Chapitre 18 : Confidences
Zant, Midna et Zelda entrèrent à l'infirmerie. Une infirmière était en train d'envelopper de bandages les nombreuses blessures de Link. Celui-ci avait retiré son haut, afin que l'infirmière puisse bander la cicatrice sur son abdomen. Lorsqu'il aperçut Zelda, un sourire chaleureux se dessina sur son visage.
- La princesse Zelda est venue comme vous l'avez demandé, déclara Zant. Désirez-vous qu'on vous laisse seul?
Zelda n'hésita pas une seconde et répondit à sa place :
- Il serait préférable, oui.
- Bien… répondit simplement Zant en s'en allant.
Midna allait le suivre lorsque Link l'arrêta :
- Princesse Midna?
- Qu'il y a-t il?
- Merci d'avoir ramené Zelda saine et sauve.
La princesse du Crépuscule sourit :
- Mais de rien, voyons.
Elle sortit de la pièce. Zelda se tourna vers le jeune homme et avoua :
- Link, si tu savais comme je suis heureuse de te voir en vie…
La jeune fille aurait tant aimé se mettre à sauter de joie et à se jeter dans ses bras, mais elle se retint. Elle se rappela de son éducation royale :
« Une princesse doit en tout temps un comportement impeccable et doit contrôler ses émotions, que ce soit sa joie ou sa colère, car elle doit bien paraître devant les autres. »
- … sans vouloir paraître impoli envers Son Altesse, vous ne semblez pas si joyeuse que ça, hésita Link. Où est passé votre sourire?
- Tu t'attendais à ce que je mette dans tes bras en criant de joie?
- Un peu, oui, confirma son ami.
- Allons… une princesse doit avoir un minumum de retenue, n'est-ce pas…?
Link lui sourit :
- Il n'y a aucun mal à montrer ses émotions, vous savez… au fait, vous n'avez pas trop été secouée par les monstres de tout à l'heure, j'espère?
- Non. J'ai pu m'enfuir juste à temps.
Le garçon la regarda attentivement et remarqua sa mine triste :
- Princesse, quelque chose vous tracasse? Vous semblez songeuse.
Zelda hésita, puis finit par avouer, en s'adressant à l'infirmière Twili :
- Vous ne trouvez pas ça bizarre? Des Assassins des Ombres qui nous attaque sans raison… sans vouloir paraître discourtoise, est-ce que votre princesse aurait une idée de pourquoi ces créatures se trouvaient à Hyrule?
La Twili plongea son regarda dans celui de la jeune princesse :
- Sachez que princesse Midna est une bonne personne digne de confiance, et que l'attaque des Assassins des Ombres n'avait aucun rapport avec elle. Récemment, nous, les Twilis, avons su que les Assassins des Ombres s'étaient déplacés, comme ça, vers le monde d'Hyrule. Princesse Midna a proposé d'aller enquêter. Elle vous a rencontrés par hasard et vous a sauvé la vie.
La princesse Zelda se sentit un peu coupable d'avoir ainsi jugé le peuple du Crépuscule. L'infirmière tourna les talons, disant qu'elle devait aller chercher un médicament en particulier, et elle s'en alla. Zelda réfléchit, puis dit :
- Link, il ya longtemps que je voulais te dire quelque chose.
- Je suis à vos ordres.
- Cela va sûrement te sembler égoïste, mais je ne peux plus t'accompagner dans ta quête.
Link semblait surpris, mais ne protesta pas. La jeune fille continua :
- Comme tu me l'as dit, je suis le seul membre de la Famille Royale qui est toujours en vie. Il est crucial que je reste vivante, pour le bien d'Hyrule.
- Alors, vous essayez de me dire qu'à l'avenir, je vais devoir risquer ma vie en combattant Ganondorf pendant que vous allez prendre le thé, vêtue de votre plus belle robe?
Zelda fut étonnée de voir Link employer un ton aussi sec avec elle. Elle répliqua, se sentant un peu honteuse :
- Non… ce n'est pas ça. C'est juste que… chaque fois que nous faisons face à un nouveau danger, je suis terrifiée. Je n'ai été pas élevée comme une guerrière, tu le sais bien. Au contraire, Impa a tout fait pour me garder bien loin de tout ce qui avait rapport à la violence. Elle m'a plutôt appris les bonnes manières et comment marcher tout en restant élégante. Je ne suis pas une combattante, Link. Tu comprends? Je n'essaie pas de dire que je suis plus importante que toi, au contraire. Te voir sacrifier ta vie pour sauver mon royaume me peine au plus au point.
Il y eut un moment de silence. Un silence glacial. Puis, Link finit par prendre la parole :
- Je vous comprends, princesse. C'est juste que… si j'ai combattu avec autant de force ces temps-ci, c'était grâce à vous. Vous me donnez l'énergie de rester debout et de me battre, même si je suis couvert de sang. La vérité, c'est que moi aussi j'ai peur. Le destin du monde repose sur mes épaules… mais je ne crois pas que mes épaules ne soient assez fortes pour soutenir un tel fardeau. Ganondorf a failli me tuer lors de notre dernière bataille : s'il ne m'aurait pas épargné et enfermé dans le donjon, je serais mort à l'heure qu'il est.
Il finit par avouer :
- La vérité, c'est que je suis faible. Je ne mérite point mon titre de Héros.
À présent, Zelda se foutait de son éducation royale. Elle le serra doucement dans ses bras et chuchota avec tendresse :
- Ce n'est pas vrai, Link. En réalité, tu le Prince Charmant que j'attendais depuis toutes ces années.
