Nouveau chapitre !
Normalement à partir de maintenant je devrais pouvoir poster tous les 15 jours (plus ou moins un jour). En effet j'ai réussi à écrire le plus gros des chapitres suivants, il ne reste qu'à finaliser, retoucher certains passages.
Un peu plus d'action dans ce chapitre.
Bonne lecture.
Chapitre 10 :
« Il y a une nouvelle piste, un village à la sortie Nord de Godric's Hollow. Une maison en particulier a attiré notre attention. Il est difficile de l'approcher, encore plus d'y entrer et il y a toujours un sifflement, comme celui d'un serpent.
- Et quand on connaît le symbole de Salazar Serpentard…
- C'est plausible.
La réunion s'éternisait quand un homme s'était levé pour annoncer la dernière découverte. Et à ce moment l'attention générale s'était réveillée. Harry particulièrement :
- Vous pensez que ce pourrait être du Fourchelangue ?
- Ce n'est pas impossible. Les éclaireurs n'ont pas voulu s'en approcher plus. C'était sinistre selon eux.
- Il faudrait envoyer une équipe là-bas, dit Remus. Ils devront fouiller les lieux et être bien attentifs au moindre détail. Par contre il faudra prendre plus de précautions qu'avant. Si vraiment il y a un nouvel Horcruxe là-bas il ne faudrait pas qu'ils reviennent dans le même état que les autres.
- Des personnes fortes autant physiquement que mentalement, intervint Kingsley.
- J'irai.
Harry s'était levé, sa décision prise. Ras le bol d'être confiné dans cette maison.
- Hors de question ! répliqua aussitôt Severus.
Le Gryffondor se retourna vers son amant assis à côté de lui. Il s'y attendait mais ça lui faisait mal quand même. Il avait donc si peu confiance en lui ? Ou alors lui aussi voulait le garder bien à l'abri comme un objet d'art bien à l'abri dans sa vitrine ?
- Severus a raison Harry, dit Dumbledore. Tu ne peux partir comme ça. Cela comporte bien trop de risques.
- Il y aura toujours des risques quoi qu'on fasse. Et si c'est risqué pour moi, il en va de même pour tous ceux qui iront sur place. Je ne suis pas différent des autres.
- Tu dois rester ici, reprit le directeur. Tu es un sym… il est important que tout le monde sache que tu es ici. Sinon ils perdront courage. Ils doivent te voir ici.
Il avait voulu dire « symbole » mais un regard noir du professeur de potions l'avait coupé dans son élan. Plus question de parler de ça, cela ne ferait qu'augmenter le mal-être du Gryffondor.
- Au contraire, ils doivent me voir bouger, être avec eux, argumenta le jeune sorcier. Je ne suis pas leur supérieur. La plupart sont plus vieux et plus expérimentés que moi. Je suis d'accord de ne pas envoyer les enfants mais je suis adulte et totalement conscient de ce que je fais.
- Et que ferons-nous si tu disparais ou si tu te fais tuer ? demanda Mr Weasley. Il n'y aura plus personne pour s'opposer à notre ennemi.
- Seul lui peut me tuer alors aucun problème. Et je ne disparaitrais pas.
- Tu n'iras pas ! asséna Dumbledore.
- Vous avez besoin de moi cette fois !
- Et pourquoi donc ?
- Je suis le seul qui comprenne et parle le Fourchelangue.
Il n'y eut plus personne pour contester.
XXX
- Tu es sûr de toi ?
- Pour la centième fois, oui, je suis sûr !
- Tu peux encore changer d'avis.
- Sev… Je veux y aller et j'irai.
Harry était en train de préparer son sac contenant le strict minimum, au cas où, et essayait de ne pas s'énerver sur le Serpentard qui se tenait dans son dos. Il savait très bien que si celui-ci voulait le retenir ce n'était pas pour une histoire de symbole à deux Noises mais parce qu'il s'inquiétait. Cela partait d'une bonne intention. Pour cela qu'Harry se retenait.
- Je sens que je dois y aller. Je ne saurais pas comment te l'expliquer. Ce n'est pas tant à cause du Fourchelangue… Peut-être parce que ce n'est pas loin de Godric's Hollow… Je ne sais pas. Une intuition.
Il se retourna vers Snape :
- S'il te plait, ne m'en empêche pas.
Le ton était presque suppliant et les grands yeux verts semblaient l'implorer aussi. Severus se sentit fondre. C'était lâche d'utiliser de tels moyens de persuasion ! Totalement déloyal !
Et le pire c'est que ça marchait. Le Serpentard baissa la tête :
- Promets-moi que tu reviendras, murmura t-il.
- Je te le promets. Tu ne verras même pas que je serais parti. Et d'ici quelques heures tu pourras de nouveau me serrer contre toi.
Harry se rapprocha et l'embrassa. Ce fut d'abord doux puis il entrouvrit un peu les lèvres et Severus en profita pour prendre possession de la bouche de son aimé. Il rapprocha leurs deux corps et ses mains passèrent sous le tee-shirt noir. Il sentait le Sauveur se laisser aller et se dit que c'était gagné.
Mais dans un dernier sursaut Harry se détacha de lui :
- Non… Sinon je n'irai jamais.
- C'était le but.
Le jeune sorcier haussa les sourcils pour bien montrer qu'il s'en était largement douté. Il fit rapetisser son sac, le mit dans sa poche et embrassa une dernière fois son ainé avant de sortir, suivi de près par celui-ci.
Dans le hall il retrouva Ulrich et Spica, deux hommes plus âgés. Et deux femmes complétaient le groupe : Maïa et Amy. Harry était le dernier. Severus lui serra brièvement la main et alla se poster vers Remus qui attendait pour dire au revoir, comme d'autres. Il se posa droit comme un i, les bras croisés et le visage fermé.
- Sois prudent, dit le lycanthrope à son filleul.
Ce dernier acquiesça sans rien dire. Puis il se retourna vers son groupe et leur fit signe qu'ils pouvaient y aller.
Ils sortirent et transplanèrent.
Après plusieurs détours ils arrivèrent enfin devant une maison qui semblait délabrée. Les fenêtres n'avaient plus de verre, les murs anciennement bleus étaient recouverts de plantes et la peinture était même délavée par endroit. Le jardin, petit mais existant, était plus qu'anarchique. Le lieu n'était vraiment pas engageant. Le soleil était encore assez haut dans le ciel pourtant il semblait que l'obscurité n'était pas loin. Et il n'y avait aucun bruit. Pas même celui des oiseaux. Pourtant il y avait une grande forêt un peu plus loin.
Les membres du groupe ne purent empêcher un frisson de leur remonter dans le dos. Il ne faisait pas froid pourtant mais les tee-shirts paraissaient une mauvaise idée pour le coup.
- Bon, on va pas rester planté là, s'exclama Ulrich.
Sa voix claqua dans le silence ambiant. Ils se secouèrent et avancèrent jusqu'à la maison abandonnée. Harry eut un étrange pressentiment mais l'oublia. Hors de question de rebrousser chemin à présent. Il était bien trop libéré au fond de lui-même. Il se retourna brièvement en direction du Sud. C'était là qu'était Godric's Hollow, le village de son enfance. Il pouvait d'ailleurs voir quelques toits et cheminées au loin. Il n'y était jamais retourné et se dit que ce n'était pas correct. Pas qu'il se rappelle de quoi que ce soit mais c'était là que ses parents l'avaient protégé au péril de leur vie et là sûrement qu'ils l'auraient élevé si la guerre n'avait pas eu lieu. Peut-être qu'il y avait leur tombe d'ailleurs. Harry n'avait jamais pensé à poser la question. Remus devait savoir.
Puis il se rappela que c'était là aussi qu'était enterré le père de Voldemort, du moins selon ses dires. Le Sauveur s'en voulut de ne pas y avoir pensé plus tôt. Après tout c'était un endroit parfait pour une cachette d'âme. Le Seigneur Noir détestait son moldu de paternel mais quelle meilleure vengeance que de mettre un objet de pure magie noire près de là où il avait vécu. Enfin c'était là qu'il était revenu à la vie trois ans auparavant. Autre symbole important. Le Gryffondor se flagella mentalement de ne pas y avoir pensé plus tôt. Il se promit que s'ils ne trouvaient rien dans la maison, il irait faire un tour dans le village. Autant faire d'un chaudron deux mesures.
A quelques mètres de la maison ils entendirent le sifflement. C'était d'abord diffus puis le son amplifia. Mais effectivement ça entourait toute la bâtisse. Tous se tournèrent vers Harry pour en comprendre le sens :
- C'est bien du fourchelangue. « Danger », traduisit le Sauveur. Et « approchez » aussi. Puis « objet caché ». Encore « Approchez ». « Venez ». « Odeur » je crois. C'est assez confus. Les mots se suivent, se chevauchent. C'est comme si plusieurs voix parlaient en même temps.
D'ailleurs ça lui donnait mal à la tête. Une douleur lancinante qui lui traversait le front et rebondissait dans tout son crâne. Maïa se rapprocha de lui :
- Tout va bien ? Tu es pâle ?
- Oui… oui c'est bon.
Mais elle resta tout de même à côté du Gryffondor. Après plusieurs sorts lancés sur la bâtisse et qui en permirent l'accès, Ulrich poussa le petit portillon qui menait au jardin. A peine avait-il ouvert que le portail tomba au sol, s'étalant en menus morceaux.
- Ça commence bien…
Ils enjambèrent les bouts de bois éparpillés et, baguette en main, avancèrent groupés. Le jardin ne relevait rien d'intéressant ni de dangereux. Ils en eurent vite fait le tour. La boite aux lettres près de l'entrée vacillait sur un piquet en bois rongé par les vers et n'indiquait aucun nom. Spica se plaça en tête et attendit que tout le monde soit prêt et en ligne derrière lui avant de passer la porte principale. Quelques sorts jetés à l'entrée ne révélèrent rien du tout. Il n'y avait aucun être humain en tout cas. Ou pas vivant.
- On va se séparer pour couvrir plus de surface, dit Ulrich.
- Es-tu sûr que c'est une bonne idée ? demanda Amy. C'est dangereux.
- La maison n'est pas très grande, nous ne seront pas loin les uns des autres. Le premier qui trouve quelque chose ne touche à rien et appelle les autres. On ne prend pas de risques, on fouille juste. Et ne perdez surtout pas votre baguette !
Harry les laissa en discuter sans intervenir. Il ne voulait pas diriger. Même s'il voyait que tout le monde attendait son avis ou du moins son approbation. Si vraiment il devait parler il aurait été d'accord avec la proposition d'Ulrich. Il n'était pas nécessaire de rester collés. Cela ne ferait que les gêner. Il n'avait pas envie de trainer.
Amy finit par se résigner à obéir. Elle se dirigea d'un pas rapide vers le salon situé directement sur la gauche, baguette à hauteur de visage. Spica prit la droite avec la cuisine et la buanderie.
Harry alla à l'étage supérieur, suivi de près par Maïa. L'escalier en bois grinçait sous leurs pieds et de la poussière s'échappait des marches. Le bruit n'était pas engageant mais les deux sorciers firent abstraction. Ils se séparèrent une fois en haut pour inspecter les différentes chambres. Le Gryffondor regarda dans tous les coins, ouvrit les armoires, lança des dizaines de sorts différents, passa sous le lit qui menaçait de s'effondrer et en ressortit les cheveux gris de poussière. Rien. De même dans les autres pièces. Quand ils revinrent dans le couloir, Maïa fit signe qu'elle n'avait rien vu non plus.
- Je crois qu'il y a un grenier, dit Harry en levant les yeux comme s'il pouvait le voir.
Mais il n'eut pas le temps de chercher une entrée qu'un cri retentit du rez-de-chaussée.
Ils se précipitèrent jusque dans la salle à manger où ils retrouvèrent les autres. Amy était au sol, les yeux exorbités et le bras tendu pour désigner le coin de la pièce totalement vide.
- Là… Y'a… Y'a un truc… Y'a une chose qui a bougé.
- Attends, tu nous as fais peur juste ça ? grommela Spica
- C'était… Je ne sais pas mais c'est pas normal. Ça semblait gros et luisant. Puis il y avait encore ce sifflement mais plus fort.
- Les mots, intervint Harry. Les mots ont changé ! Maintenant ça dit « tout près », « Si près », « cachette », « silence ». Je n'avais pas fait attention, je n'écoutais plus trop. C'est peut-être l'âme de Voldemort dans l'Horcruxe qui nous parle.
- L'âme qui… parle ? s'étonna Ulrich. C'est glauque comme idée.
Harry acquiesça, ne voulant pas s'étendre sur le sujet. Il en avait déjà fait les frais et ne souhaitait pas recommencer.
- Vous n'avez rien trouvé là-haut ? demanda Spica.
- Rien que de la poussière et des toiles d'araignée. Mais Potter dit qu'il y a un grenier.
- Ça vaut le coup d'aller jeter un coup d'œil.
Amy se releva et épousseta ses vêtements, l'air maussade. Elle suivit le groupe ensuite. La poussière se soulevait sous leurs pieds et flottait doucement dans la lumière.
Harry marchait sans vraiment regarder. Il se concentrait sur la voix en fourchelangue qui s'estompait un peu à présent.
Arrivés à l'étage ils fouillèrent de nouveau toutes les pièces, le nez au plafond et jetèrent plusieurs sorts pour trouver un escalier.
- Par ici.
Tous rejoignirent Spica qui était dans la salle de bain.
- Drôle d'endroit pour accéder au grenier, fut surpris Harry.
Pourtant un escalier apparaissait doucement, marche par marche depuis le plafond jusqu'à la baignoire, d'ailleurs immense.
- Le sifflement est plus fort là-haut, fit remarquer le Sauveur.
- Soyez prudents alors.
Ils montèrent doucement, attentifs au moindre son. Le grenier était vraiment grand et encombré. Il y avait beaucoup de meubles recouverts d'un drap, des objets qui s'entassaient. Tous les souvenirs d'une vie. Et une colonie d'araignées s'y était établie.
- Il n'y a rien ici, conclut Ulrich au bout de quelques minutes.
- Aucune trace d'un objet suspect ou dégageant une aura noire.
- Alors d'où vient ce sifflement ? Et pourquoi serait-il ici si ça ne voulait rien dire ?
- Peut-être avec un Accio…
- Ça ne marcherait pas, dit Spica. Vous vous rappelez, ils nous ont dit que les sorts ne marchaient pas sur un tel objet. On a bien vu qu'il était impossible à détruire. Alors je ne vois pas pourquoi les sorts basiques seraient plus efficaces.
- Condamnés à mettre les mains dans les toiles d'araignée ! ironisa Amy.
Quelque chose ne collait pas. Harry secouait la tête dans tous les sens. Il avait l'impression de passer à côté de quelque chose. Il devait y avoir un truc.
La voix inquiète d'Amy le tira de ses pensées :
- Où est Maïa ?
En effet la jeune femme brune avait disparu. Pourtant il n'y avait pas énormément de planques dans la pièce.
- Maïa ? Maïa ?
Harry se précipita vers le dernier endroit où il l'avait vu, Spica sur ses talons. Ils finirent pas trouver la sorcière étendue au sol, face contre terre, la main tendue vers sa baguette jetée quelques centimètres à peine plus loin.
- Mais qu'est-ce que…
Harry vérifia tout d'abord qu'elle était en vie. Elle semblait tout simplement évanouie. Le Gryffondor laissa échapper un soupir de soulagement. Par contre elle était vraiment pâle et ce n'était pas rassurant. Il allait se retourner pour parler à son compagnon quand un mouvement attira son attention sur la droite. Il serra la main sur sa baguette, rassuré de sentir le bois sous ses doigts.
Il y avait quelque chose qui se rapprochait. « Vite, vite » disait le sifflement. Mais était-ce pour l'inciter à venir ou un ordre à fuir ?
Harry allait bouger, informer les autres de ce qui se passait mais n'en eut pas le temps. Ses réflexes prirent le dessus et à peine avait-il conjuré un bouclier qu'un énorme serpent s'écrasait dessus. Il était gigantesque et paraissait encore plus grand enroulé sur lui-même comme il était. Le reptile se reprit en quelques secondes et se remit en position pour attaquer.
Le sorcier entendit les autres arriver derrière lui cependant il ne quitta pas la bestiole des yeux. Hors de question de lui laisser une chance d'approcher.
- Par Merlin, c'est quoi cette créature ? demanda Amy.
- Un simple serpent, répondit Harry.
- De cette taille ? Ça existe ?
- Faut croire.
L'animal les regardait tous à tour de rôle comme s'il choisissait sa future proie. Cependant ses yeux restaient plus longtemps sur Harry.
- Essaye de reculer lentement, conseilla Spica.
- Mauvaise idée, reprit Ulrich. Au moindre mouvement il attaque.
Ils étaient totalement inutiles. Harry était dans leur ligne de mire et agenouillé devant Maïa. Attaquer ou lancer le moindre sort était le risque de toucher aussi leurs compagnons. Trop risqué.
- Partez, ordonna Harry.
- Hors de question de te laisser là, dit net Amy.
- Il faut que vous emmeniez Maïa dehors. Elle a besoin de soin.
- On part tous ensemble.
Harry pesta entre ses dents.
Puis tout s'enchaina très vite. Le serpent s'était propulsé en avant, la gueule ouverte. Harry le renvoya contre le mur d'en face, se releva et se mit à courir en direction de la bête, laissant la place aux autres de récupérer Maïa et de partir. Ce que fit Amy et Spica mais Ulrich alla se placer aux côtés du Gryffondor
- Un petit coup de main ?
- Pas de refus.
Le serpent revint à la charge, sa queue fouettant l'air et ses crocs sortis. A présent l'animal semblait éviter les sorts. Ou du moins ils n'avaient que peu d'effets sur lui. Il fit chuter Harry en lui entourant la jambe dans ses anneaux et serra pour tenter de la broyer. Il aurait réussi sans Ulrich qui lança un sort cuisant.
Rendu fou par la douleur le serpent attaqua avec plus d'acharnement. Il semblait être partout à la fois. Et avec tous les objets ou meubles de la pièce il avait largement de quoi se planquer malgré sa taille imposante. Le Sauveur n'avait pas le temps de se relever. Il ne faisait qu'esquiver et tentait de répliquer.
- Attention ! hurla Ulrich. Derrière toi !
Harry vit son compagnon se précipiter vers lui, baguette tendue en avant, et sentit au même moment quelque chose s'enfoncer dans son bras. Puis une sensation de brûlure intense le prit et s'étendit à son corps entier. Il avait été mordu. Quelques secondes d'inattention avaient suffi. Le serpent était passé juste à côté de ses jambes et avait discrètement et rapidement remonté la tête.
La douleur lui fit venir les larmes aux yeux. C'était comme si sa tête était en train de se déchirer en deux au niveau de sa cicatrice. Il lui semblait que l'animal était heureux. Il parlait de « trophée » et avait un sifflement qui ressemblait à un rire.
Puis ce fut le noir total et Harry s'écroula.
XXX
- Arrête de tourner en rond, tu me rends malade !
Remus essayait désespérément de calmer un Severus au bord de la crise d'angoisse.
- Ils auraient déjà du revenir depuis longtemps. Ce n'est pas normal.
- Que veux-tu qu'il lui arrive ? Il n'est pas tout seul, ils vont dans une maison abandonnée qui a déjà été plus ou moins vérifiée, ils sont en groupe et Harry est bien assez puissant pour se débrouiller.
- Je sais tout ça ! Mais ça ne m'empêche pas d'être inquiet !
Le lycanthrope poussa un profond soupir. Il avait encore eu de la chance, il avait réussi à empêcher le brun d'aller directement chercher Harry. Pas sûr que le Gryffondor aurait apprécié ce manque de confiance. Bien que ce ne soit pas ça du tout. Car c'était bien la confiance qui faisait rester Severus ici.
- Puis, rajouta l'ancien professeur, tu sais que les Malfoys font tout pour que la sortie ne soit pas connue de notre ennemi. Ils ne savent même pas que nous cherchons les Horcruxes.
- Lupin, tes efforts sont louables je le reconnais. Cependant cela ne m'aide absolument pas.
A la base plusieurs membres de l'Ordre devaient faire des recherches sur d'autres lieux qui pouvaient servir de refuge. Juste au cas où celui-ci ne serait plus viable. Après tout la dernière fois un espion avait failli rentrer, si Severus n'était pas intervenu à temps. Mais comme Snape n'écoutait absolument pas ce qui était dit, Remus l'avait pris à part et avait tenté de s'expliquer avec lui. Puis voyant que son collège était incapable de se concentrer il avait laissé les autres se débrouiller et emmené le Serpentard dans une autre pièce. Ils y étaient depuis une demi-heure à présent.
- Severus, arrête-toi ! Tu me donnes vraiment le tournis !
Etonnement il obéit et se posa contre un mur. Le monde autour de Remus put enfin redevenir stable. La pleine lune était dans deux jours et il sentait déjà suffisamment mal comme ça. Et puis lui aussi était inquiet même s'il ne le montrait pas tant. Mais il avait confiance dans les capacités de son filleul. Ce n'était qu'une question de minutes avant qu'ils ne reviennent tous sain et sauf.
A ce moment quelqu'un passa la tête dans la pièce :
- Le groupe de Potter est de retour.
Puis il partit. Remus avait à peine relevé la tête que Severus était déjà sorti de la pièce, sa cape noire claquant dans son dos. Ce qui amusa le lycanthrope c'est qu'il savait qu'une fois en présence d'Harry il serait impassible et ne laisserait rien paraître. Sûrement même qu'il resterait à distance. Et si l'adolescent était blessé alors il s'approcherait et jouerait son rôle de soigneur. Rien de plus. Les effusions seraient pour le privé. Et Harry ne saurait jamais dans quel état était son amant durant son absence. Peut-être que Remus lui dirait un jour. Histoire d'embêter son ancien collègue.
Les deux hommes parcoururent ensemble le long couloir et descendirent rapidement les escaliers, rejoints en chemin par Kingsley, Mr et Mme Weasley ainsi qu'Hermione. Par contre ils restèrent interdits un instant en arrivant dans le hall.
Il n'y avait que Maïa et Spica. La jeune femme soutenait son compagnon qui était vraiment dans un piteux état. Du sang gouttait sur le sol et son visage était méconnaissable. Maïa n'était pas vraiment mieux. Pâle et tremblante de tout ses membres. L'effort était bien trop intense pour elle.
- Où est Harry ? demanda sèchement Severus en se rapprochant.
- Je… Je…
Maïa était à la limite de s'évanouir. Deux aurors se portèrent à ses côtés et récupérèrent Spica pour l'emmener se faire soigner. La sœur du sorcier leur emboita le pas.
Remus fit apparaître une chaise et fit s'asseoir Maïa :
- Je suis désolé de vous demander ça maintenant. Je sais que ça a du être dur pour vous mais il faut que l'on sache ce que sont devenus les autres. C'est important.
La sorcière acquiesça et reprit plusieurs fois sa respiration pour trouver un semblant de force. Ses mains étaient serrées sur ses vêtements.
- Je… La maison était vide. Harry a trouvé le grenier… Puis c'était noir. J'ai eu mal vraiment. Il y avait une bête là-bas… Quelque chose… de mal. Des cris. Beaucoup. Je ne pouvais pas bouger. Quand je suis revenue à moi, Spica s'approchait. J'ai… je suis venue ici directement. Il fallait vous prévenir.
Elle avait vraiment du mal à parler. Remus n'insista pas et fit signe à deux personnes de l'emmener à son tour.
- Alors ? demanda Kingsley.
- Elle ne nous dira rien de plus. Elle a été mordue.
- Mordue ? Comment ça ? Par quoi ? s'inquiéta Mme Weasley.
- En regardant les traces je dirais un vampire ou un serpent. Au niveau du poignet. Et son état est du à une perte de sang ou un empoisonnement. Pomfresh nous en dira certainement plus dans peu de temps.
- Et les autres ?
- Elle n'en sait rien. Je pense qu'il faudrait qu'on y aille.
- Bien, conclut Kingsley. Nous y allons tous les deux maintenant.
- Je viens avec vous.
Sans surprise Severus était décidé à aller sur les lieux. Aussi têtu que son amant.
Les trois hommes transplanèrent.
Ils parcoururent plusieurs places avant d'atterrir devant la maison abandonnée. Le lieu semblait paisible. Severus allait se précipiter à l'intérieur mais Remus le retint par l'épaule :
- Attends. Ça peut être dangereux.
- Merci mais je peux encore me débrouiller seul. J'ai survécu chez le Seigneur Noir, c'est pas ici que je vais être effrayé.
Il était vraiment énervé, à la limite de la fureur. L'ancien auror en chef allait répliquer mais Remus lui fit signe que ça ne servait à rien. Après tout, tous les trois étaient parfaitement capables de se défendre devant n'importe quelle situation.
Ils suivirent Severus au rez-de-chaussée puis au premier étage. Ils durent chercher un moment, l'escalier ayant disparu.
- Salle de bain, annonça Remus.
Les deux sorciers le rejoignirent.
Quand ils montèrent ils tombèrent directement sur un capharnaüm indescriptible. Le sol était encombré et il était très difficile de marcher. Ils inspectèrent les lieux pour tenter de comprendre ce qui s'était passé.
- Ce devait être un serpent, dit Severus. Il a une trainée dans la poussière de ce côté. Puis cela devient flou.
- Ils ont dut se battre.
- La bête était énorme à en juger par les dégâts. Et la bataille devait être serrée. Selon ses dires Maïa ne s'est pas battue. Donc elle s'est fait mordre de suite. Les autres ont dû la trouver. Puis ils se sont sûrement défendus. Au moins un peu, au vu du désordre ici. Des objets ont été cassés et trainent au sol.
- Et ensuite ils sont redescendus, compléta Remus. Je sens leurs odeurs, teintées de peur et de précipitation. Puis du sang aussi. Il y en a des traces au sol.
- Ils ne peuvent pas s'être cachés au premier étage, on les aurait vus en cherchant le grenier, dit Kingsley.
- Cherchons au rez-de-chaussée. Je ne vois que ça.
L'auror descendit le premier, suivi par Remus. Mais Severus resta encore un instant au grenier. Il s'en voulait d'avoir cédé face à Harry. Maintenant ils ne savaient pas où il était. Il aurait pu être blessé, mourant ou même déjà mort.
Le potionniste se secoua la tête. Il ne devait pas être défaitiste. Il fallait croire qu'Harry allait bien et qu'ils le retrouveraient d'ici quelques instants. Ils rentreraient tous et tout irait bien. Puis cette guerre n'allait pas tarder à se terminer et la vie pourra redevenir normale. Severus s'accrochait à cette pensée et se la répétait comme un mantra.
Un peu moins les nerfs à vif, Severus redescendit, tous ses sens en alerte. Il retrouva les deux autres sorciers dans le grand salon. Remus avait la tête un peu redressée et le nez au vent.
- Il y avait quelqu'un d'autre. Je… Je crois que je reconnais l'odeur.
- Et ?
Kinglsey avait l'air tendu lui aussi. Quelques secondes angoissantes s'égrenèrent tout doucement. Puis le lycanthrope blanchit.
- Des Mangemorts ! Il y a eu des mangemorts ici ! Et ils sont partis depuis peu. Nous avons du nous croiser à quelques secondes près.
Severus chancela et se laissa tomber sur un des gros fauteuils marron, soulevant un nuage de poussière. Son cœur avait cessé de battre, il en était presque certain. Son amant avait été pris par les mangemorts. Il ne pouvait rien lui arriver de pire. Jamais ils ne se reverraient. Des larmes lui picotèrent les yeux mais il les refoula. Hors de question de se montrer faible. Il aurait tout le temps une fois enfermé dans sa chambre.
Le noir n'était pas mieux. Il s'était adossé au mur et tentait de digérer la nouvelle. Et Remus allait s'effondrer à son tour mais quelque chose le fit se redresser :
- Attendez. Il n'y pas l'odeur de Harry. Il n'est pas venu dans cette pièce.
- Cela ne veut rien dire, dit tristement Severus. Les mangemorts ne sont pas restés dans le salon à mon avis. Ce serait étonnant qu'ils aient loupé Harry.
- Maïa et Spica ont pu partir, argumenta Remus. Je dirais que les mangemorts sont arrivés après. Le serpent devait être Nagini, celui du Seigneur des ténèbres. Une fois les membres du groupe tous évanouis à cause de son venin, il suffisait que quelques personnes viennent les cueillir. Rien de plus facile.
- Donc ils ont Amy, Ulrich et Harry dans leur cellule, récapitula Shackelbot.
- Non, pas Harry, répéta Remus. Il n'était pas ici. Les mangemorts ne devaient même pas savoir qu'il était là. Ni Maïa et Spica.
- Si c'est le cas, ils ne tarderont pas à le savoir, répliqua Severus. Nagini fera son rapport à son maitre et celui-ci saura très bien combien ils étaient. Je ne donne pas cher de la peau des mangemorts qui ont oublié la moitié du groupe.
- Et Potter alors ? demanda Kingsley.
- Je ne sais pas. Sa trace est diffuse. J'ai l'impression qu'elle sort, qu'il s'est éloigné en direction de la forêt. Puis elle disparaît d'un coup après quelques pas.
- Transplanage ?
L'auror alla se mettre à la fenêtre et lança un sort sur l'étendue d'herbe devant lui. Quelques secondes plus tard il se retourna vers ses compagnons :
- Non, il n'y a aucun résidu d'un tel sort. Rien.
- Donc on ne sait pas ce qu'il est devenu ?
- Exactement.
Le moral sembla tomber encore plus bas, si c'était possible.
Ils firent une nouvelle fois le tour de la maison, cherchant des indices, des preuves de ce qui s'était passé. La nuit était tombée quand ils stoppèrent leur activité.
Puis ils retournèrent au refuge où Dumbledore les attendait juste devant l'entrée.
- Des nouvelles ? Vous les avez retrouvés ?
Severus dépassa le directeur sans répondre et partit en direction de sa chambre. Il avait besoin d'être seul un temps. Il croisa Draco dans les couloirs mais ne s'arrêta pas. Surpris l'aristocrate descendit à la recherche d'informations sur ce qui avait pu mettre le brun dans un tel état.
Là il entendit les explications de Remus. Et il comprit. Effectivement Snape avait de quoi être remué. Il ne devait pas bien le vivre. Draco avait appris comment Harry avait du batailler pour pouvoir sortir. Aidan lui avait dit que le Gryffondor n'en pouvait plus d'être ici. Et le blond pouvait tout à fait le comprendre.
Il allait se retourner quand il entendit un sanglot étouffé sur sa droite. Il vit alors Hermione qui se mordait les lèvres pour ne pas faire trop de bruit. Par contre ses larmes coulaient librement sur ses joues. Sans réfléchir Draco l'attira contre lui et la serra dans ses bras. Il essayait de se convaincre que ce n'était pas le moment de profiter, que son ami avait disparu ce qui était bien plus grave mais il ne pouvait s'empêcher d'être heureux de ce moment. La jeune sorcière semblait si fragile. Ses épaules tressautaient au rythme de ses peurs. Le Serpentard lui passait doucement la main dans le dos pour la réconforter :
- Je suis sûr qu'il va revenir. Il est fort.
Ses paroles étaient autant pour la rassurer elle que lui. Il avait confiance en Harry, il savait que celui-ci était très bien entrainé. Il n'allait pas tarder à refaire surface. Il fallait y croire.
Par contre Draco se figea quelques instants quand il entendit Remus parler des mangemorts. Il devait y avoir une erreur ! Harry ne pouvait pas être tombé entre leurs mains ! Il hésita une minute à retourner tout de suite au manoir pour vérifier ce qu'il en était mais la présence d'Hermione toujours entre ses bras l'incita à rester un peu plus.
- Donc c'était un piège, conclut Albus.
- Un de plus. Et nous sommes tombés en plein dedans. Le fourchelangue était sûrement pour attirer Harry. Personne d'autre ne le parle après tout. Il était donc logique de présumer qu'il serait sur les lieux.
- Cela veut dire aussi que le Seigneur Noir sait que nous recherchons les Horcruxes, réfléchit Kingsley à voix haute. Sinon pourquoi mettre en place un tel traquenard ?
- Cela va devenir extrêmement compliqué.
Remus ne put retenir quelques larmes de déborder de ses yeux et couler sur ses joues amaigries. Dans les bras de Draco, Hermione pleurait toujours. Mme Weasley n'était pas mieux et se cachait le visage dans un mouchoir blanc brodé.
Personne ne fit d'abord attention à eux. Il n'était pas rare de voir des gens pleurer les disparus. Ils s'effondraient souvent dans le hall, heureusement bien assez grand pour permettre le passage quand même.
Ils ne se doutaient absolument pas de l'identité du disparu. Personne ne savait encore qu'Harry Potter était introuvable.
A dans 15 jours.
