Salut, tout le monde !

Je suis désolée d'avoir été absente si longtemps. J'étais très occupée. Disons en gros que j'ai eu des problèmes au travail et que j'ai dû me battre pour arranger ça et ne pas me faire virer.

Mais j'ai réussi !

Et donc, me revoici, avec la suite de cette histoire. Ah, c'est bon d'écrire, j'avais pas fait ça depuis plus d'une semaine, tant j'étais rongée par l'inquiétude et les problèmes.

Merci à Orellia, Luna dans les Etoiles et SilentLyoness pour leurs reviews. Et merci à SilentLyoness d'avoir mis ma fic en Alert.

Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.

Bonne lecture et joyeuses Pâques !

Traductions de l'elfique dans ce texte :

Boe ammen veriad lîn : Nous avons besoin de votre protection.

Tevenyel : Je vous déteste.

Hannon le : Merci.


Il est temps de partir !

Il faisait anormalement chaud.

Miriel était cernée par les flammes. Elle ne comprenait rien à ce qui lui arrivait. Elle se trouvait dans un village ravagé par un incendie. Les montagnes alentour étaient recouvertes par l'obscurité de la nuit, donnant à cet endroit une atmosphère infernale.

Miriel baissa les yeux et vit que des hommes et des femmes gisaient par terre, baignant dans leur sang. Certains corps brûlaient. Ceux qui n'avaient pas encore été touchés par les flammes montraient des marques d'épée. On les avait tués avec une lame.

La jeune fille aperçut soudain quelqu'un un peu plus loin devant elle. En voyant sa longue chevelure argentée, la jeune fille sentit son cœur se gonfler d'espoir.

"Sephiroth !" cria la jeune fille.

Comme s'il l'avait entendu, l'interpelé leva la tête. Miriel fit quelques pas vers lui, quand un détail l'arrêta. Il tenait Masamune à la main. Elle était dégoulinante de sang. Et lorsque son propriétaire leva la tête vers la jeune fille, celle-ci vit qu'il arborait un air froid et cruel qu'elle ne lui avait encore jamais vu. Ses yeux brillaient d'une lueur surnaturelle, comme s'il était possédé.

Perplexe, Miriel regarda son père d'adoption lui tourner le dos puis disparaître dans les flammes et l'obscurité.

La jeune fille réalisa soudain que le feu avait gagné du terrain et l'entourait de toutes parts, maintenant. Elle devait sortir de là ou elle allait brûler vive !

Elle se mit à tousser. L'air se faisait rare. Soudain, les flammes devant elle se dressèrent vers le ciel et prirent la forme d'un grand œil menaçant.

"Je te l'ai déjà dit… Tu ne peux pas te cacher !" dit la voix désincarnée de Sauron.

"NON !" cria Miriel en tendant les bras devant elle.

"Miriel ? Miriel ! MIRIEL ! Revenez à vous !" cria une voix.

La jeune fille ouvrit les yeux et vit deux yeux bleu clair qui la regardaient.

L'elfe mit quelques secondes à réaliser qu'elle était toujours dans sa cellule. Mais la porte était ouverte, un garde se tenait là, un trousseau de clefs à la main. Et Legolas était auprès de la jeune fille. Il la tenait aux bras et avait l'air inquiet.

"Vous avez fait un cauchemar", dit le prince.

Miriel ouvrit la bouche pour parler, mais seul un sanglot en sortit. Tremblante de peur, elle se blottit sans réfléchir dans les bras du prince. Ce dernier répondit à son étreinte. Tout en s'asseyant sur le banc de pierre, il berça la jeune fille dans ses bras. Celle-ci pleurait et s'agrippait à sa tunique. Le prince entrouvrit les lèvres et entonna, à voix très basse, un chant elfique destiné à l'apaiser. Cela fit bientôt effet. Miriel finit par se calmer et resta un moment pelotonnée contre son ami, puisant du réconfort dans sa présence.

"Merci", dit-elle.

"Vous voulez me parler de votre rêve ?" dit le prince.

"Oui, mais… J'ai terriblement soif !"

"Je comprends. Ne bougez pas, je reviens avec de l'eau."

"Je ne risque pas de bouger. Je vous rappelle que je suis prisonnière. D'ailleurs, comment êtes-vous entré ?"

"Le garde vous a entendu crier. Je n'étais pas loin, aussi je suis vite venu et lui ai ordonné d'ouvrir pour essayer de vous aider."

Miriel regarda le prince avec étonnement. Il devait vraiment être attaché à elle pour avoir fait ça.

"Merci", lui dit-elle avec un sourire ému.

Legolas répondit à son sourire, puis s'éloigna. Le garde referma la porte. Le claquement sombre des barreaux fit s'éteindre le sourire de Miriel. La jeune fille se rassit sur le banc et réfléchit. Ce rêve lui avait semblé incroyablement réel.

Pourtant, elle n'avait pas fait de rêve sur son père adoptif depuis longtemps. Qu'est-ce que cela signifiait ? Était-ce un tour de Sauron pour l'affaiblir mentalement ?

Elle soupira. Peu importait cela, en fin de compte. Orphin et les soldats de la Lothlorien étaient partis il y a deux jours, forcés de rejoindre leur royaume pour aider les soldats qui subissaient des attaques de plus en plus fréquentes d'Orques. La jeune fille aurait aimé les rejoindre et les aider.

Elle sursauta lorsque la porte de sa prison se rouvrit. Legolas revenait déjà avec de l'eau ? Elle vit qu'il n'y avait que deux gardes.

"Le roi veut vous parler. Suivez-nous", dit l'un d'eux.

Acquiesçant, Miriel se leva et monta les escaliers avec eux. Elle crut qu'ils la conduisaient à la salle du trône pour être jugée. Au lieu de quoi, ils la menèrent vers un couloir où se trouvaient de nombreuses portes, avant d'emprunter l'une d'elles. Celle-ci débouchait sur un escalier qui descendait vers une salle souterraine.

L'endroit était d'une beauté incroyable. Les lanternes accrochées au plafond diffusaient une faible lumière qui faisait étinceler les cristaux incrustés dans les murs et les stalactites.

Des clapotis se faisaient entendre lorsque de l'eau tombait des stalactites pour tomber dans l'eau de grands bassins d'eau naturels, émettant des notes cristallines qui résonnaient en écho.

"Cette salle s'appelle la Grotte des Cristaux. Je viens ici lorsque je souhaite méditer ou débattre de problèmes difficiles à résoudre", dit Thranduil.

Poussant un cri de surprise, Miriel se retourna. Le roi se tenait près d'un des bassins. Il avait remis sa tunique de roi argentée et sa couronne. Les ombres projetées par les colonnes de pierre et les lampes lui donnaient l'air plus sombre et mystérieux. Les nombreuses bagues qu'il portait aux doigts et la broche d'or et d'argent sur sa poitrine brillaient dans le noir. Dans cet univers de roche, de cristaux et d'obscurité, il semblait à sa place : un être froid, au cœur dur comme la pierre, avide de cristaux et de pierres rares.

D'un geste, le roi congédia les gardes. Miriel sentit l'inquiétude l'envahir. Elle aurait préféré qu'ils restent.

"J'ai appris de nombreuses choses sur vous après notre première entrevue, Melmadiriel. Ainsi, vous avez vécu isolée dans un autre monde pendant quelques années, alors qu'un Âge s'est écoulé pour nous tous, ici…"

Miriel serra les poings. Il avait donc entendu les choses qu'elle racontait à Legolas lorsqu'elle était en cellule. Cela ne lui plaisait pas. Elle avait partagé ses secrets avec son ami, pas avec ce roi froid et arrogant, à la politique isolationniste.

"Je dois dire que vous m'intriguez, Miriel. Vous n'êtes peut-être pas comme vos ancêtres, après tout…" dit le roi en la regardant attentivement.

Miriel se fit violence pour ne pas répondre. La dernière fois, son insolence lui avait coûté cher. Et elle sentait que le roi n'avait pas fini de parler.

"Que vous a-t-on raconté sur votre famille, à votre retour en Lothlorien ?" demanda le roi.

"… La dame Galadriel et le seigneur Celeborn m'ont dit qu'après avoir été capturé par Sauron et emmené en Mordor, mon père s'est fait torturer. Le Seigneur Ténébreux voulait connaître l'emplacement des anneaux elfiques, mais il n'a rien pu obtenir de lui. Il est mort peu après."

Thranduil hocha la tête. Malgré l'obscurité, Miriel vit ses lèvres s'étirer en un léger sourire qui n'augurait rien de bon.

"L'on ne vous a pas tout dit, princesse d'Eregion. En tant que membre de la garde de la Lothlorien, je suppose que vous êtes au courant du retour de Sauron ?"

"Oui…"

"L'Anneau Unique a été retrouvé."

Miriel hocha la tête. Ça, elle s'en serait doutée. Les visions qu'elle avait depuis quelques mois le confirmaient. L'œil de Sauron la narguait dans ses rêves, mais lorsqu'il ne s'en prenait pas à elle, l'esprit de la jeune fille ne pouvait s'empêcher de l'espionner, alors qu'il sondait la Terre du Milieu de son regarda brûlant, à la recherche de son précieux anneau.

"Et votre sort est intimement lié à l'Unique", dit le roi.

Miriel haussa un sourcil.

"Je sais que vous portez à votre doigt l'un des anneaux de pouvoir. Votre père n'en a pas forgé trois mais quatre pour les elfes."

La jeune fille fit la moue. Elle revit le visage de son père, alors qu'il lui parlait pour la dernière fois.

Celebrimbor sortit alors un anneau de la poche de sa tunique. Il prit la petite main de l'enfant et lui passa le bijou au doigt.

"Ne l'enlève jamais de ta main, Meldamiriel. Tant que tu le porteras, il y aura de l'espoir."

Puis il prit la petite tête de l'enfant entre ses mains et déposa un baiser sur son front. Impuissante, Miriel le regarda sortir du bureau.

"Je suis prêt à oublier notre altercation et à vous laisser circuler librement dans mon royaume si vous acceptez de m'aider à libérer mon royaume de l'Ombre", dit Thranduil.

Revenant brusquement à la réalité, Miriel leva les yeux vers le roi.

"Je ne suis pas aussi puissante que Galadriel ou le seigneur Elrond, monseigneur. Je ne peux rien faire pour vous, je regrette."

Le roi hocha la tête, mais il n'affichait pas un air convaincu.

"Vous ne pouvez pas… ou vous ne voulez pas ? Votre cœur reste attaché à cet autre monde, Gaïa."

Miriel baissa les yeux. Inutile de le nier, elle n'avait jamais réussi à oublier le monde où elle avait vécu les six plus belles années de sa vie malgré l'horreur des laboratoires.

"Vous ne pouvez y retourner. Pourquoi vous accrocher à des chimères quand il n'y a plus d'espoir ?" dit le roi.

"Il y a encore de l'espoir !" dit Miriel, d'une voix tremblante.

Thranduil passa devant elle et s'approcha d'un autre bassin.

"Quand bien même vous réussiriez à contrôler le pouvoir de votre anneau et à revenir sur Gaïa voir votre père d'adoption, vous seriez encore séparés, tous les deux."

L'elfe fronça des sourcils. De quoi parlait-il ?

"Si Sauron est vaincu, que votre pouvoir grandit et que vous retournez là-bas, vous devrez encore goûter à l'amertume de la mort. L'homme qui vous a élevée comme sa fille est humain. Un mortel. Il finira par mourir, et vous demeurerez seule dans un monde où nul ne pourra vous comprendre ni vous accepter pour ce que vous êtes : une elfe, une enfant de Varda. Seule et traquée par tout ce qui est lié aux ténèbres."

Il semblait soudain faire plus froid dans la caverne. Le bruit des gouttes d'eau sonnait creux et froid, comme le glas d'une cloche annonçant la mort de toutes choses.

Lentement, Thranduil se tourna vers Miriel. L'elfe n'avait pas bougé, mais ses beaux yeux bleus étaient embués. Des larmes coulaient le long de ses joues, et sa peau semblait briller d'une lueur aussi pâle que la lune dans un ciel sans étoiles.

"Miriel…" dit le roi d'une voix douce. "Il n'y a rien pour vous sur Gaïa, hormis la mort."

Comment pouvait-il dire ça ? Comment pouvait-il proférer de telles horreurs ? Les quelques espoirs qui avaient aidé Miriel à tenir le coup pendant toutes ces années sur Arda venaient de s'écrouler comme un château de cartes.

Lentement, le roi s'approcha d'elle et tendit la main pour effacer les traces de larmes de sa joue, mais la jeune fille eut un geste de recul.

"Miriel… Boe ammen veriad lîn", dit le roi.

Miriel fronça des sourcils. Malgré ses paroles, elle pouvait voir l'éclat de jubilation et d'avidité dans ses yeux. Ce n'était pas la protection de son anneau qu'il voulait pour son royaume. Il la voulait elle, pour ce qu'elle incarnait : une princesse du passé, descendante d'une longue lignée d'elfes magiciens et proches des Valars.

"Tevenyel !" cracha la jeune fille.

Toute trace de faux réconfort disparut du roi, tandis que la lueur froide dans ses yeux se changea en colère.

Insensible, Miriel se laissa mollement reconduire hors de la pièce, puis à travers les couloirs en direction des geôles.

Alors qu'ils commençaient à monter les escaliers, Miriel vit soudain quelque chose dégringoler les marches puis se briser devant elle. Elle réalisa que c'était une bouteille pleine d'un liquide rouge sang. Une puissante vapeur s'en dégagea au contact de l'air.

Les gardes la lâchèrent aussitôt et s'affaissèrent. Miriel sentit la torpeur la gagner, quand elle vit une forme floue dans son champ de vision. Puis elle sentit quelque chose d'humide et piquant sur son nez.

Lorsque sa vision redevint claire, elle vit qu'il s'agissait de Legolas, qui plaquait un mouchoir sur son nez. Le prince porta l'index à ses lèvres, puis l'entraîna vers un autre couloir.

Miriel n'y comprenait rien. Que faisait le prince ? Pourquoi avoir endormi les gardes ? Et où l'emmenait-il ?

Elle réalisa qu'ils s'éloignaient des couloirs habituellement fréquentés. En plus, le prince portait ses armes et sa sacoche. Arrivé près d'une porte, il s'arrêta et lui donna son chargement.

Puis il l'ouvrit et l'entraîna de l'autre côté avec lui. Ils arrivèrent dans les écuries.

"Il est minuit passé. À cette heure-ci, personne ne vient s'occuper des chevaux", dit le prince.

"Legolas… Qu'est-ce que vous faites ?"

"Je vous aide à vous enfuir, quelle question !"

Miriel sentit son cœur s'emballer.

"Mais si jamais votre père l'apprend…"

"Je me moque de ce que mon père peut dire. Vous n'avez rien à faire enfermée dans une de ses geôles, Miriel. Votre place est dehors, à aider nos alliés à combattre les Ténèbres."

Le prince la dévisagea un instant, puis tendit la main vers sa joue où subsistaient des traces de larmes.

"Et je n'aime pas vous voir souffrir ainsi…" dit-il.

Miriel déglutit avec peine, tant le ton du prince et le contact de sa main sur sa joue la troublaient. Ce n'était pas désagréable comme avec son père, mais c'était si… troublant ! Elle ferma les yeux et poussa sa joue contre sa main.

Soudain, un son de corne retentit, brisant net le charme. Les jeunes gens reculèrent chacun loin de l'autre. Le visage du prince se fit dur et froid.

"Vous devez y aller. J'ai déjà ouvert les portes. Vite !" dit-il en lui montrant le bout de l'allée des stalles.

Miriel hésita, puis fit quelques pas dans la direction indiquée, avant de brusquement faire demi-tour et s'approcher du prince. Elle se mit sur la pointe des pieds puis déposa un baiser sur sa joue.

"Hannon le", dit-elle.

Puis elle fit volte-face et se mit à courir vers le bout du couloir, où les portes étaient ouvertes. La jeune fille se mit à courir le long d'un sentier qui longeait la rivière. La chaîne de montagnes de Mirkwood se dressait sur sa gauche, et la rivière serpentait sur sa droite.

Des bruits de cornes, mais aussi des cris et des bruits d'armures se faisaient entendre, maintenant. La garde se mettait en branle, on la cherchait !

Elle aperçut bientôt du mouvement dans les buissons et les arbres. Les sentinelles postées dans les arbres alentour ! Ils l'avaient vue.

Miriel accéléra tandis que des sifflements de flèches retentirent.

Mais soudain, un groupe d'archers jaillit des buissons devant elle.

"HALTE !" crièrent-ils.

Miriel ne put qu'obtempérer. Son cœur se figea dans sa poitrine quand elle vit un elfe blond en armure noire fendre la barrière d'archers. Le roi ! Il avait vite réagi en apprenant sa fuite.

"Je ne pensais pas que vous essaieriez de vous enfuir aussi tôt, princesse Miriel", dit-il avec un sourire narquois.

"Laissez-moi partir ! Je vous en conjure", dit Miriel.

Thranduil fit "non" de la tête.

"Il est trop tard pour me supplier, princesse. Maintenant, rentrez sans faire d'histoire", dit-il en tendant la main.

Soudain, un bruit de sabots retentit dans le dos de la jeune fille.

"MIRIEL !"

Celle-ci se retourna et vit qu'un cheval blanc fonçait vers elle, avec sur son dos un elfe ! Celui-ci lui saisit la main et la hissa derrière lui sans cesser de galoper.

Le cheval fendit la barrière d'elfes interloqués. Miriel leur jeta un bref regard avant de se tourner vers son sauveur.

"Accrochez-vous !" dit l'elfe.

"D'accord… Legolas !" dit la jeune fille avec un éclat de rire dans la voix.

Le prince serra brièvement les mains de la jeune fille autour de sa taille puis prit les rênes à deux mains.

Bientôt, le bruit des sabots d'autres chevaux se fit entendre.

Miriel tourna la tête et vit que plusieurs cavaliers, menés par le roi sur un élan, les poursuivaient à travers le sentier de la forêt.

"Il faut se hâter !" dit la jeune fille.

"Je sais !"

Les arbres défilaient à toute vitesse autour d'eux. Le cheval se donnait au maximum, mais Miriel et Legolas pouvaient entendre le bruit de leurs poursuivaient qui s'intensifiait dans leur dos.

"Ils vont finir par nous rattraper !" dit Miriel.

Legolas jeta un bref regard en arrière avant de talonner sa monture et tirer sur la bride vers la droite. Le cheval bifurqua brusquement. Les arbres disparurent progressivement pour laisser la place à un paysage montagneux.

Une faille apparut soudain dans le sol devant eux, avec la forêt à l'autre bout.

"Legolas… Vous faites quoi, là ?" dit Miriel.

"Accrochez-vous…"

"Quoi ?!"

"Accrochez-vous !"

Le cheval s'élança du bord. Miriel sentit nettement le vide défiler sous eux, avant que soudain, l'impact violent du sol sous les pattes de l'animal se fasse à nouveau sentir.

Elle risqua un coup d'œil en arrière et vit que le roi et sa suite s'étaient arrêtés au bord du ravin.

Les jeunes gens continuèrent de galoper encore un moment, avant d'atteindre enfin la plaine. Là, ils ralentirent et reprirent la route à un pas plus calme.

"Legolas… Vous réalisez ce que vous avez fait ?"

"Je sais, oui."

"Votre père ne vous pardonnera pas."

"Peu importe. De toute façon, il voulait que je parte."

"Pour aller où ?"

"À Fondcombe. Un conseil doit s'y tenir. J'aurais dû partir il y a deux jours. Mais je ne pouvais me résoudre à vous laisser seule et prisonnière dans le royaume de mon père."

Miriel laissa sa tête tomber sur l'épaule du prince. Ils avaient réussi. Ils étaient sortis de Mirkwood.

À présent, ils étaient en route pour Fondcombe.