Hey :)

En cette matinée froide en pluvieuse ( pour vous dire à quel point c'est l'été ici x) ) voici le 10ème chapitre de A.R.C., intitulé "Face to Face"


Murphy suit du regard le flot incessant d'agents entrer et sortir. Depuis ce matin, ils apportent des cartons remplis de dossiers dans la salle de réunion qui commence à ressembler aux archives de l'Arche.

L'enveloppe que Clarke a ramené ne contenait rien de bien important. Un contrat signé avec le G.R.O.U.N.D., une clause de confidentialité aux peines encourues assez explicites et une clé. Le contrat n'apportait aucune information, seulement qu'Isaac Felmann était en contact permanent avec l'organisation secrète. La clause de confidentialité englobait tant de terrains minés, qu'il était impossible de déterminer ce qu'elle protégeait.

Enfin la clé menait à la salle de laquelle l'A.R.C. vide les dossiers en ce moment même.

Rapidement fatigué par ces allées et venues, Murphy reporte son attention sur les dossiers éparpillés devant lui. Il en saisit un. " Financements ". Il feuillette — très — rapidement les pages du dossier. Pas de G ? Murphy balance négligemment le dossier sur un tas plus loin. Au suivant. " Essais cliniques sur les chats ". Nope. " Financements des essais cliniques sur les chats ".

« Voilà exactement pourquoi j'ai rejoint l'A.R.C. » soupire Murphy en balançant le dossier sur la pile grandissante. « Pour lire des putains de dossiers sur des putains de chats. »

Clarke, assise dans un coin de la table, à quelques places de Bellamy, laisse échapper un petit rire alors que ce dernier marmonne quelque chose d'inaudible pour Murphy.

« Oh pitié ! » grogne Murphy. « Vos petits secrets me donnent envie de vomir... »

À sa gauche, l'écran de télévision s'allume, affichant le visage de Kane. Tous se redressent en voyant l'air sévère de leur supérieur, qui les toise durement.

« Arrêtez de vous plaindre Murphy. Vous partez en mission. »

Clarke tend l'oreille. Aurait-on déjà trouvé une piste à suivre pour relier Isaac Felmann à son père ?

« Finn a été aperçu à ton université. Jaha pense qu'il pourrait être à la recherche d'un autre moyen de t'atteindre. Callie est sur place. Je veux que vous découvriez ce qu'il cherche, que vous me le trouviez, et que vous me le rameniez. Agent Reyes vous rejoindra dès qu'elle rentrera de mission. »

Il n'en faut pas plus à Murphy. Il se lève de son siège, attrape sa veste et son arme qu'il avait posé sur le siège à côté et se dirige vers la porte.

« Je vais préparer une caisse ! » s'écrit Murphy en disparaissant dans le couloir.

Bellamy le regarde s'en aller puis reporte son attention sur Kane qui fait part des dernières informations.

« Vous ne pouvez pas vous faire remarquer. Si Finn est là, il est peut-être venu avec d'autres grounders. Je vous demande de vous intégrer. »

« Ce qui veut dire ? » Demande Clarke, pas certaine de bien comprendre ce à quoi Kane fait allusion.

« Votre couverture est celle d'étudiants. »

Le visage de Clarke se décompose. Même après tout ce qu'elle a vécu, après toutes ces heures d'entrainements et ses deux premières missions, elle ne se sent pas vraiment capable de retourner à l'université, affronter Finn.

« Bellamy ne te lâchera pas d'une semelle Clarke, vous vous rendrez ensemble là-bas et il suivra tes cours habituels avec toi. Jaha est sûr que Finn ne pourra pas résister à te contacter. Pendant ce temps, Raven surveillera le lycée et Murphy interviendra en cas de besoin. Tout est clair ? »

Clarke jette un coup d'œil à Bellamy. Le jeune homme hoche la tête et Kane, satisfait coupe les communications après leur avoir demandé de passer à son bureau récupérer un dossier. Il semblerait qu'elle soit de retour à l'université.

o.O.o

Octavia attend Clarke devant la porte de son appartement. Elle lui saute dans les bras avant même que Clarke ait le temps de dire quoi que ce soit.

« Atom est en mission... » Explique Octavia en prenant place sur l'un des tabourets. « Alors je me suis dit que je pourrais venir te voir. »

« Je suis juste passée me changer, O'. Kane nous envoie sous couverture à l'université. »

« Oh... » Soupire Octavia. « Bell' aussi ? »

Clarke hoche la tête et Octavia éclate de rire.

« Il doit être ravi, lui qui détestait le lycée ! » répond la jeune fille à la question muette de son amie.

Clarke hausse les épaules et se dirige vers sa chambre, suivie d'Octavia. La majorité des vêtements qu'elle possède ici sont simples, la plupart foncés pour passer inaperçue dans les couloirs de l'A.R.C. Pas tellement différents de ce qu'elle portait encore à la rentrée. Elle attrape un pull gris foncé et un jean noir sous le regard critique d'Octavia puis disparait un instant dans la salle de bain pour se changer. Quand elle revient Octavia ne s'est pas défait de son petit air jugeur.

« Tu es magnifique ! On dira juste que tu entames une période rebelle... » Ajoute-t-elle en souriant. « Ce n'est pas tout, mais je devrais aller jeter un coup d'œil à Bellamy, parce qu'il serait capable de tout faire foirer... »

Elle embrasse Clarke sur la joue, puis disparait aussitôt, laissant Clarke légèrement perplexe. Elle hausse les épaules. La famille Blake ne cessera jamais de la surprendre. Un coup d'œil à sa montre lui indique qu'elle doit être au quarante-sept dans un quart d'heure, elle a le temps.

Elle retourne alors dans sa salle de bain. Elle est de retour à l'université, et même si ce n'est que le temps d'une mission, autant le faire bien. Elle brosse rapidement ses cheveux et applique un léger trait de crayon noir au-dessus de ses cils. Dans sa penderie, elle retrouve son sac de cours. Il est encore rempli des quelques cahiers qu'elle portait avant de s'enfuir du cours de sciences. Parfait, ça fera l'affaire. Clarke passe les lanières du sac à son épaule puis dévale les escaliers. Dans la cuisine, elle attrape sa veste, vérifie qu'elle a son arme, fourre le tout dans son sac et quitte son appartement.

« Clarke ? »

Clarke fait volte-face. Sa mère se tient derrière elle, un air inquiet sur le visage. La jeune femme n'a pas vu sa mère depuis l'autre jour. Elle n'a pas la moindre idée des pensées qui agitent l'esprit d'Abby.

« Oh Maman ! Ça va ? »

« Clarke, il faut qu'on parle. » Dit sa mère d'une voix sérieuse.

Clarke dévisage sa mère. Son ton l'inquiète, mais elle n'a pas le temps de discuter.

« Désolée Maman, j'ai pas le temps. Kane nous envoie en mission ! »

Clarke sert sa mère dans ses bras, lui dépose un bisou sur la joue et s'éloigne en courant. Abby la regarde s'éloigner, le cœur serré. Elle connait sa fille, jamais elle n'acceptera de s'ouvrir à sa mère sur ce dont elle a été témoin.

Murphy et Bellamy attendent Clarke à l'entrée du garage. Le premier est au volant d'un 4x4 blindé de l'A.R.C., le moteur ronronnant. Le second, adossé à la portière d'un vieux Pick-up rouge, ne quitte pas la porte du regard.

Lorsque Clarke arrive, les joues roses d'avoir couru, elle s'arrête un instant, surprise de voir Bellamy devant le véhicule.

« Jolie voiture. » dit-elle le plus sérieusement possible.

Bellamy lui jette un regard assassin. Ah elle veut plaisanter ? Et bien ils vont s'amuser ! Il lui fait signe de monter et Clarke contourne la voiture en trottinant pour se laisser tomber sur le siège passager alors que Bellamy démarre.

Quelques rues après avoir quitté l'A.R.C., Murphy les sème. Le Pick-up se traine face à sa voiture et ce n'est pas en les attendant qu'il pourra faire du repérage. Clarke regarde le 4x4 noir s'éloigner puis lorsqu'enfin il est hors de vue, elle reporte son attention sur Bellamy. Une main sur le volant, l'autre sur la boîte de vitesse, il conduit aussi rapidement que le lui permet leur voiture. Depuis qu'ils sont partis, il n'a pas prononcé un mot, mais la jeune femme a l'habitude désormais, et les petites sautes d'humeur de Bellamy ne la dérangent plus tant que ça.

Ils s'arrêtent en chemin pour récupérer Raven. Elle a passé toute la nuit à traquer des agents du G.R.O.U.N.D. avec Wells, mais ne semble pas dérangée à l'idée d'enchainer sur une autre mission. Au contraire, elle est débordante d'énergie quand elle monte sur la banquette du Pick-up aux côtés de Clarke, qui a du se rapprocher de Bellamy pour laisser de la place à son amie.

La première fois qu'il a frôlé sa jambe en passant une vitesse, elle a été secouée d'un tel frisson que Raven l'a sentie trembler.

Les drapeaux de l'université apparaissent puis les premières voitures du parking. En début d'après-midi, il est rempli, mais Bellamy parvient à trouver une place. Il claque violemment la portière, trop heureux de quitter ce tas de ferrailles, faisant tourner quelques têtes au passage.

Clarke, toujours assise dans le véhicule, tremble comme une feuille, commençant à se demander si tout cela est une très bonne idée. Elle imagine déjà très bien les regards curieux des élèves, les questions, les rumeurs. C'est idiot, elle le sait, surtout après tout ce qu'elle a affronté, mais certaines angoisses ne peuvent être combattues.

Raven a rejoint Bellamy, et tous deux attendent Clarke. Voyant qu'elle ne bouge pas, le jeune homme contourne le véhicule, et vient ouvrir la portière.

« Alors maintenant il faut que je t'ouvre la porte, Princesse ? » demande Bellamy en lui tendant sa main.

Clarke esquisse un sourire. Elle ne peut plus faire marche arrière de toutes façons. Elle attrape son sac et quitte la voiture. Raven lui prend aussitôt le bras et, Bellamy quelques pas devant elles, ils s'avancent vers le bâtiment duquel les élèves entrent et sortent en se bousculant.

Il semblerait qu'Octavia ait échoué dans la mission qu'elle s'était donnée. Bellamy n'a pas quitté sa veste en cuir, ou encore son pantalon noir et ses grosses bottes. Les mains enfoncées dans les poches de son jean, un sac sur l'épaule, il traverse le parking, suscitant l'intérêt chez de nombreuses étudiantes, pleinement conscient de son succès. Finalement l'université, ce n'est pas si mal.

Dans le hall d'entrée, Raven les quitte. Elle a rendez-vous avec Callie avant que les cours ne commencent. Bellamy et Clarke s'éloignent vers la direction opposée, cette dernière a quelques petites choses à récupérer dans son casier et dans ceux de Jasper et Monty. Sur le chemin, elle sent les regards se poser sur eux, et elle sait très bien que la présence de Bellamy à ses côtés n'est pas l'unique raison.

« Clarke Griffin ? »

Clarke fait volte-face. Une grande blonde se tient devant elle, habillée de strass de la tête aux pieds, son sac porté dans le creux de son bras. Elle est flanquée de deux autres filles, l'une rousse, l'autre brune à la peau dorée, toutes deux dans la même position que la blonde.

La jeune femme fait volte-face et surprend le regard que pose la blonde sur Bellamy.

« Oui ? » répond Clarke.

La fille tourne la tête avec difficulté. Elle détaille Clarke d'un œil critique. Un sourire hypocrite sur les lèves, elle pose sa main sur le bras de Clarke.

« Je me disais bien que c'était toi ! J'étais surprise, on ne t'a pas revu depuis que... »

Elle s'arrête un instant pour regarder Bellamy.

Pitié ne le dis pas, ne le dis pas, supplie Clarke.

« Depuis que tu t'es enfuie par la fenêtre, poursuivie par un type armé. »

Bellamy sent Clarke se braquer à côté de lui. Et cette pétasse blonde avec son sourire hypocrite qui semble prendre un malin plaisir à mettre mal à l'aise Clarke, tout en le déshabillant du regard.

« D'ailleurs... » Poursuit la blonde, « C'était vous n'est-ce pas ? Vous avez aidé Clarke à s'enfuir ? Enchantée, je m'appelle Ashley. »

Clarke ne peut détacher son regard d'Ashley alors que celle-ci tend une main couverte de bagues et parfaitement manucurée à Bellamy. Le jeune homme baisse les yeux vers la main qu'on lui tend. Finalement, l'université ne change pas tant que ça du lycée. Il y a toujours cette fille qui s'amuse à rendre mal à l'aise les autres.

Un sourire se dessine sur les lèvres de Bellamy alors qu'il bouge son bras pour le glisser dans le dos de Clarke. Il pose sa main sur la taille de la jeune femme et l'attire contre lui. Souriant de plus bel en sentant Clarke se raidir contre lui, il répond enfin à Ashley, n'accordant plus aucun regard à la main qu'elle lui tendait toujours et qu'elle laisse retomber contre elle.

« Bellamy. » dit-il alors que le visage d'Ashley se décompose en les voyant collés l'un à l'autre.

Dégoûtée, elle les salue à peine et s'éloigne, ses talons claquant contre le carrelage du couloir, ses deux suiveuses à sa suite. Clarke en reste sans voix. C'est le petit rire de Bellamy qui la fait revenir à la réalité.

« Hum... À quoi tu joues là ? » Grogne-t-elle en tentant de se dégager.

« Mais mon rôle. En mission sous couverture, tu te rappelles ? » Dit Bellamy tout en retenant Clarke contre lui.

« Sauf que je ne suis pas sous couverture moi ! »

« Tss tss tss, Princesse. Tu ne voudrais pas leur offrir à tous une petite querelle amoureuse ? »

Clarke tourne la tête. Presque tous les regards sont posés sur eux. Génial. Maudissant Bellamy, elle claque la porte de son casier et ils s'éloignent vers la salle où aura lieu son prochain cours.

L'amphithéâtre est bien rempli, le professeur n'est pas là, tant mieux, il ne remarquera pas Bellamy. Ils prennent place près de la fenêtre et Bellamy libère enfin Clarke. Lorsque le professeur entre, une tonne de polycopiés sous le bras, Bellamy ressent déjà un ennui mortel. Il jette un coup d'œil à Clarke qui sort son livre sur lequel il peut lire " Latin ". Bizarrement, ça ne l'étonne pas. Sa Princesse est bien du genre à suivre ces cours. Tant pis, s'il s'ennuie, il la taquinera.

o.O.o

Par chance, les couloirs ne sont pas totalement vides. Raven pourra se faire passer pour l'un de ses élèves qui attend le cours prochain. Elle déambule dans les couloirs à la recherche de Finn.

« Alors Reyes ? Comment ça se passe l'université ? »

Raven sursaute. Elle sort son téléphone de sa poche, histoire de ne pas avoir l'air d'une folle qui se parle à elle-même avant de répondre.

« Tu n'as pas autre chose à faire ? » demande-t-elle.

« J'm'ennuie... » Soupire Murphy.

« Pas de trace de Finn pour l'instant. Et pour toi ? »

« Nope. Rien. Je crois que je préférais lire des dossiers sur des chats... Et comment vont nos petits tourtereaux ? » S'enquit Murphy, visiblement pas décidé à travailler.

Raven tourne à gauche, ne sachant pas vraiment où elle se rend.

« Ils sont en latin. D'ailleurs, Murphy ? »

« Yep ? »

La jeune femme hésite un instant. Dit-elle lui parler de ses craintes à elle et Octavia avec le risque qu'il répète tout à son ami ou que pire, il se moque de ce qu'elle lui dira ?

« À quoi il joue Bellamy ? »

Au volant de sa voiture, Murphy grimace. Il ne s'attendait pas du tout à cette question, surtout venant de la bouche de Raven.

« Comment ça à quoi il joue ? » demande-t-il en s'arrêtant pour laisser passer une voiture à une intersection.

« Quand je suis sortie du bureau de Callie, ils parlaient à une fille et Bellamy tenait Clarke contre lui. »

Murphy éclate de rire malgré l'inquiétude dans la voix de Raven.

« Ça ne me fait pas rire, Murphy. Il se lance dans un jeu dangereux et j'ai comme l'impression que ce jeu a débuté l'autre soir. Si Kane découvre ce qu'il se passe, Bellamy aura de sérieux problèmes. Et je ne veux pas qu'il fasse souffrir Clarke... »

« Il ne fait rien de mal Raven. Il connait la politique de l'A.R.C. à ce sujet, il ne sera pas assez stupide pour risquer sa carrière. Et puis Clarke est grande, Raven. Elle sait ce qu'elle fait. » Dit Murphy.

Cependant, au fond de lui, il sait qu'il n'en pense pas un mot. Bellamy est impossible à raisonner dans ces cas-là, et lui dire quoi que ce soit pour l'empêcher d'agir ne fera qu'attiser son désir d'y parvenir. Il espère seulement que Clarke ne se laissera pas avoir.

« Hum... Raven ? Dans combien de temps quittent-ils le cours ? »

Raven regarde sa montre.

« Dans moins d'un quart d'heure. Pourquoi ? »

« Qu'ils se tiennent prêts, je crois que j'ai quelque chose... » Répond Murphy avant d'arrêter sa voiture.

Il vient de voir une jolie brune aux grands yeux bleus, et couverte de fourrure dans le rétroviseur d'un camion.

o.O.o

Bellamy a passé l'heure à distraire Clarke, s'attirant les foudres du professeur de latin. Quand ils quittent la salle, après que la sonnerie ait retenti, Clarke rit aux éclats.

Raven les attend en face de la porte, adossée au mur. Lorsque la jeune femme blonde croise son regard, elle s'arrête aussitôt de rire, comme prise sur le fait alors qu'elle aurait fait une bêtise.

« Murphy a vu quelque chose dehors. Je vais faire un tour dans le lycée, vous devriez retourner en cours, au cas où Finn voudrait te contacter Clarke. Mais restez sur vos gardes. »

Sur ce, elle lance un regard lourd de reproches à Bellamy et s'éloigne. Elle sent leurs regards sur son dos jusqu'à ce qu'elle disparaisse au coin du couloir suivant.

Les couloirs se vident peu à peu, alors que les élèves regagnent leurs salles de cours à la sonnerie qui retentit. Raven marche d'un pas lent, observant le bâtiment autour d'elle. Des couloirs tantôt jaunes, tantôt verts d'eau, un carrelage grisâtre au sol, des casiers défoncés sur les murs, des lampes à néons qui clignotent, rien à envier aux couloirs de l'Arche...

Elle fait le tour du rez-de-chaussée, jetant un coup d'œil au passage dans chaque salle de classe, à la recherche de Finn. L'étage regroupe les salles d'art plastique, de poterie, les laboratoires et la bibliothèque. Des classes remplies d'élèves mais pas la moindre trace de Finn. Elle s'arrête au bout du couloir, près d'une fenêtre.

De là, on voit le parc de l'université où malgré les températures de plus en plus fraîches, de nombreux étudiants y sont installés, profitant des derniers rayons du soleil. Ils avancent par groupes sur la pelouse, certains s'y assoient, d'autres jouent au foot. Mais ce n'est pas ce qui dérange Raven.

Au centre de la pelouse, entre plusieurs groupes d'étudiants, une silhouette se tient seule, droite, le regard levé vers le bâtiment. Raven sent un frisson lui parcourir l'échine alors que ses yeux croisent ceux de la personne.

« Murphy ? » appelle Raven d'une voix tremblante.

Aucune réponse. Et merde. Elle va devoir y aller seule.

o.O.o

Octavia se traine lentement à travers les couloirs de l'A.R.C., s'ennuyant à mourir. Ses pas la mènent à l'infirmerie où travaille Jackson. Le jeune homme est en plein rangement et n'entend pas Octavia entrer.

« Octavia ! » s'écrit-il quand elle apparait dans son champ de vision. « Qu'est-ce que tu fais là ? »

La jeune brune se laisse tomber dans le fauteuil de Jackson. Elle pousse un soupir théâtral et ferme les yeux.

« Je m'ennuie Jackson. Bell' n'est pas là, Raven n'est pas là, Clarke non plus, Callie donne ses cours à l'université, Atom est en mission et moi je reste seule dans ce trou... »

Jackson dépose le carton de compresses sur une étagère et se retourne vers Octavia. Elle se balance désormais sur le fauteuil, ses bras tombant mollement le long des accoudoirs, les yeux mi-clos, la bouche entrouverte.

« Tu n'as pas l'impression d'en faire un peu trop là ? »

Octavia laisse échapper un grognement. Non bien sûre qu'elle n'en fait pas trop. Elle s'ennuie, elle n'y peut rien. Ce n'est vraiment pas drôle d'avoir dix-huit ans et d'être confinée dans une tour de vers et d'acier.

Jackson pose sa main sur le dossier du fauteuil, empêchant Octavia de continuer son balancement. Le regard noir qu'elle lui lance le fait sourire.

« Tu peux m'aider à ranger si tu veux... » Propose-t-il en lui désignant la pile de carton qui attend dans un coin.

Octavia se redresse aussitôt. Une idée bien plus intéressante vient de lui traverser l'esprit. Elle remercie Jackson, dépose une bise sur sa joue et quitte l'infirmerie en courant.

Elle court pour attraper l'ascenseur et monte jusqu'au soixante-dix-huitième. Ignorant la réceptionniste qui lui demande de signer le registre des visites, elle s'élance dans les couloirs. Quels numéros avaient-ils dit ? Dix-huit ? Dix-sept ? Octavia hausse les épaules, elle avisera.

Arrivée devant la première porte, frappée des numéros soixante-dix-huit et dix-huit, Octavia s'arrête, elle tend l'oreille. Une explosion la fait sursauter. Ça vient de l'appartement voisin. À coup sûr, ceux qu'elle cherche sont dans l'appartement d'où provient le bruit.

Octavia frappe à la porte, un grand sourire sur les lèvres. Elle n'attend pas longtemps, on vient lui ouvrir. Elle sourit de plus bel au jeune homme brun qui apparait sur le seuil de la porte, le visage couvert de suie, des lunettes de ski sur le dessus de la tête.

« Octavia ... » murmure Jasper en écarquillant les yeux. « Hum... Qu'est-ce que tu fais là ? »

Il jette quelques coups d'œil inquiets vers l'intérieur de l'appartement.

« Je venais vous dire bonjour ! »

Jasper se passe la main dans les cheveux.

« Ça te dirais pas qu'on aille faire quelques pas, non ? »

Octavia hausse un sourcil. Jasper est tellement drôle quand il ment. Sans prendre la peine de lui répondre, elle le pousse et pénètre dans l'appartement.

« Non, attend Octavia ! Tu ne peux ... »

« Arrête ton cirque Jasper Jordan. J'ai entendu l'explosion ! »

o.O.o

Clarke soupire de soulagement. Elle a enfin réussit à se séparer de Bellamy pour quelques minutes. Elle jette un coup d'œil derrière elle pour s'assurer qu'il ne la suit pas et traverse le couloir pour rejoindre le casier de Jasper. Ce dernier l'a chargée de récupérer quelques petites bricoles.

Le cadenas est coincé, comme d'habitude, mais elle connait la combine de Jasper pour ce genre de situations. Du moins, elle croyait la connaître, mais ce n'est manifestement pas le cas.

Elle sent une silhouette se glisser derrière elle et s'apprête à se retourner lorsqu'une voix murmure à son oreille :

« Besoin d'aide, Princesse ? »

Bellamy. Clarke pousse un long soupire. Elle se décale alors que le jeune homme ouvre le casier sans problème. Il lui adresse un petit sourire en coin puis s'éloigne. Il est très vite rattrapé par un groupe de pimbêches, cependant, la jeune femme sent son regard qui se pose de temps à autre sur elle.

La tête occupée de milles pensées, elle fourre les quelques bricoles de Jasper dans son sac. Depuis quelques temps, elle trouve Bellamy étrange. Pas dans le mauvais sens, au contraire. S'il reste encore un peu grognon par moment, il ne lui fait plus payer Dieu seul sait quoi lors de leurs entrainements, se montre presque gentil à son égard et l'a faite rire tout l'après-midi. À vrai dire, il est ainsi depuis qu'ils ont secouru Jasper et Monty.

Clarke ne s'en rappelle pas, mais elle sent qu'il s'est passé quelque chose ce soir-là. Peut-être se sont-ils expliqués, peut-être qu'elle s'est énervée contre lui, comme elle sait si bien le faire. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, il est différent et même si les regards qu'il peut poser sur elle sont parfois déroutant, ça ne la gêne pas.

Des gloussements derrière elle attirent son attention et Clarke se retourne. Bellamy est entouré de jeunes étudiantes qui rigolent au moindre mot qu'il prononce, se pressent contre lui et s'amusent à passer leurs mains dans ses cheveux bruns. Hum... Il n'a peut-être pas tant changé que ça après tout. Clarke sent avec regret son cœur se serrer lorsqu'une de ses admiratrices lui glisse un mot à l'oreille tout en lui tendant un morceau de papier qu'il accepte.

Tant pis, après tout, il fait ce qu'il veut. Sentant la colère affluer, elle claque la porte du casier de Jasper, referme rapidement le cadenas et s'éloigne. Bellamy salue rapidement les jeunes femmes avec qui il ne parlait pas vraiment et rattrape Clarke en courant.

« Clarke ! » appelle-t-il sans pour autant obtenir son attention.

Alors il attrape son poignet et la force à se retourner. Elle regarde un instant sa main serrer fermement son poignet puis lève les yeux vert lui pour le fusiller du regard.

« Où est-ce que tu cours comme ça, Princesse ? Tu as déjà oublié qu'il fallait qu'on reste ensemble ? »

Clarke lève les yeux au ciel.

« Tout va bien pour toi ? » s'exclame-t-elle plus sur le ton d'un constat que d'une question.

Bellamy se retient de sourire. Serait-ce de la jalousie qu'il voit dans les yeux de Clarke ? De sa main libre, il sort de sa poche le papier plier un quatre sur lequel est inscrit un numéro de téléphone.

« Oh tu parles de ça ? »

Si Clarke pouvait retirait tout ce qu'elle a pu penser précédemment, elle le ferait. Elle regarde le sourire se former aux coins des lèvres de Bellamy. Ah il est content de lui en plus ?

Mais le sourire de Bellamy s'efface rapidement. Quelque chose au bout du couloir a attiré son attention. Il relâche sa prise sur le bras de Clarke et la libère.

« Reste-là, Princesse... » Ordonne-t-il en s'éloignant après avoir posé dans sa main le papier avec le numéro de téléphone.

Clarke regarde Bellamy disparaitre. Mais qu'est-ce qu'il lui prend ? La sonnerie retentit, et les filles qui parlaient encore de lui avec vivacité regagnent leurs salles de cours.

Clarke demeure seule dans le couloir. Murphy n'est pas là, Raven s'est évaporée et Bellamy vient de s'enfuir, la laissant seule dans le couloir. Il lui a dit de rester là, alors la jeune femme se laisse glisser contre les casiers et s'assied par terre. Les minutes passent et Bellamy n'est toujours pas revenu. Clarke enfouie son visage dans ses genoux, et ferme les yeux, épuisée. Elle a de très peu dormi la nuit dernière.

« Tiens tiens... Serait-ce la Princesse ? » Murmure une voix tout près d'elle.

Clarke se redresse aussitôt, bondissant sur ses pieds. Finn se tient devant elle, l'épaule contre les casiers, les mains dans les poches, les jambes croisées. Il pose sur elle un regard perçant et lui adresse un sourire étincelant. Dire qu'il y a quelques mois, elle craquait pour lui...

« Qu'est-ce que tu fous ici ? » demande-t-elle, menaçante, tout en serrant fermement son arme sous sa veste.

Finn fait un pas vers et Clarke recule automatiquement de deux.

« Eh ! Doucement. Je suis là pour parler, Princesse ! » Dit-il en levant ses mains en l'air.

« Ne m'appelle pas comme ça ... » grogne Clarke en reculant de nouveau.

Le sourire sur les lèvres de Finn est tout sauf rassurant.

« Pourtant ça n'a pas l'air de te déranger lorsque ça vient de Blake... »

Il contourne Clarke pour se placer devant elle, l'empêchant ainsi de fuir.

« Je ne répèterais pas une troisième fois. Qu'est-ce que tu fous là ? »

Sentant Finn s'approcher de plus en plus, elle sort son arme et pose le canon sur le torse du jeune homme. Il éclate de rire devant l'air déterminé de la jeune femme, d'autant plus qu'elle appuie un peu plus l'arme contre lui.

« Crois-moi, Clarke. Tu ne veux pas faire ça... » Murmure-t-il en repoussant du plat de la main l'arme.

Mais Clarke se replace aussitôt. Finn pousse un long soupire. Qu'est-ce qu'elle est bornée ! Kane doit se mordre les doigts avec cette tête de mule. Sans effort, il la désarme et fait glisser le pistolet à l'autre bout du couloir.

« C'est bon ? Tu as fini avec tes menaces ? Bien. Je suis venu te parler Clarke, pour essayer de te raisonner. »

En parlant, il s'approche de la jeune femme.

« J'ai compris qu'on ne pouvait rien obtenir de toi par la force. Tu es une femme intelligente Clarke, alors essaye de comprendre. Rejoindre le G.R.O.U.N.D. de ton plein gré est ce qu'il y a de plus sage. »

« Si j'avais été suffisamment intelligente, j'aurais écouté les amis qui me criaient de ne pas t'approcher ! »

« Je suis sincèrement désolé pour la tournure que tout cela a pris, Princesse. J'étais censé de ramener au G.R.O.U.N.D., jamais je n'aurais pensé que j'allais t'apprécier... » Murmure-t-il en posant une main sur sa joue.

Clarke écarquille les yeux. Il croit vraiment qu'il va l'avoir en lui faisant les yeux doux ? Bon sang mais que fait Bellamy ? C'est le moment de sortir de sa cachette pour casser la tête de Finn. Parce que c'est ce qu'il est parti faire pas vrai ? Il est parti pour mieux surprendre cette ordure ?

« Où sont mes amis ? » demande Clarke.

« On s'occupe d'eux. Si tu me suis, tu peux encore les sauver. Mais dans deux minutes, ils seront tous plus ou moins morts, ou prisonniers. Et crois-moi, à leur place, je préfèrerais être mort... »

Clarke déglutit, elle doit retrouver Bellamy.

« Finn... »

Le jeune homme se redresse, à l'écoute. Clarke en profite. Elle lève brusquement son genou entre les jambes du grounder qui se plie de douleur. Elle le pousse pour se dégager de son emprise et s'éloigne en courant.

« Clarke ! » s'écrit-il en se relevant avec difficulté.

Elle continue sa course, attrapant son arme au passage, et tourne à droite là où elle a vu Bellamy disparaitre. Les couloirs sont vides. Il n'y a pas un bruit, mis à part ceux qui proviennent des salles de classes. Sans s'arrêter, elle pianote sur son bracelet à la recherche de la localisation de Bellamy. Mais le jeune homme n'a pas réactivé son émetteur.

« Wick ! » appelle Clarke en jetant un coup d'œil par-dessus son épaule.

« Claaaaarke ! » hurle Finn en apparaissant au coin du couloir.

« Clarke ? Que se passe-t-il ? »

« Trouve-moi Bellamy ! Et vite ! »

« Clarke, je ne veux pas te blesser. Mais tu ne me laisses pas le choix ! »

La jeune femme a le réflexe de se baisser, évitant de justesse la balle qui va briser la fenêtre devant elle. Elle se jette au sol et roule jusqu'à ce que le mur du couloir la protège. Puis elle se redresse et repart en courant.

« Prend à gauche à la prochaine, Clarke ! »

Clarke accélère, et tourne comme le lui a indiqué Wick, puis à droite et revient dans le hall d'entrée. Là, il la guide à travers les couloirs jusqu'à une porte coupe-feu.

« Le gymnase ! » souffle Clarke en poussant la lourde porte.

Elle dévale des escaliers puis dépasse les différents vestiaires à toute vitesse jusqu'à ce que Wick lui crie de faire marche arrière.

« Il est juste à côté de toi Clarke. »

Clarke regarde la porte percée d'une fenêtre ronde au verre opaque. Elle devine sans peine l'imposante silhouette qui se tient de l'autre côté de la porte mais les pas de Finn la pressent et elle pénètre dans le vestiaire.

« Trouve-moi Raven s'il te plait, Wick... » Chuchote-t-elle en poussant la porte.

Aussitôt une silhouette se jette sur elle. Clarke saute sur le côté et évite un coup qui l'aurait probablement mise K.O.

« Mmmmmh ! »

Le cri étouffé lui fait tourner la tête. Bellamy, pieds et mains liées est accroché à l'une des grosses armoires du vestiaire.

« Mmmmmh ! »

Clarke se plie en deux sous le choc et recule avant de s'effondrer par terre. Ce type sait vraiment frapper. Elle a à peine le temps de se redresser que déjà, l'homme revient à l'attaque, elle bondit en arrière, le déstabilisant puis riposte avec un coup de pied dans le ventre, puis un coup de poing dans la mâchoire qui le font chanceler suffisamment longtemps pour qu'elle vienne en aider à Bellamy. Son pistolet dans une main, de l'autre, elle sort de sa manche une lame et tranche les liens qui entravent ses mains.

« Ça va ? » s'enquiert-elle en lui enlevant le morceau de tissus qui l'empêchait de parler.

« Clarke attention ! »

La jeune femme se retourne, le grounder leur fonse dessus. Il attrape Clarke par le col, la relève puis la plaque contre le mur le plus proche. La violence du choc lui bloque le souffle et lui brouille la vue.

Bellamy défait la corde qui attachait ses chevilles et ramasse la lame et le pistolet que Clarke a fait tomber. Il ne voit pas que celui qui lui est tombé dessus quelques minutes plus tôt a passé ses deux mains autour du cou de la jeune femme, serrant sa prise de plus en plus. Clarke se débat comme elle peut, mais l'air commence à manquer et ses jambes se font de plus en plus lourdes.

« Qu... Quand... Tu... Veux... » Parvient-elle à articuler.

Le coup est tellement fort, que Clarke sent les bras du grounder trembler autour de son cou. Son regard se voile et il s'effondre, laissant Clarke retomber violemment sur le banc de vestiaire. Elle tousse alors que l'air empli à nouveau ses poumons.

Bellamy s'assure que le terrien est hors d'état de nuit avant de récupérer toutes ses armes qu'il lui avait enlevés. Il en trouve même d'autres, très intéressantes, et qui pourront toujours servir. Clarke s'accroupie à ses côtés.

« C'est la deuxième fois que tu assommes quelqu'un pour me sauver la vie... » Murmure Clarke d'une voix éraillée.

Bellamy ne lève pas les yeux du grounder, continuant à lui vider les poches.

« Fais en sorte que je n'ai pas à le faire une troisième fois, Princesse. »

« Et bien fais en sorte qu'elle vienne avec moi et je peux t'assurer qu'elle sera en sécurité. »

Tous deux font volte-face. Finn se tient dans le cadre de la porte, les mains dans les poches, et pose sur eux un regard qui fait trembler Clarke.

« Ne bouge pas Clarke. Je m'occupe de lui. » Dit Bellamy d'une voix grave.

Clarke se redresse, faisant face à Bellamy. Elle pose ses mains sur ses hanches et lui adresse un regard noir.

« La dernière fois que tu m'as demandé de t'attendre, il m'est tombé dessus. Alors il n'en est pas question. »

Un petit sourire se forme aux coins des lèvres de Finn. Les missions avec ces deux-là doivent être très amusantes. Enfin... Il n'est pas là pour rire. Il sort un pistolet de sa poche, le charge puis le pointe vers Bellamy.

« C'est entre elle et moi, Blake. Alors ferme-la, tu veux ? »

Bellamy éclate d'un rire cynique.

« Je crois que tu as mal compris, Collins. Clarke reste avec moi, que tu le veuilles ou non. Et venir jouer les caïds ne servira à rien. »

Sur ce, surprenant Clarke, il se jette sur Finn, le désarmant avant toute chose. Commence alors une lutte à laquelle Clarke assiste, impuissante. Elle ne saurait dire qui des deux à l'avantage. Quand ce n'est pas Bellamy qui frappe Finn, c'est le grounder qui attaque. Ils bougent de la même manière, se battent pareil, savent frapper là où ça fait mal, connaissant les points faibles de l'autre, évitant de stimuler ses points forts.

Rappelle-toi qu'ils ont été entraînés par ton père Clarke. Réfléchis Clarke, qu'est-ce que Jake ferait ? Elle retient un cri quand Bellamy vient heurter de plein fouet le mur à côté d'elle, le visage dégoulinant de sang. Elle croise son regard l'espace d'une seconde mais il repart déjà vers Finn et lui colle son poing dans la figure.

« Raven arrive Clarke, tenez bon... »

Une diversion ! Bien sûr ! Mais quoi ? Elle regarde rapidement autour d'elle. Il n'y a rien qui ferait l'affaire, la salle est vide désormais, les deux belligérants viennent de disparaitre dans le couloir, la laissant seule avec le grounder, toujours inconscient.

Tant pis. Faute de moyen, elle avisera. Clarke risque sa tête hors du vestiaire. Finn, le poing levé en l'air, maintient fermement Bellamy par le col et le plaque contre le mur.

« Bellamy ! » s'écrit Clarke, sentant déjà le pire arriver.

« Finn ! » lui fait écho une voix féminine.

Clarke se retourne, alors que Finn, pris par surprise, demeure le poing en l'air. C'est suffisant pour que Bellamy reprenne le dessus. Un coup de genoux dans le ventre, deux coups de poings bien placés et Finn se voit contraint de le lâcher.

Voyant Raven arriver vers eux en courant et Bellamy prêt à régler les derniers comptes, Finn n'a d'autre choix que de prendre la fuite.

« Je m'en occupe ! » crie Raven en s'élançant derrière lui. « Barrez-vous, ils arrivent ! »

Ni une ni deux, Bellamy attrape la main de Clarke et l'entraine vers le gymnase. Tant pis pour le corps, le G.R.O.U.N.D. le récupèrera, jamais il ne laisserait une occasion d'être démasqué. Les deux agents débouchent dans un vaste gymnase, des pas déjà derrière eux.

« Par ici ! » indique Clarke en désignant une sortie de secours en haut des gradins.

Toujours cramponnée à lui, la jeune femme suit Bellamy à travers les gradins, trois grounders à leurs trousses. Ils poussent la porte, et débouchent dans un couloir du lycée. Par chance, la sonnerie a retenti quelques minutes plus tôt, les élèves quittent leurs salles de classes, Clarke et Bellamy n'auront qu'à se fondre dans la masse.

« Suis-moi. » ordonne Bellamy en passant son bras par-dessus les épaules de Clarke.

La tête baissée, ils suivent un groupe d'étudiants qui rejoint joyeusement le parking, sans se soucier de ces deux personnes couvertes de bleus, de sangs, et les vêtements déchirés. Bellamy embarque calmement Clarke à travers le parking et s'arrête à côté d'une voiture blanche.

Ne résistant pas à la tentation, il jette un coup d'œil autour de lui. Personne dans les parages. Quelques combinaisons sur son bracelet et la voiture se déverrouille. Il fait signe à Clarke de monter et s'installe au volant. Encore quelques secondes et la voiture démarre.

« Tu ne pouvais pas t'empêcher de voler une décapotable... » Remarque Clarke alors que Bellamy passe la cinquième, un sourire victorieux sur le visage.

« Tu me connais trop bien Princesse... »

« Tu es conscient qu'il va falloir l'abandonner quand même ? »

Le jeune homme ne répond pas, continuant sa route. Pourtant, quelques minutes plus tard, alors qu'il juge qu'ils sont suffisamment éloignés de l'université de Clarke, il se gare le long du trottoir. Ils marchent quelques pâtés de maisons jusqu'à un bar. Ils attendront les autres ici.

o.O.o

La serveuse s'approche, un plateau à la main. Elle dépose deux chopes de bières sur leur table, se penchant vers Bellamy au passage, ce qui n'a pas l'air de lui déplaire. Clarke lève les yeux au ciel. Il ne changera jamais.

« Autre chose ? » demande la femme à l'intention de Bellamy.

« Oui. De l'eau et des serviettes s'il vous plait. Si vous aviez de la glace, ce serait pas mal aussi. » Répond Clarke du tac au tac, bien consciente que ce n'est pas la réponse attendue.

La porte du bar s'ouvre, faisant tinter la clochette qui y est accrochée. Pour la troisième fois depuis qu'ils sont arrivés, Clarke se retourne en sursaut, inquiète à l'idée que Finn les ait retrouvés. Bellamy remarque sa peur et ne peux s'empêcher de sourire.

« Quoi ? » soupire Clarke en remerciant d'un signe de tête la serveuse qui revient.

Bellamy secoue la tête, son sourire se faisant de plus en plus large.

« Ce n'est rien, Princesse. Allez, santé ! » Ajoute-t-il en poussant devant elle une chope de bière.

« Je préfère ne pas boire en mission. »

Bellamy hausse les épaules et attaque la sienne. Tant pis, ça en fera plus pour lui. Clarke croise les bras sur sa poitrine. Mais à quoi joue-t-il ? Il était à deux doigts de se faire massacrer par le grounder, puis par Finn et maintenant le voilà, assis à une table au fond de ce bar sombre, le visage ensanglanté et deux bières devant lui.

« Tu boudes, Princesse ? »

« Non, mais j'aimerais bien savoir ce qu'il s'est passé. »

Bellamy prend une gorgé de sa boisson puis lève son regard vers Clarke avant de le reposer sur son verre.

« Rien de bien intéressant... » Répond-t-il enfin, souhaitant manifestement éviter cette discussion.

Clarke le regarde fixement, le dévisageant presque. Mais Bellamy ne prononce plus un mot, les yeux scrutant son verre, sa main droite agrippant fermement la chope, son bras gauche allongé sur le dossier de la banquette.

« Bien... » Soupire Clarke.

Elle attrape les serviettes en tissus et la carafe d'eau qu'on leur a apporté, les pose au coin de la table, puis quitte sa place en face de Bellamy. Elle tire une chaise de l'une des tables derrière eux, la rapproche de la table et s'y assied.

« Qu'est-ce que... »

« Puisque tu refuses de parler, laisse-moi au moins arranger ta tête, on pourrait croire que tu t'es battu... » Dit Clarke en imbibant l'une des serviettes.

Le tissu est froid quand il se pose sur sa peau pour enlever le sang qui a séché. Sa tête lui fait mal, mais ce n'est rien face à la douleur qu'il ressent lorsque le chiffon passe sur sa pommette. Clarke voit un rictus se former sur ses lèvres mais décide de l'ignorer, ça lui apprendra à jouer les caïds. Elle nettoie doucement la plaie qui traverse sa joue, partant presque au coin de l'œil et s'arrêtant près de la bouche. Finn ne l'a pas raté...

« Il m'est tombé dessus. »

Clarke sursaute. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il parle tout de suite. Elle se tourne vers lui mais son regard la fuie. Elle l'a pourtant senti s'avancer un peu plus vers elle.

« C'était le plan. Vous éloigner de moi pour que Finn m'approche... » Murmure Clarke en prenant une nouvelle serviette.

Lorsqu'elle pose de nouveau la serviette humidifiée sur sa peau, Bellamy ne peut s'empêcher de frémir. Il a survécu à des blessures bien pires, mais celles-ci font tout de même un mal de chien. Il la regarde alors qu'elle passe délicatement le tissu autour de sa plaie, nettoyant les contours, ses yeux bleus fixant son front d'un air sérieux.

Elle aussi est blessée, sa tempe est rouge, et un bleu se forme sur sa pommette droite, sans parler des marques à son cou, traces laissée par le grounder qui l'a étranglée.

« Eh... » S'exclame Clarke, surprenant le regard du jeune homme qui descend peu à peu. « C'est là-haut que ça se passe. »

Bellamy croise le regard de Clarke, dans lequel, à son grand étonnement, il découvre plus d'amusement que d'agacement.

« Arrête de gigoter, et rapproche-toi un peu, s'il te plait, j'ai bientôt fini. »

Prenant Clarke par surprise, Bellamy glisse jusqu'au bord de la banquette cognant ses genoux contre les siens. Les joues de Clarke s'empourprent et Bellamy, satisfait, retient un sourire.

« Tu t'en es bien sorti avec Finn. » lui assure le jeune homme alors que Clarke s'empare d'une nouvelle serviette.

Choisissant de ne pas répondre, Clarke pose doucement le chiffon sur sa peau, pour nettoyer son menton, sa bouche et son nez duquel le saignement s'est arrêté il y a peu. Il n'a pas le nez cassé, sinon il ne supporterait pas les soins de Clarke, mais elle doit admettre qu'il fait preuve d'une certaine capacité à endurer la douleur. Cependant, lorsqu'elle descend sur ses lèvres, il intercepte son poignet. Clarke le regarde, interdite, sa main immobilisée en l'air par la sienne.

« Tu permets ? » soupire-t-elle, désireuse de récupérer sa main.

« Ça fait mal, Princesse. »

« Et bien tu n'as qu'à encaisser, comme tu l'as fait avec Finn, le temps que je termine. » s'exclame-t-elle en continuant son nettoyage.

Elle finit rapidement ce qu'elle avait commencé, sentant Bellamy s'agiter un peu plus. Puis elle entasse les serviettes dans un coin dans le table mais reste proche du jeune homme, incapable de détacher ses yeux de son visage blessé.

« Quoi ? » demande Bellamy, les yeux pétillants, tout en esquissant un sourire.

« Non rien... » Soupire Clarke. « Je me demandais si... »

Elle est interrompue par la porte qui s'ouvre et deux silhouettes qui s'avancent vers eux. La première se laisse tomber sur la banquette face à Bellamy, la seconde lui tape sur l'épaule, la projetant vers ce dernier.

« T'as vu ça Reyes ? On les laisse cinq minutes et les voilà qui s'embrassent ! » S'exclame Murphy en rejoignant Raven sur la banquette.

Bellamy fusille Murphy du regard, incapable de dire si son ami vient de le faire exprès. Mais à voir la lueur qui brille dans ses yeux, bien sûr qu'il l'a fait exprès, comment aurait-il pu faire autrement ?! Clarke laisse un échapper un long soupire et s'appuie contre le dossier de sa chaise. Avisant la bière à laquelle elle n'a pas touché, elle se demande si elle n'aurait pas besoin d'un petit remontant, là, tout de suite...

o.O.o

Raven regarde tour à tour les gens présents dans la pièce. Clarke vient d'arriver, prenant la séance de débriefing au vol. Elle était avec Jackson qui avait ordre — de Bellamy — de ne pas la laisser partir tant qu'il ne serait pas certain qu'elle aille bien. Elle s'est laissée tomber dans le canapé près de Raven et n'a pas dit un mot de toute l'heure jusqu'à ce que leur supérieur s'adresse à elle.

Kane les a interrogé un par un pour savoir ce qu'il s'était passé, puisque les grounders avaient réussi à les séparer. Ainsi, pendant que Murphy patrouillait dans le quartier, il avait aperçu Lexa qui l'attendait avec quatre agents et qui s'étaient fait un plaisir de le coincer dans une ruelle étroite. Après en avoir mis deux d'entre eux à terre, il s'était enfuit par l'échelle de secours qui pendait le long d'un bâtiment et les avait semé avant de revenir dans le quartier.

« Tu diras à Wick de garder un œil sur cette femme. Cette Lexa m'a l'air... Pleine de surprises... » Dit Kane avant de se tourner vers Raven.

Cette dernière, après avoir aperçu Gustus planté en plein milieu du parc de l'université, s'était lancée à sa poursuite. Il l'avait emmené dans le fin fond du parc, là où ils pourraient se taper dessus sans avoir à faire taire d'éventuels suspects. Tout se passait plutôt bien pour Raven qui menait le dessus, jusqu'à ce qu'une branche craque et qu'un couple apparaisse. La jeune femme avait eu un mal fou à sauver ces deux inconscients et s'occuper de Gustus.

« Avec Wick qui me pressait, j'ai pas eu d'autre solution. Je lui ai tiré dessus, pendant que le môme appelait les flics. Clarke avait besoin d'aide. Je n'ai pas réfléchi, il fallait sauver les gamins. Désolée d'avoir mis les flics sur le coup, Kane. »

Mais Kane n'a pas l'air contrarié, il adresse presque un sourire à Raven. C'est lorsqu'il se tourne vers Bellamy et Clarke que son regard s'assombrit.

Raven et Murphy connaissent déjà les évènements, mais Bellamy les raconte pour la deuxième fois, sans omettre de parler des étudiantes très intéressées. Ça fait partie du boulot. Son rapport doit être le plus concret possible, rien ne doit être épargné. Clarke revit les évènements une troisième fois, ils sortent de cours, Raven les prévient, disparait, ils retournent en cours, puis la pause de l'après-midi sonne à travers les couloirs, et là Bellamy s'arrête.

« Et ensuite ? » demande Kane, d'une voix grave.

Clarke regarde tour à tour les deux hommes qui se regardent dans le blanc des yeux. Si Bellamy dit la vérité, il va se faire sérieusement réprimandé, s'il ment, il est viré.

« Il fallait que j'aille aux toilettes ! » s'exclame Clarke, surprenant tout le monde. « J'ai demandé à Bellamy de m'attendre devant la porte, j'en avais pour peu de temps. La vérité c'est que j'étais tellement angoissée de me retrouver face à Finn, que je n'ai pas vu le temps passer. Quand je suis ressortie, le couloir était vide, Bellamy avait disparu, et Finn m'attendait. »

Kane fronce les sourcils, son regard passant de Bellamy qui semble surpris, à Clarke, qui le regarde droit dans les yeux. Il fait signe à l'un des deux de continuer, et Bellamy reprend la parole, terminant son rapport. Il raconte comment Clarke a semé Finn, l'a retrouvé alors qu'il allait passer un mauvais quart d'heure, comment elle l'a délivré puis l'a aidé à vaincre le grounder — pas la peine de préciser qu'elle avait failli mourir étranglée —, sans omettre l'arrivée de Finn, leur combat qui s'était mal terminé, puis celle de Raven qui l'avait fait fuir.

« La voiture, où l'as-tu laissée ? »

Bellamy donne l'adresse exacte. Kane enverra un agent pour la rendre à son propriétaire. Pour l'instant, il est plus intéressé par la suite. Comment se fait-il que Finn n'ait pas été ramené à l'arrière du vieux Pick-up, quand ils sont rentrés ?

« Il m'a semé... » Avoue Raven à contrecœur. « Lexa et Gustus l'attendaient quelques rues plus loin. Puis il a fallu que je retrouve Murphy pour qu'on rejoigne Clarke et Bellamy. »

Kane hoche la tête, satisfait. Au moins, Finn n'a kidnappé personne et Clarke a su lui faire face le temps de secourir Bellamy. Il leur fait signe à tous de partir, souhaitant rester seul un instant avant de rejoindre Jaha pour lui faire un rapport. Il rappelle à ses agents de rédiger le leur et ferme la porte derrière eux.

Bellamy attend que Raven et Murphy se soient éloignés pour attraper Clarke par le bras. Leurs amis sont en pleine discussion, ils ne remarqueront pas leur retard.

« Qu'est-ce que c'était ça, tout à l'heure ? » demande Bellamy en emmenant Clarke dans un couloir moins fréquenté, quoi que ce soit difficile à trouver à cet étage.

Il se pousse pour laisser quelqu'un passer, sans pour autant quitter Clarke du regard. La jeune femme hausse les épaules.

« Aussi fort que tu puisse souhaiter que j'ai fait ça pour ta belle gueule, c'est totalement faux. » dit Clarke, un petit sourire au coin des lèvres.

Bellamy croise les bras sur sa poitrine et s'approche un peu plus d'elle, en attente d'une explication.

« Disons simplement que si Kane te destitue de ton rôle de S.O., c'est Wells qui prend ta place... » Continue la jeune femme.

Elle fait elle aussi un pas en direction du beau brun.

« Et ça, » murmure-t-elle à son oreille, « ça me plait moyennement. »

Son visage désormais éclairé d'un large sourire, elle fait volte-face et s'éloigne vers le Pont, sachant très bien le regard ahuris de Bellamy posé sur elle. Il veut jouer ? Elle va lui montrer qu'elle aussi, elle en est capable.


Voila, ce sera tout pour aujourd'hui !

J'espère que ce chapitre vous a plu, car c'est probablement le dernier que vous aurez avant la rentrée. Je pars trois semaines et il est presque impossible que j'obtienne une connexion internet ...

Alors profitez bien de ce mois d'aout, et on se revoit en septembre :)

Bisous ;)

K. Brooks