Corrigé.

Je rappelle qu'il s'agit d'un Univers Alternatif qui suivra les principales intrigues des séries.

Bonne lecture !


Chapitre 10

«Tu es le Chien !» Polliver se leva de son siège et marcha rapidement vers leur table. Il cria au serveur de venir et servir un verre de bière à son nouvel ami ici présent.

Sandor baissa les yeux sur la gamine qui venait de lâcher son épée en soufflant discrètement de soulagement. Il se décala mal à l'aise sur le banc alors que l'homme s'installait en face d'eux, un sourire calculateur aux lèvres.

«Qu'est-ce qui t'amène si loin au Nord ?» Demanda Polliver en regardant Emerys quelques instants.

«Je pourrais dire la même chose de toi. Qu'est-ce que tu fous là ?» Sandor mit à plats ses mains sur la table alors qu'il dévisageait l'homme devant lui.

«Je fais mon devoir pour le Roi, maintenir la Paix !» Répondit Polliver en prenant ses aises sur le banc. Arya l'observait avec un regard de dégoût et de haine mais cela ne l'empêcha pas de lui donner un petit sourire.

«La guerre est finie.» Marmonna Sandor qui prit le verre qui lui venait d'être apporté.

«A ce qu'on dit. J'ai entendu la défaite de Stannis à la Bai de la Néra, Robb Stark a été tué aux Jumeaux et maintenant je suis coincé avec ton frère. Sans vouloir te vexer !» Polliver tendit la main vers le Limier, les sourcils hauts sur son front.

«Je me vexe pas.» Sandor resta calme puis prit une gorgée de sa bière, sentant le regard pesant de la gamine Stark entre lui et l'homme chauve.

«Il est un bon chef, la Montagne. C'est le meilleur dans son domaine ! Mais la torture, toujours et toujours la torture ! A force de battre les gens, on a l'impression d'être un artisan à la tâche. A quoi bon vivre sans un peu de plaisir ?» Il baratinait puis soudain il s'arrêta en regardant Emerys.

«Et elle, qui est-ce ?» Polliver posa son verre à bière puis se lécha pensivement les lèvres en regardant fixement la femme aux côtés de l'homme défiguré.

«Personne pour toi.» Grogna Sandor en buvant une autre gorgée de sa propre bière. Emerys osa lever les yeux dans ceux de Polliver et dût s'empêcher de frissonner de dégoût face à son regard pesant. Elle avait l'impression qu'il la déshabillait rien qu'avec ses yeux !

«On ne m'avait pas dit que le Chien se tapait une aussi belle femme ! Avec un petit bonus en plus à ce que je vois. Tu as raison après tout !» Dit-il en décalant ses yeux sur Arya, l'air clairement impressionné qu'un homme comme lui pouvait avoir les deux.

Arya faillit cracher à la figure de l'homme en face d'eux mais la peur la gardait fermement assise sur son siège. Il était juste répugnant à penser une seule seconde que le Limier avait le droit de la toucher !

«Oui, elles font l'affaire.» Hésita Sandor en se redressant inconfortablement sur son siège. La conversation devenait de plus en plus intense et il craignait que tout ceci ne finissent en bagarre. Il resserra sa prise sur son verre de bière puis se racla la gorge.

Emerys resserra ses doigts autour de sa tunique, les paroles de l'homme lui entraînant un haut le cœur. Ce n'était pas l'idée qui lui faisait du mal mais plutôt la façon qu'il la regardait avec insistance, beaucoup de perversion dans ses yeux.

«Tu sais quoi ? Tu devrais nous rejoindre ! Ce genre d'homme ça planque toujours un trésor quelque part. De l'argent, de l'or et d'autres filles. Il suffit de savoir comment le faire parler ! Il y a de quoi faire jusqu'à Port Réal, crois-moi !»

Polliver continua son baratin pendant un long moment pour tenter de monter la tête à Sandor. Emerys et Arya restèrent tranquillement assise en écoutant attentivement ce qu'allait répondre le Limier, la boule au ventre.

«Je ne vais pas à Port-Réal.» Sandor était catégorique mais l'homme insista.

«Réfléchis ! On peut faire ce qu'on veut ou qu'on aille ! Ce sont les couleurs du Roi !» L'homme frappa son doigt sur les couleurs à son torse avec insistance «personne ne lui barre plus la route, nous sommes libres.» Il leva les mains, un sourire conquis aux lèvres.

Sandor hocha pensivement la tête en regardant droit dans les yeux de l'homme heureux en face de lui, son verre de bière tenu fermement dans sa main droite. Mais alors il se pencha lentement en avant puis prononça d'une voix grave.

«Le Roi je l'encule !» Puis il recula à nouveau sur le banc, cette fois-ci c'était lui qui avait l'air heureux. La figure de Polliver se décomposa tandis que celles d'Arya et d'Emerys devinrent soudainement joyeuses.

«J'ai entendu dire que le Chien avait fui la queue entre les jambes. Je ne le croyais pas mais te voilà.» Continua Polliver d'une voix nettement plus sombre. Sandor ne prêtait toujours pas grande attention à lui, trouvant sa bière plus intéressante pour le moment.

«Ouais me voilà. Apporte-moi une volaille.» Dit-il soudainement en mettant ses mains sur le dessus de la table.

«Tu as de l'or ?» Demanda Polliver mais le Limier lui demanda abruptement s'il avait payé lui-même sa nourriture ce qui le prit un peu de court. Il rigola aigrement puis secoua la tête dans la négation en lui disant qu'il était avec le Roi, lui.

«Je n'ai pas un sou.» Sandor claqua son verre sur la table puis secoua la tête car il commençait à perdre patience avec cet homme. Les yeux de Polliver traînèrent une fois de plus le long du corps d'Emerys.

«Mais tu as ta putain ?» Dit-il en roulant sa mâchoire alors qu'il s'imaginait déjà plein de chose.

Les yeux d'Emerys s'agrandirent d'horreur alors qu'elle vivait déjà des moments de tortures avec les hommes de cette taverne. Arya se pencha légèrement en avant mais Sandor la devança avec une réponse surprenante.

«Ma putain n'est pas à vendre.» Grogna le Limier en se redressant, gagnant un petit coup d'œil perplexe de la femme à ses côté ainsi que d'Arya.

«Elles sont toutes à vendre, même ta petite poulette ! Laisse-les nous, Lowell aime celles qui ont déjà servi !» Polliver se pencha en arrière pour saluer l'homme en question, créant des rires derrière lui.

Sandor le regarda longuement sans rien dire, l'air d'être amusé par lui et ce qu'il lui disait depuis tout à l'heure. Il joua avec sa mâchoire puis prit une profonde inspiration en se penchant doucement vers l'avant.

«T'es un grand causeur toi. Ecouter les causeurs, moi ça me donne soif.» Il leva un peu le menton puis attrapa la bière de Polliver et commença à la boire sans jamais rompre le contact visuel avec lui puis termina «Et faim.»

Il reposa brusquement le verre vide puis lui expliqua que ce ne sera pas une ni deux mais trois volailles qu'il voulait à présent. Polliver regarda en arrière ses hommes qui restaient silencieux puis se tourna à nouveau vers le Limier.

«T'as pas l'air de saisir la situation.» Dit-il encore en levant un sourcil, la tension s'élevant dans l'air.

«Je saisis que si tu ouvres encore ta gueule de con, je vais devoir bouffer toutes les volailles du coin.» Menaça Sandor, le regardant fixement sans sourciller.

Les yeux d'Emerys s'écarquillèrent face à ce qu'il venait de répondre. Ils allaient tous de faire tuer s'il ne restait pas un peu plus tranquille ! Elle voulut lui frapper la cuisse avec le dos de sa main mais le stress l'en empêcha alors elle continua de regarder fixement l'homme chauve.

«Tu vivais pour le Roi. Tu vas mourir pour un poulet ?» Polliver posa son bras à plat sur la table en levant les sourcils au Limier. Il vit la gamine à ses côtés déglutirent doucement.

«Quelqu'un va mourir.» Répondit Sandor, les yeux débordant de haine. Polliver sentit son expression faiblir pour être remplacée par une envie folle de tuer son nouvel ennemi, ses hommes derrière lui arrêtant de discuter.

D'un geste brusque, Polliver et Sandor se levèrent et éjectèrent la table loin d'eux en envoyant voler toutes les chopes, leurs épées tenues fermement dans leurs mains. Polliver tomba à la renverse sous la table ce qui permit à Sandor de s'approcher du reste des soldats.

L'un d'eux tenta de le transpercer avec son épée mais il le repoussa violemment en lui lançant son poing dans la figure. Il prit un autre en combat singulier et n'eut pas de mal à le tuer d'un coup d'épée dans le dos.

Emerys et Arya s'étaient mises à l'abri derrière les poteaux en bois de la taverne, les yeux sur chacun des mouvements du Limier enragé. Les hommes essayaient de le mettre à terre mais échouèrent chacun à leur tour.

Polliver venait de se prendre un puissant coup de coude dans le visage et gisait maintenant sur le sol, gémissant et crachant du sang par la bouche. Le vieil homme ainsi que sa servante coururent loin du combat en montant des escaliers.

Sandor maniait l'épée avec puissance et efficacité. Tous les hommes qui tentaient de le repousser tombaient tous au sol soit avec une mâchoire en moins soit avec les parties viriles en moins. Mais l'un d'eux arriva à le mettre à terre et tandis qu'il le ruait de coup de pieds, un autre le rejoignit en essayant de le tuer avec son poignard.

«Il faut qu'on l'aide !» Marmonna Emerys en regardant frénétiquement autour d'elle pour trouver un moyen de lui venir en aide. Arya ne répondit pas, elle regardait Polliver se mettre debout en prenant son épée dans une main.

Emerys attrapa un vieux bâton qui traînait près de la cheminée puis s'approcha rapidement de l'un des hommes qui venait de balancer son épée sur Sandor qui contra rapidement le coup avec sa propre lame. Elle leva le bâton au-dessus de sa tête puis frappa l'homme de toutes ses forces.

«Arghh !» Cria-t-il en prenant sa tête entre ses mains. Le Limier profita de cet instant pour enfoncer son pied entre les jambes de l'homme et l'envoyer voler en arrière contre une poutre.

Un bras s'entoura autour de la gorge d'Emerys et la tira en arrière contre la poitrine d'un des soldats encore en vie. Elle grogna puis se débattit en mordant dans la chair de sa main mais il ne lâcha pas aussi facilement au contraire, il resserra son bras pour l'étouffer.

Tout à coup la pression s'arrêta et l'homme derrière elle tomba dans un bruit sourd. Emerys posa une main contre sa gorge en feu puis se tourna pour y trouver Arya avec l'une des épées des soldats. Elle lui hocha respectueusement la tête puis s'empressa de reprendre son bâton pour aider Sandor.

Il n'en avait plus besoin car l'homme qui le tenait au sol hurlait à l'agonie à chaque fois que la lame de son propre poignard entrait dans son œil gauche. Le Limier balança son corps loin de lui lorsqu'il succomba à ses blessures et se leva à bout de souffle.

Ils n'étaient pas encore tous morts, il en restait deux en vie mais il allait vite y remédier. Le Chien s'approcha de l'un d'eux et enfonça calmement sa lame dans son ventre, aimant le bruit des os qui craquent contre sa lame.

Arya frappa un homme sur la tête avec un heaume qu'elle venait de trouver sur le sol puis enfonça sa propre lame dans le ventre de celui-ci comme avait fait le Chien auparavant, sous le regard peiné d'Emerys.

Elle glissa ensuite derrière Polliver qui venait de se relever pour attaquer Sandor par derrière puis planta sa lame le long de son dos, le mettant à genoux dans la douleur. Elle s'avança ensuite à ses côtés pour récupérer sa précieuse épée aiguille à sa taille.

Sandor venait de finir avec le dernier soldat quand Arya sourit froidement à l'homme à genoux devant elle, son épée bien aimée tenue fermement dans sa main. Emerys jeta son bâton sur le côté car elle en avait plus besoin.

«Tu as mal à la jambe ?» Demanda Arya en levant son épée vers le visage sanglant de Polliver.

«Q-quoi ? Comment ça ?» Balbutia l'homme en levant doucement les mains en signe de soumission.

«Peux-tu marcher ? Il faut te porter ?» Continua Arya en le regardant fixement. L'homme hésita quelques secondes car il ne comprenait pas où la petite gamine voulait en venir. Elle porta sa lame plus près de son visage en disant qu'il s'agissait là d'une bien belle lame.

«Ça me fera un cure-dent.» Finit-elle avec un léger sourire aux coins des lèvres.

Soudainement, les souvenirs revinrent à Polliver quand elle posa le bout de sa lame sous son menton. Il n'eut pas le temps de parler car la fille Stark lui enfonça sa petite épée sans vergogne en travers la gorge sous les yeux d'Emerys et de Sandor.

Arya était si heureuse et soulagée de le voir suffoquer dans son propre sang, le bruit écœurant du fluide s'infiltrant dans les poumons. Elle souriait face à ce spectacle car elle y trouvait une grande satisfaction de le voir mourir comme ce jeune garçon qui avait goûté à sa lame.

Elle prit un petit mouchoir de sa poche puis essuya longuement sa lame pour nettoyer le sang dessus. Elle vit Emerys du coin de l'œil, la femme lui donnait le regard qu'elle donnait lorsqu'elle avait peur de quelque chose ou de quelqu'un. Etait-elle surprise de ce dont elle était capable ? Cela rendit d'autant plus fière Arya qui rengaina son épée.

Sandor détourna les yeux de la scène puis alla à la table des hommes morts pour y manger la nourriture encore chaude. Il n'allait pas repartir le ventre vide car il ne pensait plus croiser d'établissement de ce genre-là avant un moment.

Au bout d'un certain temps, le vieil homme et sa fille redescendirent pour voir qui restait encore en vie et se sentirent immédiatement soulagés d'y trouver les deux filles et le grand soldat. Sandor commanda plus de nourriture en échange de leur laisser la vie sauve.

Il vit également Emerys qui tenait sa chemise trop grande contre sa poitrine, elle était déchirer sur le côté et tombait de ses épaules. Il aboya à la servante de lui apporter une autre tenue qui correspondrait plus à ses courbes.

Elle revint quelques instants plus tard avec un pantalon beige, des bottes brunes et un haut brun en cuir du style corsage. Emerys la remercia gracieusement puis se changea dans la chambre de la jeune serveuse heureuse d'être encore en vie.

Lorsqu'elle revint auprès de Sandor et d'Arya et qu'ils la regardèrent, ils s'arrêtèrent de manger en voyant la nouvelle apparence d'Emerys. Elle en imposait beaucoup plus dans cet ensemble qui s'accordait bien à elle et qui lui donnait un air de combattante.

Emerys se redressa doucement sous leurs regards pointilleux en se demandant si quelque chose allait mal avec elle. Arya avait la bouche ouverte et le Limier l'observait de haut en bas, ne bougeant plus sa mâchoire.

«Vous êtes magnifique comme ça !» S'exprima enfin Arya en levant les sourcils à la femme blonde platine en face d'elle. Oui, elle préférait les femmes en pantalon plutôt que les femmes stupides avec des robes et des parures.

«Merci.» Répondit dans un soupir Emerys, baissant les yeux quand elle vit que le Limier la regardait toujours fixement. Il ne dit rien puis continua de manger sa volaille avec Arya Stark.

Lorsqu'ils repartirent, Sandor décida de donner un cheval blanc à Arya et un brun à Emerys. Sa cheville la faisait encore souffrir mais cela ne l'empêchera pas de monter à cheval et de suivre. Avant qu'elle ne parte derrière Sandor, la servante accourut vers elle avec un manteau dans ses mains.

«Ma Dame ! Ceci est pour vous. Nous vous remercions vous et vos amis pour ce que vous avez faits.» Dit-elle rapidement en tendant le manteau vers Emerys.

Elle le prit avec hésitation dans ses mains puis le déplia devant elle, appréciant la douceur du tissu et la couleur noir du manteau. Il n'était pas trop épais, s'arrêtait à hauteur des genoux et les épaules étaient légèrement marquées en pointe.

«Je vous remercie.» Répondit sincèrement Emerys qui glissa le manteau sur ses épaules. Il lui allait très bien et couvrait la plupart de son corps.

Elle donna un dernier signe d'adieu au vieil homme ainsi qu'à sa fille puis repartit derrière Arya et le Limier.

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Le trio s'éloignait tranquillement de la forêt pour rejoindre les plaines magnifiques de Westeros. Il n'y avait pas de soleil ce jour-là mais une épaisse brume qui couvrait la majeure partie des champs.

Emerys rapprocha son cheval de celui de Sandor qui ne bougea pas lorsqu'elle se mit à côté de lui. Elle hésita longuement à parler, ne sachant pas exactement quoi lui dire même si elle avait quelque chose qui lui pesait sur le cœur.

«Vous êtes un excellent combattant, vous devriez faire partie des Chevaliers.» Tenta doucement Emerys en se penchant timidement vers l'avant. Elle vit le visage du Limier se plisser de dégoût à ces paroles, le rendant encore plus sombre avec son côté brûlé.

«Je ne serais jamais un putain de Chevalier. Ils sont tous hypocrites sans parler de leurs vœux à la con. Je préfère vivre sans obéir à personne d'autre que moi-même.» Répondit sèchement Sandor en se décalant sur sa selle.

«Vous restez quelqu'un de très courageux qui mérite un peu de reconnaissance.» Emerys plissa les lèvres, n'étant pas d'accord avec l'homme à côté d'elle. Il avait si peu d'estime de lui ce n'était pas beau à voir.

«La seule reconnaissance que j'ai eu de toute ma vie c'est ça !» Il désigna brutalement son visage mutilé par les flammes, un regard de haine. Il dévisagea longuement Emerys puis après un moment il regarda à nouveau la route.

«Mon frère est un Chevalier, je ne voudrais jamais être quelqu'un comme lui.» Poursuivit plus tranquillement Sandor en resserrant ses mains sur les rênes.

Emerys resta quelques instants sans répondre à côté de lui. Elle n'avait jamais vu son frère mais avait déjà entendu beaucoup de choses horribles à son sujet.

«Vous n'êtes pas comme lui, vous êtes quelqu'un de bien Sandor Clegane, gardez cela à l'esprit !» Emerys tourna la tête vers lui en le regardant avec sympathie car elle croyait en ses paroles.

Sandor voulut lui répondre d'aller se faire foutre mais il ne trouva pas la force de le faire. Quelque part au fond de lui il recherchait la rédemption et voulait croire à ce qu'elle disait, même si c'était très difficile.

«J'ai fait d'horribles choses durant ma vie et je ne suis pas fier de moi. Il y a certains choix que j'aimerais refaire mais il est trop tard pour changer.» Dit-il en baissant les yeux sur ses mains, le regret lisible sur son visage.

«Il n'est jamais trop tard. Cela à commencer le jour où vous avez épargné ma vie.» Répondit férocement Emerys en rapprochant son cheval de lui jusqu'à pouvoir poser sa main sur l'avant-bras de l'homme.

Elle s'éloigna de lui avant qu'il ne puisse protester puis rejoignit Arya à l'arrière qui mangeait encore quelques morceaux de sa volaille, engageant une petite conversation avec la jeune fille Stark. Elle lui tendit un bout de poulet et Emerys accepta joyeusement la nourriture.

Sandor soupira puis secoua la tête en repensant à ce qu'avait dit la femme à son sujet. Elle était beaucoup trop douce et se fera tuer si elle ne s'endurcissait pas d'avantage. Mais même à cela, le Limier sentit en lui une petite pression qu'il n'avait plus ressentit depuis très longtemps.

Il pensait souvent au visage souriant de cette femme et à la façon qu'elle le regardait toujours, sans peur ni dégoût. Pouvait-il la considérer comme une amie ? Il n'avait jamais eu d'amis et il n'en voulait pas mais pourtant son cœur lui en disait autrement.

Il entendit rire derrière lui et quand il se retourna il vit qu'Emerys racontait un souvenir de son ancienne vie à Arya, un grand sourire aux lèvres alors que ses mains bougeaient rapidement. Elle était tellement belle dans sa nouvelle tenue … Ses yeux et sourcils noirs lui donnant un air sombre et puissant à la fois.

Il soupira encore puis attrapa la gourde à sa ceinture pour prendre une petite gorgée de son précieux vin.

Ils étaient encore assez loin des Eyrié et le voyage s'annonçait long et dangereux mais tant qu'ils restaient éloignés des grandes routes ils ne craignaient pas les soldats Lannister. Sandor n'avait aucune idée de ce qui se passait à Port-Réal ni dans le reste du monde actuellement et il ne s'en plaignait pas.

Lorsqu'ils s'arrêtèrent pour la nuit, le soleil descendait à peine derrière les grands champs vides. Ils installèrent leurs cheveux près d'un petit cours d'eau pour les laisser boire puis préparèrent le terrain pour dormir.

Emerys sortit de la sacoche de son cheval les habits que le Limier lui avait prêté autrefois pour la couvrir et se mordit la lèvre inférieure, passant délicatement ses doigts sur la tunique verte olive. Elle lui devait beaucoup.

Arya et elle s'approchèrent du cours d'eau où buvaient les chevaux puis se penchèrent en avant afin de nettoyer la crasse de leurs mains et de leurs figures. Le sang tâcha rapidement l'eau clair et peu profonde.

Emerys attendit qu'Arya s'éloigne d'elle pour commencer à nettoyer les vêtements sales du Limier, espérant pouvoir lui rendre au petit matin. Elle frotta le sang et la boue en veillant à ne pas agrandir le trou sur le côté droit. Elle voulait le lui réparer mais elle n'avait pas les matériaux nécessaires à sa disposition.

Plus tard et après avoir fait son travail, Emerys rejoignit le Limier et Arya qui ne se parlaient pas. La jeune fille polissait sa petite épée aiguille avec beaucoup d'amour et d'attention, les yeux suivant chacun de ses mouvements sur la lame.

«Elle est jolie. Qui te l'a faite ?» Questionna Emerys en prenant siège à côté d'elle.

«Mon frère Jon me l'a donné avant son départ. C'était un cadeau.» Répondit Arya sans regarder Emerys.

«Ton frère t'aime beaucoup, il sera heureux d'apprendre que tu es en vie et saine et sauve.» Emerys sourit doucement à la fille Stark lorsqu'elle la regarda droit dans les yeux. Elle semblait d'abord surprise par ses mots mais enfin elle lui rendit un petit sourire.

«Beaucoup de gens disent du mal de lui parce qu'il est un bâtard mais il reste mon frère et je l'aime.» Arya replaça son épée dans son étui, le petit feu crépitant à côté d'elle.

«Ce n'est pas parce que l'on est un bâtard que nous ne pouvons accomplir de grandes choses en ce monde. J'ai eu vent de ses prouesses au combat dans l'au-delà du Mur.» Expliqua Emerys qui vit Sandor tourner la tête vers elle à ce moment-là.

«Et qui t'a dit ça ? Le vent ? Je ne savais pas que tu parlais la langue du vent.» Se moqua Sandor en riant à la légère. Mais le regard qu'elle lui donna lui retira l'envie de rire d'elle, se sentant un peu mal tout à coup.

«Il suffit de s'ouvrir un peu plus au monde extérieure et vous seriez surpris d'entendre beaucoup de choses !» Renchérit Emerys en mettant ses bras sur ses genoux, sentant un peu de colère en elle.

«Comment faites-vous cela ?» Demanda curieusement Arya après un petit moment silencieux. Elle s'intéressait réellement à ce qu'Emerys faisait pour entendre le vent du Nord.

«Tu ne dois ressentir aucune haine en toi mais seulement la Paix intérieure … Prends de profondes inspirations et laisse le poids du monde t'envahir.» En disant cela, elle incita Arya à fermés les yeux.

«C'est déjà raté car cette gamine est remplis de haine !» Dit encore Sandor en s'installant plus confortablement contre la selle de son cheval, les yeux fermés et les mains croisés sur son torse.

A ce moment-là, un corbeau passa au-dessus de leur tête en laissant sortir un cri. Il battit des ailes puis passa son chemin en direction des nuages encore lumineux du soleil. Arya rouvrit les yeux puis le regarda pensivement partir, se demandant quel genre de nouvelle il pouvait apporter.

Etait-ce pour Winterfell ? Pour sa sœur Sansa ? Peut-être n'était-elle-même pas encore au courant de la mort de leur mère et de leur frère … Elle espérait de tout cœur que Joffrey ne lui faisait pas de mal même si cette pensée laissait un doute immense dans sa poitrine.

«Il vaudrait mieux dormir maintenant, la nuit ne sera pas très longue.» Encouragea Emerys en prenant une bonne position contre la selle de son cheval, fermant le manteau noir autour d'elle pour un peu plus de chaleur.

Arya ne répondit pas mais observa tranquillement la femme qu'elle appréciait de plus en plus prendre ses aises. Elle était vraiment bien comme elle était habillée car cela lui donnait une apparence plus féroce.

Elle avait bien vu le regard qu'avait donné le Chien en la voyant dans cette nouvelle tenue. Elle savait qu'il pensait la même chose qu'elle si ce n'est pas pire encore. Comment ne pas remarquer qu'il s'intéressait beaucoup à elle ? Même Emerys montrait de l'intérêt à son égard.

Arya frissonna un peu puis se coucha sur le dos en regardant le ciel étoilé au-dessus d'elle, ses doigts tapant pensivement contre le dos de sa main. Demain sera un nouveau jour.

A suivre …


Merci :)