Titre : Vampire of Slytherin

Fandom : Harry Potter

Pairing : Marcus/Oliver, Théo/Blaise

Rating : T pour la violence et le sang !

Disclaimers : Toujours rien à moi, snif snif, à part Thalie, qui ne fait qu'une apparition éclair !

Yahooo ! Voilà ENFIN le chapitre 10 ! Il a été plus ardu à écrire que les autres, je l'avoue. Et je m'excuse par avance pour tout ceux qui s'attendaient à une scène de bataille monstre, mais ce sera pour plus tard ! :(. Bizarrement, ce chapitre est plus centré sur... les relations entre Marcus et les personnages qui l'entourent, c'est à dire qu'on en apprend un poil plus sur son passé, he he :). Bon, j'espère ne pas vous décevoir par le manque de baston, ha ha ha !

Désolé d'avance pour les petites fautes que j'ai dû laissé traîner, j'ai fait de mon mieux pour corriger tout ça mais j'ai dû mal, sniff :'(. Et puis, un énorme, majestueux MERCI pour vos reviews, bien sûr :D. Il reste encore deux chapitres avant la fin, je ferais de mon mieux pour les poster plus rapidement que celui-ci ! Ce qui peut-être rassurant, c'est que tout est déjà dans ma tête, j'ai juste à tout poser ça par écrit donc... je croise les doigts, he he.

Sur ce, bonne lecture !

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VAMPIRE OF SLYTHERIN

Chapitre 10

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Marcus marchait d'un pas tranquille, suivant sa proie avec aisance dans la nuit. La jeune femme ne se doutait pas une seule seconde qu'elle était suivie, ne rendant sa traque que plus facile. Alors qu'elle allait sortir du parc, il fondit brusquement sur elle, étouffant son cri de surprise et de douleur contre la paume de sa main lorsqu'il la mordit sans douceur. Le goût de son sang lui parût bien fade, mais qu'importe.

-Marc' ! », dit soudain la voix d'Adrian dans son dos, essoufflée.

Marcus relâcha sa victime, griffant sa peau pour masquer la trace de ses canines avant de la laisser tomber au sol, inconsciente.

-Un problème ? », demanda t-il finalement, tournant les talons pour faire face au voleur.

Adrian n'eût même pas besoin de répondre, le manteau à peine boutonné, les joues rougies par sa course effrénée et son portable dans la main. Il avait tout de celui qui était sorti précipitamment de chez lui, et Marcus sentit son sang se glacer.

-Qu'est-ce qu'il se passe. »

-Wood et Davies. », répondit Adrian. « Ils se sont fait attaquer. »

Son cœur rata un battement, mais il réagit aussitôt. Empoignant Adrian, il fila dans les rues de Slytherin à la vitesse de l'éclair, ne s'arrêtant qu'une fois devant l'auberge où les chasseurs avaient décidé de résider.

-Je sais que la situation est critique, mais je te prierais de ne plus jamais refaire ça. », dit Adrian lorsque ses deux pieds retouchèrent le sol, plus pâle qu'à son habitude.

Marcus ne se donna pas la peine de répondre, pénétrant la bâtisse à pas rapide pour se précipiter vers la chambre des deux chasseurs, le voleur sur les talons. Il savait exactement où elle se trouvait ; il était déjà venu observer Oliver depuis le toit du bâtiment d'en face, et aussitôt arrivé au numéro 17, il stoppa net.

La chambre avait été complètement retournée. La table et les chaises gisaient au sol au milieu d'un tas de feuilles éparpillées, des traces de sang maculaient les murs et trois corps reposaient par terre, dont celui de Roger Davies, une plaie béante à l'estomac et une flaque écarlate autour de lui.

-Bon sang. », murmura Adrian, laissant tomber sa nonchalance habituelle.

Marcus déroula l'écharpe du voleur d'un geste rapide avant de s'agenouiller près de Davies pour la nouer autour de sa blessure sanguinolente.

-Il est encore en vie mais son cœur est faible. »

-Marc'… ils ont prit Wood. »

-Je sais ! », répondit-il sèchement.

Ses mains tremblaient de rage. Il était furieux, contre Riddle et contre lui-même pour ne pas avoir forcé Oliver à rester au Manoir. L'odeur océanique de son chasseur s'arrêtait ici, il n'était même pas sûr de pouvoir le traquer et…

Alors qu'il s'apprêtait à soulever Davies, une violente douleur transperça son cœur, l'obligeant à s'appuyer contre le mur. Elle se propagea brutalement dans tout son corps, telle un million de lames acérées, tellement atroce que Marcus sentit son souffle se couper.

-Marc'… ! Marc' ! »

La voix d'Adrian semblait tellement lointaine… cette douleur qu'il ressentait n'était pas la sienne, c'était Oliver, il était prêt à en mettre sa main à couper.

-Appelle… Weasley. », articula t-il avec difficulté, une main crispée contre son cœur lancinant.

Il serra les dents pour contenir un grognement douloureux, écumant intérieurement de rage. En être réduit à demander de l'aide aux Weasley, il n'était jamais tombé aussi bas. Et alors que la douleur se calmait brusquement, Marcus frappa contre le mur, explosant le plâtre et le ciment dans un bruit du tonnerre.

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-Marcus. Calmes-toi. », dit Blaise, debout les bras croisés près du feu.

-Ne me demandes pas de me calmer. », répondit-il sèchement, s'arrêtant un instant de faire les cents pas pour le regarder. « Cette pourriture a pris Oliver, si je l'avais forcé à rester ici, ça ne serait certainement pas arrivé ! »

-Tu crois sincèrement qu'il aurait obéi ? »

Non. Non, bien sûr. Oliver se serait échappé aussitôt qu'il aurait eu le dos tourné. Marcus poussa un long soupir alors qu'il posait ses deux mains contre le montant de la cheminée pour s'y appuyer, ses yeux se perdant dans les flammes. Il allait tuer Riddle. L'étriper de ses propres mains. Tout son corps frémissait d'impatience à l'idée d'exploser le dhampire qui avait osé prendre son chasseur pour l'atteindre.

-Ton Blaise. », dit Théo, assis sur le fauteuil. « Le prédateur le sait. »

Bien sûr que Riddle le savait. C'était pour cette raison qu'il avait ciblé Oliver, et celle aussi pour laquelle il allait le garder en vie.

Depuis son fauteuil, Théodore agitait lentement sa main gauche, celle dont le poignet avait été brisé, ouvrant et refermant ses doigts comme pour les tester. Ses yeux cobalts brillaient d'une étrange lueur, une réminiscence de l'éclair de folie qui brillait dans ses prunelles lorsqu'il devenait hors de contrôle, signe qu'il devait repenser à son combat contre son père. Et comme s'il l'eût senti, Blaise s'assit sur l'accoudoir, glissant une main derrière sa nuque pour la caresser avec douceur.

Marcus ferma les paupières. Il ne savait pas ce qui était pire pour Oliver. Etre retenu prisonnier et torturer tous les jours, ou une mort, nette et rapide, presque indolore ?

Non. Marcus sentit son cœur se serrer de façon désagréable alors qu'il imaginait son chasseur gisant sans vie. Oliver était trop vif, trop plein d'émotions, trop vivant pour qu'il laisse un destin aussi funeste le frapper.

Se redressant, Marcus quitta le salon, laissant Théo et Blaise profiter de leur moment d'intimité pour monter à l'étage. Davies devait encore être inconscient, pourtant, alors qu'il s'approchait de sa chambre, il entendit un bruit de coup suivit d'un juron coloré.

-Qu'est-ce qu'il se passe ici. », demanda t-il, ouvrant la porte de la pièce.

Sally-Ann se tenait debout à un mètre du lit, les mains sur les hanches, fixant un Roger Davies on ne peut plus réveillé.

-Ce pervers m'a tripoté ! », s'exclama t-elle, furibonde, alors qu'elle pointait le chasseur d'un doigt accusateur.

-Elle porte un uniforme de soubrette ! », répondit Davies sur le même ton, comme si cela expliquait son geste.

-A l'époque d'où je viens, c'est un uniforme de travail comme un autre ! »

Marcus retînt un long soupir fatigué, une violente migraine menaçant de marteler son crâne. Avec une patience qu'il n'avait jamais soupçonné posséder, il se massa l'arrête du nez avant de faire signe à Sally-Ann de sortir.

-Mais, Maître Marcus… ! »

-Ne discute pas. », répondit-il en français, plus froidement qu'il ne l'aurait voulu.

Les lèvres froncée en une moue boudeuse, Sally-Ann ramassa sa trousse à pharmacie avant de se glisser hors de la chambre, abandonnant les deux hommes dans la pièce.

-Je ne pensais pas m'en sortir, cette fois. », avoua Davies, jetant un coup d'œil à la perfusion plantée dans son bras.

-Il s'en est fallu de peu. », reconnu Marcus.

-Vous avez retrouvé Wood ? »

Marcus croisa les bras, sa colère et son impatience revenant au galop.

-Pas encore. Sa trace disparaît dans la chambre, impossible de le traquer. »

-Je m'en doutais. Il y avait une wicca avec les sangs-purs, elle les a fait disparaître. Elle parlait d'un cadeau pour le 'Lord' ou je ne sais quoi ; une hystérique. », dit Davies avec une moue dégoûtée.

Une wicca. Donc leurs soupçons étaient justes. Marcus porta son poing contre ses lèvres, sentant ses canines s'allonger, poussées par son besoin de violence. Il n'en pouvait plus d'attendre comme un lion en cage, il voulait agir et vite.

Le portable de Davies se mit soudain à vibrer contre la table de nuit et le chasseur vérifia le numéro avant de décrocher.

-C'est pour toi. », dit-il finalement, tendant l'appareil vers lui.

Marcus s'approcha du lit pour l'attraper et le porter à son oreille.

-Ils sont ici. », dit la voix d'Adrian.

-J'arrive. »

Sans attendre une seconde de plus, il jeta le téléphone vers Davies qui l'attrapa sans difficulté et sortit du Manoir à toute vitesse pour rejoindre l'auberge. L'établissement était au cœur de Slytherin, assez loin pour que Théo ne puisse sentir l'odeur des Weasley, mais Marcus restait méfiant. Il avait prévenu Blaise de l'arrivée des Aurors au cas où, et malgré sa colère, le vampire avait consenti à garder ses plans de vengeance pour plus tard.

Avec impatience, Marcus poussa la porte de la chambre. Seuls Bill et Percy Weasley se tenaient dans la pièce avec Adrian, autour de la table qu'ils avaient dû relever entre temps, et les deux Aurors le gratifièrent d'un signe de tête poli que Marcus rendit à contre cœur. Il n'avait toujours pas digéré ce qu'ils lui avaient fait, mais Bill Weasley avait au moins eu l'intelligence et la décence de ne pas ramener ce maudit Charlie avec lui.

-Pucey nous a raconté ce qu'il s'était passé. », dit Bill, passant directement au vif du sujet.

-La trace d'Oliver et des deatheaters s'arrête ici. Une wicca les a fait disparaître. »

-Ça explique cette odeur… », dit Percy, échangeant un regard avec son frère qui acquiesça. Il se tourna ensuite vers Marcus pour poursuivre, les oreilles roses de gêne. « Apparemment Oliver et toi vous… possédez maintenant un lien, tout les deux ? »

Marcus serra la mâchoire alors qu'il jetait un coup d'œil agacé vers Adrian, qui leva les deux mains en signe de reddition. Le voleur le connaissait assez bien pour savoir qu'il ne l'aurait jamais avoué de lui-même, mais c'était une information qu'il aurait voulu garder pour lui, malgré son importance.

-Cela se pourrait. », répondit-il entre ses dents.

-Nous sommes d'accord sur le fait que la traque est impossible, sur ce cas. », reprit Bill avec sérieux. « Je connais une medium, en France, qui pourrait exploiter ce lien pour retrouver Oliver. Mais si tu préfères… nous pouvons aussi commencer nos recherches avec nos bonnes vieilles méthodes, en ramassant le plus d'informations possibles sur ce Riddle et son groupe. »

L'Auror était assez intelligent pour savoir qu'il répugnait l'idée que quelqu'un approche sa tête. Mais cette douleur qu'il avait ressentie, une heure plutôt, celle qu'Oliver avait ressentie… il ne pouvait se permettre le luxe de prendre son temps.

-Va pour la medium. », dit-il finalement, la voix sombre.

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Bill Weasley le mena jusque Monte Carlo, une ville dans le sud de la France qui puait le luxe à plein nez mais d'une rare beauté. A ses pieds, la mer brillait des milles et uns reflets que diffusaient les lumières des bâtiments dans la nuit, rendant le cadre plus somptueux encore.

Ils ne s'arrêtèrent qu'une fois face à l'imposant casino de la ville, au milieu des voitures de sport et de luxe parquées devant la bâtisse majestueuse. Des hommes bien habillés et des femmes aux talons vertigineux paradaient en riant sur la place, et des employés en uniforme se tenaient postés sur les marches, surveillant chaque allées et venues.

-Suis-moi. », dit Bill, montant les marches.

Ils pénétrèrent le casino pour se rendre dans la salle de jeu, et Marcus ne pût s'empêcher de détailler l'endroit avec un minimum d'appréciation. Les plafonds étaient recouverts d'arabesques d'or, tellement haut qu'il fallait lever la tête au maximum pour pouvoir les contempler. D'énormes lustres en cristal éclairaient la salle aux murs de miroirs et à l'épaisse moquette aux dessins travaillés. Au centre se dressaient les différents tables où tous les joueurs étaient amassés et où l'on pouvait entendre au milieu des cartes qui se posaient et des billes qui tournaient : « Les jeux sont fait… rien ne va plus. ».

Bill l'entraîna vers le bar au comptoir de marbre qui s'élevait sur la gauche et échangea quelques mots avec un des hommes en uniforme, posté devant une entrée masquée par un lourd rideau rouge. L'homme se décala sur le côté en soulevant un pan du rideau pour les laisser passer, et lorsqu'il le referma derrière eux, tous les rires et les conversations de la salle de jeu s'évanouirent.

De la magie, pensa Marcus avec méfiance.

Ils longèrent un long couloir où ricochaient les échos de deux rires féminins, puis Bill s'arrêta enfin lorsqu'ils atterrirent dans une large pièce décorée dans les tons bleus. Elle rappelait vaguement un boudoir, avec toutes ses tentures et ses tapis, et sur un long canapé était assises deux jeunes femmes d'une incroyable beauté. La première, qui tenait une tasse fumante dans les mains, avait les mèches blond cendré coiffés en un carré ébouriffé avec soin, lui donnant un petit côté négligé qui allait de pair avec ses yeux bleu gris brillants d'amusement. L'autre, plus grande et élégante, se leva pour les accueillir un sourire aux lèvres, sa longue chevelure platine impeccablement bien coiffés et les yeux d'un bleu profond.

-Bill ! », dit-elle, l'air particulièrement heureuse de le voir.

Elle se pencha par-dessus sa table basse avec grâce pour effleurer sa joue du bout des lèvres avant de se redresser.

-J'attendais ta venue. »

-J'espère ne pas te déranger. », lui dit Bill, avant de se tourner vers Marcus. « Je te présente Fleur Delacour. La medium dont je t'ai parlé. »

La belle jeune femme posa son regard sur lui, un sourire sur les lèvres, et Marcus prit sa main avec délicatesse pour y déposer un léger baiser sur le dos. Elle dégageait une prestance telle qu'il ne pouvait que se rappeler ses bonnes manières.

-Quel homme exquis. », dit Fleur en français. « Marcus Flint, n'est-ce pas ? C'est pour vous que mon cher Bill est ici, si je ne me trompe pas… »

-J'aurais aimé vous rencontrer dans d'autres circonstances. », répondit Marcus dans la même langue, la flatterie automatique, comme à chaque fois qu'il se trouvait face à un membre de la noblesse ou de l'aristocratie.

Fleur se permit un léger rire avant de se tourner vers son amie.

-Thalie, excuse-moi un instant veux-tu ? »

La jeune femme, une vampire, lui adressa un clin d'œil avant de s'éclipser en silence, adressant un bref hochement de tête en direction de Bill et de Marcus pour les saluer avant.

-Asseyez-vous, s'il vous plait. », pria Fleur. « Prêt de moi Marcus, je vous prie. Et dîtes-moi ce qui vous mène, précisément, même si c'est toujours un plaisir de te voir, Bill. »

Le sourire qu'elle échangea avec le chasseur était bien intime, mais Marcus garda ses commentaires pour lui.

-Nous aurions besoin de ton aide pour retrouver quelqu'un. », expliqua l'Auror avec calme. « Un chasseur, capturé des heures plus tôt par des vampires. »

-Je vois. Et le lien que je dois exploiter… c'est vous qui le détenez. », dit Fleur, dardant ses yeux marines sur Marcus. « Étrange, mais romantique… »

Marcus ignora violemment la remarque de la jeune femme.

-Vous pourrez le retrouver grâce à ça ? », demanda t-il à la place, moins poliment qu'il ne l'aurait voulu même si Fleur ne sembla pas s'en formaliser.

-Evidemment. Si vous le permettez. »

Marcus s'empêcha de jeter un coup d'œil vers Bill, sa présence le rendant méfiant. La perspective de savoir que quelqu'un allait fouiller dans son esprit le dérangeait au plus haut point, mais la médium semblait savoir ce qu'elle faisait, l'air calme et à l'aise alors qu'elle attendait sa réponse.

-Allez-y. », dit-il finalement, s'empêchant de réfléchir plus.

-Bien. »

Fleur s'approcha de lui, sur le canapé, avant de prendre ses mains entre les siennes avec délicatesse, son regard plongé dans le sien.

-Fermez les yeux, et faites-moi confiance. », dit-elle, avant de prendre une voix légèrement plus grave et plus tranquille. « Détendez-vous. »

Marcus s'efforça de l'écouter, relâchant la pression et ignorant la présence de Bill Weasley dans la pièce. Pendant de longues secondes, il laissa le silence du boudoir calmer ses sens et le décontracter, puis il sentit une présence effleurer son esprit avec douceur.

-C'est très bien. », murmura la voix de la jeune femme, l'air terriblement proche, comme si elle lui parlait directement à l'oreille. « Je veux que vous pensiez aux personnes auxquelles vous tenez. Qui vous sont proches, et qui comptent, pour vous. »

Marcus laissa son esprit suivre la voix apaisante de la medium, jusqu'à ce qu'une image lui passe devant les yeux. Un souvenir.

De la pluie, qui tombait à grosses gouttes contre les carreaux. Le salon, immense, simplement éclairé par la lune au dehors, et la silhouette de son père, assise sur un fauteuil. Ils attendaient en silence. Le moment semblait tellement grave que Marcus n'osait parler, malgré toutes les questions qui lui brûlaient la langue. Puis les doubles portes s'ouvrirent sur sa mère, enroulée dans une épaisse cape noire, et un enfant qu'elle tenait par l'épaule, le geste réconfortant. Il est parti, murmura t-elle, à peine audible, la voix tremblante. Son père acquiesça avec gravité. Marcus, lui, fixait l'enfant avec curiosité et une pointe de malaise. Son visage… il n'exprimait rien. Absolument rien. Même ses grands yeux cobalts étaient froids, comme s'il était… sans vie. Autisme…, lui expliqua sa mère, quelques heures plus tard, lorsque l'enfant muet et impassible fût couché dans son lit. Traumatisme.

Le souvenir se fondit dans le noir et un autre prit place, plus récent et moins sombre.

Des bouquets d'étoiles brillaient dans le ciel d'encre, et Marcus se tenait appuyé contre les rambardes de pierre qui entouraient le balcon, loin de l'agitation de la salle de bal. Vous permettez ?, demanda soudain quelqu'un, derrière lui. Un jeune homme à la peau sombre, mince, les yeux d'ambres derrière son masque. Hm. Il y a assez de place pour deux. Le garçon s'appuya à côté de lui, les gestes fluides et gracieux, tels ceux d'une panthère. Son nez droit était parfaitement bien dessiné et ses lèvres ni trop charnues, ni trop fine. Même son smoking semblait taillé sur lui, et malgré le masque qui cachait son visage, Marcus sût qu'il devait être plus beau et plus séduisant que tous les vampires qu'il avait jusqu'alors rencontré. Cela nous pouvait dire qu'une chose. Blaise Zabini, c'est ça ? Le jeune homme lui adressa un léger sourire, entre hautain et amusé. Lui-même.

Le reste de la conversation s'évanouit alors que les images se brouillaient. Puis il se retrouva ailleurs.

A l'Emerald Snake, attablé dans un coin, un verre de Scotch dans les mains. De la neige tombait dehors, mais il faisait bon à l'intérieur de l'établissement. Un type s'assit sur la chaise devant lui, des flocons encore plein les cheveux et l'air aussi à l'aise que s'il le connaissait depuis des années. Bon, dit-il. Il avait un sourire en coin, son manteau encore sur le dos. Puisque qu'on ne compte pas bouger de cette ville… que dirais-tu qu'on fasse un marché, toi et moi ? Marcus renifla avec ennui mais le type reprit, peu décontenancé par sa réaction. Laisses-moi faire mes petites affaires dans mon coin, et je t'assure que rien ne te retombera dessus. C'est mon job, après tout, de me fondre dans l'ombre. En échange, tu peux m'appeler dès que tu as besoin d'un service. Marcus reposa son verre sur la table, levant enfin les yeux vers l'humain qui le regardait sans une once de peur, tellement tranquille qu'il se balançait sur sa chaise avec nonchalance. Je n'ai besoin d'aucun service, répondit-il finalement, peu aimable.L'humain eût un léger rire. Oh, ne sois-pas aussi taciturne, Count Dracula. On en a toujours besoin à un moment donné. Humain ou non.

Le souvenir suivant était celui d'Oliver. De cette nuit, dans la ruelle, où il avait plongé son regard dans celui, vert de haine, de son chasseur pour la première fois.

-Voilà. », murmura Fleur. « Concentrez-vous sur lui. Sur ce qu'il ressent. »

Douleur. Énormément de douleur. Marcus sentit ses pensées s'agiter alors qu'il pensait à son chasseur, enfermé quelque part loin de lui. De l'appréhension, du doute, beaucoup de questions… tellement de rage et de colère, aussi, et sous toutes ces émotions, une once de peur.

-De la peur ? Pourquoi ? Où est-il, maintenant ? »

Entouré de sangs-purs. De deatheaters. Oh, ils n'étaient pas avec lui, pas dans la même pièce, mais ils étaient là, quelque part autour de lui. Il n'était pas seul, il y avait quelqu'un d'autre avec lui, quelqu'un qui provoquait cette peur. Un loup ? Le sentiment disparût brusquement pour être remplacé par de la rage. C'est qu'un gamin ! Il s'appuyait sur une voûte, froide. Dans une cave.

-Bien. Maintenant, cherchez… comment est-il arrivé ici ? »

Marcus se concentra de plus belle. Et là, au milieu de la fatigue de son chasseur, il attrapa une image encore vive. Un portail immense, en fer forgé, où deux énormes serpents métalliques ondulaient en forme de S.

-Parfait. »

Les mains de Fleur se serrèrent autour des siennes alors que Marcus émergeait brusquement, rouvrant les yeux, un instant confus. Il mit quelques secondes à reconnaître le boudoir de la medium qui se rasseyait sur le canapé en lissant sa robe.

-Vous avez trouvé quelque chose ? », demanda Bill.

-Bien évidemment, mon cher. Ce n'est pas pour rien que je suis la medium la plus réputée de France. », répondit Fleur, un sourire sur les lèvres.

L'Auror émit un reniflement amusé avant de reporter son attention sur Marcus qui se massait la tempe, sentant une légère migraine commencer à pointer le bout de son nez.

-Il est dans une cave, quelque part où se trouve un énorme portail affublé de deux serpents. La demeure d'un sang-pur, sans aucun doute… »

-Celle de Lucius Malfoy. », dit Bill, avec une pointe de surprise.

Marcus arrêta de presser sa tempe, stupéfait d'avoir un résultat aussi rapidement. Les Malfoy ? Voilà donc pourquoi ils avaient disparu de la surface. Et foi de Marcus Flint, il allait les massacrer.

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-Marcus, je te l'ai dit. Si je les revois, je les tue ! », dit Blaise à voix basse, sa colère difficilement contenue dans ses yeux d'ambre.

-Je sais bien. », répondit Marcus. « Et crois-moi, si ça ne tenait qu'à moi je ferais ça seul. Mais je lui doit une faveur. Sans lui et sa médium, je n'aurais pas retrouvé Oliver aussi rapidement. »

Blaise poussa un violent soupir, portant une main devant son visage comme s'il essayait de lui cacher combien il était furieux. Masquer ses sentiments était devenu une seconde nature pour lui avec le temps.

-Ecoute-moi. Je ne te demande pas de venir, ce n'est pas comme si cette histoire te regardait. »

-C'est le cas, maintenant. », répondit sèchement Blaise. « Vous vous rendez au Manoir des Malfoy, et il est hors de question que je laisse ces maudits Aurors s'en prendre à Draco ! »

-Aurors ? », répéta une voix, les coupant brutalement.

Marcus se tourna vers la porte ouverte de la bibliothèque, là où se tenait à présent Théo, une main sur la poignée. Pendant un instant, aucun des vampires ne fût capable de répondre, trop surpris par son arrivée. Ils avaient choisi exprès de s'isoler dans la pièce pour ne pas que Théo entende leur conversation, mais évidemment, le vampire avait aussitôt compris que quelque chose se tramait. Et voilà que la réaction que Marcus redoutait tant commença à apparaître.

-Les Aurors. », répéta Théo, fronçant les sourcils.

Sa main se serra de façon convulsive, réduisant la poignée en miette alors qu'une lueur de folie s'alluma dans son regard, à l'affût de sang.

-Non, Théo, calmes-toi. », dit aussitôt Blaise, se précipitant vers lui pour poser ses deux mains sur ses épaules.

-Ils ont blessé Sally-Ann. »

Ses poings étaient serrés tellement forts que Marcus pouvait voir des gouttes de sang s'écouler sur le parquet. Il allait exploser si Blaise ne le calmait pas vite. La tension dans la bibliothèque était tellement palpable qu'elle en était étouffante, et Théo tremblait de tous ses membres, les canines acérées lorsqu'il montra les dents dans un geste bestial.

-Calmes-toi, s'il te plait. », répéta Blaise, prenant son visage entre ses mains pour le forcer à le regarder. « Draco a besoin de nous. La vengeance sera pour plus tard, d'accord ? Draco doit passer avant. »

Les yeux de Théo s'était éclaircis, virant presque au glacé, et Blaise mordit son poignet avant de le porter à la bouche du vampire qui s'en saisit aussitôt. Le sang sembla le calmer car ses prunelles reprirent leur couleur cobalt sans pour autant perdre cette flamme de violence, et Marcus relâcha ses membres tendus.

-Les Aurors ne devront pas nous approcher. », dit finalement Blaise, une main dans les cheveux de Théo alors qu'il le regardait boire. « Mais nous t'accompagnerons. »

Marcus acquiesça avec calme. Il n'était pas sûr que cela soit une bonne idée ; Théo était trop imprévisible et visiblement furieux contre les Weasley, mais Blaise était trop borné pour changer d'avis, surtout lorsque cela concernait des personnes importantes à ses yeux.

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Le lampadaire éclairait le petit parc d'une lumière jaune, presque crue. Marcus attendait avec impatience prêt d'un banc, s'empêchant de faire les cents pas, quand enfin, il sentit la présence des Weasley s'approcher. Écrasant une pointe d'appréhension qui commençait à naître en lui, il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, là où Blaise et Théo se tenaient dans l'ombre, adossés contre la rambarde sous un bouquet d'arbres immenses.

-Flint. », dit Bill, en guise de salut.

Ils étaient tous là, et Marcus ignora le regard brûlant de rage que lui lançait Charlie, derrière tous ses frères. Bill avait dû lui ordonner de se tenir à carreaux car il ne pipa pas un mot malgré sa haine évidente.

-Ne perdons pas de temps. », dit Marcus.

Les Weasley se transformèrent d'un même mouvement, muant en cinq loups imposants aux poils roux et aux yeux d'or. Bill, le plus massif, s'appuya sur ses pattes arrière avant de bondir en avant pour se lancer dans une course effrénée, sa meute sur les talons, et Marcus les suivit d'un clignement de l'œil, Blaise et Théo près de lui.

Ils quittèrent Slytherin pour se diriger vers l'Ouest, courant à la vitesse de l'éclair en traversant plusieurs forêts denses. Des kilomètres défilèrent ainsi sous leurs pas, jusqu'à ce qu'une pancarte se dresse prêt d'une route, indiquait : 'Wiltshire'.

S'enfonçant dans un bois, ils grimpèrent sur l'imposante colline qui surplombait la ville, jusqu'au sommet dégagé.

-Il vaut mieux s'arrêter ici. », dit Bill, reprenant sa forme humaine. « Le Manoir est juste là, à quelques kilomètres. »

Il désigna un point lumineux au loin, à l'écart de la ville. Sans doute assez loin pour ne pas que les deatheaters sentent leurs présence, mais il préférait sans assurer.

-Théo. », dit-il, jetant un coup d'œil vers le vampire aux yeux glacés.

Il bougea la tête en signe de négation et Marcus relâcha légèrement la pression.

-Il serait peut-être temps d'organiser un plan, non ? », dit Percy Weasley.

-Ou on pourrait tout aussi bien entrer là-dedans… »

-…et tout défoncer sur notre passage ! », répondirent les jumeaux.

Percy leurs lança un regard fatigué alors qu'ils souriaient de toutes leurs dents.

-Cela risque d'être compliqué, sans savoir combien sont ces sangs-purs. », dit Marcus, presque prit de pitié pour le rouquin à lunette qui devait sans doute subir les frasques de ses frères à répétition.

Son regard se fixa sur le Manoir Malfoy qui brillait au loin et ses poings se serrèrent. Le pseudo plan des jumeaux Weasley était plus que tentant, mais il ne pouvait risquer la vie d'Oliver. Pas en étant aussi près de le reprendre.

-Nous pouvons déjà établir notre lieu de retraire. », dit Bill Weasley. « L'ancienne demeure des Black, à Grimmauld, a été pris et rétabli par les Aurors il y a des années, lors de leurs disparitions. Assez près pour que nous puissions ré-attaquer les deatheaters si nécessaire. »

Marcus leva la main pour l'interrompre, les sens brusquement à l'affût Il aurait juré… Il aurait juré sentir la présence d'Oliver, dans sa tête. . Alors qu'il se concentrait, les paupières fermées, l'esprit de son chasseur sembla l'effleurer. Un peu. Encore un peu, attend. Puis la sensation s'effaça peu à peu, alors que Marcus tentait vainement de la retenir, essayant d'en savoir plus.

-Oliver ? », demanda soudainement Charlie. « C'était lui ? »

Marcus lui jeta un coup d'œil ennuyé. L'Auror se tenait plus à l'écart mais contrairement à ses frères, il semblait avoir suivi toute la scène.

-Il a quelque chose derrière la tête. », dit Marcus à l'intention de Bill, ignorant Charlie avec dédain. « Il a besoin de temps. »

-Es-tu sûr de ce que tu avances ? », demanda Bill, les sourcils froncés par l'incertitude. « La situation dans laquelle il se trouve ne lui donne peut-être pas ce luxe, Flint… »

-Oliver sait de quoi il est capable. », répondit-il simplement.

Il n'était pas exactement sûr de ce qu'il avait ressenti, mais dans le pire des cas… son chasseur n'était pas en danger de mort. Riddle le voulait vivant.

-Alors ce lien, il existe vraiment. », dit Charlie, la voix sombre.

Marcus daigna enfin le regarder. L'Auror avait les poings serrés, une colère noire dans les yeux, et autre chose, aussi.

-Jaloux ? », répondit-il, un sourire en coin glacial étirant ses lèvres.

Charlie serra sa mâchoire, ses yeux virant au doré, et Marcus tourna les talons pour s'éloigner de la meute, rejoignant Blaise et Théo qui attendaient à l'orée du bois. Il fallait qu'il soit patient.

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Trente minutes s'écoulèrent lentement, alors que tous attendaient, immobiles et tendus. Marcus avait fini par s'adosser contre le tronc d'un arbre pour fermer les yeux, tentant de ressentir la présence de son chasseur.

A quoi tu joues, Lovacki…, pensa t-il, agacé de devoir rester inactif alors qu'il était aussi près du Manoir.

Les Weasley semblaient s'impatienter eux aussi. Les jumeaux se chamaillaient sous forme de loups pour faire passer le temps, se bagarrant gentiment en roulant dans l'herbe sous l'œil désapprobateur de Percy, et Charlie et Bill Weasley conversaient à voix basses, debout face à la ville.

Théo, assis en tailleurs sur l'herbe alors qu'il regardait la meute, se redressa tout à coup. Marcus lui jeta un coup d'œil interrogateur mais le vampire resta silencieux, le regard dans le vague.

-Ton Blaise… », dit-il finalement, au bout de longues secondes.

Il tendit son index, pointant un point vers le côté du bois qui s'étendait derrière les Weasley.

-Il a réussi à s'échapper ? », demanda Blaise.

-Pas seul. », répondit Théo, ses yeux reprenant une teinte cobalt.

Il attrapa brusquement la main de Blaise avant de le tirer derrière lui, filant à toute vitesse vers l'endroit où trois silhouettes venaient d'émerger.

Son chasseur était là, entouré par un garçon aux mèches blondes et au visage couvert de crasse et par un vampire que Marcus reconnut aussitôt. Draco Malfoy. Blaise le prit dans ses bras alors que les Weasley se précipitaient vers Oliver et le garçon pour les presser de questions.

Marcus regarda la scène les bras croisés, serrant les dents lorsqu'il vit les jumeaux puis Charlie serrer le chasseur contre eux. Oliver souriait, mais ses yeux semblaient chercher quelque chose, et Marcus ne pût retenir un sourire en coin lorsque le regard de son chasseur tomba enfin sur lui.

Pendant de longues secondes, ils ne firent que se fixer, puis le visage d'Oliver se fendit lentement d'un léger sourire, un sourire qui donna à Marcus l'envie presque irrésistible d'y déposer un baiser.

Le chasseur se détacha du petit groupe d'Auror pour s'approcher de lui, laissant les Weasley s'occuper du garçon aux cheveux blonds qu'il avait ramené avec lui.

-Je savais que tu étais ici. », dit-il, ne s'arrêtant qu'à un mètre de lui, plongeant ses mains dans les poches de son jean.

-Hm. Approche. »

Oliver hésita une seconde avant d'obéir, et Marcus posa son pouce sur le sang séché qui maculait son menton et un coin de sa bouche, lui arrachant une grimace douloureuse. Un large bleu commençait à se dessiner sur la pommette droite de son chasseur, lui tordant les tripes de colère.

-C'est rien. », dit Oliver, la voix basse.

Marcus attrapa son visage avec sa main pour le tirer doucement vers lui, le tenant à peine, et posa ses lèvres sur les siennes. Son chasseur se laissa docilement faire, les paupières fermées, tressaillant à peine lorsqu'il goûta les traces de sang qui maculaient encore sa bouche. Ses mains quittèrent ses poches pour s'accrocher à son dos, et Marcus retourna leur position d'un clignement de l'œil pour le presser contre le tronc, presque violent alors qu'il approfondissait leur baiser, avant de revenir à une lenteur lascive.

Les mains d'Oliver glissèrent contre son torse pour remonter jusque sa nuque alors qu'il se levait sur la pointe des pieds, penchant légèrement le visage sur le côté. Le moment était sensuel, étrangement intime, et Marcus relâcha le visage de son chasseur pour le serrer contre lui, lui arrachant un soupir tremblant entre deux baisers.

Troublé, Marcus se détacha légèrement de lui pour contempler son visage, plongeant son regard dans celui d'Oliver, d'un vert plus profond que toutes les couleurs qu'il avait pu contempler auparavant.

Tout semblait silencieux autour d'eux, peut-être parce qu'il était trop occupé à dévisager son chasseur, ou peut-être parce que les autres les regardaient d'un air estomaqué. Mais il s'en fichait. Attrapant brusquement Oliver dans ses bras, il descendit la colline d'un clignement de l'œil, en direction de la maison des Black.

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TBC