Le bonjour du samedi ! Vous allez bien vous ? Moi j'ai froid, mais sinon je me porte comme un charme. Merci pour vos reviews sur le précédent chapitre, je commence à reconnaître les habitués et je déroule le tapis rouge aux nouveaux ! Je vais prendre le temps de répondre aux reviews anonymes.

Bérénice : Une bonne année à toi aussi ! Le temps pour écrire j'espère l'avoir, en tout cas j'ai les idées :)
Dramione love : Le voici le voilà, le mariage ! Première partie ;)
Luciole : Le changement dans leur relation va commencer à opérer dès ce chapitre pour ne faire qu'évoluer. Merci pour ta review !

Et puis aussi, comme il paraît qu'on a jusqu'à la fin du mois pour le faire, une merveilleuse année à vous tous ! Santé, pognon, fous-rires, travail, études, tout ce que vous souhaitez sans exception.


Comment décrire simplement ce qu'Hermione avait ressenti quand Ron lui avait avoué qu'il voyait quelqu'un ? Première étape, une forte envie de rire en pensant qu'il se payait sa tête. Et puis en voyant son air sérieux et profondément gêné, elle avait compris qu'il ne se moquait pas d'elle. Deuxième étape, déglutir péniblement en se mordant la lèvre, contenant toute la haine et la tristesse à la fois qui lui montaient à la gorge. Troisième étape, souffler un bon coup en se disant qu'elle n'avait pas le droit d'être en colère, et encore moins le droit d'être jalouse. Quatrième étape, avoir une irrémédiable envie d'égorger cette trainée qui avait mis le grappin sur son ex. Quoi ? C'est tout de même typique d'une femme ce genre de comportement. On se lasse, on quitte, mais après, personne a le droit d'y toucher. Comme si l'homme n'avait pas le droit de refaire sa vie. Et là, c'était complètement le cas. Elle avait quitté Ron mais personne n'avait le droit de se mettre avec lui. Du moins, pas avant qu'elle ai refait sa vie, elle. Simple question de fierté.

« Je peux savoir qui c'est ? Je la connais ? » demanda la brune en se mordant la langue pour ne pas imploser de rage.

« C'était une mauvaise idée Hermione. J'aurais jamais du te le dire. »

« Et te pointer au mariage au bras d'une femme sans que moi, ton ex fiancée je te le rappelle, ait été informée de la situation ? »

La boule au ventre grossissait encore et encore.

« Pourquoi tu t'énerves ? On a plus de compte à se rendre ! » se justifia le roux.

« Mais … Tu comprends pas ?! On est plus ensemble, merci je suis bien placée pour le savoir, mais on a partagé une bonne partie de notre vie, je reste ton amie aux dernières nouvelles ! »

« Et ? Mon amie devrait être contente pour moi et pas me faire une esclandre ! »

« Mais je suis contente pour toi ! » insista-t-elle, « C'est juste que … Bon ça va, je suis jalouse. »

« Jalouse ? Mais de quoi ? C'est toi qui m'a quitté Hermione, t'as pas le droit d'être jalouse si je refais ma vie. »

« Comment tu réagirais toi si je te présentais mon nouveau mec, quatre mois après notre séparation ? »

« Je le plongerai dans un bain d'acide. » répondit Ron spontanément, grillant toutes ses cartes.

« Merci. On est sur la même longueur d'onde. »

« Bon ça va, on a compris que la situation était super gênante pour toi comme pour moi. Mais je voulais que tu le saches, pour ne pas tomber des nues le jour du mariage. »

Elle s'enfonça dans sa chaise après avoir repoussé son thé. Elle croisa ses bras sur sa poitrine.

« Je veux quand même savoir qui c'est. »

« Si je te le dis, tu n'iras pas la voir ? Tu n'iras pas lui arracher les cheveux un par un ? »

« Je te promets rien. »

« Hermione ! »

« Ça va ! Non je n'irai pas la martyriser c'est pas mon genre, mais je dis pas que j'irai pas lui parler. »

« Gentiment ? »

« De manière totalement civilisée.

« Bien … C'est Maddie. »

Boum. Le choc. Là, la petite boule venait de pousser tous ses organes pour prendre toute la place dans son corps. Maddie ? Vraiment ? Avec toute les femmes qu'il y a sur Terre, comment il avait pu oser s'acoquiner de sa propre assistante ? Déjà qu'elle digérait plutôt mal le fait qu'il se soit simplement mis avec quelqu'un, elle digérait encore moins que ce soit avec Maddie, une femme qu'ils connaissaient respectivement bien, en qui elle avait confiance et qui venait de trahir cette confiance. Elle avait désormais en tête la terrible image de Ron et Maddie en train de se bécoter dans les toilettes du Ministère, les mains de son ancien amant parcourant les courbes de sa sulfureuse assistante, pendant que celle-ci serrait ses doigts dans ses cheveux roux sous le coup de l'émotion. Ç'en était trop pour elle. Elle repoussa la table en se levant, renversant au passage les deux tasses encore pleines pour inonder de liquide les vêtements de Ron, ramassa ses affaires, attrapa à la volée son écharpe qu'elle jeta autour de son cou et s'enfuit du café en courant, purement et simplement. Encore.

L'AUBERGE.

C'est une Hermione en larmes qui avait transplané à l'auberge, laissant démunie une Georgia qui n'avait pas l'habitude de voir son invitée, enfin, son amie maintenant, dans cet état. Elle avait choisi de la laisser se calmer seule. Et ça valait mieux pour l'instant. Un tiers d'elle était triste, même dévasté de savoir son ex fiancé avec une femme. Un autre tiers d'elle était immensément jalouse de Maddie. Et le troisième tiers était énervé, d'un énervement qui dépassait l'entendement. Quand la colère semblait se dissiper, c'était la tristesse qui prenait le dessus, ne contrôlant pas les torrents de larmes qui s'échappaient de ses yeux. Quand la tristesse s'évaporait finalement, la jalousie reprenait le pas sur le reste et elle n'avait qu'une envie : aller enfoncer sa baguette dans une partie de l'anatomie de Maddie qui ne doit décemment pas recevoir la visite d'une baguette.

Allongée en travers de son lit, sa tête enfouie dans son oreiller qui étouffait le bruit de ses sanglots, ou de ses cris de haine. Depuis combien de temps est-ce qu'elle se lamentait sur son sort là ? Une heure ? Deux ? Elle ne savait pas mais en tout cas, en y réfléchissant, elle se trouvait pitoyable. Elle avait pas le droit de réagir comme ça. C'était insensé et totalement déraisonnable après ce qu'elle avait osé faire à Ron. Pour quelqu'un qui est sensée ne plus avoir de sentiments pour lui …

« Granger ? »

Elle sursauta quand elle entendit la forte voix de Drago derrière la porte de sa chambre.

« Qu'est ce que tu veux ? »

« Savoir comment tu vas … Georgia m'a dit que t'étais arrivée comme une furie y'a deux heures et qu'elle t'avait plus vue redescendre. T'es dans une tenue décente, je peux entrer ? »

« NON ! » hurla-t-elle en bondissant de son lit, se pressant sur la porte pour la bloquer. « N'entre pas. Pas tout de suite. »

« Ok ok, j'attends. »

De l'autre côté de la porte, Drago tapait du pied par terre, attendant qu'elle daigne lui ouvrir. Depuis l'arrivée d'Hermione à l'auberge, il s'était ouvert à elle et sentait qu'il était compris et soutenu. Elle avait été là pour elle quand il lui avait tout avoué à propos d'Astoria, c'était maintenant à lui d'être là pour elle si elle allait mal. Comme un … ami ?

Hermione se pressait dans sa chambre pour essuyer les traces de maquillage qui avait bavé sur son visage à cause de sa crise de larmes. Pour éviter de ressembler à un panda et qu'il se moque d'elle, elle avait rapidement tout nettoyé, mais son visage et ses yeux rougis trahissaient ses sanglots calmés un peu plus tôt. Elle vint finalement déverrouiller la porte et l'ouvrit pour laisser l'image de Drago se dévoiler à ses yeux. Toujours aussi bien habillé, aujourd'hui il avait les cheveux légèrement tirés vers l'arrière, avec quelques mèches rebelles sur son front, et sa barbe était un peu plus longue que d'habitude. Elle tenta un petit sourire tout en se décalant pour le laisser entrer.

« Salut … »

« J'ai plein de vannes à faire sur la tête que tu tires, mais je suppose que c'est pas le moment ? »

« Non effectivement, tu peux les garder pour toi. »

« D'accord. Je les garde en tête et je te les sortirai quand ça ira mieux. »

« Voilà on va faire comme ça. »

Il s'était assis sur son lit et Hermione était venue en faire de même. Assise en tailleur sur ses oreillers et adossée à la tête de lit, elle faisait face à Drago qui lui était aussi assis en tailleur, mais à l'autre bout du lit.

« Enlève au moins tes chaussures Drago, tu salis les draps ! »

« C'est toi qui fais la lessive ? » demanda-t-il en haussant un sourcil.

« Non mais c'est moi qui y dors alors tu lèves tes chaussures ! »

« T'es d'une humeur massacrante Granger. » se plaignit-il tout en retirant ses chaussures malgré tout.

« Il fallait pas venir dans ce cas là. »

« T'as été là pour moi, je suis là pour toi. Il paraît que c'est ce que font les amis non ? »

« Il paraît … », elle avait quand même encore un peu de mal à associer Drago au mot amitié.

« Alors, qu'est ce que t'as ? Qu'est ce qui te met dans des états pareils ? »

Elle soupira longuement, hésitante. Elle allait encore pleurer si elle se mettait à parler de ça et Drago était bien la dernière personne devant qui elle avait envie de pleurer. Oh et puis après tout, ça pouvait ne lui faire que du bien d'en parler et d'évacuer tout ça.

« Il y a que Ron s'est mis avec quelqu'un, et qu'il va se ramener avec elle au mariage d'Harry dans une semaine. »

« Et ? »

« Et ? Et ça me rend malade ! »

« Pourquoi ? »

« Mais parce que ! Il a pas le droit de refaire sa vie, de la refaire avant moi et avec mon assistante en plus ! »

« Oh le con … » laissa échapper Drago, un peu choqué, « Même moi, le type le plus indécent que la planète ait porté, j'aurais pas osé faire ça. »

« Et ben lui il a osé visiblement. Et il va s'afficher avec elle sous mon nez ! »

« Mais il est vraiment avec elle ? Genre ils partagent la même brosse à dents ? »

Elle grimaça.

« J'en sais rien et je veux pas savoir ! T'es dégoûtant. »

« Réaliste. Parce que tu sais, ton Weasley, si ça se trouve il dit ça juste pour te rendre jalouse, pour voir ta réaction et toi tu marches pas, tu cours. »

« Qu'est ce que tu racontes ? »

« Les hommes sont tordus et il ne déroge pas à la règle. Peut-être qu'il t'a dit ça seulement pour voir ta réaction, et si t'as réagi excessivement devant lui il a du se dire que c'était gagné, que t'étais encore amoureuse de lui. »

« Tu … Tu crois ? »

Elle avait du mal à croire que Drago Malefoy était un expert en comportement amoureux.

« J'en suis pas sûr mais c'est possible. »

« En plus je suis pas jalouse, enfin peut-être un peu, mais c'est juste que c'est un mec formidable et je veux pas qu'il se fasse avoir par Maddie qui est une femme sûre d'elle, de ses atouts et de son charme. »

« Ça devient intéressant, tu me la présentes quand cette Maddie ? »

« Malefoy ! T'es insupportable ! »

Il se mit à rire et se défendit en levant un peu ses mains.

« J'ai rien dit, je te taquine. À mon avis, le seul but de Weasley dans l'histoire c'est de te faire souffrir. »

« Et qu'est ce que je dois faire à ton avis ? Faire semblant d'être contente pour lui ? Laisser couler ? »

« Hermione Granger laisserait couler. Drago Malefoy lui, chercherait un moyen de le faire souffrir deux fois plus. »

Il se gratta la barbe en regardant le plafond, comme s'il réfléchissait.

« Mais je suis pas comme ça ! J'aime pas faire souffrir les gens, surtout pas les gens que j'aime. »

Il prit position à quatre pattes sur le lit et se mit à avancer vers Hermione tel un félin.

« Ron … Maddie … Maddie … Ron … Nus, dans les bras l'un de l'autre, à échanger leur salive, à faire battre leurs coeurs à l'unisson pendant un câlin torride. Maddie prenant en main toute la virilité de son amant pour lui montrer à quel point elle est folle de lui … »

Grimaçante, Hermione venait de plaquer ses mains sur ses oreilles tout en fermant fort ses yeux et en se mettant à crier.

« BLA BLA BLA J'ENTENDS RIEN ! »

Maintenant à genoux sur le lit, il mit ses mains sur les poignets d'Hermione et les tira vers lui.

« Et Ron, les mains dans les cheveux de Maddie, soupirant de plaisir sous les gestes habiles de sa partenaire qui savait où aller et où toucher pour lui faire atteindre le septième ciel … »

Les yeux toujours clos, les dents serrées, elle essayait de fermer son cerveau pour ne rien entendre de ce qu'il osait lui déblatérer mais c'était relativement compliqué.

« J'ENTENS RIEN, J'ENTENDS RIEN ! TAIS TOI ! »

Il continuait de parler, mais elle continuait de crier par dessus pour couvrir sa voix. Il finit par capituler, lâchant ses poignets. Il reprit une position en tailleur un peu plus près d'elle. Quand il lui sembla qu'il ne parlait plus, elle ouvrit un oeil, sursauta un peu en le voyant si près, ouvrit un deuxième oeil et souffla un bon coup.

« T'es fatigant. »

« Après ça, t'as pas envie de les faire un petit peu souffrir ? »

Elle soupira. C'est vrai qu'après l'avoir entendu raconter tout ça, les images malsaines étaient de retour dans sa tête et il fallait reconnaître que les faire un peu souffrir était relativement tentant. Non mais il fallait qu'elle arrête de le fréquenter, elle commençait à devenir comme lui.

« Un peu … Mais pas méchamment ! »

« Faire souffrir quelqu'un c'est, par définition, être un peu méchant Granger. »

« D'accord, mais c'est Ron. C'est mon ex fiancée et c'est mon ami. Et c'est Maddie, c'est mon assistante mais je m'entends très bien avec elle. »

« Oui mais en entendant ton assistante elle s'envoie en l'air avec ton ex. »

« Ok ok ! Bon, Machiavel, t'as un plan pour les faire un peu souffrir ? »

« Tu me plais quand tu parles comme ça Granger, j'adore ! »

Un sourire perfide venait de prendre place sur les lèvres de Drago, comme un vrai Serpentard à qui venait de venir en tête la plus venimeuse des magouilles. Etait-elle en train de pactiser avec le Diable ?

Pendant plus d'une heure, le blond et la brune, se faisant face sur le lit, essayaient d'élaborer un plan pour faire payer à Ron et Maddie le fait de fricoter ensemble. Drago eut plusieurs idées, 80% de ces idées étant à base de torture physique ou psychologique. Hermione réfutait à chaque fois ses idées diaboliques. Il fallait que ce soit suffisamment méchant pour qu'ils comprennent la leçon, sans trop l'être parce qu'elle ne voulait pas se les mettre à dos. À plusieurs reprises le blond s'était énervé en disant qu'elle n'était pas drôle, qu'elle ferait une très mauvaise Serpentard et que ce n'était pas à ce rythme là qu'elle allait être vengée. La brune contrait à chaque fois en disant qu'elle pouvait être drôle quand elle le voulait, qu'elle n'avait en aucun cas envie d'être une caricature d'une Serpentard et qu'elle ne souhaitait pas être vengée mais donner une petite leçon de vie.

Et puis l'éclair de génie. L'illumination. Le Saint Graal.

Drago remarqua aussitôt que le regard de sa voisine venait de se mettre à briller, une lueur particulière venant teinter ses yeux ambrés.

« Oh toi … T'as eu l'idée du siècle ! », il esquissa un sourire malin.

« Oui … Mais je suis pas certain que ça te plaise. »

« À moi ? », il s'auto pointa du doigt, « Je vois pas en quoi tes histoires de cul me concernent. »

« Drago ! T'es vraiment grossier. »

« Quoi ? Tes histoires de coeur, pardon mademoiselle la sainte nitouche ! » termina-t-il en se signant du signe de croix en terminant les mains jointes, le regard au ciel.

Elle lui asséna un petit coup de pied avant de reprendre.

« Te fous pas de moi, tu sais que j'ai horreur de ça. »

Il dodelina de la tête.

« Alors, en quoi ton idée me concerne ? »

Elle se mordit la lèvre, hésitante. Fallait-elle vraiment qu'elle lui révèle son idée ? Elle craignait qu'il le prenne mal, ou qu'il se mette à rire, ou à partir en courant.

« Réfléchis. Qu'est ce qui pourrait faire du mal à Ron ? »

« De découvrir qu'il a été adopté ? »

Elle roula des yeux, faisant comme si elle ne l'avait pas entendu.

« Imbécile. Non. Ça serait de me voir avec quelqu'un ! Si ce que tu dis est vrai et qu'il a encore des sentiments pour moi, qu'il fait tout ça pour que je retourne dans ses bras, alors me voir avec quelqu'un ça le toucherait en plein coeur. »

Les yeux gris perle de Drago scintillaient désormais de malice. Il venait de se mettre sur la même longueur d'onde qu'Hermione.

« Mais oui ! Renversement de situation, mais c'est génial Granger ! »

Elle balança ses cheveux en arrière de son plus bel air fier, telle une mannequin pour une publicité d'une marque de shampooing.

« Et qui serait la personne idéale pour le faire devenir vert de jalousie s'il le voyait à mon bras … ? »

Elle laissa traîner sa voix en fin de phrase, espérant que le blond ait un éclair de génie à son tour et comprenne rapidement où elle voulait en venir … Bingo. Il venait d'ouvrir ses yeux en grand, sa bouche aussi.

« Non … ? »

« Si. » approuva-t-elle d'un lent hochement de tête.

« Non. »

« Si. »

« Mais non Granger, la décence te l'interdit ! »

« Au diable la décence bon sang, Drago ! Tu es le seul homme qui pourrait faire regretter à Ron ses agissements. »

« Quand bien même j'accepterai. T'assumerai de t'afficher avec moi, même pour faire semblant ? »

« Complètement. »

« Ah oui, même pas tu hésites … »

« Non ! J'ai envie que Ron comprenne que je suis maître de la situation dans cette histoire. Que s'il veut jouer, moi aussi je peux jouer. »

Le regard malin de Drago venait de laisser place au défi. Le jeu en valait-il la chandelle ? En tout cas, il avait envie de tenter l'aventure. Premièrement pour pouvoir faire un peu de mal à Weasley, il fallait se l'avouer. Et deuxièmement parce que c'était beaucoup trop jouissif de voir Hermione se dévergonder.

L'AUBERGE.

Jour J.

Aujourd'hui, Harry et Ginny allaient se dire oui et s'unir pour l'éternité. Hermione avait rendez-vous au Terrier dans deux heures, c'était là-bas qu'ils avaient décidé de célébrer leur mariage, ce qui ne l'étonnait qu'à moitié. Finalement, le Terrier était le théâtre de tous les grands événements. Sauf du sien, qu'elle avait fait couler rappelons le.

Elle était donc à deux heures du rendez-vous et elle n'était, pour ainsi dire, absolument pas prête. Elle était habillée en tout et pour tout d'une serviette en éponge qui la cachait de sa poitrine à ses genoux. Elle était à moitié mouillée, ses cheveux dégoulinaient d'eau, et elle trempait tout le parquet sur son passage. Elle faisait d'éternels vas et viens entre la salle de bains et sa chambre depuis environ un quart d'heure.

« Les cheveux d'abord ! Il faut que je trouve comment me coiffer », elle inspectait sa tignasse devant le miroir, « Non, d'abord la tenue », elle trottina jusqu'à son placard, « Quand j'aurais ma robe, je saurais comment me coiffer. »

Les mains sur les hanches, elle scrutait l'intérieur de son placard. Elle s'était achetée trois robes lors de sa dernière virée à Londres pour son anniversaire et là le dilemme était plus qu'important. Le blanche, la rouge ou la noire ? Elle ne pouvait décemment pas porter de blanc pour le mariage de Ginny sans passer pour une pâle copie de la mariée. Le noir, bof, les puristes allaient penser qu'elle se rendait à un enterrement. La rouge ? C'était envisageable mais elle était relativement courte et même si le temps n'était pas à la neige, la température avoisinait les quatre degrés donc elle allait se geler. Et puis, une illumination. Elle saisit les vêtements sur leur cintre et s'empressa de tout enfiler. Elle admira le résultat dans la glace avant d'aller dans la salle de bains pour améliorer sa figure. Armée de sa baguette, ce fut pas moins de huit sorts qu'elle dut utiliser pour obtenir des cheveux raides pour pouvoir les façonner comme elle le souhaitait. Et quelques minutes plus tard, elle était coiffée d'un chignon bas, quelques mèches s'échappant de chaque côtés de son visage pour donner un air plus naturel. Niveau maquillage, elle avait charbonné un peu ses yeux pour en faire ressortir le côté ambré, et avait habillé ses lèvres d'un rouge à lèvres rosé très clair pour un effet naturel mais coloré. À ses oreilles, deux simples diamants. Elle retourna dans sa chambre pour contempler le résultat final et elle sourit, conquise. À ses pieds, des escarpins à talons aiguilles d'une bonne dizaine de centimètres pour élancer sa silhouette déjà fine. À ses jambes, un pantalon noir qui lui tombait pile sur ses hanches jusqu'à ses chevilles. Et en haut, une longe robe rouge légèrement trainante, totalement ouverte dans le dos, retenue à la taille par une ceinture qui faisait partie de la robe. L'assemblage parfait lui donner une allure ultra féminine et sexy sans trop en dévoiler. Le dos nu faisant tout. Et elle était très satisfaite du résultat.

Elle fourra rapidement dans une petite pochette noire le nécessaire - autant dire toute sa vie - et descendit dans le salon de l'auberge.

Elle qui espérait être prête la première : raté. Drago l'attendait déjà, assis dans le rocking-chair, son fils sur les genoux. C'est Georgia qui la remarqua la première, ses yeux se mettant à étinceler en voyant Hermione si rayonnante. Elle joignit ses mains entre elle et se mit à sourire bêtement.

« Tu es sublime Hermione ! »

« Merci … » rougit la brune en se pinçant les lèvres, timide.

« Waaah ! T'es trop belle Hermione ! » lâcha Scorpius, descendant des genoux de son père pour venir s'accrocher aux jambes d'Hermione.

La jeune femme se pencha pour l'attraper dans ses bras, le petit blond prenant ses aises, en accrochant ses bras autour de son cou, ses petites jambes autour de sa taille, et en enfouissant sa frimousse dans sa nuque. Agréablement surprise par le câlin qu'il imposait, Hermione n'hésita pas avant de resserrer son étreinte autour du petit garçon, lui envoyant par son geste tout l'amour qu'elle pouvait.

Après une petite minute d'étreinte, elle reposa Scorpius par terre qui venait de faire signe à son père d'approcher. Ce qu'il fit, les mains logées dans les poches de son pantalon de smoking.

« Jolie robe. » fit-il de son air le plus détaché. Était-il sincère ?

« Joli costume. » répondit-elle du tac au tac, un petit sourire sur les lèvres.

Drago Malefoy avait mis les petits plats dans les grands. Une chemise blanche rehaussée d'une cravate d'un vert très foncé assez brillant - Serpentard un jour … -, ainsi qu'une veste et un pantalon de smoking gris très foncé, se rapprochant dangereusement du noir corbeau. Dans la poche de la veste du smoking, du côté gauche, se trouvait un petit mouchoir en tissu beige qui dépassait légèrement. À ses poignets, des boutons de manchette en argent en forme de serpents - … Serpentard toujours. A ses pieds, des chaussures de ville noires lustrées au possible. C'était dur psychologiquement pour Hermione de se l'admettre, mais il était terriblement charmant dans ce costume. Il faisait beaucoup plus mature, même si ses cheveux blonds platine étaient toujours si savamment désordonnés pour lui donner cette charmante attitude désinvolte. Cette assurance et cette maturité le rendaient différent.

« Au fait, t'as prévenu Potter et compagnie que tu venais accompagnée ? »

« Bien sûr que non, sinon c'est pas drôle. »

« Il faut vraiment que tu arrêtes de me fréquenter » la prévint-il, « J'ai une très mauvaise influence sur ton comportement. »

« Que veux-tu, je suis une pauvre femme influençable ! »

Elle vérifia rapidement dans son petit miroir de poche si son rouge à lèvres n'avait pas bavé avant de reporter son attention sur Drago.

« Prêt ? »

Elle lui tendit sa main pour qu'il la prenne, afin qu'ils transplanent ensemble.

« On ne peut plus prêt. »

Aussitôt eut-il attrapé sa main que leurs deux corps disparurent en un clin d'oeil.

LE TERRIER.

Hermione avait tout calculé. Elle avait pensé son transplanage pour atterrir derrière la maison des Weasley, afin qu'ils ne soient pas dans la ligne de mire de tout le monde à peine arrivés. Il fallait bien entendu qu'elle briefe son cavalier d'une journée sur la situation pour qu'ils soient un minimum crédibles. Une veste sur les épaules, elle attendit que le blond se soit remis de ses émotions pour parler.

« C'est bon, t'es en vie Malefoy ? C'était qu'un transplanage ! »

« Tu maîtrises pas super bien le transplanage en binôme Granger, j'ai failli vomir. »

« Petite nature … »

« Quoi ? Vas-y, fous toi de moi encore une fois et je dégage ! »

Il venait de lever les yeux sur le décor qui s'offrait à eux et accompagna le tout d'une magnifique grimace.

« Nom d'un magyar à pointes mais où est-ce que je suis tombé ? Qu'est ce que c'est que cette ignoble taudis ? Et cette mare au canard ? Et toute cette boue là ? »

« Cette ignoble taudis comme tu dis c'est le Terrier, c'est la maison des parents de Ron. »

« C'est encore pire que ce que je pensais. Cette famille est vraiment pas un modèle de réussite. »

« Tu peux arrêter d'être condescendant s'il te plaît ? Pas tout le monde a un compte en banque opulent à Gringotts, qui est prêt à vomir des gallions à foison à chaque ouverture. »

« Il y a un juste milieu entre mon coffre fort bien rempli et vivre dans une cage à poules ! Ils ont vraiment vécu à neuf personnes là-dedans ? »

« Parfois plus quand Harry et moi étions là. »

« Onze ? Et le toit ne s'est jamais effondré ? C'est une merveille d'architecture dans ce cas-là. »

« Par Merlin peux-tu te taire ? J'aimerais qu'on fasse le point sur notre venue avant qu'on se jette dans la fosse aux lions. »

Il croisa ses bras sur son torse et plongea ses yeux dans les siens.

« Je suis tout ouïe, professeur Granger. »

Elle roula des yeux en soupirant d'exaspération, avant d'énumérer points par points ce qu'elle avait à lui dire, tout en comptant sur ses doigts.

« Petit un : on est pas là pour ruiner le mariage de Ginny et Harry. Petit deux : tu es respectueux envers toutes les personnes présentes, je dis bien toutes. Petit trois : tu n'utilises pas la force pour quelle que raison que ce soit. Et petit quatre : venir ensemble ne signifie pas agir comme un … »

« HERMIONE ! »

En contre-bas, Ginny s'agitait et gigotait ses bras en l'air dans tous les sens depuis qu'elle avait aperçue son amie.

« Qu'est ce que tu fiches ici ? Viens ! Tout le monde est déjà là ! »

Visiblement, de là où elle était elle ne devait pas voir Drago puisqu'elle ne semblait ni surprise, ni choquée, ni même horrifiée de sa présence. Hermione fit volte-face vers Drago.

« Tu te tiens à carreaux ! »

Elle n'eut pas le temps de le briefer sur autre chose qu'elle l'avait déjà embarquée avec elle vers la foule. Ne pas se défiler, lui faire confiance, ne pas se défiler, lui faire confiance …

Ok, tout le monde avait les yeux braqués sur eux. En même temps, c'était totalement compréhensible en la voyant arriver, elle, Hermione Granger de son état, bras dessus bras dessous avec un ex mangemort. Certains invités en avait visiblement pas grand chose à faire de leur présence mais les autres … En fait, on aurait dit que le temps était suspendu. Plus personne ne bougeait, ils étaient tous immobiles, la bouche à demi ouverte avec des yeux écarquillés. Le sourire un peu crispé, Hermione fit un petit signe de la main à Ginny et Harry, les premiers à se tenir devant elle.

« Salut … »

Si elle avait fait l'effort de s'approcher pour les serrer dans ses bras tour à tour, aucun des deux n'avait bronché. Elle entendit seulement Harry déglutir péniblement, alors que ses yeux verts étaient rivés sur le blond à deux mètres de lui.

« Et bah alors Potter, on a perdu sa langue ? »

« Qu'est ce que tu fiches ici Malefoy ? Il ne me semble pas que tu faisais partie des invités. »

« J'accompagne Hermione. »

« Alors Hermione, est-ce qu'on peut avoir une explication ? »

« Et bien je … oui voilà, je suis venue accompagnée de Drago parce que … ben … »

« Tu peux le dire 'Mione, ce sont tes amis après tout. »

Elle sentit la main fraiche de Drago se poser dans le bas de son dos nu, alors que ses lèvres venaient de tendrement déposer un baiser près de son oreille. Elle ferma les yeux et retint son souffle l'espace d'un instant. Il jouait à quoi là ? Venir ensemble ne signifie pas agir comme un … couple. Malheur, elle n'avait pas eu le temps de terminer sa phrase tout à l'heure et ils n'étaient apparemment pas sur la même longueur d'ondes sur le sujet. Elle mit un temps avant de se remettre de l'étonnante douceur de son geste, puis elle prit une inspiration, inspiration dans laquelle elle puisa toute sa confiance et son assurance. Après tout, c'était son idée. Il fallait jouer le jeu à cent pour cent.

« Et bien oui. C'était prévu que je vienne à votre mariage avec Ron mais au vu des événements que vous connaissez, j'ai préféré venir avec quelqu'un d'autre. »

La main de Drago toujours logée dans le bas de son dos, elle fit de même avec lui et enroula son bras autour de sa taille, laissant sa main à elle posée contre sa hanche.

« Donc ça te semble … normal ? » demanda Ginny.

« Je vois pas ce qu'il y a d'anormal. »

« Mais enfin … C'est Malefoy ! » intervint Harry, rouge de colère que son amie ai pu se laisser embobiner par ce Serpentard de malheur.

« Et ? C'est pas toi qui l'a sauvé des flammes il y a environ huit ans, pour ne pas le laisser mourir dans la Salle sur Demande ? C'est pas lui qui t'a protégé et qui a refusé de dire qu'il te reconnaissait au Manoir ? C'est pas sa mère qui t'a sauvé la vie ? »

Pris au dépourvu alors qu'il allait se rebiffer, Harry se stoppa net. Bon, elle avait pas tort sur ce coup là. La brune crut d'ailleurs sentir dans son dos, un semblant de caresse de la part du blond à sa gauche. Était-ce un geste de remerciement pour l'avoir défendu ?

« Bon ben je euh … Je veux pas savoir ce qu'il se passe entre vous. Après tout t'es grande, c'est ta vie, ça ne nous regarde pas. Mais il y en a un qui va gueuler. »

« Qu'il fasse ! Il regardera la blonde collée à ses godasses et il pourra toujours parler. »

Alors qu'Harry était déjà loin, Ginny, les yeux plissés, sentait bien qu'il se tramait quelque chose. Elle pointa Hermione du doigt.

« Toi, faudra qu'on parle. »

Elle avait déjà fait volte face quand Hermione, se détachant de l'étreinte de Drago, lui courut après.

« Gin' attends ! »

Elle attendit seulement que son amie se soit retournée pour la prendre dans ses bras, étreinte à laquelle la rousse répondit immédiatement.

« Tu es sublime … » lui chuchota-t-elle au creux de l'oreille, « Je t'expliquerai pour Drago, ne t'inquiètes pas pour moi. Profite simplement de ton mariage, vous êtes magnifiques. »

« Merci 'Mione » répondit Ginny, « Je t'aime ! »

« Moi aussi ma belle. »

Elle sourit à son amie avant de rejoindre Drago, mains dans les poches, planté au même endroit. L'assemblée avait décidé de les lâcher du regard, comprenant finalement qu'il n'y avait rien d'intéressant à voir.

« Belle entrée en matière non ? » demanda Hermione en riant.

« Je m'attendais à pire tu vois. »

« C'est parce que c'est juste Harry et Ginny. Attends un peu que Ron nous voit … »

« J'en salive d'avance ! » s'extasia-t-il en se frottant les mains de son plus bel air machiavélique. « Au fait. Merci de m'avoir défendu … C'était sympa. »

« Y'a pas de quoi. C'est la vérité après tout, non ? »

« Purement et simplement. Mais tes amis sont tellement condescendants … »

Il roula des yeux d'un faux air innocent.

« C'est l'hôpital qui se fout de la charité mon grand ! »

« Complètement, mais j'assume. »

« Et d'ailleurs. Qui t'a dit que venir ensemble à ce mariage signifiait forcément être en couple ? »

Et toc, dans le mille. À peine avait-elle prononcé cette phrase que Drago ne savait plus où se mettre. Si elle ne le connaissait pas si bien, elle aurait même pu jurer le voir rougir. Il semblait tellement mal à l'aise d'avoir été ainsi mis devant le fait accompli. Il avait joué le jeu comme il lui semblait logique de le faire.

« Tu … Tu voyais pas ça comme ça ? »

« Au premier abord non pas spécialement. Mais t'en fais pas, on sera encore plus crédibles aux yeux de Ron en agissant comme ça. »

« Tu voulais le tester, c'est le moment ou jamais. »

« On va former un binôme d'enfer. »

D'un geste en apparence tendre, elle dégagea du front de Drago les quelques mèches dorées qui lui obstruaient la vue. Le jeune homme entra aussitôt dans son jeu en la remerciant d'un baiser sur le front, qui décocha un sourire à la jeune femme. Ça ne devrait pas être si compliqué que ça de jouer la femme amoureuse, ou du moins de feindre les sentiments, avec lui. Il était plutôt agréable à regarder, il était drôle, il savait être attentionné et généreux et il savait prendre soin des gens. Ils allaient vraiment faire un duo au top.

Alors qu'Hermione fendait la foule, sa main logée dans celle de Drago, elle s'arrêtait de temps en temps pour saluer quelqu'un et lui présenter son cavalier. Neuf fois sur dix, la personne avait un petit mouvement de recul en reconnaissant l'héritier Malefoy, et puis l'hésitation laissait place à un sourire, peut-être faux, en les félicitant pour leur élégance à tous les deux.

« Quelle bande de faux-jetons … 'Vous êtes ravissants tous les deux, c'est un plaisir de vous voir monsieur Malefoy' » parodia-t-il d'une voix moqueuse, « Il y en a pas un qui pense ce qu'il dit ! »

« Si, Luna. Je suis persuadée qu'elle était réellement contente de te voir. »

« C'est Lovegood, elle joue pas dans la même catégorie que tout le monde. Elle se contente d'un rien. »

« Peut-être, mais en attendant ça fait toujours une personne, en plus de moi, qui est contente que tu sois là. »

« Super. Deux sur combien d'invités ? Trois cent Weasley et vint-cinq pièces rapportées ? »

« Tu te moques ! Qu'est ce qu'on a dit … ? »

« Que je devais être respectueux envers tout le monde. Tant qu'ils m'entendent pas, c'est pas bien imp… Attention, rouquin derrière toi. Je répète, rouquin derrière toi. »

Elle se tourna vers là où Drago regardait et croisa le regard de Ron qui avançait vers eux, d'un pas vraisemblablement agacé, Maddie à ses talons. Ils ressemblaient à un couple hollywoodien. Ron, sa crinière rousse flottant au rythme de ses pas chaloupés, était habillé d'un costume bleu marine et d'une chemise blanche, le tout terminé par un noeud papillon un peu desserré, lui donnant un air beaucoup moins sérieux et solennel qui lui correspondait plus. Il avait même laissé un peu pousser sa barbe, le vieillissant légèrement. À ses côtés se tenait Maddie, fidèle à elle-même, charismatique, sublime et irrésistible. Elle avait coiffé ses longs cheveux blonds vénitiens en une large tresse floue qui tombait sur son épaule gauche jusqu'à sa poitrine. Ses yeux bleus étaient maquillés seulement de mascara, sa bouche en revanche était illuminée d'un rouge très vif. Habillée d'une robe couleur crème aux détails très travaillés qui lui tombait à mi-cuisses, sa fine silhouette était élancée par des escarpins blancs d'une bonne douzaine de centimètres. Maddie était complètement le genre de fille dont on ne pouvait pas ne pas être jalouse parce qu'elle avait tout pour elle. Un sourire éclatant ne quittait pas ses lèvres. Non mais quel culot, s'afficher ainsi avec l'ex de sa directrice ? Elle allait lui faire ravaler son sourire en deux temps trois mouvements, elle allait regretter d'être venue au monde.

« Ron, Maddie ! »

« On passe l'étape des salutations et des politesses. C'est quoi ça ? » demanda-t-il en désignant du pouce le grand blond à l'attitude détachée.

« Ça … » commença Hermione en repoussant le doigt de Ron, « Comme tu dis, c'est mon cavalier. Est-ce qu'il y'a un problème Ronald ? »

Elle essayait de garder confiance, de maintenir son aplomb pour ne pas flancher. Elle avait pas le droit de craquer. Pas devant eux.

Ron eut un petit rictus moqueur. Ou nerveux.

« Tu me demandes s'il y a un problème, alors que tu oses ramener cette espèce de fouine au mariage de ma soeur ? »

« La fouine t'entend, Weasmoche. » intervint Drago, passablement énervé qu'on le traite encore de fouine après toutes ces années.

« Est-ce que je t'ai parlé à toi ? »

« Indirectement. Alors tu baisses d'un ton ou tu vas goûter de ma baguette. »

« Tu me fais pas peur » commença Ron en portant sa main à sa ceinture, prêt à dégainer la sienne, de baguette, si Malefoy le menaçait encore. « Dégages. »

« Pardon ? » demanda Drago en glissant sa main derrière son oreille, « Il me semble t'avoir entendu prononcer un vilain mot mais j'en suis pas certain. »

« J'ai dit dégages. En quelle langue il faut que je te le répète ? »

« Tente le mandarin pour voir ? Ou le croate, j'hésite. Quoi que, non, je comprends mieux le portugais. »

Ron venait de faire glisser son regard de Drago vers Hermione, un sourcil relevé.

« Il est extrêmement drôle. C'est ça que tu lui trouves ? Il te fait rire ? »

« Mais tellement. » affirma la brune avec un sourire faussement conquis, « Il me fait rire comme jamais je n'ai ri depuis quoi … huit ans ? »

La provocation d'Hermione fit fulminer Ron. Ses joues s'empourpraient et ils venaient respectivement d'entrer dans un combat de coqs dont le vainqueur serait celui qui ferait le plus de mal à l'autre. Mais Hermione avait un allié de taille dans cette bataille.

« Ça peut se comprendre. Tu es tellement compliquée et difficile à combler ! J'ai plus ce problème maintenant ! » attaqua le roux en glissant un bras possessif autour des hanches de Maddie.

« Parce que maintenant tu as une blonde écervelée qui se contente de pas grand chose, c'est tout. »

« C'est toi qui me parle de blondeur avec ce que tu te traines ? »

« Drago au moins a autre chose que du vent qui passe entre l'hémisphère gauche et l'hémisphère droit de son cerveau. »

« C'est vrai, excuse moi. Il a de l'arrogance, du caprice, de la stupidité, de l'égocentrisme et de la bêtise. »

« Et du sarcasme. T'as oublié le sarcasme. » intervint Drago, sous le sourire de sa partenaire d'un jour.

« Il est vraiment très drôle » poursuivit Ron en ignorant Drago, et sans lâcher Hermione des yeux. « Est-ce qu'au moins c'est une pointure au lit ? Parce que moi, j'ai pas à me plaindre. »

Prise au dépourvu, Hermione ne put tout de même retenir un haut le coeur en entendant ça et surtout en voyant Maddie se contenter d'approuver d'un hochement de tête pervers. Elle ne savait pas vraiment quoi lui répondre là, qui soit crédible et pas totalement tordu. Et que ça ne mette pas trois plombes à passer ses lèvres parce que sinon il allait comprendre qu'ils mentaient sur toute la ligne.

« Un roi. J'ai réellement compris le sens du mot orgasme il y a tout juste trois jours. »

Elle entendit Drago pouffer de rire à sa droite avant de se reprendre et de bomber le torse en faisant le fier. Les joues de Ron viraient au cramoisi et il serrait tellement ses poings qu'il s'enfonçait ses ongles dans les paumes de ses mains.

« T'as gagné. » admit le roux en plissant à peine les yeux, « Au jeu de qui fera le plus de mal à l'autre, t'es devenue une championne. Remarque, t'as été à bonne école. »

Il dévisagea Drago de la tête aux pieds puis des pieds à la tête avant de reprendre.

« On en a pas fini toi et moi. »

« J'en tremble, Weasley » taquina le blond en tendant sa main droit devant lui, pour prouver qu'il ne tremblait pas une seule seconde.

Le bras toujours logé autour de la taille de Maddie qui n'avait pas prononcé un mot pendant leur échange, Ron s'écarta du faux couple pour aller rejoindre les invités qui commençaient à prendre place pour la cérémonie.

Hermione lâcha un long soupir. Contente que cette joute verbale ait enfin pris fin, elle se sentait quand même pas hyper à l'aise avec la situation. Déjà, elle était contente de voir qu'en dehors du travail, Maddie avait l'air d'une cruche vide. Mais elle regrettait l'attitude de Ron. Il était si différent, mais est-ce qu'il jouait un jeu pour la blesser ou est-ce que Maddie l'avait réellement transformé en cet être si méprisant ?

La brune sentit le coude du blond à côté d'elle s'enfoncer légèrement dans ses côtes, comme s'il essayait d'attirer son attention.

« Ça va ? » lui demanda-t-il.

« Oui … Enfin je crois. »

« Tu crois ? »

Elle tourna la tête vers son partenaire d'une journée, légèrement grimaçante.

« Tu penses qu'il agit comme ça pour me faire de la peine ? Ou elle lui a fait un lavage de cerveau ? »

Drago dodelina de la tête, en se grattant pensivement la barbe.

« Bah … Je pense qu'il fait exprès. Il t'a fait de la peine, tu contres en venant avec moi pour lui faire aussi de la peine, donc il veut avoir le dernier mot et te fait encore de la peine en retour. Mais t'as quand même pas été tendre avec lui. »

« Il ne l'a pas été avec moi, il n'y a pas de raison que je le sois. »

« C'est pas moi qui vais te dire le contraire Granger. »

Elle se laissa tenter par un sourire, et jeta un oeil vers l'attroupement d'invités.

« Je crois que la cérémonie va commencer. »

Le blond marmonna dans sa barbe.

« Je peux pas rester là ? Genre, à dix mètres de tout le monde. »

« Non. Ça serait pas poli et tu te rappelles du petit deux ? »

« Être respectueux envers tout le monde. Ça va, j'ai compris. »

Tous deux se dirigèrent vers les rangées de personnes installées de chaque côtés de l'allée par laquelle Harry et Ginny allaient arriver. Alors qu'Hermione continuait d'avancer ver l'autel d'un pas conquérant, Drago l'attrapa par le poignet.

« Hop hop hop ! Tu vas où là ? »

« Ben vers l'autel, je … ah oui, je t'ai pas dit. Je suis témoin de Ginny, je dois aller là bas. » se justifia-t-elle en faisant des gestes flous vers l'endroit qu'elle devait rejoindre.

« Ah ouais d'accord, tu m'abandonnes lâchement au milieu d'un troupeau de rouquins qui peut pas me voir en peinture ? »

« T'abuses ! … Ils sont pas tous roux. »

« Quatre vingt pour-cent d'entre eux. Mais soit. Je vais rester là-bas » il désigna la dernière rangée d'un geste de la main, « Et attendre la mort. »

« T'en fais des tonnes Drago. Je viens te sauver de ta détresse dès qu'ils se sont passé la bague au doigt, c'est promis. »

« Je te remercierai jamais assez pour ton dévouement Granger ! »

Boudeur, il rejoignit la dernière rangée et s'installa là où il y avait une place de libre, c'est à dire entre Neville Londubat et Xenophilius Lovegood. Il leur fit tour à tour son plus beau sourire typiquement Malefoy, ressentant tout le malaise émaner de cette situation.

« Londubat … C'est cool de te revoir ! » mentit-il pour détendre l'atmosphère.

« T'en penses pas un mot mais c'est sympa de te revoir aussi Malefoy ! » poursuivit Neville avec un aplomb indécelable chez lui il y a quelques années.

La conversation entre Drago et Neville, aussi peu sincère soit-elle, dura quelques petites minutes malgré tout. Le blond trouvait dans cette discussion un moyen de passer le temps avant que sa majesté Harry Potter et son altesse sérénissime Ginny Weasley daignent s'avancer jusqu'à l'autel, tandis que Neville était tout bonnement bien trop brave et trop gentil pour l'envoyer paître. L'héritier Malefoy tenta bien de faire la conversation avec Xenophilius Lovegood également mais il fut déstabilisé par les phrases qui n'avaient ni queue ni tête qu'il prononçait. Il s'était même légèrement emballé à propos de soi disantes taupes qui faisaient des trous dans son jardin et abîmaient ses plantes, mais Luna, assise à côté de lui, l'avait passablement calmé en lui assurant que les taupes n'étaient que le fruit de son imagination. La jeune femme avait adressé un sourire désolé à Drago, ce dernier préférant se désolidariser de la folie de cette famille.

Hermione quant à elle, avait pris place d'un côté de l'autel, en tant que témoin fière de sa meilleure amie. De l'autre côté de l'autel, le témoin d'Harry, qui n'était autre que Ron bien entendu, lui lançait des oeillades assassines à la moindre occasion. Autant dire, toutes les huit secondes à peu près. Elle se sentait légèrement embarrassée par la situation, mais elle gardait un air fier et digne, pour ne pas laisser penser à Ron que tout cela la mettait mal à l'aise. Et puis il fallait qu'elle fasse le dos rond, pour Ginny et Harry qui n'avaient rien demandé dans cette histoire. Elle chercha un peu de réconfort et de courage dans le regard acier de Drago au fond de l'allée de droite, mais n'y trouva pas ce qu'elle escomptait puisqu'il semblait essayer de tenir une conversation avec monsieur Lovegood. Elle ne put retenir un petit rire en essayant d'imaginer ce que ces deux là pouvaient se raconter. Ou non. Plutôt ce que Xenophilius pouvait bien raconter à Drago. Ce dernier semblait complètement largué et dépassé, et son regard d'enfant perdu la faisait sourire.

Molly et Arthur avaient mis les petits plats dans les grands pour le mariage de leur petite dernière. Tout avait été installé dans le jardin, sous des tentes chauffées pour que le froid de l'hiver ne les enrhume pas tous. Tout était magnifiquement bien décoré, dans des tons blanc et bleu très clair. Elle reconnaissait la patte de Ginny, qui avait du imposer toute la décoration à Harry, ce dernier n'ayant certainement pas eu son mot à dire sur quoi que ce soit. Et puis il était tellement amoureux de Ginny qu'il aurait été incapable de lui refuser la moindre chose, ayant à coeur de lui offrir le mariage de ses rêves.

Et puis dans des chuchotements discrets, tout le monde se retourna pour voir passer Harry, qui rejoignait l'autel le torse bombé, fier comme Artaban. Il était terriblement élégant dans son costume mais ses cheveux toujours si désordonnés contrastaient le tout. Quand Hermione croisa le regard de son meilleur ami, elle lui adressa son sourire le plus sincère, les yeux quelque peu embués par des larmes de joie et de fierté. Harry y répondit par le même sourire, heureux que son amie soit là pour partager avec lui ce moment si important. Après qu'il ai donné une accolade amicale et fraternelle à Ron, Harry avait pris la main d'Hermione pour la serrer dans la sienne et y déposer un baiser sur le dos. Ses yeux bruns dans les yeux verts de son ami, elle chuchota :

« Je suis fière de toi Harry. »

Oubliant leur petite altercation précédemment au sujet de Drago, Harry essuya du pouce la larme qui venait de s'échapper de l'oeil d'Hermione.

« Merci 'Mione. »

Après avoir embrassé Harry sur la joue, elle le laissa prendre place. Dans la seconde qui suivit, tout le monde s'était de nouveau retourné, cette fois pour voir arriver la mariée. Ginny, dans une robe blanche simple, élégante et très peu sophistiquée pour aller avec le naturel de sa personnalité, s'avançait au bras de son père. Arthur Weasley, un sourire ému aux lèvres, abandonna amoureusement sa fille à l'autel, dans les bras du seul homme qu'il savait digne de confiance pour prendre soin d'elle.

Dans une cérémonie simple mais néanmoins très émouvante, Harry et Ginny s'unirent pour le reste de leurs vies, sous les yeux de leurs témoins, amis, famille et un ennemi qui ne sentait cruellement pas à sa place dans ce décor. Hermione serra tour à tour dans ses bras ses deux amis, ignorant le regard de Ron qui ne s'était vraisemblablement pas calmé. Elle leur adressa ses félicitations, et même celles de Drago car elle était prête à parier qu'il ne le ferait pas de lui-même. Ginny, le coeur sur la main, sembla apprécier le geste mais Harry leva les yeux au ciel d'exaspération, disant que s'il ne le pensait pas, c'était pas la peine de parler en son nom. Pour le taquiner, Hermione lui avait lâché un « Tu sais qu'il a une collection de balais qui ne rentrerait pas dans ton appartement ? » accompagné d'un clin d'oeil plaisantin, avant de rejoindre justement Drago qui perdait patience, enfoncé dans son siège, les bras croisés contre son torse.

« J'ai félicité Harry et Ginny de ta part, tu m'en veux pas ? »

Il arqua un sourcil.

« Qui t'a dit de parler en mon nom ? »

« La bienséance. Sache que Ginny a apprécié. »

« Et Potter ? »

« Son avis t'intéresse ? »

« A moitié. »

« En fait j'ai l'impression que ça lui était égal. Mais Harry n'est pas rancunier. Après deux coupes de champagne il aura oublié tout ça et il sera même très content de te voir. »

« Potter bourré, je demande à voir. »

« Il est drôle. Il se décoince et il danse … En fait non il est pas drôle, il est ridicule » grimaça-t-elle en riant un peu.

« Je demande encore plus à voir ! Pour pouvoir me moquer de lui pour l'éternité. »

Il se décida finalement à se lever, après avoir salué Xenophilius qui, maintenant, s'en prenait aux Nargoles qui commençaient à élire domicile dans les branches de gui chez eux. Les sourcils froncés, bras dessus bras dessous avec Hermione, s'éloignant de la foule, il murmura :

« Pssst … C'est quoi des Nargoles ? »

La brune ne put réprimer un petit rire.

« Tu connais pas les Nargoles ? »

« Non, pourquoi, je devrais ? »

« Même pas. C'est comme les Joncheruines en fait, ça existe pas. »

« Mais ces deux là sont complètement tarés, pourquoi tu m'as laissé m'assoir à côté de lui ?! Je suis sûr que sa folie est contagieuse et que demain matin je vais me réveiller avec une partie de mon cerveau en moins ! »

« T'inquiètes pas Malefoy, t'as pas besoin de lui pour être tordu toi aussi. »

« C'est pas pareil … »

« Bien sûr. »

Quand ils commencèrent à croiser des visages plus que familiers, le bras de Drago qui était logé sous celui de sa voisine, vint lentement se glisser autour de sa taille, posant sa main sur sa hanche qu'il pressait délicatement, comme pour prouver que ce qu'il avait sous la main était à lui. Etrangement, Hermione adorait ce petit jeu entre eux. C'était excitant de faire semblant, de jouer un rôle et il faut dire que son partenaire s'avérait être un as. Il jouait parfaitement le jeu, redoublant de regards et de sourires faussement amoureux vers Hermione pour feindre parfaitement leur relation. Une fois près du buffet de l'apéritif, il s'empara de deux coupes de champagne avant d'en tendre une à Hermione.

« On trinque ? » demanda-t-il en haussant la voix, puisqu'il savait que Ron et Maddie étaient dos à lui, et semblaient écouter leur conversation pas bien discrètement.

Il adressa aussi un discret clin d'oeil à Hermione, qui lui sourit pour montrer qu'elle avait compris.

« Avec plaisir. À quoi veux-tu trinquer ? »

« Un peu au mariage de tes amis, et égoïstement un peu à nous. »

« Alors à nous, et à nos deux mois ensemble. »

Elle fit tinter sa coupe contre celle de Drago, alors que ce dernier venait de se pencher contre elle. Son corps au plus près du sien, une main sur la coupe, l'autre logée au creux de ses reins, il appuya pour la faire se coller complètement à lui. La brune hoqueta de surprise à son geste et sentit son coeur commencer à accélérer quand il approcha ses lèvres de son oreille pour lui murmurer d'une voix suave et particulièrement douce :

« Tu mens comme tu respires Granger. »

« Et toi alors. Tu respires comme je mens. »

Il lâcha un petit rictus avant de déposer un baiser diaboliquement tendre près de son oreille, ce qui eut pour seul effet de déclencher un frisson chez Hermione. Il semblait maîtriser la situation beaucoup plus qu'elle et osait faire des choses qu'elle n'aurait pu imaginer. Et ce baiser, cette douceur, cette tendresse … Et puis cette voix si masculine et si sensuelle qu'il venait de prendre pour lui parler alors que ce murmure, personne d'autre qu'elle n'aurait pu l'entendre, il n'utilisait pas cette voix pour impressionner quelqu'un. Il fallait qu'elle se reprenne, et qu'elle montre elle aussi qu'elle pouvait tenir la cadence et mener la danse d'une main de maître. Il ne fallait surtout pas qu'il ressente que ses agissements lui faisaient un effet terrible.

Elle l'accompagna en buvant une première gorgée de champagne, comme si l'alcool allait lui faire oublier les battements irréguliers de son coeur depuis qu'il s'était si dangereusement approché d'elle.

« On fait quoi maintenant Granger ? »

« Déjà tu vas me faire le plaisir de m'appeler par mon prénom. Du moins, quand il y a des gens autour. C'est pas hyper crédible d'appeler sa copine par son nom de famille. »

« Pas faux. Alors on fait quoi, Hermione ? »

Crétin. Il avait prononcé son prénom avec la même sensualité dans la voix qu'il y a quelques minutes en arrière. Elle déglutit avant de lui répondre.

« Je serai tentée de te dire qu'on peut s'empiffrer de petits fours jusqu'à ce que mort s'ensuive mais on volerait la vedette aux mariés. Alors on va sagement attendre que l'apéritif prenne fin pour aller s'assoir à notre table. »

« Ça te dit d'aller voir à côté de qui on va manger ? »

« Moi ça m'est égal mais toi je sens que ça te démange. »

« Comme ça je pourrais préparer mes vannes. »

Ensemble, ils parcoururent l'ensemble des tables avant de trouver la leur. Drago ne put retenir une grimace, et Hermione une sueur froide. A la table des mariés : Harry, Ginny, Ron, Hermione, Maddie, Drago, George, Angelina, Bill et Fleur.

« Par la barbe de Merlin … » souffla Drago.

« T'as pas de vanne qui te vient là, spontanément ? »

« Absolument pas. Je sens que je vais passer le pire repas de mon existence. »

« Prend plutôt ça comme une chance de leur montrer que tu as changé. C'est le moment ou jamais. »

« Ah ouais ? Avec Potter qui va passer tout le repas à essayer de me jeter des sorts pour que je m'étouffe, et Weasley qui va soit rouler des pelles à sa blonde pendant deux heures soit tenter de me brûler vivant juste avec un regard ? J'ai hâte de vivre ce moment ! »

« Drago … » soupira Hermione « T'es défaitiste. Dis toi que dans le lot, il y a aussi Angelina et Fleur qui sont la gentille incarnée et qui n'hésiteront pas à te défendre. »

« Heureusement qu'il y a les pièces rapportées. »

« Et je serai là, moi. » elle se mordilla la lèvre inférieure, alors que le blond venait de finalement lever les yeux vers elle, « S'il y a bien quelqu'un en ce moment, qui peut te défendre ou te faire remonter dans leur estime, c'est moi non ? »

« Hum … M'oui, t'as pas tort » se résigna-t-il.

« J'ai rarement tort. » affirma la brune en venant délicatement et adroitement passer ses doigts dans la crinière blonde de Drago, laissant ensuite glisser sa main de l'arrière de sa tête jusqu'à sa nuque.

Alors que du bout de ses ongles elle griffait à peine sa nuque, son geste fut interrompu par la voix maternelle de Molly qui venait de s'approcher d'eux.

« Excuse-moi Hermione … Bonjour Drago. Je me suis permise de rajouter un couvert à la table des mariés pour que Drago se joigne à vous. Si quelqu'un dit quoi que ce soit accusez-moi ! »

Elle leur fit un clin d'oeil.

« Merci Molly, c'est super comme ça. »

« Merci madame Weasley, j'apprécie. »

« Y'a pas de quoi les enfants. Allez zou, allez vous resservir, vos coupes sont vides ! »

Quand Molly fut partie, Hermione glissa son regard vers Drago et fit mine de l'applaudir.

« Tu vois que tu peux être respectueux quand tu veux. »

« C'est mon côté 'Actors studio', je pense avoir loupé une vraie vocation. »

« Ça doit être ça oui. En attendant … » elle gigota son verre vide devant ses yeux, « Je sais pas toi mais moi je reprendrai bien du champagne. »

Ce n'est qu'après avoir brièvement marmonné dans sa barbe qu'il se saisit de sa coupe en plus de la sienne avant de rejoindre le buffet où tout le monde se bousculait pour obtenir les dernières gouttes de cocktails ou les ultimes miettes des amuse-bouches.

À peine Hermione eut-elle posé ses fesses sur sa chaise que tout le monde arriva pour prendre place à leur table. Bill et Fleur, puis George et Angelina dans un premier temps. Histoire de préparer le terrain. Entre eux, c'était comme si rien n'avait changé. Et même si elle était très proche de George, il savait qu'il n'avait pas vraiment son mot à dire dans cette histoire. Alors pendant le temps où ils étaient seulement tous les cinq à table, personne n'évoqua le sujet Drago Malefoy. Cependant, la donne allait probablement changer rapidement puisqu'Harry, Ginny, Ron et Maddie vinrent prendre place eux aussi à table. En son fort intérieur, elle suppliait Drago de ne pas prendre trop son temps et elle ne lui en voudrait pas s'il ne ramenait pas de champagne. Mais visiblement il n'avait pas l'air d'avoir envie de se dépêcher et Ron profita qu'elle soit seule pour l'accabler.

« Elle est pas là ta blonde ? »

« Bien observé. La tienne en revanche si. » glissa-t-elle en même temps qu'elle jetait une oeillade glaciale à Maddie.

« Sois pas si aigrie Hermione … » lâcha Ron tout en passant son bras autour des épaules de sa conquête.

« Alors ne le sois pas non plus Ronald. »

« Je me demande juste ce qui a pu faire que vous en arriviez là tous les deux. »

« Tu te le demandes ? Et bien je vais te le dire moi. Il s'est passé que mon ex fiancé ne me comblait plus comme je le désirais, sur tous les plans, et qu'il me faisait vivre un quotidien d'une tristesse et d'une monotonie qui m'ont tellement lassé que j'ai préféré me barrer. Et tu sais quoi ? J'ai vécu et partagé plus de choses avec Drago en deux mois, qu'avec toi en huit ans. Quoi que. Ça fait peut-être deux mois qu'on est ensemble, mais ça fait quatre mois que je le vois très régulièrement. »

Les joues de Ron commençaient à devenir rouges et elle le vit serrer les dents pour ne pas exploser.

« De toute façon, on n'était pas fait pour être ensemble. » fit Ron « Tu passes tes journées au travail, tu ramenais même des dossiers à la maison et les seuls moments d'intimité qu'on partageait c'était le matin dans la salle de bain, après s'être brossé les dents. »

« À qui la faute ? Si je me concentrais sur mon travail c'était pour ne pas avoir à rentrer dans cette routine avec toi, et en puis tu sais qu… »

« STOP ! » cria Ginny. « Est-ce que vous croyez que c'est vraiment le moment et l'endroit de laver votre linge sale en public ? »

Honteuse, Hermione baissa les yeux.

« Désolée Gin'.

« Pardon. » s'excusa Ron, sans pour autant lâcher Hermione des yeux.

« Et bien bonjour, qu'est ce que j'ai manq… Oh, on dirait que j'arrive au mauvais moment. »

Drago déposa les coupes de champagne sur la table avant de s'installer entre Hermione et George. Sa partenaire d'un jour avait le menton rentré dans la poitrine et semblait bouder comme une enfant. Il constata que Ginny semblait passablement agacée et que Ron fulminait intérieurement. Il tourna la tête vers George et chuchota :

« Ils en sont venus aux mains ou quoi ? »

« Presque. Si ma soeur n'avait pas haussé la voix, je pense qu'elle serait en train de le noyer dans la vase. »

« Nom d'une chouette, j'aurais tellement aimé assister à ça ! »

George pouffa de rire et se pinça les lèvres sous le regard furieux de son petit frère. D'une main habile, Drago releva le menton de sa voisine et replaça derrière son oreille une mèche qui s'était échappé de son chignon.

« Reprend toi. Il mérite pas que tu te mettes dans cet état là. Et puis … T'es plus belle quand tu souris. »


NB pour les curieux, j'ai sous la main des liens vers des photos dont je me suis largement inspirée pour les tenus de Drago, Hermione et Maddie pour le mariage. Ça vous intéresse ? :) (cela dit il faut que je trouve un moyen de vous copier les liens sans que FF les fasse disparaître en un claquement de doigts - je gère pas bien le site encore (a) - dans les reviews peut-être ?)

Edit : il semblerait que FF supprime les liens dans les reviews aussi .. mais ma foi, si vous allez dans les reviews du chapitre 10, vous allez voir un petit message de ma part avec des bouts de lien. Devant ces liens, il y a juste à rajouter l'adresse du site de Pinterest et ça devrait le faire ! :D