Chapitre 10 : Retrouvailles

Lorsqu'ils furent de retour au repère des chasseurs, ils s'empressèrent d'entrer pour les laisser replacer la barrière protectrice. Naruto s'isola, se sentant étrange depuis qu'il avait tué Yue. Il n'avait utilisé ses pouvoirs la veille lorsqu'il l'avait empêché de s'en prendre à Konohamaru, et maintenant, il se demandait si ça n'avait pas une explication avec ses étourdissements des dernières heures. Personne ne vint le déranger et il ressortit le carnet de son père pour continuer sa lecture.

Je pris la décision de prendre les deux grimoires avec moi et de retrouver la planque où m'avait emmené cette Kushina. Les protections qui l'entouraient m'empêchaient de la voir ou de la sentir. Je fis donc le tour des endroits de prédilection des succubes. Je l'appelai longuement, évitant les démons qui me lorgnaient du coin de l'œil. J'eue finalement l'aide de l'une de ses semblables qui voulut me corrompre. Dommage, mais j'avais des questions à poser à Kushina. Et surtout besoin de parler à ce Jiraiya. La succube me fit attendre dans une taverne mal famée qui me mit mal à l'aise. Lorsque Kushina entra dans la bâtisse, je vis tous les hommes se retourner vers elle et même certains bavés.

Je dois dire que maintenant que j'ai passé beaucoup de temps avec elle, et que j'ai développé ma perception d'homme, je comprends mieux les pouvoirs des succubes. Ta mère était une femme très séduisante et même pour les démons.

Dès qu'elle me vit, elle vint me rejoindre, provoquant des soupirs de déception en prenant place à ma table. Moi qui croyais que les succubes chassaient. Elles n'en ont pas vraiment besoin, si les hommes leur courent après de cette façon. Kushina ne tourna pas autour du pot et me demanda ce que je lui voulais. Ma demande la laissa sans voix. Elle ne semblait pas s'attendre à ce que je veuille parler à Jiraiya. Elle mit quelques minutes avant de me répondre, mais ce fut pour me demander ce qu'elle y gagnait.

Je n'y avais pas pensé. C'est vrai que les démons ne rendent jamais de services sans rien obtenir.

J'ignorais quoi lui répondre. Qu'est-ce qu'une succube peut bien vouloir en dehors d'une âme humaine à corrompre ? C'est ce que je lui proposai, mais elle me rétorqua qu'elle avait déjà « mangé ». Devant mon air étonné, elle m'annonça que ce n'était pas toutes les succubes ou incubes qui tuaient par plaisir, qu'il y en avait comme elle qui ne le faisait que pour survivre. Elle ajouta ensuite, qu'elle n'avait pas besoin d'aide pour en trouver. En regardant autour de nous, je pouvais voir qu'effectivement, elle pourrait choisir n'importe lequel dans cette taverne. En dernier recourt, je lui demandai ce qu'elle voulait.

Et ma réponse l'étonna. Elle ne s'était pas attendue à ce que je lui laisse carte-blanche.

Elle prit un moment pour réfléchir, puis elle me dit qu'elle n'avait rien à demander, mais que j'allais lui devoir un service. J'acceptai avec appréhension, et elle me demanda de le suivre. Je perçus une nouvelle fois les soupirs des hommes sur notre chemin, déçus qu'elle m'ait choisi probablement. Kushina me ramena à la planque où elle m'avait emprisonné la première fois. Elle me demanda de patienter pendant qu'elle allait chercher Jiraiya. En attendant, j'ouvris le grimoire qui relatait tous les traitres du paradis. Il y avait beaucoup plus d'anges bannis que je ne l'aurais imaginé. L'amour est possible chez les anges, mais les dirigeants sont fermés, ils pensent que l'amour entraîne la corruption. Et si c'était le contraire ?

J'avais raison, mon amour pour Kushina m'a rendu bien plus puissant que tous mes supérieurs. J'ai seulement évité qu'ils ne le découvrent.

Quand Jiraiya arriva, il prit place en face de moi en compagnie de Kushina. Je me mis à raconter ce que j'avais découvert et je déposai les deux grimoires sur la table entre nous en résumant leur contenu. Le péché de la gourmandise ne fit aucun mouvement pour y toucher, mais Kushina ne résista pas. Sauf que lorsqu'elle toucha à celui contenant la liste des traitres, il tomba en cendre. On fut tous trois surpris et pour éviter que l'autre finisse dans le même état, je le repris. Kushina s'excusa, alors que Jiraiya répéta que c'était intéressant. Il s'absenta quelques minutes et à son retour, il posa un volume sur la table et me demanda de le prendre dans mes mains. Sur la couverture, je pouvais lire « Mœurs et coutumes des succubes par Tsunade ». J'hésitai. Et s'il tombait en cendre lui aussi ? Jiraiya me rassura, ce livre n'était qu'une copie originale. À peine mes doigts l'effleuraient, que je ressentais une brûlure. En les portant à mon visage, je vis les cloques se résorber. À nouveau, Jiraiya répéta que c'était intéressant.

C'est ainsi qu'on a découvert que les anges se brûlent lorsqu'ils touchent à un objet démoniaque, et que les objets angéliques tombent en cendre lorsqu'un démon y touche.

Puisqu'il se faisait tard, mes « hôtes » m'invitèrent à rester dormir et Jiraiya me fit apparaître un lit douillet avant de repartir aux enfers. Kushina m'abandonna pour aller dormir dans une autre pièce.

Sa chambre, puisque cette planque lui appartenait. Pas étonnant qu'elle l'entoure de sortilège pour éloigner les anges vu ce qu'ils lui ont fait subir.

Après une nuit blanche à lire le grimoire sur les monstres et les démons, j'ai eu plusieurs questions à poser à Kushina. Au départ, elle n'avait pas vraiment envie de répondre. Elle commença du début. Lucifer et les sept péchés capitaux. La Colère représentée par un certain A, qui représente bien son péché avec ses explosions. La Luxure par la toute première succube et qui aussi sa maîtresse, Tsunade. L'Orgueil par un psychopathe appeler Madara, qui serait à l'origine de plusieurs guerres de pouvoir. L'Avarice par un sociopathe du nom de Danzô, qui règle ses comptes avec Madara grâce aux guerres. L'Envie par le psychotique qui dirige les enfers maintenant, Orochimaru. La Gourmandise par son tuteur Jiraiya, qui aurait aussi pu être le représentant de la Luxure pour son grand appétit sexuel. Et pour finir, la Paresse, représenté par Dan, le fiancé de Tsunade. Pour prendre sa succession, Lucifer y était allé par élimination depuis le plus fort. A était trop colérique et violent, il s'emporte pour un rien. Des plans pour qu'il tue tous les démons des enfers. Tsunade ne voulait rien savoir de gouverner. Madara avait tendance à écraser les autres pour son plaisir, alors que Danzô garderait tout pour lui. Orochimaru avait toujours envié tout le monde et convoité le pouvoir, en plus d'être le chouchou de Lucifer. Mais étrangement, c'était avec Jiraiya qu'il s'était toujours le plus amusé.

Il est très dommage qu'il se soit arrêté sur Orochimaru et qu'il n'ait pas choisi Jiraiya, parce qu'après des heures de discussions avec lui, j'ai découvert qu'il avait de grandes idées pour améliorer l'entente entre le paradis et les enfers. Même Tsunade aurait été meilleure et elle regrette tellement d'avoir refusé, vu toute la merde qu'Orochimaru a créée entre le paradis et les enfers.

Elle m'a parlé de comment l'enfer étaient devenus « infernal » même pour les démons. Orochimaru est le tout premier dictateur, si quelqu'un ne fait pas ce qu'il demande ou si on fait quelque chose qui lui déplaît, c'est terminé. Seuls les péchés ne peuvent être tués par lui, parce que même s'il a acquis de nouveaux pouvoirs, ce n'est pas assez pour des démons aussi âgés que lui.

Parce que s'il le pouvait, je suis sûr qu'il les éliminerait tous pour s'assurer d'avoir un pouvoir absolu sur tous les démons. Et si les autres pouvaient le tuer, ou du moins le destituer de son trône, ils le feraient volontiers pour retrouver une partie du pouvoir qu'ils avaient sur certains démons inférieurs.

Cela fait plusieurs jours que je vis dans cette planque. Je ne peux en sortir que si Kushina me le permet et mes pouvoirs sont bloqués. Et étrangement, je lui fais confiance. Elle ne s'en prendra pas à moi. Alors je lis et relis les documents qui se trouvent dans le grimoire des monstres. Jiraiya m'a remis des livres pour passer le temps et qui reflètent la réalité des démons et des monstres. Du moins, il m'a remis des copies écrites dans des grimoires humains pour que je puisse les manipuler sans me brûler. Certaines notes mentionnent des monstres et des démons avec l'âme d'humain. Des êtres qui se fondent parmi les humains, vivent comme eux et tombent amoureux d'humain, et qui ne tuent que pour survivre ou en légitime défense. Seuls les animaux doivent les craindre. Malheureusement, il en reste encore qui tue pour le plaisir.

Bien sûr, le monde ne changera pas du jour au lendemain, mais j'espère qu'un jour tous les êtres mythiques arrivent à s'accorder entre eux et avec les humains. Mais avec Orochimaru au pouvoir des enfers, ce n'est qu'un rêve illusoire.

Deux mois ont passé. On me cherche au paradis. Le fait que j'ais disparu sans laisser de trace et qu'on ne puisse me retrouver avec le lac de l'Humanité inquiète mes supérieurs. Je suis tombé sur Rasa Sabaku aujourd'hui. À ma grande surprise, il m'a promis de garder le secret si je lui dis ce que je fabrique ici. Savoir que je me suis lié d'amitié avec une succube ne semble pas le surprendre outre mesure. En fait, je dirais même qu'il semble vouloir nous aider. Mais je me suis dit que j'aurais plus besoin de lui au paradis pour me garder au courant de ce qui s'y passe. Et aussi pour m'apporter certains livres que je veux relire après avoir consulté les ouvrages que Jiraiya m'a prêtés. Et au passage, je voulais y apporter des annotations importantes qui n'y figurent pas. Ce serait important que les anges s'ouvrent les yeux et réalisent que ce qu'on nous apprend n'est pas représentatif de la réalité.

J'ignore si ma famille a encore ces livres en leur possession. Je crois que ma « rébellion » va aussi les atteindre sans que je ne le veuille, mais j'espère qu'ils arriveront à faire entendre raison à la prochaine génération. J'espère que les choses changeront avant que tu ne sois grand, mais je sais que ça ne saura probablement pas le cas.

Seigneur, les choses m'ont complètement échappé, la situation me dépasse. Je n'aurais jamais imaginé que mon amitié pour Kushina évolue. J'éprouve des choses dont j'ignorais l'existence. Je comprends enfin les humains. Bien que j'aie des pensées impures, mes ailes dont restés aussi blanches que lors de ma visite sur terre avec Hiashi. Ce qui remonte à plus d'une dizaine d'année. Est-ce que mon âme angélique s'est changée en âme humaine ?

Plus un être mythique passe de temps sur terre sans retourner au paradis pour les anges et aux enfers pour les démons, plus son âme se rapproche de celle des humains. Il commence donc à ressentir les choses comme eux. Les démons développent une conscience et les anges développent une libido. Assez étrange de le découvrir de cette façon.

Je me suis rendu compte de rien. C'est venu sans que je le réalise et j'écris ses lignes en regardant Kushina dormir. Quand j'ai réalisé ce qu'on a fait, la panique a monté en moi et je me suis empressé de sortir mes ailes, m'attendant à les voir apparaître noires. Mais non. Elles sont toujours blanches. Kushina les a touchées, aussi surprise que moi, puis elle m'a parlé d'une particularité des succubes qui n'a jamais été écrite dans les livres que j'ai lu. Les succubes savent reconnaître, dès le premier baiser, leur âme sœur et c'est ce qui l'avait perturbé lors de notre première rencontre. Elle a donc lancé l'idée que si mes ailes avaient gardé leur pureté, c'était peut-être parce qu'elle est mon âme sœur et que ce qu'on a partagé n'est pas un péché.

Par contre, ce soir-là, elle ne m'a pas parlé des conséquences d'une relation avec une âme-sœur sur les succubes. J'avais lu que les succubes ne pouvaient avoir d'enfant. Mais Kushina s'est bien gardé de me prévenir que c'était possible avec son âme sœur.

Kushina est enceinte. Je n'en reviens pas. Je croyais ça impossible. En me l'annonçant, elle était heureuse et triste en même temps. Et au fond de moi, j'étais excité et paniqué. Mais en découvrant que l'accouchement allait la tuer, j'ai senti mon cœur se briser et la perspective de la perdre me rend malade. Mais elle a su garder le service que je lui devais, pour m'obliger à prendre soin de notre enfant, si elle devait tomber enceinte. Pas étonnant, si elle me savait déjà son âme sœur.

Et même si je lui en ai voulu au départ, savoir que j'allais être père… C'est un sentiment impossible à décrire. Les anges se reproduisent généralement lorsque le besoin d'avoir une descendance se fait sentir et c'est par insémination pour éviter de perdre notre pureté. Maintenant je sais que ça n'a aucun rapport. Et je dois avouer que c'est plus agréable et que ça renforcit les liens. J'espère que tu trouveras ton âme sœur.

C'est la dernière fois que j'écris dans ce journal. Himoshi m'a retrouvé et il a découvert que j'ai mis une succube enceinte. J'ai été déclaré traître et ils m'ont ramené de force au paradis. Je ne pourrai pas tenir ma promesse à Kushina. Voilà pourquoi j'ai annoté mes précédentes observations et écrits tout ce que je sais de mes pouvoirs pour te les transmettre, Jiraiya s'occupera de ton éducation et te montrer à te servir de tes pouvoirs de démon. Ce ne serait pas la première fois et avec le tempérament de Kushina, il aura sûrement tout vu. Enfin, j'espère que tu ne seras pas pire qu'elle. Dès que j'ai terminé, je remets mes deux journaux à Rasa avec la directive de te trouver pour te remettre celui-ci et attendre quelques années avant de remettre le second à ma famille. Himoshi se méfie de ma famille, mais pas de Rasa,ce qui tombe bien. Sur ce, j'espère que tu auras une enfance plaisante, pas trop débridé, même si je sais que tu vas croire n'être qu'un démon durant de longues années. Mais l'ange en moi espère que tu ne seras pas trop plongé dans le péché. La paresse et la gourmandise, ça peut aller. C'est les moins pires.

Les dernières phrases du carnet firent sourire Naruto. La gourmandise était son pire défaut, la paresse ensuite, mais il avait longtemps eu une vie de débauches. C'est seulement en rencontrant Hinata qu'il s'était réellement assagie. Par contre, il s'emportait plus rapidement, et ça, ça l'inquiétait. Si les observations de son père était bonne et qu'Hinata était vraiment son âme sœur, elle garderait sa pureté même s'ils faisaient l'amour. Il devait avouer que ça le soulageait. Il avait toujours repoussé les avances d'Hinata parce qu'il la savait pas prête, mais un peu aussi parce qu'il avait peur de la corrompre. Un baiser, aussi torride qu'il soit, restait inoffensif, mais en ce qui concernait le sexe… C'était une autre histoire. Il avait eu de la misère à la repousser parfois, le manque commençant à se faire sentir. Il avait profité plusieurs fois de l'absence de sa copine pour se soulager en solitaire. Après une vie de débauche, c'était difficile de faire vœu d'abstinence.

Naruto referma le carnet et regarda autour de lui. Konohamaru refusait encore de lâcher Hanabi, craignant qu'elle disparaisse une nouvelle fois. Tenten examinait la blessure de Neji avec l'aide d'Haku, et depuis leur retour, elle semblait guérir plus rapidement. Temari soignait Maya, alors que Shino se tenait éloigné pour éviter d'être tenté par l'odeur du sang. Sasuke, Itachi et Kiba dormaient pour reprendre des forces après leur combat contre la meute de loups-garous. Gaara méditait. Karin était perdue dans ses pensées. Shin et Sai les surveillaient, pendant qu'Arashi et Sasame montaient la garde dehors. Personne ne pouvait voir la planque et tout ce qui se trouvait dans un rayon de dix mètres, mais mieux valait qu'il y ait quelqu'un à l'extérieur pour donner l'alerte si quelqu'un de louche s'approchait.

Naruto se leva finalement et alla rejoindre sa sœur. Même si leur père ignorait qu'il allait avoir deux enfants, ce journal s'adressait à tous les deux, alors il lui en résuma les grandes lignes et lui lut certains passages. Son air morose s'effaça doucement et elle posa sa tête sur son épaule en le remerciant d'être là. Pour sa part, Naruto fut triste et un peu déçu de découvrir qu'elle était sa jumelle, alors qu'elle succomberait à l'accouchement dans moins de huit mois.

Oo0oO

Tu crois qu'il pourrait devenir complètement maléfique s'il perd sa moitié angélique ? comprit Hinata.

C'est le premier métis ange-démon, alors qui sait. Et je crois bien que seule ma famille sait qu'on peut perdre nos plumes.

Shion remit le journal dans son sac et Hinata se pencha sur le lac pour tenter de repérer Naruto. Voyant que cela ne marchait pas, elle tenta de trouver Tenten, Konohamaru, Haku, Maya, Neji, Hanabi… Elle n'en trouva aucun.

Qu'est-ce qu'il se passe ? s'inquiéta Hinata. Je n'en trouve aucun. Est-ce que ça veut dire qu'ils sont morts ?

Non, si un ange meurt, le paradis est immédiatement alerté. Ça veut dire qu'ils se trouvent derrière une barrière.

Une barrière ?

Oui, mon père m'a confié que certains chasseurs ne font pas confiance aux anges et qu'ils ont découvert comment repousser ou garder les anges à distance.

E je crois bien que Maya en est une.

Alors qu'Hinata tentait de trouver un autre moyen de localiser ses amis, une alarme retentit.

Ils savent que je me suis enfuie, paniqua Hinata.

Tu dois sauter, la pressa Shion.

Et si j'arrivais devant des démons ou des monstres qui n'attendent que ça qu'un ange leur tombe dans les mains.

Tu préfères qu'on soit toutes les deux enfermées pour trahison ?

Quand elles entendirent des gardes approcher, Shion s'empressa de fermer son sac et le remit à Hinata.

Il contient tous les livres que mon oncles a écrit durant son séjour sur terre et en attendant son exécution.

Quoi, tu ne viens pas ?

La terre, ce n'est pas pour moi.

Mais…

Elles sont là ! cria un garde.

À peine Hinata tournait la tête pour regarder les gardes qui accouraient vers elles, Shion l'attrapa par les épaules.

Penses fort à lui et le lac t'emmènera là où il se trouve.

Hinata eut à peine le temps de la regarder, que la blonde la poussait dans le lac. Elle eut tout juste le temps de fermer les yeux et de penser à Naruto, avant d'être engloutie par l'eau. Étant sur le dos, la réception fut douloureuse. L'ange échappa le sac en poussant un grognement sourd. Le souffle coupé, elle mit un certain temps avant d'ouvrir les yeux et de regarder où elle avait atterri. Elle était dans une large clairière, en lisière de la forêt, mais pas âme qui vive dans les environs. Hinata se releva tranquillement en regardant autour d'elle, à l'affut du moindre bruit qui pourrait trahir un démon, un monstre ou un quelconque animal. Elle ne sentait pas en état de combattre quoique ce soit, même un lapin ou un écureuil.

Elle attrapa la ganse du sac, puis se leva doucement, le dos encore douloureux après l'atterrissage. Maintenant, elle devait trouver Naruto, ou n'importe lequel de leurs amis. En fait, n'importe quel humain ferait l'affaire pour le moment. Elle commençait à marcher, lorsqu'elle sentit l'énergie de dix-huit personnes apparaître d'un seul coup. En se retournant, elle vit Naruto courir vers elle, et derrière lui, Konohamaru et Hanabi le suivaient. Soulagée, Hinata sentit ses jambes la lâcher et s'effondra au sol en pleurant à chaudes larmes. Elle se sentait revivre. Le blond se jeta à genoux devant elle et la prit dans ses bras.

Comment as-tu réussi à t'enfuir ?

Grâce à ta cousine.

Naruto se recula pour la regarder, ne comprenant pas de qui elle parlait.

La nièce de ton père m'a aidé à m'enfuir. Mais… Je crois qu'elle va avoir des problèmes, parce que les gardes de mon père nous ont vues ensemble près du lac de l'Humanité.

Hanabi posa une main sur sa bouche en l'entendant. Elle n'avait pas beaucoup connu Shion, mais sa franchise l'avait marqué. Elle espérait que la blonde allait s'en sortir. Dans leur dos, Sai arriva et leur demanda de retourner à l'intérieur pour qu'ils puissent rétablir la barrière protectrice. À peine Hinata mettait un pied dans la planque, qu'elle fut entourée par les bras de Maya.

Oh Hinata ! Je suis tellement contente de te revoir.

Moi aussi. Et je suis heureuse que Neji soit arrivé à temps pour te sauver.

Sans l'arrivée d'Itachi, ça n'aurait servi à rien, rectifia ce dernier en s'approchant.

Hinata se tourna vers lui et découvrit son bras droit en écharpe. La voyant écarquiller les yeux, il haussa les épaules avec un sourire résigné. Quand Naruto la dirigea vers la femme rousse qu'elle avait vue dans l'eau du lac, l'ange appréhenda les choses. Elle avait quand même vu son copain la prendre dans ses bras. Mais lorsqu'il la présenta comme sa sœur jumelle… Hinata les regarda à tour de rôle, la bouche ouverte sous la surprise. Déjà savoir qu'il était possible pour un ange et un démon de concevoir un enfant, c'était une révélation. Mais découvrir qu'il était possible d'avoir des jumeaux… Elle était complètement dépassée.

Comment est-ce possible ?

Je ne suis pas réellement rousse, sourit Karin.

Ce n'est pas ce qu'elle voulait dire, sourit à son tour Naruto. Mais on suppose qu'avec un ange et un démon, il faut un équilibre entre le bien et le mal de nos origines.

Alors, bien qu'ils ne soient pas cent pourcent démon ou ange, il y en a un qui tient plus des démons et l'autre des anges, poursuivit Maya.

Et comme je suis une succube, on sait tout de suite qui tient des démons, fit Karin.

Donc la moitié démoniaque de Naruto serait plus petite ? comprit Hinata.

L'inquiétude dans sa voix alerta tout le monde. Elle ouvrit son sac rapidement et fouilla pour retrouver le journal de Minato pour leur lire la note finale. Ce fut Hanabi qui le prit pour le lire à haute voix, alors qu'elle se penchait pour ramasser une enveloppe qui était tombée.

Qu'est-ce qu'il veut dire par perdre ses plumes ? demanda Neji.

Sans lui répondre, Hinata leur tourna le dos en passant ses cheveux sur son épaule et sortit ses ailes. Plusieurs exclamations se firent entendre et Naruto toucha une zone nue.

Est-ce que c'est permanant ? demanda le blond.

Je n'en sais rien. Ton père a été exécuté peu de temps après avoir écrit ce journal, alors qui sait ce qu'il se passe lorsque toutes les plumes tombent ou si elles repoussent quand on retrouve notre âme sœur.

Mais on n'est pas sûr que ce soit vraiment ça, signala Sai.

Le mieux, ce serait de voir ce phénomène sur d'autres personne. Mais puisque Hanabi et Konohamaru ne sont pas ensemble depuis très longtemps, il ne reste que Naruto.

Je ne sais même pas si j'ai des ailes !

Est-ce que tu as déjà essayé de les « sortir » pour voir si tu en avais ? demanda Konohamaru.

Naruto secoua la tête. Depuis qu'il avait découvert les origines de son père, il ne le réalisait toujours pas. Dans son esprit, il était encore un démon de classe moyenne. Alors que Neji lui proposait de lui enseigner comment il fallait faire, Hinata resta dans son coin et porta son attention sur l'enveloppe. Son nom était écrit dessus et elle reconnut l'écriture de Shion.

« Hinata, je t'écris rapidement ses lignes avant de te faire sortir, parce que les chances que je sois découverte sont grandes et je me suis faites à l'idée. Seuls toi, Hanabi, Neji, et même vos amis, pouvez remédier à l'obstination de nos supérieurs au paradis. Voilà pourquoi j'ai rassemblé les ouvrages que mon oncle a écrits ou annotés pour notre famille. Ça vous servira peut-être. Prenez en soin. »

L'ange déposa le sac sur la table et en sortit les livres qu'il contenait. « Le livre des monstres » en quatre volumes, « Les enfers et les démons » en trois volumes, « Le paradis et les anges » en deux volumes, « Les 7 péchés » « Mœurs et coutumes des succubes par Tsunade », « Observations » et « Recherches ». Seuls ceux sur les péchés et les observations étaient de la main de Minato. Hinata releva les yeux vers Naruto, qui sous les conseils de Neji et d'Hanabi, tentait de faire sortir ses ailes. Mais rien ne se passait

Mon père a décrit les pouvoirs d'ange que j'étais susceptible de développer, et il n'a jamais mentionné les ailes, s'exclama le blond en perdant patience.

Je suis aussi un demi-ange et je n'ai pas d'ailes, signala Temari.

Mais Naruto reste un être mythique à cent pourcent, fit remarquer Hanabi.

Ses blessures se guérissent plus rapidement que celles des humains, acquiesça Karin.

Elles n'ont pas tort, fit Gaara. Tu images des ailes te sortirent des omoplates ?

Temari eut un frisson en imaginant la douleur que cela occasionnerait. La peau de son dos se déchirant… La plaie de Neji n'avait pas été agréable à regarder.

Je vous rappelle que les ailes ne sortent pas toutes de la même façon, ni au même moment, signala Hinata.

C'est vrai, fit Hanabi. Habituellement, elles ont besoin d'un élément déclencheur pour sortir la première fois.

Comme quoi ? demanda Naruto.

Ça dépend de chaque ange, soupira Neji.

Comme lorsqu'on tombe de haut, précisa la jeune ange. L'instinct de survie les fait sortir à coup sûr.

Faudrait que je me mette en danger pour savoir si j'ai vraiment des ailes ? répéta le démon.

Certains anges laissent tomber leurs enfants de plusieurs mètres dans le ciel quand ils atteignent cinq ans, expliqua Neji.

C'est la façon la plus rapide, ajouta Hinata. Les oiseaux font la même chose en poussant leurs petits en bas du ni pour les obliger à voler.

Je trouve cette méthode…, commença Konohamaru.

…complètement sadique, termina Tenten.

Tous les regards se tournèrent vers eux et les deux humains se regardèrent un instant avant de hausser les épaules. Chacun à le droit à son opinion et pour eux, laisser tomber de jeunes enfants dans le ciel était déraisonnable. Même si c'est pour aider leurs ailes à sortir. Parfois la patience est meilleure.

Vous avez vécu ça ? demanda Karin en regardant les quatre anges pour détourner l'attention.

Effectivement, acquiesça Neji. Rares sont ceux qui ne le font pas.

C'est l'âge où les ailes ont terminé de se former, expliqua Haku, et les années qui suivent sont les plus favorables pour apprendre à voler.

Alors si je réussis à les sortir, je vais avoir de la misère à m'en servir ? comprit Naruto. Alors autant ne pas en avoir, déclara-t-il en se laissant tomber sur le sofa.

Tout le monde le regarda reprendre en main le journal de son père et se remettre à lire. Bien qu'il l'ait terminé un peu plus tôt. Hinata attrapa le journal que Shion lui avait remis et le tendit à Naruto. Celui-ci la regarda avec étonnement.

C'est le journal que ton père a laissé à sa famille. Tu pourrais découvrir des choses intéressantes sur la famille Namikaze.

Naruto se frotta les mains, regardant le journal avec gêne. Ce carnet sentait beaucoup plus le paradis que celui que Gaara avait eu en sa possession. Probablement parce qu'il avait passé près d'un siècle sur terre. Neji comprit les réticences du blond et vint poser une main sur l'épaule de sa cousine.

Il vaudrait mieux tout retranscrire dans un livre qui ne vient pas du paradis.

Oh, c'est vrai.

Sai quitta pièce et revint avec quelques livres aux pages vierges et les tendit à Hinata. Elle les attrapa en le remerciant et retourna dans la cuisine pour s'y mettre. Naruto se leva pour la suivre, tout comme Haku qui voulait se rendre utile. Et puis, avec Neji dans les parages, il se sentait de trop auprès de Tenten. Sans compter qu'ici, elle ne risquait rien. Justement, la jeune femme se dirigea vers son ancien ange-gardien en se frottant les mains sur ses cuisses. Ils ne s'étaient pas réellement reparlés depuis leur baiser et elle appréhendait un peu de se retrouver seule avec lui. Neji dut sentir qu'elle voulait lui parler, puisqu'il se retourna et lui montra la porte d'un mouvement de tête.

Vu que les chasseurs avaient rendu une grande zone autour du repère invisible grâce aux protections anti-démons et anti-anges, ils seraient tranquilles pour discuter. Seuls Sasame et Arashi pouvaient surprendre leur conversation pendant qu'ils surveillaient les alentours. Tenten le suivit jusqu'à la fourgonnette et ils s'y adossèrent en silence. Aucun d'eux n'osa ouvrir la bouche pour aborder le sujet qui les intéressait tous les deux.

Alors, ton retour au paradis…, finit par demander Tenten. Comment ça s'est passé ?

Difficile, mais au moins j'étais libre de mes mouvements. La plupart du temps.

Je t'ai apporté beaucoup de problème, soupira-t-elle en baissant la tête.

Ce n'est pas de ta faute. C'est moi qui t'ai embrassé.

Mais je n'aurais peut-être pas dû t'inviter à monter.

Neji se retourna vers la jeune femme, mais ne sut pas quoi lui répliquer. Il connaissait Tenten depuis seulement une semaine quand c'était arrivé et il ne s'expliquait toujours pas pourquoi il l'avait embrassé. En fait non, il savait ce qui l'avait poussé à le faire, mais habituellement, il n'aurait jamais agi sans réfléchir. Réaliser ce qu'on fait, qu'une fois qu'on est en train de le faire… Il n'avait jamais connu ça. Mais étrangement, il était persuadé que c'était monnaie courante chez les humains. Voire, peut-être même chez les démons et les monstres.

On ne va pas très loin avec des si, déclara-t-il finalement. On ne peut pas changer le passé. Mais ça m'a fait découvrir un sentiment qui m'était inconnu, ajouta-t-il après une pause.

Tenten releva vivement la tête vers lui, mais Neji regardait le ciel qui s'assombrissait avec le coucher du soleil.

Au paradis, on ne croit pas à l'amour et aux âmes sœurs, reprit l'ange-gardien. Le mariage n'existe que pour avoir une descendance. C'est pour cette raison que les anges se croient supérieurs aux humains et aux démons, car l'amour entraîne la déchéance. Mais si on en croit le journal de Minato, c'est tout le contraire, termine-t-il en regardant Tenten.

Il plongea son regard dans les yeux de la jeune femme. À la différence de ses cousines, il connaissait Tenten à peine plus qu'une connaissance. Et pourtant, il n'avait jamais trouvé une semaine aussi longue, que celle qu'il avait passé loin d'elle. Et il avait vécu plus d'un siècle pourtant. Il n'était pas devenu aussi désespéré qu'Hanabi ou démolie qu'Hinata, mais il avait ressenti un vide en lui et son cœur s'était comprimé en la voyant dans le lac de l'Humanité. Même s'il ne connaissait rien à l'amour, son instinct lui disait que c'était ça qu'il ressentait pour son ancienne protégée. Et c'est poussé par celui-ci, qu'il posa sa main gauche sur la joue de Tenten pour ensuite lui voler un autre baiser.

La jeune femme ferma les yeux pour en profiter, agrippant le bas de la chemise de Neji en répondant au baiser. Cette fois-ci, rien n'allait les arrêter. Sauf le manque d'air. L'ange-gardien posa son front contre celui de Tenten en rompant le baiser, et il prit une grande respiration sans rouvrir les yeux. Les seules fois où son cœur avait battu aussi vite, c'était lorsqu'il avait cru mourir de la main du shapeshifter et de la okami.

Est-ce que c'est normal que mon cœur batte aussi vite ? demanda-t-il avec un petit sourire.

Sûrement, sinon on est tous les deux malades.

Le sourire de Neji s'étira un peu plus, comprenant finalement ce qu'avaient ressenti ses cousines au contact de Naruto et de Konohamaru. Et dire qu'il les avait critiquées en le découvrant. Minato avait peut-être bien raison, les anges ignoraient encore beaucoup de choses. Il ne pouvait pas encore dire si Tenten était son âme sœur, mais près d'elle, il se sentait plus puissant. Même que son épaule ne lui faisait presque plus mal.

Est-ce que tu crois à cette histoire d'âme sœur ? demanda-t-il au bout d'un moment.

Je n'en sais rien. Je n'ai jamais cru au destin ou aux coïncidences, alors j'ignore quoi penser de deux âmes prédestinées à se rencontrer.

Tu ne crois pas que Naruto et Hinata puissent l'être ?

Je crois qu'il est possible de tomber amoureux en apprenant à connaître une personne. Mais pas au premier regard.

Et ce que nous on ressent ? hésita Neji en les pointant tous les deux.

Ce n'était pas au premier regard, répliqua Tenten, un peu mal à l'aise. C'est juste qu'on peut ressentir beaucoup de choses avec un baiser.

Neji haussa un sourcil, voyant qu'elle commençait à s'emmêler dans ses explications. Ce qu'elle disait commençait à contre dire sa première pensée.

Et pour toi, ce n'est pas ça être des âmes sœurs ? la nargua Neji en se penchant vers elle.

Tenten ouvrit la bouche, mais aucune réplique n'en sortit. Au fond d'elle, elle savait qu'il avait raison. Mais l'idée que deux personnes soient prédestinées à tomber amoureux… Pour elle, ça relevait du conte de fée. Et elle ne croyait plus aux fées depuis l'âge de six ans. En même temps qu'elle avait découvert que le Père Noël n'existait.

On n'est pas dans un conte de fée, répliqua Tenten en dernier recourt.

Neji se redressa, bras croisés et le coin des lèvres relevé en un sourire moqueur.

Tu ne crois pas aux fées ? comprit-il. Si elles t'entendaient, tu leur ferais de la peine.

Arrêtes, les fées ça n'existe pas.

Tout comme les anges, les démons, les vampires, les loups-garous, les…

J'ai compris, l'arrêta Tenten en levant les mains. Elles existent vraiment ? demanda-t-elle, soudainement intéressée.

Pas dans le monde des humains. Tout comme les anges, elles ne visitent cette terre que lorsqu'elles ont des missions. Sinon elles restent dans leurs forêts magiques avec les elfes, les lutins et les gnomes.

Tu es sérieux ou tu te paies ma gueule ? se méfia la jeune femme.

Si je quoi ? fit Neji, complètement perdu.

Tenten fut un instant sans voix, puis elle se rendit compte que Neji n'avait pas du tout compris l'expression qu'elle avait utilisée.

Te payer ma gueule. De me mener en bateau. Me faire une farce.

Pourquoi aurais-je voulu te faire une farce ?

J'ai juste un peu de mal à m'y faire. Je veux dire, toutes ces histoires de créatures mythiques. Qui sait combien de « races » existent ? soupira-t-elle. Pas aujourd'hui ! s'exclama-t-elle en voyant Neji ouvrir la bouche. Une race par jour, ça me suffit.

Neji lui offrit un sourire chaleureux et passa un bras autour de ses épaules. Alors qu'il se penchait pour l'embrasser une nouvelle fois, un cri strident retentit à la lisière de la forêt. Ils se retournèrent d'un bloc en direction du bruit, scrutant les ténèbres entre les arbres. Arashi et Sasame les rejoignirent en courant.

Est-ce que vous avez une idée de ce qui a pu pousser ce cri ? demanda Tenten.

Ce n'est pas un loup-garou, déclara Arashi.

Ni une valkyrie, ajouta Sasame.

Je n'ai jamais entendu un son pareil, dit Neji à son tour.

Tous ceux qui se trouvaient dans le repère sortirent pour les rejoindre.

Seigneur ! s'exclama Maya. C'est quoi ce cri ?

Je n'en sais rien, c'est la première fois que je l'entends, répondit Sai.

Les quatre monstres déclarèrent la même chose, alors que Karin s'accrochait au bras de son frère jumeau. Celui-ci serra points et mâchoire.

Ce n'est pas le cri d'un monstre, annonça-t-il.

Alors c'est quoi ? demanda Sasuke.

Un puissant démon, répondit Karin en tremblant.

Le péché de l'Envie, ajouta Naruto.

Tu veux dire, le fameux Orochimaru ? s'inquiéta Temari.

Et tous ses fidèles, acquiesça la succube.

Se retournant une nouvelle fois vers la forêt, tout le monde retint sa respiration. Est-ce que les barrières magiques des chasseurs tiendraient le coup face au chef des enfers.