L'Assassin des Enfers

Auteur : Angelscythe

Genre : Mystère, science-fiction, romance

Couple : YuujiXNagisa, GakushuuXKarma

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Yusei Matsui je ne fais qu'honteusement jouer avec.


Chapitre 8 : Inconstance

Manami posa son encas sur la table non-loin d'elle, tout en prenant garde de ne pas mélanger nourriture et recherche. Elle reprit alors le travail là où elle l'avait laissé, assistée par Kotaro qui passait d'une substance à l'autre.

Mais ils devaient se rendre à l'évidence : ils avaient ramené surtout des débris, des bouts de plantes ou même de vêtements. Rien de bien utile. Pas de matières emplies de kéons. Toutes celles couleur chair n'était que des morceaux de peau humaine.

- Que peut-on faire ? Questionna le jeune homme. Nous n'avons rien au final. Nous devons savoir si ça pourrait être Protorma ou s'il est dangereux… N'importe quoi. Insista-t-il.

- J'ai peut-être une idée.

Elle prit l'ordinateur portable, ouvrit internet et commença à naviguer. Mais ça ne dura guère longtemps avant qu'elle arrive sur un serveur où elle encoda ses identifiants. Après quelques instants, Takebayashi bondit de joie en découvrant une chevelure mauve.

- Ritsu !

Elle bailla et gémit en s'étirant.

- Bonjour ! Ça fait longtemps, non ?

- Oui, désolée. Rougit Manami. Et on t'appelle juste pour te demander de l'aide… Déplora-t-elle.

- Ça ne me gêne pas. Rit la machine autonome d'artillerie. Que voulez-vous ?

- Peux-tu trouver les informations de Yanagisawa Kotaro ? Demanda le scientifique. Nous voulons savoir ce qu'il en est du ou des prototypes au kéon qu'il a créé. Par quoi sont-ils guidés ? Avaient-ils des missions ? Quels sont leurs pouvoirs ? Que peux-tu nous dire ? Synthétisa-t-il.

- Je cherche !

Elle fit un garde-à-vous et commença ses recherches. Les deux amis se regardèrent et se permirent un petit sourire.

µµµ

- Ça y est ! J'ai trouvé ses données. Lâcha Ritsu après cinq minutes.

- Tu es toujours aussi rapide ! Congratula Takebayashi.

- Pour moi, ce n'était qu'une petite sieste. Rassura-t-elle. J'ai trouvé que le projet des particules kéons était prévu pour créer des armées d'enfant pour détruire quoi bon semblait à Yanagisawa Kotaro. Ce qu'il voulait faire, c'était utiliser ces apparences, les pousser à s'infiltrer et, finalement, provoquer le chaos autour de lui. Derrière leurs airs adorables, il s'agissait de machine de destructions massives.

- Comment ça ?

- Le kéon est entre la matière et l'antimatière. Il est susceptible d'avoir les avantages des deux. Souplesse et apparence humaine qui permet de se fondre dans la masse, les mêmes sens, quoiqu'un peu plus développé mais rien d'altéré, et peut-être même un mode de fonctionnement de pensée presque primaire… Mais la capacité de se déplacer au moins à Mach 15, de comprimer son énergie pour la faire exploser comme Koro-sensei. Mais pas que ! Ils peuvent utiliser des tentacules et possèdent une force effroyable. Par ailleurs j'ai découvert que Nagis…

- Protorma est une créature de destruction massive ?! Il peut se déplacer extrêmement vite et nous duper depuis le début ! On doit prévenir Karasuma-sensei ! S'écria Manami.

µµµ

Koro-sensei se propulsa en arrière, évitant une attaque vengeresse de Protorma et il se hissa hors de l'eau. Son corps était alourdi mais à peine. Tant et si bien qu'il put projeter ses bras mous et les enserra autour du corps du garçon, l'empêchant de bouger et le soulevant même pour le désarçonner.

Il n'était pas surpris qu'il tente de le tuer. Mais bien de le voir tellement bouleversé de rage.

- Que t'arrive-t-il ? Demanda le professeur de sa voix compatissante, presque douce.

- Si je vous tue, j'aurais réussi : l'aspiration de toute ma vie. La réussite ultime. Ce pourquoi Shiro a été si content que ce soit moi. Mais après ? Puisque je suis Karma mais qu'il y a déjà un Karma, un vrai, qui a vécu sa vie cachée et qui se débrouille tant bien que mal. Qu'est-ce que je dois faire ? Suivre les études qu'il voulait ? Avec quelle motivation ? Asano n'est plus là, plus comme ça. Me trouver un rêve à moi ? Ne plus être ce pour quoi je me bats ? Suivre scrupuleusement le sillage de Karma ? Je suis Karma… Mais je ne suis pas Karma. Et je suis complétement perdu.

Le rouquin serra les dents et baissa le visage pour dissimuler sa tristesse, son désarroi, sa peur.

Il sentit un doux tentacule dans ses cheveux.

- Tu trouveras une motivation. Je suis ton professeur et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu l'ais. Nous avons le temps. Tu as raison : tu es Karma et avec Asano-chan et Karma, nous tenons absolument à ce que les gens le reconnaissent. Mais tu peux être différent.

- Asano me l'a dit…

Il soupira, énervé.

- Je comprends pourquoi je l'aimerais… Mais je ne veux pas.

- Tu as ton libre arbitre, Karma. Je te pose.

Et sur ces mots, les tentacules s'abaissèrent, lui permirent de fouler les herbes du pied puis se desserrèrent.

- On ne t'oblige à rien. Quelles sont tes envies ?

- Pas finir avec Asano.

- Tu as de la chance, il est déjà pris ! Rit gentiment le poulpe.

Il s'essora en gardant un œil sur Karma. Il ne tenait pas à se faire attaquer en traître.

Protorma se laissa tomber sur le sol.

- Je suis un monstre, comme vous.

- Ce n'est pas gentil de dire des choses comme ça, Karma. Je ne suis pas un monstre. Je suis très gentil !

- Ouais… Vous êtes très gentil. Vous êtes génial…

Protorma étendit les mains et des tentacules jaillirent de ses doigts.

- Oh…

- J'ai été créé artificiellement.

Koro-sensei bondit pour arriver près de lui et le prit dans ses bras mous. Il lui offrit son immense sourire.

- Mais tu vis maintenant. Ta vie a du sens. Tu es auprès de nous. Range ce couteau Karma.

Le rouquin soupira en laissant tomber la lame.

- Je te promets que tu vivras une belle vie. On y travaillera !

- Vous croyez que je vais vieillir ?

- Je ne sais pas. Mais nous le découvrirons. Nous ne te laisserons pas à l'école jusqu'à la fin de ta vie !

- J'aurais séché de toute façon. Répliqua-t-il.

Koro-sensei rit en lui tapotant la tête. Si ce n'était pas Karma en tout point, il en était au moins une excellente copie.

- Est-ce que tu veux qu'on rentre ?

- Oui. On pourrait s'arrêter pour une glace ? Sourit Protorma en soulevant un étrange portefeuille.

Un portefeuille que Koro-sensei connaissait bien !

- Mais c'est à moi !

- Je sais. Il traînait dans votre poche quand vous vous colliez à moi. Ça me semble une bonne compensation pour le traumatisme non ?

- Rends-moi ça, Karma !

Il tendit un tentacule mais le garçon bondit en arrière.

- N'oubliez pas que je suis votre élève et qu'on ne sait pas trop si je peux mourir et comment. Charria-t-il d'un ton velouté.

- Karmaaaaa.

Le rouquin sourit. Cette façon de l'appeler Karma était exactement comme celle de ses souvenirs. Avaient-ils trouvés des vidéos qu'ils avaient pu intégrer dans sa mémoire ? Peut-être parce que, dans certains cas, ces souvenirs n'étaient pas une simple image avec des mots soufflés par des voix caverneuses mais des vraies séquences. Quelques-unes étaient entrecoupées d'arrêt et lui donnait toujours la migraine mais pas sa façon de l'appeler, presqu'en colère mais aussi étrangement heureux.

- Je vous offrirai une glace la prochaine fois.

- Je te connais, tu ne le feras jamais. Tu es cruel !

- Oui ! Mais de toute façon, j'ai votre portefeuille, vous n'avez pas trop le choix. Je vais prendre une glace à la fraise avec beaucoup de crème fraiche et des pépites de chocolats. J'espère que ça vaudra un max ! Et vous ?

- … C'est bien parce que j'ai très envie d'une glace ! Dit le poulpe en se rapprochant. Caramel et chocolat pour moi ! Poursuivit-il joyeusement.

Ils partirent alors vers la ville, d'autant plus que Koro-sensei avait mystérieusement et rapidement revêtu son costume d'Humain. Son costume affreusement raté d'Humain.

µµµ

Gakushuu poussa la porte d'entrée en retenant un soupir. Il s'efforça tout de même à sourire au moment où son compagnon agita la main vers lui. Il ferma d'ailleurs son jeu en se passant sa jambe par-dessus l'autre.

- Alors ? Ta journée ?

- Longue. Pénible. Pas finie. Soupira l'enseignant en le rejoignant.

Il se pencha sur lui pour lui échanger un baiser de « rebonjour » avant de s'asseoir près de lui.

Karma tira l'ordinateur qu'il lui ouvrit et activa, s'offrant un vague « merci ». Bien qu'il y ait deux sections, ils connaissaient le mot de passe de l'un et l'autre ce que Gakushuu déplorait puisque son amant aimait fouiner sur son facebook pour embêter les gens qu'il y trouvait. De toute façon, Gakushuu n'était attaché à aucun d'eux si ce n'était, peut-être, Ren et Yukiko. Il n'était même pas sûr de tenir à Tomoya avec sa copine qui changeait tous les mois Teppei qui l'invitait à de nombreux galas ou encore Natsuhiko qui partageait ses excellents prix à répétitions.

- J'ai vu mon père… Karasuma-san m'a appelé avec son téléphone.

Le jeune homme sentit des bras autour de lui et il éprouva un sentiment de joie indescriptible qui ne se répercutait pas sur son visage. Il se blottit néanmoins un peu dans les bras de Karma.

- Et ça va ? Ils vont bien les petits forficules ? Demanda-t-il en lui pressant le coin des lèvres.

- Arrête. Soupira-t-il en repoussant son doigt. Ils ont faillis sortir trois fois.

- Ils ne sont pas sortis et c'est ce qui compte. Décréta Karma.

Il tira doucement sur son menton et joignit leurs lèvres. Gakushuu retint un sourire et passa son bras autour de ses épaules pour le rapprocher puis répondre au baiser.

- Ça ira ?

- Ça ira. Répondit Gakushuu en appuyant son front contre lui. Tu as bossé sur Virtu'Oz ?

- Oui. Mais pas beaucoup. Entre les entraînements, la mission de ce matin et une autre demandée par Lovro lui-même. Mais tu peux jeter un œil.

- Je le ferai.

Pas qu'il n'avait pas pleinement confiance en son collègue et petit-ami mais c'était des plus maladifs. Son besoin de perfection l'obligeait à toujours repasser derrière lui.

Gakushuu entama ses vérifications journalières lorsqu'il entendit la sonnerie de la porte résonner.

- J'y vais. Dit Karma en attrapant sa veste à capuche, toujours à son côté.

Il vola néanmoins un petit baiser à son amant avant de se lever pour de bon. Il attacha ladite veste pour remonter correctement la capuche sur son visage. Il se dirigea vers la porte qu'il ouvrit mais se figea.

Du sang tomba sur ses chaussures.