BLACK JESUS

Posté le : 20 Mai 2014.

Si ce n'était pas le dernier chapitre je pense que j'aurais posté discretos histoire de ne pas m'appesantir sur le temps que j'ai mis à écrire ce chapitre. Je sais que ça craint, mais ça n'a pas été facile tous les jours ces derniers temps. & pour couronner le tout, j'entame mon 10255520 rhume de l'année. Mais comme je suis un eu une warrior vite fait, j'ai quand même fini ce chapitre et je l'ai quand même posté.

Et, comme c'est la fin, je veux en profiter pour vous dire, à tous, un immense merci. Vous avec été parfaits. Vous m'avez accompagné tout au long de ce voyage inédit dans l'univers du Zabnott et je vous en suis extrêmement reconnaissante. Cette historie a su trouver son public et franchement, quel public ! Vous êtes des amours !

J'aime pas trop les au-revoir alors je pense que je vais m'arrêter là. Au revoir vous mes amours. Au revoir Black Jesus (Qui sait j'écrirais peut-être un jour un épilogue...). Au revoir Blaise et Théodore. Et Harry. Et Draco. Et Neville. Et Luna. Et Iris. Et Hermione. Et Mme Zabini. Et toutes les personnes et/ou personnages qui ont un lien de près ou de loin avec cette fic.

Quant à ceux qui me suivent, sachez que je continue « Et s'ils l'avaient fait » et j'ai déjà une autre histoire top secrète en tête. Donc, je ne peux vous dire qu'à bientôt !

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Chapitre X.

La fille aux gâteaux.

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- Bon, bon un peu de silence s'il vous plaît, s'exclama Neville. Je voudrais porter un toast. Au magnifique article de Théodore. Qu'il soit le premier d'une longue liste de succès !

Plusieurs mains se levèrent, portant chacune un verre rempli d'un quelconque alcool. Ce soir, on faisait la fête. On célébrait la réussite de Théodore. Son article pour le Maraudeur s'était avéré être un franc succès, bien que personne n'en ai réellement douté mis à part lui même. Sirius l'avait contacté le matin même pour lui dire que le dernier numéro semblait sur la bonne voie pour faire exploser les chiffre des ventes du magazine.

Du coin de l'œil, le jeune homme aperçu Luna qui semblait en pleine conversation avec Hermione – il s'était senti obligé de l'invité – il décida d'approcher. Il se demanda ce qu'elles pouvaient bien se dire de toute façon, elles étaient si différentes toutes les deux.

- J'adore cette photo de moi. Je me trouve... Je ne sais pas... Je suis heureuse que la première photo de moi qui paraisse dans un journal, et peut-être même la seule de toute ma vie, sois aussi réussie ! Disait Luna.

- Je pourrais te donner l'original si tu le souhaites, lui murmura Théodore après avoir déposé un baiser sur sa joue.

Luna se tourna vers lui en souriant.

- C'est gentil Théo-chou, mais je l'ai déjà découpée sur un des nombreux exemplaires que Blaise conserve dans son bureau. J'espère qu'il ne le remarquera pas !

Aussitôt la jeune fille plaqua ses mains sur sa bouche. Elle aurait voulu posséder un retourneur de temps.

- Qu'est-ce que tu entends par « les nombreux exemplaires » Luna ? Demanda Théodore qui semblait avoir soudain perdu sa bonne humeur.

Luna haussa les épaules.

- Oh je ne sais pas vraiment. Il en a quelques uns..., répondit-elle, évasive en mordillant le bout de ses doigts.

- Combien ? Demanda de nouveau Théodore d'une voix dure.

- Théodore je...

- Combien ?

Quelques personnes autours d'eux les regardaient d'un drôle d'air. Théodore avait haussé la voix sans réellement s'en rendre compte.

- Une quarantaine, répondit finalement Luna d'une toute petite voix.

Théodore se prit sa tête dans les mains et poussa un profond soupir.

- Fais chier, marmonna-t-il en s'éloignant.

Il chercha Neville du regard et, quand il l'aperçu discutant avec une jolie brune, il s'approcha de lui d'un pas rapide.

- Neville, murmura-t-il, je dois m'absenter.

- Quoi ? S'exclama son ami avant de faire signe à son interlocutrice qu'il revenait. Théodore, tu ne peux pas quitter une fête qui a été organisée en ton honneur !

- Tu parles. Je ne connais pas la moitié des gens qui sont ici Neville...

- Ne recommences pas à exagérer Théodore ! C'est ta soirée !

- Neville, ce n'était pas vraiment une question. Je pars, c'est tout.

- Où-est-ce que tu dois aller pour que ce soit si important ?

- Je dois aller... Je dois aller voir Zabini.

- Zabini ? Et pourquoi ?

- Je t'expliquerais plus tard. Juste, je dois partir.

- Théodore, attends !

Mais Théodore avait déjà disparu. Il attrapa sa parka et son écharpe au passage et sorti dans le froid glacial sans ajouter un mot. Blaise Zabini était un connard ! De quel droit avait-il oser s'impliquer ainsi dans la vie professionnelle de Théodore en trafiquant les résultats des ventes ? Qu'est-ce qui n'allait pas bien chez ce type pour qu'il achète quarante putains d'exemplaires du magazine ?

Le jeune homme jeta un coup d'œil à sa montre. À cette heure-ci, il aurait encore un métro. Il sortit sa carte de transport, se glissa entre deux alcoolos qui avaient une conversation agitée et s'engouffra sous terre. Il avait fait ce trajet un nombre impressionnant de fois au cours de l'année précédente. Quelque fois avec plaisir, ou anxiété. Souvent fatigué. Mais jamais avec une telle colère en lui. Il détestait Zabini putain.

Quelques minutes plus tard, il quitta le métro, remonta à la surface et se dirigea d'un pas décidé vers le studio de Zabini. Il n'avait encore aucune idée de ce qu'il allait bien pouvoir lui dire. Il n'y avait pas réfléchi. Il n'arrivait même pas à réfléchir à quoi que ce soit en réalité.

Théodore ne s'étonna de n'avoir croisé personne qu'une fois qu'il fut devant le bureau de Zabini. Comment était-il possible qu'il n'ait rencontré aucun membre de la sécurité ? C'était absolument impossible ! À moins que...

- Je t'en prie, entre, lui lança la voix de Blaise.

Le jeune homme poussa la porte et réalisa alors à quel point sa façon d'agir était ridicule. Il s'était laissé guider par ses sentiments. Par sa colère. Il avait réagi comme un enfant.

- Ne fais pas cette tête, ajouta Blaise, assis sur son canapé, un verre à la main, Luna m'a prévenu. Elle avait peur que tu m'attaques par surprise. Je suis son patron, elle est obligée de veiller sur moi. C'est son rôle.

Théodore resta sur le seuil sans amorcer le moindre mouvement. Il aurait voulu disparaître. Ne jamais avoir quitter la fête. Avoir été une personne un peu plus rationnelle.

- Et bien... Selon Luna tu étais dans une colère noire, je m'attendais à autre chose, je dois te l'avouer !

- Je t'emmerde.

- Ah ! Nous y voilà. Je me disais bien aussi. Autre chose ? Rien ? Ajouta Blaise suite au silence de Théodore.

- Oui. Oui il y autre chose. Je veux que tu sortes de ma vie, déclara Théodore. Je veux que tu disparaisses. Que tu arrêtes de croire que tu as le moindre droit sur moi. Je veux... Va te faire foutre putain. Va te faire foutre et arrête de te mêler de mes affaires. Et arrêtes d'acheter ces maudits magazines !

- Pitié Théodore, marmonna Blaise qui semblait s'ennuyer fermement. Mets-y un peu plus de bonne volonté. Fais moi frissonner d'effroi.

- Je...

- Tu... Tu... Quoi ? Se moqua le créateur.

- Je veux juste que tout ça s'arrête, marmonna Théodore plus pour lui que pour Blaise.

- Tu es celui qui a tout déterré Théodore, l'accusa Blaise en se levant. Tu es celui qui a publié ce putain d'article sur moi. Tu es celui qui s'est barré de cette putain de boite y'a six mois ! Tu es celui qui a tout quitté sans une explication ! Tu ne peux pas vouloir que tout s'arrête et revenir ensuite en espérant qu'il n'y aura aucune conséquence ! C'est la vie Théodore, pas un putain de jeu !

Désormais, Blaise était si près que Théodore pouvait voir une veine pulser sur le côté de son visage. Blaise était terriblement en colère. Et Théodore avait envie de se mettre en position fœtale et de pleurer. Comme s'il y avait la moindre chance que cela règle le problème.

De son coté, Blaise se demandait s'il n'était pas aller trop loin. Il voulait provoquer Théodore, certes, mais il ne voulait pas réellement lui faire du mal. Il voulait qu'il réagisse, c'est tout. Alors, il fit une chose absolument stupide. Une des choses les plus stupides qu'il ait fait de sa vie. Il glissa sa main sur la joue de Théodore pour relever son visage et le forcer à le regarder, et il l'embrassa. Il l'embrassa tendrement. Et contrairement à ce à quoi il aurait pu s'attendre, Théodore ne le repoussa pas. Il répondit à son baiser. Il y mit même de la fougue. Il plaça ses mains derrière la nuque de Blaise et le caressa doucement. Ce dernier prit cela pour un signe clairement encourageant et plaqua Théodore contre le mur. Il glissa ses mains sous ses vêtements, ne prenant même pas la peine de lui enlever – Théodore portait encore son manteau. Il avait des gestes précipités, imprécis. Il voulait juste en profiter le plus possible. Comme s'il savait qu'à un moment ou à un autre Théodore allait se réveiller et le rejeter. Lui dire qu'ils ne pouvaient pas faire ça. Qu'il n'en avait pas envie.

Finalement Blaise eut un peu de répit. Ce n'est que quand il s'attaqua à la boucle de sa ceinture que Théodore sembla se réveiller. Il se tendit soudainement. Et quand Blaise lui murmura qu'il avait envie de lui, il le repoussa complètement.

- Je ne peux pas, déclara Théodore.

Blaise lui lança un regard interrogateur, presque inquiet.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? Demanda Blaise.

- Ne t'approches pas de moi, s'exclama Théodore en tentant de s'éloigner de Blaise alors que ses mouvements étaient restreints par le mur. Je ne veux plus rien affaire avec toi.

- Qu'est-ce que... Bordel, qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? Tu en as envie. Je le sais. Alors pourquoi ?

- Laisse moi tranquille ! Cria presque Théodore avant de pousser violemment Blaise et de fuir le studio.

Cette nuit-là, alors qu'on fêtait son succès dans le bar situé à deux pas de son appartement, Théodore marcha. Des heures. Sans but réel. Il erra dans la ville des amoureux. Seul. Sans but. Neville l'appela une dizaine de fois. Et Luna. Et Hermione. Mais il s'en fichait. Rien n'avait d'importance. Il était bien trop occupé à se demander pour quelle raison Blaise Zabini avait un tel impact sur lui.

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- Courrier pour toi, hurla Neville en pénétrant dans la chambre de Théodore.

- Tu aurais pu frapper, s'offusquer le jeune homme qui n'avait toujours pas quitter son lit.

- Et moi qui pensais que nous n'avions rien à nous cacher ! Fit mine de s'attrister son colocataire. Je suis déçu.

- C'est ça... Et peut-on savoir pour quelle obscure raison tu es venu m'apporter mon courrier dans mon lit ? J'aurais préféré un petit-déjeuner, soit dit en passant, se moqua Théo en attrapant l'enveloppe que son ami lui tendait.

- Parce que cette enveloppe vient tout droit du Maraudeur et que j'ai supposé qu'il devait s'agir d'un chèque. Il se trouve que j'ai très envie de savoir quelle somme absolument indécente tu as touché pour ton article. Tu me connais. Oh et j'ai aussi envie de savoir si tu vas m'offrir un cadeau hors de prix cette année ou pas !

- Va te faire foutre, espèce de rapace.

- Allez, ouvre !

Théodore râlait pour la forme, mais en vérité il mourrait d'envie d'ouvrir cette lettre lui aussi. Il déchira l'enveloppe avec précipitation et ferma les yeux quand ses doigts se refermèrent sur le chèque.

- Je ne suis pas certain d'avoir envie de savoir...

- Conneries !

- Oh putain ! S'exclama Théodore en fixant le montant inscrit sur le chèque. Oh putain de merde.

- Est-ce que ces grossièretés veulent dire qu'on a de quoi se payer un vrai repas de Noël ?

- Un peu mon pote ! Trois mille cinq cent putains d'euros !

- Dieu existe ! S'exclama Neville en se laissant tomber de façon théâtrale sur le lit de Théodore.

- Dégage, tu m'écrases abruti !

Neville ricana et se déplaça légèrement pour que son ami puisse respirer.

- J'aurais peut-être du devenir journaliste moi aussi.

- Idiot ! Tu sais ce que j'ai envie de faire ? J'ai envie d'envoyer un exemplaire du Maraudeur à Balzonni et de lui mettre un petite note sous l'article : « J'ai gagné 3500 putains d'euros mon pote, va te faire mettre avec tes articles ringards ! »

Neville pouffa.

- Je suis riche ! Se mit à crier Théodore, sans prévenir.

Le rire de Neville redoubla d'intensité.

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- Tu as l'air encore plus gay que moi, lança Théodore en sortant de la salle de bain, une heure plus tard, alors que son colocataire regardait une énième diffusion d'Une Nounou d'enfer.

- Je t'emmerde. Où est-ce que tu vas?

- Je vais essayer de trouver un cadeau d'anniversaire à Luna. Tu veux m'accompagner ?

- Hum, faire les magasins moins d'une semaine avant Noël... Pas certain que ce soit une bonne idée.

- Son anniversaire est demain, je ne peux pas vraiment faire autrement.

- Je suis sûr que tu te dis surtout qu'avec un beau cadeau tu pourras esquiver sa soirée de demain. Tu es un ami vraiment horrible je trouve.

Théodore souffla. Luna allait avoir 25 ans. Et le lendemain elle avait prévu une grande fête. Blaise lui avait réserver la salle de bal d'un hôtel-restaurant hors de prix. Il lui avait dit que c'était son cadeau et qu'elle pouvait en faire ce qu'elle voulait. Quelques jour plus tôt, la petite blonde l'avait appelé surexcitée pour tout lui raconter. Elle avait prévu une fête à son image, avait invité une centaine de personne et prévue des décorations de toutes les couleurs. Quelque chose de vraiment impressionnant pour marquer le coup.

Seulement Blaise y serait et par conséquent Théodore n'avait aucune envie de s'y rendre.

Ils ne s'étaient pas revu depuis l'incident du studio une semaine auparavant. Encore maintenant, il ne savait pas ce qu'il lui avait pris. Il s'en voulait. Il n'aurait jamais du se laisser avoir par Zabini. Pas encore. Pas maintenant.

- Ça n'a rien à voir.

- A d'autres !

Théodore marmonna quelque chose d'absolument incompréhensible, enfila sa veste, et sortit.

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- Votre nom ? Demanda l'homme qui se tenait devant l'entrée de la salle réservée pour Luna.

- Euh... Nott. Théodore Nott.

L'homme regarda sa liste et finit par hocher la tête.

- Je vous en prie.

Théodore lui lança un regard surpris, haussa les épaules et rentra. Aussitôt, une tornade blonde s'abattit sur lui.

- Théo-chou ! S'exclama Luna. Je suis si contente que tu sois venu ! Désolé pour ça, ajouta-t-elle en désignant l'homme qui avait à Théodore son nom. Il semblerait que quelqu'un ait eu vent de la réservation de Blaise. Il y a des journalistes dehors. Sans doute attendent-ils une énième frasque du grand Blaise Zabini.

- Sûrement, répondit Théodore. Quelle plaie ces gens-là, ajouta-t-il avec un sourire en coin.

Luna pouffa.

- C'est pour toi, dit soudainement Théodore en tendant en petit paquet à Luna. Joyeux anniversaire.

- Mon plus beau cadeau d'anniversaire, c'est que tu sois là Théodore.

Elle déposa un baiser sur sa joue, lui attrapa la main et l'emporta sur la piste de danse.

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Deux Mojito, un Cuba Libre et un verre de Punch plus tard, Blaise fit son apparition. Fidèle à lui-même. Il portait un costume impeccablement taillé, des chaussures italiennes hors de prix et une paire de lunettes de soleil. Le type de l'entrée ne lui demanda pas son nom. Il se décala immédiatement sur le côté pour qu'il puisse passer.

Si on avait été dans un film, pensa Théodore, Blaise aurait été filmé au ralenti. Et il y aurait eu de la musique. Et un zoom sur son sourire énervant. Et tout le monde aurait arrêté de danser pour le regarder faire une entrée spectaculaire. Théodore secoua la tête en signe de négation. Il perdait complètement la boule. Il finit d'une traite son deuxième verre de Punch en regardant Blaise du coin de l'œil, tandis qu'une amie de Luna lui faisait du pied sous la table. Le créateur s'approcha de Luna et la serra dans ses bras. La jeune femme lui dit quelque chose que Théodore ne put entendre mais cela fit sourire Blaise.

- Je suis gay, lança Théodore à la jeune femme qui lui faisait du pied.

Puis, il se leva et se dirigea vers le bar. Il devait boire. Il était pathétique. Il avait bu une bonne partie de la soirée afin de se tenir « prêt » à l'arrivée de Blaise. Et maintenant qu'il était là il devait encore boire pour essayer d'oublier qu'il était arrivé. Théodore se mit à rire sans raison. Il allait devenir fou.

- Je sais que je n'ai plus le droit de te parler, mais il se trouve simplement que tu es entre moi et la bouteille de vin blanc, lui murmura une voix qui le fit frissonner.

- Le vin blanc ? Réellement ? Et moi qui pensait que tu était plutôt alcool fort, se moqua Théodore.

Blaise lui offrit un sourire ravageur.

- Je connais quelqu'un qui en a, à priori, un peu trop abusé.

- Va te faire mettre.

Une femme qui se trouvait non loin d'eux sembla offusquée et s'éloigna.

- Si tu savais comme j'en ai envie, lui murmura Blaise au creux de l'oreille. J'ai tellement, tellement envie de...

Blaise s'interrompit quand Théodore lui mit la bouteille de vin dans les mains avec force.

- Je m'en fou. Bonne nuit.

- Ne sois pas vexé, lui lança Blaise alors que Théodore fuyait, une fois de plus.

Théodore maugréa jusqu'à trouver Luna, il l'embrassa, lui avoua qu'il avait sans doute un peu trop abusé de l'alcool, lui souhaita, une fois de plus, un très joyeux anniversaire et quitta la salle. Il passa devant le gorille qui gardait l'entrée, lui souhaita une bonne soirée, n'obtint pas de réponse. Se demanda comment il avait pu être assez bête pour penser qu'un type qui surveillait une entrée toute une nuit pouvait passer une bonne soirée. Se dit qu'il réfléchissait trop. Mit tout sur le compte de l'alcool. Et s'apprêta à sortir du bâtiment quand une main se posa sur son épaule.

- Tu as oublié quelque chose, lui dit Blaise.

- Je ne pense pas non, lui répondit le brun en tachant de se détacher de son emprise. Au revoir Mr Zabini.

- Ne m'appelle pas Mr Zabini, ça m'excite, lui avoua son interlocuteur.

Théodore leva les yeux au ciel.

- Je ne vois pas comment je pourrais passer une bonne nuit sans un baiser de ta part.

- Quoi ?

Zabini fit glisser sa main jusqu'aux fesses de Théodore et l'attira à lui pour l'embrasser.

- Non, non, non, le coupa Théodore en posant ses mains sur sa poitrine. Il en est hors de question. Maintenant lâche moi ou je hurle !

- Ce ne serait pas la première fois que tu cries pour moi.

Théodore rougit.

- A bientôt, lui dit Blaise avant de s'éloigner, le sourire aux lèvres.

Putain d'enfoiré.

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La nouvelle tomba deux jours plus tard.

Le 23 décembre.

Il était onze heures passées mais Théodore avait décidé de rester au lit. Peut-être même de passer la journée au lit. Il n'avait envie de rien faire et de profiter pleinement d'en avoir la possibilité. Neville était parti très tôt ce matin-là pour se rendre à la boutique. « Les fleurs c'est un truc qui marche vraiment bien juste avant Noël » lui avait-il lancé avant de disparaître. Par conséquent Théodore était tout seul et la perspective de d'errer, seul, dans l'appartement ne lui disait rien du bon. Il était tout aussi bien – voir mieux – au fond de son lit. Sans doute, se lèverait-il vers dix-sept heures pour prendre une douche et prévoir un truc à manger pour nourrir son pauvre colocataire affamé quand il rentrerait du travail.

Quand son téléphone vibra – signe qu'il avait reçu un SMS – il hésita à tendre le bras pour l'attraper. Il n'avait aucune envie d'être dérangé. Et encore moins d'effectuer le moindre effort pour lire un message sans intérêt. Cependant, il supposa que ça pouvait être quelque chose d'important et décida de s'en assurer. Il ne pourrait pas se détendre tranquillement s'il pensait à ce foutu message.

Neville – Si j'étais toi, je prendrais un lexomyl et ensuite j'irais acheter la presse people.

Théodore fronça les sourcils. Qu'est-ce que tout ceci signifiait ? Il essaya de rappeler son ami mais tomba directement sur la messagerie. Il s'accorda un moment de réflexion, lança un regard désespéré à son lit, puis le quitta.

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Par chance, pensa Théodore en mettant le nez dehors, il y avait un kiosque à journaux juste en bas de chez eux. Il s'en approcha, salua le propriétaire qui lui lança un drôle de regard, haussa les épaules et se pencha sur la presse people, comme lui avait si gentiment conseillé Neville. Là, il sentit son rythme cardiaque s'accélérer. Il regarda autour de lui et tendit la main vers ce qui lui semblait soudain être un objet maudit.

Sous ses yeux, un magazine titrait : « Zabini change de bord » et sous ce titre aguicheur figurait une photo prise lors de la soirée de Luna. On y voyait Zabini, la main sur ses fesses, le visage tout près du sien.

- Merde, merde, merde, marmonna Théodore les yeux fixés sur la photo.

Il feuilleta le magazine et vu d'autres photos du même genre, dont une où ses mains reposaient sur le torse de Blaise, laissant supposer qu'il s'apprêtait à tout faire sauf le repousser, comme il l'avait fait en réalité.

À cet instant, Théodore se rendit compte que ses mains tremblaient. Si sur certaines photographies il était de dos, sur d'autres il était parfaitement reconnaissable. Il ferma les yeux un instant, espérant que lorsqu'il les rouvrirait, il se rendrait compte que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve. Cela ne fut pas le cas. Pire encore, en s'approchant de plus près, il découvrit d'autres magazine qui, s'ils n'en avaient pas fait leur couverture, parlait du changement d'orientation sexuelle présumé de Blaise.

Théodore prit un exemplaire de chaque magazine et s'empressa d'aller les régler. Il se sentait souillé. On avait violer son intimité. Et on racontait des mensonges à son sujet qui plus est. Les salauds qui avaient publiés ça avaient fait dire n'importe quoi aux photos.

- Aucun commentaire, marmonna Théodore en tendant l'argent au propriétaire du kiosque.

- Mais je n'ai rien dit, répondit ce dernier, moqueur, avec un léger accent. Passez une bonne journée. Et bonne lecture.

Théodore en aurait pleurer.

Il grimpa quatre à quatre les marches menant à l'appartement, claqua la porte d'entrée et se laissa choir sur le canapé avant d'attraper un magazine et d'entamer sa lecture.

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« ZABINI CHANGE DE BORD.

C'est une bien triste nouvelle qui risque de briser le cœur de nombreuses de nos lectrices. Mardi soir, à la sortie de l'Hôtel Victoria à Paris, nos journalistes ont put apercevoir Blaise Zabini en charmante compagnie. Rien de nouveau nous direz vous ? Et bien figurez vous que Blaise Zabini était en charmante compagnie masculine... !

Zabini avait réservé pour la soirée la salle de bal de l'hôtel Victoria et, si tout le monde attendait une nouvelle frasque de la part du jeune créateur, sans doute personne ne s'était-il attendu à le trouver en pleine manifestation d'amour avec un charmant inconnu. Il est quasiment une heure du matin quand nos équipes aperçoivent Zabini pénétrer dans l'hôtel, le pas rapide et des lunettes de soleil dissimulant une partie de son visage contre toute attente, la fête semble avoir commencé sans lui puisque les premiers invités ont été aperçu plusieurs heures auparavant. Cependant, moins d'un quart d'heure plus tard, le créateur le plus en vogue du moment fait une nouvelle apparition, à la suite d'un jeune homme dont l'identité reste à ce jour encore inconnue. Simple étudiant, escorte-boy ou amant attitré du créateur, personne n'a encore de certitude à ce sujet !

Si l'échange entre les deux hommes est bref, il ne cache rien de leur complicité et de l'intimité qui existe entre eux. Zabini, connu pour être un grand coureur de jupons semble être bel et bien décidé à s'attaquer à de toutes nouvelles proies. Reste à savoir si cette relation saura s'inscrire dans la durée et si ce joli petit brun sera capable de garder Zabini à ses côtés pour plus d'une nuit. »

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Théodore enfoui son visage dans ses mains et se demanda ce qu'il allait bien pouvoir faire maintenant. Tel un automate, il composa une nouvelle fois le numéro de Neville. Il avait besoin de soutient.

- Salut joli brun, déclara Neville en répondant après seulement deux sonneries.

- Je te lègues tout ce que j'ai, geignit Théodore. Je vais de ce pas me défenestrer.

Neville pouffa.

- De quoi offrir une magnifique couverture pour la semaine prochaine. L'amant secret de Zabini se jette par la fenêtre, désespéré de ne pouvoir vivre son amour pleinement.

- Et moi qui voulait un peu de soutient...

- Et bien... Au moins tu es plutôt photogénique ! Ces photos mettent vraiment tes fesses en valeur !

- Neville, se lamenta son colocataire à l'autre bout du fil.

- Pardon, pardon. C'est juste si tu m'avais vu ce matin quand je t'ai vu sur le magazine qu'avait la femme assise en face de moi dans le métro. Je me suis pincé pour être certain que je ne rêvait pas.

- Tu aurais vu MA tête quand je me suis aperçu dans le magazine. J'ai cru que j'allais faire une syncope.

- Tu m'étonnes. Et tu n'avais pas vu tes putains de collègues journalistes ? Trop occupé à te faire tripoter l'arrière train ?

- J'ai juste pas fait attention. Luna m'avait dit qu'ils étaient là, mais je pensais qu'après l'arrivée de Blaise ils avaient eu ce qu'ils voulaient.

- Qu'y a-t-il de plus excitant que l'arrivée d'une star à une fête, si ce n'est son départ ? Tout le monde sait ça Théodore ! Tu me déçois...

- Pour ton information saches que je n'ai pas l'habitude de devoir me soucier des journalistes !

- Le plus étonnant c'est que ton Don Juan n'ai pas fait attention finalement...

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Il venait d'arriver Théodore. Il devait bien savoir qu'ils étaient là, non ?

Un silence lui répondit.

- Théodore ?

- L'enfoiré ! S'exclama Théodore, qui commençait à comprendre Je dois appeler Luna !

- Comme tu voudras princesse. Mais fais moi plaisir, si tu sors, fais attention aux paparazzis enragés !

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Théodore regarda une fois de plus l'adresse griffonnée sur le bout de papier qu'il tenait entre les mains. Il était en train de devenir dingue. Purement et simplement dingue. Un peu plus tôt, dans le métro, il s'était senti observé de toute part. Il avait l'impression que des centaines d'yeux étaient braqués sur lui en permanence. Et si... Et si quelqu'un le reconnaissait en pleine rue ? Si quelqu'un se mettait à hurler qu'il était l'amant de Zabini ? Est-ce que des centaines de paparazzis n'allaient pas sortir de nulle part pour immortaliser ce moment ? Et si la nouvelle traversait les frontières ? Si elle arrivait aux oreilles de son père, il en mourrait sûrement sur le coup.

Théodore essaya de retrouver son calme et regarda autours de lui. Il tournait stupidement en rond depuis dix minutes. Excédé, il s'approcha d'un homme d'une quarantaine d'années et lui demanda :

- Excusez-moi, savez-vous où je peux trouver cette adresse ?

L'homme lui jeta un drôle de regard, que Théodore mis sur le compte de sa toute nouvelle paranoïa, lu l'adresse indiquée sur le morceau de papier et lui indiqua brièvement le chemin. Le jeune homme le remercia et repris son chemin.

Une heure plus tôt, après sa petite conversation avec Neville, il avait appelé Luna qui avait, malheureusement pour lui, confirmé ses doutes. Elle lui avait dit d'une toute petite voix que oui Blaise avait prit connaissance de l'article mais que non, il n'avait pas semblé étonné ou en colère. Elle avait glissé qu'elle était désolé, ce à quoi Théodore avait répondu qu'elle n'y pouvait rien si Blaise était un gros con. Il lui avait ensuite demandé de passer le téléphone au créateur, ce que la jeune femme n'avait cependant pas pu faire : Blaise était rentré chez lui afin de fuir les journalistes qui avaient élus domicile devant le studio. Théodore avait alors poussé un soupir désespéré. Et Luna avait fini par trouver une solution. Puisqu'elle n'approuvait pas la façon de faire de Blaise et que de toute façon il ne pourrait se passer d'elle à quelques semaines des prochains défilés, elle avait donné son adresse à Théodore. « Il doit être chez lui à fêter sa pseudo-victoire. » avait-elle précisé. Et, après que son interlocuteur l'ait remercié, elle avait simplement ajouté : « Ne vous battez pas hein ! »

Voilà donc qui expliquait la présence de Théodore ici. Et puisque tout chez Zabini était fait pour le mettre hors de lui, il lui avait fallu une éternité pour trouver son immeuble, causant la perte de la moindre sensation au niveau de ses mains, ses pieds et la totalité de son visage, qui étaient désormais paralysés par le froid.

Suivant les indications de l'homme qui avait gentiment accepté de l'aider, Théodore finit par trouver l'immeuble de Blaise et, alors qu'il se demandait comment il allait pouvoir y pénétrer, il aperçu un portier. Zabini se croyait dans un film ou quoi ? Qui donc avait encore un portier en bas de chez lui de nos jours ?

- Je peux vous aidez Monsieur ? Lui demanda le jeune homme – qui ne devait pas être plus vieux que lui – en lui ouvrant la porte.

- Je... Je viens voir Blaise Zabini.

- Et vous êtes ?

Théodore hésita à sortir le magazine qu'il avait fourré dans sa sacoche et dans lequel on voyait Blaise lui toucher le cul.

- Théodore Nott.

- Excusez-moi un instant, j'ai des instructions assez strictes en ce qui concerne Monsieur Zabini.

- Je vous en prie, répondit Théodore en jetant un coup d'œil au hall d'entrée.

Cet enfoiré de Zabini se faisait plaisir. Il fallait croire que la mode ça rapportait vraiment gros.

- Monsieur Zabini demande si vous avez une carte d'identité ?

- Quel putain de connard, maugréa Théodore en fouillant dans ses poches.

À l'autre bout du fil Blaise riait. Il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait de Théodore désormais. Mais comment avait-il pu dénicher son adresse ? Se prendre pour un espion, c'était son rôle !

- Suivez moi, dit le portier après avoir vérifier l'identité de Théodore.

Il appela l'ascenseur et fit signe à Théodore d'y entrer.

- Sixième étage monsieur Nott. La seule porte de l'étage.

- Je vous remercie.

Les portes se refermèrent sur le visage souriant du portier.

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Elles se rouvrirent sur celui, moqueur, de Zabini.

- Quel plaisir de te voir ici Théodore, lança Blaise. Je t'en prie, entre. Je déteste laver mon linge sale en public.

- Tu as le seul appartement de ce putain d'étage !

- Entre, répéta Blaise d'une voix qui, contre toute attente, poussa Théodore à obéir sans broncher. Bien, ajouta-t-il en refermant la porte derrière eux, que me vaut le plaisir de cette visite ?

- Tu le sais très bien !

- Je serais bien tenté de faire l'innocent, mais je sais que tu vas monter en pression et te mettre à m'insulter. Et personne n'a envie de ça. Tu veux que je porte plainte contre le magazine ? Demanda Blaise en se servant un verre de bourbon, on fera cinquante-cinquante.

- Il ne s'agit pas de ça et tu le sais très bien !

- Alors quoi Théodore ? Je t'assure que j'ai autre chose à faire que d'écouter tes multiples plaintes à mon sujet. Malheureusement on dirait que venir pleurer dans mes jupes est ton passe-temps favoris ces derniers temps...

- Tu le savais n'est-ce pas ? Demanda Théodore avec énervement, ignorant totalement la dernière phrase de Blaise. Tu le savais qu'ils étaient en train de nous photographier hein ? Qu'est-ce qui ne va pas bien chez toi ?

- Oh chouine pas Théodore, c'est une stupide photo. Dans deux jours une quelconque chanteuse se sera teint les cheveux et tout le monde aura oublier !

- Facile à dire, ce n'est pas toi qu'on voit en train de se faire peloter le cul. Ce n'est pas toi qu'on traite d'escorte-boy ! Explosa-t-il en lui lançant le magazine au visage. Et si Sirius Black ne voulait plus travailler avec moi ? Et si mon père voyait ça ? Tu y as pensé ?

- Si ton père croit encore que tu baises des nanas, il est stupide ! Tu veux savoir ? Ouais je savais qu'ils étaient là. Tu m'avais énervé alors je t'ai suivi dans le hall. J'ai attendu que tu sois devant les baies vitrées et je t'ai touché le cul en sachant que ça ferait la une. Et alors ?

Même si les faits ne faisaient aucun doute pour Théodore depuis un moment maintenant, entendre Blaise en parler avec tant de désinvolture le mis hors de lui. Il flanqua un coup de poing monumental à son hôte.

- Putain de connard, s'exclama Blaise en repoussant le journaliste de toute ses forces, provoquant une perte d'équilibre chez ce dernier. Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? T'es complètement barge !

- Essaye juste une minute de penser que tu n'es pas seul sur terre ! Tu ne peux pas faire ce que tu veux avec la vie des autres ! Ça ne marche pas comme ça ! S'exclama Théodore en se relevant.

Alors que Blaise s'apprêtait à répliquer, l'interphone sonna. Blaise haussa un sourcil, provoquant une vive douleur dans son visage, et se dirigea vers l'appareil sans quitter Théodore des yeux.

- Oui ?... Quoi ? Mais comment ont-ils su ?... Merde. Merde. Merde. Quelle bande de rapaces... D'accord... Très bien... Merci Fabio.

Théodore se dirigeait déjà vers la porte. S'apprêtant à fuir une fois de plus, quand Blaise l'arrêta.

- Si j'étais toi, je ne ferais pas ça.

- Dieu merci, tu n'es pas moi. Maintenant laisse moi me barrer d'ici. J'étouffe !

- C'était le portier, déclara Blaise en désignant l'interphone. Les journalistes sont en bas. Toute une ribambelle. Il semblerait que la nouvelle de ta visite ici ne soit pas resté un secret très longtemps. Tu en as parlé à quelqu'un ?

- Qu'est-ce que...

Blaise attrapa son bras et l'entraîna vers son immense baie vitrée, l'ouvrit et le traîna jusqu'au balcon. Là, il lui désigna un homme, puis un deuxième, et encore quatre ou cinq autres répartis un peu partout autour de l'immeuble, de sorte qu'on aurait pu croire qu'il s'agissait simplement de passants. Pourtant, ils tenaient tous un appareil photo et avaient le regard rivé vers la terrasse de Blaise.

Le créateur tira alors sur le bras de Théodore pour le ramener à l'intérieur.

- En as-tu parlé à quelqu'un ? Répéta Blaise.

- Non. Bien sûr que non..., bredouilla Théodore.

- Quelle bande d'enfoirés, maugréa Blaise en se laissant tomber sur son immense canapé. Bon et bien à part si tu veux voir ta tête dans toutes les rubriques people, je te conseille de t'asseoir et d'attendre qu'ils se lassent. Ou au moins d'attendre que tu aies retrouvé une certaine contenance pour que, lorsque tu sortes d'ici, ils pensent qu'on vient juste de baiser comme des lapins et que tu es l'homme le plus heureux du monde.

- Ici ? Demanda Théodore, ahuri.

- Ici, par terre, dans ma chambre, dans ma douche, sur le bar... Comme tu veux. Saches juste que certains endroits pourraient me donner subitement envie de te retirer tous tes vêtement.

Théodore prit une mine renfrognée et s'assit sur le canapé. Le plus loin possible de Blaise.

.

- Tu es sûr que tu ne veux rien ?

- Je veux simplement rentrer chez moi.

- Mon Dieu, Théodore on dirait un gosse de 10 ans. Comporte toi un peu en adulte.

Théodore lança un regard noir à Blaise mais perdit toute crédibilité quand son ventre se mis à gargouiller de façon très peu discrète.

- Tu as faim, décréta Blaise. Tiens.

Il tendit à Théodore une assiette remplie de diverses pâtisseries. Le jeune homme hésita un instant puis décida qu'il avait vraiment trop faim. Cela faisait maintenant près de trois heures qu'il était enfermé ici avec Blaise et les journalistes n'avaient pas bougés. Ils étaient décidé à les prendre sur le fait. Qu'est-ce qu'ils pensaient ces crétins, hein ? Qu'ils allaient descendre baiser sauvagement dans le hall d'entrée ?

Cette pensée donna soudainement chaud à Théodore et il décida de ne plus y penser.

- Mais ces gâteaux son délicieux ! S'exclama Théodore, décidé à changer de sujet même si en réalité le sujet « sexe torride » n'avait eu lieu que dans ses pensées.

- Je sais. Une fan m'en envoie presque tous les jours. Elle m'empêche de mourir de faim et je lui en serais éternellement reconnaissant.

Théodore jeta un drôle de regard aux gâteaux.

- Tu n'as jamais pensé qu'elle pourrait vouloir, je sais pas... t'empoisonner ?

- La première fois qu'elle m'en a envoyé, je les ai apporté au studio. Tous le monde en a mangé et à ma connaissance personne n'a été malade. Depuis je les garde pour moi. Et pour mes potentiels invités.

- Brillant, constata Théodore en mordant dans un gâteau.

- Pincez-moi, Théodore Nott vient de me faire un compliment !

- Tu as certainement du l'imaginer, maugréa Théodore.

Blaise ricana. Théodore était insupportable. Il lui lança un regard en coin et ne pu que sourire face à la vue que ce dernier lui offrait. Il était assis en tailleur sur le canapé, l'assiette posée sur ses genoux, et il grignotait des gâteaux du bout des doigts, fermant les yeux de plaisir quand certaines saveurs entraient en contact avec ses papilles.

Comme s'il avait senti le regard de Blaise peser sur lui, le jeune journaliste releva la tête et senti son rythme cardiaque s'accélérer en apercevant le regard attendri que son hôte posait sur lui.

- Qu'est-ce que j'ai ? Demanda Théodore, tentant de paraître distant.

- J'ai envie de t'embrasser.

- Grand bien t'en...

- J'ai envie de t'embrasser la bouche puis de descendre le long de ton cou. J'ai envie de passer ma main dans tes cheveux et de coller mon corps au tiens. Je veux que tu sentes comme j'ai envie de toi. Je veux t'entendre gémir au creux de mon oreille quand nos bassins entreront en contact.

- Arrête ça..., commença Théodore sans grande conviction.

Il avait soudainement chaud. Partout. Et Blaise qui continuait sans le quitter des yeux. Il fallait à Théodore un self-control hors du commun pour ne pas lui sauter dessus.

- Et ensuite, continua Blaise, je pourrais t'allonger sur ce canapé et te retirer ton pull. Mes mains pourraient redécouvrir ton torse. Puis ma bouche. Et puis tu deviendrais impatient sous moi, alors on finirait par enlever nos vêtements dans la précipitation. Et tu viendrais t'empaler sur moi. Tu laisserais ma queue glisser lentement en toi et...

- Stop ! Cria presque Théodore.

- Tu voulais savoir pourquoi je te regardais, non ?

Théodore ferma les yeux un instant, rompant ainsi le contact visuel avec son hôte. Il en avait envie. Il en avait tellement envie. Il pouvait sentir que son corps aussi en avait envie. Pas qu'un peu s'il en croyait la sensation de pression qu'exerçait son pantalon autour de son sexe désormais dur.

- Oh putain, murmura-t-il en rouvrant les yeux.

Il poussa l'assiette qu'il tenait sur les genoux et se jeta presque sur Blaise, faisant disparaître en un mouvement la distance qu'il avait instauré entre eux. Leurs bouches furent bientôt en contact, s'embrassant comme si leur vie en dépendait.

Théodore glissa ses mains sous le tee-shirt de Blaise et le fit passer par dessus sa tête. Alors que les mains de son amant avaient pris place sur ses fesses, qu'elles caressaient à travers son jean.

La précipitation, le désir, l'envie, rendirent leurs gestes précipités et désordonnés, pourtant ils furent bientôt nus l'un contre l'autre.

Blaise allongea alors Théodore sur le canapé et commença à couvrir son corps de baiser, faisant gémir son amant. Il le tortura un peu. Embrassant la bas de son ventre puis le haut de ses cuisses, ignorant volontairement une zone qui réclamait toute son attention. Il s'amusa de l'impatience de Théodore dont le corps entier criait son besoin d'attention. Il fit courir ses mains partout sans vraiment réfléchir à ce qu'il faisait. Il lui mordilla le ventre et y laissa une marque violacée. Et quand, enfin, il prit le sexe de Théodore dans sa bouche, celui-ci enfonça convulsivement ses ongles dans les épaules de Blaise. Il le griffa alors qu'il gémissait toujours plus. Et alors que Blaise accélérait le rythme, le bassin de Théodore paraissait incontrôlable, cherchant toujours plus de contact.

Théodore entendit bientôt le bruit de l'emballage d'un préservatif qu'on déchire. Il n'avait aucune idée d'où Blaise le sortait, mais décida qu'il n'en avait vraiment rien à faire. Il réunit toute la volonté qu'il lui restait pour repousser Blaise et lui prendre le préservatif des mains. Il se redressa et l'enfila lui même sur le sexe de son amant. Le déroulant avec lenteur, provoquant ainsi un gémissement chez Blaise.

- Viens, murmura alors Blaise.

Et Théodore ne se fit pas prier. Il poussa Blaise jusqu'à ce qu'il soit entièrement allongé sur le canapé et grimpa sur lui. Cela n'avait rien de sensuel. C'était juste bestial et précipité, mais aucun des deux ne s'en souciait réellement. Une fois sur Blaise, Théodore le guida et quand celui-ci fut entièrement en lui, ils poussèrent un gémissement rauque dans un accord parfait.

Théodore ondulait lentement sur Blaise et cela lui semblait parfaitement évidemment. Sa place était là. Le sexe de Blaise entre ses fesses. Il ne voulait être nulle part d'autre. Il ne devait être nulle part d'autre.

- Est-ce que c'est aussi bon que ce que tu imaginais ? Lança Théodore alors que les doigts de Blaise s'enfonçaient dans ses hanches.

- Mieux encore, répondit Blaise avant de lui voler un baiser. Beaucoup, beaucoup mieux.

Théodore rejeta la tête en arrière et laissa Blaise prendre le contrôle.

.


.

- Tu es sublime mon amour.

- Je sais.

- Tu es le plus beau fils dont une mère pouvait rêver. Je t'assure.

Blaise sourit en resserrant son nœud de cravate. Si elle avait pu, sa mère aurait passé sa vie à lui faire des compliments et à le flatter bêtement. Alors qu'il se lançait un sourire ravageur dans le miroir, le visage de sa mère apparu derrière lui et elle déposa un baiser sur sa joue.

- Maman..., se lamenta-t-il.

- Il faut bien que quelqu'un t'embrasse, puisque tu n'as pas emmené Théodore.

- Je ne vois pas où est le rapport, grogna Blaise en haussant les sourcils.

- Blaise ne me prend pas pour une idiote. Je suis ta mère et je sais très bien que tous les deux vous fricotez. Moi aussi je lis les journaux !

- Ce n'est pas parce que je baise avec Théodore que je le laisse m'embrasser sur la bouche !

- Blaise ! N'essaye pas de me choquer. Je sais que tu n'es pas si mauvais genre. Je me fiche que tu sois amoureuse d'un garçon. Et tu le sais. Bien sûr j'aurais aimé avoir des petits enfants aussi beaux que toi, mais vous pourrez toujours adopter ou...

- Maman ! La coupa Blaise. Je ne suis pas amoureux de Théodore. Et nous n'allons pas adopter un enfant non plus. Tu es complètement cinglée !

- Blaise, Blaise, Blaise, lança sa mère en se laissant tomber sur une des chaises qui se trouvaient dans la pièce, je sais très bien qu'il y a quelque chose entre Théodore et toi. Depuis le premier jour. Ai-je besoin de te rappeler que j'ai été mariée sept fois ? Je sais donc ce qu'est l'amour.

- Vraiment ? Répondit son fils, arborant un sourire moqueur. Moi j'aurais plutôt dit l'inverse !

- Tu vas finir par me vexer.

- Il est impossible de te vexer ! Tu as une bien trop haute estime de toi-même pour te laisser atteindre par ce que pensent les autres. Je le sais parce que j'ai hérité ça de toi.

Alors que sa mère s'apprêtait à répliquer, des coups résonnèrent contre la porte et une jeune femme entra dans la pièce.

- Monsieur Zabini, dit-elle, les journalistes vous attendent.

Blaise hocha la tête et la suivit, tandis que sa mère se dirigeait vers la place qui lui revenait de droit, au premier rang de la conférence de presse de son fils.

Blaise n'aimait pas vraiment parler devant des hordes de journalistes, mais il savait parfaitement que cela faisait parti de son travail et qu'il ne pourrait pas y échapper éternellement. Ses nouvelles créations venaient d'être rendues publiques et selon Iris c'était le moment idéal pour qu'on parle de lui dans les journaux, autrement que pour sa « nouvelle orientation sexuelle » comme le titraient les magazines people.

Déjà deux semaines que « l'affaire Théodore » avait filtré dans la presse et plus le temps passait, moins Blaise le regrettait. Depuis la petite visite de Nott chez lui, le jour de la sortie des photos dans les magazines, il avait une vie sexuelle des plus remplies. Théodore semblait enfin décidé à faire tomber les barrières entre eux. Et coucher ensemble était vraiment une activité agréable. Une activité dont Blaise n'avait nullement envie de se passer pour le moment. Bien sûr, la situation était encore un peu bancale et le créateur restait persuadé que son amant lui cachait quelque chose. Il était comme lunatique. Passant de passionné à froid et distant. Lui sautant dessus avant de disparaître au milieu de la nuit, ne lui donnant pas de nouvelles pendant plusieurs jours.

Quelques jours plus tôt, le ton était monté entre les deux hommes lorsque Blaise avait voulu revenir sur la disparition soudaine de Théodore quelques mois auparavant. Ce dernier s'était braqué et il avait filé. Depuis, il rejetait tous les appels de Blaise, à son grand désespoir.

C'est donc préoccupé que Blaise monta les quelques marches le menant à l'estrade sur laquelle sa place l'attendait. Il s'assit entre Iris et une des mannequins qui avait participé à son défilé et qui avait, semble-t-il, fait sensation. Blaise offrit un sourire éclatant aux journalistes, se laissa prendre en photo, puis le supplice commença. Les questions se succédèrent pendant une bonne heure. On parla mode, défilé, projets, fortune, puis on finit par aborder le sujet qui les tenait tous en haleine.

- Monsieur Zabini, vous vous affichez depuis un peu plus de deux semaines aux bras d'un charmant jeune homme, est-ce sérieux ? Pensez-vous que ça puisse durer ?

Blaise laissa échapper un petit rire pour cacher sa gêne. Sa relation avec Théodore était-elle sérieuse ?

- Et bien je ne peux vous dire si cela va durer, seul l'avenir nous le dira, mais sachez qu'en tout cas je m'investit autant que je peux dans cette relation, qui me tient très à cœur.

Blaise lança un sourire radieux aux journalistes qui s'étaient mis à noter frénétiquement sa déclaration. Peut-être cela permettrait-il à Théodore d'arrêter de bouder.

- Peut-on dire que vous êtes amoureux ? Lança une jeune femme qui portait d'immenses lunettes.

- Amoureux c'est sans doute trop tôt pour le dire, mais je suis un homme comblé. Mon petit-ami me rend vraiment très heureux. Et cela sur tous les plans, si vous voyez ce que je veux dire.

Alors que Blaise laissait échapper un léger rire en imaginant la tête de Théodore lorsqu'il lirait cet article, un vent de panique sembla s'élever des rangs les plus éloignés de lui et avant que quiconque ne puisse réellement comprendre ce qu'il se passait, un coup de feu retentit, suivit par de nombreux cris effrayés. Et, alors qu'il voyait sa mère hurler en se dirigeant vers lui, Blaise se rendit compte que son épaule gauche lui faisait terriblement mal. Quand il finit par tourner la tête, il pu voir sa veste de costume s'imbiber rapidement de sang. Puis, son corps glissa lentement de sa chaise pour entrer en contact avec le sol glacé.

- Blaise, Blaise mon chéri, résonna la voix de sa mère alors qu'elle passait ses mains sur son visage. Que quelqu'un prévienne les secours ! Hurla-t-elle ensuite.

Alors que sa vue commençait à devenir flou, Blaise aperçu des larmes couler le long des joues de sa mère. Il aurait voulu lui dire de ne pas pleurer mais il était soudainement trop fatiguée pour parler.

- Ne t'inquiètes pas, ça va aller mon bébé. Ils vont te soigner, ce n'est rien. Tu restes avec moi hein mon bébé ? Il ne va rien t'arriver. Maman est là...

- Maman...

- Oui mon amour ?

- Maman... Je voudrais Théodore, murmura Blaise.

Puis, tout devint noir.

.


.

Quand Théodore vit Mme Zabini ce soir là, elle n'avait plus rien à voir avec la femme qu'elle était lors de leur dernière rencontre. Elle qui passait pour éternellement jeune semblait désormais le poids des années sur ses épaules. Ses yeux étaient gonflés et rougis d'avoir trop pleuré. Elle était particulièrement élégante mais cela passait presque inaperçu face à la tristesse qu'elle dégageait.

Le jeune homme s'approcha lentement puis s'assit près d'elle. Elle leva alors la tête et un sourire triste se dessina sur ses lèvres.

- J'aurais aimé vous revoir dans de meilleurs conditions Théodore.

- Moi aussi, répondit le jeune homme d'une petite voix. Je suis venu dès que j'ai su. Comment va-t-il ?

- Il est sortit du bloc il y a un petit moment et il est en phase de réveil. Selon les médecins sa vie n'est pas en danger mais je le croirais quand Blaise me dira lui-même qu'il va bien. Il a perdu tellement de sang...

Théodore déglutit. Quand Iris l'avait appelé un peu plus tôt, il avait presque cru à une mauvaise blague. On avait tiré sur Blaise, lui avait-elle dit entre deux sanglots. Il était à l'hôpital. Sa mère veut que tu y ailles tout de suite. Elle a insisté pour que je te prévienne. Je... Je ne sais pas si c'est grave. Quand ses mots avaient raisonnés, Théodore avait enfilé son manteau et était parti immédiatement.

- Est-ce qu'on sait qui...

- Cette petite traînée, déclara la mère de Blaise d'une voix où toute tristesse semblait avoir disparue pour laisser place à la colère. Elle... elle a tiré sur mon bébé et ensuite elle s'est mise à hurler. Comme si ce n'était pas sa faute. Comme si elle n'avait pas failli le tuer. La police dit que c'est une fan qui ne supportait pas que mon Blaise ne réponde pas à ses avances. Elle lui envoyait des paquets tous les jours. J'espère qu'elle va croupir en prison.

Théodore garda la silence. Il savait que rien de ce qu'il pourrait dire à Mme Zabini ne lui remontrait le moral. Elle avait simplement besoin de voir que son fils était hors de danger. Ensuite tout irait mieux. Sans aucune doute.

Un silence entendu s'installa entre eux, avant que la mère de Blaise ne le brise moins d'une demi-heure plus tard.

- Théodore ? Puis-je vous poser une question ?

- Oui, bien sûr !

- Êtes-vous amoureux de mon fils ?

- Hein ? Qu'est-ce que... C'est à dire euh... je...

- Ne commencez pas à bégayer voyons !

- C'est que je ne m'attendais pas à...

- Je vous demande simplement si vous aimez mon fils. Rien de plus. Soyez honnête, c'est la seule chose que je vous demande.

- C'est compliqué... Je..., hésita Théodore.

- Vous avez une relation, je le sais. Je veux juste savoir si c'est sérieux ou non.

- Disons que je ne suis pas sûr que ce soit ce dont Blaise a envie.

- C'est ce que vous pensez ?

- Oui.

La mère de Blaise ne dis rien de plus, retombant dans l'état d'anxiété dans lequel elle était plongé avant l'arrivée du journaliste.

Théodore, de son côté, réfléchissait à ce qu'elle lui avait dit. Aimait-il Blaise ? Voulait-il quelque chose de sérieux avec lui ? D'une certaine façon, oui. Il était certain qu'il l'appréciait. Qu'il l'appréciait même beaucoup. Mais tout ceci reposait sur du vent. Depuis leurs retrouvailles, Théodore avait pris conscience que, malgré tous ses efforts, il n'était pas passé à autre chose. Et même si six mois étaient passés, Blaise lui plaisait toujours autant. Pourtant, à chaque fois qu'il fermait les yeux dans le lit de Blaise. À chaque fois qu'il essayait de se laisser aller. A chaque fois qu'il se mettait à rire avec le créateur. À chaque moment de complicité. À chaque moment de tendresse. À chaque fois qu'il tentait de se projeter, les paroles de Blaise résonnaient dans sa tête. « Ce n'est pas comme si je ressentais un truc pour lui ou quoi que ce soit. Ou même que je l'appréciait vraiment. » Le premier soir, il avait pensé que cela pourrait rester purement sexuel. Que ce n'était pas grave si chacun savait ce qu'il voulait. Comme une sorte d'arrangement. Et puis la vérité lui avait sauté au visage. Il voulait Blaise autrement que pour s'envoyer en l'air. Il le voulait entièrement.

- Mme Zabini, dit Théodore après de longues minutes de silence, est-ce qu'il vous ai déjà arrivé d'écouter aux portes ?

- M'avez vous bien regardé Théodore ? J'ai été mannequin, bien sûr que j'ai déjà écouté aux portes !

- Et... Et est-ce qu'il vous ai déjà arrivé d'entendre quelque chose de...Quelque chose que vous n'auriez préféré jamais entendre ?

- J'ai souvent entendu des choses qui m'ont déplus, oui. Des choses parfois vexante à mon sujet ou au sujet de personne que j'appréciais.

- Je... J'ai surpris une conversation entre Blaise et Draco Malefoy il y a un peu plus de six mois. Je ne l'ai dit à personne, à part à mon colocataire parce que c'est mon meilleur ami et que je ne pouvais pas garder ça pour moi. Je ne sais pas pourquoi je vous le dis à vous, parce que de toute façon vous êtes la mère de Blaise et vous prendrez forcément sa défense, mais je... J'aurais préféré ne jamais entendre cette conversation.

- Vous en avez parlé avec mon fils ? Demanda-t-elle en lui lançant un drôle de regard.

- Non... J'étais trop blessé. J'ai... J'ai préféré fuir. Vous pensez que j'ai été lâche ?

Mme Zabini laissa échapper un petit rire.

- Vous n'avez pas été lâche Théodore, vous avez simplement laissé parler votre fierté. Ce n'était certainement pas la bonne solution, mais je doute qu'il y en ai vraiment eu une meilleure que les autres. Et puis vous êtes là maintenant. C'est ce qui compte.

- Mais si... Si je n'arrive pas à oublier ce que j'ai entendu ce soir là ?

- Vous savez pourquoi je vous ai demandé de venir Théodore ?

Le jeune homme secoua la tête en signe de négation.

- Quand cette femme a tiré sur mon Blaise, je l'ai vu s'écrouler au sol et j'ai couru vers lui. Je l'ai pris dans mes bras et j'ai veillé sur lui. Pour qu'il ne soit pas seul. Il avait les yeux dans le vide et je sentais bien qu'il allait perdre connaissance. Et vous savez ce qu'il m'a dit à ce moment là ?

- Non...

- Il m'a dit « Maman, je voudrais Théodore ». Alors j'ai tout fait pour que mon fils ai ce qu'il voulait. Parce que je l'aime et que je veux qu'il soit heureux. Et je pense qu'il est heureux avec vous.

Théodore garda le silence, les yeux fixés sur ses mains qui reposaient sur ses genoux. Il ne savait pas que penser.

- Vous êtes quelqu'un de bien Théodore. Vous êtes un gentil garçon et je suis heureuse que mon fils ait croisé votre route. Et j'espère qu'un jour vous trouverez la force de pardonner à mon garçon, et d'effacer ses paroles de votre mémoire. Peut-être aussi, parviendrez vous à les comprendre, avec le temps. Et si malgré tout ce n'est pas le cas, sachez que cela n'aura pas grande importance. Vous l'aurez rendu heureux l'espace d'un instant et c'est tout ce qui compte.

Quand les yeux de Théodore croisèrent ceux de son interlocutrice, ils brillaient de larmes contenues. Il se rendait compte, à cet instant précis, à quel point sa propre mère lui manquait. Sans doute, puisque les mères sont censées tout savoir, Mme Zabini devina ce à quoi pensait Théodore car, dans un geste presque imperceptible elle ouvrit légèrement ses bras et Théodore comprit qu'il avait le droit de se reposer sur elle. Alors, il se rapprocha d'elle et se laissa aller dans ses bras.

- Merci, murmura-t-il.

Elle ne dit rien, resserrant juste un peu son étreinte. Mme Zabini était une femme forte. Aussi forte et courageuse que son fils.

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- Vous pouvez y aller, déclara la mère de Blaise en refermant la porte de sa chambre. Il doit se reposer, mais il insiste pour vous voir.

Théodore hocha la tête et entra dans la chambre quoi qu'un peu hésitant. Blaise, allongé dans son lit d'hôpital, tenta un léger sourire.

- La fille aux gâteaux hein ? Qui l'eut cru ? Lança-t-il.

Théodore ricana.

- C'est ce qui arrive quand on est un sex-symbol.

- Et ça ne va pas aller en s'arrangeant, paraît que les cicatrices ont beaucoup de succès. Le côté Bad-boy sûrement.

- Je vois que le fait de te prendre une balle dans le bras, ne modifie en rien l'ordre de tes priorités.

- Ne commences pas à faire ta mauvaise tête !

- Je ne fais ma mauvaise tête ! S'offusqua Théodore.

- Bien sûr que si. Tu te plains d'un grand blessé en plus. Aucun sens de l'honneur !

Théodore lui fit un doigt d'honneur.

- Je préférerais que tu viennes m'embrasser.

Face à l'hésitation évidente de Théodore il ajouta :

- S'il te plaît.

- Ta mère a déjà du te couvrir de baiser, tu n'as pas besoin de moi !

- Je ne veux pas simplement un baiser. Je veux un baiser de vous Théodore Nott.

- N'importe quoi, marmonna Théodore.

- Théodore, se lamenta Blaise. J'avais dans l'espoir qu'étant infirme, tu ne m'obligerais pas à te supplier, mais puisque c'est ainsi, sache juste que si tu as décidé de me faire attendre, ce n'est pas grave. J'aime ça. Je n'ai pas l'habitude de courir après les autres, c'est vrai, mais avec toi c'est le marché depuis le début non ? Je pensais juste que tu serais un peu plus agréable avec moi étant donné que c'est de ta faute si je suis dans ce lit d'hôpital.

- Qu'est-ce que tu racontes comme conneries ?

- Je me suis fait tiré dessus au moment où j'ai dit à tes putains de potes les journalistes que j'étais heureux avec mon petit-ami.

- Je ne suis pas ton petit-ami !

- Bien sûr que si.

- Bien sûr que non !

- Et pourquoi tu ne veux pas de moi comme petit-ami ?

- C'est toi qui ne veux pas de moi, répondit Théodore d'une voix penaude.

- Théodore Nott, vient là.

Théodore approcha du lit de Blaise.

- Je veux de toi depuis la première fois que je t'ai vu entré dans mon studio avec ta putain de chemise de premier de la classe. Je me fou de savoir pourquoi tu penses le contraire, parce que je te prouverais que je dis la vérité ! Maintenant embrasse-moi avant que les calmants ne fassent effet et que je m'endorme.

Théodore sourit et posa finalement ses lèvres sur celles de Blaise. La mère de Blaise avait raison. Il trouverait la force de lui pardonner.

Après leur baiser, Théodore décida de s'allonger un peu contre Blaise, en attendant qu'il finisse par s'endormir, ce qui ne tarderait pas semblerait-il.

- Heureusement que tu as fini de bouder, murmura Blaise d'une voix à moitié endormie. Je suis gaucher. Tu seras donc chargé de t'occuper de mon petit Blaise.

Théodore afficha une mine renfrogné qui fit rire Blaise. Il s'endormit avec le sourire aux lèvres, Théodore niché au creux de ses bras.

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FIN.