Si la ville semblait grouiller dans la journée, maintenant elle bourdonnait. Les policiers avaient enfin émergé de leur hibernation, et on en voyait à chaque coin de rue. Le maire jouissait de faire une telle démonstration de la puissance de ses forces. Maintenant, les habitant avaient peur. Ils restaient terré au fond de leur maison ou dans leur bureau. La rue Pitch Black – comme toutes les autres – était vide, les Wonderlanders hurlaient dans les cellules au sous-sol. Seule la zone Sud restait relativement active au niveau délinquance. Mais ça les administrés ne s'en préoccupaient pas. Tout ce qu'il leur importait, c'était que ces putains de Matryoshkas restent dans leur cabane rouge, sur leur territoire. Sagement.

Mais c'était déjà trop demander.

Gumi frissonna en sentant à nouveau l'odeur alléchante des pancakes. Une personne qui ne devait pas être là devait faire sa petite cuisine matinale. La verte se redressa violemment dans son lit. Quoi ?

« C'est moi Gumi ! l'appela une voix en bas, je suis rentrée dans la nuit. »

Gumi soupira, soulagée. Ce n'était que Miku, ce qui était normal puisque c'était sa maison. La jeune fille se laissa glisser par terre sur le tapis couleur taupe. Pour attraper ses chaussons sous le lit. Elle se leva, s'imaginait très bien avec une tête terrible ; ses cheveux partaient dans tous les sens et sa frange ne ressemblait plus à rien. Elle tira le rideau qui isolait la mezzanine du reste de la maison, et se prit une déferlante de lumière. La baie vitrée du salon était juste en face d'elle, et la verte mourut avec un gémissement, accroupie par terre. Miku tendit la tête hors de la cuisine pour voir ce qu'il se passait. Aprés un moment, Gumi trouva la force de se lever et de descendre.

« Comment ça ce fait que …

- Un ordre a été donné comme quoi tout le monde devait rester chez lui, n'héberger personne, tout ça en plus du couvre-feu. »

En s'asseyant à la table de la cuisine, Gumi lança un regard suspicieux à Miku.

« Ne t'inquiète pas, personne ne sait que tu dors ici à part les Kagamine. On devra faire plus attention.

- Surtout avec ton père. » et Gumi mordit dans une fourchette où elle avait piqué une des crêpes typiques d'Amérique.

Miku, jusque là tournée vers les fourneaux, fit pivoter sa tête à 90° pour la regarder par-dessus son épaule. Vivre avec la fille aux cheveux verts était un mélange explosif, en à peine deux jours elle avait découvert beaucoup d'elle ; qui les rendait si différentes. Miku mangeait peu, Gumi ne faisait que ça. Miku était insomniaque, Gumi dormait comme une marmotte. Miku était une élève studieuse, Gumi jouait sur la facilité. Même quand elles étaient côte à côte leurs cheveux formaient un feu d'artifices improbable. Pendant qu'elles déjeunaient, Miku ne put s'empêcher de lui faire part de ses observations sur ces traits de caractère un peu lascif.

« C'est le moratoire d'une cigale, lui répondit Gumi.

- Hein ?

- Il fait froid, en ce moment. Même si les températures sont altérées par rapport à la Terre, on arrive à avoir un hiver et un été. Les cigales dorment tout l'hiver, et en été elles chantent.

- Et à la fin de l'été ?

- Elles meurent. »

L'idole aux cheveux bleus se tut. Elle ne demanda pas plus, elle savait bien que son amie s'exprimait peu, et avec une certaine froideur pleine de mystère. Elle espérait juste qu'elle se trompait.

Sur le chemin menant au lycée, Miku semblait d'une bonne humeur massacrante, alors que Gumi était soucieuse. La Panda Hero sondait les rues. Elle ressentait la peur des habitants, une certaine tension palpable, alors que les policiers patrouillaient sans cesse. Gumi fixa leurs armes à leur hanche. Le compte à rebours était définitivement lancé ; les secondes s'écouleraient désormais très rapidement. Elle déglutit en entendant Miku chantonner, mais un sourire vint très vite se dessiner sur son visage lorsqu'elle pensa au perspective du Tournoi. Ce sera un véritable massacre.

Il suffisait qu'elle ne se fasse pas arrêter.

Ses appréhensions redoublèrent lorsqu'elle vit les quatre policiers plantés devant le grillage du lycée, l'air grave. Eux, ce n'étaient pas des élèves. Ichigo lui avait expliqué hier soir qu'ils surveillaient beaucoup plus les lycées, puisqu'il était clair que la plupart des Matryoshkas étaient des adolescents. Jusque là, aucune arrestation n'était à déplorer. Les deux filles passèrent la grille sans encombre.

« Bwaaaah, c'est flippant tout ces policiers ! » gémit Rin en s'étirant.

Derrière elle, son frère tapa sur sa chaise, et désigna par la porte de leur classe ouverte l'homme en uniforme bleu qui se tenait dans le couloir. La jeune fille blonde fit une moue désolée, et pivota sur sa chaise pour s'étaler sur le bureau de Len. Ils se mirent à discuter à voix basse, riant régulièrement. À leur gauche Gumi les fixait pensivement, réfléchissant aux paroles de Kaito. Elle s'était décidée à mener une enquête sur eux. Partant de rien, elle commença en tapotant sur son portable pour accéder à la liste des élèves qu'elle avait téléchargé en début d'année. Jusqu'au début du cours elle mémorisa consciencieusement les informations des jumeaux Kagamine. Elle ne savait pas comme s'y prendre, mais elle devait le faire. Aussitôt après la première heure de cours, pendant les 5 minutes de pause, elle se rua à nouveau sur son portable. Parce que la Panda Hero était aussi à elle-même un virus électronique. Quelques minutes plus tard, un sourire s'étirait sur son visage. Si bien qu'elle goba le cours de maths sans moufter.

Ce fut à 10 heures qu'elle agit vraiment. Son temps d'action s'étant élargis de 10 bonnes minutes, elle esquiva habilement Miku et tout les nouveaux colleurs pour se jeter sur Ichigo. Comme habituellement, ils s'éloignèrent du côté du stade, vers le local. Ichigo semblait d'une humeur maussade.

« Gakupo m'a chopé ce matin, pour m'interroger … - Gumi le fixa avec de grands yeux - Il ne m'a rien dis explicitement, mais m'a demandé de me tenir à carreaux.

- Il va nous emmerder, lui. » Elle tira sa jupe pour s'asseoir dans l'herbe sans la froisser. Ichigo la rejoignit après.

« Tu voulais me parler de quoi ?

- À propos de Rin et Len Kagamine.

- Ah ! Je ne vais pas pouvoir t'aider, je ne les connais pas.

- Je suis sûre que si. Surtout le garçon. »

Il la dévisagea un moment, comme si elle était un insecte agaçant qu'il aimerait écraser.

« Te demander tes raisons serait inutile, j'imagine ?

- Exactement. Et inutile aussi de me raconter des sornettes.

- Tu t'es déjà renseignée ?

- Sur Len. Je sais qu'il a été en prison. »

Elle lui laissa le temps d'un nouveau silence avant qu'il ne soupire, et commence à lui raconter ce qu'il savait. Len avait été emprisonné il y a quatre ans, alors qu'il était encore jeunot, pour violence et propos déplacés à personne de rang. La justice de Babylon ne pardonne pas, même pour un gosse de 12 ans. Il n'y resta que quelques mois, la personne concernée retira sa plainte. Il avait insulté une descendante de la célèbre princesse Riliane de Lucifenia, qui est la chouchoute du gouvernement. Et cette personne n'était autre que Rin Kagamine. À l'époque, il semblerait qu'ils ne savaient pas encore qu'ils étaient frère et sœur.

«Lui faisait partis des Wonderlanders à ce moment…

- Et il les a quitté ?

- Je ne sais pas. Sûrement. »

Gumi resta pensive. Quelque chose la titillait. Un détail qui la frustrait. Un quelque chose qu'elle ne pouvait pas définir …

« J'ai pu t'aider ?

- Non. Mais ça ne fait rien … »

Son regard se perdit au loin, vers la barrière de la ville renforcée au pastel. Une princesse et un prisonnier, voilà une histoire tragique et romantique à souhait. L'autre se levait, lorsqu'elle se rappela de quelque chose.

« Hey, Ichigo !

- Pourquoi tu ne m'appellerais pas Hashiya, à force ?

- D'accord … Hashiya, tu retires tes piercings quand tu vas au lycée ?

- Hein ? Ah, oui. Ils sont interdis … »

Il fit un geste obscène en direction du lycée. Elle lui sourit, et la cloche sonna. Après qu'il lui ait affectivement frappé l'épaule, ils se séparèrent en se pressant.

Gumi n'eut pas un temps de répit, déjà devait-elle se préparer mentalement à son rendez-vous avec le professeur Shion. Encore une fois, perdue dans ses pensées et dans les événements futurs, elle observa du coin de l'œil les jumeaux Kagamine. « Pourquoi tout le monde me regarde ? » sifflait Len à sa sœur, « Y'a un problème ? ». Rin l'amadouait : « Ils ne te veulent pas de mal … », « J'comprends rien. L'amour, l'affection, j'y connais rien. Peu m'importe. J'm'en fous. » et elle soupira. Len avait un tic. Ou un toc, plutôt. Toc qu'elle n'avait jamais observé sur lui, mais qu'elle était sûre avoir déjà remarqué quelque part d'autre. Il se frottait inconsciemment les poignets. Comme si les menottes l'emprisonnaient toujours.

Lorsque midi sonna, Miku agrippa Gumi en espérant l'obliger à manger avec elle, mais la verte fut dans l'obligation de l'envoyer balader. Gentiment. Plus ou moins. Elle la laissa quitter la salle de classe, avant d'aller s'informer au professeur présent de la classe de Kaito Shion. Il fut d'abord réticent, avant que Gumi ne lui ferme le caquet en assurant qu'elle avait un rendez-vous. Il était en salle de musique. Ce qui était étrangement étonnant pour le responsable du club de chant. La Panda Hero grimpa alors les deux étages au pas de course. C'était parfait, les couloirs étaient vides. Elle eut juste un temps d'hésitation lorsqu'elle tira la porte coulissante, et découvrit une salle plongée dans le noir ; les rideaux étaient tirés. Deux têtes se tournèrent vers elle : une bleue et une rouge. Gumi déglutit en reconnaissant la très appréciée Meiko. Les deux professeurs étaient assis face à face à la même table, et ils semblaient penchés comme s'ils conversaient à voix basse.

« Excusez-moi, je vous dérange …

- Non, ne t'inquiète pas. Rentre vite. »

La jeune fille aux cheveux verts s'exécuta mais elle regretta bien vite. Un noir presque total s'abattit sur la petite pièce, où seule perçait quelques raies de lumière fade entre les rideaux. Mais surtout, les deux professeurs – qui lui faisaient maintenant face – étaient effrayants. Dans l'obscurité leurs yeux luisaient, comme deux petites leds allumées. Un frisson lui parcourut l'échine. Une atmosphère de mort régnait dans l'air.

« Tu vois, nous jouons franc-jeu avec toi.

- Vous n'êtes pas humains …

- Non, continua Meiko, nous sommes des Rākshasas. Des démons hindous de sous-catégorie qui prennent possession des gens pour les rendre fous et les tuer.

- Ça c'est sûr, c'est franc. » marmonna Gumi en s'avançant de quelques pas dans la salle. Elle allait être franche elle aussi, et ses yeux et ses cheveux virèrent au rose. En restant ainsi debout, son sac à la main, elle leur faisait comprendre qu'elle ne comptait pas rester une éternité.

« Panda Hero, lança Meiko avec décision, mon partenaire t'a donné un coup de main par rapport à tes deux camarades - d'un regard elle lui fit comprendre qu'elle devra mener le reste de l'enquête seule -, donc, en échange nous aimerions connaître tes agissements.

- Quoi que tu nous dises, continua Kaito, nous ne nous monterons pas contre toi, mais nous voulons t'aider. Être un soutiens quelconque … Alors dis-nous, que sais-tu de Babylon, et que lui réserves-tu !? »

Cette fois Gumi ne pût retenir un grand sourire. Même mieux, elle pouffa, tête baissée.

« C'est très simple, en fait … »

Du coin de l'œil, Miku observa Gumi se presser de vider son casier pour aller au terrain de baseball. L'idole avait l'air frustré, ses gestes étaient vifs, et son regard noir. Une fois son sac chargé sur l'épaule, elle s'approcha de la fenêtre, qui donnait une large vue sur les terrains de sport. En bas, Gumi courrait pour rattraper son amie Luka, qui marchait aux côtés de son prof. Miku serra l'anse de son sac.

« Traîtresse. »

Ses yeux bleus aux reflets jaunes orangés et roses étaient remplis de haine, et ils fusillaient le dos de la jeune fille aux cheveux roses. Sans s'en rendre compte, sa colère crépitait dans l'air.

« Miku ! »

Elle sursauta, et se tourna vers Rin et Len. Ils lui firent signe de venir. Elle soupira, réussit à sourire, et quitta la salle.

Kaito Shion les accueillit dans la salle de musique, mais il avait l'air absent. En s'asseyant devant son pupitre, Miku regardait encre dehors. Le soleil de fin de journée descendait lentement, commençant à projeter son arc-en-ciel de lumières sur les pastels. Après son accès de colère, Miku se sentait étonnement vide.

Seul un imperceptible étau lui enserrait le cœur …

Gumi, bouteille d'eau à la main, s'approcha de Luka, qui était assise sur son bac habituel. Son regard était perdu dans le vide, ou plutôt vers un certain groupe d'athlétisme … Gumi lui passa la main devant le visage pour la ramener sur Terre.

« Oh, sursauta la rose, tu es là depuis longtemps ?

- Depuis assez longtemps pour remarquer que tu dévores les garçons des yeux … Attends, c'est pas Hashiya là-bas !? »

Luka gonfla les joues face au ton narquois de son amie, et lui frappa l'épaule. Gumi rit.

« Tu l'appelles Hasiya ?

- Il me l'a demandé. »

Silence … Gumi but une gorgée d'eau, puis se mit à observer le ciel. Elle rassemblait son courage, lentement …

« … Luka ?

- Mmh, oui ?

- Est-ce que tu te rappelles, je t'ai dis que quelqu'un t'avait soigné pendant ta convalescence ….

- Ah, oui !

- C'est grâce à cette personne que tu es en vie. - elle se lève - J'ai une petite idée sur cette personne …. »

Elle se tourna vers Luka, qui la dévisageait d'un regard emplis d'appréhension, d'impatience, de curiosité, et même un peu de peur. Gumi tendit le poing, et son amie ouvrit la main.

« Je l'ai trouvé dans la baraque quand j'ai dû déménager. »

Un objet tomba dans le creux de la paume de Luka lorsque Gumi desserra le poing. Un objet brillant, petit, si bien que la rose dû se baisser pour voir ce que c'était. À première vue on aurait dis une boucle d'oreille, mais après une observation plus assidue on pouvait comprendre que ce n'était pas fait pour les oreilles. C'était un piercing pour les lèvres.

Luka l'observa longuement ; quand elle relava la tête, elle avait les larmes aux yeux. Gumi lui lança un sourire en commençant à repartir vers son terrain.

« Maintenant c'est à toi de jouer ! » conclut-elle en lui faisant un « V » des doigts.

À la fin des cours, alors qu'elle sortait du lycée, Gumi vit que Miku l'attendait devant les grilles. La Panda Hero se sentit comme soulagée de voir que son amie aux cheveux bleus ne lui en voulait pas pour ce midi, et qu'elle avait pensé à l'attendre à la sortie. C'était idiot, puisqu'elles vivaient désormais sous le même toit, mais Gumi paniquait à l'idée de rester seule dehors avec tout les policiers. Elle n'avais pas peur des policiers en eux-même, mais elle avait peur de l'arrestation.

L'ambiance lourde qui régnait en ville les imprégna si profondément qu'elles se turent. Dans tout leur être elles sentaient que la situation devenait incontrôlable. La ville commençait à pourrir de l'intérieur. Un vieux fruit périmé …

« Je sais ! s'exclama soudainement Miku, on va se faire une vraie soirée de fille, en pyjamas avec des chips, du chocolat, de la glace, et un bon film ! On va discuter de tout et de rien, mais on va oublier tout ça ! On se mettra dans ma chambre, et on rendra le toit transparent pour voir les étoiles !

- Les nuages de pollution nous empêchent de voir le ciel.

- Aah, ne sois pas pessimiste. Avec une chance on aura une éclaircie. »

Mais Gumi lui avait fait un petit sourire en coin pour lui faire comprendre qu'elle blaguait. L'idole, feignant d'être vexée, la poussa. Elles se mirent à rire. Et leur rire emplit les rues piétonnes vides.

Luka finit de grimper en haut d'une pile de pneus avant de s'asseoir. Par manque de sommeil, elle était passée par la déchetterie pour errer dans le cimetière des pneus. Elle prit une grande inspiration de l'odeur âcre ambiante de la zone Sud, avant d'expirer longuement. Une rafale de vent la cueillit, et elle frissonna. L'air était devenu frais la nuit. Enfin, frais au niveau de Babylon, c'est à dire 20°C. Elle se recroquevilla, ramenant ses jambes contre elle. L'air est saturé de pollution, la présence proche de la déchetterie rend la respiration difficile, l'odeur est insoutenable, le froid en devient mordant. Mais Luka, en haut de sa pile de pneus, regardait le ciel piqué d'étoiles …

Le ciel brillait de mille feux, de toutes ces petites princesse qui brûlaient loin dans le système solaire.

Les filles ont fait comme elles l'avaient dis : elles se sont goinfrées de nourriture trop salée qui leur brûlait les lèvres, ou trop sucrée qui leur niquait les dents, discutant des garçons au lycée, de Kaito, des cours. Puis Miku a fouillé dans sno frigo et a sortis des bières, avant de traîner Gumi avec elle dans la chambre au premier étage. C'était une grande chambre, avec un plafond haut, qui disposait de sa propre salle-be-bain, et de son propre mini-salon. Une chambre trop grande … Elles ont déconné en buvant les bières, assises dans le lit, par terre, dans les fauteuils, regardant à moitié le film qu'elles avaient lancé, puis, commençant à être épuisées, elles se sont allongées dans le lit - qui était même trop grand pour deux personnes. Et Miku avait « ouvert » le toit, montrant les étoiles. Elles étaient restées silencieuse un bon moment, l'une à côté de l'autre.

Miku finit par rompre l'immobilité générale en roulant du côté de Gumi. Sa tête retomba contre son ventre, et la verte sursauta, sortie de sa rêverie. Son amie l'avait attrapé par la taille, et se serrait contre elle, roulée en boule. Elle avait inconsciemment passé les bras sous son débardeur/pyjama, et Gumi se retrouva avec le ventre à l'air. Les bras de Miku étaient froids, et sa peau avait une odeur sucrée … Hésitante, elle tapota la tête de la bleue :

« Miku …

- Tais-toi, ou je te tuerais. »

La verte se figea net, les yeux grands ouverts. Son amie était à moitié endormie ou était-elle sérieuse ? Gumi tenta de bouger, mais Miku resserra son étreinte.

« As-tu retrouvé la procession du Daïmyo ?

- Hein ?

- Dis, Gumi, tu me seras fidèle ? »

L'intéressée piqua aussitôt un fard, et balbutia trois syllabes incompréhensibles. Elle voulut repousser Miku un peu plus fort en poussant sa tête, mais elle lui attrapa le poignet. L'idole se redressa, plongea ses grands yeux bleus dans ceux de Gumi. Avec la lueur des étoiles, ils brillaient de toutes les couleurs. Gumi déglutit en voyant son air sérieux, trop sérieux pour une personne à moité endormie. Lentement, le visage de Miku se rapprocha, mais la Panda Hero était captivée par ses yeux.

« Tu me seras fidèle ? » répéta-t-elle.

Leurs visages, leurs lèvres, n'étaient qu'à quelques millimètres l'un de l'autre. Il suffirait qu'une des deux s'approche… Miku soupira, un long soupir où sonnait le désespoir et qui était à fendre l'âme. Elle relâcha le poignet de Gumi, et retomba lourdement sur son ventre ; Gumi crût d'abord qu'elle s'était endormie d'un seul coup, mais lorsqu'elle se redressa elle sentit que Miku lui avait embrassé le ventre. La verte cria de surprise cette fois, et poussa définitivement son amie. L'idole roula, se retourna, puis ne bougea plus.

Elle s'était endormie.