Le grand moment est arrivé. Voici le chapitre 9.
Je me sens à la fois anxieuse et excitée. J'espère que ça ne sera pas trop mauvais. Allez, bonne lecture!
Seamus poussa la porte d'entrée de l'appartement. Blaise était juste là, derrière lui. Il ferma la porte à clef et lui dit :
-Bon, pour l'épicerie, tu n'as pas oublié la liste, j'espère…
-Non, non, répondit l'Irlandais. Je l'ai dans ma poche, juste là.
Il la sortit et la brandit fièrement. L'autre sourit et lui ébouriffa les cheveux.
-Gentil Seamus, souffla-t-il d'un ton moqueur.
Le concerné gonfla les joues en affichant une moue boudeuse.
-On y va?
-Tu n'as rien oublié?
-Non, dit Seamus, après une courte réflexion.
Ils descendirent l'escalier de l'immeuble jusqu'au rez-de-chaussée. Il faisait froid, dehors, alors ils avaient opté tous les deux pour un manteau chaud. L'hiver commençait à prendre son pied et les arbres avaient perdu leurs feuilles. Aujourd'hui, il ne pleuvait pas, mais le ciel n'en était pas moins gris et menaçant.
Seamus le contempla avec révérence. Il le trouvait vraiment cool, le ciel, lorsqu'il était de cette couleur sombre.
Ils mirent les pieds dehors et aussitôt, quelqu'un appela :
-Seeeeeeaaaaamuuuuuuus!
L'Irlandais sursauta. Il ne s'attendait pas à être sollicité si vite. Il fit volte-face et se retrouva happé par deux bras forts et minces qui l'entourèrent d'un geste vaguement possessif.
-Eh… Théo?
Ça ne pouvait être que lui. Franchement, ce gars le collait un peu trop, par moments.
Les bras desserrèrent leur étreinte et Seamus put lever les yeux pour plonger dans le regard bleu nuit du mystérieux garçon. Il faisait une bonne tête de plus que lui, ce qui l'obligea à incliner le visage vers l'arrière. Théo ne le lâcha pas tout de suite. Il le garda collé à lui une bonne minute.
Un peu plus loin, Blaise les regardait comme s'ils étaient des extra-terrestres. Il avait la mâchoire grande ouverte et les yeux écarquillés au maximum.
-Théo, laisse-moi respirer, se plaignit le plus petit de tous.
Le plus grand s'éloigna de lui à regret. Il garda ses yeux fixés sur lui. Il le dévorait du regard, le déshabillait de ses orbes sombres. Cela rendait Seamus vaguement mal à l'aise. Il n'avait jamais été contemplé ainsi. Tout était nouveau et étrange.
-Seam?, fit la voix de son coloc.
Blaise avait fermé la bouche, mais ses yeux étaient toujours grands ouverts.
-Tu as un petit-ami?
Aussitôt, l'Irlandais se redressa.
-Non, ce n'est pas…
-Oui!, s'exclama Théo d'un ton victorieux. Il est à moi pour toujours. Nous allons nous marier!
-Non, nia immédiatement le châtain. Il raconte n'importe quoi. Ce n'est pas vrai. Je ne veux pas mettre de robe.
-Je vais mettre la robe, je te dis.
-Quand même, je ne veux pas me marier.
-Pourquoi? Nous nous connaissons et je t'aime.
-Ce n'est pas suffisant. Moi, je ne suis pas amoureux de toi.
Blaise suivait leur échange, toujours aussi abasourdi. Il ne clignait même plus des yeux.
-Je te l'ai déjà dit, je ne veux pas. N'essaie plus de me convaincre, s'il te plaît.
-Mais… dit Théo. Je croyais que tu aimais qu'on se fasse des câlins et tout et tout.
-Ça n'a rien à voir avec le mariage.
-Mais si, contra le plus grand en fronçant les sourcils.
Il avait l'air de chercher sérieusement à comprendre ce que Seamus lui expliquait.
-On peut se marier et se faire des câlins…
-Et on peut se faire des câlins sans se marier. Je te dis que je ne veux pas, gronda le châtain. Dis-lui, Blaise, que je ne veux pas. Il ne veut pas m'entendre.
-Je veux t'entendre. J'arrête, promis, je ne te demande plus jamais en mariage. C'est fini.
-Merci, sourit doucement Seamus.
Théo se mit à rougir en baissant les yeux. Tout penaud, il demanda :
-Est-ce que je peux quand même te faire des câlins?
-Oui, rougit Seamus, à son tour.
L'autre semblait réellement soulagé. Il fit un pas vers l'Irlandais en ouvrant les bras d'un geste plein d'affection, mais fut bloqué dans son élan par un Blaise paniqué.
-Bordel de merde!, s'écria-t-il. Qu'est-ce qui se passe ici? Seam, c'est qui ce type?
Seamus s'empressa de répondre :
-C'est Théo.
-Théodore Nott, compléta le plus grand des trois avec sérieux.
Blaise les regarda tour à tour. Il avait l'air d'avoir avalé quelque chose de travers.
-Depuis quand vous fréquentez-vous?, continua le mulâtre en tentant d'ignorer les regards langoureux que Théo lançait à Seamus.
-Depuis un certain temps, répondit l'Irlandais, en faisant de petits sourires gênés à son vis-à-vis.
Blaise était sur le point de perdre connaissance. Il n'arrivait pas à reprendre ses esprits, tellement la scène à laquelle il était en train d'assister était étrange. Il ne pouvait pas croire que son mignon petit coloc tout vierge soit en train de flirter devant lui. C'était impossible! Il connaissait Seamus mieux que quiconque. Ce mec ne comprenait pas les relations amoureuses. Il ne pouvait pas comprendre. C'était comme essayer d'expliquer à un chiot comment faire pipi dans la toilette. C'était stupide et ça n'avait aucun sens!
-Viens, Seam, nous avons des choses à faire.
Son coloc se tourna vers lui et fit son petit air de chien battu. Hein?
-Est-ce que Théo peut venir avec nous?
Depuis quand Seamus faisaient-il les yeux doux pour un mec? Putain, qu'est-ce qu'il lui était arrivé? Il était forcément tombé sur la tête.
-Non, trancha Blaise. Tu verras ton ami plus tard. Pour le moment, nous devons aller faire l'épicerie rien que tous les deux.
Le châtain sembla hautement déçu, mais il ne chercha pas à argumenter. Il fit des tatas à Théo et il suivit son coloc, qui marchait déjà dans la direction de supermarché.
Seamus le rattrapa. Il trotta joyeusement à côté de lui pendant quelques secondes de silence, puis il lança :
-Alors? Tu le trouves comment, Théo? Il est gentil, hein?
-Hm, dit Blaise.
-C'est quelqu'un qui aime donner beaucoup d'affection. C'est pour ça qu'il me fait souvent des câlins. Il est grand, n'est-ce pas? Mais pas autant que le concierge de l'immeuble. Lui, il est vraiment très, très grand! Mais Théo est beaucoup plus beau.
Le mulâtre tourna brusquement la tête dans sa direction. Seamus venait-il tout juste de dire qu'un type était beau? Ce devait être un rêve. Pitié, que c'en soit un!
-Il te plaît?, se risqua-t-il à demander.
L'Irlandais prit quelques instants pour y réfléchir très sérieusement, puis il dit d'un ton amusé :
-Oui, je crois.
0oOo0
Lorsqu'Harry débarqua dans le salon, en revenant du boulot, il faillit faire une crise cardiaque en découvrant Sirius affalé sur le sofa. Ça faisait tellement longtemps qu'il ne l'avait pas vu qu'il en avait presque oublié son existence. Et pourtant, il était là, ses cheveux noirs et ondulants étalés tout autour de son beau visage. Il avait les yeux fermés et le revers de la main droite était posée sur son front.
Harry supposa qu'il dormait. Il retira ses chaussures et se débarrassa de sa veste en laine grise. D'un pas de loup, il prit la direction de la cuisine dans l'intention de manger un peu, mais la voix froide et tranchante de son parrain l'arrêta immédiatement.
-Salut, Harry.
Sa gorge devait être sèche, parce que la voix était beaucoup plus rauque que d'habitude. Harry se tourna dans sa direction et l'observa avec curiosité. Sirius semblait être dans un très mauvais état. Sa peau était particulièrement pâle et ses tempes étaient mouillées de sueur. Il respirait fortement et avec difficulté, comme quelqu'un qui vient de passer à deux doigts de la noyade.
-Tu me boudes?, fit Sirius et ouvrant difficilement les yeux.
Ses iris bleus brillaient comme jamais, contrastant avec le reste de son corps.
-Qu'est-ce que tu as?, demanda son filleul. Tu te sens bien?
Le plus vieux des deux se redressa tout doucement et il s'appuya contre le dossier du sofa.
-Oui et non, avoua-t-il. J'ai arrêté de boire.
Ah oui, ça expliquait bien des choses. Sirius était clairement en état de manque. Harry n'osa pas faire de commentaire. Intérieurement, il se sentait partagé entre le soulagement de la nouvelle et la peur de la réaction du corps de son parrain à cette privation.
-Ça fait une semaine que je n'ai pas touché à une seule goutte d'alcool. Je ne bourrai plus jamais.
Harry chercha à cacher sa surprise. Il n'aurait jamais cru Sirius capable d'une telle résolution. Mais il ne put s'empêcher de se demander ce que son parrain avait pu faire durant ce mois qu'il avait passé sans revenir à la maison.
-Harry, aide-moi.
Ça ressemblait à une supplication. Le jeune Potter fut complètement pris au dépourvu. Il n'avait jamais vu son parrain aussi vulnérable. Qu'est-ce qui l'avait mis dans cet état?
-Ça va?, répéta-t-il. Il t'est arrivé quelque chose?
Harry fit plusieurs pas dans sa direction.
Un sourire fleurit sur les lèvres sèches de Sirius. Il pencha légèrement la tête sur le côté, comme perdu dans ses pensées.
-Oui, finit-il par murmurer. Il m'est arrivé la chose.
Hein? Qu'est-ce que c'était que ça? Harry se pencha un peu à l'avant et tendit l'oreille. Le sourire de Sirius s'élargit. Il semblait presque sincère.
-Je suis tombé amoureux.
Harry Potter fut si surprit qu'il passa à deux doigts de tomber à la renverse. Il examina la créature étrange qui lui servait de protecteur. Ben voyons! Sirius Black était l'homme à femmes le plus indépendant de tous les temps. Il ne s'attachait jamais et s'ennuyait vite avec ses partenaires. De toute façon, personne n'était capable de le supporter. Et il pouvait se permettre de faire son difficile sur la marchandise…
-Quoi?, chuchota Harry.
-Je suis amoureux.
Il rit un peu.
-D'un homme.
HEIN?
-Depuis que j'ai 12 ans.
QUOI?
-Et je viens tout juste de m'en rendre compte.
Il perdit instantanément son beau sourire. Il avait l'air perdu au possible et ses yeux rougit le trahissaient. Il avait pleuré
-Je suis un monstre, laissa-t-il échapper. Tout ce temps, j'ai été un vrai salaud. Je ne voyais pas l'évidence, je ne voulais pas la voir. Je préférais nier et haïr plutôt qu'accepter et aimer. C'est tellement plus facile de mépriser, Harry, c'est tellement plus simple. Si tu savais comme je voudrais retourner en arrière et me donner un bon coup sur la tête. Dire que ça m'a pris tout ce temps pour l'admettre.
Il laissa échapper un sanglot déchirant. Harry était figé, là, debout comme un con. Il ne pouvait plus respirer. Il n'avait jamais vu son parrain dans un tel état. Qui avait fait ça?
-Ce n'est pas le fait que ce soit un homme, c'est juste… Je ne pouvais pas consentir au fait que j'éprouvais quelque chose d'aussi fort et d'aussi vrai pour lui. J'étais jeune et tellement fier. J'avais une vision de moi-même et je refusais de m'en défaire. J'étais tellement abruti.
Il plongea alors ses yeux dans ceux de son filleul. Comme ça, sans avertissement. Harry sentait une boule se former dans son ventre.
-Ne fais pas la même erreur. Je t'en supplie, Harry. James et Lilly ont voulu que je prenne soin de toi. Ils m'ont fait confiance. Je ne sais pas ce qu'ils ont fumé pour croire que je pouvais t'aider d'une quelconque manière, mais ils ont pris ce risque. S'il te plaît, pour moi et pour eux, tu ne dois pas faire cette erreur. Ne passe pas à côté de toute ta vie comme je l'ai fait. C'est trop ridicule…
Harry ne savait pas quoi répondre à ça. Il voulait partir très loin, il ne voulait plus avoir à soutenir le regard bleu et mélancolique de Sirius.
-Je ne vois pas de quoi tu veux parler, réussit-il à articuler.
Aussitôt, les sourcils de son parrain se froncèrent et il serra les dents en affichant un air menaçant empreint de colère. Il était furax.
-Encore le déni, cria-t-il en se levant pour aller se poster droit devant Harry.
Sa voix résonna comme une sentence.
-Tu vas souffrir, tu vas regretter et tu vas vouloir revenir en arrière, comme moi. Ça ne sert à rien de tout nier en bloc. Tu sais très bien de qui je parle et tu sais très bien quels sont tes sentiments pour lui. Ouvre un peu les yeux et regarde la vérité en face. Je t'avertis, Harry, tu devrais m'écouter tant que tu le peux. Pour le moment, tu crois que tu as toute la vie devant toi pour y réfléchir, mais ce n'est pas le cas. Il va finir par s'éloigner, il va se trouver quelqu'un d'autre de plus dégourdi que toi, et ce jour-là, ce sera trop tard. N'attends pas, fonce, profite de ta chance. Profite du fait qu'il est tout près de toi pour l'attraper et le garder pour toujours! Qu'est-ce qui te bloque, à part ton orgueil mal placé et tes préjugés?
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
Ce fut la goutte qui fit déborder le vase.
-HARRY POTTER, TU ES ENCORE PLUS CON QUE JE LE PENSAIS. Tu le dévores des yeux à tous les jours et tu crois que je ne l'ai pas remarqué? Tu crois que lui, ne l'a pas remarqué? Depuis le début, tu l'admires comme s'il était la plus belle chose sur cette planète et je ne sais pas ce qui est arrivé dans le dernier mois, mais je peux te parier tout ce que j'ai que c'est devenu encore pire. Tu as du mal à détacher tes yeux des siens, hein? Alors, mon petit Harry, comment va ta vie sexuelle? Quoi? Tu n'y arrive plus? Il y a quelque chose qui cloche? Dis-moi, est-ce que tu en es arrivé au stade où tu te questionnes sérieusement sur ton orientation sexuelle? Arrête de chercher, triple imbécile, ce n'est pas aussi simple. Tu crois vraiment que déterminer si tu es gay bi ou hétéro va changer quoi que ce soit à ce que tu ressens pour ce garçon?
-Je ne suis pas gay.
-Non, Harry, effectivement, tu n'es pas gay. Pourquoi le serais-tu? QUELLE IMPORTANCE ÇA A, EN FIN DE COMPTE? Qu'est-ce que ça va changer à la situation? Tu n'es pas attiré par un sexe, Harry, mais par un individu, une personne. Par cette personne. J'espère que tu vas arriver à l'accepter bientôt, parce qu'il ne va pas toujours être là, à ta disposition. S'est-il déjà lassé de toi?
Harry repensa à tous les mecs que Malfoy ramenait à la maison, l'obligeant à sortir durant des heures et même à coucher chez Hermione. Il grimaça.
-Oui, hein?, dit Sirius d'une voix douce. Il doit s'être dit que tu étais trop bouché et que tu n'en valais pas vraiment la peine. Peut-être que j'arrive trop tard, au final.
0oOo0
Harry avait une nouvelle addiction. Il mangeait des cœurs à la cannelle. Vous savez, ces petites sucreries rouges en forme de cœur d'amoureux qu'on retrouve un peu partout dans les commerces au moment de la Saint-Valentin. Eh bien désormais, Harry ne se nourrissait plus que de cela. Ce n'était pas vraiment une question de goût, mais plutôt de mélancolie.
Il faisait presque la compétition à Sirius, qui, la plupart du temps, pleurait eu dormait tout seul dans le salon. Harry ne savait pas le fond de l'histoire. Tout ce qu'il avait pu extirper à son parrain était le discourt enflammé qu'il lui avait servi quelques jours plus tôt. Depuis, il était devenu muet comme une taupe.
Malfoy commençait sérieusement à déprimer, lorsqu'il était à la maison, à force de les voir tous les deux avec leur air maussade et leurs yeux bouffis.
Les résultats scolaires d'Harry en pâtissaient, évidemment, et il devait se forcer à se lever pour aller travailler. Tous les matins, Malfoy débarquait dans sa chambre et le tirait hors de son lit, parce que s'il ne faisait pas cela, Harry restait couché toute la journée. Il se sentait tellement sale et fatigué…
Malfoy sortait de plus en plus, à la place de faire venir ses amants à l'appartement, parce qu'il ne voulait pas montrer à ses conquêtes les deux cadavres qui erraient dans le salons et dans la chambre.
Quand il n'y avait plus personne dans toute la maison, Harry pouvait aller dormir dans le lit de son coloc, histoire de se remonter un peu le moral, mais ça avait plutôt l'effet opposé. Il se sentait bien sur le coup, mais en sortant de sous les draps, il avait la nausée et la culpabilité le faisait vomir. Ça ne l'empêchait pas de revenir.
Une fois, Sirius l'avait surpris sous les draps de Malfoy, en train de sentir ses vêtements, mais il n'avait rien dit. Il l'avait observé d'un air triste et il était sorti de la chambre pour aller dans la cuisine.
C'était la plus longue déprime de toute la vie d'Harry. Même chez les Dursley, il n'avait jamais été aussi triste. Aujourd'hui, il n'avait rien pour le consoler. Il était la cause de son propre problème. Il savait que ce qu'avait dit Sirius était vrai. Mais comment l'accepter? Il aimait… Malfoy?
C'était impossible! Il était attiré par lui, mais il n'en était certainement pas amoureux. C'était ridicule! Qui pouvait aimer un type pareil? Aussi capricieux et superficiel…
Harry haïssait sa vie. Il ne voulait plus de cette existence. Il ne voulait plus avoir à souffrir comme un con à cause de son coloc pédé. Ce n'était pas lui, ça. C'était quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui ne lui ressemblait même pas. Il n'avait jamais été comme ça. Il était ridicule. Sirius avait raison. Il était complètement con. Il essayait encore de se convaincre qu'il ne ressentait rien pour Malfoy.
Évidemment, qu'il était fou de ce mec! Comment ne l'aurait-il pas été? Qui ne l'aurait pas été? Il était tellement beau et arrogant et intelligent et... Il cuisinait mieux que tous les grands chefs du monde réunis et il sentait meilleur que toutes les nanas de l'univers entier! Ce type était tellement excitant qu'il pouvait le faire bander peu importe ce qu'il faisait. Ce n'était pas juste physique. On ne peut pas faire ça uniquement lorsqu'on est beau. Malfoy avait tout. Il était Parfait. Parfait avec une grand «P».
Et Harry le savait, désormais. Il en avait parfaitement conscience et il l'acceptait (enfin… presque). Il était dingue amoureux de lui.
C'était juste trop fou de l'admettre. Et ça le consolait un peu. Il savait ce qu'il lui arrivait. Il savait pourquoi son corps était aussi bizarre. Il demandait Malfoy. Il demandait Draco.
Harry rêvait de l'appeler Draco. C'était un prénom parfait pour lui. À la fois mignon et aristocrate.
Draco…
Harry ouvrit brusquement les yeux. Il était couché dans son lit, comme d'habitude. La porte d'entrée venait de s'ouvrir et de se refermer. Malfoy était entré dans l'appart. Un sourire complètement con fleurit aussitôt sur ses lèvres. Il l'entendit marcher jusqu'à la cuisine, se servir un verre d'eau du robinet et partir vers le salon.
Malfoy marchait très légèrement. Il ne faisait pas beaucoup de bruit en se dépassant. Ses pieds devaient être doux et lisses. Harry adorait les mains de son coloc, et il n'avait de cesse de s'imaginer ses pieds. Il voulait les baiser. Il avait envie de les caresser. Bodel, il devenait fou.
Et qu'est-ce qu'il s'en foutait, là, tout de suite…
Les pas de Malfoy continuèrent de le mener d'un bout à l'autre de la maison, puis ils s'arrêtèrent devant la porte de la chambre d'Harry. Il cogna.
-Eh… Potter?
-Oui, fit-il d'une toute petite voix.
La porte fut ouverte et Malfoy passa la tête dans la pièce.
-Je te dérange?, demanda-t-il.
Harry fit «non» de la tête. Son coloc laissa paraître un sourire discret.
-Je te trouve déprimé, ces temps-ci, remarqua-t-il.
Le jeune Potter ne répondit pas. Il savait que son état n'avait rien de mystérieux.
-Je me suis dit, rougit un peu Malfoy. Ehm… Eh bien quand j'ai été désespéré, tu t'es occupé de moi, alors si tu veux…
Harry était déjà debout. Il fixait son coloc avec convoitise.
-Je suis prêt.
Malfoy rit un peu. Son beau visage était rose et joyeux.
-Viens-là, dit-il plus sérieusement, en ouvrant les bras pour inviter Harry à s'approcher.
Alors?
Un com? Un avis? Une impression?
J'ai peur, je crois que je vais me tuer?
Dîtes-moi ce que vous en pensez, j'ai besoin de savoir.
