Chapitre 10 : Un mariage prévisible :

-Anna vient il est temps d'embarquer, rassure-toi nous ne craignons rien ! Déclara Elsa tentant de me rassurer pour la Xième fois.

-Non ça ne m'inspire pas du tout, nous allons nous noyer.

-Soit positive brailla ma sœur.

-Je suis positivement sûre que nous allons nous noyer.

Elsa soupira. Mais rien n'y faisait. J'étais terrifiée à l'idée de devoir prendre la mer. Rien que d'imaginer que nous n'aurions plus la terre ferme sous nos pieds pendant au moins une semaine, me faisait tourner de l'œil. Elsa l'avait bien vu car au cours des jours qui avaient suivi les enterrements elle s'était mise aux petits soins pour moi me demandant toutes les cinq minutes si quelque chose me tracassait. Je lui répondais non à chaque fois, pas parce que c'était vrai mais plutôt parce que je ne voulais pas qu'elle s'en fasse pour moi.

Ce matin ça avait été un calvaire pour les derniers préparatifs. Nous avions déjà chargé le bateau bien des jours avant mais il nous restait quelques affaires à mettre. En autre tout ce qui était nécessaire pour la vie des bébés. Mes petits anges étaient très sereins dans leurs couffins et nous les avions de ce fait mis dans la cabine principale.

J'aurais aimé les laisser là avec Olga et Olaf mais j'avais peur que les petits bonhommes de neige ne sachent pas bien s'en occuper.

-Allez Anna viens répéta Elsa d'une voix plus autoritaire, il est temps d'y aller.

Je gravis donc le bateau d'un pas lourd. Chaque pas que je posais semblait abattre le sol avec au loin un écho. Mais bien sûr tout ceci n'était que dans ma tête. En réalité l'eau était calme, l'aube venait de se lever et tout l'équipage sifflotait joyeusement en manœuvrant les écoutes. Cela me mit un petit peu à l'aise.

-Tout est prêt votre majesté annonça le capitaine d'une voix forte.

-Très bien nous allons pouvoir partir renchérit ma sœur.

Elle ne lui fit pas dire deux fois. Alors que je sentais de nouveau un malaise se profiler à travers mon crâne, un des matelots enleva l'échelle de bois tandis qu'un autre se chargea de dénouer la corde encore enroulée autour d'un des bittes du port.

Une fois cela fait le navire tangua doucement et dériva un peu vers l'horizon. J'avais déjà envie de vomir.

-Va t'allonger dans la cabine ordonna ma sœur comme si elle avait lu dans mes pensées.

Mais j'avais peur d'y aller. J'ignorais à jamais où Papa et Maman se trouvaient quand la vague les avaient emporté mais une chose était sûr, ils avaient eu aucune chance de s'en sortir s'ils avaient été dans leurs cabines plutôt que dehors. Car aucun moyen de sortir à l'intérieur. A l'extérieur ils auraient toujours eu plus de chance de respirer même si c'était juste pour gagner quelques secondes à peine.

Néanmoins j'exécutais l'ordre de ma grande sœur. Je descendis donc par l'escalier qui menait à la cale et allais m'allonger sur une des banquettes qui servait de lit. Là je décidais de me tenir dans un état comateux. Je n'avais pas envie de dormir car en ce moment je faisais toujours le même cauchemar. Mais je n'avais pas non plus envie d'être complètement réveillée car le tangage du bateau me donnait la nausée. Nikolas et Suzanne dormaient paisiblement égaux à eux-mêmes. L'air marin n'avait pas l'air de les déranger. Suzanne forçait ses traits en dormant. Elle tenait ça de Kristoff. Je la recouvrais alors qu'elle avait dégagé sa main droite de ses langes.

Je fus surprise de constater qu'elle était gelée. Non ! C'était complètement ridicule ! Elle ne pouvait pas avoir le pouvoir d'Elsa. Nous n'étions plus dans mon cauchemar là ! Après tout il faisait encore froid à cette heure-ci et un bébé était beaucoup plus sensible à la température qu'un adulte.

-Ça va mieux Anna ? me demanda bientôt ma sœur en venant me rejoindre.

J'hochais la tête pour lui faire croire que « oui ». Satisfaite Elsa alla donc s'allonger sur sa couchette et s'endormit instantanément. Avec effroi je constatais que nous n'étions de nouveau en froid depuis la mort de Kristoff. Il faut dire que je lui avais caché des choses durant les trois jours qui avaient suivi l'enterrement de mon époux

En effet je n'étais pas restée cloîtrée dans ma chambre comme j'avais pu lui prétendre. Le premier jour j'étais partie très tôt en direction de la vallée des trolls. Je voulais voir Grand Pabby juste pour qu'il me renseigne sur la signification de mon cauchemar. Pas celui avec les flocons. La seule réponse que j'avais eu était la citation suivante : « L'inconscient est le psychique lui-même et son essentielle réalité. Sa nature intime nous est aussi inconnue que la réalité du monde extérieur, et la conscience nous renseigne sur lui d'une manière aussi incomplète que nos organes des sens sur le monde extérieur. » Bien que je n'avais rien compris je ne l'avais pas dit au troll pour ne pas le vexer. Je pensais juste que l'inconscient c'était comme l'extérieur il n'y avait rien à comprendre. Ça se faisait automatiquement un point c'est tout. Puis je lui avais appris que son fils adoptif était mort et contre toute attente il n'avait pas paru surpris.

-Vous ne saviez pas comment il était Anna étant enfant. C'était un garçon turbulent et il jouait souvent à se battre avec les autres petits trolls avait-il dit.

-Oui mais de là à brandir un couteau pour tuer quelqu'un de dos en plus ! Avais-je renchérit déboussolée.

-Anna il arrive des fois qu'on fasse mal sans le vouloir, c'est ce qui est arrivé à Elsa avec vous.

-Comment ? Avais-je demandé ne comprenant pas bien où il voulait en venir.

-Votre sœur ne vous l'a pas raconté ?

J'avais fait non de la tête de plus en plus étonnée. Grand Pabby avait soupiré puis il m'avait expliqué :

-La première fois que j'ai su pour les pouvoirs de votre sœur c'est lorsqu'elle vous avait gelé la tête accidentellement. J'avais alors demandé à vos parents si c'était un mauvais sort ou un pouvoir de naissance. Votre père m'avait répondu de naissance. Je vous avais ensuite enlevé tous les souvenirs susceptibles de rappeler la magie d'Elsa afin que vous ne sachiez pas pour ses pouvoirs.

-Serait-il possible de les récupérer ?

Oui il me les avait redonnés.

-J'ai peur que Suzanne hérite des pouvoirs d'Elsa lui avais-je encore confié.

Grand Pabby avait semblé réfléchir à mon inquiétude. Puis finalement il avait sorti deux petits hochets en formes de flocons.

-Quand les enfants secoueront ces jouets les esprits entendront le maléfice et ils ne les approcheront plus. Pour le moment comme ils sont petits il faut que ça soit vous qui le fassiez pour eux.

-Très bien avais-je conclu.

Il m'avait également donné un petit flacon que je devais transmettre à Oaken. Je lui avais alors expliqué que c'était de la faute à celui-ci si Kristoff était mort et il avait paru plus affecté.

Le deuxième jour j'étais donc partie voir Oaken dans sa cellule attendant une seconde d'inattention

-Majesté Anna ! Avait-il annoncé de sa petite voix fluette.

Honnêtement quand je m'étais retrouvée en face de lui j'avais eu envie de le tuer mais je m'étais restreint et à la place j'avais donné le flacon sans un mot. Il l'avait bu comme un idiot et me l'avait retendu. Je lui avais ensuite demandé de me réexpliquer ce qui s'était passé durant l'altercation entre lui et Kristoff.

-Y a-t-il quelque chose que vous auriez aimé rajouté par rapport à l'autre fois ? Un détail ?

-Oh ja ! Il me semble que quand j'ai frappé Kristoff deux petits flocons avec écrit « IS » brillaient dans les prunelles de ses yeux.

J'avais été sur le point de le traiter de cinglé quand je m'étais rappelé brutalement de ce qui s'était passé durant notre lune de miel. Ça avait été l'occasion ou jamais de lui poser la question.

-Vous souvenez-vous d'une attaque en rapport avec un flocon ? Où Il y avait eu pleins de morts dans votre boutique ?

Ce gros benêt avait semblait réfléchir mais il m'avait juste précisé la même chose qu'il avait sorti à Elsa quelques mois auparavant. Désespérée j'avais fini par lui répliquais :

-Bon si vous vous rappelez d'une quelquonque chose faites-en part aux gardes comme ça ils me le transmettront.

Puis j'étais repartie avec pour seul mystère ce qu'il y avait dans le contenu de ce flacon. Dans un premier temps j'avais voulu retourner voir Grand Pabby pour lui poser la question puis je m'étais renfrognée jugeant que ce n'était pas utile après tout. Il n'y avait rien eu de nouveau ni de suspect depuis.

Au cours de la semaine j'appris à m'habituer à ce nouveau mode de vie. J'essayais le moins possible de rester dans la cabine autant pour ne pas vomir que pour ma propre peur. J'emmenais également les petits prendre l'air au moins une heure par jour le reste du temps ils dormaient paisiblement. Quand je n'étais pas avec eux je me réfugiais auprès d'Elsa qui comme à son habitude n'était pas très bavarde. Nous faisions des parties d'échecs toutes les deux mais à chaque fois c'était elle qui gagnait. En même temps c'était elle la plus stratégique de la famille. Une fois que je m'avouais vaincue ce qui arrivait assez vite nous nous mettions à lire « les contemplations » de mon cher Victor Hugo. C'était mon poète préféré avec Charles Baudelaire. Elsa m'écoutait pendant des heures avec patience pendant que je lui racontais les histoires politiques, romantiques et sentimentales du vieux poète. Elle ne parlait jamais quand je lui faisais la lecture. Il y a eu juste une fois où après le poème de Napoléon le petit nous nous étions mis à débattre sur ce qui était arrivé en France en 1789. Je ne lui disais pas mais j'avais peur qu'un jour le peuple d'Arendelle fasse de même pour nous. Elsa m'avait renchérit qu'elle ne pensait pas que cela puisse se passer car nous étions assez bien placé économiquement.

-Et puis si ça avait dû se passer ça se serait produit au moment où j'avais tout gelé avait-elle ajoutée, ne t'en fais pas Anna le seul qui ait voulu nous assassiner jusqu'à présent c'est ce Hans des îles du Sud mais aujourd'hui il est en prison donc nous n'avons plus rien à craindre.

-Certes avais-je conclue avant de me replonger dans un autre poème.

Mon poème préféré de Victor Hugo était « vieille chanson du jeune temps ». Il racontait l'histoire d'un homme je supposais l'auteur, et d'une femme qui se nommait Rose. Les deux faisaient une rencontre amoureuse dans les bois. Victor était plus jeune que Rose donc avait beaucoup moins d'expérience. Lui songeait à l'amour platonique sans relations sexuelles alors qu'elle n'attendait que ça. Les derniers vers le prouvaient bien : « je ne vis qu'elle était belle qu'en sortant des grands bois sourds » « soit ! N'y pensons-plus dit-elle » « depuis j'y pense toujours ». J'ai toujours adoré ce poème mais il est devenu réellement un de mes préférés depuis que j'avais identifié Elsa comme Rose. Ma sœur tout autant que la fleur humaine paraissait parfaite, si pure, si blanche. Bon aussi parce qu'elle était plus âgée. Malheureusement je pense que le personnage et ma chère sœur n'étaient pas sur la même longueur d'onde pour le sexe. Nous n'en parlions jamais ce que je trouvais bien dommage surtout depuis que Kristoff était mort. Il faut dire qu'avec son caractère enfermé, Elsa n'avait rien d'attirante. Il m'arrivait parfois de penser que si elle avait un jour une relation avec un homme arriverait-elle à se décoincer pendant l'acte pour ne pas le geler ? Mais je me reprenais très vite sur ses vagabondages de l'esprit. Après tout, ça ne me regardait pas. Le jeune Victor Hugo me faisait quant à lui penser à mon cher et tendre Kristoff si jeune, si innocent, si benêt lorsque je l'avais rencontré. Il s'était développé au fils des mois apprenant à devenir de plus en plus un spécialiste de l'amour. Oui il me manquait terriblement et rien qu'à l'idée que je ne pourrais plus jamais poser mes mains sur lui un étouffement à la poitrine me reprit. Il fallait que j'évacue mes désirs, mes tristesses, ma nostalgie sinon j'allais finir par déprimer sérieusement. Je décidais dès lors qu'à mon retour du mariage de Mélodie je commencerais un journal TRES intime. En attendant je retournais auprès de mes chers petits et leurs secouais les hochets de Grand Pabby sous le nez afin d'éloigner le mauvais sort. Je touchais ensuite leurs mains pour vérifier que ça marchait bien mais je n'étais pas très convaincue.

Une semaine plus tard nous abordions enfin les côtes de Skagen sous un ciel ensoleillé et une chaleur plus tenace que je ne l'aurais cru en ce mois de mi-septembre. Nous fûmes reçus par un serviteur qui nous accueillit avec froideur. Je ne pus m'empêcher de remarquer que ça plaisait à Elsa. Elle et le froid en même temps… Quant à moi j'en étais choquée. L'homme un gaillard assez robuste aux cheveux impeccablement propre nous regarda comme des pestiférés jusqu'à qu'Elsa déclare :

-Nous sommes la reine Elsa et la princesse Anna du royaume d'Arendelle, nous venons pour le mariage de sa majesté notre cousine Mélodie princesse de Skägen sous peu reine.

-Vous arrivez en pleine préparatif ! déclara l'homme qui ne se dérida pas pour autant, nous allons vous trouver une place pour déposer vos affaires et que vous vous changiez… Le mariage est cet après-midi.

-Si tôt s'étonna Elsa, pourtant selon l'itinéraire de la traversée nous avons fait en sorte d'arriver au moins deux jours à l'avance.

-Eh bien soit votre bateau est faussé soit le temps a accéléré.

Elsa gardait son sang-froid face à ce mal élevé, moi je lui aurais déjà collé mon poing dans la figure. Mais il fallait que je prenne sur moi. Au lieu de cela nous nous laissâmes guider jusqu'au château qui se situait non loin du port puisque notre oncle le prince Erik dans sa jeunesse avait été un bon marin avant d'être un bon prince. L'aile par laquelle nous fit rentrer le garde était en bazar ce qui me surprit beaucoup pour un château. Le nôtre était tellement impeccable. Nous montâmes les escaliers sans trop de problème si ce n'est que j'avais du mal à tenir les jumeaux dans mes deux bras. Le serviteur nous logea bientôt dans une petite chambre doté d'un unique lit.

-Préparez-vous ordonna-t-il, la future reine et son futur mari n'aiment guère attendre.

Ça ne ressemblait pas à Mélodie de nous accueillir avec autant de froideur. Je redoutais déjà que les choses ne se passent pas comme je l'avais espéré.

-Nous souhaitons voir sa Majesté notre cousine ! Quémanda Elsa voulant rappeler à ce saugrenue personnage que sa condition était bien plus supérieur à la sienne.

Alors pour la première fois depuis que nous fûmes accueillis le garde se détendit un peu et répliqua toujours aussi sec :

-Vous pourrez la voir mais habillez-vous d'abord.

Sentant notre pudeur il nous laissa nous changer et s'en alla de la salle. Il n'alla pas très loin ayant encore peur que nous soyons des espions.

-Il faudra dire à Mélodie qu'elle choisisse mieux ses serviteurs la prochaine fois chuchotais-je à Elsa.

-Je lui en parlerai… Peut-être que Kay a un frère caché qui pourrait la servir dit ma sœur avec amusement.

Ce qui ne me faisait pas du tout rire. Voyant que ça ne servait à rien d'insister, Elsa se mit dans un coin et se passa des paillettes sur son éternelle robe bleue. Elle la réajusta également pour être présentable. Puis s'observant dans le miroir elle se refit la tresse remettant une nouvelle couche de flocons dans sa chevelure de blés. Ce qui est drôle c'est qu'avant j'aurais été la première à me passer une robe, me pouponner, me regarder dans le miroir pendant des heures, chanter… Mais aujourd'hui je n'en avais pas envie. Ma sœur prit donc les initiatives et me passa une simple robe bleue claire. Elle me releva mes nattes en chignon et prit soin d'y ajouter une fleur blanche. Néanmoins elle eut plus de mal sur le maquillage. Il faut dire aussi que je faisais exprès de bouger pour ne pas qu'elle m'en mette trop.

-Et pour Suzanne et Nikolas ? Demandais-je voyant que les petits commençaient à s'agiter sur le lit de baldaquin.

Eux aussi avaient leurs tenues de baptêmes qu'on avait un peu agrandis car en trois semaines les bébés avaient déjà poussé.

-J'ai peut-être une idée dit Elsa.

Et là encore une fois sous mes yeux ébahis je la vis me confectionner un landau de glace pour que je puisse coucher les bébés. La remerciant j'étalais deux grosses couvertures de laines et y déposais Suzanne et Nikolas qui gémissaient comme deux petits chiens que nous n'aurions pas nourrit. En effet ils avaient faim. Pendant que je leur donnais rapidement le sein, Elsa sortit prévenir l'armoire à glace que nous étions prêtes. Celui-ci rentra aussitôt sans ménagement dans la pièce et m'ordonna de me presser. Je tendis alors les hochets aux bébés et les pousser enfin hors de la pièce. Redescendre l'escalier ne fut pas une mince affaire mais nous arrivâmes quand même sans trop de problèmes. Des voix s'entendaient au loin dans ce qui devait être la grande salle de bal. J'étais étonnée que nous ne rendions pas directement à l'église pour la cérémonie mais je ne fis pas de commentaires pour autant. Nous traversâmes ainsi un long corridor voyant défiler plusieurs salles qui étaient principalement des chambres. En passant devant les cuisines nous fîmes un bond en entendant le boucan épouvantable des casseroles qu'on tapait contre un mur.

-Ce Louis fait encore des siennes murmura le valet antipathique.

Nous ne relevâmes pas sa phrase trop préoccupées par l'entrée que nous allions faire d'ici quelques secondes. Contre toute attente l'armoire à glace ne nous présenta pas. Elle nous laissa juste nous évaporer à travers tous ces visages qui je dois bien l'avouer m'étaient inconnus.

-On fait quoi ? Demandais-je me collant de plus en plus à Elsa.

-On cherche Mélodie pardi ! S'exclama-t-elle en se redressant instinctivement.

Ce fut plus facile à dire qu'à faire. Nous décidâmes de couper à travers la salle. Elsa remarqua très vite qu'avec ma poussette il était plus aisé de me laisser passer, les gens se poussaient plus facilement. Elle me laissa donc ouvrir le chemin et s'acquitta de la place de derrière. Autant les invités n'en avait que faire de nous autant ils tombaient complètement sous le charme des jumeaux. Je dois avouer que c'était un bon moyen de communication.

Ainsi nous rencontrâmes un certain Nicolas Ier tsar de la Russie impériale. Nous rencontrâmes également une certaine Duchesse Maria de Funningur qui a 18 ans avait déjà des allures charmeuses très prometteuses. Par ses trois tonnes de maquillage, sa robe décolletée extra-plongeante et sa fente qui lui arrivait jusqu'aux genoux je fus obligée de reconnaître qu'elle ressemblait à Elsa. Comme n'importe quelle personne qui parle à des bébés elle leurs minauda des phrases très maternelle sur le ton le plus aigüe du monde.

-Avez-vous vu son Altesse Mélodie ? Demanda Elsa qui sauta sur l'occasion.

-Non elle est déjà à la chapelle qui se trouve non loin d'ici, les invités devaient partir ensemble.

-Ah très bien.

Je comprenais maintenant pourquoi l'antipathique serviteur nous avait demandé de nous presser. Je crus que nous allions attendre longtemps mais heureusement bientôt nous fûmes appelés par la demoiselle d'honneur de la mariée qui n'était autre que la mère de Raiponce. Elle aussi avait fait un effort de tenue vestimentaire compromettant le teint noir pour une robe bleue roi. Son mari n'était pas dans les parages. Sans doute avec le marié. Une fois que nous fûmes rassemblés nous commençâmes la marche à pieds jusqu'à l'église, je trouvais cela à la fois fatiguant et sympathique. Nous ne pouvions pas parler à notre Tante Sofia maintenant étant donné que c'était elle qui menait le cortège. Les gens nous regardaient passer et nous applaudissait en comprenant la situation. Evidemment même les simples artisans et paysans étaient au courant que la future reine était sur le point de se faire couronner et se marier. Malheureusement ils ne pouvaient pas assister au spectacle comme les riches.

Néanmoins ils nous accompagnèrent jusque sur le palier de l'église. Les portes étaient ouvertes et Mélodie se tenait déjà là dans une simple robe blanche aux manchons en forme de nageoires. Je trouvais que c'était un bel hommage porté à sa mère. Ses longs cheveux de jais étaient rassemblés en un gros chignon natté comme pour mon mariage. Elle tenait un bouquet de fleurs à la main. Il ne fallut pas longtemps pour remplir toute la salle. Comme j'avais un landau et les bébés à l'intérieur et que ceux-ci risquaient d'être bruyant je me mis en fin de bancs afin de sortir plus amplement s'ils commençaient à s'agiter. Nous eûmes le droit à une prêtresse chose rare mais possible dans la religion protestante. Elle attendait patiemment que le marié arrive. Pendant ce temps-là nous chuchotions.

-D'habitude c'est la mariée qui est attendue plaisanta la prêtresse.

Ce qui fit pâlir Mélodie.

-Ne vous inquiétez pas ! La rassura aussitôt l'envoyer de Dieu, nous allons commencer la cérémonie de votre couronnement en attendant.

-Très bien répondit Mélodie.

Contrairement à la cérémonie d'Elsa il n'y avait pas de chorale pour glorifier la future reine juste une musique de fond grégorienne. Tout se fit principalement par les gestes. La prêtresse parlait en danois ce qui n'était pas évidemment à suivre bien que nous ayons appris ces langues Elsa et moi. Elle demanda à Mélodie de s'agenouiller et fit amener deux urnes. Elle les ouvrit et en prit une pincée de cendres de chaque. Elle les déposa ensuite sur le front de la sirène et continua de lui parler en Danois. Je ne compris pas grand-chose mais j'en compris assez pour être médusée. La prêtresse venait de déposer les cendres d'Arielle et Erik sur le front de leur fille. J'eus envie de vomir mais je me retins. Mélodie se releva ensuite et la prêtresse lui tendit un couffin où logeaient le sceptre et la boule royale. Contrairement à Elsa elle attrapa les objets sans crainte. Elle nous les présenta ensuite sous son plus beau sourire. La prêtresse finit par lui mettre une cape d'hermine et une couronne d'argent.

Il se passa quelques instants puis nous applaudissâmes de bon cœur.

Ce fut le moment propice que choisit le marié pour faire son entrée. Et là en une seconde, la joie vira au cauchemar. Elsa sentit immédiatement que je me raidis. Je n'aurais su dire si c'était de peur ou de colère. Fier, beau et roux Hans se tenait comme un paon aux portes de l'Eglise et avançait avec prestance accompagnée de sa mère une dame qui ressemblait à une Mama italienne.

-Dites-moi que c'est une blague murmurais-je plus pour moi-même que pour les autres.

Mais en scrutant la foule ce qui aurait dû me sauter aux yeux tout à l'heure me persécuta maintenant. En effet assis sur le rang d'en face toute la famille des îles du sud, était présente. Nous pouvions prendre n'importe quel frère de Hans que ça soit, Karl, Viktor les décuplés ou lui ils avaient tous la même tête.

-Calme-toi Anna tu es toute crispée me chuchota ma sœur pour me détendre.

Moi qui avait espéré que les jumeaux ne pleureraient pas pendant la cérémonie j'espérais à présent qu'ils s'égosillent les poumons ! Hélas ils dormaient bercés par les chants Grégoriens.

-Je veux aller dehors s'il te plaît Elsa déclarais-je me sentant de plus en plus mal à l'aise.

Le paon enfariné aux yeux verts venait de rejoindre Mélodie. Comment osait-il s'en prendre à une autre âme innocente ?! Comment osait-il ne pas être mort alors qu'il avait essayé deux attentats… Bon dont un en rêve ?! Je n'avais envie que d'une chose c'était de lui arracher la tête. C'était plus fort que moi je ne voulais pas en voir plus. Glissant discrètement mon pied sous le landau des bébés je donnais un grand coup de pied dans leurs dos. Pour un coup d'essai ce fut un coup de maître. Ne comprenant même pas que nous étions dans une église Suzanne se mit à pleurer provoquant des échos dans le lieu culte. Au début je la pris dans mes bras faisant semblant de la calmer mais bientôt ses pleurs réveillèrent Nikolas qui s'en donna à son tour à cœur joie. Elsa me regarda, pas du tout convaincue que ça soit quelque chose d'involontaire.

-Pars dehors dit-elle assez fort en couvrant les bruits des bébés.

Evidemment ma sortie ne se fit pas aussi discrète qu'elle aurait pu l'être et c'était le but. Je voulais que Hans me voit, voit ma sœur et voit ma progéniture. Je voulais qu'il voie que j'ai tourné la page qu'il n'était qu'un vulgaire bâtard pestiféré sans cœur. Je ne croyais pas un seul instant qu'il aimât Mélodie. Au contraire j'étais sûre qu'il nous préparait un mauvais plan. Mon attente fut satisfaite, il finit par tourner la tête et me dévisagea étonné voir choqué. Il ne me quitta pas des yeux jusqu'à que je passe la porte et même là il resta encore en suspens. Ce fut la prêtresse qui le rappela à l'ordre.

-Bien à présent que cette chorale fœtale est finie nous allons pouvoir commencer la messe déclara-t-elle, levez-vous et prenons le chant « plus près de toi mon Dieu » au dos de votre feuille.

Je les regardais tous faire comme une enfant punie. Je balançais Nikolas resté dans le landau d'une main et de l'autre j'agitais le hochet à Suzanne. Ses mains étaient toujours aussi froides alors que la température avait augmentée. Secouant le hochet un peu plus fort je repensais à la troisième chose qui m'avait poussé à sortir de l'église. En fait en voyant Hans j'avais eu une image de nous deux en train de nous embrasser. Et malheureusement dans ma pensée ça avait été loin d'être un petit baiser. Si j'étais restée dans l'église et que je l'avais encore observé je pense que mon esprit ne se serait pas arrêté à ces simples images. Pourtant je le savais que c'était une ordure. Je le savais qu'il avait failli nous tuer mais j'avais vraiment eu de l'affection pour lui. Rien que de nous revoir chanter « l'amour est un cadeau » dans ma tête, me fit avoir des frissons. Je regrettais sincèrement qu'il ne m'ait pas embrassé même si ça n'aurait pas rompu le charme. J'aimais Kristoff par-dessus tout mais à présent qu'il était parti je n'aurais plus jamais, de baiser, de tendresse, d'amour… Ni de sexe. Je ne pouvais imaginer ma vie sans ces choses-là.

Voyons Anna reprend-toi ! Il ne faut pas craquer ! Chassant les dernières idées qui venaient de me passer par la tête je reposais Suzanne à côté de son frère et observais le nouveau couple princier qui ne ferait bientôt plus qu'un. La prêtresse était en train de leur demander s'ils voulaient devenir mari et femme. Je m'étonnais que la messe se soit passée aussi vite. Elle leur attacha des rubans autour de la tête et leurs donna deux coupes de vins qu'ils durent boire les mains croisées. Ils s'échangèrent ensuite les alliances et sous de nombreux applaudissements finirent enfin par s'embrasser. Les yeux embués je me revoyais avec Kristoff faisant la même chose. Pendant qu'ils allèrent signer les archives la foule ressortit de l'église et nous nous remîmes en route à pieds vers le château. Ne voyant pas Elsa je me mis à marcher aux côtés de tante Sofia lui confiant mes condoléances pour Raiponce, Eugène et Estéban. Ils me manquaient eux aussi. Sa voix était enrouée quand elle parlait. Elle devait encore les pleurer tout comme moi je pleurais mon mari.

-Vous avez de beaux héritiers murmura-t-elle.

-Merci, rassurez-vous Coronna est vraiment un endroit cher à mon cœur et je ne le laisserais pas tomber. La monarchie continuera à vivre là-bas.

Ce fut son tour de me remercier. Les mariés marchaient devant. Et derrière le cortège je pouvais voir les frères d'Hans. J'aperçus alors Elsa qui discutait avec l'un d'eux. Ça avait l'air d'être le plus âgé. C'était donc Karl. Je sentis la jalousie m'envahir. Ma propre sœur m'avait abandonné pour aller discuter avec l'ennemie ! C'était pitoyable ! Elsa avait en plus l'air de prendre goût à parler avec lui. Nous finîmes enfin par arriver au palais. Nous fûmes d'abord tous rassemblés sur la plage pour LA photo inoubliable du mariage. Puis nous allâmes dans la grande salle de bal qui nous avait accueillis le matin même. On nous servit l'apéritif alors que les musiques classiques commençaient à se faire. Des gens dansaient déjà, moi je n'avais personne. Je me contentais donc de rester auprès des chocolats.

La fête continuait de battre son cours. J'avais essayé de m'incruster dans la conversation d'Elsa et Karl mais la politique commençait sérieusement à me taper sur les nerfs. J'aurais voulu me rapprocher de Nicolas et la duchesse Maria mais ceux-ci étaient également en pleine conversation. Idem pour ma tante et mon oncle. Je demeurais seule encore et toujours avec mes jumeaux. Voulant me débarrasser d'eux à tout prix je les quittais bientôt dans mes appartements du séjour. Je retournais ensuite dans la salle beaucoup plus légère. Me sentant enfin à l'aise je repérais bientôt un couple de jeune gens heureux qui était en train de s'embrasser. Lâchant brusquement son copain la jeune fille vint aussitôt me voir car elle m'admirait. Ils venaient tous deux de loin. De France je crois. Et bien qu'ils ne comprennent pas un mot de la langue danoise ils avaient tenus à nous voir Elsa et moi. Enfin c'était surtout la fille qui avait insisté car même si le garçon restait courtois je voyais bien qu'il était venu de force. Bref. Ainsi nous fîmes connaissance et je restais avec ce couple durant tout le temps que Mélodie et Hans préparent la grande salle. Je ne pouvais malheureusement par parler avec ma cousine car elle était trop préoccupée par son mari et bien d'autres invités. Tant pis je lui parlerai demain.

Avant de manger nous eûmes le droit à plusieurs activités comme le lancer de bouquet. Ce fut mémorable. Moi je ne pouvais plus y participer car j'étais mariée à Kristoff mais la jeune fille avec qui j'avais fait connaissance, elle désirait plus que tout avoir le bouquet car elle n'était pas mariée, ni même fiancée à son compagnon. C'était bien la première jeune fille que je rencontrais qui était avec un jeune homme sans pour autant qu'ils soient fiancés. Néanmoins je ne fis aucune remarque. Mélodie se plaça donc au milieu de la salle et demanda à toutes les jeunes demoiselles de venir derrière elle pour qu'elles puissent attraper le bouquet. Maria de Funningur et Elsa évidemment s'ajoutèrent à la jeune fille. Pendant ce temps les « couples » ou hommes célibataires devions faire le compte à rebours. Nous nous y donnâmes à cœur joie avec Nikolas Ier.

-3….2… 1 !

En un instant le bouquet de roses rouges fut envoyé vers le plafond et termina sa pirouette dans les bras… De deux concurrentes. Me déridant un peu je voyais Elsa et la jeune fille tenir le bouquet chacune par les extrémités. Je crus qu'Elsa allait céder mais elle semblait apprécier avoir reçu les fleurs. Contre toute attente ce fut la jeune fille qui lâcha en premier.

-Prenez-le… De toute façon il ne voulait pas que je l'attrape confia-t-elle à Elsa un peu déçue et vexée.

En effet le jeune homme qui deux secondes avant était blanc avait repris toutes ses couleurs après que la jeune fille eût donné le bouquet à ma sœur. Elsa s'en contenta donc et brandit les fleurs comme un trophée sous un tonnerre d'applaudissements de la foule.

-Bien en attendant le prochain mariage de la reine Elsa d'Arendelle, la reine Sofia et le roi Ladislas désirent rendre hommage à leur famille défunte en envoyant des milliers de lanternes dans le ciel !

Nous nous armâmes donc chacun d'un lampion de papier et nous retrouvâmes dehors pour le lancer. La nuit venait tout juste de tomber et l'air s'était un peu rafraîchi. En voyant la jeune fille et son compagnon enlacés en train de se dérober des baisers je regrettais de ne pas avoir Kristoff contre moi pour me réchauffer. Elsa ne lança même pas la lanterne avec moi. Elle « s'accoupla » avec ce prince Karl des îles du Sud. Je redoutais de plus en plus que ça soit le prochain mari. Non ! Voyons Anna, ce n'était pas le genre d'Elsa d'épouser un homme qu'elle connaît à peine. Ils étaient juste amis c'est tout. Il n'y avait rien de plus beau que de voir ces milliers de lanternes dans le ciel. Je priais pour Raiponce, Eugène et Estéban le temps qu'elles soient encore à portée de vue.

Après cela ce fut l'heure de passer à table ! Je fus contente de savoir que nous étions à la même table que la jeune fille et le jeune homme. Nous pourrons encore plus rire ensemble. Elsa était également à notre table sans Karl. Je fus soulagée de la récupérer à ce moment-là.

-Oh Anna ne trouves-tu pas que c'est une agréable soirée ? Demanda ma sœur ravie.

C'était bien la première fois que je la voyais si décontractée. J'hochais la tête pour montrer mon enthousiasme. Le dîner se passa tranquillement et se finit très tard. Je comptais deux heures à la montre. Je ne me sentais pas très bien. Il faut dire que durant le repas j'avais un peu forcée sur le vin me prenant une bouteille entière. Elsa ne m'avait même pas arrêté. Peut-être qu'elle aussi était saoule. La fille du couple était la seule à ne pas avoir bu. C'était par principe. Son compagnon par contre s'en était autant donné à cœur joie comme nous.

-Est-ce que tu pourrais m'indiquer les toilettes ? Lui demandais-je car son esprit sain était bien en place.

-Au sous-sol, il faut que tu descendes l'escalier à droite là-bas et c'est la première pièce à gauche.

Bien que tout s'embrouillait dans ma tête je suivis ce qu'elle venait de me dire. J'arrivais dans les latrines propres qui étaient désertes. Super j'allais pouvoir vomir en paix. J'étais sur le point de joindre le geste à la parole quand je sentis quelqu'un juste derrière moi.

Me retournant je tombais nez à nez avec… Hans.

-Vous n'allez pas vous coucher Anna ? Me demanda-t-il un peu déboussolé.

Il avait l'air de s'être racheté. J'aurais pu retomber dans le panneau mais cette fois je savais à qui j'avais à faire. Je savais quel crétin se cachait sous sa carapace.

-Je peux uriner d'abord ! Chantonnais-je faisant des montagnes russes avec ma voix.

-Vous n'avez pas l'air bien.

-MAIS SI ! MAIS SI ! Criais-je... TU VAS FÊTER CE RENOUVEAU AVEC DES COUPS DE SOLEIL ! TU VAS FÊTER CE RENOUVEAU AVEC DES BOURSES COULEURS VERMEILLES !

Hans me passa alors sa main sur ma bouche histoire de me faire taire. Je le repoussais violemment et continuai de crier à tue-tête :

-FELICITATION A HANS ET MELODIE QU'ILS SOIENT HEUREUX ! FELICITATION ET ATTENTION A LA MORT ! FELICITATION !

-Anna ça suffit ! Dit Hans me trouvant agaçante.

-Vous m'aimez plus ! Vous m'aimez plus ! Pleurnichais-je.

Le prince s'était rapproché de moi.

-Vous empestez la vinasse me précisa-t-il.

-C'est qu'il était bon votre pinard ! Clamais-je retrouvant le sourire.

Puis je tentais d'avoir une lueur de lucidité.

-Votre femme doit vous attendre dans le lit pour votre folle nuit d'amour ! Dis-je presque d'une voix normale.

-C'est que… Je n'ai aucune idée de comment on fait répliqua-t-il un peu nerveux.

J'hésitais entre rire ou pleurer. Les idées à nouveau en désordre je m'approchais alors de lui et avant même qu'il puisse s'en rendre compte je lui posais un rapide baiser sur la bouche. Il recula brusquement étonné par mon geste.

-Non Anna… Je suis un autre homme, j'ai compris mes erreurs, le mal que je vous avais fait, je ne veux pas que ça recommence.

-laissez-moi vous expliquer comment on fait lui chuchotais-je à l'oreille.

Je m'attendais à ce qu'il parte mais il resta. Je recommençais alors à l'embrasser. D'abord doucement juste pour sentir ses lèvres. Elles étaient pulpeuses et douces très différentes de Kristoff. Peu à peu je le fis reculer contre le mur. Nos baisers s'amplifièrent. Il me pressa bientôt la nuque de façon à ce que j'enfonce ma langue dans sa bouche. J'atteins bientôt sa langue gluante qui roula dans le creux de mes joues. Ma tête se penchait selon l'endroit de la langue. Je le désirais encore plus. Visiblement lui aussi. Il semblait avoir oublié le discours qu'il m'avait fait i peine deux minutes. Nous inversâmes bientôt les rôles et je me retrouvais dos contre la pierre lisse et froide.

-Anna je pense qu'il vaut mieux s'arrêter là reprit le prince en s'ôtant un peu trop brutalement de mon corps.

-Hans s'il vous plaît, paniquais-je, ne m'abandonnez pas tout de suite, vous n'êtes toujours pas dépucelé…

-Non Anna…Commença-t-il m'observant sévèrement.

Avant que je déboutonne le premier bouton de ma robe. Je défis ensuite la fleur qui tenait dans mes cheveux laissant mes brins capillaires tombaient sur mes épaules nues. Je me mis dos à Hans pour l'encourager à continuer. Bien qu'un peu réticent au début il se rapatria bientôt vers moi. Il prit son temps entre chaque bouton prenant bien soin d'écarter un peu plus ma robe pour laisser mon dos nu. Il m'embrassa chaudement tout en finissant de glisser le reste de ma robe. Je faillis crier en sentant la pierre froide contre mes seins mais je n'en fis rien. Il me caressa lentement de haut en bas déplaçant ses mains baladeuses en dessous du bassin. Il contourna peu à peu mes fesses et enfonça bientôt ses deux doigts de la main d'une façon peu agile. Mon souffle se fit plus fort même si je trouvais la sensation désagréable. Hans ne l'entendit pas de cette oreille et peu à peu ses manières instinctives se réveillèrent en lui. Conservant cette main il prit conscience qu'il en avait une deuxième et me palpa bientôt les seins s'amusant avec les mamelons. Comme j'étais penchée ils paraissaient plus gros ce qui plaisait beaucoup au prince qui après avoir joué avec, me les caressa me produisant des frissons. Puis il les retira et je compris qu'on allait atteindre le bout. Je l'entendis enlever son pantalon dans un pliement sauvageon comme s'il se prenait les pieds dedans. Il revint alors à la charge me laissant face au mur. Ça serait donc fait de manière bestiale, chienne, en levrette. Parfait. Ses parties génitales étaient aussi dures que la pierre mais je jugeais préférable qu'elles le soient encore plus. Pour cela j'utilisais ma main droite et le lustrer comme on lustrerait une pantoufle. Je sentais Hans faiblir prit dans le plaisir. Je repensais à vieille chanson du jeune temps. Oui Hans tout comme l'auteur était un novice qui essayait tant bien que mal de bien faire tandis que moi j'étais cette Rose déjà si experte en sexe.

Alors là et seulement là je remontais rapidement ma robe pour me rhabiller et lui murmurais :

-Vous êtes fin prêt pour la pénétrer.

Son incompréhension laissa place à un certain agacement lui qui pensait vraiment que j'allais être sa première. L'idée ne m'aurait pas déplu si je n'avais pas songé qu'un homme ne pouvait pas faire l'amour ou difficilement plusieurs fois de suite.

-Désolé Anna mais quand on commence une chose on la finit ! S'énerva Hans.

Sans que j'eus le temps de comprendre ses propos il me retourna cette fois face à lui, me souleva un peu de façon à ce que je puisse être à sa taille et s'introduisit sans grande peine dans ma fente. Les allés/retours ne me déplurent pas mais mon Dieu qu'est-ce qu'il était brute par rapport à Kristoff ! Je plaignais ma pauvre cousine. Bien que je fusse en pleine apogée de mon plaisir je le repoussais cette fois violemment et lui déclarai :

-Gardez-en pour elle.

Il n'en fut pas frustré cette fois. Il s'en alla aussi rapidement qu'il était venu me laissant seule en train de réaliser ce qu'il venait de se passer. Des larmes chaudes coulèrent sur mes joues. Elles étaient salées.

-Pardonne-moi Kristoff.

L'envie de vomir m'avait passé. Il ne me restait plus qu'à remonter dans ma chambre. Je réalisais soudain que j'avais oublié mes bébés pendant plus de quatre heures. Une horrible appréhension m'envahit et je me pressais de plus en plus, faisant résonner mes pas dans le château qui étaient à présent désert.

En arrivant dans ma chambre je constatais amèrement que quelque chose avait changé. La salle était gelée du sol au plafond et le peu de meuble qui s'y trouvait était déplacé ou renversé.

-ELSAAAAA ! Criais-je un peu fort en apercevant subitement ma sœur allongée inconsciemment au sol.

Je glissais aussitôt vers elle et lui tapais sur les joues pour la réveiller.

-Elsa s'il te plaît ! Ne me fais pas ça ! Pas toi aussi ! Pitié !

Ma voix roque fut bientôt envahie par les larmes. Je pleurais dans son cou, tout en la suppliant de vivre.

-Anna murmura-t-elle faiblement après plusieurs minutes.

-Oui Elsa je suis là pour toi ! Ne t'en fais pas, que s'est-il passé ?

-Oaken… Oaken a enlevé Nikolas… pas Suzanne… Je… Je suis arrivée trop tard… La salle était déjà gelée… Tiens…

Elle me donna alors un morceau de papier sur lequel était dessiné le flocon de mon cauchemar, celui qui était apparu dans la boutique d'Oaken… L'éternel flocon avec le « IS » en lettres d'imprimerie. Et juste en dessous une écriture distinguée qui disait « soyez prêtes ».