Le lundi matin, Thomas était prêt dix minutes avant que son ami ne vienne frapper. Il fallait que tout aille bien. Il ne fallait pas qu'il rougisse, ou qu'il ait l'air gêné. Il a dit que ça allait, alors il fallait que ça aille. Il respira un bon coup, terrant au plus profond de lui ses larmes et sa tristesse. Amis.
On tocca, il ouvrit avec un grand sourire et son « Salut Newtie » habituel.
Mais ce n'était pas comme d'habitude. Dès qu'il le vu, il n'eut qu'une envie, c'était de partir. De plus, son ami l'avait regardé avec un air inquiet. Ils se dirigèrent silencieusement vers le bus et dans celui-ci, Thomas prétendis dormir.
Lorsqu'ils arrivèrent, Thomas fut assommé de questions. Pourquoi il était partit de la fête si tôt ? C'était grave ? Il avait pas l'air très bien… La cloche sonna avant que Thomas ait craqué et ait juste dit à ses amis d'aller se faire voir.
Durant le TP d'SVT, Minho s'arrangea pour être avec lui. Thomas faisait l'expérience et l'asiatique lui racontait sa soirée, lui disant qu'après être partit, la belle blonde était venu le voir. Il finit par lâcher, sans aucune transition :
« Il s'est passé un truc avec Newt ? »
Thomas blêmit, son ami n'était pas aveugle. Le brun secoua la tête, disant d'un ton morose
« C'est pas tes affaires laisse tomber. C'est déjà réglé. »
En fait, c'était ça qui faisait le plus souffrir Thomas. C'était réglé. A peine il avait découvert ses sentiments qu'ils étaient déjà repoussés. Il n'avait même pas eu le temps d'espérer, ou de se préparer à ce qu'il n'y ai pas de suite. Cette relation était morte dans l'œuf. Il serra la machoire, luttant contre un sentiment de perte qui lui enserrait le torse.
Il allait falloir du temps. Pour accepter ses sentiments, puis apprendre à vivre avec et enfin pour les faire disparaître.
Il passa le reste de la journée à éviter Newt, restant avec Minho. Même si ce dernier ne désespérait pas d'avoir des réponses, il ne le faisait pas souffrir par sa seule présence. En pensant à ça, Thomas se fit la réflexion que ce n'était pas la présence de Newt qui lui posait un problème en fait. C'était plutôt le manque de présence. Newt était là, mais ce n'était qu'un ami. Il ne pouvait pas le toucher, ou passer du temps avec lui, partager comme il pourrait le faire en étant en couple. Et c'était ce qui le tuait. C'était d'avoir découvert qu'il demandait bien plus à son ami que ce qu'il ne voudrait jamais lui offrir.
Le lendemain ce fut la même chose. Puis le jour d'après aussi. Le seul moment qu'ils partageaient maintenant c'était le bus. Thomas en était triste, il voulait passer du temps avec lui, même simplement en tant qu'amis. C'est ce qui devait se passer. Mais il ne pouvait pas. Pas tout de suite. Il fallait attendre un peu que la plaie s'apaise.
Le weekend arriva et Thomas le prit comme une délivrance. Il allait pouvoir se rouler en boule sous sa couette et faire son deuil. Passer à autre chose. Il sécha l'entraînement de basket. Le samedi soir, quelqu'un vint frapper à la porte. Sa mère était absente, il descendit donc ouvrir. Il s'attendait à voir Térésa mais c'est une crinière blonde aux yeux noirs furibonds qui se tenait en face de lui. Le ventre de Thomas se serra derechef, sa gorge se noua et son cœur rata quelques battements. Putain. Qu'est ce qu'il foutait là ? Il voulait le faire souffrir un maximum ou quoi ?!
Voyant que le brun ne disait rien, le blond dit :
« Salut. » puis attendit un peu. Devant l'absence de réaction, il continua « A quoi tu joues exactement Tommy? »
Thomas serra la mâchoire, carrément en colère, mais ne répondit rien. Il ne voulait pas avoir cette conversation.
Les prunelles de Newt semblèrent devenir encore plus noires. Il attrapa le bras de Thomas, le poussant à l'intérieur. Il ferma la porte d'un coup de pied en arrière sans même se retourner. Il entraîna Thomas jusque dans sa chambre, ferma la porte d'un coup d'épaule et plaqua le brun contre le mur, appuyant sur lui de tout son poids.
« Je croyais qu'on était censé rester amis malgré tout ! » lui cracha t'il presque. « Et là, tu m'ignore ! »
Si Thomas n'avait pas était si furibond, il se serait demandé pourquoi son ami était aussi en colère. Mais là, il voyait juste rouge. Il avait prévu de passer le weekend à oublier son ami, pour JUSTEMENT pouvoir rester ami avec lui sans se mettre à fantasmer sur ses lèvres ou quelque partie de son corps et se dire à quel point il voulait passer du temps avec lui, ne serait-ce que pour regarder un film ou bouffer des crêpes. Et voila qu'il se pointe, condamnant ses efforts à néant.
« Je t'aime Newt, putain. Je t'aime et pas comme il le faudrait pour qu'on soit juste amis. » Newt blêmit légèrement, et ses prunelles perdirent un peu de leur brûlant. Mais Thomas continua, laissant sortir le torrent de paroles qui se déchaînait depuis le début de la semaine dans sa tête. « Et toi tu ne m'aime pas. Et je m'en fous, je veux dire, je te le reproche pas. Tu aimes Alby, c'est comme ça. Et crois moi, je veux qu'on reste amis, j'en ai besoin. Mais pour le moment, ta présence me fait plus souffrir que ton absence. » Son ton était maintenant presque suppliant « Comprend moi, Newt, j'ignorais la semaine dernière l'existence de ces sentiments. Je les découvre et dans l'heure j'apprends qu'ils sont voués à la solitude. Ça fait mal. » Puis sa voix se durcit à nouveau « Mais je te trouve égoïste de me reprocher d'être distant avec toi ! Tu n'étais pas mieux avec Alby. Et puis, qu'est-ce que ça peut te faire, au final, c'est pas comme si nous étions amis de longue date. On ne se connaît que depuis quelques semaines ! » A ces mots, Newt recula, le visage baissé, sans un mot.
Thomas respira un grand coup et regarda l'homme qu'il aimait et le faisait tant souffrir.
« Tommy… Je sais que je ne suis pas juste de te demander ça. Mais... » il regarda le brun dans les yeux « je n'ai pas envie de te perdre. » Le cœur de Thomas se mit à battre plus fort. Il y avait quelque chose dans l'expression de Newt…
« Quoi, Newtie, on ne peut pas se passer de moi ? » dit le brun avec un sourire presque carnassier. Le blond ne répondit rien, passant juste sa main dans ses cheveux, préoccupé.
Quelque chose se brisa dans Thomas. Il avança sur Newt, l'obligeant à reculer jusqu'à ce que le haut de ses cuisses cognent contre le bureau :
« Newt… Dis moi, tu ne peux pas te passer de moi ? » le ton était entre la plaisanterie et la supplication.
Le brun remarqua que la respiration du blond était saccadée et qu'il évitait de le regarder dans les yeux. Il déglutit et dit, sans regarder le brun
« Je sais pas… Je comprends pas. »
Puis le blond planta ses prunelles dans celles du brun, et celui-ci eu du mal à trouver sa respiration. A vrai dire, il crevait d'envie de prendre les lèvres du blond.
« Newt, je t'aime. Et si il y a le moindre espoir que toi aussi tu... »
Sa phrase mourut dans les lèvres de Newt qui venait de l'embrasser. Sa main agrippait les cheveux bruns au dessus de la nuque. Ce baisé n'avait rien à voir avec leur premier. Il était beaucoup plus doux et tendre. Thomas avait les yeux grands ouverts et le corps tendu comme un arc. Son esprit était blanc et il ne savait pas quoi faire. Il ne comprenait pas.
Newt rompit l'étreinte, se qui procura à Thomas une grande sensation de froid. Il avait envie de pleurer tant ses émotions partaient dans tous les sens.
« Je t'en pris, Tommy, je t'en pris, je... » les mots du blond se perdirent dans sa gorge et il fronça les sourcils pour trouver les mots justes.
Thomas en voulait plus. Il attrapa la tête de Newt en dessous de l'oreille, la main sur la mâchoire. De l'autre main, il poussa sa hanche, pour que le blond soit presque obligé de s'asseoir sur le bureau. Il plongea sur ses lèvres, le cœur tapant trop fort contre sa cage thoracique. Il sentait le souffle saccadé de Newt, il sentit sa main agripper à son tee-shirt, l'attirant un peu plus vers lui. Le blond répondit à son baisé, d'abord timide, puis plus passionné. Thomas mordilla légèrement la lèvre inférieur de Newt, mais lorsqu'il sentit la pointe de la langue de l'anglais contre ses lèvres, il recula violemment.
Sans même reprendre son souffle, il dit :
« Newt… Je peux pas… je veux dire, je ne veux pas que tu ais pitié, ok ? Je ne veux pas t'embrasser si ce n'est pas un sentiment réciproque. »
Lorsqu'il vit la mine de Newt s'effondrer, il regretta d'avoir rompu leur baisé et de ne pas avoir baisé cet homme tant qu'il le pouvait encore. Il se donna une claque mentale pour de telles idées. Ça n'allait pas l'aider.
« Tommy… Je ne suis pas sûr... » le blond se prit la tête dans les mains, visiblement torturé de l'intérieur « Je ne veux pas te perdre, je ne veux pas que tu sois loin de moi, ça j'en suis sûr. Mais c'est du pourquoi dont je ne suis pas sûr. »
« Tu aimes Alby. »
« ça non plus ne j'en suis pas sûr. » dit le blond avec un sourire triste et désolé.
Thomas prit une grande inspiration.
« Si tu étais amoureux de moi, tu le saurais. Newtie, c'est bon, je t'ai dis. Tu n'as pas à te sentir obligé de me rendre mes sentiments. Juste, laisse moi un peu de temps, ok ? Je te promets que ça reviendra comme avant »
Newt secoua la tête, les larmes aux yeux.
« Je ne veux pas ça. Je ne veux pas que ce soit comme avant. »
Thomas était perdu.
« Cette soirée-là, j'ai détesté que tu sois avec cette pouffiasse. Je déteste aussi que tu sois aussi proche de Térésa -surtout qu'elle n'attend qu'une chose, c'est de sortir avec toi. Et j'ai détesté cette semaine où tu as passé ton temps à m'éviter, tu étais tout le temps avec Minho, et ça avait l'air de te suffire. »
Thomas eu presque envie de sourire de la jalousie de son ami. Mais à vrai dire, le sentiment qui dominait c'était l'espoir.
« Newt… Je voudrais pas avoir l'air de sauter aux conclusions… Mais à moins que tu sois comme ça avec tous tes amis, ça m'a bien l'air d'être de l'amour. »
Le blond le fusilla du regard.
« Je sais de quoi ça à l'air. Mais je ne sais pas pourquoi! Il y a quelques jours à peine, j'étais amoureux d'Alby, et là, tu débarques, tu m'embrasses et tu chamboule tout. Je ne sais pas si ces sentiments sont sincères ou si c'est juste parce que je veux trouver du réconfort. »
Ça avait du sens. Mais Thomas s'en foutait, les sentiments étaient là, même si ce n'était que des leurres.
« Dans ce cas, tombe réellement amoureux de moi. » dit le brun d'un air aguicheur.
Le blond pouffa puis finit par se mettre à rire, entraînant Thomas avec lui. Ils rigolèrent pendant un bon moment, terminant tous les deux assis par terre, côte à côte et adossés au lit, silencieux.
Newt finit par dire au bout de quelques minutes :
« Fais en sorte que je tombe réellement amoureux de toi. »
« Je devrais pas avoir trop de mal, j'ai tellement de charme. Et puis, je suis sûr que tu es déjà totalement amoureux de moi. »
Newt ne répondit rien, se contentant de sourire. C'était possible.
Hey!
Voici la suite, j'espère qu'elle vous aura plu. J'ai bien galéré à l'écrire, j'espère que ça ira _
Merci pour toutes vos reviews, vous êtes cools, ça me fait juste super plaisir! :3
Je vous laisse et vous dit à la prochaine, je n'ai toujours pas de date, et avec Hannibal qui sort bientôt, je vais probablement avoir encore moins de temps pour écrire U_U
Mais promis, je post la suite dès que possible!
Bises
