Chapitre n°10:

Cette semaine fût catastrophique. Et le problème c'était qu'elle n'était pas encore terminée. J'avais espéré que ce ne soit qu'un cauchemar, mais malheureusement j'étais bel et bien réveillée.

Mercredi, j'avais été passé des entretiens au Dreams pub, et chez Victoria's Secret. Le Dreams pub venait de trouver une serveuse. Mais ils m'avaient dit que si une place se libérait, ils m'appelleraient. Puis, j'avais été voir chez Victoria's Secret. Ça c'était passé assez rapidement. J'ai dû rendre un formulaire, ainsi qu'un questionnaire. Et en fin d'après-midi, mon téléphone sonna pour me dire que j'avais été prise. J'avais donc demandé à Jasper de m'y emmener pour que je puisse savoir quand je débuterai, mes horaires, bref tout le tralala. J'étais heureuse, je venais d'avoir un travail. Mon premier job !

Vendredi on avait eu sport, et comme d'habitude je me pris une bonne raclée. Après les échauffements il y avait toujours des minis tournois. Heureusement, ces tournois n'étaient pas mixtes pour l'instant. Le professeur nous avertit que lors de l'examen, ils le seraient. Faire un combat de judo avec une fille était déjà assez difficile, alors avec un garçon je préférais ne rien imaginer.

Vu que je ne faisais aucun effort, le professeur me sermonna, encore une fois. J'en n'avais strictement rien à faire. Mais quand il me dit que si je voulais passer, il fallait que j'ai au moins huit, mon visage avait pâlit d'un seul coup. Le prof le vit, et me conseilla de trouver quelqu'un qui puisse m'aider en sport en dehors des cours. Comme si j'allais me casser le cul pour ça. J'en parlais donc avec Alice, mais elle me dit qu'elle n'était pas super douée non plus et qu'elle ne me serait d'aucune aide. Je préférai donc couper court à cette discussion avant d'avoir un mal de crâne à propos de "qui pourra m'aider".

Et le pire, c'était le soir. On avait la soirée mondaine chez Alice. Rosalie nous avait donc retrouvées à la maison juste après ses cours. Ses affaires pour la soirée étaient dans un gros sac avec ses habits ainsi que pleins de produits de maquillage et de coiffage, et dans un autre sac elle avait ses affaires pour la nuit. Quand elle était sortie de sa voiture, elle avait l'allure d'une star avec ses lunettes de soleil sur le nez et sa beauté naturelle. Elle était toujours bien habillée, c'était ce qu'on appelle une fashion victime.

Elle me re-félicita pour mon travail, et me promit de venir me voir quand je commencerai pour faire ses achats. On avait fait les boutiques il y a une semaine et elle pensait déjà à refaire du shopping, cette fille était impossible. Comment faisait-elle pour avoir autant d'argent sur son compte? Elle était hôtesse dans un club ou quoi? Bref, c'était ses affaires, pas les miennes. Mais elle ferait une magnifique hôtesse, et avec son caractère, elle arriverait facilement en haut de l'affiche. La number one des hôtesses. Oh, mais qu'est-ce que je racontais encore? Je délirais complètement ... mais je lui demanderai quand même.

Elle entra, fit la bise à Jasper en l'embêtant comme à son habitude.

« Salut choupinet! Alors, ça avance avec ton lutin? » Demanda Rosalie, pleine de sous-entendus et en lui lançant une œillade.

« Mais de quoi je me mêle? Retournes chez toi! »

« Hum... Ça veut dire oui ça! T'en es où? Vous vous êtes déjà embrassés? Avez-vous seulement déjà eu un rendez-vous? »

« Nan, ni l'un, ni l'autre. » répondis-je à la place de Jasper. « J'espère que ça va s'arranger ce soir. »

Je sais, j'étais une abominable petite sœur. Mais bon, qui aime bien châtie bien non? Hum... Ouais, finalement, ça dépend. Quand je pensais à l'autre arrogant, je devais alors énormément l'apprécier. Mais bien sûr... Je pense être la mieux placée pour connaître mes propres sentiments contrairement au proverbe. Nan, mais franchement. Si je devais commencer à l'apprécier, je pense que je serais la première à le savoir. Bref!

Jasper était rouge, mais pourquoi? De colère ou de gêne? Seul lui le savais, mais je pense que c'était un peu des deux. Je sais que c'était sa vie privée, mais si c'était l'inverse il ne s'en serait pas privé. Bien au contraire, il en aurait profité.

Heureusement, ou malheureusement je ne sais pas quel terme choisir, je n'avais rien à apporter chez Alice car c'était elle qui me fournissait le… Déguisement ? Bon disons ma tenue. Toutes les deux allons-nous préparer chez Alice. Je ne sais pas si j'aurais le droit de vote sur la robe, ou si Alice l'avait déjà choisie. Je croisais les doigts, je priais, je faisais tout ce que je pouvais pour ne pas être déçue. Ce qui voulait dire que je ne faisais pas réellement grand-chose, mais je préférais garder espoir. Sans lui, on ne pourrait pas continuer à vivre.

Je montais chercher mon sac à l'étage, et c'est là que je me rendis compte que ma chambre était un grand bordel. Quand est-ce que l'ouragan était passé? Pourvu que Charlie ne voit rien de ce capharnaüm, sinon j'étais morte. En plus, il serait capable de m'appeler au milieu de la soirée pour que je vienne ranger. Il ne fallait pas oublier que j'étais déjà punie, alors n'en rajoutons pas. Je prenais les affaires traînantes, principalement des vêtements, et les plia à la va vite. Je retapai rapidement mon lit et mis de l'ordre sur mon bureau. Voilà qui était plus présentable. Ça m'aura pris cinq bonnes minutes, mais évité une confrontation avec le shérif Swan.

J'attrapai donc mon sac, et commença à dévaler les escaliers. Ce qui était une mauvaise idée, vu que je loupai l'avant dernière marche. Heureusement que j'avais réussi à me retenir grâce à... A quoi d'ailleurs? En relevant la tête, je vis que c'était Jasper. Il se retient de rire, comme d'habitude.

« Ah! » Soupirais-je. « Tu vas voir quand ça t'arriveras Withlock, je serais là, en face de toi, avec un saladier de popcorn entre les mains, parole de Bella Swan ! » affirmais-je d'un air résolu.

« Oui mais vois-tu, le problème, c'est que ce genre de chose ne m'arrivera pas à moi tant que tu seras dans le coin. Ce n'est pas de ma faute si tu es un aimant à catastrophe ! » Rétorqua Jasper. « En plus d'attirer les catastrophes, tu possèdes une maladresse hors du commun sinon tu n'aurais pas un zéro pointé en sport. »

« Je n'ai pas zéro! » m'offusquais-je. « J'ai deux! »

« Oui, parce que tu fais acte de présence et que mis à part ta merveilleuse coordination, tu n'emmerdes pas le prof. » insista-t-il.

« Bon hop hop hop, les enfants. On doit se préparer. Votre petite dispute était bien agréable, » ironisa Rosalie, « mais je ne suis pas une maîtresse de mômes de maternelle! Maintenant Jasper, il me semble que toi aussi tu es invité, et si tu veux voir une relation se concrétiser avec Alice il faudrait que tu commences par te préparer galamment pour pouvoir la séduire une bonne fois pour toute! Bella, on y va. On a encore du boulot. Avec Alice, on a l'habitude de se préparer et de se faire belle pour ce genre d'occasion. Nan, tais-toi! » Dit-elle avant même que je n'ouvre la bouche. « Tu as sûrement déjà assisté à des fêtes, mais certainement pas autant que moi. Donc, on n'en sait un peu plus sur "comment se préparer". Aller grouilles, on file chez le lutin à ressort. » Débita-t-elle en remettant ses lunettes de soleil sur le nez.

Je grimpai donc dans sa voiture et croisai le regard de Jasper. Un regard plutôt compatissant. Ah ce qu'il a de la chance d'être un mec. Être une fille, c'était vraiment trop chiant! Déjà, on devait toujours faire attention à notre langage, car il ne fallait pas faire mec sinon on risquait plus d'être un pote qu'une fille à leurs yeux. Aussi, les mecs n'avaient pas besoin de s'épiler, il y en a qui le font, de plus en plus d'ailleurs, mais toujours peu. Nous les filles, c'était pratiquement une obligation. Je me voyais mal mettre des jupes ou robes avec des poils d'un mètre sur mes gambettes. Même si en hiver, ça tient chaud. Du moins c'est ce qu'on dit, c'était l'excuse banale quand on a la flemme car je voyais peu de différence. J'avais froid avec ou sans poils, donc autant faire sans. Quoi que, si on est sûr de ne pas les montrer… Après, autre contrainte d'être une fille : les sifflements des pervers dans la rue. Les gars se croient parfois vraiment tout permis. Nous aussi on va se mettre à les siffler et à leur mettre les mains au cul, peut-être que c'est ça qu'ils attendent d'ailleurs? Et une des contraintes les plus pénibles, c'est les quatre/cinq jours par mois où l'on préférerait rester clouée au fond du lit. Généralement, nos proches savent quand on est dans notre mauvaise semaine, car on est plus désagréable qu'à l'ordinaire. Enfin, je dis généralement. Et quand je dis plus désagréable, je ne voulais pas dire qu'on était toujours désagréable, loin de là cette idée, je voulais surtout dire que ça jouais sur notre humeur. Et les garçons ça les amusait. Si seulement ils pouvaient vivre au moins une semaine de galère comme la nôtre, s'ils pouvaient enfin comprendre ce que c'était d'être une fille ! Mais bon, c'est la vie. Sois tu nais en étant fille, sois en étant garçon, tu ne choisis pas.

Quelque chose me sorti de mes pensées... Philosophiques? C'était Rosalie. En relevant la tête, je remarquais que l'on était déjà arrivées, je ne m'en étais même pas rendu compte. Vu le regard qu'elle me lançait, elle devait me prendre pour une folle à la fixer comme ça sans rien dire et sans même cligner des yeux. Bon, réveilles-toi Bella. Il est dix-sept heures quarante-cinq, il te reste une heure et quinze minutes pour te préparer, aller top chrono.

« C'est bon, t'es réveillée? » Me questionna Rosalie, légèrement agacée par mon attitude, quand je sortis de sa voiture.

« Ouais, humm... Désolée Rose, j'étais complètement perdue dans mes pensées et ... » Me justifiais-je.

« Oui, bah j'ai remarqué. J'étais en train de te raconter comment et pourquoi j'avais plaqué Laurent. » J'étais complètement perdue. Qui était ce Laurent? Je ne me rappelais pas qu'elle m'en ait parlé avant. Est-ce que c'était une question... Une phrase piège, ou est-ce qu'il y a réellement eu un Laurent dans sa vie? Vu comment elle en parle, il n'en faisait plus parti. Dois-je me risquer à lui demander des explications, ou plutôt laisser couler cette histoire? Elle comprit à mon silence. « Laurent! Mon ex! » S'énerva-t-elle.

« T'avais un mec? »

« Si tu m'avais écouté, tu ne me poserais pas la question, idiote! »

« Hey! Pas ma faute, ok? »

« Ok, alors c'était qui qui était dans la lune? » demanda-t-elle.

« Moi. » maugréais-je.

« Exact. »

« Bella, Rosalie, vous êtes enfin là ! » lança une Alice encore plus excitée que d'habitude.

« Alice, il faut que je te raconte un truc de fou! Bella, cette fois ci, écoutes s'il te plait. »

« Pourquoi, qu'est-ce qu'il se passe? » Demanda Alice, légèrement inquiète mais ne quittant pas son sourire.

« Il y a un mois environ, j'ai rencontré quelqu'un, » commença Rosalie tout en sortant ses sacs de la voiture. « Il s'appelait Laurent. C'était un homme tout à fait charmant, élégant, polis, agréable et respectueux. Bref, l'homme idéal. »

« Comment vous êtes-vous rencontrés? » Questionna Alice.

« J'y viens, ne t'inquiètes pas, laisse-moi raconter s'il te plait. » Réprimanda gentiment Rosalie.

« Pardon. »

« Donc je disais, j'étais allée en boite pour l'anniversaire d'une amie, et elle avait trop forcé sur la bouteille, donc vous imaginez dans quel état elle devait se trouver. La connaissant, j'ai préféré rester sobre ce soir-là, on ne sait jamais après tout. Enfin bon. Elle habitait à dix minutes à pied, donc on n'avait pas pris la voiture. Quel bordel pour essayer de la ramener. Puis un jeune homme, Laurent, proposa son aide. Voilà donc, comment ça a commencé. Puis, petit à petit, on a commencé à se voir, on rigolait bien ensemble, on s'entendait bien. Et il y a deux semaines, il m'a embrassé. Je n'ai rien dit. Après tout, il avait l'attitude d'un prince charmant, et pourtant je n'y crois plus. Et cette semaine, j'ai voulu lui rendre visite. Je savais qu'il ne travaillait pas le mercredi. J'avais appelé à son travail pour avoir son adresse et son numéro, il travaille dans une bijouterie si vous voulez savoir. Au départ ils ne voulaient pas me les donner, donc j'ai dû utiliser le mensonge pour parvenir à mes fins. Finalement, ils ont cédé. Je suis donc allée chez lui, j'ai sonné. Une femme d'une vingtaine d'années avec un bébé dans les bras est sortie. Sur le coup je me suis dit que je m'étais trompée, donc je lui ai demandé si elle ne le connaissait pas par hasard. Et elle m'a répondu tout en souriant que c'était son mari. Cette femme ne se doutait de rien. Puis Laurent est sorti pour voir qui c'était, et quand il m'a vu, il a tout compris. Il pensait que j'avais déjà tout raconté à sa femme, ce qui était faux, donc comme un con, il s'est dénoncé tout seul en disant "ne croit pas ce qu'elle dit, c'est qu'une folle, je ne la connais pas, c'est la première fois que je la vois" un truc comme ça. Il a débité tout cela à une vitesse... Bien sûr, il n'en fallut pas plus à la femme pour comprendre, s'il ne me connaissait pas, qu'il ne m'avait jamais vu, pourquoi paniquait-il? Et surtout, comment savait-il que j'avais quelque chose à raconter? »

« Oh, je suis désolée. » répondit Alice.

« Tu sais, il y a eu plus de colère que de mal. Je suis en colère contre moi-même de ne m'être aperçue de rien. Franchement, comment ai-je pu être aussi bête? Il était trop parfait pour être bon. Heureusement que je ne l'aimais pas. »

« Bah... Je ne comprends plus rien là. Pourquoi est-ce que tu es sortie avec lui alors? » Demandai-je étonnée.

« Ah, tu te réveilles enfin! J'ai bien cru que j'allais devoir raconter tout cela une troisième fois, et là, franchement je t'aurais dit d'aller te faire voir. »

« Ouais, bon, réponds s'il te plait. »

« Hum! Bah, c'est tout simple. A part son attitude, on n'avait rien en commun. »

« Et l'autre femme, quelle a été sa réaction? Qu'est-ce qu'elle a dit? »

« D'après ce que j'ai compris, elle l'a quitté. Heureusement pour elle, enfin je trouve, ils étaient simplement fiancés et non mariés. Et en plus, elle s'est excusée auprès de moi. Elle a compris que je n'étais pas au courant qu'il était en couple, et encore moins fiancé. On a vite fait parlé, sur le coup, je culpabilisais à un point pas possible. Mais elle m'a dit que ce n'était pas de ma faute, que c'était Laurent qui l'avait trompé... Et donc, je n'ai plus aucun remord. », Finit-elle avec un énorme sourire.

« Bon, alors nous pouvons aller nous préparer maintenant. Oui désolée Rosalie, » continua Alice devant l'air outré de Rosalie. « Ton histoire était passionnante, nan réellement, mais il faudrait commencer à se préparer. Nous avons du boulot. » Dit-elle en me pointant du doigt croyant être discrète.

« Merci, ça fait plaisir.» lui répondis-je.

« Nan, mais, de quoi tu parles Bella? » Demanda avec un air innocent le petit lutin.

« Ha ha la bonne blague, tu sais très bien de quoi je parle. N'oubliez pas, il y a du "boulot" n'est-ce pas? Alors allons-y. »

En me dirigeant vers la chambre d'Alice, j'entendis les filles pouffer de rire dans mon dos. Ces filles sont incorrigibles. Mon dieu, qu'est-ce que j'avais fait pour mériter ça? Je sais, je dramatisais toujours tout, mais on ne me changera plus maintenant.

Alice me tira avec force dans son dressing, suivit de près par Rosalie et ses sacs. Le petit lutin me mit une robe, une paire de gant, et des escarpins dans les bras, puis me fit signe de me diriger au fond. Je m'installais dans un coin avec un fauteuil pour pouvoir poser mes affaires. Puis, une fois la robe mise, je remarquai un détail assez important.

« Alice la robe est sublime, mais je suis désolée, je ne peux pas porter ça. On voit tout mon soutif. »

« Ah, oui j'ai oublié de te le dire, mais avec cette robe on n'en met pas. Sinon, c'est sûr, c'est affreux. »

« Mais je ne vais pas rester sans soutif? »

« Bien sûr que si! Et ne rechignes pas, sinon je te force a aussi enlever le bas. »

« Tu n'oserais pas? »

« Tu ne m'en crois pas capable ? »

« Hum... Bon, mais j'ai peur d'être mal à l'aise. »

« Bon, écoute. Mets-la sans rien, comme je te l'ai dit, et on avisera après ok? »

« Ouais, d'accord. »

La robe était très jolie. Digne des plus grandes stars, mais je n'en étais pas une. Elle était bleu nuit, et le haut de la robe scintillait légèrement. Le bas, du côté gauche, était fendu jusqu'à mi-cuisse. Le devant était un décolleté en V qui descendait jusqu'en dessous de la poitrine. Elle avait de fines bretelles, et sur celles-ci, était accrochés deux légers voiles transparents mais toujours dans les mêmes tons. Les deux voiles recouvraient mes épaules jusqu'aux coudes. Dans le dos il y avait aussi un décolleté en V, mais plus large que celui de devant, et des rubans étaient entrelacés pour couvrir légèrement mon dos.

Une fois que j'avais enlevé mon soutien-gorge, le résultat était clairement plus joli. Je ne dirais pas que la robe m'allait à la perfection, il ne fallait pas rêver quand même, mais ça m'allait bien quand même. Ça me donnait un côté provocateur et charmeur. Je m'admirais dans le miroir. Ce n'était pas tous les jours qu'on se voyait affublée de la sorte. Puis je chaussais les escarpins argentés, et enfilais les gants de la même couleur que les chaussures. Les gants étaient fins, et montaient seulement jusqu'aux poignets.

« Bella, tu es ravissante », me dit Rosalie.

« Je savais que cette robe t'irait à merveille. »

« Merci les filles, mais vous n'exagérez pas un peu? » Soupirai-je.

« Bien sûr que non, » affirma Alice.

« Au fait, vous aussi vous être très belles comme ça. »

Rosalie portait une robe rouge sans bretelles. Ce n'était pas un rouge pétant, mais pas bordeaux non plus. Entre les deux je dirais. Bref, un beau rouge. Sa robe aussi était fendue mais du côté droit. Elle avait des chaussures noires, ainsi qu'un châle de la même couleur. Elle était déjà coiffée et maquillée. Quand les garçons la verront, ils allaient s'en décrocher la mâchoire, c'était clair et net.

Alice portait une robe blanche. Elle était légèrement décolletée, et les bretelles un peu plus épaisses que les miennes. Devant, elle s'arrêtait aux genoux, pour descendre jusqu'aux chevilles derrière grâce au dégradé. On aurait dit que la robe avait été cousue pour elle. Finalement, elle m'avoua que c'était une de ses créations. Je ne me rappelais plus qu'elle créait des vêtements. Me l'a-t-elle seulement dit déjà?

« Bon, pendant que je fini de me préparer, » continua Alice, « Rosalie va finir de te maquiller, légèrement ne t'inquiète pas, et aussi de te coiffer. »

Je passai donc aux mains expertes de Rosalie. Je ne fis pas attention à ce qu'elle me dît. Je préférai me détendre à me faire chouchouter. Puis elle s'attaqua à ma tignasse. Elle fit un chignon en laissant quelques mèches devant. Avec ces mèches, elle prit le fer à friser et me fit de belles anglaises. Après la tonne de laque déposée dans mes cheveux, elle me passa des créoles argentés. J'étais enfin prête. En fait, nous étions toutes les trois prêtes.

Nous avions donc décidé d'attendre les garçons en bas, dans le salon, puisqu'ils ne devraient pas tarder. Mais avant, on décida de se prendre en photo toutes les trois pour réellement débuter notre soirée mondaine.