Et voici le dixième chapitre ! Kash'nar se dévoile...

Merci pour les commentaires que vous me laissez ; un merci groupé aux anonymes auxquels je ne peux pas répondre directement !

Je viens de réaliser que je n'ai pas dû faire de mise à jour en deux mois ! Le temps passe à une vitesse incroyable... J'essayerai de poster le prochain chapitre plus rapidement ;)

Enjoy...

~ Chapitre 10 ~

Kash'nar rejoignit son Tel'tak peu de temps après leur atterrissage sur Mu ; il fut soulagé de constater que le vaisseau était encore en état de marche : les trente années qui étaient passées n'avaient pas endommagé le système. La cargaison, en revanche, n'avait peut-être pas eu cette chance... Nerveux, il s'approcha d'un coffre métallique finement orné ; ses mains tremblantes caressèrent le métal : il fallait qu'il y ait des survivants. Il ne pouvait pas se résigner à devoir attendre encore avant de mener à bien ses projets ; pas après tout ce temps... Lentement, il fit basculer le couvercle et, soulagé, il sourit à la vision des trois symbiotes qui avaient survécu. Ils paraissaient faibles, mais ils seraient encore capables d'investir leur hôte. Kash'nar referma rapidement le coffre, s'en saisit et quitta l'appareil.

De là où il était, il avait une vue imprenable sur la cité : il pouvait en deviner la beauté passée, malgré les ravages que la guerre et le temps avaient infligés aux bâtiments. Au milieu des ruines et des monuments calcinés se dressait un dôme de verre qui l'émerveillait, parce que malgré son aspect si fragile, il était parvenu à résister là où toutes les autres constructions s'étaient effondrées.

Le vaisseau ancien était posé juste à côté du dôme ; Kash'nar n'était pas certain d'avoir compris par quel miracle le Tau'ri était parvenu à le faire atterrir, mais le fait était qu'il y était arrivé. L'hyperespace était désormais inutilisable et il avait entendu le moteur principal s'éteindre définitivement au moment où l'appareil allait toucher le sol, mais les trois passagers en étaient sortis indemnes. Ses deux prisonniers étaient à présent solidement attachés à l'intérieur du laboratoire, sous le dôme. La femme avait fini par reprendre conscience ; elle avait tenté de se libérer, lui avait infligé quelques coups précis malgré ses mains entravées et avait appelé l'homme en renfort, en vain. Kash'nar lui avait été supérieur en force.

Tout en se dirigeant vers le dôme, le Goa'Uld laissa son regard parcourir la cité ravagée avec un sentiment d'accomplissement et de sérénité. Moins d'un siècle auparavant, lorsqu'il avait atteint un degré de maturation suffisamment avancé pour prendre le contrôle d'un hôte, son dieu lui avait fait un honneur que peu de Goa'Ulds peuvent se targuer d'avoir connu : il avait lui-même sélectionné le premier hôte de Kash'nar. Il avait désigné un scientifique influent d'une planète qu'il venait de conquérir, un farouche opposant aux Goa'Ulds. En prenant possession de cet homme, Kash'nar s'était senti tout puissant et il avait écrasé l'un après l'autre tous les souvenirs du misérable humain. Il avait disparu en quelques minutes, terrassé par l'omnipotence du symbiote.

Un mot, toutefois, était resté.

Mu.

Il s'était d'abord fait discret et en effet, dans un premier temps, Kash'nar avait été totalement ignorant de ce qui n'était alors qu'une pensée aléatoire dont les contours flous se dessinaient à peine dans son inconscient.

Un jour avait passé, puis une semaine, puis une année, et plus le temps s'était écoulé, plus le mot avait pris de l'importance. Petit à petit, il avait grandit ; ses contours étaient devenus plus tangibles. Il apparaissait dans les rêves du Goa'Uld ; parfois, au détour d'une conversation, un autre mot l'appelait et Kash'nar se surprenait à penser à Mu, sans savoir de quoi il s'agissait. Au fil des années, il avait pris une telle place dans son esprit que Kash'nar avait fini par être totalement obnubilé par ce nom dont il ne connaissait rien mais qui lui paraissait pourtant revêtir une importance capitale.

Sa première réaction avait été de résister : il avait tenté par tous les moyens d'écraser cette dernière bribe de conscience de son hôte. Il avait cependant compris assez rapidement que c'était peine perdue : son hôte n'était plus, et ce depuis bien longtemps. Il ne restait plus rien à effacer : plus la moindre trace de conscience, de volonté, de souvenir. C'est alors qu'il avait réalisé que le nom de Mu faisait désormais partie de lui, le symbiote, et qu'il lui serait impossible de l'effacer. Il lui avait même semblé que plus il tentait de l'oublier, plus le mot s'ancrait dans son esprit.

Alors il avait décidé de faire ce que tout être censé décide de faire pour éviter de sombrer dans la folie : plutôt que de combattre le mot, il s'intéresserait à lui ; plutôt que de le fuir, il en chercherait la signification. La tâche n'avait pas été aisée : son Maître avait souvent besoin de lui et il avait peu d'occasions de mener ses recherches. Il avait néanmoins passé chaque minute de son temps libre à explorer les connaissances des Goa'ulds, mais ni ses congénères, ni les récits de ses ancêtres n'avaient été capables de le renseigner sur ce nom.

Plusieurs décennies ponctuées par des recherches infructueuses avaient presque fini par le décourager. Il était arrivé dans une impasse. C'est alors qu'une idée brillante, presque ridicule tant elle était simple, s'était imposée à lui : il devait retourner sur la planète d'origine de son hôte. Et c'est ce qu'il avait fait : prétextant une découverte de premier ordre, il s'était rendu dans le laboratoire du scientifique. Il y avait passé des semaines, lisant tous les écrits qu'il pouvait y trouver : le moindre compte-rendu d'expérience, la plus insignifiante liste griffonnée à même le mur, jusqu'au jour où ses yeux avaient enfin trouvé l'objet de leur quête, deux lettres qui signifiaient tout pour lui sans qu'il ne sache encore pourquoi : Mu.

Un livre intitulé Contes et légendes des Mondes perdus en faisait mention. Kash'nar avait lu avec avidité l'histoire de la planète, mais ce qui l'avait vraiment interessé, c'était le feuillet manuscrit qui avait été glissé entre les pages du conte. Ce message contenait tout ce dont il avait besoin : les coordonnées de la planète et la mention d'une invention qui devait sauver le monde. Cette technologie, avait-on écrit, est la clé qui mettra fin à l'existence des parasites. Kash'nar avait tout de suite compris que les parasites mentionnés étaient les Goa'Ulds, et il avait immédiatement imaginé l'usage qu'il pourrait faire d'une telle invention : une fois qu'il s'en serait emparé, il pourrait éliminer la Tok'râ et se placer en position de force vis-à-vis des Grands Maîtres. Il ferait régner la terreur parmi les siens et s'imposerait en dieu tout-puissant...

Il avait été rappelé par son Maître avant de pouvoir finaliser ses projets et de longues années passèrent avant qu'il ne puisse partir pour Mu ; il avait volé un Tel'tak et emporté avec lui trois symbiotes qui devaient lui servir de cobaye. Il se souvint de son extrême déception en constatant que la cité était en ruines, et de l'espoir incroyable qui s'était emparé de lui en découvrant le dôme et ce qu'il renfermait. Le laboratoire ancien recelait d'objets en cours de finalisation. Les archives de la Cité lui avaient appris qu'une attaque d'un ennemi dont il n'avait jamais entendu parler était imminente ; l'ordre avait été donné d'évacuer Mu et de tout abandonner. L'un des scientifiques avait choisi d'envoyer la Clé sur Terre ; Kash'nar avait décidé de s'y rendre à bord d'un vaisseau ancien, et la suite de l'histoire s'était déroulée en quelques jours - le bond de trente ans dans le futur mis à part.


Sam tira une nouvelle fois rageusement sur la corde qui maintenait ses poignets.

- Vous... vous pensez qu'il va revenir ?

Elle tourna la tête vers Chuong et ravala le commentaire sarcastique qui menaçait de s'échapper. C'était dans des moments comme celui-ci que l'absence du colonel se faisait cruellement sentir.

- Oui. Et dans la mesure où j'ignore ce qu'il prépare, autant nous préparer au pire.

- Au pire ? bredouilla l'épicier.

Sam ferma les yeux et tenta de se recentrer ; elle n'avait habituellement aucun mal à travailler avec des civils inexpérimentés et passablement affolés, mais les événements de ces dernières heures, associés au fait qu'elle se savait à des années-lumières de la Terre sans possibilité de retour semblait jouer sur sa patience.

- Il est probable qu'il veuille expérimenter quelque chose sur l'un d'entre nous, peut-être même sur nous deux. Nous devons le tuer à la première occasion. Vous ou moi. C'est compris ?

Elle entendit son hoquet d'horreur.

- Chuong, vous devez comprendre qu'il n'est pas humain.

- C'est un extra-terrestre, acquiesça-t-il.

- Oui, reprit Sam, mais au-delà de ça, malgré son apparence... Oh, comment expliquer ça ?

- Il a un serpent en lui, intervint Chuong. Je l'ai vu...Je l'ai vu il y a des années.

Sam lut la terreur sur le visage du Vietnamien.

- Un parasite, précisa-t-elle. De la race des Goa'Ulds. Il a pris possession de l'homme que vous voyez.

Un bruit vint couper court à la conversation : Kash'nar venait d'ouvrir la porte ; il entra dans la pièce, glissa un regard vers ses prisonniers pour vérifier qu'ils étaient toujours ligotés et posa un long coffre sur une table. Sam déglutit difficilement : elle connaissait ce genre de coffres ; c'était généralement dedans qu'étaient conservés les symbiotes en attente d'un hôte. Ainsi, telles étaient les intentions du Goa'Uld ; c'était à prévoir, mais elle ne pensait pas qu'il disposerait d'une réserve de symbiotes sur cette planète dont la technologie n'était de toute évidence pas goa'uld.

- J'attends ce moment depuis si longtemps... murmura-t-il en ouvrant le coffre.

Un cri strident s'en échappa et Sam ferma les yeux, alors que Chuong sanglotait silencieusement. Elle avait besoin d'optimisme mais la situation lui paraissait grandement désespérée.

- Je suis curieux de voir ce que la Clé est capable de faire, déclara Kash'nar en s'approchant de Chuong.

- Quelle clé ? Je n'ai pas de clé, je le jure ! se défendit pathétiquement l'épicier.

- Laissez-le ! cria Sam.

Elle savait que ça ne servait à rien, mais peut-être qu'elle pourrait gagner un peu de temps. Du temps pour quoi ? se demanda-t-elle. Ce n'était pas exactement comme si les renforts devaient arriver d'une minute à l'autre !

Elle vit Kash'nar se saisir de l'un des symbiotes ; il paraissait faible, mais parut regagner des forces à mesure que le Goa'Uld l'approchait de son hôte.

- Tu étais promis au sacrifice, lui dit-il. Aujourd'hui, je te fais cadeau de cet hôte.

Il le posa sur Chuong et sourit alors que Sam détournait les yeux, horrifiée par le cri du Vietnamien. Bientôt, le silence se fit et elle sut que c'en était fini ; Chuong n'était plus. Elle vit Kash'nar défaire les liens du nouveau Goa'Uld et l'aider à se relever. Il s'approcha ensuite d'elle et s'accroupit.

- Ton tour n'est pas encore arrivé, murmura-t-il en lui caressant la joue.

Elle détourna la tête mais il la saisit par le menton.

- Tu seras plus docile lorsque j'aurai trouvé le symbiote qui fera de toi ma reine.

Sam était prête à lui cracher au visage au moment où il la lâcherait, mais un mouvement à l'arrière-plan retint son attention : Chuong était debout, la tête penchée en arrière ; une poudre noire semblable à de la cendre s'échappait en volutes de sa bouche ouverte.

- Je... je serai une reine ? balbutia-t-elle pour retenir l'attention de Kash'nar.

Elle ne comprenait pas ce qui arrivait à Chuong, mais elle n'était pas disposée à laisser passer ce qui pouvait être leur seule chance de tuer leur ravisseur.

Le Goa'Uld sembla être pris au dépourvu par son brusque changement de ton, mais il se ressaisit rapidement.

- Tu régneras sur le plus grand royaume goa'uld jamais connu. Nous n'aurons aucun ennemi ; personne ne pourra prétendre...

Kash'nar ne termina jamais sa phrase ; ses yeux s'illuminèrent et il tomba en avant, un poignard planté dans la nuque. Sam leva les yeux vers Chuong, qui tournait à présent sur lui-même, l'air affolé, en se tenant la tête entre les mains.


Il n'avait pas mal ; il était simplement terrorisé. Il venait de tuer un homme - un Goa'Uld, se corrigea-t-il - avec une facilité déconcertante. Il ignorait ce que le symbiote avait modifié en lui ; il ne savait pas plus comment il avait fait pour le réduire en poussière. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il avait brièvement perdu connaissance et que lorsqu'il était revenu à lui, il avait su exactement où trouver le poignard et où frapper le parasite. Ses mains n'avaient pas tremblé et il n'avait pas hésité une seconde.

Depuis, des informations emplissaient son cerveau si rapidement qu'il pensait que sa tête allait exploser. Dès qu'un élément entrait dans son champ de vision, une foule de données numériques, de noms, de dates affluaient dans son esprit.

Il entendait qu'on l'appelait au loin. Il ferma les yeux, mais c'était pire : des images qu'il n'avait jamais vues mais dont il avait la sensation qu'elles faisaient pourtant intimement partie de lui apparaissaient et disparaissaient à une vitesse qui lui donnait le tournis. Il fut obligé de rouvrir les yeux ; il eut juste le temps de constater qu'il se trouvait devant un miroir et immédiatement après, une dernière salve d'informations l'envahit.

Puis plus rien.

Il fixa son reflet, encore haletant, et sourit.

- Chuong ?

Il se tourna vers le major et s'approcha d'elle pour défaire ses liens.

- Je pense en effet garder ce nom, déclara-t-il en lui adressant un clin d'œil ; bien plus court que "Protocole expérimental 632B" !

Son sourire s'élargit encore devant l'air de totale incompréhension du major Carter.


Teal'c quitta son siège et rejoignit O'Neill, Daniel Jackson et Pete Shanahan lorsque le colonel Pendergast annonça qu'il venait de localiser quatre signaux vitaux sous le dôme qu'ils apercevaient malgré l'altitude encore importante du Prométhée. Deux signaux forts, deux signaux faibles. Teal'c espérait que le major Carter et Chuong Nguyen faisaient partie de la première catégorie.

Il regarda O'Neill : sa mâchoire était contractée et son regard, particulièrement dur, était posé sur le dôme de verre. Il était plus pâle que d'habitude ; quelqu'un qui ne le connaissait pas aussi bien que lui ne verrait dans son attitude que de la détermination. Lui savait que derrière ce masque se cachait aussi une grande part de souffrance. L'air inquiet de Daniel Jackson ne fit que renforcer ses convictions : les effets secondaires causés par l'appareil ancien semblaient plus puissants qu'ils ne l'avaient été la première fois.

Néanmoins, Teal'c ne regrettait pas d'avoir transmis à O'Neill les informations qu'il détenait et que Daniel Jackson voulait tenir secrètes. Tous deux savaient qu'à la minute où le colonel serait au courant de la présence de la bibliothèque à bord du Prométhée, il utiliserait l'appareil. L'archéologue avait mis en avant son instinct de préservation : ils avaient sans doute perdu Sam ; il était hors de question qu'ils perdent Jack. Le Jaffa avait cependant estimé que la décision finale devait revenir à O'Neill. Il l'avait donc averti, et le colonel s'était sacrifié sans même y réfléchir à deux fois. S'il l'avait pu, Teal'c l'aurait fait à sa place. Le Prométhée émettait désormais un signal radio sur une fréquence connue des Asgards. Les chances qu'ils le reçoivent étaient minces, mais il était hors de question de ne pas tout tenter.

- Colonel O'Neill, nous pouvons vous téléporter sur le site, annonça Pendergast.

- Alors allons-y, répondit O'Neill d'un ton sourd.

Dans la seconde qui suivit, SG-1, Pete Shanahan et trois autres soldats se retrouvèrent aux portes du dôme. Sans perdre un instant, ils pénétrèrent dans la structure et suivirent un couloir qui menait à une porte et à des escaliers. O'Neill forma deux groupes et entreprit de forcer la porte alors que Teal'c, Daniel et deux soldats montaient les escaliers.


Sam sursauta lorsque la porte s'ouvrit à la volée ; elle pivota sur elle-même, paniquant à l'idée de ne pas être armée, mais toutes ses craintes s'envolèrent lorsqu'elle vit le colonel O'Neill entrer dans le laboratoire, immédiatement suivi par Pete et un soldat qu'elle ne connaissait pas.

Une certaine confusion s'empara d'elle alors que le colonel accrochait son regard ; est-ce qu'elle était en train d'halluciner ? La présence du colonel dans ce laboratoire était impossible. La planète n'avait pas de Porte des Etoiles et n'était donc pas répertoriée. Ils ne pouvaient pas non plus avoir tracé l'itinéraire du vaisseau ancien ; elle supposait qu'ils étaient passés en mode hyperespace peu de temps après leur sortie de l'atmosphère, et il n'était pas possible que le Prométhée ait pu être alerté suffisamment rapidement pour tracer le vaisseau jusqu'ici.

Son flot de pensée s'interrompit lorsque Pete l'enlaça ; elle répondit machinalement à son étreinte tout en entendant le soldat déclarer le périmètre sécurisé.

- J'ai eu si peur, murmura le policier.

Elle sourit faiblement.

- Je vais bien, assura-t-elle.

- Sam !

Pete s'écarta et elle vit Daniel, qui venait tout juste d'entrer, accompagné de Teal'c ; ce n'est qu'à ce moment qu'elle se fendit de son premier véritable sourire. Elle enlaça ses amis et regarda en direction de la porte : le colonel n'était plus là. Pete passa son bras autour de ses épaules.

- Comment avez-vous fait pour me retrouver ? demanda-t-elle alors que Daniel semblait subjugué par les objets qui l'entouraient.

- Longue histoire, répondit-il sans croiser son regard.

Il regarda le corps sans vie de Kash'nar. Teal'c était accroupi à côté ; il s'assurait que le Goa'Uld était bien mort.

- Tu en es venue à bout, commenta Pete en déposant un baiser sur sa tempe.

- Chuong l'a tué, précisa-t-elle.

L'archéologue et le policier haussèrent les sourcils, et, d'un même mouvement, tournèrent la tête vers l'épicier ; il était totalement concentré sur un objet et paraissait tout juste conscient de l'intrusion qui venait d'avoir lieu.

- Tu veux dire que ce gars-là sait se servir d'un couteau ? interrogea Pete, manifestement partagé entre l'étonnement et l'admiration.

- Longue histoire, soupira Sam à son tour. Mais elle va vous plaire, dit-elle à Daniel.

L'archéologue fronça les sourcils en souriant et il partit rejoindre Chuong. Pete l'embrassa à nouveau dans les cheveux et s'éloigna, en déclarant vouloir voir d'un peu plus près ce à quoi ressemblait la technologie extra-terrestre.

- Ne touche à rien, recommanda Sam.

- Tant que je n'ai pas le gêne ancien, je ne risque rien, non ? lui répondit-il dans un clin d'œil.

Un sourire amusé apparut sur les lèvres de Sam ; c'était la première fois que l'immersion de Pete dans son monde professionnel amenait une réaction positive de sa part.

- Méfie-toi quand même.

Il parodia un salut militaire et s'éloigna. Deux soldats qu'elle n'avait pas encore vus entrèrent dans le laboratoire ; Sam les vit chercher quelqu'un du regard, et ils se dirigèrent finalement vers elle.

- L'étage est sécurisé, Madame.

- Bien, acquiesça-t-elle. Est-ce que le colonel O'Neill est toujours là-haut ?

- Non, Madame. Nous l'avons croisé il y a quelques minutes : il rejoignait le vaisseau et nous a dit que vous étiez désormais l'officier en charge de la mission.

Sam cacha son étonnement ; elle envoya les deux lieutenants monter la garde devant les portes du dôme, et elle demanda au troisième soldat de prévenir le Prométhée qu'ils seraient prêts à être téléportés une vingtaine de minutes plus tard. Ce dernier acquiesça et se dirigea à son tour vers la sortie.

Sam était plongée dans ses pensées lorsque trois décharges de zat furent tirées ; Teal'c venait d'éliminer définitivement Kash'nar.

- Le colonel Pendergast nous a signalé la présence de quatre signaux vitaux, commenta-t-il en se reprenant sa lance et en parcourant la salle du regard.

Sam se tourna vers lui pour répondre lorsqu'elle distingua Pete, à l'autre bout du laboratoire ; il était penché au-dessus du coffre métallique. Elle ouvrit de grands yeux lorsqu'elle comprit de quoi il s'agissait.

- Pete, ne touche surtout pas à ça ! cria-t-elle en se dirigeant vers lui.

Le policier haussa les épaules.

- Ne t'inquiète pas, d'ici, je ne risque rien, dit-il en regardant le contenu du coffre, l'air dégoûté. Alors c'est à ça que ça ressemble...

Sans que le policier n'ait le temps de réagir, un symbiote bondit ; le deuxième l'imita et vint violemment frapper son congénère, qui tomba sur le sol en se tordant misérablement, alors que le second atterrit sur l'épaule de Pete. Par réflexe, le policier ouvrit la bouche pour crier ; le symbiote prit alors possession de lui. Les yeux de Pete brillèrent et il s'effondra, inconscient.

Sam hurla et le son d'une lance Jaffa que l'on armait résonna dans la pièce.