Coucou les gens :D Je poste un jeudi ! Ceci n'était plus arrivé depuis des temps immémoriaux !
Alors, par soucis de clarté, je vous donne une info ici (qui éclairera votre lecture quand vous tomberez dessus, lulz) : 100 000 yens valent à peu près 800 € (un tout petit moins, mais who cares ?).
Voilà, et sinon, pour la première fois je vous propose une playlist à écouter dans l'ordre, si le cœur vous en dit :) Si vous voulez jouer le jeu, vous pouvez changer de musique et passer à la suivante à chaque "coupure", voili voilou !
- Playlist -
Ark Patrol ft. Veronika Redd - At All
Die Antwoord - Baby's On Fire [Ten$ion]
Cher Lloyd - Want U Back (US Version)
Barrie Gledden - Castaway
GoGo Penguin - Murmuration
Leçon N°10 : Cachez vos faiblesses
"Si vous voulez être une peste, il y a plusieurs choses que vous devez savoir..."
Ino balaya rapidement la terre et poussa la grande plante verte contre le mur. Une feuille en tomba, si on ne s'y connaissait pas du tout en botanique, on aurait pu penser que c'était une feuille banale, en forme d'étoile, avec cinq doigts bien distincts. Mais ça n'avait rien de banal.
Passées les jolies fleurs colorées, exotiques et printanières de la boutique Yamanaka, le monde était diffèrent. Dans le foyer, il y avait toujours des plantes, oh oui, mais quel genre de plante ? Hé bien, le genre qu'il faut garder secret, le genre qui, vous l'avez deviné, est illégale.
"Ce qui vous rend faible ne dois jamais être verbalisé. Gardez-le secret, cachez-le."
Ino ne sentait même plus les effluves de cannabis, elle y était trop habituée. Son père était un excellent jardinier, il fallait l'admettre. Il n'avait aucun mal à entretenir cette culture illégale au sein de sa maison, autant pour sa propre consommation que pour la revente.
Il y en avait des centaines. Partout. Certaines plantes adultes dépassaient Ino en taille. D'autres, encore bébés, s'épanouissaient dans une multitude de petit pots dispersés ça et là. Il y en avait pour ainsi dire dans chaque recoin de la maison. De la cuisine au salon, en passant par la salle de bain, tous les espaces semblaient prés à accueillir ces petits arbres verts aux senteurs d'acide citrique.
Ino soupira en entrant dans sa petite chambre et en constatant que le sol était, là aussi, plein de terre. Inoichi n'était pas une personne très propre, et lorsqu'il déplaçait ses pots, il laissait derrière lui plein de saleté qu'il ne lavait pas. La jeune fille n'avait même pas le courage de nettoyer et se contenta de jeter son sac sur son lit - le seul meuble de la pièce – puis de se laisser tomber dessus.
Auparavant, sa chambre avait été beaucoup plus grande, mais Inoichi l'avait changé d'endroit, sans trop lui demander son avis. Il avait réquisitionné son ancienne chambre pour en faire un genre d'entrepôt pour ses plantes ; il avait installé un éclairage adapté et il vérifiait la température et le niveau d'humidité plusieurs fois par jour pour s'assurer que tout était parfait. Ino n'avait pas vraiment son mot à dire là-dedans. En grandissant, elle avait appris que se soumettre était simplement la meilleure solution en ce qui concernait son père.
Elle avait grandis parmi tout ça. Elle était née là-dedans. L'odeur, l'odeur de la terre et celle de la marijuana étaient tellement imprégnées en elle qu'elle ne les sentait plus du tout. Quand elle était enfant, elle s'était amusée à comparer sa taille avec celle de ces plantes. Elle s'était déjà faite grondée pour avoir voulu jouer à la dînette avec des feuilles de cannabis, et souvent, lorsqu'elle voulait utiliser la salle de bain, elle était obligée de se frayer un chemin à travers la jungle de de feuilles vertes que formaient les petits arbres.
Ino n'y avait jamais touché. La drogue, à ses yeux, c'était pour les faibles d'esprit, ceux qui n'arrivent pas à supporter la réalité de la vie, et elle se refusait à devenir comme son père. Non pas que celui-ci aurait pu lui faire la morale, ceci-dit.
Ses bons résultats scolaires, les félicitations des professeurs, tout ça ce n'était rien aux yeux de son père. Il s'en fichait pas mal. Ino était une enfant qui ne posait aucuns problèmes sérieux à ses parents, mais ça ne l'empêchait pas de trouver une foultitude de points sur lesquels la réprimer. Elle faisait toujours un faux pas, enfreignait toujours l'une de ses règles stupides : ouvrir la porte à Hanako qui allait faire ses besoins dans le terreau, laisser la lumière allumée dans la couloir sans se rendre compte que l'ombre des plantes s'étalait dans la rue en bas de chez elle, balayer des graines qu'elle croyait être de la saleté...
La mère d'Ino avait mal vécu sa grossesse et n'aurai jamais d'autres enfants. Elle était fille unique, enfin, si on ne comptait pas Hanako qui faisait partie de la famille depuis bientôt 8 ans. Ino restait persuadée que son père aurait préféré avoir un garçon. Il n'y avait qu'à voir les traitements de faveur qu'il réservait à ses neveux. Peu importe, elle n'en était pas jalouse. Elle n'en était plus jalouse. Avec le temps, elle avait appris à se détacher de tout ça, à vivre pour elle-même, pour ses propres buts, et ses propres envies.
Mais elle devait quand même porter le secret de sa vie familiale sur ses épaules. Au lycée, elle était le prototype de la petite princesse, la fille féminine, gâtée par ses parents, la fille model, parfaite... Mais sa vie chez elle était si loin de tout cela... Sa faiblesse, c'était ce qu'il se passait derrière la boutique de fleur des Yamanaka, c'était cette vie familiale atypique, loin du glamour qu'elle projetait sur la scène du lycée. Et personne ne devait savoir.
"Gardez tout verrouillé."
Ino s'endormit presque immédiatement, épuisée par la journée qu'elle avait eu. Elle ne prit même pas la peine de fermer la porte de sa chambre ou de se changer et plongea dans un sommeil sans rêve, où plus rien n'existait et où elle n'avait aucun problème.
Un bruit gêna son sommeil. Ino se retourna en tentant d'ignorer son téléphone qui vibrait, signe que quelqu'un l'appelait. Il était environ minuit, et peu importe qui lui téléphonait, elle ne comptait pas répondre. Cependant, quelques minutes plus tard, un bruit beaucoup plus agaçant la dérangea. Ino grogna en se réveillant difficilement. Elle se frotta les yeux en réalisant que le bruit qui la gênait était celui d'un klaxon. Une voiture, visiblement non loin de chez elle, émettait ce bruit désagréable qui l'avait sortie des bras de Morphée.
Finalement, cela alerta Ino. Toute réveillée, elle sortit de façon méfiante sur son balcon en se faufilant un chemin entre les petites plantes de cannabis qui l'habitait.
Son cœur rata un battement lorsqu'elle aperçut Konan, en bas de chez elle, devant une berline noire qu'elle connaissait bien. La jeune fille lui fit de grands signes en souriant.
Ino ne réfléchit pas une seconde de plus. Elle retourna dans sa chambre, se débarrassa de son affreux uniforme et enfila les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main : un simple jean et un T-shirt noir devenu trop large pour elle avec le temps. Elle dévala les escaliers 4 par 4 après avoir fourré son téléphone dans sa poche.
Elle visualisa vaguement la forme de son père, affalé sur le canapé, qui puait l'alcool à plein nez, mais ne s'attarda pas sur lui plus que ça. Dans l'entrée, elle prit la première paire de chaussure qui lui tombèrent sous la main et elle déboula dehors, les yeux écarquillés.
-Konan, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Demanda-t-elle à la fois excitée et perplexe.
-Je l'ai fais, s'exclama aussitôt la jeune fille aux cheveux bleus. Putain, je l'ai fais !
Konan semblait surexcitée, ce qui était très étrange quand on la connaissait. Elle avait les yeux grands ouverts et un sourire qui montait jusqu'au ciel. Ino regarda la voiture, puis Konan et à nouveau la voiture.
-Non, ne me dis pas que...
-Si, si !
-C'est vraiment la bagnole d'Uchiwa ?!
-Oui, je l'ai fais, Ino !
Le jeune blonde sentit son cœur s'emballer lorsque Konan l'appela par son prénom – d'aussi loin qu'elle s'en souvenait, c'était une chose qu'elle n'avait jamais faite.
Elle se mit à rire et les deux jeunes filles gloussèrent comme des adolescentes. Ino regarda la voiture et sentit l'excitation monter à l'idée de tous ce qu'elles pourraient en faire. Elle se mit à sautiller sur place en frappant dans ses mains, comme une petite fan-girl à qui on aurait offert un billet pour le concert de son boy's band favoris.
-Allez, monte ! Je t'emmène !
Ino ne se fit pas prier, elle se jeta dans la voiture. La berline était luxueuse, plus luxueuse que tous ce qu'Ino n'avait jamais connu dans sa vie ! Etre assise là-dedans, c'était comme être posée sur un nuage. Une douce odeur de lavande flottait à l'intérieur du véhicule où tout semblait éternellement neuf.
Konan regagna la place de la conductrice et n'attendit même pas qu'Ino mette sa ceinture avant de démarrer. La blondinette laissa échappé un sursaut sous le coup de la vive accélération puis se mit à rire, boostée par l'adrénaline.
-Où on va ? Demanda-t-elle en mettant sa ceinture.
-On peut aller où tu veux, Blondie, répondit Konan, on va juste passer chercher quelqu'un avant.
Ino ne s'étonna pas lorsque la voiture s'arrêta devant une jolie maisonnette qu'elle connaissait bien, dans une rue tranquille. Konan leva la main pour klaxonner, mais elle lui saisit le poignet à la dernière minute avec un sursaut.
-Ben quoi ?
-Tu comptes quand même pas klaxonner ici ? On est dans un quartier résidentiel et tu pourrais réveiller ses parents !
-T'as une meilleure idée, peut-être ?
-Ben oui, duh !
Ino sortit son téléphone et envoya un sms à Karin. Konan protesta qu'elle n'allait jamais se réveiller pour si peu, mais Ino savait que Karin était une couche tard et qu'elle ne dormait pas encore. Et comme d'habitude, elle avait raison ; la silhouette de l'adolescente se fit voir à peine une minute plus tard. Elle avait ouvert sa fenêtre et s'y était penchée pour reconnaître la fameuse berline noire. Il ne lui avait même pas fallu quelques secondes pour descendre et apparaître devant ses amies, vêtue d'une simple chemise de nuit rose pâle.
-C'est... C'est pas croyable ! Bégaya-t-elle en posant ses mains sur ses joues, regardant la voiture comme si c'était l'apparition du christ. Laquelle de vous deux a fais ça ?
-Moi bien sûr, fit Konan avec une fierté non dissimulée, je vous l'avais dit, non ? J'ai récupéré mon téléphone et la voiture en prime !
Karin se pencha vers le véhicule pour en inspecter l'intérieur avec émerveillement. Sa famille était un peu plus aisée que celle de Konan et d'Ino, mais même pour elle, ça restait le grand luxe, une voiture pareille.
-Aaaah, les sièges sont recouvert de velours ! S'exclama-t-elle en les palpant.
-Comment tu as fais ? Demanda Ino en se tournant vers l'adolescente aux cheveux bleus.
-Tu crois que tu es la seule à savoir manipuler les autres ? Tu serais surprise de voir tout ce que j'ai appris en te regardant faire tu sais, répondit-elle avec un sourire énigmatique.
-Y'a même un porte gobelets ! S'exclama encore Karin.
-Tu ne réponds pas à ma question, rétorqua Ino que cela agaçait légèrement.
-Hé, une vraie peste ne dévoile jamais ses secrets, non ?
Cette réponse ne plut pas du tout à la jolie blonde qui lui offrit en retour un air blasé. Si il y avait une peste ici, c'était elle, certainement pas Konan. Un élan de jalousie la frappa, et elle avait envie demander pour qui elle se prenait au juste. Voler une voiture, ce n'était à côté de ce qu'Ino avait réalisé par le passé ! Elle était presque sur le point de se lancer dans une dispute, quand la voix de Karin, impatiente, se fit entendre :
-Bon, on bouge ou quoi ? Je suis prête moi !
Les lampadaires s'éteignirent dans l'une des petites rues résidentielles de Tôkyô. Tout était calme et tranquille... Pas un seul bruit ne venait perturber le sommeil de qui que ce soi...
Quand soudainement, une berline noire débarqua à une vitesse beaucoup trop élevé et la traversa de part en part en l'inondant d'une musique forte à en réveiller les morts.
Konan ne décéléra même pas devant les ralentisseurs et leurs roula dessus à toute vitesse. Les amortisseurs en prirent certainement un sacré coup, mais elle n'en avait rien à faire, ce n'était pas sa voiture après tout. À l'intérieur de l'habitacle, les filles furent toutes secouées comme dans un manège et cela ne fit que raviver leurs cris d'excitations.
-Vas-y Koko ! Cria Karin.
Elle semblait avoir avalé une dizaine de paquets de sucre tant elle était animée. En fait, elles semblaient toutes les trois avoir avalé une dizaine de paquets de sucre. Konan grogna à cette appellation qu'elle n'aimait pas, mais elle continua à sourire. Elle roulait vite et de façon totalement anarchique, mais loin de leur faire peur, cela amusait les filles.
-Le son de cette caisse est juste énorme, s'exclama Karin, et dire que cet idiot d'Uchiwa ne s'en servait probablement jamais !
Ino gloussa en s'imaginant la réaction de Sasuke s'il voyait ce qu'était devenu sa berline en ce moment. Les basses étaient à fond, faisant résonner la musique dans l'habitacle si fort qu'il en vibrait tout entier. Karin se dandinait sur les coussins de velours mauves de la banquette arrière, laissant sans aucune pudeur sa chemise de nuit se relever sur ses cuisses jusqu'à dévoiler sa culotte. La tête qu'il aurait bien pu faire en voyant une fille ainsi abandonnée dans sa voiture, ça devait être simplement hilarant.
Ino elle-même était toute dépareillée, elle avait ses pieds posés sur le tableau de bord, y laissant sans remord des traces de semelles. C'était tellement bon de salir les affaires de ce gosse de riche. Elle rit encore en entendant Karin s'égosiller au son de la musique :
-When I'm doos dronk then I forget all my fokken lyrics ! Like um, uh, who gives a fuck ? Don't worry 'bout it, just blow a kiss to me, I like danger, romance and mystery !
[Quand je suis défoncée comme ça, j'oublie toutes mes putains de paroles ! Genre hum... uh... Mais qui s'en branle ? On s'en fous, contente toi de m'embrasser, j'aime le danger, la romance et le mystère !]
Konan la rejoignit rapidement, elle n'était pas du tout le type de fille à aimer chanter, mais quand il s'agissait de rap elle avait parfois du mal à se retenir, les mots coulaient juste de sa bouche sans qu'elle ne puisse les retenir :
-I'm a lucky ducky, get mad shit for free ! I rock more bling than Mr. T !
[Je suis une petite veinarde, il m'arrive des trucs de dingues sans que je ne fasse rien ! Je gère encore plus de fric que Mister T !]
Ino chanta la ligne suivante avec elles parce que c'était son moment préféré :
-I make it look easy 'cause it is to me. My daddy says it's lekker fokken spif to see a South African cherrie makin' history.
[Quand je le fais, ça a l'air facile parce que ça l'est pour moi. Mon papa dit que c'est putain de trop cool de voir une petite sud Africaine refaire l'histoire.]
Et tandis que Konan et Ino continuaient sur le refrain, Karin lança en riant :
-Qui aurait cru que cette prude d'Uchiwa serait du genre à écouter "Die Antwoord" !
-Imbécile, lança Konan, c'est mon CD ! Il n'écouterait jamais une chose pareil !
-"Prude", c'est le mot juste, renchérit Ino en riant.
Karin, qui ne tenait décidément pas en place, se leva sur la banquette arrière et amena son visage à la hauteur des filles.
-À quoi servent tous ses boutons ? Demanda-t-elle en passant son bras sur le tableau de bord qui débordait de commandes diverses et variées.
-Putain, Karin, rassieds-toi tu vas nous faire faire un accident !
-Non, pas par là, s'écria soudainement Ino, y'a toujours la police dans ce quartier là, tourne, tourne !
-Oh j'ai trouvé !
-Je peux pas !
-Mais si tourne !
-Ah !
Les filles parlaient toutes en même temps dans l'anarchie la plus complète. Karin appuya sur un bouton qui ouvrit une partie du toit, mais elle n'eut pas le temps de s'en émerveiller plus que ça ; Ino attrapa le volant pour faire tourner la voiture. Konan rétrograda de justesse et elles étaient à deux doigts de tomber dans un fossé. Dans le choc, Karin fut projetée vers l'avant et tomba comme elle le put sur les genoux d'Ino. Ses jambes frappèrent la boite à gant qui s'ouvrit soudainement et quelque chose en sortit.
Karin et Ino regardèrent avec stupeur des liasses de billets leur atterrir dessus. Leur première réaction fut de rester complètement bouche bée.
-Du fric ! Y'a du fric dans la bagnole ! S'écria Karin partagée entre émerveillement et horreur. On a volé du fric, putain !
-Quoi ?!
Konan se gara en vitesse au bord du chemin de campagne sur lequel elle roulait tandis que Karin tentait de se redresser sur les genoux d'Ino et faisait voler les billets autour d'elle en remuant comme un asticot.
-A... Arrête de t'excite comme ça, andouille ! C'est rien, ça, pour un gosse de riche ! Répliqua Konan avec verve, comme pour essayer de se convaincre qu'elle n'avait rien fais de mal.
Ino ouvrit la portière et lança Karin au dehors comme elle aurait poussé un chat un peu trop remuant. Celle-ci s'étala au sol comme une crêpe, sans aucune grâce, mais la Yamanaka s'en fichait ; elle attrapa les billets et les compta rapidement.
-Y'a plus de 100 000 yens, merde ! Lâcha-t-elle en les faisant glisser entre ses doigts.
Ses mains vibraient sur les billets et Konan lui en arracha une liasse pour vérifier que c'était bien des vrais. Dans l'excitation, Ino laissa plusieurs billets s'envoler en dehors de la voiture et Karin les rattrapa en gloussant. Il était évident qu'aucune des trois filles ne songeait à rendre l'argent, maintenant qu'elles en étaient là, autant aller jusqu'au bout.
-Vous imaginez tout ce qu'on peut faire ! S'écria la jolie blonde.
Karin sautilla à côté d'elle avec un air plus que réjoui.
-On a qu'à aller au fast food sur la troisième avenue, dit-elle, ils sont ouvert H24, ensuite on peut aller au konbini, et puis on peut passer faire un tour dans un bar et s'envoyer des apéritifs toute la soirée !
-Karin, on ne va pas passer notre soirée à manger, protesta Ino.
-Tu vas grossir, fit Konan sans aucun détour, tu es déjà sur la bonne pente.
-Pas si je vomis tout après, répondit la jeune fille aux cheveux rouges avec le plus grand naturel.
Konan pouffa de rire en fourrant les billets qu'elle tenait dans sa poche.
-C'est de loin la meilleure soirée de ma vie, dit-elle en souriant.
-Wouhoooou !
La voiture filait dans les bas quartiers de la ville - des endroits qu'elle n'avait sûrement jamais vu - et les cris de joie des filles se mêlaient à l'ambiance de l'endroit. Ino et Karin étaient debout sur la banquette arrière et avaient passé le haut de leurs corps par l'ouverture du toit, comme on voit les filles le faire parfois dans les films américains. Elles criaient et sautillaient avec excitation, s'amusant de la bêtise qu'elles étaient en train de faire.
Konan ralentit la voiture devant l'entrée d'une boite de nuit, juste assez de temps pour que quelques jeunes hommes - qui avaient un look qui n'aspirait absolument pas confiance - s'approchent du véhicule. Evidemment, il ne fallut pas quelques secondes avant que l'un d'entre eux ne se mette à draguer les demoiselles qui dépassaient du toit.
-Alors, on s'amuse bien les filles ? Laissez-moi vous dire que vous êtes de vraies bombes, ça vous dit de venir prendre un verre ?
-Konan, sale traîtresse, redémarre, redémarre !
Karin tapa sur le toit de la voiture comme pour accentuer sa demande, mais la jeune fille aux cheveux bleus s'amusait de la situation. L'homme ne s'offusqua pas qu'on ne lui réponde pas et s'approcha un peu plus ; ce fut à ce moment que Konan redémarra et elles s'éloignèrent avec des éclats de rire.
Elles allèrent ensuite au konbini, à la demande de Karin qui disait mourir de fin. Elles avaient l'air de n'importe quoi, mais pour une fois Ino s'en fichait. Elle n'était pas au lycée, elle n'était presque plus la même personne. L'action de Konan lui révélait une toute autre facette d'elle-même ; tout ce qui comptait, c'était s'amuser, faire n'importe quoi, laisser la folie l'emporter.
Le tout jeune caissier les regarda avec l'air de les trouver bizarres, et peut-être qu'il y avait de quoi ; Karin était en nuisette, pieds nus, comme si tout était normal. Konan avait tout l'air d'une punk avec ses vêtements du quotidien et Ino était un étrange mix entre une bombasse sortie d'un magazine et une adolescente emo habillée chez hot topic.
Personne n'osa les arrêter lorsqu'elles se mirent à boire à même une bouteille de thé glacé dans le magasin. Karin prit tout un tas de barres chocolatées et de soda qu'elle paya avec l'argent volé. Ino regarda son panier rempli de sucrerie en secouant la tête, partagée entre amusement et incrédulité. Konan lui balança soudain une canette de bière dans la figure qu'elle rattrapa de peu, suite à quoi elle jeta ses yeux sur les portes automatiques et lança :
-Je suis sûre que t'es pas cape.
Ino comprit tout de suite ce qu'elle voulait dire et répondit avec un sourire malicieux :
-Teste moi.
Konan saisit alors un panier qu'elle remplit avec d'autres canettes de bières et couru dehors sans payer en s'exclamant :
-Je vous jure que je suis innocente !
Le portique sonna et Ino rit en accourant derrière elle. Le pauvre caissier les regarda faire sans avoir le temps de réagir. Karin mit elle aussi un moment avant de retrouver ses esprits. Quand ce fut le cas, elle serra son panier contre elle et imita les filles en pestant car elle détestait courir de tout son cœur.
Ino rattrapa rapidement Konan avec son agilité de sportive et lui passa devant juste avant d'arriver devant la voiture, alors que Karin les rejoignit au moins une minute après. Elle jeta toutes ses victuailles sur la banquette arrière avant de s'engouffrer dans la voiture en nageant presque littéralement dans les barres de chocolats.
-On devrait aller en boite, lança Ino avec enthousiasme.
-T'es malade ! Aucune boite nous laissera entrer sapées comme ça !
-Au Millenium ils nous laisseront si on les paye !
-Oui, mais j'ai pas de chaussures, se lamenta Karin, ils ont quand même des limites...
Konan arrêta soudainement la voiture et fit baisser sa vitre avant d'interpeller une fille au dehors.
-Hé toi, là ! Tu me vends tes chaussures pour, disons, 8000 yens ?
Quelques minutes plus tard, Ino tendit une bonne liasse de billet au videur du Millenium et entra sans problème, suivit de Konan dans son look débraillé et de Karin dans sa chemise de nuit et ses chaussures à talons rouges vifs.
Comme c'était un jour de semaine, il n'y avait pas grand monde, et les filles se déchaînèrent sur la piste de dance. Ino en eut finalement assez quand elle se fit aborder par un type reloue pour la troisième fois. Elle alla tirer Konan, qui était en train de draguer le barman, par les oreilles. Elles allèrent ensuite dans un bar où Karin s'envoya à elle seule une demie bouteille de vin rouge, ce qui la rendit complètement pompette. Konan réussit à se faire offrir un paquet de cigarette complet par quelqu'un qui voulait la draguer et les adolescentes s'éclipsèrent encore. Elles se rendirent dans tous les lieux encore ouverts à cette heure-ci et se firent finalement jeter d'un karaoké parce qu'elles se faisaient trop remarquer.
Vers 4 heures du matin, les filles avaient garé la berline sur le long d'un petit chemin, non loin d'une rivière. Ino observait les lumières de la ville au loin, appuyée contre la voiture, tout en buvant un soda. À côté d'elle, Konan, assise dans la voiture, fumait une énième cigarette. Le bruit de Karin qui vomissait au loin se faisaient entendre.
-T'as bientôt fini ? Lui lança Ino. Parce que c'est carrément glauque là...
La jeune fille aux lunettes réapparu, éclairée uniquement par les lumières de la voiture.
-Quelles supers amies vous faites, ironisa-t-elle, l'une d'entre vous aurait pu me tenir les cheveux.
-Chacun sa merde, répondit simplement la Yamanaka.
Karin chancelât encore un peu, probablement plus saoul qu'elle n'en avait l'air, avant de se laisser tomber sur le gazon. Ino, elle, ne buvait pas, ou peu. Elle détestait perdre sa lucidité et estimait, tout comme pour la drogue, que c'était là le recours des faibles. Et puis, l'alcool, ça tirait les traits et donnait des rides prématurées.
Konan n'était pas non plus une grande buveuse. Elle aimait bien la bière, mais pas au point d'en vomir ou de perdre conscience. Ino l'observât quelques instants en silence avant qu'une question ne se forme dans son esprit :
-Konan ? Où est-ce que t'as appris à conduire ?
La dénommée leva les yeux vers elle. Elle n'était pas majeure, donc elle aurait même pu lui poser cette question beaucoup plus tôt ; il était étonnant qu'elle maîtrise aussi bien un véhicule volé.
-Mon grand-frère, répondit-elle simplement.
-T'as un grand-frère ?! S'exclama soudainement Karin en relevant la tête.
-Ouaip. Il s'appel Nagato.
-Pourquoi tu ne nous l'as jamais dit avant ?
-Vous l'avez jamais demandé.
Ino n'ajouta rien d'autre et il y eut un cour silence avant que Karin ne lui demande soudainement :
-Tu as des frères et sœurs, toi ?
La jeune fille considéra la question quelques instants avant de répondre avec un naturel qui la surpris elle-même.
-Oui, j'ai une petite sœur, elle s'appel Hanako.
Et juste après ces mots, Ino se mit à rire, un rire sincère, un rire de bonheur. Elle avait une petite sœur, quelque part, dont il fallait qu'elle prenne soin. Et même si elle la détestait, elle l'aimait, ça petite enfant des fleurs, Hanako.
Konan coupa le contact et sortit de la voiture avant de se laisser tomber comme un sac sur la pelouse et de s'y allonger. Karin rampa vers elle et fit de son ventre son oreiller, ignorant les protestations de ce dernier. Ino hésita un moment avant de finalement s'approcher lentement d'elles. Elle posa la tête sur l'épaule de Karin qui passa son bras autour d'elle et leva ses jambes contre la voiture.
Elles ressemblaient à un tas d'adolescente comme ça, éclairées uniquement par les lumières de la ville au loin et celle de la lune.
Ino était bien. elle aurait voulu que ça dure pour toujours. Que ça ne s'arrête jamais. Elles étaient calmes, enveloppées dans une douce chaleur, bercée par le bruit de la ville qui leur arrivait de loin.
Et Ino savait que ça ne se reproduirai plus jamais, que c'était peut-être même la dernière fois qu'elle avait l'occasion d'être aussi heureuse. Simplement parce qu'elle était une peste, et qu'elle ne savait pas comment être autrement. Même si elle l'avait voulu, elle ne l'aurait pas pu. Elle était solitaire, elle était détestable, et le bonheur d'être avec les autres, ce n'était pas pour elle.
Si ça lui arrivait en ce moment même, c'était parce que la vie était cruelle et voulait lui donner un aperçu de ce qu'elle n'aurait plus jamais.
-Toutes les étoiles sont comme... Des toutes petites, petites fourmis qui s'envolent et se chamaillent et-...
-La ferme Sumire, t'es bourrée et je n'ai pas envie d'entendre tes délires chelou pendant que je profite de mon propre effet.
Ino pouffa de rire en entendant les mots insensés de son amie. Karin avait l'air d'aller bien, elle levait sa main vers le ciel nocturne comme pour essayer d'attraper les étoiles. Etant donné que cela semblait agacer Konan, la blonde lui attrapa le poignet et le tint contre elle.
-On ne va pas s'en aller tout de suite, hein ? Demanda la fille aux lunettes. On est bien ici, on va rester encore un peu, pas vrai ?
-Oui, répondit simplement la Yamanaka.
-On est pas pressée, ajouta Konan en allumant une autre cigarette.
Pour une fois qu'elle avait l'occasion de se reposer, Ino comptait bien en profiter. Elle ferma les yeux en écoutant les inspirations et expirations de fumée de son amie. Qui aurait pu penser d'elle qu'elle était une peste, là, comme ça ? Elle-même était presque en train de l'oublier. Elle avait l'illusion d'avoir des amies, de faire partie d'un tout. Evidemment, c'était faux, et à peine quelques heures plus tard, il faudrait qu'elle retourne au lycée et elle redeviendrai automatiquement la garce qu'elle était vraiment.
Elle ne savait plus exactement si elle jouait un rôle là tout de suite, ou si elle en jouait un au quotidien. Un peu des deux, sûrement.
Konan se redressa, ce qui obligea les filles à changer un peu leur position. L'adolescente aux cheveux bleus attrapa quelque chose dans la voiture - la portière était restée ouverte - et après quelques secondes, elle se remit à fumer. Ino ne remarqua rien de particulier, mais Karin oui.
-Ça sent l'herbe, dit-elle, c'en est ?
-Ouaip.
La jolie blonde leva les yeux pour voir depuis sa position Konan tirer sur son joint. Evidemment, elle n'avait pas reconnu l'odeur, elle ne la reconnaissait jamais.
-Fait tourner, demanda Karin.
Konan s'exécuta et demanda à Ino si elle en voulait aussi. Lorsque celle-ci lui répondit que non, elle s'exclama :
-T'as tord, tu sais. C'est beaucoup mieux que la bière. Est-ce que tu sais seulement ce que c'est ?
-Te moques pas de moi, grogna la blonde, je te rappel que je suis celle qui vous a emmené voir un dealer pas plus tard que la semaine dernière.
-Ouais, admis Konan, mais je t'ai jamais vu toucher à ça, donc je me disais...
-Tu te disais que je ne m'y connaissais pas, c'est ça ? Termina Ino.
-Parce que tu t'y connais ?
"Si seulement tu savais à quel point" songea Ino. Mais bien sûr, elle n'allait pas lui dire.
"Si les secrets sont des secrets, c'est bien qu'il y a une raison. Si ils ne pouvaient faire de mal à personne, ils ne seraient pas secrets. Ne dites rien, ne révélez jamais rien qui pourrait potentiellement vous nuire et ne faites confiance à personne."
-Mes parents sont fleuristes, répondit-elle finalement, le cannabis est une plante, donc je oui, je m'y connais, CQFD.
-Tu vas devenir fleuriste toi aussi ? Demanda Karin.
-Urgh, ça va pas non ? J'ai plus d'ambition que ça, moi !
-Tu vas devenir mannequin alors, lança Konan en se moquant.
-Vous me prenez vraiment pour ce genre de fille, hein ?
Il y avait de la tristesse dans sa voix, mais elle ne fut pas perçu. Personne ne la voyait vraiment telle qu'elle était.
Pour Konan, elle était une petite poupée, "miss parfaite", qui s'amusait à mettre la pagaille dans la vie des autres. Pour Karin, elle était une excentrique qui disait des choses bizarres sur les fleurs qui étaient des gens, et les gens qui étaient des fleurs.
Shikamaru avait d'abords vu en elle une fille différente avant de la considérer comme une petite gamine prétentieuse qui voulait toute l'attention sur elle.
Kiba la pensait gentille alors qu'elle ne l'était pas. Kurenai ne la croyait pas quand elle lui racontait ce qu'elle avait fais, elle pensait certainement qu'Ino inventait ou embellissait ses histoires.
Pour Tenten, elle n'existait probablement plus et pour Shion elle était déjà du passé.
À ce moment précis, Hinata était peut-être encore celle qui la cernait le mieux.
Ino était un assemblage de toutes ses facettes, incohérente dans sa complexité. Son seul but avoué, c'était de détruire la vie des autres. Les autres, elle les choisissait en fonction de ses envies. Sakura, en primaire, puis bien d'autres avant d'arriver à Temari, puis Tenten, sa victime du moment. Il était difficile d'expliquer pourquoi ça lui faisait tant de bien... C'était comme un genre de cannibalisme identitaire ; Ino se nourrissait de la mort sociale des autres.
Elle était vraiment méchante. Elle ne faisait pas semblant.
Quand le soleil commença à se lever, les filles poussèrent la voiture dans l'eau, histoire de ne laisser aucune traces de leur passage, puis elles rentrèrent chez elles en métro.
Ino arriva chez elle aux alentours de 6h30. Elle n'avait pas dormi, mais elle se sentait bien. La journée à venir au lycée ne lui faisait même pas peur.
Cependant, elle eut comme un mauvais pressentiment en passant le pas de la porte d'entrée. Quand elle arriva dans le salon, son père n'était plus sur la canapé, mais l'odeur de l'alcool flottait encore dans la pièce. Elle avança doucement en essayant de ne pas faire de bruis et sursauta vivement quand une voix demanda autoritairement :
-Où t'étais ?
Elle se retourna pour voir son père dans l'encadrement de la porte de la cuisine. Elle aurait très bien pu répondre, mais le regard sur le visage de son géniteur la tétanisa. Il avait l'air terriblement en colère. Ino savait qu'il allait lui crier dessus, quoi qu'elle dise. Quand il était énervé, tous les prétextes étaient bons.
-Tu avais dit que tu t'occuperais d'Hanako !
Elle ne bougea pas, mais son cœur rata un battement ; le ton d'Inoichi était monté sans prévenir et il lui avait presque hurlé dessus. De là où elle était, elle pouvait sentir l'odeur de l'alcool et elle se prépara mentalement à encaisser ce qui allait suivre.
-Tu avais dit que tu t'occuperais d'Hanako ! Répéta-t-il.
Ino commençait vaguement à comprendre que quelque chose était arrivé à la petite chatte. Soit ça, soit son père s'énervait définitivement pour rien. Au vue de l'état du félin durant les jours précédant, il était plus que probable qu'il lui soit arrivé quelque chose.
-Elle était là en train de... Et toi tu... Tu f'sais la java, je sais pas où...
Les propos d'Inoichi faisaient à peine sens, mais la jeune fille en avait l'habitude. Elle lu entre les lignes : "Hanako avait besoin qu'on s'occupe d'elle, mais tu as préféré sortir t'amuser".
-Elle est morte, putain, elle est morte !
Le père d'Ino poussa un sanglot qui se transforma en cri de rage. La jeune fille sursauta et porta la main à ses lèvres, à la fois apeurée et choquée. Hanako était morte ? Inoichi redevint silencieux et sembla se calmer... Il s'avança vers Ino et elle cessa de respirer pendant un moment, simplement tétanisée. Quand il arriva tout prés d'elle, elle cru vraiment qu'elle allait se faire frapper, mais il ne leva pas la main sur elle. Au lieu de ça, il se dirigea vers une des étagères du salon et la renversa par terre avec violence. Les bibelots qui s'y trouvaient se fracassèrent et Ino se mordit les lèvres en voyant l'appareil photo numérique voler en éclats.
Elle jeta un œil vers les escaliers sans oser s'y rendre. Son père lui tourna ensuite le dos et se prit le visage dans ses mains. Il avait l'air de pleurer, mais il ne faisait aucun bruit. À ce moment précis, le silence pesait lourdement sur Ino, et ça lui faisait presque mal aux oreilles.
-Papa, tenta faiblement la jeune fille, je suis désolée...
Elle avait envie de lui dire beaucoup plus. Elle voulait lui dire qu'elle le comprenait, mais qu'Hanako était une vieille chatte, qu'elle avait eu une belle vie, que ça faisait déjà plusieurs jours qu'elle souffrait, que c'était mieux comme ça et qu'elle était là pour lui. Elle. Sa véritable fille.
-Tu es désolée, répéta doucement Inoichi, tu es désolée ?
Ino respira difficilement. L'homme se mit à crier et éclata une chaise contre le mur.
-Qu'est-ce que j'en ai à foutre que tu sois désolée ! C'est de ta faute si elle est morte !
Ino se mordit l'intérieur des joues pour ne pas pleurer. Dire qu'il y avait à peine quelques heures, elle s'était enfin rendue compte qu'elle ne détestait pas complètement Hanako, et maintenant, elle était morte. Elle ne pensait pas que c'était de sa faute, mais le fait qu'on le lui dise, le fait que son père le lui dise, ne pouvait que lui faire mal.
-Putain, tu gardes rien en vie ! T'es capable de rien !
De nouveau, il ne faisait plus aucun sens. Ino saisit son courage à deux mains et tailla un sprint vers les escaliers. Ses jambes se dérobèrent presque sous elle quand elle entendit son père monter derrière elle. Il s'apprêtait sûrement à venir lui crier dessus, peu importe où elle allait.
L'adolescente n'arrivait plus à penser correctement ; il ne pouvait pas la suivre, il fallait qu'elle se change, qu'elle se prépare pour le lycée !
Quand elle arriva dans sa chambre, elle cria d'horreur. Le corps d'Hanako était là, sur son lit. Son visage était ensanglanté ; il semblait qu'elle avait fait une hémorragie interne et le liquide rouge avait coulé par ses yeux, son nez, sa bouche... Elle devait être morte depuis un moment déjà, car des mouches voulaient autour de son cadavre et une odeur putride s'en dégageait.
-Voilà, regarde ce que t'as fais ! S'exclama Inoichi en la repoussant dans sa chambre.
Elle cria à nouveau et voulu faire demi tour, mais son père ferma la porte et l'empêcha de l'ouvrir.
Et dans la panique, le cœur d'Ino menaçait d'exploser tant il lui faisait mal. Elle se sentit comme à l'extérieur de son propre corps pendant quelques secondes et vit avec horreur l'image de Temari se superposer à la sienne, comme si elles étaient la même personne. Est-ce que c'était ce qu'elle avait ressenti quand elles l'avaient enfermées dans les égouts ?
Elle ne pleura pas, mais tambourina contre la porte avant de finalement se laisser tomber contre celle-ci en enfouissant sa tête dans ses genoux.
"C'est pas possible, ce n'est pas réel, ce n'est pas réel" pensa-t-elle en essayant d'ignorer l'odeur cadavérique de son ancienne petite sœur.
Elle entendit vaguement sa mère rentrer et s'engueuler avec son père. Leur dispute ne faisait aucun sens aux oreilles d'Ino. Après ce qu'elle estimait être un très long moment, le silence revint. Puis, elle entendit à nouveau son père crier, probablement tout seul d'ailleurs. Encore le silence. Puis des bruits d'objets qui se cassent.
"Je veux retourner au lycée, s'il vous plait, laissez-moi retourner au lycée. Laissez-moi être une peste, laissez-moi, laissez-moi. Je ne dirai rien à personne, c'est promis, s'il vous plait..."
Finalement, Ino profita d'un autre silence pour trouver le courage de sortir de sa chambre. Son passage sous la douche fut éclaire, elle devait enlever l'odeur de son corps mais elle ne savait pas où étais son père ni de quoi il était capable. Heureusement, il ne la dérangea pas pendant qu'elle se lavait et ne se manifesta pas non plus quand elle quitta la pièce. C'était comme si il s'était envolé, et peut-être même que c'était encore plus effrayant de ne pas savoir où il était.
Elle enfila son uniforme en moins de deux sur sa peau encore humide et embarqua son maquillage avec elle en le fourrant dans son sac avec le but de se maquiller dans le métro.
Une fois dehors, Ino couru, elle couru le plus vite possible comme si une créature horrible la poursuivait. Si vous lui demandez, elle vous dira simplement qu'elle ne voulait pas être en retard en cours et qu'elle était sur le point de louper son métro.
Mais nous savons que c'est faux.
Okay, cette dernière partie était définitivement trop sombre, n'est-ce pas ? Cette fic', ce n'est pas la fic' du bonheur XD
Alors, ce chapitre, je l'aime bien parce qu'il casse un peu avec les chapitres habituels de cette histoire : nous ne sommes plus au lycée et pour la première fois on voit une Ino en dehors de son système de pouvoir !
Je voulais aussi montrer sa maison depuis un moment ! Jusqu'à présent, la plupart des scènes avaient lieu dans le magasin de fleurs, j'ai volontairement évasé l'intérieur pour le dévoiler dans ce chapitre, huhu ;u; ça fait peut-être un peu moins crédible, mais c'est aussi plus surprenant, et j'ai vérifié, les cultures de cannabis sont bien illégales au japon :)
Je trouvais intéressant que la famille d'Ino ait elle-même un côté sombre, on associe toujours la figure du jardinier à quelque chose de positif ; il donne la vie en s'occupant des plantes, pourtant lorsque les plantes en questions sont de la drogue, évidemment ça rend le tout compliqué (u_u)
Enfin bref, je vous dis à bientôt pour le prochain chapitre, bye bye :3
