J'ai encore oublié de poster. Mais je me rattrape. Voyez, comme je suis quelqu'un de bien. Je répare mes erreurs. Contrairement à Luke qui, comme l'a judicieusement fait remarquer Soop, continue d'accélérer et fonce tout droit dans le mur (par métaphore avec une voiture, voyez ? Parce que j'aime les voitures, figurez-vous. Surtout les Lamborghini. Et les Maserati. Et les... - bref).

Vous le sentez venir, n'est-ce pas ? Et bien sous y sommes. Le chapitre critique. LA OU TOUT S'ACHEVE !

(ne pas lire la ligne suivante pour ceux qui veulent garder le suspens - mais lire pour ceux dont l'âme est sensible)

!WARNING! viol !WARNING!

Je vous souhaite une bonne lecture. Priez pour leurs âmes.


AMORTENTIA

Don't you know that ? Hearts are breakable.


Chapitre 10 : Un plat qui se mange froid


Le mois d'Avril commença sous un ciel pluvieux, mais il y avait du soleil dans le coeur absent de Luke. Du soleil et de l'espoir. Richard allait faire la gueule, c'était certain. Mais après tout, en quoi cela l'intéressait-il ? Il avait pris une grande résolution pendant son bref passage à Paris. La cruelle Mlle Neveu lui avait remis les idées en place, et il était désormais bien loin des conseils de Lee-le-bisounours. L'amour, c'était pour les enfants. Et les faibles. Il n'était ni l'un ni l'autre et n'avait aucunement l'intention de laisser Richard avoir la moindre prise sur son coeur.

Il était venu le récupérer, une bonne fois pour toutes. Et piétiner à grands coups de talons celui de son cher amant. C'était le but de toute cette histoire, l'oeuvre de son existence depuis un an. Et qu'importait la frénésie de son rythme cardiaque quand il posait les yeux sur Richard, peu importait la chaleur dans sa poitrine à chacun de ses sourires, peu importait le bonheur simple de l'entendre rire. Il avait un but, un objectif.

Et il comptait bien le mener à terme.

Aussi attendit-il patiemment le départ de l'Affreux pour son travail si prenant, tranquillement assis dans un café quelconque juste devant l'immeuble de Richard. Il regarda la voiture noire s'éloigner, disparaissant dans le trafic toujours important des rues de New York, et se leva une fois le véhicule évaporé au coin d'un bâtiment. Il jeta un billet sur la table et, sans se presser, rejoignit la porte de verre de la tour.

Il connaissait le code d'accès, bien entendu. Après un an passé à rejoindre Richard dès que l'occasion se présentait, comme un chien heureux de retrouver son maître, il avait quand même réussi à lui arracher quelques morceaux de son intimité si soigneusement protégée. Les portes de l'ascenceur s'ouvrirent devant lui et il effleura le pavé numérique tactile. Cinquième Gauche. Quelques secondes plus tard, il se retrouvait dans un large couloir.

La moquette bordeaux ne produisait pas le moindre bruit, et la lumière tamisée n'agressait pas l'oeil. La femme du Cinquième Droite ferma son appartement à clé et lui adressa un signe de tête en guise de salutation avant de s'engouffer dans l'asensceur in extremis. Il avait souvent croisé cette femme. Si elle savait quoi que ce soit sur lui, sur Richard, sur eux, elle était assez discrète pour la fermer. Elle lui plaisait bien, cette ravissante rouquine.

Les portes se refermèrent sur elle et il resta seul. Deux coups frappés contre le battant de bois et quelques secondes d'attente plus tard, la porte s'ouvrait sur un Richard passablement échevelé. Il n'était jamais que 8h du matin. Ses yeux bleus s'agrandirent exagérément en se posant sur lui.

- "Salut beau gosse", dit Luke de la voix chaude et basse qu'il gardait pour les moments où il traînait Richard dans la chambre. "Ca fait une paye, hein ?"

Les longs doigts pâles de son amant se refermèrent sur le col de sa chemise et l'attirèrent rapidement dans l'appartement. Peur d'être surpris en présence d'un homme qu'il n'était plus censé voir, peut-être ? Avant que Luke ne puisse réagir, la porte claqua derrière lui et il s'y retrouva plaqué par un corps chaud, des lèvres entreprenantes pressées contre les siennes. Son coeur absent cogna à grands coups dans sa poitrine, son sang se fluidifia dans ses veines, et cette chaleur bienfaisante, qu'il méprisait tant quelques instants auparavant, se diffusa en lui. Soudain, le poids qu'il portait sur ses épaules depuis trois mois s'évanouit, et il comprit que le manque le laissait enfin en paix. Il rendit son baiser à son amant jusqu'à ce qu'ils soient à bout de souffle.

- "Je t'ai manqué on dirait..." dit-il avec un sourire sarcastique.

- "Oui." admit Richard sans aucune hésitation. "Tu étais passé où ?"

- "Occupé."

- "Menteur."

Bien sûr qu'il mentait. Il ne laissa pas Richard poser plus de questions et reprit ses lèvres en inversant leurs positions contre la porte. Sans même qu'il s'en rende compte, sa chemise fut bientôt largement ouverte et son jeans descendu juste assez pour libérer son sexe affamé. Il souleva les jambes de Richard, qui s'enroulèrent autour de sa taille, ses lèvres quémandant plus de baisers, et il se perdit en lui.

Dans sa poche, le flacon d'Amortentia était toujours intact.


OoOoO


Ils passèrent le reste de la journée ensemble.

A un moment, Richard appela l'Affreux pour lui dire qu'il passerait la soirée avec sa meilleure amie, et qu'il ne devait pas l'attendre. Luke se garda bien de faire le moindre commentaire. Ca lui plaisait de moins en moins, cette soumission à cet enfoiré qui lui servait de partenaire, mais il ne disait rien, parce que ce n'était pas son rôle. Ca ne l'était plus, du moins. Et ça ne le serait plus jamais, murmura à son oreille la voix de sa conscience.

Pour une fois, ils ne restèrent pas enfermés dans une quelconque chambre d'hôtel ou à l'appartement de Richard. Malgré ses nombreuses allées et venues dans la Ville qui ne dort jamais, Luke n'avait jamais pris le temps de la visiter. Alors Richard lui fit une visite guidée des endroits qu'il aimait le plus. La gare de Grand Central avec son architecture digne des temples grecs. La NYPL et ses rayonnages où se côtoyaient premières éditions des romans des soeurs Brontë, de Thomas Hardy ou de Shakespeare, des livres français ou russes ou espagnols, ainsi que les derniers romans parus de Cassandra Clare ou Rick Riordan. Assez diversité pour séduire les amateurs de classiques comme les jeunes gens avides d'aventure.

Puis Richard le traîna tout en haut de l'Empire State Building, à l'Observatoire du 102ème étage, malgré son vertige. Parce que venir à New York et ne pas monter en haut de ce qui fut le plus grand building du monde pendant plusieurs décennies était, selon Richard, absolument ridicule. Enfin, ils allèrent se promener dans les allées de Central Park, clotûrant cette belle journée en dévorant des glaces. Chocolat pour Richard, Café pour Luke. Leurs baisers eurent dès lors un goût unique.

Quand le soleil se fut couché, ils décidèrent de dîner dans un restaurant de Little Italy, parce que Luke n'y avait jamais mis les pieds. Au milieu de leur repas, le portable de Richard sonna. Après un bref regard au nom affiché, celui de Jeremy Cross bien entendu, il choisit de ne pas répondre, mais écouta quand même le message vocal laissé sur son répondeur. Luke crut un instant que l'Affreux lui ordonnait de rentrer dans l'instant, il pouvait même entendre sa voix sèche claquer dans l'air, mais le sourire qui étira bientôt les lèvres de Richard lui fit comprendre que tout allait bien.

- "Il doit aller à Boston, réunion demain à la première heure. Il ne rentrera que demain soir", expliqua Richard avec une joie sincère.

Luke sourit et termina son verre de vin en remerciant, dans le secret de ses pensées, tous les mauvais anges tombés en Enfer de lui accorder un surplus de temps pour profiter une dernière fois de sa bien-aimée victime. Quand ils quittèrent le restaurant, la nuit était tombée, mais les lumières de New York éclairaient les rues comme en plein jour. Ca avait été une journée extrêmement agréable, peut-être même la plus belle que Luke ait vécu depuis bien longtemps. La seule présence de Richard suffisait à illuminer son existence, semblait-il. Sa Méchanceté Naturelle se mit à rire, et son rire ressemblait étrangement à celui d'Ambre Neveu.

Il était presque désolé de devoir mettre un terme définitif à cette romance cruelle. Presque.

- "Tu veux faire quoi, maintenant ?"

Luke noua ses doigts à ceux de Richard et l'attira à lui pour un baiser profond. Il attendit que le manque d'oxygène se fasse sentir pour relâcher son étreinte.

- "Je veux retourner à ton appartement et te faire l'amour toute la nuit."

Les joues de Richard s'embrasèrent de rouge et il détourna les yeux, gêné. Luke se permit de rire. Après tout ce temps, ce n'était pas la première fois qu'il lui disait des trucs comme ça, ça n'avait absolument rien d'exceptionnel. Mais il rougissait à chaque fois. C'était adorable. Et tellement risible. Quel âge avait-il déjà ? Quarante ans passés, non ? Un dernier baiser et il se retourna pour héler un taxi, sa main toujours crochetée à celle de son amant.


OoOoO


Ils parvinrent à atteindre le lit, sans trop savoir comment ils avaient réussi ce coup-là. Après une nuit de débauche débridée, Luke se sentait apaisé, serein. Libéré. Un coup d'oeil au réveil très design de l'Affreux lui apprit qu'il était plus de 10h du matin. Il n'avait aucune envie de se lever. Ses doigts jouaient avec les cheveux noirs de Richard, dont la tête reposait tranquillement sur son ventre et qui ronronnait de plaisir sous l'attention. Une sonnerie de téléphone brisa le silence confortable qui s'était instauré. Richard réagit rapidement et récupéra son portable en roulant sur le dos pour s'adosser aux oreillers. Luke se redressa sur un coude et, s'emparant du poignet de son amant, regarda le nom affiché par l'écran. Jeremy, bien entendu. En souriant, il activa le haut-parleur. Richard fronça les sourcils.

- "Allo, bébé ? Tu m'entends ? Richard ?" faisait la voix métallique de Jeremy.

- "Oui, oui, je suis là."

La main de Luke relâcha le poignet fin pour remonter le long de son bras jusqu'à son épaule. Là, il appliqua un léger massage sur les trapèzes tendus par la nervosité, son sourire toujours bien en place. Bébé, hein... Richard n'avait pourtant rien d'un bébé.

Il sentit son amant se détendre légèrement sous ses doigts, plus relaxé, mais toujours concentré sur la conversation ennuyeuse de son compagnon officiel. Alors la main de Luke quitta les épaules pour descendre sur son torse, son ongles courts raclant doucement la peau pâle. Son sourire s'agrandit quand il vit Richard se mordre discrètement la lèvre inférieure, et quand il perçut sa respiration s'accélérer légèrement. Ce n'était pas encore suffisant. Alors sa main disparut sous le drap froissé qui recouvrait ses hanches, et le souffle de son amant se bloqua. Il ignora le regard angoissé que Richard lui décerna en récompense, et appliqua un mouvement de va-et-vient sur son sexe éveillé, savourant le sifflement de sa respiration. La main libre de téléphone tenta de chasser la sienne, mais Luke se battit vaillamment.

- "Bébé ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as l'air essoufflé..."

Un rire extatique emplit l'esprit surchauffé de Luke, un rire dément qui faillit bien passer la barrière de ses lèvres closes. Richard ferma les yeux, perdus entre le plaisir, l'adrénaline du danger, la honte et la culpabilité.

- "Non, non. Tu disais quoi ?" parvint-il à dire avec quelques difficultés pourtant imperceptibles.

Le rire s'éteignit dans la tête de Luke et il grinça des dents. Il éloigna le portable du visage de son amant et lui arracha un baiser impérieux, ravageant ses lèvres sans égards.

- "Richard, tu m'écoutes ou pas ?"

- "Continues de lui parler", murmura Luke tout contre ses lèvres, trop bas pour que Jeremy puisse l'entendre. "Ne raccroche pas avant lui."

- "Richard ? Hey oh ?"

Luke fronça les sourcils devant l'indécision évidente de son amant, mais son expression dut suffire à le convaincre de faire ce qu'il lui disait.

- "Oui, pardon. Tu disais quoi ?" demanda-t-il d'une voix vacillante.

- "Je disais que la réunion s'était terminée plus tôt et que j'étais sur la route. Je suis à 1h de New York, là. Tu veux qu'on sorte déjeuner, ce midi ?"

Luke lui sourit gentiment et pressa un baiser plus doux contre son front, avant de migrer plus bas. Rapidement, sa bouche retraça le chemin de sa main, puis il écarta le drap. Les yeux de Richard le supplièrent de ne rien faire, une seconde trop tard. Ses lèvres se refermèrent sans sommation sur le sexe dressé. "Débrouille toi avec ça, bébé...". La conversation se poursuivit encore un peu, Richard faisant des efforts louables pour que ses gémissements ne soient pas audibles.

Mais il ne pourrait pas tenir indéfiniment, n'est-ce pas ?

- "Bon, j'en ai marre, qu'est-ce que tu fous au juste ? Tu as avalé ta langue ou quoi ?"

- "Non, pourquoi..."

- "Parce que tu ne dis pas un mot depuis tout à l'heure et que ça me tape sur le système. Je te pose une dernière fois la question : qu'est-ce que tu fous ?"

Luke releva les yeux de son ouvrage pour croiser un regard plein d'angoisse. Visiblement, Richard était trop perdu dans les brumes du plaisir qu'il lui dispensait pour trouver un mensonge convenable. Et à l'autre bout du fil, Jeremy s'impatientait. Ca allait mal finir, pour sûr. Luke pouvait presque voir la peur remplacer le plaisir, aussi décida-t-il de mettre un terme au supplice de son amant. Laissant son exquise torture, il revint l'embrasser et lui prit doucement le portable des mains.

Tétanisé, Richard ne comprit pas ce qu'il s'apprêtait à faire avant que Luke ne porte le portable à son oreille et n'ouvre la bouche pour parler.

- "Arrête, ne lui dis pas !" s'écria-t-il, terrifié.

Une main se posa sur sa bouche pour le faire taire et le plaqua au lit alors que Luke se hissait sur ses hanches pour le clouer au matelas.

- "Richard ? Qu'est-ce qui se passe ? Tu es avec qui ?" égrena la voix métallique.

- "Salut, Jeremy."

Le silence qui s'abattit sur la chambre avait la consistance d'une plaque d'acier trempé. Les mains de Richard quittèrent ses poignets pour masquer ses yeux désespérés et Luke sentit, contre sa paume, une grimace de terreur tordre sa bouche. Luke fronça les sourcils, ignora la voix paniquée de sa conscience et modifia sa position pour s'empaler sur le sexe encore à demi érigé de Richard. Les yeux bleus catastrophés réapparurent et les mains fines accrochèrent ses hanches pour le déloger. Opiniâtre, Luke refusa de bouger et, au contraire, roula des hanches.

- "Peut-être que tu te souviens de moi", reprit-il d'un ton plus essoufflé. "Je m'appelle Luke Evans. Je suis le mec qui a passé la majeure partie de l'année passée à baiser ton mec dès que tu avais le dos tourné. J'ai pensé que tu méritais d'être au courant."

La voix de Richard était fermement étouffée par sa main, mais il parvenait encore à entendre sa litanie de suppliques.

- "Tu croyais quoi, Richard ? Que ça continuerait comme ça ad vitam aeternam ?" demanda-t-il d'une voix fielleuse.

Richard secoua la tête et cacha son visage dans ses mains, sans parvenir à dissimuler les larmes qui coulaient sur ses joues. Luke grogna de mécontentement et se releva sans lâcher le portable. Il pouvait entendre le souffle furieux de l'Affreux, qui ne prononçait toujours pas un mot. Il posa le mobile sur le matelas et revint planer au-dessus de son amant pétrifié. Ses doigts se refermèrent sur les poignets fins et les forcèrent à s'écarter du visage baigné de larmes. Du genoux, il écarta les jambes de Richard et se lova entre elles.

S'il se débattit, Luke ne le remarqua pas. D'un coup de rein, il s'enfonça en lui et savoura le cri de plaisir qui résonna dans la pièce. Il ne retint pas son gémissement.

- "Oh putain, ce que c'est bon..." haleta-t-il juste assez fort pour que l'Affreux l'entende. "Tu manques vraiment quelque chose Jeremy."

Richard parvint à s'arracher au bâillon que Luke lui imposait et le repoussa avec force.

- "ARRETE BORDEL ARRETE !" hurla-t-il de toute la puissance de sa voix.

Grognant de rage, Luke se jeta sur lui. Il lui saisit les poignet et, après une courte lutte, parvint à le plaquer à plat ventre sur le lit. Les bras tordus dans le dos par une prise digne d'un pratiquant de kung-fu, Richard ne pouvait plus se libérer. Le visage caché dans les replis des draps, il hurlait et pleurait tant que ses sanglots déchirants parvinrent presque à entamer l'armure d'acier dont son cœur retrouvé s'était blindé.

Presque.

- "Tu vas apprendre ce que ça fait de se faire piétiner le cœur", grogna Luke à son oreille en s'enfonçant en lui. "Comme tu as, toi, piétiné le mien il y a un an."

D'abord, Richard ne comprit pas ce qu'il voulait dire. Puis il se remémora le visage brisé de Luke quand il l'avait quitté après la Première Parisienne.

Vaincu, il cessa de se débattre et le laissa prendre sa revanche. Quelque part, au fond de son esprit, il y avait une petite voix. Une petite voix que Jeremy avait fait naître et qu'il avait soigneusement entretenue durant les six années qu'avait duré leur relation. Et qui lui murmurait qu'il avait bien mérité ce qui lui arrivait. Autrefois, cette voix n'avait pas autant de poids. Elle était toujours chassée par la logique, sa conscience, les discours maintes fois rabâchés comme quoi on était jamais responsable quand votre compagnon ou votre compagne levait la main sur vous. Mais après six années de punition à chaque incartades, définies arbitrairement par un homme qui ne lui inspirait plus que terreur, sa conscience, la logique, et les discours s'étaient évaporés. Ne restait que la petite voix.

"C'est de ta faute. Tu l'as bien mérité."

Allégation renforcée par le plaisir aberrant qu'il éprouvait aux mauvais traitements de Luke. Il avait beau crier, pleurer et prier pour que ça s'arrête, son corps ne l'écoutait pas. Et c'est avec un désespoir croissant qu'il resta prisonnier de sa propre tête, obligé de regarder son corps répondre aux assauts de Luke, obligé d'entendre sa voix gémir et supplier.

Plus fort, plus vite, Luke je t'aime, encore, encore, plus fort, pitié, je t'aime tellement, je t'aime, je t'aime, je t'aime.

Il ne parvenait plus à penser. Les mots s'embrouillaient dans sa tête. Il n'entendait plus ni les râles de Luke ni les insultes de Jeremy, rien d'autre que la petite voix. Alors il se retrancha en lui-même et attendit que la tempête passe.


OoOoO


Un coup d'oeil au portable et il comprit que l'Affreux avait raccroché depuis un certain temps. Un sourire victorieux étira ses lèvres en même temps qu'il se retirait et se laissait retomber sur le lit. Richard, qui se recroquevilla sur lui-même dès qu'il fut libéré de sa prise, ne bougeait plus. Ses yeux éteints étaient fixés sur le mur blanc qui lui faisait face. Luke le regarda quelques minutes, en tentant de se convaincre que cette silhouette prostrée ne l'émouvait pas, avant de finalement se lever et de ramasser ses vêtements disséminés un peu partout dans la chambre. Il s'habilla en silence, refusant d'écouter sa conscience qui, pleine de la culpabilité qu'il ne voulait pas ressentir, ne cessait de lui hurler qu'il venait de faire la plus grosse connerie de toute sa putain de vie.

Il enfilait ses chaussures quand la voix de Richard se fit entendre. Ce n'était qu'un murmure brisé, mais il résonna en lui comme un coup de tonnerre.

- "Tout ça pour ça ?" demanda-t-il d'une voix cassée par les cris et les larmes. "C'était juste une punition ?"

Luke ne répondit pas. Il garda les yeux obstinément fixés sur ses lacets. Il ne se laisserait pas émouvoir. Ce n'était que justice. Richard lui avait lacéré le cœur, c'était normal qu'il paye. C'était normal. Mais si c'était si normal, si c'était juste, pourquoi avait-il si mal ?

- "Et maintenant ? Tu vas partir sans un mot, avec la satisfaction du devoir accompli ?"

- "Ouais."

Un gémissement se fit entendre, si plein de douleur et de désespoir que Luke dut monopoliser toute sa volonté pour ne pas prendre Richard dans ses bras et demander pardon, et supplier pour une deuxième chance. Et le rapatrier à Los Angeles avec lui avant que Jeremy n'arrive et le tue sans sommation. Au lieu de quoi, il se leva et enfila sa veste avant de venir s'assoir près de son amant brisé. Il se pencha sur lui et, passant une main douce dans ses cheveux noirs, l'embrassa avec tout l'amour bafoué qu'il recelait au fond de son palpitant revanchard.

- "Ca fait mal, hein ?"

Ignorant les larmes silencieuses qui coulaient sur les joues pâles, Luke se détourna et s'en fut sans un regard en arrière. Il essayait d'être fier de son coup.

Mais le flacon vide d'Amortentia, dans sa poche, lui semblait plus lourd que tout le poids du ciel.


Et voilà. C'est fini.

NON J'RIGOLE ! Ca continue la semaine prochaine ! REVENEZ, C'EST PAS FINI !

Même moi, je ne suis pas assez cruelle pour terminer cette fiction comme ça (même si, je vous l'avoue, c'était censé se terminer comme ça, à cet instant précis).

A la semaine prochaine ?

Aschen