Bonjour à tous !

Chose promise, chose due ! Voici le chapitre que vous auriez dû avoir la semaine dernière (milles excuses !), j'espère qu'il vous plaira ! Pour rappel, il s'agit du chapitre sur Serris ! Dans le prochain, on sera de retour à l'époque "actuelle".

Je me posais une question aussi en l'écrivant : quel type de régime politique régie Midgar ?

Apparemment, non seulement la Shinra fait du business, mais j'ai l'impression qu'elle a aussi un rôle politique.

De ce fait, j'ai l'impression que ce serait un mélange d'oligarchie et d'autocratie. Enfin, c'est pas une question hyper importante XD

Bonne lecture ! ^^


Chapitre 09

Les Taudis… Voilà comment les habitants du dessus appelaient cet endroit. Les gens qui vivaient là, ou plutôt qu'on avait abandonné là, se trouvaient être la population la plus pauvre de Midgar. Pas assez d'argent pour se retrouver au dessus de la Plaque et jouir d'une meilleure sécurité… Mais, on avait peur du ciel… La misère et la criminalité étaient courantes ici bas… Des vols, il y en avait… Des meurtres, il y en avait… La pauvreté, la peur… toujours et encore… Pourtant, c'était chez eux. Où aller lorsque l'on était qualifié de « parasites » ?

Cela faisait maintenant un moment que Serris observait son amie s'occuper des fleurs. Celle-ci avait prit l'habitude de venir dans cette église pour les entretenir. Elle lui avait dit qu'elle ne comprenait pas pourquoi elles poussaient ici. De ce fait, elle avait décidé d'en prendre soin. Serris l'admettait, ces fleurs étaient vraiment jolies.

- Aerith, je pense que tu les as assez dorlotées comme ça, la taquina-t-elle. Ca fait une heure que tu t'en occupes !

- Je suis désolée, sourit son amie en se relevant et se retournant. Je n'avais pas vu l'heure passer. Tu es là depuis longtemps ?

Serris répondit à son sourire en haussant les épaules puis la rejoignit. Elles se connaissaient depuis qu'elles étaient toutes petites et elles avaient eu l'habitude de jouer ensemble étant enfant. Oui, elle pouvait la considérer comme sa meilleure et seule amie. La seule véritable source de lumière dans cette caverne de ténèbres.

Elle se pencha sur les fleurs pour les contempler. Aerith faisait des merveilles en botanique. Elle avait même réussi à en faire pousser autour de sa maison, lui donnant des petits airs de paradis. Son jardin était le seul endroit où l'on pouvait se sentir bien et oublier la misère.

- Tu sais, je me sens obligée de venir ici, dit Aerith en regardant aussi les fleurs. Si je ne m'en occupe pas, personne ne le ferait. C'est bizarre, mais j'ai l'impression qu'elles ont besoin de moi.

- Tu dis ça de toutes les plantes que tu rencontres, sourit Serris. Je me souviens la dernière fois où tu m'as laissé arroser une fleur de ton jardin…

- Oui, tu l'as noyée.

Elle rit en voyant la tête déconfite de Serris. Elle ne l'avait pas fait exprès ce jour-là, Aerith devait s'occuper de sa mère qui était tombée malade. Pour la soulager, elle avait voulu entretenir son jardin… Et ce fut un échec cuisant. Depuis lors, elle s'était jurée de ne plus s'occuper de la moindre fleur. Elle les regarderait à la place… C'était moins dangereux.

- J'étais venue te chercher car je voulais savoir si ça te disais de faire un tour en ville, fit Serris. Qu'est-ce que tu en dis ?

Aerith la regarda en souriant et hocha la tête. Elles quittèrent donc l'église en prenant soin de refermer la porte derrière elles.

FFVII

Le marché était très animé. Il y avait de petites échoppes proposant diverses babioles, la plupart du temps tombés de la surface. Par moment, il était possible de trouver de drôles de choses venant d'en haut. Aussi bizarres qu'utiles voire même intéressantes. De temps en temps, elle se demandait à quoi ressemblait la vie d'en haut… Un jour, alors qu'elle n'avait que huit ans, Serris avait trouvé un livre dans lequel était contée l'histoire d'un ange désirant rejoindre les cieux. Elle l'avait lue avec Aerith, qui était âgée alors de six ans. Le livre était triste…

L'ange, naïf et insouciant, était tombé du ciel. À son réveil, il fut incapable de voler à nouveau. Ses ailes s'étaient cassées. Pourtant, il voulait vraiment rejoindre les cieux, retourner vers ce bleu qu'il aimait tant. Les siens lui manquaient. Et à cet instant, il avait remarqué qu'une personne avait pris soin de lui. Une jeune fille vraiment douce et gentille. Grâce aux bons soins de la jolie dame, l'ange avait pu se rétablir. Mais, au moment de se séparer de son amie, il ne voulait plus partir et s'intéressait avec curiosité au quotidien des humains comme elle.

Rapidement, cette amitié se mua en amour. L'ange avait cessé de regarder le ciel pour se noyer dans les yeux de sa bien-aimée. Mais cette idylle n'était pas du goût du ciel qui, par jalousie, déversa son courroux. Une tempête déchaînée s'abattit sur la terre, provoquant une pluie diluvienne et des vents violents, qui avaient fini par s'étendre sur plusieurs jours. De fortes marées provoquaient des inondations, le sol devenu boueux s'écroulait sous les pieds des humains, plus aucune fleurs ne poussaient et la nourriture se faisait de plus en plus rare… Le ciel avait fait de la terre un enfer.

Les amants, effrayés et désespérés, n'avaient nulle part où se réfugier. L'ange ne comprenait pas pourquoi le ciel le trahissait. Il ne voulait pas d'un monde dans lequel sa bien-aimée serait constamment en danger. Une nuit, il disparut alors dans les cieux. Il désirait que tout cesse, que la femme qu'il aimait puisse vivre dans un monde sûr.

Le temps passa et le courroux du ciel se dissipa. La jeune fille avait prié nuit et jour pour le bien de son aimé, qui ne revenait pas. Les semaines succédèrent aux jours… Les mois devinrent des années… Et la jeune fille priait toujours, s'accrochant à l'espoir de revoir son ange. Jamais elle ne tomba amoureuse d'un autre homme, jamais elle ne se maria, elle n'eut jamais d'enfants… Enlisée dans sa tristesse et son désespoir, elle priait encore et encore.

L'ange ne revint jamais. La jeune fille mourut d'épuisement à force de prier. Plus personne n'entendit parler de cette histoire, ni même que l'ange avait sauvé le monde en calmant le ciel. Toutefois, ceux qui se souvenaient de cette période, pensaient que le ciel avait happé l'ange, l'empêchant de rejoindre son aimée.

Cette histoire expliquait sans doute la peur du ciel d'Aerith. Le récit l'avait terrorisée et jusqu'à présent, elle ne s'était jamais posé la question d'en connaître la couleur. Serris voulait connaître ce qu'il y avait au-dessus de ce ciel. Les anges existaient, c'était sûr. Mais où vivaient-ils ? Comment vivaient-ils ? À quoi ressemblaient-ils ? Elle voulait en devenir un... Le ciel avait l'air si beau.

Enfin, elles étaient si jeunes à l'époque ! Et maintenant, elles étaient de jolies jeunes filles, de dix-sept et quinze ans. Le monde s'ouvrait devant elles ! Il ne restait plus qu'à le conquérir ! Si Aerith avait un charme naturel, Serris avait quelque chose d'éclatant. Beaucoup de regards se tournaient vers elles lorsqu'elles se promenaient. Mais gare à celui qui se montrerait trop téméraire !

Depuis leur plus jeune âge, elle protégeait sa jeune amie. Aerith était une personne si gentille que beaucoup souhaiterait en profiter. Et elle avait déjà eu des ennuis ! Heureusement, à chaque fois Serris les faisait fuir ! Le premier à profiter de la bienveillance de son amie n'était pas né !

- Oh regarde ! fit Aerith en s'approchant d'un stand où reposait divers petites rubans de couleur. Ils sont jolis !

- Des rubans ?

- Ah, mesdemoiselles ! s'exclama le marchand. Ils viennent juste d'arriver ! Je vous fais un prix ?

- Nous ne faisons que regarder, sourit Serris avant de se tourner vers son amie. C'est vrai que ces accessoires, c'est plutôt ton style.

Aerith répondit à son sourire et les deux jeunes filles s'écartèrent de l'échoppe. Serris s'arrêta devant un stand qui présentait de petites boules de couleurs. Elles brillaient joliment et leurs teintes la fascinaient.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle au marchand.

- Des matérias, en voulez-vous une ?

- Des matérias ? s'interrogea Serris. Je ne savais pas que l'on pouvait en trouver ici…

- Ce sont des fausses, bien entendu. Je n'aurai jamais de quoi me fournir de vraies, mais avouez qu'elles font une bonne déco ! Et elles ont quand même de petites propriétés magiques ! Je vous fais un prix si vous voulez !

- Sans façon…

Il était vrai que les véritables matérias étaient relativement chère, voire quasi intouchables. En même temps, elles avaient des propriétés magiques. Entre les mains de personnes malavisées, ces objets étaient très dangereux. Même si celles-ci étaient fausse, pour rien au monde Serris ne voudrait en acquérir ! Elle n'y connaissait rien à la magie !

- Hé ma jolie ! fit un homme à Aerith. T'as de beaux yeux tu sais ? Ca te dirait de faire un tour ?

De quel droit ce type l'importunait ? Pas question de lui laisser faire ce qu'il lui plaisait ! Aerith semblait très mal à l'aise…

- Bien sûr, que ça lui plairait, intervint Serris en plaçant ses mains sur les épaules de son amie. Mais certainement pas avec toi ! Dégage, le plouc !

- Quoi ? T'es jalouse ?

- Tellement ! Tu n'imagines même pas !

- Tu pourrais venir aussi, vous seriez pas trop de deux !

- Oh ! Quelle charmante invitation ! Tu ne trouves pas ? fit Serris à son amie, alors que celle-ci la regardait avec incompréhension. Mais avant ça, il faudrait que je te présente à mon père, à ma mère… Oh ! Et puis je veux des enfants ! J'en veux pleins ! Et puis un chien ! J'ai toujours rêvé d'en avoir un ! Nous pourrions vivre ensemble sur la Plaque et nous marier et… Et il est enfin parti. Tu vas bien, Aerith ?

-Je… Je crois, souffla-t-elle en acquiesçant. Merci.

- T'es toute pâle… Ce type est un abruti. N'y pense plus, d'accord ?

- Je… Je pense que je devrais rentrer.

- Je te raccompagne, je vais devoir me préparer pour mon service ce soir. En plus, je serai plus sereine si je te sais en sécurité !

Elle posa sa main sur l'épaule de son amie et quitta le marché avec elle, tout en surveillant aux alentours si un autre sale type voulait se risquer à les approcher.

FFVII

- Papa, Maman ! Désolée du retard ! fit Serris en entrant dans la boutique. J'ai raccompagné Aerith chez elle.

- Pas de problème, répondit son père, caché derrière le comptoir.

Les parents de Serris tenaient une petite boutique d'éléments. On pouvait trouver toutes sortes de potions et autres lotions. Elle ne payait pas de mine, mais elle était si agréable ! Leur clientèle était constituée que des citoyens vivant dans les Taudis, mais il leur arrivait parfois d'avoir quelques clients venant du dessus. Certainement alimentés par a curiosité ou l'aventure ! Les Taudis n'étaient pas réputés pour être un endroit très accueillant…

Serris disparut dans l'arrière boutique pour se changer et revêtir son vêtement de travail. Elle aimait beaucoup aider ses parents quand il s'agissait de tenir les comptes de la boutique, ou même juste être en caisse avec les clients. En parlant de cela, ces derniers étaient rares. Peu de gens avait les moyens de s'acheter quelque chose d'aussi extravagant que… des médicaments…

La pauvreté était le lot de tous ici bas. C'était un fait indéniable. Malgré tout, Serris se débattait comme elle pouvait pour sortir ses parents de cette misère. Les petits efforts d'aujourd'hui créaient la richesse de demain !

La porte s'ouvrit, faisant tinter la petite clochette.

- Bienvenue ! lancèrent Serris et ses parents.

C'était un enfant qui venait d'entrer et il fouillait dans ses poches. Après avoir trouvé ce qu'il cherchait, il s'approcha de la mère de Serris.

- Vous avez des médicaments ? C'est pour ma mamie.

- Bien sûr ! Qu'a ta mamie ?

- Elle a mal au ventre… Et elle a mal au dos…

- Je vois, dis la mère en se tournant vers certaines potions. Tiens, celle-ci devrait la soulager. Juste quelques gouttes dans l'eau avant le coucher.

- J'ai ça, fit l'enfant en tendant quelques pièces. C'est bon ?

Serris jeta un œil à l'argent du comptoir où elle était. Trois gils… La potion en valait vingt… Les yeux de l'enfant larmoyaient.

- Garde tes gils, la maison t'en fait cadeau, sourit la mère en lui donnant la fiole. Va vite rejoindre ta mamie !

Il partit en courant avec un large sourire.

- Tu as bien agi, chérie, fit le père.

- Pauvre petit… Si personne ne se sert les coudes ici bas, personne ne pourra s'en sortir.

Serris sourit. Sa mère avait raison. S'entraider était la clé pour survivre. Mais, c'était toujours dans ce genre de réflexion qu'elle se demandait comment vivaient les gens au-dessus de la Plaque… Ils ne devaient pas traverser les mêmes difficultés qu'eux. Peut-être même que la vie était plus douce…

Un jour, alors qu'elle était partie faire quelques achats alimentaires au marché des Taudis, elle avait croisé un homme et une femme. Ces derniers avaient été particulièrement bien habillés. Un costume sur mesure pour le premier et une robe tout à fait raffinée pour la deuxième. Ils étaient sans doute en couple puisque la femme était perchée au bras de l'autre.

Ils avaient été si beaux à voir ! On aurait dit des acteurs de cinéma ! Elle s'était demandée pourquoi ils avaient décidés de se promener par ici. Ce n'était pas un lieu pour des gens comme eux. Ici bas, la criminalité et la pauvreté régnaient…

Rapidement, elle s'était aperçu que ces belles personnes n'étaient venues que par curiosité. Voir les plus pauvres dans la misère… Est-ce que les Taudis étaient un lieu d'attraction ? Où est-ce que les personnes plus aisées ne pouvaient simplement pas résister à l'envie de montrer leur richesse ? Qu'est-ce que ces gens avaient de plus qu'eux ? Elle avait désespérément voulu le savoir…

Malheureusement, ils n'étaient pas restés très longtemps. De plus, elle n'avait que douze ans à l'époque et elle avait été trop intimidée pour les approcher. Maintenant, elle avait bien grandi. Et elle trouvait que malgré tout, la vie qui lui avait été donnée s'était montrée charitable envers elle. Physiquement. Les Taudis étaient aussi réputés pour être sale et un nid à maladie, mais elle trouvait qu'elle était jolie sous ce tas de poussière. Au moins, elle n'avait pas à se plaindre à ce sujet…

Peut-être… Peut-être qu'un jour, un noble prince du dessus viendrait la chercher… Ou plutôt, un ange… Comme dans cette histoire… Il la protègerait et la chérirait… Elle n'avait jamais connu cela, mais… Elle se doutait que ce sentiment serait agréable. D'être la personne la plus précieuse au monde, pour une autre.

Un sourire distrait s'affichait sur les lèvres de Serris. Elle avait tellement envie de déployer ses ailes… Mais elle ne pouvait ni abandonner ses parents, ni abandonner Aerith… Ils étaient tout pour elle. Que ferait-elle sans eux ? Mais elle ne voulait pas trouver l'amour ici. Les hommes y étaient si banals…

La porte s'ouvrit brusquement, laissant entrer deux hommes à l'air patibulaire et assez costauds. Le père et la mère regagnèrent le comptoir, près de Serris. Les deux gorilles renversèrent une étagère où reposaient des potions, qui se brisèrent et répandaient leur contenu sur le sol.

- Que faites-vous ? S'écria le père en s'avançant vers eux. Arrêtez !

Il tenta de repousser l'un des hommes qui avait saisit une étagère et qui essayait de la renverser. D'un revers de la main de la part du gorille, le commerçant tomba au sol, sonné.

- Chéri !

- Papa !

Elles se ruèrent vers le pauvre homme, qui demeurait étourdi. Les pas d'un troisième homme se firent entendre. Il marchait plus lentement et sa démarche était plus lourde.

Serris leva la tête et vit le nouveau venu. Un homme, petit, une chevelure peu garnie et blonde, gros et gras, une veste rouge sur les épaules, un cigare à la bouche. Elle ouvrit la bouche en le reconnaissant. Don Corneo. Une sorte de parrain dans les Taudis. Lui et ses gorilles terrorisaient les commerçants, réclamant une part des bénéfices en échange de tranquillité et de protection. Ceux qui ne payait pas, recevait sa visite. Ses parents ne s'étaient jamais soumis à lui. Et c'était certainement pour cette raison qu'il était là.

Toutefois, hormis cette dimension tyrannique, cet homme avait un faible pour les femmes. Les belles femmes. Il n'était pas marié et changeait constamment de compagne. Il les enlevait et les sélectionnait pour de douces nuits. Combien de femmes avaient-elles vu leur vie se détruire à cause de lui ? La garde civile semblait inefficace face à lui… Ou alors fermait-elle les yeux ?

- Don Corneo… souffla le père. Qu'est-ce que vous voulez ?

- Ce que je veux ? Mais une part de vos recettes pardi ! Où la cachez-vous ?

- Vous ne mettrez jamais la main sur cet argent ! se fâcha la mère. Sortez d'ici !

- Oh oh ! Mais je suis chez moi partout, ici !

Le mafieux se dirigea vers la caisse enregistreuse. Alors qu'il la saisit entre ses doigts, parsemés de bagues en or, Serris lui bondit dessus et lui arracha l'appareil des mains.

- Vous ne toucherez pas à ça !

- Oh ! Mais c'est qu'elle est bien sauvage !

Don Corneo claqua des doigts, rameutant ses deux gorilles qui avaient continué jusqu'alors à casser le matériel.

- Je ne peux pas avoir la recette, je ne peux pas assurer votre protection, déclara-t-il avant de se tourner vers ses hommes de main. Brûlez tout. Ce commerce n'a pas lieu d'exister si aucun dividende ne m'est versé.

- Non ! Pitié ! Ne faite pas ça ! supplia le père en s'accrochant au mafieux. Qu'allons-nous devenir ? Comment allons-nous vivre ?

- Ce ne sont pas mes oignons.

Les deux gorilles commencèrent à embraser les lieux, à l'aide d'allumettes qu'ils lançaient contre les rideaux et sur le plancher en bois. Certains fluides que contenaient quelques lotions particulières étaient malheureusement inflammables. L'incendie commençait à prendre rapidement de l'ampleur.

- Non ! cria la mère.

Le travail fait, Don Corneo et ses sbires quittèrent la boutique.

- Sauvez ce qui peut l'être ! ordonna le père qui commençait à rassembler le peu de potions qui restaient.

- On n'a pas le temps chéri ! On doit sortir d'ici ! Serris ! Ouvre la caisse et prend l'argent !

La jeune fille obéit et s'empara des recettes avant de s'enfuir avec ses parents, hors de la boutique que le feu rongeait à présent le plafond.

FFVII

Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis l'incendie. Certains curieux avaient assisté à l'effondrement du petit commerce, impuissants. Depuis lors, il n'avait jamais été reconstruit, faute d'argents. Le père avait réussit à trouver des petits travaux de livraison, payés une misère. La mère avait réussi parfois à trouver du travail pour rapiécer des vêtements, mais ce petit salaire n'était pas bien lourd. Serris peinait à trouver un emploi lui permettant de faire vivre sa famille. Eux, qui avaient eu un commerce leur permettant de vivre à peu près correctement… Tout avait été anéanti par cette crapule… Qu'elle pourrisse en enfer !

Toutefois, la jeune fille avait pu compter sur la présence de son amie pour la réconforter. Aerith l'avait invitée à prendre soin des fleurs dans l'église afin de l'aider à se changer les idées. Serris avait tenté de passer outre son humeur massacrante, mais la même chose revenait sans cesse dans sa tête : elle n'avait pas de travail… Ses parents éprouvaient des difficultés à joindre les deux bouts… Si seulement elle avait pu arrêter Don Corneo… D'une façon ou d'une autre…

Lorsque la boutique était encore en état, ses parents avaient prévu de la lui léguer à sa majorité, pour qu'elle développe un peu plus les affaires. Ils étaient fatigués et avait sacrfié des nuits entières pour lui façonner un futur… Mais maintenant, quel avenir se présentait à elle ? Elle n'était plus rien du tout.

Un beau jour, Serris et Aerith avaient trouvé une annonce. Un bar cherchait désespérément une serveuse, non loin du secteur cinq. Le quartier était réputé mal famé, mais la nécessité faisait loi. Serris n'avait pas hésité un seul instant pour répondre à l'offre. Aerith l'avait mise en garde. Ce quartier était rempli de dealers, de voyou et autres crapules. Une jeune fille ne serait jamais en sécurité là-bas… Plusieurs fois, elle l'avait suppliée de changer d'avis. Mais Serris ne l'avait pas écoutée.

Depuis qu'elle s'était présentée au propriétaire du bar, celui-ci l'avait engagée à temps plein en tant que serveuse. Le salaire était médiocre, mais il permettait de survivre. L'homme n'avait rien d'amical, mais ce n'était pas un crétin pour autant.

Mais, le travail avait fini par devenir un cauchemar. Les clients étaient odieux envers elle. On l'insultait, la rabaissait… Certains avaient tenté de l'agresser… et le rythme de la journée était très soutenu. Serris avait voulu baisser les bras, mais elle ne le pouvait pas. Ses parents avaient besoin d'elle… Elle avait besoin de ce travail…

FFVII

Alors que Serris avait terminé plus tôt pour une fois, Aerith vint à sa rencontre. Elle avait l'air enjouée. Elle sourit. Qu'avait-elle fait ?

- Serris ! Je suis contente de te voir !

- Moi aussi ! Mais qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- Je… J'ai rencontré un homme dans l'église. Il était tombé au milieu des fleurs. J'avais eu peur et j'ai voulu savoir s'il allait bien.

- Tombé ? Tu veux dire… De là-haut ?

- Apparemment.

- Il a du faire une sacré chute… C'est pour ça que tu souris comme ça ?

- N-non ! Pas du tout ! Il… Ses yeux étaient… étranges… Ils ne brillaient pas normalement. C'était… déroutant…

- Déroutant ? Tu n'aurais pas eu un coup de foudre, par hasard ?

- Non !

- Moi je te dis que si ! À quoi il ressemble ?

Aerith le lui décrivit. Un jeune homme brun, des mèches rebelles encadrant son visage. Des yeux d'un bleu azur très brillant. Plutôt grand et un peu costaud. Il avait une épée dans le dos. Il portait des vêtements sombres, dont la ceinture indiquait son appartenance au Soldat. Lorsqu'il s'était éveillé, il avait proposé à son amie de sortir avec elle en remerciement.

- La Shinra ? Ils ne viennent jamais dans Les Taudis pourtant… Dis, tu me le présenteras ?

- Oh, tu sais, il ne reviendra peut-être pas.

- Pourquoi pas ? Il veut être ton petit ami ! Mais avant, je crois que j'ai le droit de veto ! Je te dirai s'il est assez bien pour rester avec toi ou pas !

- Serris…

- Ce serait génial s'il te correspondait ! Ce serait comme dans le livre qu'on avait lu quand on était petite ! Il est peut-être un ange ? Sauf que le ciel ne pourra pas vous séparer !

- Serris…

- C'est si romantique !

- Ce n'est qu'une histoire Serris, rit Aerith. Les anges n'existent pas.

- Oh ! Rabat joie ! fit-elle en pinçant gentiment la joue de son amie. Essaie de me le montrer la prochaine fois !

- Mais, je t'ai déjà dis que…

- Oui, oui… Mais je n'y crois pas une seconde ! dit Serris en faisant un clin d'œil.

Alors comme ça, Aerith était tombée amoureuse ? Elle trouvait cela vraiment mignon, si tant est que l'homme qui faisait battre son cœur était quelqu'un de bien ! Elle s'en assurerait ! Personne n'avait le droit de lui faire le moindre mal !

Mais… Si son amie devait s'écarter d'elle pour le suivre… Que deviendrait-elle ? À vrai dire, Serris n'y avait jamais pensé. Elle était tout de même un peu envieuse… Elle aurait voulu rencontrer elle aussi un ange… Peut-être que les gens du dessus avaient quelque chose de proche du divin… Ou peut-être n'étaient-ils que de simples être humains…

Elle le sentait. Au plus profond d'elle-même. Elle savait que, quelqu'un, quelque part, l'attendait. Et elle sentait également que cette personne n'était pas des Taudis… Comment parvenir jusqu'à elle ? Il fallait payer pour aller à la surface. Une forte somme d'argent… Et elle n'en avait pas les moyens… C'était ainsi…

FFVII

Quelques mois plus tard, Serris avait enfin pu rencontrer ce fameux garçon qui rendait sa meilleure amie toute chose. Il se nommait Zack. Lorsqu'elle avait croisé ses yeux, tout était devenu si clair dans son esprit ! La surface devait abriter des anges ! Cet homme avait quelque chose de surréaliste, que ce soit ses yeux, sa carrure voire même son attitude. Un vrai gentleman avec Aerith !

Bien sûr, elle était heureuse pour elle mais elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine jalousie. Son visage si joli et si doux… Sans parler de sa gentillesse… C'était logique qu'elle puisse attirer bien des regards. Mais, pourquoi pas elle ? Qu'est-ce que son amie avait de plus qu'elle ? Comment faisait-elle ? Si seulement elle pouvait lui dévoiler son secret…

Enfin bon, sans doute sa soudaine morosité était due à son travail de serveuse… Entre essuyer des insultes parce que le service n'était pas assez rapide de la part de son patron et les remarques obscènes des clients, il y avait de quoi désespérer. Mais elle devait s'accrocher ! Elle le devait ! Sa situation ainsi que celle de ses parents finirait par s'améliorer ! De toute façon, c'était un passage obligé. Tout le monde était déjà passé par là un jour, non ? Alors pourquoi pleurait-elle ainsi en essuyant cette table ?

La vieille télévision allumée du bar, qui servait à la distraction de la clientèle, grésilla. Serris s'approcha d'elle avant que le patron ne se donne la peine de lui aboyer dessus, pour s'en occuper. Elle réajusta l'antenne, guettant le moment où le son et l'image seraient rétablis. Après plusieurs tentatives, Serris parvint à avoir un résultat satisfaisant.

- Voilà, après tout, toi aussi tu as besoin qu'on s'occupe de toi.

- … Nous allons maintenant passer au thème de ce journal, fit le journaliste à l'écran. Après plusieurs mois d'attente, monsieur le Président a enfin nommé son successeur. Est-ce que vous me recevez, Raïa ? »

- Oui, je vous reçois cinq-sur-cinq sur cette place où est attendu le Vice-président, fit la femme qui se faisait temps à autre chahuté par la population qui avait l'air en liesse. Comme vous pouvez le constater, il y a beaucoup de monde à l'heure actuelle ! Le Vice-président devrait se montrer d'une minute à l'autre pour son discours d'investiture. »

- Fort bien. Nous allons maintenant marquer une courte page de publicité. »

- Humpf, grogna le patron du bar par-dessus l'épaule de Serris. Le vieux shnock a nommé un autre de ses suceurs de gils à sa succession, hein ? C'est toujours pareil… Et lorsqu'on ose l'ouvrir, ils nous bombardent à coup de milice ! Leur haut responsable en charge de tout ça est un incapable !

- À coup de milice ? 'interrogea Serris en risquant un œil vers lui.

- Ça, dit-il en montrant son œil borgne. Un de ces connards m'a fait ça lorsque j'étais parti manifester contre la hausse des taxes !

Le patron s'en alla, la laissant seule devant la télévision. Serris baissa les yeux alors que le journal reprenait.

- Nous sommes de retour pour le discours d'investiture du nouveau Vice-président. Jusqu'à maintenant, son identité est restée secrète. Dites-mois, monsieur Lens, vous qui êtes un politologue, pourquoi monsieur le Président a-t-il cherché à cacher l'identité de son successeur, jusqu'à ce soir ?

- Et bien, je dirai que monsieur le Président a tout d'abord cherché à protéger ses arrières, vous voyez. Après tout, les coups bas sont monnaie courante dans la sphère politique. Il est donc normal qu'il ne veuille pas que son successeur soit la cible d'éventuels renards, si vous voyez ce que je veux dire.

- Oui, mais dites-moi, monsieur le Président aurait-il tant d'ennemi ?

- Comme tout homme politique et influent, il a bien entendu des opposants, mais certains se cachent et d'autres non. Enfin, vous savez comme on le dit toujours : plus on brille…

- Je suis désolé, monsieur Lens, la régie m'apprend que le Vice-président est arrivé pour son discours d'investiture. Nous allons donc suivre l'évènement.

La télévision affichait à présent la place où ce fameux successeur se montrerait. Serris écarquilla les yeux. Elle n'avait jamais vu autant de monde rassemblé pour assister à ce genre de chose. La place était noire de monde et on pouvait apercevoir certains prendre des photos et d'autres filmer.

Puis, sous une acclamation, un homme vêtu d'un costume blanc monta sur l'estrade. Sa chevelure blonde avait l'air soyeuse et était parfaitement ordonnée, quoique quelques mèches rebelles venaient retomber contre ses tempes. Son regard était d'un bleu qui tirait légèrement sur le vert, et qui reflétait une assurance certaine. Son visage, dépourvu de la moindre imperfection, affichait un sourire confiant. Le tout lui conférait une aura impressionnante, mais surtout fascinante.

- Peuple de Midgar, fit l'homme d'une voix claire, qui attira l'attention de la foule. Moi, Rufus Shinra, jure, qu'en tant que Vice-président de la société Shinra ainsi que de Midgar, d'insuffler de nouvelles évolutions pour améliorer vos vies. Je le sens et je le sais, vous en avez assez de l'injustice sociale, de la corruption et des peines judiciaires non-appliquées. Je promets, en tant que Vice-président, de renverser cette tendance et de redonner espoir à ceux qui en ont besoin.

Serris entrouvrit la bouche. Il savait ce qu'elle traversait chaque jour… Il avait envie de changer tout ça… Un homme de son influence avait-il le pouvoir de la sortir de cette misère ? Il semblait en être capable…

Une autre acclamation retentit, avant que Rufus ne les incite au calme en levant une main.

- Vous souffrez et vous êtes las. Je serai en mesure de vous soutenir et de vous guider vers ces lendemains qui semblent si incertains. Je saurai porter vos voix aussi près de monsieur le Président afin que vos requêtes soient enfin entendues. Les ignorants auront beau me traiter de langue de bois ou d'hypocrite, je mènerai mes devoirs avec dignité et respect. Parce que Midgar, c'est aussi la tolérance et la bienveillance. C'est pourquoi, chèr peuple de Midgar, je m'évertuerai à défendre ces valeurs pour le bien commun.

La voix de cet homme résonnait avec force et se répercuta comme un écho au plus profond de Serris. Il avait quelque chose de particulier. C'était certain. Il voulait la mener vers ses rêves… Il semblait lire dans ses pensées… C'était une sensation si étrange… Est-ce que son souhait avait été réalisé ? Est-ce que cet homme était spécialement descendu du ciel pour elle ?

- À l'heure actuelle, le monde entier nous regarde. Vous et moi devons montrer la splendeur de Midgar. Je saurai être digne de vos attentes. Si vous m'accordez cette chance, nous serons ensembles capable de déplacer des montagnes et faire face aux difficultés imposées par le destin si capricieux. Souhaitons ensemble longue vie et prospérité à Midgar.

L'homme salua la foule, sous une salve d'applaudissement. Sans s'en rendre compte, Serris avait posé sa main sur l'écran. Celui-ci affichait un plan sur le visage de Rufus, toujours confiant. Les mots se répétaient sans cesse dans son esprit. Le monde entier les regardait… Injustice sociale… Redonner espoir… Il l'avait dit, il avait promis d'être digne de ses espoirs…

À travers ce discours, elle s'en était rendu compte. Ces messages lui étaient destinés. Cet homme l'invitait à le rencontrer. Elle voulait tant le rejoindre ! Jamais elle n'avait sentie cette chaleur s'emparer, avec une telle violence, de son être. L'ange qu'elle avait désespérément cherché… Il était si proche… Et il l'attendait… Mais comment le retrouver ? Elle devait atteindre la surface ! Mais avec quel argent ?

FFVII

Durant toute la semaine qui suivi le discours du Vice-président, Serris avait redoublé d'effort à son travail. Elle avait comme trouvé un second souffle. Plus exactement, elle s'était fixé un objectif : économiser de l'argent pour sortir des Taudis. Son ange l'attendait. Elle ne devait pas le faire patienter ! Serris s'était tellement plongée dans ses tâches qu'elle avait fini par cumuler des heures supplémentaires. Le moindre gil qu'elle pourrait gagner était un pas de plus vers son idéal.

- Serris ! cria le patron depuis la cuisine. Tu en as assez fait, va prendre une pause !

- J'ai encore du travail !

- Fous-moi le camp d'ici et reviens te pointer devant moi dans une heure !

Le ton employé lui avait bien fait comprendre qu'il ne valait mieux ne pas insister. Elle partit retirer son tablier et sortit du bar. Mais que faire ? Elle devait travailler ! Toutefois, son patron avait raison, elle se sentait un peu fatiguée… Peut-être devrait-elle retrouver Aerith ? Cela lui paraissait faire une éternité qu'elle ne l'avait pas revue ! À l'heure actuelle, elle se trouvait certainement dans l'église. Serris s'y dirigea donc avec énergie. Elle devait absolument lui dire qu'elle avait vu un ange ! Un vrai !

Sur le chemin, elle tourna le regard vers le petit parc près de l'église. Une petite brouette remplie de fleurs s'y trouvait.

- Hé Serris ! Ca fait un bail ! fit une voix masculine qui se rapprochait d'elle. Aerith vend des fleurs, ça t'intéresse ?

- Zack ? Qu'est-ce que tu fais ici ?

- J'aide Aerith, pardi ! Viens !

Le brun l'incita à le suivre. Son amie se trouvait là également, très souriante. Elle lui fit un signe de main pour la saluer.

- Tu as décidé de commercialiser des fleurs ? demanda Serris.

- C'est une idée de Zack. Il m'a convaincu de le faire pour embellir un peu plus cet endroit.

- Ce n'est pas une si mauvaise idée.

- N'est-ce pas ? sourit l'homme en se postant aux côtés d'Aerith. C'est moi qui aie fabriqué la brouette. Elle est cool, pas vrai ?

- Je lui ai dit que je ne la trouvais pas très attrayante, dit la jeune femme alors que Zack prit une mine boudeuse.

Serris détailla l'engin. Seulement, son sentiment envieux ressurgit malgré elle. Aerith avait reçu un cadeau d'un homme apparemment épris d'elle… Elle-même n'avait pas eu encore la chance de connaître ce genre de chose. Mais cela ne saurait tarder. Son ange lui offrirait quelque chose de plus précieux que cette brouette.

- C'est vrai qu'elle est plutôt moche, fit-elle finalement.

- Hé ! Je suis un Soldat ! Pas un artisan ! C'est pas du grand art, mais j'aurai tout le temps de l'améliorer après ma mission à Nimbelheim!

- Vraiment ? le taquina Aerith.

- Bah, je pense que je commencerai par mettre de la lasure sur le bois, dit sérieusement Zack en tapotant son index sur la surface, comme pour appuyer ses propos. Histoire de le protéger. Ensuite, il faudrait lui trouver un nom. Dès que tu en auras un, je ferai un petit écriteau.

- C'est toi qui va l'écrire ? demanda la jeune femme, toujours en plaisantant.

- Oh, ça va ! Je sais que j'écris comme un cochon ! Mais j'connais un pote qui écrit bien. Je pense que je lui demanderai un coup de main.

- Au fait, Serris, fit Aerith en se tournant vers sa brouette. J'ai un cadeau pour toi. J'ai pensé que ça te ferai plaisir.

Elle lui tendit une fleur blanche. Serris la saisit doucement. Elle était très belle.

- C'est un camélia. Elle poussait dans l'église. Je trouvais qu'elle te ressemblait, d'une certaine façon. Dans le langage des fleurs, elle symbolise pureté et élégance. Je sais que tu es sensible à ce genre de symbolisme.

- Merci, Aerith. Elle est vraiment très jolie.

Serris sourit en touchant délicatement les pétales. Son amie lui avait dit. Cette fleur était elle. Son ange la verrait comme ce camélia.

- Est-ce que je peux te parler ? Seule à seule ? demanda-t-elle en regardant du coin de l'œil Zack.

Aerith acquiesça et se mit à l'écart avec son amie. Lorsque Serris estima qu'aucune oreille indiscrète ne les entendrait, elle se lança.

- Je crois… que je suis amoureuse.

- C'est merveilleux ! sourit son amie. Qui est l'heureux chanceux ?

- Il n'est pas des Taudis. Il vient de la surface, comme Zack. Je l'ai vu pour la première fois il y a tout juste une semaine. Il m'a réconfortée alors que j'avais eu un petit coup de déprime. Il m'a redonné confiance. Mais il a dû repartir.

- Tu penses qu'il reviendra ? Tu pourrais me le présenter la prochaine fois.

- Avec joie ! Mais je ne sais pas quand il retournera ici. C'est pourquoi je veux essayer de le retrouver là-haut.

- Zack peut peut-être t'aider à monter ?

- Ca ne va pas ? S'il me voit accompagné de lui, il pourrait croire que je sors avec lui !

- Serris… Tu peux toujours t'arranger avec lui pour qu'on ne vous repère pas ensemble !

- Non, je veux lui montrer que je suis quelqu'un capable de faire ça sans aide !

- Je ne suis pas d'accord. Le coût de l'entrée est hors de prix ! Comment veux-tu y aller sans que Zack ne t'aide ?

- Zack… Zack… Tu n'as que son nom à la bouche depuis que tu l'as rencontré ! C'est désagréable ! T'es-tu demandé comment je pouvais me sentir ?

- Je… Je suis désolée. Je ne pensais pas que je parlais autant de lui, dit Aerith, un peu mal à l'aise. Parlons de l'heureux élu, à quoi ressemble-t-il ? Que fait-il dans la vie ?

- Il est plutôt grand. Blond aux yeux bleus-verts. Un visage tout à fait harmonieux. Il est Vice-président d'une entreprise.

- Vice… président ? tiqua Aerith. C'est-à-dire ?

- Il a dit qu'il succéderait à son père. Il m'a promis de m'aider à me sortir des ennuis. Oh, et il s'appelle Rufus.

- Serris… Je… Je crois qu'il travaille à la Shinra.

- Oui, et alors ?

- Je ne pense pas que ce soit le genre de personne à s'aventurer ici bas…

- Pourtant, il était bien au bar la semaine dernière ! C'était même mercredi et il était vingt heures !

- Serris… Je l'ai vu aussi… Mais à la télé. Je… Je suis désolée mais, je pense qu'il n'était pas vraiment au bar. Tu as dû croire qu'il était là, mais ce n'était pas le cas.

- Menteuse ! Tu n'y étais pas !

- Serris.

- Tu vois ? À chaque fois tu brises tous mes espoirs ! Il était vraiment là, avec moi ! Tu me dis ça parce que tu es jalouse qu'un tel homme s'intéresse à moi ! Tu verras lorsque tu le rencontreras ! Je te montrerai !

Serris tourna les talons et s'éloigna avec colère de son amie.

- Où est-ce que tu vas ? demanda Aerith.

- Tout le temps. Tout le temps je t'ai soutenue et protégée ! Et pour une fois que j'ai besoin de toi, tu détruis tout ! Tu veux que je reste à te regarder roucouler avec Zack ? Ca ne se passera pas comme ça ! Si tu ne veux pas m'aider, je trouverai quelqu'un pour ça !

La jeune femme s'enfuit en courant, alors que son amie leva une main comme pour l'arrêter mais se ravisa.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Zack. Je l'ai entendue crier.

Aerith secoua la tête.

- Je ne sais pas. Mais j'ai un mauvais pressentiment.

FFVII

Serris se contempla devant son miroir, dans sa chambre. Elle avait mis des jours à trouver cette robe ! Et le résultat était sublime ! Elle offrait un délicieux dos nu qui flattait ses reins. La partie jupe lui arrivait à mi-cuisse. Les manches de la robe jouaient entre le motif et une transparence, laissant apparaîtra sa peau. La couleur mordoré du tissu mettait ses yeux en valeur.

Elle s'était coiffée d'une sorte de chignon, laissant pendre un peu ses cheveux, dont les plus longues mèches caressaient le bas de son dos. Elle en était convaincue. Son apparence était irrésistible !

Elle avouait qu'elle avait fait une folie. La totalité de ses économies avaient fondu, au prix de cette robe. Mais cette dépense serait bientôt amortie. Cela ne faisait aucun doute. Pourquoi n'avait-elle pas pensé à cette option plus tôt ?

Elle connaissait un homme fortuné qui aimait les belles femmes. Pour peu qu'elles savent s'y prendre ! Serris était novice dans ce domaine. Mais qu'importe ! Elle était audacieuse, cela ne se verrait pas ! De plus, elle savait très bien comme ce genre de chose fonctionnait. En théorie. Aucune chance que cela se puisse mal se passer !

Serris sortit de sa chambre et s'apprêta à passer la porte d'entrée.

- Je peux savoir où tu vas habillée comme ça ? fit la voix de son père dans son dos.

- J'ai un rendez-vous.

- Oh, et je peux savoir avec qui ?

- Avec un homme, pardi.

- Ce n'est pas ma question. Je n'aime pas particulièrement quand toi ou ta mère sortez à une heure pareille. Et puis, j'aurais souhaité connaître mon éventuel futur gendre avant.

- Gendre ?

- Ne me prend pas pour un imbécile. Je te connais par cœur, et tu ne sortirais jamais accoutrée de cette façon pour un rendez-vous purement romantique et innocent.

- Papa, je fais ce que je veux ! Je suis assez grande pour prendre soin de moi-même !

- Aussi longtemps que tu vivras sous mon toit, tu seras sous ma responsabilité !

- Et moi je te dis que je peux me prendre seule en charge !

La porte de la chambre de ses parents s'ouvrit, laissant apparaître sa mère. Elle avait un châle sur les épaules, le teint blafard. Depuis peu, sa mère était tombée malade. Faute d'argent pour trouver un médecin, sa mère en était réduite à se reposer à la maison.

- Que se passe-t-il ? demanda-t-elle avant qu'une quinte de toux de la prenne.

- Chérie, tu devrais te reposer, fit le père en s'approchant de sa femme, alors que la porte d'entrée s'ouvrit. Serris ! On n'en a pas fini ! Reviens !

FFVII

Il faisait plutôt froid à l'extérieur. Mais peu importait, elle marchait vite. Elle se réchaufferait ! Même ses parents avaient décidé de se mettre en travers de sa route vers le bonheur ! Serris avait l'impression que personne dans ce monde ne souhaitait qu'elle s'en sorte, qu'importe l'effort qu'elle fournirait ! Heureusement que son ticket de sortie était assuré !

Les hommes qu'elle croisait la sifflait sur son passage, mais elle n'y prêta aucune attention et se dirigea vers le Wall Market. Ce cauchemar serait bientôt fini.

- Serris ? Qu'est-ce que tu fais dehors à cette heure ?

- Aerith ?

Elle se figea en voyant son amie. Elle était encore très fâchée contre elle. Que lui voulait-elle ? Elle était pressée !

- Je pourrais te retourner la question, fit-elle sèchement en reprenant sa route.

- Je tenais à venir te voir, répondit son amie en tentant de la suivre à son rythme. Je me faisais du souci pour toi et je tenais à m'excuser pour la dernière fois. J'ai peut-être mal agi. Et ça faisait des jours que je n'avais plus de nouvelles de toi.

- Ah ? Donc j'existe quand Zack n'est plus là ? C'est ce que je disais, il n'y a que ton bien-être qui compte.

- Mais c'est faux ! Où est-ce que tu vas ?

Serris ne répondit pas et continuait de marcher, Aerith sur ses talons. Ne voulait-elle plus la lâcher ? Elles n'avaient plus rien à se dire !

Après plusieurs minutes, Serris s'arrêta devant les portes d'une immense demeure. Son amie s'était arrêtée juste derrière elle, à bout de souffle.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle en levant les yeux vers le manoir.

- Chercher mon billet de sortie.

- Tu es folle ? Tu vas voir Don Corneo ? Tu as oublié ce qu'il t'a fait ?

- Ca n'a plus d'importance.

- C'est un pervers, Serris !

Elle ne l'écouta pas et s'approcha du garde à l'entrée. Ils échangèrent quelques mots et les portes s'ouvrirent.

- Serris ! tenta de la dissuader Aerith. Tu fais une grosse erreur !

- C'est ici que nos chemins se séparent, fit froidement la jeune femme alors que les portes se refermaient sur elle.

- Reviens ! cria son amie avant de s'effondrer sur le sol les larmes aux yeux. Serris…

FFVII

Serris était revêtue d'un ravissant tailleur, assise dans la salle d'attente. Bientôt, quelqu'un allait la recevoir pour un entretien.

En arriver jusqu'ici n'avait pas été une partie de plaisir, mais elle était à deux doigts d'intégrer la prestigieuse entreprise qu'était la Shinra ! Don Corneo l'avait fait passer à la surface et s'était porté garant pour elle. Avec une telle tutelle, un avenir radieux s'annonçait ! Elle allait revoir Rufus. C'était à elle de jouer !

C'était tout de même étrange, ce que l'être humain était capable de faire pour parvenir à ses fins. Elle avait réussi à négocier avec Corneo. En échange de son corps, il lui permettait de rejoindre le haut et assurerait ses arrières quelques temps. Contrairement à ce qu'elle aurait pu imaginer, le Don était loin d'être si cruel. Ils avaient même réussi à s'entendre ! Qui plus est, il avait négocié avec la Shinra pour lui offrir un entretien d'embauche !

Oui, elle avait fait part de son intention de se rapprocher du Vice-président. Don Corneo a certainement pensé qu'elle pourrait agir en sa faveur auprès de Rufus. Cependant, ce n'était pas stipulé dans le contrat… Il se débrouillerait seul.

- Mademoiselle, je vous prie de me suivre, fit une employée. Monsieur le Vice-président est arrivé et vous attend pour l'entretien.

Serris se leva sans vraiment en croire ses oreilles. Il était venu personnellement l'accueillir près de lui ? Un sentiment de joie l'envahit. Cet homme était vraiment adorable !

Elle entra dans la salle. Rufus était là. Il se leva pour lui serrer la main et l'inviter à s'assoir. Elle remarqua qu'il détenait son cv dans ses mains. Ses lèvres bougeaient, commentant son parcours professionnel, posant des questions de temps à autres, auxquelles Serris répondit avec aplomb.

- Je vois que vous êtes originaire des Taudis, observa le Vice-président. C'est courageux d'être arrivée jusqu'ici.

- J'ai toujours rêvé de travailler pour la Shinra. J'ai écouté votre discours d'investiture. Je voulais faire partie de cette société.

Il sourit. Le cœur de Serris se mit à battre rapidement. Ses mots lui avaient fait plaisir ! Comme c'était agréable !

- Je ne vois aucun inconvénient à ce que vous nous rejoignez. Quand êtes-vous disponible ?

- Dès que possible.

- Très bien, vous commencerez demain à neuf heures. Vous intégrerez le service comptable. À l'accueil, vous leur demanderez de faire venir le responsable du service. Je vais vous raccompagner à la sortie.

Alors qu'il l'invitait à le suivre, elle se sentit comme sur un petit nuage. À présent, la balle était dans son camp. À elle de jouer…


Voilà, chapitre terminé ! (un peu long, non ?) C'est le plus long que j'ai écrit pour le moment et il était diablement difficile à faire ! X.X

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Moi je vous dis à dans 15 jours ! ^^ Et d'ici là, prenez soin de vous !