Salut !

J'ai pris hyper plaisir à écrire ce début de chapitre, j'espère que vous l'aimerez ; les choses avancent doucement.

Bonne lecture, n'hésitez pas à laisser des commentaires!


Hiccup se réveilla avec une envie horrible de vomir. Sans avoir le temps de mettre sa prothèse, il se précipita à la salle de bain et rendit le contenu de son estomac dans les toilettes. Dieu ce qu'il avait mal partout ; il ferma les yeux et s'essuya la bouche. Puis les rouvrit d'un coup :

- Putain de merde. Oh putain.

Il se regarda : nu comme un ver. Ce n'était pas sa maison, et il ne sortait pas de son lit. Il se passa une serviette autour de la taille et le plus discrètement possible, il rejoint la pièce pour y découvrir Astrid, nue elle aussi, assise dans le lit. Elle avait la même mine désemparée que lui.

- Je suis tellement, tellement désolée, Astrid… commença Hiccup, marchant sur des œufs.

La blonde ne répondit rien, puis secoua la tête, cachant sa poitrine sous les draps :

- Non. Non, je… on a fait ça tous les deux. On était bourrés.

- Je suis désolé.

- Ça va, Hiccup, je t'assure. Il fallait bien que ça arrive un jour. Je suis juste contente que ça soit avec toi plutôt qu'avec un autre.

Ce qui accabla le jeune homme de désespoir et de regrets. Il enfila un caleçon sous sa serviette puis mit son T-shirt pendant qu'Astrid s'habillait elle aussi. Elle finit par se recoucher, un bras couvrant sa tête. Hiccup se sentait vraiment mal. Il s'assit aux côtés de sa meilleure amie. Il lui passa le pouce sur sa joue ; jamais il ne l'avait trouvé si féminine et chétive. Il lui sourit :

- Je suis content aussi que tu sois ma première fois avec une fille.

Astrid ria doucement :

- Tu as été vraiment très bien. Si je t'ai fait devenir hétéro, je te garde pour moi.

- C'était bien mais je suis vraiment très très très très gay.

Cette fois-ci, la jeune fille sourit, mais n'ajouta rien. Jusqu'à :

- Je vais vomir maintenant, parce que j'ai vraiment trop bu. Et je vais me doucher, aussi.

Elle embrassa son meilleur ami sur la joue puis ajouta :

- N'oublie pas de remettre ta prothèse avant d'aller au salon.

Avant qu'elle ne parte définitivement, Hiccup la retint :

- Eh. Ce… C'était pas… enfin, c'est pas trop… repoussant ?

Astrid lui offrit une moue maternelle avant de quitter la pièce :

- Ça fait partie de toi, Hiccup. Tu resteras toujours le plus beau pour moi, avec la moitié d'une jambe en moins ou pas.

Hiccup aurait aimé être hétéro : ça aurait été plus facile d'aimer Astrid. Il secoua la tête et attrapa son jean, qu'il enfila après avoir remis sa prothèse. Il se recoiffa dans le miroir et soudain, une vision de sa mère lui tapotant la tête en le prévenant sur les dangers de l'alcool.

- J'aurais mieux fait d'écouter, hein, maman ? Lança-t-il à son regard brillant avec un soupir.

Il se secoua puis sortit de la chambre à son tour. Il s'arrêta devant l'armoire dans le couloir et l'ouvrit : dedans se trouvait ses premiers patins. Il les avait donnés à Astrid quand elle était passé capitaine, pour la tradition. Soudain, il fut pris d'une terrible envie de patiner. Il s'empara des patins, d'une veste chaude et sortit par derrière, sans passer par le salon.

Il alla sur le lac, au parc. Il était tôt un 1er janvier, tout le monde dormait encore. Hiccup se sentait bien. Il glissait à une vitesse folle sur la glace, le visage gelé. Il était heureux. Il ria même. Il n'avait pas été si bien depuis très longtemps.

Alors qu'il tournait sur lui-même, il ralentit tout à coup : Jack était là. Assis sur la neige, au bord de la glace qu'il caressait de ses mains nues. Il pleurait en le regardant. Quand il s'aperçut qu'Hiccup le fixait, l'irlandais baissa la tête et ravala ses sanglots. Son ami s'avança doucement vers lui, sans un mot, quand Jack parla :

- J'ai essayé de la sauver. C'est moi qui l'ai emmené patiner ce jour-là ; maman nous l'avait interdit parce qu'il faisait exceptionnellement chaud ce jour-là, et que la glace n'était pas encore très solide. Mais j'avais confiance, et j'y ai emmené Emma. Elle était si heureuse que l'on passe du temps ensemble. Je... J'ai essayé de la sauver. Elle est tombée dans l'eau. Elle se noyait. Elle gelait, si vite. J'ai voulu la rattraper, la faire remonter. J'ai essayé tellement fort. J'en suis presque tombé moi-même. La moitié de mon corps était dans l'eau : elle était si froide… mais je m'en fichais. La glace cassée déchirait ma chair, la coupant par mille endroits mais je m'en fichais. Je voulais la sauver. Je devais la sauver. Tant pis si je devais mourir pour ça. C'était ma petite sœur et je l'aimais bien plus que ma propre existence.

» Je ne l'ai pas sauvée. Je suis resté plus d'une minute plongé dans l'eau pour l'attraper alors que je ne la voyais même plus. Quelqu'un m'a trouvé alors que j'étais allongé sur la glace. Je me laissais sombrer : j'étais gelé. Mon corps tout entier tremblait, je ne ressentais plus rien. Même pas la douleur de mes coupures, dont le sang coagulait directement tant il faisait froid. Je ne pouvais plus bouger, ou même ouvrir mes yeux. Je me suis endormi et je priais pour mourir. Lorsque je me suis réveillé, deux semaines s'était écoulées. J'étais couvert de cicatrices douloureuses, j'avais mal partout, je ne pouvais plus parler ni bouger. Et Emma était morte. Ma petite sœur est morte et je n'ai pas pu la sauver.

Disant cela, Jack éclata réellement en sanglot, la tête entre ses bras, ne cessant de répéter les mêmes mots. Hiccup, versant quelques larmes en silence, se laissa tomber à genoux devant son ami et le prit dans ses bras ; Jack s'accrocha à lui comme à une bouée de sauvetage. Le gallois ne dit rien, caressant les cheveux blancs de Jack dans un geste réconfortant. Jamais il n'aurait pensé… il se doutait que Jack s'était lui-même infligé ces blessures mais de cette façon… il n'aurait pas pensé.

- C'est moi qui aurait dû mourir. Elle aurait dû vivre... Elle aurait dû vivre.

Hiccup raffermit son étreinte tandis qu'un étau serrait son cœur. Ils n'étaient pas si différents. Chacun avait perdu un être cher à cause de leur stupidité. Ils en payaient le prix tous les jours. Et Hiccup ne pouvait rien dire pour réconforter Jack ; lui-même n'aurait rien accepté comme excuse.

Au bout d'un instant où le brun le berça, Jack finit par arrêter de pleurer et de trembler. Il repoussa doucement mais fermement son ami et garda la tête baissée pour s'essuyer les yeux. Il finit par se redresser et regarda le soleil qui dépassait maintenant largement l'horizon. Les traces de son chagrin se lisait sur son visage, et sa mâchoire était crispée. Hiccup, comme avec Astrid le matin même, passa son pouce sur un reste de larme au coin de la joue de l'autre, qui ferma douloureusement les yeux, donnant un coup de tête pour repousser la main.

- Je suis désolé de ce qui t'est arrivé, souffla doucement le brun. De ce qui vous est arrivé.

Il ne voulait rien ajouter. Pas de « Tu as fait de ton mieux », « Tu n'aurais pas pu la sauver », « Elle aurait voulu que tu vives et que tu sois heureux ». C'aurait été mentir. Jack ne répondit rien, ne bougea pas non plus, en une attitude qui contrastait avec sa logorrhée plus tôt. Au bout d'un moment, il renifla et s'essuya le nez du revers de sa main. Il se tourna vers Hiccup :

- Elle te ressemblerait, aujourd'hui. Brune, des grands yeux. Et très maligne. Du genre à observer en silence pour pouvoir être prête quand il le faudra. Elle aurait été parfaite. Tu l'aurais adoré.

- J'en suis certain, sourit tendrement le garçon.

Ils ne dirent plus rien, regardant la glace refléter le soleil. A un moment, Jack secoua la tête et soupira :

- Tu sais, hier, quand je suis arrivé… Raiponce m'a dit quelque chose. Je crois qu'elle a des sentiments pour toi.

Hiccup se tourna vers Jack, raide, en une expression choquée. Finalement, il se prit la tête entre les mains et gémit. Jack voulut le frapper :

- Pauvre Hiccup, une merveilleuse, très jolie et intelligente blonde tombe amoureuse de lui, que ça doit être dur, gronda-t-il, sarcastique.

- J'ai couché avec Astrid cette nuit, gémit à nouveau le brun.

Cette fois, ce fut au tour de Jack d'être choqué :

- Mais qu'est-ce qu'elles te trouvent ?! Et puis quel hypocrite tu fais, à me baratiner du genre « Astrid, c'est comme ma sœur, blablabla ». Pour la mettre dans ton lit !

- Ne me hurle pas dessus, ronchonna Hiccup, déjà bien assez mal. C'était pas prévu et c'était une erreur. Pour nous deux. Et je ne savais pas pour Raiponce… pourquoi elle ne me l'a pas dit ?

Puis il rajouta, dans sa barbe :

- Je lui aurais expliqué…

- Que tu voulais d'abord couché avec ta meilleure amie avant de t'intéresser à elle ?

- Je suis complétement gay, Jack. Alors non, je ne voulais pas coucher avec Astrid ; si je l'avais voulu, je l'aurais fait il y a longtemps. Et je ne peux littéralement pas avoir d'autres sentiments pour Raiponce que de l'amitié.

- Oh, oui… Bon… Mais pourquoi tu as couché avec Astrid alors ?!

Hiccup en eu assez :

- Mais parce que je suis en manque de sexe ! Ça fait depuis l'accident que… j'étais bourrée, et elle voulait…. Je ne parlerai pas de ça avec toi.

Il fit mine de se lever mais Jack le retint :

- Hiccup, je suis désolé. Je ne savais pas.

Puis il ajouta, marmonnant :

- Maintenant, tu m'énerves encore plus. Toutes les filles te courent après et elles n'ont aucune chance avec toi.

- Je te les laisse volontiers. C'est trop compliqué pour moi. Il y a une raison pour laquelle je préfère les mecs.

- Et c'est surement la raison pour laquelle les filles t'aiment tant ; Raiponce m'a dit qu'elle se sentait vraiment bien avec toi, que c'était facile. Mais forcément, aussi, si tu n'as pas d'arrières pensées, c'est normal.

- T'as qu'à arrêter de voir toutes les filles comme des morceaux de viande, peut-être que tu auras plus de succès, se moqua le brun.

- Très drôle, Hiccup.

Il patienta un moment puis, alors que son ami allait parler, Jack souffla :

- Ça fait 4 ans que je n'ai pas eu de relation. D'aucune sorte. J'ose pas sortir avec une fille.

- Bah ?

- A cause de mes cicatrices. Je n'ose pas non plus… non. En fait, j'ai envie de parler d'Emma à personne. Et si une fille voit mes cicatrices, je vais me sentir obligé d'en parler et j'en ai vraiment pas envie.

Hiccup laissa passer quelques instants.

- Tu me l'as pourtant dit à moi.

- C'est différent avec toi, c'est plus simple de parler à un garçon.

- Ça ne devrait pas.

Jack haussa les épaules :

- En tout cas, avec toi, c'est plus simple.

Puis il rit :

- Je répète les mêmes mots que Raiponce hier. Peut-être que c'est juste toi qui rend tout si facile, en fait.

- J'aimerais que ce pouvoir marche sur moi aussi, alors, sourit à son tour Hiccup. Allez, rentrons, j'aimerais bien parler à Raiponce et je rêve d'un café.

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Les garçons arrivèrent chez Astrid lorsque tout le monde se réveillait doucement. Avant d'entrer, Jack attrapa doucement le bras de son ami :

- Tu n'en parles à personne hein ? Mes potes sont au courant, mais… je ne veux pas en parler, vraiment.

Hiccup sourit tendrement devant son air torturé :

- Mais tu ne m'as rien dit, James.

Lorsqu'il entra, il se trouva nez à nez avec Raiponce, qui fit la moue. Hiccup se décala sur le côté pour laisser passer Jack et attrapa la main de la blonde, qu'il attira dehors.

- Je suis vraiment, vraiment désolé pour hier, Raiponce, souffla-t-il

La jeune fille s'entoura de ses bras ; l'air était glacé. Elle ronchonna :

- Jack t'as parlé, évidemment. C'était… j'avais bu, Hiccup. Et je sais que tu as passé la nuit avec Astrid alors… n'en parlons plus.

- Raiponce, jamais un gars ne pourra refuser tes avances, dit doucement le brun. Tu es une des personnes les plus extraordinaire que je connaisse mais…

- Mais Astrid est mieux. Merci d'enfoncer le couteau dans la plaie, répondit Raiponce avec humeur en le bousculant pour rentrer à l'intérieur de la bâtisse.

- Raiponce, j'aime les garçons. Pas Astrid, pas toi. Je suis désolé, je ne pensais pas que tu t'intéressais à moi, sinon je te l'aurais dit.

La main de la jeune se figea sur la poignée.

- Quoi ? Mais… mais Astrid ?

- C'est mon amie, rien de plus. Ça a un peu dérapé hier.

- Mais pourquoi tu ne nous l'as pas dit ?

- Tu t'es senti obligée de me dire que tu étais hétéro la première fois qu'on s'est parlé ?

Raiponce baissa la tête, honteuse :

- Non. Non. Désolée, ce n'était pas ce que je voulais dire. Ça me surprend juste.

- Et moi, c'est toi qui m'a surprise. Je ne pensais pas que quelqu'un pourrait s'intéresser à moi.

- Ne fais pas ta mijaurée Hiccup, regardes-toi. Tu es beau comme un Dieu, intelligent et tu es la personne la plus gentille, la plus altruiste que j'ai pu rencontrer.

A nouveau, elle se renfrogna et marmonna :

- Oh mon Dieu, je suis pitoyable.

Hiccup ne savait pas s'il devait rire ou se sentir désolé. Il allait parler mais son amie lui coupa la parole avec un sourire :

- N'en parlons plus, je suis déjà assez gênée comme ça.

Puis elle rentra, et le garçon la suivit.

Le grand ménage avait déjà commencé. Astrid lança un sourire à Hiccup lorsqu'elle le vit rentrer avec les patins et s'avança vers lui.

- Je ne pensais pas que ça t'avais perturbé à ce point.

Le garçon leva un de ses pouces vers la joue de la blonde et lui demanda gentiment :

- Tu es sûre que ça va ?

Son amie soupira :

- Hiccup, oui. Ne me materne pas, je vais bien. C'était bien. Un peu douloureux, mais vraiment bien. Mais je t'en prie, ne recommençons jamais, d'accord ?

Son interlocuteur ria et lui embrassa la joue en lançant un petit « Ça marche ».

- Mérida et Sab ne sont pas là ?

- Ils sont partis hier soir, Don Juan, se moqua Jack en lui tendant une tasse de café chaud.

Hiccup regarda le liquide comme si c'était de l'or. Il prit la tasse dans ses mains et regarda intensément son ami :

- Je pourrais te faire l'amour, là.

- Je n'en doute pas une seconde, mais je vais passer mon tour, ria Jack.

Il repartit et Astrid sourit tout à fait innocemment. Alors qu'elle prononça…

- Il est génial en fait, Jack.

… Hiccup répondait déjà :

- Hétéro, Astrid.

Ils rirent ensemble, mais Astrid ajouta quand même :

- Tu sais, rien n'est impossible. On vient bien de coucher ensemble.

Hiccup ne répondit rien, donnant tout de même un petit coup d'épaule à son amie.

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Les vacances se terminèrent bien vite. Tous furent ravis de se retrouver à la rentrée, et Hiccup trouva Jack de bien meilleure humeur que pendant les vacances. Mérida et Sab étant devenu inséparables, Jack et Hiccup passaient beaucoup de temps avec eux et Raiponce, qui avait fini par se faire à l'idée que le brun était hors d'atteinte.

Lors de la seconde semaine, on leur annonça que, l'année prochaine, leur examen final comporterait l'organisation d'un évènement culturel, qui compterait la moitié de leur note globale. Pour que le projet aboutisse avant cet examen (l'idéal selon les enseignants étant de le faire autour de novembre ou décembre), ils en parlaient maintenant. Devant être organisé par toute la promotion, de manière plus ou moins autonome, les élèves devaient constituer des groupes, hétéroclites dans leurs techniques. Les professeurs s'était mis d'accord sur un point : ils avaient placé dans l'emploi du temps de nombreux temps libres réservés à la préparation de l'événement, dans des salles de l'école. Ainsi, les élèves, livrés à eux-mêmes, seraient bien obligé de trouver comment avancer dans le projet.

La première séance se passa le lendemain. Ce fut Hiccup qui prit la parole, allant s'asseoir négligemment sur le bureau. Raiponce le rejoint vite et nota au tableau les éléments que les professeurs leur avaient déjà donnés.

- Bon, commença le gallois, on n'a vraiment pas grand-chose. Si vous voulez bien, on va essayer de se faire une sorte de planning. Voire un retro planning, en fait. On part du produit final pour établir chaque étape entre aujourd'hui, et l'évènement. Au plus vite, il faut trouver un thème, un budget, des intervenants et, peut-être, des sponsors. Très important aussi, il faut un lieu, et une date. Et plus tard, il faudra s'inquiéter de la communication.

Raiponce faisait déjà un tableau bien découpé quand Hiccup continua :

- Ce que je vous propose, c'est qu'on établisse les groupes à partir de ces grands points. On est 13, donc trois groupes de 3, et un groupe de 4. Comme ça, chacun choisit une problématique sur laquelle il se sent le plus à l'aise.

Au bout d'un long débat et de chamailleries, les groupes furent établis. Tatiana, Astrid et Raiponce furent reléguées au choix et à la gestion des intervenants, Varek, Kranedur, Rustik et Kognedur s'occuperaient de du lieu, de la date, des sponsors adaptés et des autorisations administratives. Mérida, Sab et North chercherait un thème, et prépareraient le lieu, ce que laissait la communication à Hiccup, Jack et Aster.

Le budget étant une partie énorme du projet, il serait découpé en petites tâches afin de ne surcharger aucun groupe. Par exemple, Rustik s'était proposé de faire une démarche de demande de subvention, Hiccup ferait une évaluation globale du coût et Jack parlait déjà de préparer des ventes d'œuvres pour financer le projet, alors que Tatiana proposait un crowdfunding. Il fut décidé que le groupe communication (qui n'aurait pas de travail tant que ni thème ni intervenants ne seraient trouvé) s'occuperai d'abord du budget.

Bref, les idées étaient là, et le projet était bel et bien lancé.

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Le nouveau semestre avançait tranquillement et les jeunes gens étaient accaparés par le projet qui leur tenait tous à cœur. Le groupe responsable du thème avait fait de nombreuses propositions, travaillant de pair avec ceux qui s'occuperaient des intervenants et le choix se porta finalement de manière unanime sur la glace. Sculptures, peintures, danses et autres performances avaient déjà été proposé par les élèves et tous semblaient très inspirés sur le thème.

Il avait été établit par Mérida, Sab et North que l'événement serait très ludique : prévu pour décembre, le temps serait idéal pour faire découvrir les arts sur glace. Le public sera donc invité à apprendre à sculpter, à patiner ou encore à peindre des paysages glacés. Pour la blague, Aster avait proposé de faire un stand de glaces artisanales inappropriée, avait jugé Hiccup, bien que drôle, l'idée avait été mise de côté.

Côté budget, une vente d'œuvre était prévue, en association avec un groupe d'artistes locaux. Jack avait aussi pensé à faire eux-mêmes des tableaux et des sculptures sur le thème de la glace afin de les vendre lors de l'évènement. Comme l'école les fournissait en matériel, ils étaient surs de faire des bénéfices.

Étant déjà en mars, avec l'année scolaires qui finissait en juin, l'équipe communication devait se mettre au travail. Jack invita donc ses deux amis chez lui un après-midi afin de se mettre d'accord sur les grandes lignes, pour pouvoir travailler pendant les grandes vacances.

- Bon, commença Hiccup en prenant, le sourire aux lèvres, le café que Jack lui tendait. Il va falloir qu'on bosse sur plusieurs choses. Les affiches et les flyers sont une chose. Il faudra voir combien on arrive à récupérer d'argent avec la vente dans un mois mais je pense que l'on devrait faire les maquettes maintenant, pour être prêts, les montrer aux autres pour avoir leur aval à temps. Il faudra faire plusieurs formats, pour un format Arche, une affiche A3, une A4, peut-être aussi, et des flyers. Je ne sais pas encore sous quelle forme sera le programme, on pourrait y réfléchir. Il faut aussi préparer le communiqué de presse, voir au niv…

- Eh, Haddock, tais-toi un peu.

Hiccup se raidit Aster avait pris un ton dur et son regard était provocateur. Jack souffla, secouant négligemment la main :

- Bunny, fais un effort s'il-te-plait.

L'interpellé pesta puis pointa Hiccup du doigt :

- Je ne l'aime pas, je vois pas pourquoi je devrais faire un effort.

Hiccup s'affaissa sur sa chaise, prenant un air désabusé qu'il voulut indifférent. Il renifla avant d'amener doucement sa tasse à ses lèvres. Jack fronça les sourcils : pourquoi Hiccup ne se défendait pas ?

- Regarde-le, il fait tout pour m'énerver ! S'agaça Aster.

- Aster.

Cette fois-ci, Jack avait pris un ton ennuyé. Il continua :

- Pourquoi avoir choisi ce groupe si tu le détestes ? Quelque chose ne va pas ?

- Je voulais passer un peu de temps avec toi, on ne te voit presque jamais ces temps-ci.

Jack accusa le coup sans broncher. Il se passa un moment avant qu'il ne soupire :

- Eh bien tu feras un effort avec Hiccup ; on est tous dans le même groupe, alors on doit apprendre à se supporter et travailler ensemble.

Il ajouta :

- S'il te plait, Bunny. J'ai envie que ce projet réussisse. On reparlera de ça après, seuls, d'accord ?

Aster fronça les sourcils mais n'ajouta plus rien. Hiccup reprit comme si rien ne s'était passé :

- On réfléchira à ce qu'on fera sur les réseaux sociaux.

Jack intervint :

- Il nous faudrait deux ou trois personnes qui fasse un vlog sur la préparation, pour teaser l'événement, ça pourrait être cool. On pourrait mettre les vidéos sur une page Facebook ou une chaine.

- Oui, s'enthousiasma le brun, prenant des notes. Il nous faudrait peut-être un sponsor pour booster les vues… on verra avec le groupe responsable.

Hiccup marqua à nouveau quelque chose sur son carnet puis redressa la tête en le refermant :

- Des idées pour les visuels des affiches/flyers ?

Aster soupira bruyamment avant de participer à la conversation :

- On pourrait chacun peindre un paysage, avec notre style propre. Je trouve sympa l'idée que les affiches, ou les flyers si tu veux, aient des designs différents.

Hiccup lui sourit, sincèrement :

- C'est une très bonne idée. En plus, ça attire à plusieurs reprises les regards et ça donne envie de voir les autres.

- On pourrait faire une fresque, proposa Jack. Chacun dans la classe fait un modèle d'affiche, et si on les met toutes côte à côte, ça fait une grande scène.

- Il faudra faire gaffe à pas faire des évolutions de styles trop brusques, compléta le gallois qui reprenaient déjà son carnet pour ne rien oublier.

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Ils continuèrent toute l'après-midi, les idées fusant de toutes parts, se décidant à dessiner des croquis, à maquetter des programmes. Finalement, Aster ne fit plus de réflexion et fut même enclin à rigoler avec Hiccup, ce qui fit plaisir à Jack. Le soir venu, le brun repartit, laissant les deux amis seuls.

Jack leur ouvrit des bières et mit à réchauffer des pizzas. Il s'assit dans le canapé où Aster avait pris place et lui tendit sa bouteille :

- Alors, vieux, qu'est-ce qui t'as pris avec Hiccup tout à l'heure ?

Le large gaillard lança un regard indéchiffrable à son ami.

- Je ne l'aime pas. C'est un Je-Sais-Tout-J'ai-Tout-Fait-Dans-Ma-Vie. Sa façon de parler m'énerve. Je le trouve louche.

Jack ria devant le manque de bonne foi d'Aster, ce qui lui valut un coup de coude.

- Allez, Bunny, je sais que tu as déjà commencé à changer d'avis sur lui. Ça se voyait ; je te connais trop bien. Si tu le détestais vraiment, tu n'aurais jamais toléré qu'il reste dans la même pièce que toi aussi longtemps, et tu aurais encore moins discuter et rit avec lui.

Aster baissa la tête.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Jack, plus sérieux en voyant que le garçon ne semblait pas dans son assiette.

- Tu lui as parlé d'Emma.

Ce fut comme s'il avait frappé Jack. Ce dernier s'humidifia les lèvres avant de dire doucement, se refermant :

- Pourquoi tu me demandes ça ?

Aster haussa les épaules.

- Pour savoir.

- Qu'est-ce que ça peut te faire ?

- Ne te braque pas, Jack. C'est juste que… ça fait longtemps que je ne t'avais pas vu si heureux. Tatiana, North et moi, même Sab, on s'est fait la réflexion qu'on ne t'avait jamais vu autant sourire que depuis que tu trainais avec Haddock. Je me suis dit que tu avais dû lui parler. Que tu avais assez confiance en lui pour ça. Et… même si ça m'a vraiment fait plaisir, ça me fait vraiment plaisir, je ne comprends pas pourquoi tu as besoin de lui alors que tu nous avais nous.

Cette fois se fut Jack qui baissa les yeux, se levant pour se diriger vers la fenêtre. Il se planta devant, puis se retourna vers Aster.

- Il est comme moi, Bunny. Son histoire, c'est comme la mienne. Il est encore plus foutu que moi, t'as aucune idée de qui il est vraiment. De ce qu'il a dû traversé et de ce qu'il continue de vivre. J'ai l'impression qu'en étant près de lui, en l'aidant, je m'aide moi. Tu dis que tu ne sais pas pourquoi j'ai besoin de lui ? C'est parce que j'ai besoin de moi. J'ai juste envie d'avancer et j'avais pas pu faire un pas depuis Emma jusqu'à ce que je le rencontre, pour de vrai. De savoir que c'est pareil pour lui… je pense que ça nous motive. On ne se le dit pas, mais on s'épaule tous les jours. Regarde-moi, Aster : je fais un évènement culturel sur le thème de la glace ! Hiccup m'a refait patiner, tu sais ? Quand je suis avec lui, j'ai… j'ai l'impression de retrouver mon Emma. Et j'ai besoin de ça pour faire ce deuil que je n'ai jamais réussi à faire. Je ne vous lâche pas mais Bunny, tu me connais, depuis le temps même si on ne se parle pas pendant des mois, c'est toujours pareil entre nous tous. C'est juste que j'ai trop besoin d'Hiccup. Ça me rendrait vraiment triste que tu ne l'aimes pas parce que moi, je l'aime énormément.

L'autre garçon avait rejeté la tête en arrière et souffla :

- Tu es sûr qu'il n'y a que ça ? Tu ne me caches rien ?

- Oui, arrête de t'inquiéter.

- Ok, mec.

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Les réunions s'enchainèrent, tout avançait très vite, mais cela ralentit pour le passage des partiels de juin. Le projet fut mis en pause et chaque groupe promit de rester en contact pendant les grandes vacances, surtout le groupe des intervenants, qui auraient beaucoup de travail.

Raiponce, au grand damne de Mérida qui passait de plus en plus de temps avec elle, retourna chez sa mère pendant les grandes vacances, pour travailler avec elle. Heureusement que les parents de Sab habitaient là. Cela dit, ses propres parents firent une surprise à Mérida et l'emmenèrent, elle et ses frères, faire un tour de l'Amérique du Sud pendant les deux mois de vacances. Jack repartit lui aussi, sans prévenir personne avant d'être arrivé en Irlande. Il envoya ce message à Hiccup : Je suis rentré chez mes parents, me ressourcer un peu. Peut-être que je retournerai au lac, si j'ai le courage. Le revoir en été sera déjà un bon début. Je t'appellerai surement, je ne sais pas quand je rentre. Merci, Hiccup. Prends soin de toi. Le brun avait souri pendant longtemps en regardant le message, signé « James ». Il était content : Jack semblait remonter une pente infinie, mais il était en bonne voie.

Pour lui en revanche, c'était le contraire. Le comportement de son père était de pire en pire, et Hiccup se mettait à craindre qu'il ne se blesse. Ou pire. Alors que le mois de juillet approchait à grand pas, le garçon était de plus en plus attentif. Lorsqu'il ne travaillait pas à la librairie-papeterie qui l'engageait tous les étés, il était à la maison, à s'inquiéter et à être aux petits soins. Evidemment, cela finit par agacer le paternel.

Une nuit, il rentra, bourré, comme à son habitude – Hiccup se demanda comment il pouvait encore avoir son travail –, se dirigeant vers la cuisine pour manger. Son fils, dans le canapé en train de lire, malgré l'heure tardive, dit simplement :

- Il y a un plat tout près dans le frigo.

Hiccup sursauta en entendant une porte de placard claquer violemment. Il se tourna vers son père et vit que celui-ci le regardait méchamment.

- Papa ? Demanda prudemment le jeune homme.

- Tu n'as pas autre chose à faire que d'être toujours ici ?

- Pardon ?

- Je ne te veux plus dans cette maison.

Hiccup reculant tant il était surpris. Est-ce qu'il était sérieux ?

- Tout va bien ?

- Je veux que tu partes, Hiccup.

Et Stoïck se dirigea dans sa chambre, se retournant avant d'y entrer :

- Tu seras partis demain matin.

Le garçon regarda son père commençant à refermer la porte, les sourcils froncés et le teint pâle. Quelle mouche piquait son père ? Il se dirigea à sa suite.

- Papa, attends, qu'est-ce qui te prend ?

L'immense homme se retourna et lança son poing sur le garçon. Bien plus petit et faible que son père, Hiccup fut projeté en arrière en poussant un hurlement de surprise et de douleur, se tenant son nez ensanglanté, sentant une coupure sur sa lèvre. Ses yeux se mirent à briller quand il rencontra ceux de Stoïck, glacés. Il avait peur de son père pour la première fois.

- Je ne veux plus du meurtrier de ma femme chez moi. Tu n'es qu'un pathétique lâche et un menteur. Tu n'es plus le bienvenue ici.

Comme Hiccup ne disait rien, trop choqué, son père asséna :

- Tu ne mérites pas de vivre encore. Ça fait trois ans aujourd'hui, et je prie chaque jour que tu sois mort à sa place.

Stoïck laissa une larme perler au coin de son œil avant de se détourner pour de bon, fermant sa porte sur un sanglot rauque d'Hiccup.

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Astrid fut réveillée par la sonnette de son appartement. Elle ronchonna, regardant l'heure pour grogner encore plus, avisant son téléphone qui affichait 7h24. Et 4 appels manqués d'Hiccup. Cela finit de la réveiller pour de bon elle sauta de son lit, ne prenant pas le temps d'enfiler autre chose que le débardeur et la culotte qu'elle portait pour dormir. La blonde se précipita vers la porte et étouffa un cri en y voyant Hiccup, le visage ensanglanté, une valise à la main, Toothless dans l'autre, devant elle.

- Hiccup… murmura-t-elle douloureusement en avisant les larmes séchées sur les joues du garçon.

Doucement, Astrid s'avança vers lui, prenant sa valise et sa main, le guidant à l'intérieur. Hiccup, amorphe, la suivit docilement. Elle l'amena jusqu'à sa chambre où elle le coucha sur le dos, posant ses bagages à côté, lui enlevant sa prothèse sans qu'il ne proteste. Elle alla chercher un gant humide pour lui nettoya le sang séché, ignorant les miaulements du chat qui trainait dans sa chambre. Pendant qu'elle le pansait, le jeune homme pleura silencieusement. En le voyant si désespéré, Astrid en chercha la raison. Ses yeux tombèrent sur la date affichée à son réveil et elle comprit. Cela faisait trois ans jour pour jour depuis l'accident. Même si cela n'expliquait pas la valise ni les blessures, elle comprenait son état.

Elle nettoya complétement le visage du garçon et lui mit un pansement sur la coupure de son nez, autour duquel s'étalait déjà un énorme bleu, ne pouvant rien faire pour sa lèvre. Elle passa à plusieurs reprises sa main sur sa joue, son front et remit ses cheveux en place avec une attention maternelle. Le garçon tomba dans les bras de Morphée ; il devait être épuisé. Qu'était-il arrivé ? Elle l'embrassa sur le front puis s'allongea à ses côtés, le câlinant un moment avant de s'endormir.