Et un nouveau chapitre! Joyeuses fêtes à tous!
Dire que Neville était euphorique serait un euphémisme. Il se retenait même se faire des bonds d'allégresse! Il relu pour la vingtième fois au moins la lettre qu'il avait reçu ce matin-là. Elle confirmait l'achat d'une serre et lui demandait de passer pour onze heure au Bureau des Transactions Magique, au Ministère. C'était sa serre. Rien qu'à lui! « Merlin, il faut que j'annonce ça à Lydia! ». Comme ils avaient décidé d'attendre encore un peu avant de s'installer ensemble, il transplana directement chez elle. Il fut accueilli par plusieurs hurlements, indubitablement féminins.
- Non mais tu ne vas pas bien, Neville! Qu'est-ce-qui te prends?
Il avait apparemment interrompu une séance de coiffure entre copines. Il était pourtant sûr qu'elle serait seule, après tout, le Jeudi était l'un de ses jours de congé. Cela ne l'empêcha de garder un magnifique sourire et de demander:
- Je peux te parler, j'ai un super truc à te dire!
- Je t'écoute, lui répondit-elle en fermant la porte de la cuisine derrière eux.
Il lui tendit la lettre et continua sur sa lancée, légèrement hystérique.
- Ça y est! J'ai ma serre! Je peux enfin quitter mon boulot et m'occuper comme je veux de toutes ces plantes, en acheter d'autres, en vendre...
Et sur le coup de l'émotion, il l'embrassa avec fougue, sans remarquer la légère déception sur le visage de Lydia. Peut-être espérait-elle qu'il leur avait trouvé un endroit à eux, rien qu'à eux...
- C'est génial, mon chéri. Mais je ne dois pas faire attendre mes invitées, on en parle ce soir, je viendrais chez toi.
Et elle tourna les talons, un peu trop rapidement.
Sans s'être rendue compte de l'attitude distance de sa petite amie, Neville transplana au Ministère. Un fois dans l'atrium, il se dirigea rapidement vers le plus proche des ascenseurs. Qui partit avant qu'il ne puisse grimper dedans. Il ne dut attendre que quelques secondes avant qu'un nouvel ascenseur ne s'ouvre à deux mètres de lui. Il y entra rapidement, bouscula un homme chargé d'objets divers, dont un livre qui semblait cracher du feu, et une cage qui caquetait. Il s'installa au fond sans porter grande attention aux gens qui l'entouraient, uniquement obnubilé par les minutes qui le séparaient de l'achat définitif de sa serre.
Une jeune fille blonde monta au niveau six, avec un air furieux. Neville mit quelques instants à la reconnaître.
- Euh... Hannah?
Elle se tourna vers lui avec un regard noir. Mais celui-ci se radoucit légèrement lorsqu'elle le vit.
- Oh, salut. Désolée je suis un peu énervée. Comment vas-tu?
- Mieux que toi j'ai l'impression! Qu'est-ce-qui t'amène au Ministère?
- Une sombre histoire de permis de transplanage et d'amende, lui répondit-elle, hargneuse.
- Ah, oui! Tu t'es faite attrapée alors que tu transplanais sans permis! Il ne faut pas t'en faire, c'est arrivé à tellement de personnes à la fin de la guerre. Même à Harry et Ron, oh, tu aurais vu leurs têtes quand ils se sont faits attrapés. Enfin attrapés, ils ont juste été réprimandés, en fait...
- Ah oui? Parce-que je trouve que justement soixante gallions c'est énorme! Franchement!
- Je ne dois avouer que c'est beaucoup, mais tu sais, maintenant ça fait plus d'un an, alors ils sont moins cléments, la routine reprend...
- Bien! Qu'on m'excuse d'avoir guéris mes blessures! Loin d'ici! Seule! De ne pas avoir eu de contact avec vous tous, avec ce foutu monde! Ha, ha, je suis terriblement désolée d'avoir loupé la reprise de la routine!
- Mais, je ne voulais...
- C'est là que je descends...
Et, alors que la voix métallique annonçait « Niveau deux », elle se faufila trop rapidement pour que Neville ne puisse s'excuser. Il se rendit compte ensuite, qu'en discutant, il avait loupé son étage. Essayant d'oublier momentanément sa culpabilité, il attendit que l'ascenseur remonte. Lorsqu'il entendit « Niveau cinq, Département de la coopération magique internationale, Organisation internationale du commerce magique, Bureau... », il descendit avec une seule idée en tête; sa serre. Il penserait à s'excuser plus tard auprès d'Hannah.
Hannah revint au Chaudron Baveur toujours dans un état de nerf. Elle fila directement derrière le comptoir et alla poser ses affaires dans la réserve. On était Mercredi et Tom lui avait laissé quelques heures pour qu'elle puisse régler cette histoire de permis, au plus vite. Ses premiers jours de travail s'étaient très bien passé, elle avait revu beaucoup de têtes connues, et avait apprécié retrouvé d'anciens camarades.
Mais voilà, il avait fallu qu'au Ministère, on lui annonce qu'elle ne pourrait passer l'examen du permis de transplanage que le sept novembre, soit environ deux mois plus tard. « Désolé, on a pas de place avant, il faut toujours réservé, vous savez, beaucoup de personnes veulent le passer, le repassent... ». Elle lui en ficherait des « désolés ». Par-dessus tout, elle avait réussit à s'énerver contre une des seules personnes avec qui elle semblait recréer de nouveaux liens d'amitiés. Tout ça pour ce permis. Même si elle pensait en partie ce qu'elle avait dit, en aucun cas, elle aurait du lui cracher cela à la figure.
Sans compter, qu'après elle était passée à sa banque moldue pour régler cette histoire de compte. Elle n'avait pu obtenir un rendez-vous que pour le lendemain, et encore « Vous avez de la chance, une place s'est libérée, vous auriez du attendre une semaine normalement! » lui avait-on dit. Elle n'était plus à une semaine près, vu qu'il fallait qu'elle attende DEUX mois pour passer son permis de transplanage!
Elle mit rapidement un tablier, et se dirigea vers la salle, avec un sourire factice.
- Bonjour, que puis-je vous servir?
Vingt-deux heures. Alors qu'elle insérait sa clé, pour ouvrir son appartement, elle remarqua qu'un déménagement avait du avoir lieu dans la journée. Un nouveau voisin de palier. « Espérons qu'il ou elle sera plus agréable que Mme Gritch » pensa-t-elle au souvenir de la vielle femme hautaine qui habitait à côté de chez elle, il y avait une semaine encore.
Refermant derrière elle, elle lança son manteau sur son canapé puis s'y affala. Dure journée. Sans compter, qu'à présent elle savait qu'il lui faudrait emprunté les transports moldus tous les jours. Occasionnellement, cela ne la dérangeait pas. Mais tous les jours! Pour aller travailler, en plus. Elle était épuisée, et se dirigeait mollement vers sa chambre, quand elle entendit un léger Toc Toc à ses carreaux. Elle se précipita vers le salon, bien plus alerte qu'un instant auparavant, se demandant qui pourrait bien lui écrire à cette heure-ci. Un petit hibou noir la regardait d'un air mécontent et se posa sur son épaule dès qu'elle eut ouvert la fenêtre. Vu son la noirceur de son regard, elle lui dit:
- Tu dois m'attendre depuis longtemps, non?
Il hulula pour toute réponse, ce qui eut pour effet de réveiller Aeli qui dormait dans sa cage. Elle vérifia la puissance de son sort d'insonorisation, avant de tendre quelques MiamHibou au messager. Reconnaissant, il daigna lui présenter la lettre qui lui été destinée. Elle l'ouvrit rapidement, la parcourant avec un sourire bienvenue en cette fin de journée.
Hannah,
Ne dit-on pas que les hiboux trouvent toujours les destinataires? J'espère que cette lettre te parviendra au plus vite.
Je voulais m'excuser pour ce que je t'ai dit ce matin, vraiment je ne pensais pas du tout que cela allait t'atteindre autant, et de toute façon, même si la-dite « routine » reprend pour maintenir notre monde en place, rien est oublié, et rien n'est pardonné, tu sais?
Vraiment excuse-moi!
Je passerais au Chaudron pour discuter avec toi, et j'espère que tu me pardonneras!
Dis-moi quand est-ce-que tu travailles, que je viennes dès que je peux.
Bonne soirée, et à bientôt.
Neville.
Neville caressa tendrement les cheveux de la jeune femme allongée à côté de lui. Elle dormait chez lui ce soir. Pratiquement chaque jour il se réveilla chez elle, ou elle chez lui. Il fallait vraiment qu'ils pensent à s'installer ensemble. Tout lui souriait en ce moment. Lydia et lui s'entendaient à merveille, il avait enfin la serre dont il avait toujours rêvé...
Le seul point noir était sa dispute avec Hannah. Il s'en voulait vraiment. Curieusement, un peu trop, peut-être. « Pourvu qu'elle ait reçu ma lettre... » pensa-t-il.
Il était vingt-trois heures seize. Il fallait qu'il dorme, demain commençait sa journée en tant que propriétaire de serre. Il avait hâte. Ce fut le grattement discret de son hibou Delphes qui le réveilla quelques minutes plus tard.
Neville,
Crois moi, tu es plus que pardonné!
Et dire que je pensais m'excuser moi, de m'être emporté ainsi, tu te précipites, en griffondor que tu es, pour le faire avant moi.
Bien que j'accepte tes excuses (tu en doutais?), je t'en dois également. Vraiment, j'étais énervée, tu as juste dit ce qui a fait déborder le chaudron. Pardon.
Je suis d'accord, passe quand tu veux au Chaudron, je serais ravie de t'accueillir, si tu ne m'empêches pas, non plus, de travailler!
J'y suis tous les jours de la semaine sauf le jeudi. Le vendredi, samedi, dimanche, je travaille de quatorze heures à minuit peu près. Sinon les autres jours, je commence entre neuf heures et demi et dix heures, et je pars à partir de dix-neuf heures. Je dis à partir car si Tom a besoin d'aide je reste volontiers. Je t'entend déjà dire « Quelle poufsouffle ». Que veux-tu, on ne se refait pas, hé!
Il est tard, je rentre justement du boulot, mais demain c'est jeudi alors ça va!
Bonne nuit! Ou bonne journée, si tu lis ceci demain matin.
Hannah.
Neville referma la lettre consciencieusement, et la posa sur sa table de nuit. Il se recoucha, enlaça Lydia et ferma les yeux, calant sa respiration au rythme du souffle régulier de la jeune femme.
Et chacun des deux s'endormit ce soir là, avec un sourire aux lèvres.
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Ne vous gênez pas surtout!
