheveux, Angel posa son front contre celui de Cordélia tandis que ses ongles frôlaient curieusement son torse, des doigts féminins lisant sa poitrine comme du Braille, sur ses tétons durs, le long de l'échelle de ses côtes et traçant finalement des motifs enrageants dans la traînée de poils doux qui commençaient à son nombril. Ses doigts voltigèrent au-dessus du métal épais de la boucle de sa ceinture pendant une éternité jusqu'à ce qu'ils s'aventurent plus au sud vers la ligne de sa fermeture éclair.
Une secousse de désir traversa son sexe.
"Cordy...." sa voix fut un murmure qui coupa le silence, faisant hésiter les explorations de ses mains.
Elle cligna des yeux quand Angel ôta son pull et le laissa tomber en une pile désordonnée aux pieds du lit.
"Tu es sûre?" lui demanda encore une fois Angel.
Malgré toute la tension, la douleur, la culpabilité et l'excitation, Cordélia ressentit l'envie soudaine et consumante de lui flanquer une tape à l'arrière de la tête. A la place, la jeune femme se glissa en travers du lit et laissa sa tête tomber sur l'oreiller en réponse.
Angel réalisa deux choses alors qu'il se levait et détachait sa ceinture, ses yeux errant sur la femme couchée de façon séduisante sur son lit.
D'abord, ça n'était pas aussi embarrassant que ç'aurait dû être.
Ensuite, alors qu'il ôtait ses chaussures, détachait son pantalon et le laissait glisser sur la carpette, il avait assez envie de faire ça.
Cordélia observa le vêtement du vampire heurter le sol, la couleur lui montant aux joues quand, une fois encore, elle se rappela qu'Angel et les sous-vêtements n'existeraient jamais dans la même phrase. Mais l'afflux de rouge qui lui picotait la peau n'était pas dû à l'embarras, et ça la surprenait.
Mmm, un bonbon pour les yeux, flotta dans son cerveau sans son consentement.
"Bonbon pour quoi?" Angel fronça les sourcils.
"Rien," dit rapidement Cordélia, horrifiée que la pensée n'avait pas été aussi silencieuse qu'elle l'avait prévu.
Le vampire plissa les yeux vers elle avec suspicion, apparemment insoucieux du fait qu'il était nu.
Et en érection.
"Tu prévois de rester debout là, toute la nuit?" elle agita la tête en une invitation pour couvrir les nerfs qui commençaient à se tordre dans son ventre. Angel se contenta de soulever un sourcil pour réponse avant de grimper sur le lit comme un gros chat nu. Le démon en lui était ravi de l'accélération soudaine de son battement de coeur alors que son âme le forçait à être doux, à être prudent, parce que Cordélia était sa meilleure amie et même lui pouvait voir qu'elle n'allait pas aussi bien qu'elle le disait.
Cordélia sentit chacune de ses terminaisons nerveuses se réveiller quand Angel pressa un baiser sur la courbe féminine de son ventre, la langue qu'elle avait fermement décidé ne ferait pas ces vilaines choses qu'elle avait faites la nuit précédente, plongeant maintenant dans son nombril tandis que le vampire déboutonnait son pantalon, lui soulevant les hanches et le faisant glisser le long de ses cuisses.
Ses yeux s'ouvrirent, elle ne se souvenait pas les avoir fermés, lorsque les baisers respectueux cessèrent. Clignant des yeux pour focaliser son regard, Cordélia fut accueillie par la vue d'Angel planant au-dessus d'elle, l'incertitude gravée sur son visage.
"Je vais bien, Angel," le rassura-t-elle, ou peut-être que c'était elle qu'elle essayait de convaincre, elle ne le savait pas, elle s'en fichait, parce que quand il la touchait, la douleur n'était plus si aigue, la culpabilité n'était plus si dure à supporter, le fantôme de la femme à qui ils avaient fait défaut n'était plus si horrifiant.
"Je m'inquiète pour toi," murmura-t-il honnêtement.
"Je sais" Cordélia lui prit le visage en main, "si ça peut aider, je m'inquiète pour moi aussi," elle fit le premier vrai sourire de la soirée.
"Pas vraiment, mais ça oui," Angel effleura son pouce sur la courbe de sa lèvre inférieure.
L'atmosphère changea et s'arrêta à un simple battement de coeur tandis que des doigts apprenaient l'histoire du visage de l'autre. Dans la chambre sombre qui abritait ses propres fantômes du passé, la ligne de leur amitié se brouilla encore plus, le besoin, le réconfort et les premières étincelles effrayantes du vrai désir s'agitèrent dans le silence bruyant.
Les yeux de Cordélia s'écarquillèrent lorsque les lèvres d'Angel commencèrent à descendre, les mots non, on ne s'embrasse pas étaient coincés dans sa gorge, sa tête était bloquée et refusait de tourner comme lui disait son cerveau tandis qu'elles se rapprochaient encore et encore et-
Pressèrent un baiser contre son front.
Cordélia ne savait pas si elle était soulagée ou déçue. Heureusement, elle n'eut pas le temps d'y penser longtemps lorsque le vampire commença à la toucher sérieusement. Ses mains avaient perdu la maladresse de leur première fois tandis qu'elles taquinaient ses tétons à travers le coton de son soutien-gorge, une bouche habile de deux cent ans d'expérience transformant sa respiration en halètements silencieux de désir pendant que ses mains se faufilaient derrière son dos.
"Où est la fichue agrafe sur ce truc?" marmonna Angel entre deux mordillages sur le soulèvement appétissant de sa poitrine.
"Sur le devant," Cordélia eut un petit rire étouffé.
"Evidemment," dit sarcastiquement le vampire. Qu'est-ce qu'il y avait avec cette femme qui lui donnait l'impression d'être un tatônneur de seize ans?
Une torsion à une main et un bruit sec détachèrent le soutien-gorge en cotton, et Angel sentit son ego revenir avec un sourire entendu.
"Oui, tu es très talentueux, bien joué," Cordélia roula les yeux et lui tapota l'épaule tandis que sa poitrine était découverte à l'air froid de la pièce et la caresse encore plus froide des lèvres du vampire.
"Talentueux...." soupira-t-elle et elle se cambra vers sa bouche.
Angel n'essaya même pas de cacher le sourire vorace qui se glissa sur son visage.
"Comme ça?" murmura-t-il d'une voix rauque alors qu'il mordillait la chair arrondie. Il fut récompensé par un uh huh haleté de sa meilleure amie.
Le monde commença à tourner autour de Cordélia tandis que les lèvres d'Angel, ses dents et sa langue traçaient un chemin affolant sur ses seins, ses doigts pétrissant les muscles durs des épaules du vampire alors qu'elle le suppliait silencieusement de ne pas arrêter, de ne pas la quitter, de tout arranger.
De prendre la culpabilité palpitante qui lui brûlait la poitrine et la transformer en quelque chose qu'elle pouvait comprendre.
"Angel," haleta Cordélia alors qu'elle emmêlait ses jambes avec lui pour l'amener plus près, ne réalisant pas que c'était la première fois que son nom avait glissé de ses lèvres avec désir.
Le vampire le remarqua cependant, cela fit silencieusement gronder le démon avec possession et sursauter ses hanches dans le berceau de ses cuisses avec un Cordy grogné dans sa poitrine. Elle siffla de plaisir quand son pénis toucha son clitoris à travers le tissu de sa culotte et Angel dû utiliser toute la volonté qu'il pu rassembler pour ne pas se frotter rudement contre elle.
Doucement, lentement, devint son mantra alors qu'il truffait sa peau rougie de baisers respectueux, ses hanches se calmant jusqu'à un rythme lent et enrageant qui fit gémir Cordélia avec contrariété.
"Shhh," il laissa traîner ses lèvres le long de la vallée de ses seins, lutta pour faire passer des doigts rugueux sous l'élastique de sa culotte, sa bouche suivant leur chemin tandis qu'il les faisaient descendre le long de ses cuisses.
L'odeur de son désir le frappa comme le plus délicat des parfums et l'attira à lui.
"Attends!" Cordélia lui attrapa une poignée de cheveux quand elle réalisa ce qu'il allait faire.
"Qu'est-ce qu'il y a?" Angel fronça les sourcils, sa langue sortant inconsciemment sur sa lèvre inférieure comme s'il était un homme affamé sur le point de manger.
Le visage de Cordélia vira au rouge mais elle n'arrivait pas à ôter son regard de sa bouche.
"Cordélia?"
"Hum?"
"Qu'est-ce qu'il y a ?" il montra la main dans ses cheveux.
"Oh, euh..." elle tenta de trouver une façon de dire ce qu'elle ne voulait vraiment pas dire.
La façon dont les pouces du vampire traçaient de légères promesses à l'intérieur de ses genoux ne l'aidait pas à se concentrer.
"Cordy?" répéta Angel, commençant à s'inquiéter. Il savait qu'ils auraient dû attendre un peu, Cordélia était secouée par les évènements de la soirée. Elle aurait dû avoir plus de temps pour se calmer, il aurait dû être plus inflexible au lieu de laisser les désirs de son démon régir ses réactions. "On aurait dû attendre, ça été une longue soirée et-"
"Je crois que tu ne devrais pas pratiquer de sexe oral sur moi," lâcha-t-elle rapidement.
"Pourquoi?" demanda-t-il, surpris et plus qu'un peu déçu.
"Tu n'étais pas conscient de ton humeur bizarre aujourd'hui?"
"Ce n'était pas à cause d'hier soir."
"Uh huh."
"Ce ne l'était pas."
"Très bien, peu importe, je pense toujours qu'on ne devrait plus le faire."
"Pourquoi pas?"
"On peut ne pas en parler là maintenant?" maugréa Cordélia, commençant à se sentir un peu mal à l'aise devant le fait d'avoir une conversation avec Angel alors que sa tête était entre ses cuisses
"Et si j'en ai envie?" Angel fit un signe de la tête vers les boucles sombres.
"C'est le cas?" demanda-t-elle, surprise.
"Hé bien... ouais," le sourire vorace était de retour et cette vue amena du désir en fusion dans son utérus.
Le vampire observa l'argument s'éteindre dans ses yeux.
"Si tu me refais le coup de la folie...." Cordélia s'interrompit et retomba sur le lit, ses mains fermement posées sur son visage alors qu'elle marmonnait quelque chose sur les fixations orales des vampires et leurs changements d'humeur ridicules.
Ses hanches se soulevèrent du lit au contact d'une langue contre sa chair la plus sensible
"Doux Jésus!" elle mentionna assez joyeusement le nom du Seigneur avec un gémissement bruyant. Quand Angel rit, ça vibra dans chaque nerfs de son corps mais Cordélia était bien trop dans le moment pour faire autre chose qu'agripper la tête du lit et essayer de ne pas penser à l'amitié fragile, la douleur des visions et les clientes assassinées dans des ruelles. Ce qui n'était pas si difficile étant donné que Cordélia avait du mal à se rappeler comment faire les choses les plus basiques, comme respirer, alors qu'Angel tentait de la dévorer.
Tout ce que le vampire avait senti la nuit précédente fut à nouveau enflammé tandis qu'Angel réapprenait l'essence de sa meilleure amie. Les doux miaulements réprimés de Cordélia emplirent ses oreilles alors que son parfum envahissait les endroits brisés en lui, une flamme de possession le brûlait vivement le long de son épine dorsale et menaçait de laisser son démon se montrer sur son visage.
"Oh mon Dieu...." haleta inutilement Cordélia, les yeux fermés, ses doigts cherchant désespérément une prise tandis que l'univers se limitait à un point précis entre ses cuisses. Elle pouvait sentir le sang circuler dans ses veines, chaque cellule de son corps palpiter avec la pression de sa langue, bien trop, trop bon, trop merveilleux. La douleur dans sa tête était enroulée d'un baume apaisant avec chaque mordillement de ses dents et poussée de ses doigts, les fissures dans son coeur étaient lissées, son âme fatiguée ramenée à la vie par l'ancien Fléau de l'Europe, "....Angel."
A moi, son nom une nouvelle fois sur ses lèvres fut tout ce dont le démon eut besoin comme catalyseur. Et avant même que Cordélia puisse gémir de frustration à la perte de ses lèvres, Angel fut au-dessus et en elle avec une poussée brusque de ses hanches.
"Oh!" s'exclama Cordélia avec surprise alors que son corps luttait pour s'adapter à l'intrusion soudaine.
"Seigneur, Cordy, je suis désolé," s'excusa rapidement Angel, horrifié devant sa perte de contrôle. Tandis que le démon grognait victorieusement sa propriété, Angel remua pour se retirer de la chaleur étroite dans laquelle il était enveloppé.
"Non, attends," haleta-t-elle brutalement, enroulant ses jambes autour de ses hanches pour empêcher sa sortie, forçant les yeux coupables du vampire à rencontrer les siens.
"Je suis désolé," répéta Angel, ses bras tremblants avec de la tension brute.
"Ce n'est rien," insista Cordélia, faisant courir ses mains le long des muscles tendus de ses épaules, "C'était juste un peu inattendu, c'est tout. Mais d'une bonne façon." Comme pour prouver ses dires, la jeune femme fit rouler ses hancher contre les siennes.
Un grognement mutuel rempli l'air.
"Cor-" Angel sentit le peu de contrôle qu'il avait lutter pour regagner recommencer à s'effriter sur les bords.
"Je vais bien," murmura-t-elle encore et encore jusqu'à ce que ses hanches commencent à remuer contre les siennes, des poussées lentes et douces au rythme de son mantra silencieux, une excuse rendue physique par de tendres baisers contre son front.
Doucement, lentement, doucement, lentement, doucement, lentement, répété encore et encore dans son esprit, désespéré d'être ce dont Cordélia avait besoin, pas un coup ferme et rapide, doux et lent, pour ôter la douleur, pas pour la causer, ne pas prendre, doucement, lentement, doucement-
Les ongles de Cordélia s'enfoncèrent vivement dans ses épaules et sa retenue fut envoyée au diable.
Angel enterra son visage dans le cou de Cordélia lorsqu'il sentit la peau et les os de son front commencer à se transformer, priant un Dieu qui l'avait quitté plusieurs siècles plus tôt qu'elle ne le remarquerait pas. La soudaine douleur piquante et les bas gémissements féminins de besoin étaient trop pour le démon qui avait été privé si longtemps.
C'était trop, tout ce qu'il avait essayé de renier ou d'ignorer toute la journée remontait à la surface. La main de Cordélia sur la cuisse de Gunn, ses bras autour de sa taille, la façon dont elle riait pour l'homme noir, tout miroita dans le brouillard de sa mémoire et provoqua un bas grognement possessif dans sa poitrine avant qu'il ne puisse s'en empêcher. Il dansait au bord du contrôle, c'était tellement tentant de tomber par-dessus la ligne, d'enchaîner ses poignets à son lit et de sauter la jalousie qu'il avait senti brûler en lui dans le corps de Cordélia.
Le vampire s'accrocha follement et avec horreur à la fin de cette pensée.
Non. Cordy. Je
ne le ferais pas, ce n'est pas de ça qu'il est question, pour
elle, besoin de réconfort, pas de possessivité.
Il essaya frénétiquement de régner sur le démon, forçant le retour de son visage humain sur ses traits. Angel s'arracha à la peau fine de son cou, il y avait trop de tentations là, trop de sang battant sous la surface, juste trop. Mais la vue des joues rougies de Cordélia, de la sueur luisante sur ses temps, de ses yeux noisettes devenus noir de désir, sous lui, il l'entourait, leur différence de taille à peine remarquée jusqu'à maintenant tandis que les hanches d'Angel pompaient en elle, plus brusquement qu'il ne le voulait, il voulait être doux, était pire. Trop tentant de simplement se laisser aller, voler ces lèvres et laisser des marques possessives sur sa poitrine, la marquer, parader sa propriété.
La respiration de Cordélia haletait contre ses lèvres, si près, plus près qu'ils ne l'avaient jamais été. Les doigts d'Angel le démangeaient de s'emmêler dans ses cheveux, de se perdre dans la crinière épaisse qui était renversée sur ses oreillers. Ses oreillers, son lit, sa Cordélia-
Stop! Aboya silencieusement Angel sur l'animal qui menaçait de prendre le contrôle, son corps maintenant immobile de tension.
Il tourna la tête sur le côté et ferma les yeux tandis qu'il luttait pour le contrôle qui semblait lui faire défaut ce soir, quand il en avait le plus besoin.
"Angel?" haleta nerveusement Cordélia quand Angel n'eut pas bougé pendant un long moment.
"Je...." il secoua la tête, les lignes dures de son dos se contractèrent sous ses doigts, de longues bobines de tension.
"Qu'est-"
Angel ne la laissa pas finir la question alors qu'il les fit culbuter pour qu'il soit sous elle, ses jambes toujours étroitement enroulées autour de son dos tandis qu'elle le chevauchait.
Il observa la surprise traverser ses yeux devant le changement soudain de position. Cordélia eut l'envie de se couvrir avec ses bras, ce qu'elle savait être ridicule, mais pour une raison ou pour une autre, la jeune femme se sentait plus nue assise à califourchon sur Angel que sous lui. Elle voulu lui dire que c'était trop pour elle mais alors qu'elle essayait de trouver les mots, les hanches d'Angel se soulevèrent, enfonçant profondément son pénis en elle.
"Oh," Les yeux de Cordélia se fermèrent, "refais ça."
Donc il le fit.
"C'est bon...." murmura-t-elle d'une voix pâteuse tandis que sa tête roulait en arrière, ne se préoccupant de rien d'autre que de l'endroit parfait que son sexe frappait à chaque mouvement. Rien d'autre n'avait d'importance, ni le sang, ni la culpabilité ou la peur, juste ce râpage délicieux de peau contre peau, ce corps à corps, ces mains qui lui donnaient un sentiment de sécurité agrippant ses hanches. Elle se fichait que ce soit Angel qui lui faisait ressentir tout ça, elle avait besoin que ce soit lui, ça devait être lui, ses mains, ses lèvres, son corps qui remplissait ses rêves et ses visions.
Angel savait qu'il n'allait plus tenir longtemps. Son contrôle avait été fracassé et reformé et fracassé à nouveau trop de fois. La chaleur étroite qui l'enveloppait était trop bonne pour ne pas s'y perdre. Cette déesse dorée à califourchon sur lui était trop belle, à lui, le chevauchant, son sexe enterré en elle, rien qu'à lui, rien qu'à lui rien qu'à lui....
"Cordy, vas-y, pour moi," ses mots firent écraser une vague de chaleur liquide dans l'utérus de Cordélia. La pression de son pouce contre la chair boursouflée de son clitoris envoya du plaisir de ses doigts jusqu'à ses orteils, encore et encore, ne t'arrête pas, seigneur, ne t'arrête pas, tomba de ses lèvres sans son consentement alors que l'univers se mettait sans dessus dessous derrière ses yeux, ses hanches bougeant de leur propre volonté. Un battement de plaisir dans son sang, plus et plus et plus jusqu'à ce que le monde explose avec un orgasme qui fendit son corps avec des ondulations frissonnantes se serrant étroitement autour du vampire en elle, lui arrachant sa délivrance avec un cri silencieux.
***
"Je pense qu'on devient meilleur à ça," dit Cordélia au plafond un moment plus tard, quand elle récupéra l'usage de sa voix.
"C'était clairement une amélioration," approuva Angel, le corps épuisé et le démon paisible.
"Uh huh," elle hocha la tête, plus inquiétée ou embarrassée par le fait d'être étendue, nue, à côté d'Angel. Elle y penserait demain matin parce que là, elle était trop fatiguée et trop détendue pour se tracasser de la pudeur.
En fait, Cordélia devrait penser à beaucoup de choses demain matin.
"Migraine de vision?" le vampire se tourna sur le côté, la tête posée sur son coude.
"Partie," elle sourit son merci d'un air endormi et roula sur le ventre pour lui faire face, "Je devrais y aller," Cordélia bâilla, "je dois me lever tôt demain matin," elle enterra le côté de son visage dans l'oreiller, "beaucoup de recherches à faire," ses yeux se fermèrent, "Je devrais... rentrer...."
"Uh huh," approuva doucement Angel en remontant les couvertures froissées sur eux.
"Donne-moi juste une minute...."
"Ok," le vampire mit les cheveux qui lui étaient tombés sur le visage derrière l'oreille et écouta sa respiration régulière et le battement de son coeur.
Angel n'avait aucune intention de laisser Cordélia quitter son lit.
***
Les roses rouges sont vraiment un cliché, les jaunes sont plus sincères, pensa joyeusement l'homme alors qu'il arrangeait le bouquet extravaguant devant lui.
Il avait été déçu de découvrir que la jeune femme qui l'avait tellement séduit la nuit précédent n'était pas chez elle. Il avait essayé d'entrer dans le petit appartement, mais une force froide et invisible lui avait barré le chemin.
Peut-être que c'était mieux.
Il pouvait attendre un peu plus longtemps.
Elle en vaudrait la peine.
Même si elle avait menti pour son nom. Avait-elle pensé qu'il ne découvrirait pas le mensonge?
"Les amoureux ne devraient pas se mentir, Cordélia," tska-t-il. "Voilà, c'est parfait," déclara-t-il, se levant et se reculant devant sa création.
Douze roses jaunes, enduite amoureusement chacune de sang rouge et poisseux.
